À partir du XIIIe siècle, l’institutionnalisation progressive du parlement de Paris accompagne l’affermissement du pouvoir royal en France et joue un rôle central dans l’administration du royaume. Cette activité fait du parlement l’un des plus grands producteurs d’archives de la période médiévale : le travail du greffe, qui enregistre non seulement les décisions de la cour mais aussi une grande partie du processus judiciaire, a permis la conservation de près de mille volumineux registres pour la seule période médiévale (transcriptions d’arrêts, décisions interlocutoires, plaidoiries, délibérations en conseil, etc.). Cette rencontre vise une double ambition. D’une part, rassembler chercheuses et chercheurs issus de différentes disciplines qui travaillent aujourd’hui sur ou avec le fonds du Parlement et les amener à dialoguer sur les nouvelles perspectives de recherche qui peuvent naître d’un accès renouvelé aux archives. D’autre part, le colloque entend faire le point sur l’utilisation des très nombreux instruments de recherche progressivement constitués et penser ceux à développer à l’avenir.
De fait, la grande richesse de cet « océan documentaire », aussi bien sur le plan quantitatif que sur celui de la variété des thématiques qu’il embrasse, a de nombreuses fois été soulignée. Dès le XIXe siècle, elle a donné lieu à l’élaboration d’une abondante instrumentation de recherche, instrumentation qui, à l’ère informatique puis numérique, a facilité l’accès aux fonds tout en faisant émerger de nouveaux questionnements scientifiques. Aujourd’hui, l’usage de l’intelligence artificielle, que ce soit l’IA générative ou les réseaux neuronaux derrière la transcription semi-automatique, repose avec acuité la question de la structuration des instruments de recherches et des métadonnées à compléter pour un usage pérenne.
Du fait de la diversité des acteurs et des conflits devant le Parlement, cette instrumentation a nourri des recherches bien au-delà de la seule histoire de la justice et de la procédure médiévale et a ouvert des perspectives d’histoire politique, économique, sociale et culturelle. Si les nobles sont surreprésentés parmi les justiciables, les nombreuses causes traitées mettent aux prises clercs et laïcs, individus et communautés, bourgeois et étrangers au royaume de France. Il s’agit d’autant de portes d’entrée sur la société médiévale pour la recherche scientifique, qui s’est déjà depuis longtemps emparée de cet objet. Cependant, si, depuis les mélanges Hilaire au début des années 2010, la bibliographie sur le Parlement s’est largement enrichie de travaux individuels, peu de synthèses ont été réalisées au-delà des spécialistes de la cour. Cette rencontre vise à dresser ce bilan, en invitant à présenter historiennes et historiens de la justice, du droit, ou d’autres spécialités, aux chercheuses et chercheurs confirmés comme aux doctorantes et doctorants, qu’une utilisation extensive ou plus ponctuelle du fonds du Parlement alimente leur recherche.

Afin de mener à bien cet objectif, plusieurs axes de réflexion sont proposés, sans être exclusifs :
Axe 1 : les archives du Parlement au service de son histoire
Un premier axe portera sur les travaux en cours ou récemment consacrés à la cour elle-même, son évolution, son personnel, son fonctionnement, dans une perspective d’histoire juridique, judiciaire et juridictionnelle. Les contributions comprenant une dimension comparative, avec d’autres cours souveraines, avec d’autres parlements ou avec d’autres juridictions, dans ou hors du royaume de France, pourront enrichir la réflexion.
Axe 2 : les archives du Parlement au service d’autres perspectives de recherche
Au-delà de l’histoire de la justice et des institutions, un second axe rendra compte des nombreuses autres thématiques qui peuvent être explorées ou nourries par les fonds du Parlement.
En témoignent les travaux récents ou encore à mener sur les communautés d’habitants, sur l’histoire des femmes et du genre, sur l’histoire environnementale, sur les circulations des biens et des personnes, ou encore sur la culture matérielle.
Axe 3 : méthodes, instrumentation et expérimentations numériques
De manière transversale, les contributions veilleront à expliciter la méthode utilisée, et ce quels que soient les instruments mobilisés. Ces dernières années, des entreprises de numérisation ont permis de rendre une grande partie du fonds accessible au format numérique : des contributions pourront ainsi être consacrées aux expérimentations actuellement menées et aux perspectives offertes par les outils numériques et l’intelligence artificielle.
Modalités de contribution :
Deux formats de communication sont possibles : un format court de 20 minutes, consacré à la présentation de projets et de perspectives de recherche, ou un format plus long, de 30 minutes, pour des présentations plus détaillées de méthode ou de résultats. Les propositions, en français ou en anglais, devront faire une vingtaine de lignes maximum, préciseront l’insertion dans les axes de réflexion proposés ainsi que le type de format envisagé. Elles seront accompagnées d’une courte présentation bio-bibliographique.
Les propositions sont à adresser à : parlement2027@gmail.com avant le 15 septembre 2026. Les réponses seront communiquées courant octobre.
Le colloque se tiendra à Paris, aux Archives nationales et à l’Institut historique allemand du mercredi 9 au vendredi 11 juin 2027. Les frais de transport et d’hébergement seront pris en charge, tout ou en partie, sous réserve de confirmation des financements demandés. Une publication est envisagée.
Organisation :
Lionel Germain (CNRS – IHD Jean Gaudemet/CEHJ)
Elisabeth Schmit (Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne – LaMOP)
Pauline Spychala (Institut historique allemand)
Mathieu Stoll (Archives nationales)














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