jeudi 19 mars 2026 – 14h-16h – Campus Condorcet – Bâtiment de recherche Nord, Rdc, salle 0.004
Depuis l’article fondateur de Lynn White (« The historical roots of our ecological crisis”, Science 155 (1967) 1203-1207), s’est imposée l’idée que la révolution industrielle et la dévastation de l’environnement découlent de la « conception médiévale de l’homme et de la nature ».
« Le christianisme n’a pas seulement établi le dualisme de l’homme et de la nature, mais il a aussi insisté sur l’idée que la volonté de Dieu est que l’homme exploite la nature pour ses propres fins. »
Mais :
1. Cette question ne concerne pas seulement le christianisme, mais aussi le judaïsme (Genèse 1, 28) et l’islam (Coran 2,30, qui lie la lieutenance de Dieu sur terre à l’origine du mal).
2. L. White reconnaît que le « décollage » de l’Occident n’a pas eu lieu dans l’Orient byzantin – pourtant, l’un et l’autre étaient chrétiens. Le critère religieux est-il vraiment pertinent ?
3. « Dominer » la terre (Genèse 1,28) est-ce l’ « exploiter », ou la gouverner, la mettre en valeur, etc. ?
4. À partir de quand pense-t-on que l’homme use de la nature « pour ses propres fins » ? Celles-ci ne sont-elles pas données par le créateur ? À l’origine, la relation n’est pas une relation entre l’homme et la nature, mais entre deux créatures, l’une ayant pourtant, par délégation divine, la maîtrise de l’autre.
Précisément parce qu’elles sont problématiques dans leur relation aux trois monothéismes, les analyses de L. White dessinent un programme de recherches : quand, comment, pourquoi est-on passé d’un rapport antique d’appartenance à la création aux relations modernes d’exploitation de la nature ?
Seul un travail historique, exégétique et philosophique peut permettre de traiter cette question. Le LEM est donc le bon endroit pour mener cette étude.
Source : Pariscope







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