Journée d’étude – Journée d’étude sur l’assassinat du duc de Bourgogne Jean sans Peur à Dijon

Programme : ici

En 2020, le Département de l’Aube commémorera le sixième centenaire du traité conclu le 21 mai 1420 à la cathédrale de Troyes entre les rois de France et d’Angleterre. À cette occasion, une grande exposition à l’Hôtel-Dieu-le-Comte retracera les événements qui prévalurent à ce traité et les dernières années de la guerre de Cent Ans.

Diverses manifestations scientifiques et culturelles accompagneront cette année de commémoration, dont une série de quatre journées d’étude, en Côte d’Or, dans l’Aube, la Haute-Marne et les Vosges.

La première se tiendra aux Archives départementales de la Côte-d’Or, à Dijon, le vendredi 31 janvier 2020, autour de la commémoration de l’assassinat du duc de Bourgogne Jean sans Peur à Montereau en 1419.

Intervenants : Philippe Contamine et Jean Richard (Institut de France), Rudi Beaulant (Université de Bourgogne), Éric Bousmar (Université Saint-Louis – Bruxelles), Julien De Palma (Université de Lille), Jean Devaux (Université du Littoral-Côte d’Opale), Alain Marchandisse (Université de Liège), Hervé Mouillebouche (Université de Bourgogne), Jacques Paviot (Université Paris Est Créteil-Val de Marne), Emmanuel Roumier (École des chartes-Centre Jean Mabillon/EPHE), Bertrand Schnerb (Université de Lille).

Cette journée sera précédée d’une conférence inaugurale le jeudi 30 janvier à 18h30, par Bertrand Schnerb sur le thème de l’assassinat de Montereau.

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Informations pratiques :

30-31 janvier 2020
Archives départementales de la Côte-d’Or 8
rue Jeannin – Dijonarchives@cotedor.f

Pour toute information :archives@cotedor.fr ou au 03.80.63.66.98
Entrée libre, dans la limite des places disponibles

Source : Archives départementales de l’Aube

Publié dans Conférences

Séminaire – Séminaire « Matérialité » 2019-2020. Université de Versailles – Saint-Quentin-en-Yvelines

Université de Versailles – Saint-Quentin-en-Yvelines
Laboratoire DYPAC
Salle 526, de 10h à 12h30

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Programme :

Jeudi 30/01 – Fabrique et acteurs du papier
Catherine Kikuchi (UVSQ, DYPAC) : Les papetiers en Italie du Nord et le développement de l’imprimerie (deuxième moitié du XVe-début XVIe siècle)
Christine Velut (Centre national des Arts plastiques) et Véronique de la Hougue (ancienne conservatrice, Musée des Arts décoratifs, Paris) : table ronde autour du papier peint en France au XVIIIe siècle: acteurs et enjeux d’un nouveau matériau décoratif

Lundi 30/03 Papiers pliés
Andrea Carlino (Institut Éthique Histoire Humanités, Université de Genève) : Les images anatomiques pliées au Moyen Âge
Paul Bertrand (Université catholique de Louvain) : La fonction du pliage et du dépliage au Moyen Âge

Jeudi 11/06 Papiers révolutionnaires
Fabien Pottier (MNHN) : présentation du projet Rex II du DIM-MAP autour des lettres de Marie-Antoinette
Corinne Le Bitouze (conservatrice, BnF) et Philippe Charlier (Musée du Quai Branly-Jacques Chirac, UVSQ) : Des fascicules de l’Ami du peuple tachés du sang de Marat

Publié dans Le réseau, Séminaire

Publication – Éric Delaissé, « Le monde cistercien danois du XIIème siècle au début du XIVème siècle »

S’intéressant à la place occupée par le Danemark dans l’Europe cistercienne, l’ouvrage étudie le réseau cistercien en tant que réseau spirituel et culturel européen. Experts dans l’art du récit, les cisterciens ont laissé nombre d’écrits narratifs qui constituent de précieux témoignages sur la vie monastique. L’analyse des productions des scriptoria danois, des grandes œuvres narratives du milieu claravallien et de textes narratifs des abbayes cisterciennes d’autres espaces géographiques révèle la part d’unanimité mais aussi de différences au sein des préoccupations de maisons d’un même ordre établies dans des pays relativement éloignés. L’étude montre que, si les cisterciens danois ont dû s’adapter aux circonstances politiques, économiques et culturelles locales, ils ne restent pas moins attachés aux idéaux de l’Ordre, et que le mode de vie spécifique à celui-ci a pu s’implanter avec succès et se développer dans le pays.

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Éric Delaissé est docteur en histoire, art et archéologie (université catholique de Louvain). Ses travaux concernent essentiellement l’histoire et l’hagiographie cistercienne médiévale.

Informations pratiques :

Éric Delaissé, Le monde cistercien danois du XIIème siècle au début du XIVème siècle, Paris, Éditions du Cerf, 2019. 336 pages. 152 x 229 mm. ISBN : 9782204131278. Prix : 30 euros.

Source : Éditions du Cerf

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Exposition – Van Eyck. Une Révolution optique

MSK Gent
01.02.20-30.04.20

Seule une vingtaine d’œuvres du Maître flamand Van Eyck sont conservées de par le monde. Tout à fait exceptionnellement, au moins la moitié d’entre elles feront le voyage jusqu’à Gand en 2020, pour l’exposition « Van Eyck. Une Révolution optique » au Musée des Beaux-Arts de Gand (MSK Gent). Un évènement incontournable, véritable tour de force qui rendra l’univers de Van Eyck et son regard révolutionnaire plus tangibles que jamais.

L’exposition s’articule autour des volets extérieurs restaurés de «L’Adoration de l’Agneau mystique» et d’autres œuvres de Van Eyck.

Pour que la révolution optique de Van Eyck soit clairement perceptible, ses tableaux seront installés à côté d’œuvres de ses contemporains les plus talentueux originaires d’Allemagne, d’Espagne, de France, et d’Italie. « Van Eyck. Une Révolution optique » sera une expérience unique à vivre au cours de l’année 2020 que Gand consacre à Van Eyck.

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Entre cour et ville

Jan van Eyck fut peintre à la cour du duc de Bourgogne Philippe le Bon (1396-1467). Le duc et sa cour fastueuse s’entouraient des meilleurs artistes. À la même époque, les villes flamandes de Gand et de Bruges prospéraient grâce au commerce. Les riches marchands et hommes politiques prirent exemple sur le faste et la magnificence de la cour, devenant à leur tour amateurs de produits de luxe. Tel est l’environnement créatif, entre cour et ville, entre art et artisanat, dans lequel Jan van Eyck déploya son activité.

Van Eyck: le summum de l’art du bas Moyen Âge

Van Eyck surpassa ses contemporains, déclenchant une véritable révolution optique. Fort de son incomparable technique, de ses connaissances scientifiques et de son sens inégalé de l’observation, il éleva la peinture à l’huile vers des sommets jamais atteints et définit l’orientation ultérieure de la peinture occidentale. Jamais auparavant un peintre n’avait rendu la réalité aussi tangible, avec des portraits où il ne manque aux personnages que le souffle et des paysages qui présentent le monde sous toutes ses facettes. Van Eyck zoome sur les détails les plus infimes et, à l’inverse, élargit au maximum le champ visuel dans des panoramas inoubliables.

Tous ces éléments sont réunis dans son chef-d’œuvre « L’Adoration de l’Agneau mystique » (1432, cathédrale Saint-Bavon, Gand). L’exposition est centrée sur la restauration des volets extérieurs de « L’Adoration de l’Agneau mystique », exécutée par l’Institut royal du Patrimoine artistique (IRPA) et entamée en 2012 au MSK. Les visiteurs pourront admirer de tout près le résultat spectaculaire de ce travail.

En dialogue avec les contemporains de Van Eyck

Pour que la révolution de Van Eyck soit clairement perceptible, ses tableaux seront présentés à côté d’œuvres des peintres les plus talentueux de son époque, actifs en Allemagne, en France, en Italie et en Espagne. Eux aussi fréquentaient les plus hautes sphères et reçurent des commandes prestigieuses. L’exposition fait ressortir les points de convergence et de divergence entre ces artistes. Nous approfondirons ainsi le contexte historique dans lequel ces œuvres d’art ont vu le jour.

« Van Eyck. Une Révolution optique » démêle le vrai du faux à propos de l’artiste et inscrit sa technique, son œuvre et son influence dans une perspective nouvelle. L’exposition veut déclencher chez les visiteurs un émerveillement comparable à ce que les contemporains de Van Eyck ont dû ressentir en voyant pour la première fois son art : une expérience unique dans une vie.

Un coin du voile…

L’exposition en 2020 présente environ 80 œuvres de la fin du Moyen Âge. Peinture, art miniature, sculpture et dessins sont placés côte à côte pour faire revivre l’univers médiéval de Van Eyck. Pour cela, le MSK collabore étroitement avec des partenaires (inter)nationaux. Nous levons déjà un petit coin du voile ici, avec quelques emprunts accrocheurs. Gardez un œil sur le site pour plus d’actualités!

Une année thématique et un centre des visiteurs

En 2020, Gand rend hommage à son grand Maître flamand. Avec l’année thématique « OMG! Van Eyck was here », la ville veut montrer qu’après six siècles, Van Eyck marque toujours la ville de son empreinte. L’héritage de Van Eyck est omniprésent dans la ville et fait partie de l’ADN des Gantois. Génération après génération, Van Eyck inspire de nouveaux peintres, qui seront mis en vedette avec beaucoup de fierté en 2020. Arts plastiques, théâtre, danse, design, mode, gastronomie, musique et même shopping baigneront dans l’atmosphère de Van Eyck et de son chef-d’œuvre virtuose. Venez à Gand. Van Eyck was here. And will be here to stay. Will you?

En juin 2020, un centre de visiteurs neuf ouvrira ses portes en plus dans la Cathédrale Saint-Bavon, où les panneaux restaurés de l’Agneau Mystique et différents autres trésors seront à admirer. A l’aide de lunettes de réalité virtuelle, les visiteurs pourront voyager dans le lointain passé.

Visit Flanders soutient à la fois l’exposition et le nouveau centre de visiteurs en tant que projet de levier dans le cadre du programme des Maîtres Flamands. Avec ce programme autour de Rubens, Bruegel et Van Eyck, Visit Flanders et ses partenaires souhaitent faire venir 3 millions de visiteurs en quête de valeur ajoutée culturelle en Flandre.

Cette exposition est le fruit d’une étroite collaboration avec la Ville de Gand, la Fabrique d’Eglise Cathédrale Saint-Bavon, Toerisme Vlaanderen, la Communauté flamande – Département Culture, Jeunesse et Médias, l’Unité d’enseignement et de recherche en Histoire de l’Art de l’UGent, l’Institut d’Études médiévales Henri Pirenne et l’Institut royal du Patrimoine artistique (KIK-IRPA).

L’exposition se déroule du 1 er février au 30 avril 2020.

Pendant cette période, le musée sera ouvert tous les jours de 9h30 à 19h00 (dernière entrée: 17h30). Chaque mardi et jeudi, la matinée est réservée aux visites scolaires et chaque semaine on organise aussi des nocturnes de 19h à 23h.

Réservez votre billet maintenant et payez 25 euros au lieu de 28 euros en cours de l’exposition.

Comité scientifique : Till-Holger Borchert (Directeur Musea Brugge), Prof. dr. Jan Dumolyn (UGent) et Prof. dr. Maximiliaan Martens (UGent)

Coordinateur de projet : Johan De Smet

Coordination de l’exposition : Frederica Van Dam et Matthias Depoorter, avec le concours de toute l’équipe du MSK

Source : MSK Gent

Publié dans Exposition

Appel à contribution – Sens interdits : le goût, le toucher et l’odorat dans la littérature française des XVe et XVIe siècles

Université du Littoral Côte d’Opale, Boulogne-Sur-Mer, Centre universitaire du Musée
Vendredi 29 janvier 2021

Unités de Recherche sur l’Histoire, les Langues, les Littératures et l’Interculturel (H.L.L.I.) et Analyses Littéraires et Histoire de la Langue (ALITHILA).

Cette journée d’étude s’inscrit à la suite de travaux de recherche qui ont été menés depuis une dizaine d’années sur les cinq sens, notamment des journées d’études et des colloques dont les actes publiés renouvellent sans cesse les questionnements sur le sujet (Palazzo (dir.), Les cinq sens au Moyen Âge ; Puccini (dir.), Le Débat des cinq sens de l’Antiquité à nos jours). En effet, depuis le « sensitive turn » le tournant sensoriel étudié par les recherches en sciences humaines qui étudient les textes à l’aune des perceptions sensorielles et des émotions les cinq sens sont devenus un thème de recherche productif : « l’histoire du sensible – les sensory studies des Anglos-Saxons – a connu un grand essor depuis une vingtaine d’années. Elle constitue un champ interdisciplinaire particulièrement fécond. Les cinq sens intéressent en effet autant la littérature que la philosophie, l’histoire des sciences que l’histoire des arts, l’anthropologie que la linguistique ou l’histoire de la liturgie » (Fritz et Duhl, 2016, p. 7). En complément de ces travaux fondateurs et stimulants et dans la mesure où la vue et l’ouïe ont déjà fait l’objet de recherches approfondies – notamment ceux de Michel Jourde, François Hartog, ou encore Eric Palazzo sur la vue et l’ouïe – on se concentrera ici sur les trois autres sens, quant à eux quelque peu délaissés par la critique.

Historiquement, les cinq sens sont, depuis le traité De Anima d’Aristote, un objet d’étude et une source de questionnement pour les philosophes qui s’interrogent sur le rôle qu’ils jouent dans la constitution de l’homme et dans l’appréhension qu’il a du monde. Au Moyen Âge et à la Renaissance, en effet, l’homme est pensé comme un microcosme qui est en relation avec le macrocosme, les sens faisant office de « trait d’union » (Charles de Bovelles). Les cinq sens ont ainsi un rôle fondamental dans le couple structurant l’anthropologie médiévale et renaissante – corps et âme. C’est pourquoi ils sont à la source de nombreuses productions, qu’elles soient artistiques (la tapisserie de la Dame à la Licorne), scientifiques (le De Sensu de Charles de Bovelles, La Vision de Dieu de Nicolas de Cues), morales (Les Confessions de Saint Augustin, La Nef des folles selon les cinq sens de Nature de Jean Drouyn) ou dramatiques (Le Cœur et les cinq sens écoliers de Jean Gerson).

Toutefois, la vue, l’ouïe, l’odorat, le toucher et le goût ne sont pas mis sur un pied d’égalité. Depuis Aristote jusqu’au débat que les philosophes platoniciens et néo-platoniciens comme indiqué par Marsile Ficin dans son Commentaire du Banquet de Platon ont institué entre les cinq sens, deux sens – la vue et l’ouïe – sont considérés comme des agents de l’âme et par là même comme nettement supérieurs aux trois autres sens. La raison avancée est que le corps humain peut atteindre le divin au moyen des deux premiers alors que les trois derniers le rapprochent de l’animalité. Au-delà de cette question épistémologique, il importe également de souligner que si la linguistique accorde depuis longtemps une place importante à l’étude des liens entre la signification et la sensorialité, l’odorat, le goût et le toucher ont souvent été négligés dans l’étude des arts et des textes littéraires.

À la suite des ouvrages fondateurs d’Alain Corbin et de Lucien Febvre, et des travaux plus récents produits sur l’anthropologie sensorielle (Howes, Classen, Le Breton), sur le lien entre théologie et sensorialité (Palazzo) et sur la conception philosophique (Puccini), cette journée d’étude se propose de redonner une place méritée aux trois sens délaissés en étudiant la présence du toucher, de l’odorat et du goût dans les productions littéraires, iconographiques et scientifiques. Cette journée s’intéressera plus particulièrement aux productions des XVe et XVIe siècles pour deux raisons. La première est qu’il s’agit d’une période de transition linguistique entre le moyen français des XIVe et XVe siècles et le français de la Renaissance, en raison notamment de l’enrichissement du vocabulaire et des innovations linguistiques et lexicales. La seconde est que la majorité des études réalisées sur le sujet se concentre sur une période particulière, qu’il s’agisse du Moyen Âge ou de la Renaissance. Cette journée aimerait envisager ces deux périodes dans leur continuité et ainsi les étudier dans une perspective comparative, qu’il s’agisse de les relier ou de les comparer.

Axes de recherche

– Comment odorat, toucher et goût sont-ils décrits et analysés dans l’iconographie et la littérature française ? Pourquoi ces sens sont-ils considérés comme inférieurs ? Toutefois, ces sens étant considérés comme inférieurs sont-ils présents dans les textes, et de quelle manière ? Quel est l’intérêt de leur présence ?
– Les textes peuvent-ils rendre compte d’une différence culturelle dans la manière dont les sens sont perçus ? Comment traduire les discours sensoriels d’une langue à une autre ?
– Existe-t-il un lexique propre à ces trois sens jugés inférieurs par la tradition ? La langue doit-elle s’adapter pour accueillir de nouvelles notations sensorielles ? Le lexique des sens évolue-t-il entre la fin du Moyen Âge et la Renaissance ? Pour quelles raisons ?
– Quel est le lien entre signification et sensorialité dans les textes ? Existe-t-il un lien entre certains sens et des genres littéraires particuliers ? Les conditions de réception de la pièce théâtrale ou de l’œuvre lue influencent-elle la présence des notations sensorielles ? L’étude des cinq sens pourrait être développée de manière pertinente dans les textes fortement liés au corps et à son évolution dans l’espace, tels que les récits de voyage (comment transmettre au lecteur des sensations qu’il ne pourra sans doute jamais vivre ?) ou les pièces de théâtre (comment rendre vivante une production dramaturgique et transmettre à l’audience le plus grand nombre de sensations ?).
– Les discours scientifiques et théoriques sur les sens contaminent-ils les œuvres littéraires ? Le contexte historique ou le contexte d’écriture de l’œuvre peut-il influencer l’utilisation de certains sens plutôt que d’autres ?

Comité scientifique

– Jean Devaux, Professeur à l’Université du Littoral Côte d’Opale, Littérature française du Moyen Âge et de la Renaissance.
– Estelle Doudet, Professeure ordinaire à l’Université de Lausanne, Littérature française des XIVe- XVIe siècles.
– Grégoire Holtz, Professeur associé à l’Université de Toronto, Littérature française de la Renaissance.
– Matthieu Marchal, Maître de conférences à l’Université de Lille, Littérature française du Moyen Âge.
– Jean-Claude Ternaux, Professeur à l’Université d’Avignon, Littérature française de la Renaissance .

Modalités de soumission

Pour cette Journée d’Étude qui s’adresse principalement, mais sans exclusivité, aux littéraires francophones et comparatistes, les spécialistes d’autres disciplines d’arts ou de sciences humaines ou de sciences du langage peuvent bien entendu proposer des communications si elles éclairent l’un des points mentionnés ci-dessus. De plus, il sera possible de découvrir des textes peu étudiés sur la question mais aussi de relire certains textes particulièrement connus à l’aune des perceptions sensorielles.

Les interventions seront limitées à 25 minutes. Les propositions de communications se présenteront sous la forme d’un résumé d’une dizaine de lignes précédé d’un titre provisoire. Elles seront suivies d’un bref curriculum vitae.

Ces propositions sont à soumettre par mail sous un format lisible (Word, OpenOffice) aux organisatrices, Mélanie Fruitier et Rebecca Legrand, avant le 01er mars 2020 aux adresses suivantes :

melanie.fruitier62@gmail.com rebecca.legrand@univ-lille.fr

Après étude par le comité scientifique, une réponse individuelle sera communiquée par mail à partir du 01er avril 2020.

Source : Conjointures

Publié dans Appel à contributions

Appel à contribution – « Représentations ». Colloque Jeunes Chercheurs International Transdisciplinaire

ORGANISE PAR LES JEUNES CHERCHEURS UNITE DE RECHERCHE 1339 LINGUISTIQUE, LANGUES, PAROLE (LILPA) UNIVERSITE DE STRASBOURG (FRANCE)

25 AU 27 JUIN 2020 STRASBOURG / FRANCE

Alors que la notion de représentation constitue un objet d’étude de plus en plus répandu pour de nombreux chercheurs, sa transdisciplinarité nécessite un ancrage à la fois théorique et appliqué permettant d’approcher ses aspects fondamentaux au sein de chacun des domaines choisis pour l’aborder. Étymologiquement du latin repraesentatio (« action de mettre sous les yeux »), les « représentations » portent initialement le sens d’« image ». Dans une conception plus étendue, l’image renvoie à plusieurs idées telles que les questions de figure(s), de symbole(s), de signe(s), de projection(s), de perception(s), de stéréotype(s), etc. En tant que concept transversal aux différents champs scientifiques, les représentations possèdent par conséquent de très nombreuses acceptions. Parmi elles figurent autant l’image que l’on se fait du monde ou d’une expérience que celle que l’on attribue à autrui ou aux objets (concrets comme abstraits). Plusieurs définitions peuvent ainsi être données, allant des représentations collectives et sociales (Jodelet, 2003 ; Abric, 2016) aux représentations mentales et individuelles (Bernoussi & Florin, 1995 ; Fernandes & Vinter, 2009 ; Bault et al., 2011), en passant par les représentations visuelles (Ginzburg, 1991 ; Treilhou-Balaudé, 2003), ou encore les représentations des structures (par exemple, algébriques : Assem et al., 2006 ; informatiques : Sabouret, 2006).

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AXE 1 Si l’on veut comprendre le rôle central du concept de la représentation dans les sciences humaines et sociales, il faudra certainement revenir d’abord aux écrits de Platon et d’Aristote qui se sont rendu compte les premiers de l’aporie du eikôn et de son paradoxe d’une présence in absentia. Ce même paradoxe va intriguer dès lors toute une panoplie de philosophes, de Rousseau, Freud, Wittgenstein, Bolzano, Piaget jusqu’à Émile Durkheim, Lévy-Bruhl, Marcel Mauss ou Paul Ricœur, pour ne citer que ceux-là. Jean Clenet (1998, p. 70) affirme que « la représentation construite par une personne (ou un collectif) est son lien, son rapport le plus intime avec l’organisation et l’environnement dans lequel elle se situe ». La représentation aborde donc l’aspect cognitif et social des relations de l’individu avec soi-même, de l’individu avec ses actions et de l’individu avec son environnement. Cet engouement nous confronte avec la question à la fois épistémologique et philosophique de la relation entre ce qui est ou était dans le passé et ce que nous sommes capables de et disposés à percevoir. Cet axe invite à s’occuper soit des représentations de concepts telles que celles liées à l’homme, à la langue, au langage à l’histoire, à la psychè, à la culture, à l’art, à la musique, etc., soit en tentant d’éclairer des phénomènes spécifiques comme, par exemple, la notion de la typicalité, de l’altérité ou de l’ipséité.

AXE 2 L’étude des représentations est aussi fondamentale dans le domaine des sciences formelles. « Tout concept mathématique doit nécessairement se servir de représentations, vu qu’il n’y a pas d’objets à exhiber à leur place ou à leur évocation » (Astolfi et al, 2008). Cela est également vrai pour les autres disciplines en sciences formelles. Ce colloque jeunes chercheurs sera donc l’opportunité de discuter entre autres des représentations graphiques ou géométriques (figures, dessins, schémas), des représentations théoriques de la logique du fonctionnement d’un ordinateur en informatique (machines à état, machines de Turing), les représentations des nombres en mathématiques (numération), la représentation de l’infini en théorie des nombres et enfin de la propre théorie de la représentation en algèbre. La représentation étant toujours représentation de quelque chose, on ne saurait l’étudier que dans un contexte défini (D’amore & Fandiño Pinilla, 2001).

AXE 3 Les représentations occupent aussi une place prépondérante dans les sciences du vivant et permettent de mieux visualiser un fait, une réalité (Guérin & Gumuchian, 1986). En géographie physique, les cartes permettent d’appréhender non seulement les notions topographiques et de distance (reliefs, cours d’eau, végétation…), mais également de comprendre les évolutions passées et futures de la terre, en lien avec l’activité humaine (Bonin, 2004). Le biologiste, par exemple, se sert souvent des représentations pour illustrer le vivant dans son aspect complexe (Glade & Stéphanou, 2013). Cependant, ces représentations peuvent constituer des obstacles à la compréhension de certains phénomènes particulièrement complexes (Clément, 2014). De ce fait, dans les sciences du vivant, on ne se limite pas au dogme de la biologie moléculaire par exemple et à sa finalité purement scientifique, mais on tient nécessairement compte, dans ce domaine, de tous les paramètres extérieurs à ses sciences pour montrer non seulement leur impact sur la représentation du vivant, mais aussi l’influence mutuelle qui existe entre ces paramètres et le vivant.

La notion de représentation est ainsi un phénomène intéressant de nombreux domaines. Fort de ce constat, notre colloque réunira des jeunes chercheurs issus de diverses disciplines des sciences humaines et sociales (la linguistique, la philosophie, la littérature, la sociologie, l’ethnologie, l’anthropologie, l’histoire, l’archéologie, la psychologie, les arts…), des sciences formelles (les mathématiques, l’informatique, la géographie, les sciences physiques, l’astronomie, la chimie…) et les sciences du vivant (la biologie, sciences cognitives, les neurosciences, l’éthologie…), et sans que la liste soit exhaustive. L’objectif de ce colloque est de permettre aux jeunes chercheurs dans les diverses disciplines qui constituent les sciences humaines et sociales, les sciences formelles et les sciences du vivant, de présenter leurs travaux sur la notion de représentations tant du point de vue épistémologique, que théorique et pratique. Il s’agira d’explorer les divers aspects de la notion, mais aussi d’en étudier la productivité, notamment en mettant en évidence sa transversalité.

CALENDRIER – Soumission du résumé : 21 février 2020 – Notification d’acceptation : 28 mars 2020 – Soumission d’un formulaire d’inscription en ligne : 30 avril 2020

Les soumissions sont à envoyer sous forme de résumé de 500 mots maximum, bibliographie non comprise, avec 5-6 mots clés. Le résumé peut être rédigé en français ou en anglais. Les résumés sont à envoyer à l’adresse mail suivante : cjcrepresentations2020@gmail.com

COMITE D’ORGANISATION

Anissa Hamza, Delphine Charuau, Emmanuelle Dantan, Eva Feig, Seto Kossi Yibokou, Elodie Lang, Fadila Azzag, Christiane Bosso, Vitor Bueno Figueiredo de Paula, Seynabou Fall, Nadjia Gaci, Stephanie Debaize

COMITE SCIENTIFIQUE (EN COURS DE CONSTITUTION)

CONFERENCIERS INVITES (A VENIR)

Contact : cjcrepresentations2020@gmail.com

Publié dans Appel à contributions

Colloque – L’objet monde au Moyen Âge : Clôtures et mise en ordre dans les productions littéraires, iconographiques et architecturales

Lundi 10 février 2020 [9h-17h]

Maison de la Recherche – Sorbonne nouvelle
4 rue des irlandais, 75005 Paris

Organisation :
Mathieu BEAUD (LaMOP, Université Paris 1)
Luce CARTERON (CERAM, Université Paris 3)
Kristina MITALAÏTE (LEM, CNRS), Enimie ROUQUETTE (CERAM, Université Paris 3).

Programme : ici

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Argumentaire :

Le monde médiéval (mundus), création divine, ordonnée et parfaite, se suffit du principe divin qui en règle le fonctionnement. Cette perfection du monde, inséparable de sa clôture et de son intégrité, semble aussi avoir été pensée comme principe de la création humaine.

Partant de réflexions sur le haut Moyen Âge, l’objectif de cette journée d’étude sera de suivre la pertinence, la survivance et peut-être l’effacement et le remplacement de ce schéma de pensée sur toute la période médiévale.

La pensée carolingienne présente de nombreux indices d’une analogie entre création divine et création humaine. Émerge ainsi la notion de clôture dans le monastère, qui va de pair avec la réflexion menée sur l’idéal monastique : en témoigne la généralisation de la Règle de saint Benoît et l’importance progressive qu’accorde le monachisme au cloître, mot dérivé de claudere. Si la clôture sépare le moine du siècle, elle le place par ailleurs dans un monde per se dont la totalité et l’harmonie sont symbolisées par la forme du bâti et l’espace que crée cette dernière, ordonné, réglé et tourné vers la louange de Dieu. Elle délimite un monde clos et autonome, image du monde paradisiaque : dans la clôture réside une totalité, la clôture s’extrayant ainsi du concept de frontière.

La clôture semble dès lors être une notion fructueuse pour interroger d’autres domaines de la production et de la pensée médiévales. La période carolingienne, là encore, offre à ce sujet une réflexion probante sur l’image, son statut et son fonctionnement. Le De Laudibus Sanctae Crucis de Raban Maur agence par exemple pour la première fois écriture, graphie et visuel en un seul dispositif qui engage le lecteur/regardeur à une contemplation, une méditation, une intellection potentiellement infinies et pourtant fondées sur les éléments que contient une même page. On peut également penser à Théodulf d’Orléans lorsqu’il décrit un arbre encyclopédique inscrit dans un cercle (Dümmler, poème XLVI). En somme, l’objet monde, produit de la création humaine, ordonne et est également ordonné selon le principe de l’harmonie divine, érigée en principe de la création humaine par son application aux arts libéraux (géométrie, arithmétique et musique) et potentiellement applicable à tous les domaines.

La clôture semble donc engendrer du sens à partir des éléments qu’elle contient par un processus heuristique continu de méditation, constatation peut-être commune à nombre de productions intellectuelles, bien au-delà de la séquence carolingienne. En ce moment même, la BnF propose l’exposition « Le monde en sphères » présentant près de deux mille cinq cents ans de pensée du monde sous forme de globe ou de disque, dans laquelle nombre d’objets médiévaux ont trouvé leur place. La volonté de connaître le monde se manifeste par ailleurs par le développement de l’encyclopédisme, effort pour reconstituer la totalité du monde en un classement ordonné, ou encore des diagrammes et des mappae mundi qui enclosent le monde à une échelle abordable pour l’œil et la raison humaine. De la même manière, l’observation de la révolution du temps, à savoir la constitution d’un cycle par la répétition – s’exprimant jusque dans la réflexion sur le calendrier qui concentre, dans l’ordre des jours et des mois de l’année solaire, les fêtes chrétiennes, ainsi que les cycles liturgiques et astronomiques –, ne participerait-elle pas de cette volonté d’enclore le monde ?

La clôture apparaît donc comme un processus dynamique qui, en recréant le monde à l’échelle d’un objet en une mise en ordre significative, en donne une version cohérente. La variété de nature de ces objets rend sensible la possibilité de mettre en place, à leur échelle et avec leurs propres lois, une version du monde dont chacun livrerait une herméneutique cosmique. Ainsi, architectures, façades, enluminures et textes littéraires, jardins, proposent un macrocosme à échelle humaine prenant sens dans cette clôture. La complémentarité des savoirs qu’ils mobilisent et concernent semble converger vers un système de pensée commun aussi bien à l’acquisition de la connaissance qu’à son expression.

Nous avons choisi le terme « objet » pour regrouper l’ensemble des productions médiévales pouvant être lues, vues et déchiffrées. Cette journée d’étude visera à vérifier l’hypothèse que la clôture est une condition de recréation du monde à l’échelle de cet objet. Pour étendre ces questionnements observables dans le monde carolingien aux époques postérieures, aussi bien qu’en vue d’observer leurs prolongements, enrichissements ou transformations, nous souhaitons que soient interrogés différents types d’objets médiévaux rarement confrontés : le texte, dans sa matérialité ou non, l’image dans ses différents lieux – manuscrits liturgiques, façades, carmina figurata, fresques, ou autres – mais aussi jardins, formes architecturales, etc. L’ordre et la clôture comptent-ils parmi les moteurs de la création d’objets médiévaux soit dans leur valeur d’artefact, soit dans leur structure rhétorique au sens large, soit dans leur intention discursive ?

La journée demandera aux personnes participantes de présenter un objet particulier, d’en exposer l’analyse approfondie d’après les pistes présentées dans l’argumentaire et les questions ci-dessous et de proposer des outils théoriques propres à chaque type de document ou à chaque discipline. La journée se conclura par une table ronde durant laquelle l’ensemble des participants et les personnes présentes pourront poursuivre et approfondir les discussions.

  • Ces pistes se révèlent-elles valides pour tout type d’objet médiéval ou, justement, existe-t-il des typologies ou des hiérarchies ?
  • Selon quelles modalités la clôture interagit-elle avec les éléments qu’elle rassemble pour produire du sens ? Est-elle le seul principe de mise en ordre de ces éléments ?
  • L’évolution de l’organisation de la connaissance (notamment par le biais de l’encyclopédisme) a-t-elle modifié les principes de production ou de création de l’objet ?
  • Comment ces principes agissent-ils sur l’action intellectuelle, méditative ou spirituelle de qui perçoit l’objet ?
  • Y-a-t-il une transversalité dans le vocabulaire employé (« voir », « déchiffrer », « lire », « identifier », « interpréter »…) pour désigner l’opération d’intellection qui se déploie au sein de la clôture ?
  • Le mot claustrum peut désigner la virginité mariale et l’enclos maternel : à quel point ce terme, qui est aussi christologique, participe-t-il de la réflexion sur le corps et sa place dans le monde ?
  • Dans quelles mesures la contrainte exercée par la clôture, ou par la règle qui s’exerce dans le lieu enclos, se charge-t-elle d’une connotation négative ? Claustrum réunit en effet les contraires dans son champ sémantique. Il peut ainsi définir la clôture du monastère mais aussi la prison, la délimitation de l’espace intime tout comme l’enclos de l’enfer : cette ambivalence sémantique détermine-t-elle les réflexions sur l’objet-monde ?

Source : LAMOP

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