Appel à contribution – Les représentations des métropoles (1200‒1600). Mise en scène de la métropole à la fin du Moyen Âge et à la Renaissance

Appel à communication pour un Atelier de jeunes chercheur(e)s du 26 au 27 novembre 2018, à l’Institut historique allemand de Paris, organisé par Jörg Oberste (univ. Regensburg), Rolf Große (IHA) et Boris Bove (univ. Paris 8 Saint-Denis). Cet atelier s’adresse notamment aux gradués et postdocs, qui s’occupent dans leurs recherches de sujets qui s’inscrivent dans la thématique du contenu présenté ci-dessous. Des contributions interdisciplinaires sont explicitement souhaitées.

L’ascension de Paris au rang de la plus grande ville européenne, siège de la monarchie française et de l’université la plus importante de l’Occident se reflète dans l’intensité croissante des discours concernant l’importance de la capitale. Dès le 12e siècle des discours élogieux vantent »Paris, Paradis« avant que s’affirme au 16e siècle dans de nombreux textes historiographiques, lettres, journaux, cartes et images le topoi de Paris comme ville incomparable («Paris sans Pair») ou grande ville mondiale (Lutetia non urbs, sed orbis).

Mais ces éloges ne sont pas seulement liés au développement des dimensions et des fonctions de la ville puisqu’ils apparaissent dès le 12e siècle alors qu’elle n’est pas encore à son apogée. Le processus de la mise en valeur de la ville, ou de «métropolisation», a aussi une forte dimension culturelle, sociale et politique. Les discours sur l’importance de la ville sont en effet produits par des catégories particulières de la société – principalement des clercs, mais aussi des laïcs cultivés – à des fins d’autopromotion ou de promotion d’un pouvoir. Ces discours sont en outre souvent portés par des étrangers à la ville, qui jouent paradoxalement un grand rôle dans la définition de son identité. Ces dis-cours puisent en outre leur inspiration dans la comparaison avec des métropoles actuelles ou histo-riques (Athènes, Rome) et en employant des moyens multimédiaux pour la mise en scène. Cette forme d’autopromotion peut être réalisée par des histoires urbaines (des mythes fondateurs) et par des éloges (Laus urbium) ainsi que dans des textes juridiques, des documents personnels, dans l’iconographie, l’architecture ou l’action régalienne.

Avec la perspective présentée, cet atelier reprend l’approche des «Metropolitan Studies». Selon ces études, «Metropolité» se caractérise comme une construction sociale, qui en prétendant son droit d’autorité est liée aux critères constitutifs d’autres métropoles actuelles (comme introduction). Aujourd’hui, la mise en scène des villes en tant que métropoles se fait à travers de gros investissements marketing. À l’époque moderne, les conditions médiales, politiques et économiques pour la production et réception des prétentions métropolitaines étaient totalement différentes. En s’appuyant sur l’exemple de la ville de Paris, le présent atelier s’occupe des manifestations, effets et différences entre des grandes villes du 13e jusqu’au 16e siècle.

L’école doctorale DFG 2337 «Metropolität in der Vormoderne» explore à l’université de Ratisbonne les conditions de la centralité urbaine et de l’importance métropolitaine au cours du temps (metropolitaet.ur.de). Monsieur Boris Bove (université Paris 8 Saint-Denis) est un spécialiste reconnu pour l’histoire urbaine du Moyen Âge à Paris.

La candidature doit comprendre :

  • une description du projet de recherche actuel,
  • une présentation de la communication de 25 minutes proposée
  • un CV.

En ce qui concerne la présentation, des rapports d’ateliers des projets actuels sont les bienvenus. Les candidatures et présentations peuvent être en langue française, allemande ou anglaise.

Les frais de voyage seront pris en charge par les organisateurs. Pour toute question, veuillez contacter Jörg Oberste : Joerg.Oberste@web.de

Source : IRHT

A propos RMBLF

Réseau des médiévistes belges de langue française
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