Colloque – Augustin commentateur des Psaumes

À l’occasion du soixante-dixième anniversaire de l’Institut d’études augustiniennes et pour rendre hommage à deux de ses figures – Martine Dulaey et Isabelle Bochet – ce colloque proposera un bilan des recherches sur les Enarrationes in Psalmos d’Augustin d’Hippone. Il s’agit de faire le point sur les apports philologiques, historiques, rhétoriques, philosophiques, exégétiques et théologiques de l’étude de ce corpus abondant et riche. Ce colloque est coorganisé par l’Institut d’études augustiniennes, le Laboratoire d’études sur les monothéismes, l’Institut catholique de Paris et les Facultés Loyola Paris, en lien avec les autres instituts augustiniens.

Mercredi 11 mars – Institut Catholique de Paris

13h30-14h00 : Accueil – café

14h00-14h45 : Introduction du colloque

  • Accueil par la direction de l’ICP
  • Présentation du colloque par le comité d’organisation
  • Ouverture par Mgr Philippe CURBELIÉ, sous-secrétaire du Dicastère pour la doctrine de la Foi

Les Enarrationes in Psalmos dans leur contexte historique

14h45-15h15 : Clemens WEIDMANN, CSEL – Universität Salzburg
Textual problems in the Enarrationes in psalmos

15h15-15h45 : Matthieu PIGNOT, Université de Namur – FNRS
Les Enarrationes prêchées à Carthage

15h45-16h15 : Questions et pause

16h15-16h45 : Éric REBILLARD, Cornell University
La controverse pélagienne dans les Commentaires des Psaumes d’Augustin

16h45-17h15 : Anthony DUPONT, KU Leuven – Augustiniana
Elected or Encouraged? Augustine’s Homiletic Embodiment of De dono perseuerantiae’s Rhetoric of Predestination

17h15-17h45 : Questions

18h00 : Cocktail

Jeudi 12 mars – Sorbonne

9h00-9h15 : Accueil institutionnel

L’art du prédicateur dans les Enarrationes in Psalmos

9h15-9h45 : Martine DULAEY, EPHE – LEM
Les realia dans les Enarrationes

9h45-10h15 : Pierre DESCOTES, Sorbonne Université – LEM
Les paradoxes dans les Enarrationes in psalmos

10h15-10h45 : Questions et pause

10h45-11h15 : Marie ACHET-HAUSHALTER, Sorbonne Université – Orient et Méditerranée
Partager l’intime : un défi de la prédication d’Augustin sur les Psaumes

11h15-11h45 : Isabelle BOCHET, Facultés Loyola Paris et LEM
« À chacun de voir s’il se reconnaît ici ». Les itinéraires spirituels ouverts par les Psaumes selon Augustin

11h45-12h00 : Questions

L’exégèse en œuvre dans les Enarrationes in Psalmos

12h00-12h30 : Marie PAULIAT, UCLouvain
« Je suis avec vous jusqu’à la fin du monde ». Mt 28, 20 dans les Enarrationes in Psalmos d’Augustin

12h30-12h40 : Questions

14h30-15h00 : Martin KLÖCKENER, Université de Fribourg
Les Enarrationes in Psalmos : source de la connaissance de la liturgie

15h00-15h30 : Alban MASSIE, Facultés Loyola Paris
« Ce qu’a compris Asaph » (En. Ps. 73,2). Comment l’herméneutique des figures d’Israël nourrit l’espérance chrétienne dans les Enarrationes in Psalmos

15h30-16h00 : Questions et pause

16h00-16h30 : Nathalie REQUIN, docteur de l’EPHE
En qui espérer dans l’Église ? Jr 17, 5 dans les Enarrationes in Psalmos

16h30-17h00 : Hugues VERMÈS, Facultés Loyola Paris
L’herméneutique de la grâce dans les Enarrationes in Psalmos : interpréter les psaumes avec saint Paul

17h00-17h30 : Questions

Vendredi 13 mars – Facultés Loyola Paris

9h00-9h15 : Accueil par la direction des Facultés Loyola

La théologie des Enarrationes in Psalmos

9h15-9h45 : Kolawole CHABI, Pontificium Institutum Patristicum Augustinanum
Augustin théologien de la louange dans les Enarrationes in Psalmos

9h45-10h15 : Anne-Isabelle BOUTON-TOUBOULIC, Université de Lille – STL
Nature et Providence dans les Enarrationes in Psalmos

10h15-10h45 : Questions et pause

10h45-11h15 : Michel FÉDOU, Facultés Loyola Paris
L’hymne christologique de Philippiens 2 dans les Commentaires des Psaumes

11h15-11h45 : Allan FITZGERALD et Michael CAMERON, Augustinian Institute – Villanova University
Perspectives on the Holy Spirit in the Enarrationes in psalmos

11h45-12h00 : Questions

14h00-14h30 : Nicolas POTTEAU, Institut Catholique de Paris
Faut-il souhaiter le malheur du méchant ? Augustin et la violence dans les psaumes

14h30-15h00 : David GILBERT, Institut Catholique de Paris
« Memor ero Raab et Babylonis, scientibus me » : de la cité terrestre à la cité céleste, un parcours de conversion dans les Enarrationes in Psalmos

15h00-15h30 : Questions et pause

La postérité des Enarrationes in Psalmos

15h30-16h00 : Jérémy DELMULLE, CNRS – IRHT
Prosper d’Aquitaine et l’exégèse augustinienne du Psautier. Héritage, appropriation et transmission

16h00-16h30 : Simon ICARD, CNRS – LEM
Les Enarrationes in Psalmos au XVIIe siècle

16h30-17h00 : Michel-Yves PERRIN, EPHE – LEM
Ernesto Buonaiuti et les Enarrationes in psalmos augustiniennes

17h00-17h30 : Questions

17h30 : Conclusion du colloque

Informations pratiques :

11 MARS 2026, 13H30-18H | INSTITUT CATHOLIQUE DE PARIS, SALLE Z 27

12 MARS 2026, 9H-17H30 | SORBONNE UNIVERSITÉ, SALLE DES ACTES

13 MARS 2026, 9H-18H | FACULTÉS LOYOLA PARIS, SALLE DE CERTEAU

Organisation : Institut d’études augustiniennes, Facultés Loyola Paris, Institut Catholique de Paris, Université Rennes 2, Université de Namur.

Inscription : colloqueenarrationes@gmail.com

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Appel à contribution – The Valois (1328–1589): Governing France between Medieval and Modern

French History is an international forum for major new articles covering all aspects of the histories of France and the Francophone world, from the early Middle Ages to the twenty-first century. The journal invites submissions for an upcoming special issue on the Valois.

Special Issue Editors: Christelle Balouzat-Loubet and Erika Graham-Goering

Deadline for Submissions: 30 April 2026

The year 1328 marked the accession to the French throne of Philippe VI de Valois, the first sovereign of a dynasty that would reign until 1589. This political shift, the consequence of the extinction of the direct Capetian line, opened a new era in the kingdom of France characterized by profound political and social crises: the Black Death, the Hundred Years’ War, the Italian wars, the Wars of Religion, and revolts both peasant and princely. The first Valois kings were long seen by historians as sovereigns on the wane, whose reigns accompanied ‘the autumntide of the Middle Ages’ (in Johan Huizinga’s memorable phrasing), while its last representatives became mired in civil and religious strife.

But more recent work has brought to light the dynasty’s importance in the development of the French state across the fourteenth to sixteenth centuries. Under the reigns of the Valois kings, the monarchy expanded its administrative apparatus, professionalized the army, strengthened its fiscal oversight and engaged in new forms of diplomacy, while progressively reimagining the nature of royal power itself. Meanwhile, the dynasty’s artistic and literary patronage took on renewed significance as a political tool, as humanism, the book trade and architectural commissions made the French court a preeminent hub of creativity and cultural exchange. Individual kings have received fresh attention for their key contributions to these processes, but other major historiographical turns have allowed us to better appreciate the critical role played the wider membership of the royal family, and especially its female representatives as political actors.

This special issue will recognize the 700th anniversary of the advent of the Valois dynasty in 2028. We seek contributions that deal with the exercise of power, the dynastic and political strategies, or the cultural projects of the Valois rulers, their wives, and/or their children. Rather than reifying the traditional medieval/modern divide of the title, we aim to challenge the premise of that periodization by considering the dynamism of the fourteenth to sixteenth centuries in their own right, as well as within the continuous frame of French history. Possible areas of discussion include, but are not limited to:

  • Rulership and/or state formation
  • Political culture and diplomacy
  • Familial dynamics, collaboration and conflict
  • Court culture, arts and patronage
  • Figures, identities and representations
  • Historiography and memory

Initial proposals of a 500-word abstract and 2-page CV should be sent to Christelle Balouzat-Loubet and Erika Graham-Goering by 30 April 2026.

Full articles of up to 10,000 words including footnotes will be due at the start of 2027. Articles can be in English or in French. French History offers a free translation service from French to English for accepted articles. Final article acceptance is contingent on the journal’s standard peer-review procedures.

 

Appel à contributions : French History, numéro spécial Les Valois (1328–1589) : Gouverner la France entre Moyen Âge et modernité

Date limite des propositions : 30 avril 2026

L’année 1328 marque l’accession au trône de France de Philippe VI de Valois, premier souverain d’une dynastie qui régne jusqu’en 1589. Cet avènement, conséquence de l’extinction de la ligne directe des Capétiens, ouvre une nouvelle ère dans le royaume de France, caractérisée par des crises profondes, à la fois politiques et sociales : Peste Noire, guerre de Cent Ans, guerres d’Italie, guerres de Religion, révoltes paysannes et princières. Les premiers Valois ont longtemps été perçus dans l’historiographie comme les souverains du déclin, dont les règnes accompagnent « l’automne du Moyen Âge » (pour reprendre le titre du célèbre ouvrage de Johan Huizinga) tandis que les derniers représentants de la dynastie se sont enlisés dans des troubles civils et religieux.

Les recherches les plus récentes, qui soulignent l’apport de la dynastie au développement de l’État moderne entre les XIVe et XVIe siècles, invitent à nuancer ce constat. Sous les règnes des Valois, la monarchie étend son appareil administratif, professionnalise l’armée, renforce sa fiscalité et engage de nouvelles formes de diplomatie, tout en repensant progressivement la nature même du pouvoir royal. Parallèlement, le mécénat artistique et littéraire de la dynastie prend une importance nouvelle en tant qu’instrument politique, tandis que l’humanisme, l’essor du livre et les commandes architecturales font de la cour française un foyer de création et d’échange culturel de premier plan. Certains rois ont bénéficié d’un regain d’attention pour leur contribution majeure à ces processus, mais d’autres renouvellements historiographiques ont permis de mieux apprécier le rôle essentiel joué par l’ensemble de la famille royale, en particulier par ses représentantes féminines en tant que véritables actrices politiques.

À l’occasion du 700ᵉ anniversaire de l’avènement de la dynastie des Valois en 2028, ce numéro spécial se propose d’aborder les modalités d’exercice du pouvoir, les stratégies politiques et dynastiques, ainsi que l’action culturelle des souverains Valois, de leurs épouses, et/ou de leurs enfants. Plutôt que de reprendre la division conventionnelle entre Moyen Âge et époque moderne évoquée dans le titre, nous souhaitons plutôt mettre en valeur, au-delà des périodisations traditionnelles, le dynamisme de l’époque qui s’étend du XIVe au XVIe siècle. Les thèmes envisagés sont les suivants (liste non exhaustive):

  • L’exercice du pouvoir et/ou la construction de l’État
  • Diplomatie et cultures politiques
  • Dynamiques familiales, collaboration, conflits
  • Culture de cour, arts et mécénat
  • Figures, identités et représentations
  • Historiographie et mémoire

Les propositions initiales comprenant un résumé de l’article de 500 mots et un C.V. de 2 pages doivent être envoyées à Christelle Balouzat-Loubet (christelle.balouzat-loubet@univ-lille.fr) et Erika Graham-Goering (e.m.graham-goering@iakh.uio.no) avant le 30 avril 2026.

Les articles complets (jusqu’à 10 000 mots, y compris notes de bas de page) seront à rendre début 2027. Les articles peuvent être écrits en anglais ou en français. French History propose un service de traduction gratuit du français vers l’anglais pour les articles acceptés. L’acceptation définitive des articles est soumise aux procédures d’évaluation de la revue.

Source : Oxford University Press

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Appel à contribution – Écrire et imager la guerre (Moyen Âge – XVIe siècle) 

Coordonnateurs
Lionel Piettre, Aix Marseille Université (CIELAM)
Clara de Raigniac, Université de Lille (ALITHILA)
Comité scientifique
Benjamin Deruelle, Professeur d’histoire moderne, Université du Québec à Montréal.
Claude La Charité, Professeur de littérature, Université du Québec à Rimouski.
Pauline Lafille, MCF en histoire de l’art moderne et contemporain, Université de Limoges.
Michelle Szkilnik Professeur émérite de littérature du Moyen Âge, Université Sorbonne Nouvelle.
Laurent Vissière, Professeur des Universités en histoire médiévale, Université d’Angers.

Calendrier et consignes
Les propositions d’articles (250-300 mots) peuvent être soumises jusqu’au 1er avril 2026 à lionel.piettre@univ-amu.fr et clara.de-raigniac@univ-lille.fr, accompagnées d’une courte notice-bio-bibliographique. Le comité donnera sa réponse début mai 2026.
Les articles dont les propositions seront retenues seront à rendre pour le 1er octobre 2026 et ne devront pas dépasser 40 000 signes. Les consignes (à lire avant de commencer à rédiger) sont précisées sur le site de la revue : https://utpictura18.univ-amu.fr/consignes-mise-en-page-articles

Présentation du numéro

Comme d’autres sujets, la guerre fait désormais l’objet de studies, lesquelles se caractérisent par leur approche interdisciplinaire d’un thème. Alors que les strategic studies, développées aux États-Unis après 1945, considéraient la guerre comme « un outil militaire au service du politique », les war studies la voient comme « un fait social qui touche à l’ensemble des domaines de l’action humaine » (Holeindre et Taillat, 2015). Les recherches se tournent alors peu à peu vers l’expérience des soldats, s’intéressent à tous les acteurs et actrices, se diversifient en prenant en compte les impacts psychologiques de la guerre et sa mémoire (voir Evans, 2007). C’est parmi ces nouvelles perspectives que la question des représentations de la guerre trouve sa place.
Comme souvent dans l’histoire des représentations, celle de la guerre a fait l’objet de subdivisions séculaires et disciplinaires. Bien qu’on leur connaisse des influences et des héros communs, les guerres médiévales, en particulier, sont rarement mises en relation avec les conflits armés du XVIe siècle, lesquels sont davantage reliés à ceux de la période moderne et contemporaine – on pense par exemple à la figure du chevalier Bayard (Deruelle et Vissière, 2021) ou à Gaston de Foix (Barreto, 2015). De même, les textes de guerre des littéraires et historiens ne sont que ponctuellement envisagés avec les images des historiens de l’art. Ces deux corpus, écrits et visuels, partagent pourtant des supports, et s’inscrivent dans un même imaginaire qui pousse à les appréhender ensemble, dans une histoire culturelle commune. S’ils sont désormais légion, les travaux traitant des rapports entre textes et images ne portent pas spécifiquement sur la guerre. (On peut malgré tout noter l’existence du groupe de recherche Guerres Espaces Représentations lié à l’Université Bordeaux Montaigne, dont les membres traitent de représentations textuelles et visuelles de la guerre à différentes époques ; sur l’histoire culturelle, voir Burke, 2022.)
L’objectif de ce numéro de Rubriques est alors double : il s’agit de penser l’interaction entre les textes et images de guerre, en s’inscrivant sur un temps long en amont de la Renaissance, du Moyen Âge au XVIe siècle.

Écrire la guerre, du Moyen Âge au XVIe siècle

Pour la période médiévale, la guerre est une réalité qui peut prendre différentes formes, de la lutte seigneuriale à la croisade. Avec pour socle la pensée augustinienne sur la « guerre juste » (Augustin, 2010), elle fait l’objet de réflexions théologiques, philosophiques et éthiques sur sa légitimité ; on s’interroge aussi sur ses aspects tactiques en se reposant surtout sur les Stratagemata de Frontin et le De Re militari de Végèce (Contamine, 1999). Dans l’ordre social, la guerre apparaît comme la raison d’être de la chevalerie, lui permettant de prouver son mérite (Kaeuper, 2016). Racontée dans les chroniques qui témoignent des événements du temps, elle est aussi un sujet central dans bon nombre de textes fictionnels médiévaux. Dans les dix dernières années, plusieurs ouvrages se sont emparés du sujet. Parmi eux, en 2016, la thèse de Marion Bonansea a fait date en étudiant les chansons de geste et romans arthuriens en prose des XIIe et XIIIe siècles (Bonansea, 2016). Trois ans plus tard, en 2019, le numéro spécial L’écriture de la guerre au Moyen Âge de la revue Moyen Âge avait pour but de définir une poétique du récit de guerre, en s’appuyant sur un corpus plus vaste encore : des discours fictionnels (chansons de geste et romans), historiques (chroniques de croisade et chroniques universelles) et didactiques (œuvres allégoriques, traités) ; le volume affichait aussi une vision transhistorique du war narrative puisqu’il proposait en annexe des parallèles entre des textes médiévaux et modernes (Croizy-Naquet et Szkilnik, 2019). En 2022, les actes du colloque Émergences d’une littérature militaire en français (XIIe-XVe siècles) ont permis de réunir des historiens, littéraires et philologues autour d’œuvres à la dimension didactique plus affirmée (Biu et Ducos, 2022). Ces dernières années, enfin, les travaux des historiens médiévistes comme L. Vissière (Vaivre et Vissière, 2014 ; Vissière, 2015, 2018a, 2018b, 2018c ; Trévisi et Vissière, 2016), Ch. Masson (Masson, 2016, 2020 ; Dubourg et Masson, 2025) ou P. Courroux (Courroux, 2019, 2020a, 2020b, 2021, 2022) ont porté sur l’écriture et l’expérience de la guerre, témoignant de l’inscription de la discipline dans les war studies.
Associer les périodes « médiévales » et « renaissantes » s’impose d’autant plus que, pour le XVIe siècle, les études récentes ont relativisé l’idée d’une « révolution militaire » et fait apparaître les continuités des pratiques et plus encore des représentations de la guerre, le XVIe siècle ne pouvant plus être décrit, ainsi qu’il l’a longtemps été, comme le temps du crépuscule de la chevalerie, dont les valeurs restent vivaces, comme l’ont montré les travaux de Benjamin Deruelle (Deruelle, 2015). C’est d’ailleurs sur une plus longue période qu’un « siècle » arbitrairement isolé que l’on considère désormais l’importance des mutations techniques comme l’artillerie ou l’évolution de la poliorcétique et des fortifications. Il n’en reste pas moins qu’aux XVe et XVIe siècles les représentations de la guerre subissent des influences croisées. Sur le plan de l’image, l’imprimé permet l’ample diffusion des romans de chevalerie, largement réimprimés jusqu’au mitan du XVIe siècle et qui ne disparaissent pas dans les bibliothèques dans les décennies suivantes. L’imaginaire de la monarchie et de la noblesse continue d’exalter la culture chevaleresque, tant dans l’art peint et sculpté que dans les manuscrits offerts aux princes, les tournois, les entrées royales et les publications qui en découlent.
À cette culture cependant, l’humanisme vient apporter ses ressources, ses images, ses fantasmes. L’humanisme militaire a récemment fait l’objet d’études qui mettent l’accent sur des visées réformatrices inspirées des Anciens (Verrier, 1997), dont témoigne le succès européen de l’Art de la guerre de Machiavel et de sa paraphrase française, les Instructions sur le faict de la guerre (1548). Ces visées touchent à l’image la noblesse, appelée à se réformer par la connaissance de l’histoire, de l’art militaire et de ses ruses (Piettre, 2021, 2022a), comme en témoignent notamment les œuvres de Rabelais (La Charité, 2017 ; Cornilliat, 2022 ; Piettre, 2026). Enfin, les études sur l’imaginaire se sont largement développées en insistant à la fois sur la violence et les émotions suscitées par la guerre, ses images et ses récits (Trévisi et Vissière, 2016 ; Bastien, Deruelle et Roy, 2021). Mais plus rares sont les études qui font le lien entre texte et image, comme l’article de Daniel Ménager consacré au récit de guerre à la Renaissance, qui rapproche les tableaux de Léonard avec les récits de Guichardin ou des frères Du Bellay (Ménager, 2005). Les études consacrées aux Mémoires militaires ont cependant montré l’importance des représentations allégoriques associées à la guerre, comme celle de la Fortune (Viaud, 2021), tout en insistant par ailleurs sur la culture rhétorique qui donne à voir les batailles par les procédés classiques de l’ekphrasis et de l’hypotypose, par lesquels le texte produit une image mentale (Piettre, 2022b).

Imager la guerre, du Moyen Âge au XVIe siècle
Comme pour les textes, l’étude des images de guerre a fait l’objet de publications majeures dans les dernières années de la critique française. L’approche des représentations modernes et contemporaines, à partir du XVIe siècle, a d’abord été historique et formelle dans le volume Peindre la guerre (2009) ; il s’agissait d’identifier les solutions plastiques utilisées pour donner à voir la réalité complexe de bataille, laquelle est toujours un événement construit, dont la représentation est « nourrie d’une mythologie, qu’elle soit romantique, conquérante ou totalitaire » (Delaplanche et Sanson, 2009, p. 5). La même approche transséculaire et formelle a été adoptée dans le volume Vivre la bataille ? Expérience et participation dans les arts, XVe-XXIe siècle (2023), avec un accent supplémentaire mis sur la réception du spectateur. Ce dernier, face à une image de bataille, était d’abord sollicité par le regard et l’imagination, jusqu’à un moment de bascule acté au XIXe siècle : le panorama constitue alors un changement d’échelle si important que la bataille n’est plus une simple représentation mais une « véritable illusion, à travers une immersion sensorielle » (Barreto, Delon et Lafille, 2023, p. 10). Il faut ajouter à ces deux volumes la publication de la thèse de Pauline Lafille, Peindre pour la mémoire. La bataille dans la peinture italienne du XVIe siècle, dans laquelle l’historienne de l’art s’inspire de l’histoire culturelle pour étudier la scène de bataille, « en s’intéressant à ses usages politiques et sociaux, à son iconographie et à l’évolution de ses formes artistiques » (Lafille, 2024, p. 17).
Mais toutes ces études, transdisplinaires et transéculaires, prennent pour point de départ la peinture du XVIe siècle. En amont de la Renaissance, les siècles du Moyen Âge n’ont fait l’objet d’aucune somme similaire. Si les récits de guerre ont été commentés dans plusieurs travaux récents, les miniatures des manuscrits, les tentures, les vitraux ou les plafonds peints qui rendent compte de faits militaires n’ont pas été envisagés de manière systématique (ainsi la thèse de Raigniac, 2023, portait uniquement sur le corpus des Chroniques de Froissart). L’étude des images de guerre antérieures se limite généralement à les considérer comme une source d’information pour l’historien (par exemple, pour mieux comprendre les tactiques militaires dans Porter, 1998 ; Viallon, 2015), et il faut consulter des articles sur des œuvres précises ou sur un thème plus général, comme la violence, pour voir apparaître quelques analyses (Raynaud, 1994).

Axes de réflexion
Pour envisager ensemble textes et images de guerre, du Moyen Âge au XVIe siècle, plusieurs axes sont à privilégier.
L’approche peut d’abord être historique : en enjambant les bornes chronologiques traditionnelles, il s’agit de compléter l’histoire des représentations de la guerre. On pourra ainsi identifier des textes et images clés qui construisent un imaginaire culturel, mais aussi des lieux, des personnes et des supports qui assurent leur transmission. Le passage du livre manuscrit à l’imprimé apparaît par exemple comme un laboratoire, où les textes des copistes et les miniatures des peintres inspirent les premiers éditeurs parisiens et lyonnais (Bonicoli, 2022).
Car imager les conflits armés n’est pas (seulement) une affaire personnelle : pour représenter la réalité complexe qu’est la bataille et la guerre en général, chaque auteur, artiste ou artisan dispose de modèles (bibliques, antiques, historiographiques, romanesques…) qu’il actualise. Un enjeu est alors d’identifier ces nombreux patrons, dans le but de construire une poétique des représentations de la guerre. Sans pour autant penser qu’il existe une grammaire stable du Moyen Âge au XVIe siècle, la récurrence de certaines scènes et détails invite à penser un index de motifs, tant visuels que textuels. En effet, au-delà de la bataille terrestre, qui est le paroxysme des événements militaires (sur cette construction de la bataille comme événement, voir Duby, 1973 ; Keegan, 1993 [1976], et plus récemment Chaline, 2005 ; Boltanski, Lagadec et Mercier, 2015), d’autres topoi abondent : le siège, la bataille navale, la chevauchée, l’embuscade, le conseil avant la bataille rangée et la poursuite des vaincus après… À partir de 1620-1630, on distingue trois types de scènes de bataille : la peinture d’histoire, la peinture topographique, et la bataille générique (voir Delaplanche, 2011) ; entre le XVe siècle et le début du XVIIe siècle en revanche, Pauline Lafille remarque que la critique parle précautionneusement de « représentation » de bataille, d’« image », de « depiction » en anglais, et de « Bild » en allemand, pour évoquer ce « corpus kaléidoscopique » des « battaglie » et de « stori[e] della battaglia » (Lafille, 2024, p. 15-16).
On pourra aussi réfléchir à l’importance de l’image comme outil de réflexion et support de vulgarisation d’une pensée de la guerre. À l’âge de l’imprimé, l’utilisation des diagrammes par Machiavel dans son Art de la guerre, les gravures qui accompagnent le traité des fortifications de Dürer, l’édition par Guillaume Budé de Végèce et Frontin, ou encore les cartes qui illustrent certains occasionnels racontant une bataille, font des écrits militaires des écrits mixtes qui appellent une réflexion intermédiale.
Enfin, l’histoire des représentations de la guerre doit s’accompagner d’une étude de leurs réceptions et pratiques. Comment ces textes et images, sur différents supports, sont-ils utilisés ? Les vitraux et les miniatures d’ouvrages de piété permettent-ils par exemple de soutenir un discours moral et religieux sur la guerre ? Dans les cours et les foyers, comment la violence esthétisée des batailles participe-t-elle à la culture de guerre ? Plus loin dans le temps, comment les textes et images de guerre passées forgent-elles le discours épique d’œuvres modernes (voir Besson et Poulain-Gautret, 2018) ?

Bibliographie
AUGUSTIN, Paix et guerre selon saint Augustin, trad. Pierre-Yves Fux, Paris, J.-P. Migne, 2010.
BARRETO Joana, Voir Gaston de Foix 1512-2012. Métamorphoses européennes d’un héros paradoxal, Paris, PUPS, 2015.
BARRETO, Joana, DELON, Gaspard et LAFILLE, Pauline, dir., Vivre la bataille ? Expérience et participation dans les arts, XVe-XXIe siècle, Rennes, PU de Rennes, 2023.
BASTIEN, Pascal, DERUELLE, Benjamin, et ROY, Lyse, dir., Émotions en bataille, XVIe-XVIIIe siècle : sentiments, sensibilités et communautés d’émotions de la première modernité, Paris, Hermann, 2021.
BESSON, Anne et POULAIN-GAUTRET, Emmanuelle, dir., Combattre (comme) au Moyen Âge : Relectures du Moyen Âge, Bien dire et bien aprandre, 33, 2018.
BIU, Hélène et DUCOS, Joëlle, dir., Émergences d’une littérature militaire en français (XIIe-XVe siècle), Paris, Honoré Champion, 2022.
BOLTANSKI, Ariane, LAGADEC, Yann et MERCIER, Franck, dir., La bataille : du fait d’armes au combat idéologique XIe-XIXe siècle, Rennes, PU de Rennes, 2015.
BONANSEA, Marion, Le discours de la guerre dans la chanson de geste et le roman arthurien en prose, Paris, Honoré Champion, 2016.
BONICOLI, Louis-Gabriel, « Illustrer la littérature militaire dans les premières éditions imprimées : l’exemple des ouvrages publiés par Antoine Vérard », in BIU, Hélène et DUCOS, Joëlle, dir., Émergences d’une littérature militaire en français (XIIe-XVe siècle), Paris, Honoré Champion, 2022.
BROWN-Grant, Rosalind, « Perspectives sur la guerre : l’apport textuel et visuel des romans en prose bourguignons », in CROIZY-NAQUET, Catherine et SZKILNIK, Michelle, dir., L’écriture de la guerre au Moyen Âge. Le Moyen Âge, CXXV, Paris, De Boeck Supérieur, 2019, p. 111-128.
CHALINE, Olivier, « La bataille comme objet d’histoire », Francia. Forschungen zur westeuropäischen Geschichte, vol. 32, 2005, p. 1 14.
CONTAMINE, Philippe, La guerre au Moyen Âge, Paris, PUF, 1999, p. 354-355.
CORNILLIAT, François, « “Cautelles et ruzes” chez Bouchet et Rabelais – Panegyric, Pantagruel, Gargantua », in GARNIER, Isabelle, et al., dir., Narrations fabuleuses. Mélanges en l’honneur de Mireille Huchon, Paris, Classiques Garnier, 2022, p. 233 246.
COURROUX , Pierre, « Interprétation, réception et recréation des désastres militaires romains au Moyen Âge », Pallas. Revue d’études antiques, vol. 110, 2019, p. 383 400.
COURROUX, Pierre, « Remarks on the Use of Numbers by Medieval Chroniclers in Battle Narratives », Medieval Chronicles, vol. 13, 2020, p. 59 80.
COURROUX, Pierre, « What Types of Sources Did Medieval Chroniclers Use to Narrate Battles? (England and France, Twelfth to Fifteenth centuries) », Journal of Medieval Military History, vol. 18, 2020, p. 117 142.
COURROUX, Pierre, « Le roi combattant dans les chroniques de l’espace Plantagenêt », in AURELL, Martin, dir., Gouverner l’empire Plantagenêt (1152-1224) : Autorité, symboles, idéologie, Nantes, Éditions 303, 2021, p. 119 133.
COURROUX, Pierre, « La topique des batailles chez les chroniqueurs normands du XIIe siècle », in PAQUET, Fabien, et LECOUTEUX, Stéphane, dir., Maîtriser le temps et façonner l’histoire : les historiens normands au Moyen Âge, Caen, PU de Caen, 2022, p. 269 281.
COURROUX, Pierre, « The Wise Knight Who did not Want to Fight. Origins », in 10e conférence de la Medieval Chronicle Society, Nancy, à paraître.
CROIZY-NAQUET, Catherine et SZKILNIK, Michelle, dir., L’écriture de la guerre au Moyen Âge. Le Moyen Âge, CXXV, Paris, De Boeck Supérieur, 2019.
DELAPLANCHE, Jérôme et SANSON, Axel, Peindre la guerre, Paris, N. Chaudun, 2009.
DELAPLANCHE, Jérôme, « Pour une approche typologique de la peinture de bataille du XVIIe siècle », Les Cahiers de la Méditerranée, n° 83, décembre 2011, p. 111-118.
DERUELLE, Benjamin, De papier, de fer et de sang: chevaliers et chevalerie à l’épreuve de la modernité (ca 1460-ca 1620), Paris, Publications de la Sorbonne, 2015.
DERUELLE, Benjamin, VISSIÈRE, Laurent, dir., L’énigme Bayard : une figure européenne de l’humanisme guerrier, Tours, PU François Rabelais, 2021.
DUBOURG, Ninon et MASSON, Christophe, dir., Disability and War in the Late Middle Ages. Becoming, Surviving, Managing, Leeds, ARC Humanities Press, 2025.
DUBY, Georges, Le Dimanche de Bouvines, Paris, Gallimard, 1973.
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HOLEINDRE, Jean-Vincent et TAILLAT, Stéphane, « Des Strategic Studies aux War Studies : la structuration d’un champ d’études », in Guerre et stratégie, Paris, PUF, 2015, p. 511.
KAEUPER, Richard W., Medieval Chivalry, Cambridge, Cambridge University Press, 2016.
KEEGAN, John, Anatomie de la bataille, trad. J. Colonna, Paris, Robert Laffont, 1993 [1976].
LA CHARITÉ, Claude, « Rabelais et l’humanisme militaire dans Gargantua : Légions contre caterve et décurion contre franctopins », Op. Cit. Revue des littératures et des arts, « Agrégation Lettres 2018 », no 17, 2017.
LAFILLE, Pauline, Peindre pour la mémoire. La bataille dans la peinture italienne du XVIe siècle, Tours, Presses universitaires François Rabelais, 2024.
MASSON, Christophe, « Des chevaliers irréfléchis ? Panique et témérité dans les traités d’art militaire (c. 1330-c. 1550) », in TRÉVISI, MARION, et VISSIÈRE, Laurent, dir., Le feu et la folie : l’irrationnel et la guerre, fin du Moyen Âge-1920, Rennes, PU de Rennes, 2016, p. 101 112.
MASSON, Christophe, « Dire l’homme d’armes du XVe siècle. L’exemple des mémoires et biographies chevaleresques franco-bourguignons », in DERUELLE, Benjamin, DRÉVILLON, Hervé et GAINOT, Bernard, dir., La construction du militaire. Les mots du militaire : dire et se dire militaire en Occident (XVe-XIXe siècle) de la guerre de Cent ans à l’entre-deux-guerres, Paris, Éditions de la Sorbonne, 2020, t. 3, p. 19 34.
MÉNAGER, Daniel, « Le récit de bataille », in Écritures de l’histoire (XIVe-XVIe siècle), RÉGNIER-BOHLER, Danielle et MAGNIEN-SIMONIN, Catherine, dir., Genève, Droz, 2005, p. 339 350.
PIETTRE, Lionel, « “Le singe chez les ânes” : l’instrumentalisation des dédicaces dans L’Histoire de Thucydide Athenien (1527) », Études Épistémè, no 39, 2021, https://doi.org/10.4000/episteme.12248.
PIETTRE, Lionel, « Guillaume du Bellay polumètis », L’Année rabelaisienne, no 6, 2022, p. 373 392.
PIETTRE, Lionel, L’Ombre de Guillaume Du Bellay sur la pensée historique de la Renaissance, Genève, Droz, 2022.
PIETTRE, Lionel, « Commenter les stratagèmes dans l’œuvre de Rabelais, entre rhétorique et art militaire », Exercices de rhétorique, no 25, 2026, https://doi.org/10.4000/15j7a .
PORTER, Pamela, « The Ways of War in Medieval Manuscript Illumination: Tracing and Assessing the Evidence », in STRICKLAND, Matthew, dir., Armies, Chivalry and Warefare in Medieval Britain and France, Harlaxton Medieval Studies, 7, Stamford, Paul Watkins, 1998, p. 100-114.
RAIGNIAC, Clara de, Un récit de guerre médiéval : les Chroniques de Froissart en leurs manuscrits, thèse sous la direction de Michelle Szkilnik, Sorbonne nouvelle, 2023.
RAYNAUD, Christiane, « La violence dans le Romuléon ou Faits des Romains de Roberto della Porta », in La violence dans le monde médiéval, éd. Centre universitaire d’études et de recherches médiévales, Aix-en-Provence, PU de Provence, 1994, p. 272-294.
TRÉVISI, Marion, et VISSIÈRE, Laurent, dir., Le feu et la folie : l’irrationnel et la guerre, fin du Moyen Âge-1920, Rennes, PU de Rennes, 2016.
VAIVRE, Jean-Bernard de, et VISSIÈRE, Laurent, Tous les deables d’enfer : relations du siège de Rhodes par les Ottomans en 1480, Genève, Droz, 2014.
VERRIER, Frédérique, Les armes de Minerve : l’humanisme militaire dans l’Italie du XVIe siècle, Paris, PUPS, 1997.
VIALLON, Marina, « Fiers destriers : images du cheval de guerre au Moyen Âge », In Situ/ Revue des patrimoines, vol. 27, 2015, URL : https://doi.org/10.4000/insitu.12066.
VIAUD, Alicia, À hauteur humaine : la fortune dans l’écriture de l’histoire, 1560-1600, Genève, Droz, 2021.
VISSIÈRE, Laurent, « La Vierge et la bombarde. Réflexions sur les sièges d’artillerie d’Orléans (1428) à Dijon (1513) », in BOLTANSKI, Ariane, dir., La bataille : du fait d’armes au combat idéologique ; XIe-XIXe siècle, Rennes, PU de Rennes, 2015, p. 51 64.
VISSIÈRE, Laurent, « Les soldats et leurs chansons dans la France des XVe et XVIe siècles », in BAECHLER, Jean, dir., La guerre et les arts, Paris, Hermann, 2018, p. 135 151.
VISSIÈRE, Laurent, « Qu’est-ce qu’un siège ? Réflexions autour du fait obsidional (1411-1444) », in BAECHLER, Jean, et CHALINE, Olivier, dir., La bataille, Paris, Hermann, 2018, p. 129 154.
VISSIÈRE, Laurent, « Sièges empoisonnés. Guerre de siège et maladies à la fin du Moyen Âge », in BAECHLER, Jean, dir., Guerre et Santé, Paris, Hermann, 2018, p. 71 83.

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Colloque – Le paysan désarmé. Pour une sociologie du majoritaire dans le le monde médiéval

Durant la période médiévale, l’activité et la survie de l’essentiel de la population s’inscrivent dans un mode de production dominant fondé sur l’agriculture et reposant sur un contrôle simultané des hommes et des terres. S’essayer à une « sociologie majoritaire » du monde médiéval implique donc d’étudier les spécificités de cette forme particulière, dont la perpétuation avait permis à Jacques Le Goff de défendre l’idée d’un long Moyen âge.

Afin de ne pas sombrer dans les généralités ou de donner une vision trop homogène de l’univers étudié, une telle étude doit se pencher sur des dimensions particulières : ici, le désarmement paysan, c’est-à-dire la manière dont les producteurs agricoles ont été progressivement réduits à une position de purs producteurs. En d’autres termes, il s’agira d’identifier la façon dont se constitue de manière relativement systématique la position du « paysan ».

Ce processus possède une triple dimension :

– Le désarmement physique : c’est-à-dire la privation de la capacité de résistance à la violence et d’action violente en dehors de la sphère limitée du groupe des producteurs lui-même. Cette privation de la violence est toujours une notion relative : la possession d’armes et l’activité violente n’impliquent pas que l’on puisse en faire un usage légitime et, surtout, significatif. La privation peut ainsi passer par des transformations dans le domaine de l’armement qui rendent inopérantes hors du groupe des producteurs les modalités de violence auxquels ils ont accès. Cela implique aussi la disparition au sein de la communauté, et dans la forme de vie de chaque producteur, de la position de combattant « pertinent », c’est-à-dire à la fois légitime et doté d’une capacité effective face aux spécialistes de la violence.

– Le désarmement symbolique : soit, à la fois, le même processus de privation dans la sphère de l’économie symbolique dominante (l’ecclesia) et la participation des groupes de producteurs à leur propre domination. Il peut donc y avoir à la fois une violence légitime à l’intérieur du groupe des producteurs et une perte de cette légitimité lorsqu’elle sort de la sphère de la communauté de production.

– Le désarmement historiographique : cette dernière étape concerne la naturalisation de la position socialement construite de paysan-producteur.

Les enquêtes n’auront pas pour but de mettre en avant un modèle global, mais au contraire de présenter la multiplicité d’occurrences et de formes du processus étudié, afin de déterminer dans quelle mesure celui-ci est à la fois significatif et distinctif pour l’Occident médiéval latin – sans perdre de vue que cette variation constitue l’une des conditions de possibilité du mode de production dominant de l’époque contemporaine.

Évoquer ainsi la privation de la violence fait immédiatement penser à la définition wébérienne de l’État comme groupe dominant ayant le monopole de la violence légitime sur un territoire donné – une violence dont Pierre Bourdieu a souligné ensuite l’importance de la dimension symbolique[1], en plus de la violence physique[2]. Cependant, cette approche peut conduire à associer chronologiquement et de manière quasi mécanique formation de l’État et processus de monopolisation de la violence. Il s’agit au contraire d’aborder des modalités, intermédiaires, préalables à la monopolisation étatique – ces deux termes devant s’entendre sous le sens de conditions de possibilités d’une forme particulière de l’État, et non comme étapes nécessaires d’un processus général – ce qui implique aussi d’établir un certain nombre de comparaisons avec des situations extra-européennes, où ce processus de confiscation prend des formes différentes ou encore ne se manifeste pas, sans pour autant empêcher la construction de formes usuellement attribuées à l’État.

[1]La dimension symbolique ne consiste pas dans une « moitié » symbolique dont l’autre moitié serait physique mais dans le fait que la violence est acceptée par les agents qui la subissent. La violence symbolique est donc l’incorporation de la domination par les dominés eux-mêmes.

[2]Sur l’histoire de ce principe et de cette formulation avant Weber, cf. Whitman, James Q. « Aux origines du “monopole de la violence” ». De la société à la sociologie, édité par Catherine Colliot-Thélène et Jean-François Kervégan, ENS Éditions, 2002.

Programme :

13h30 : Accueil

14h00 : Alexis Fontbonne (Université de Namur/École normale supérieure) – Le « paysan désarmé » une spécificité occidentale ? Introduction comparatiste

14h45 : Etienne Renard (Université de Namur) – Le rôle militaire du paysan, Ve-Xe siècle

15h45 : pause

16h00 : Philippe Lefeuvre (Université de Tours) – Des paysans désarmés par la cité ? Réflexion historiographique sur la Toscane des XIe-XIVe siècles

17h00 : Laurent Feller (Université Paris 1 – Panthéon-Sorbonne) – Résister au dominium par le droit : l’usage de l’institution de l’adoption par des paysans en contexte de lutte (Campanie, XIIIe siècle)

9h00 : Lorenzo Tabarrini (Università di Bologna) – Formes de résistance paysanne en Toscane et en Émilie au Moyen Âge central (1100-1250)

10h00 : Charles West (The University of Edinburgh) – Le paysan désarmé, des Carolingiens à la paix de Dieu.

11h00 : Pause

11h30 : Stuart Pracy (University of Exeter) – The Lordly Reconfiguration of Time in Early Medieval England

12h30 : Alexis Fontbonne (Université de Namur/École normale supérieure) – Mot de conclusion

13h00 : repas

9-10 mars 2026
Université de Namur – Faculté de Philosophie et Lettres, Salle académique

Organisation : Alexis Fontbonne (UNamur/ENS)
Inscription : alexis.fontbonne@unamur.be

Source : Université de Namur – PraME

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Publication – Justine Audebrand, « La vie des femmes au Moyen Âge. Une autre histoire, VIe – XIe siècle »

Lorsque l’on pense aux femmes du Moyen Âge, de nombreux noms viennent à l’esprit, de Jeanne d’Arc à Aliénor d’Aquitaine en passant par Christine de Pizan ou Hildegarde de Bingen. Mais qui connaît Dhuoda, Radegonde ou Æthelflæd ? Les six siècles qui suivent la fin de l’empire romain restent bien souvent le parent pauvre de l’historiographie, alors même que la condition féminine au cours de cette période tranche avec celle observée entre les XIIe et XVe siècles. Pouvoir, production du savoir, travail… La place éminente des femmes se révèle, à cette période, fort différente de celle que charrie l’imaginaire collectif.

Cet ouvrage entend donc explorer le rôle des femmes entre le VIe et le XIe siècle en montrant la diversité de leurs conditions : de la serve à la reine, toutes vivent dans un monde patriarcal mais, loin d’être réduites à l’impuissance, elles ne sont pas dépourvues de moyens d’action.

Justine Audebrand raconte et décortique avec brio cette histoire injustement méconnue.

Informations pratiques :

Justine Audebrand, La vie des femmes au Moyen Âge. Une autre histoire, VIe – XIe siècle, Paris, Perrin, 2026 ; 1 vol., 400 p. ISBN : 978-2-26210-496-2. Prix : € 22,90.

Source : Perrin

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Offre d’emploi – Predoctoral and Postdoctoral Fellowships, Bibliotheca Hertziana

The department of Prof. Dr. Tristan Weddigen (Art of the Modern Age in a Global Context) at the Bibliotheca Hertziana is pleased to offer

Predoctoral and Postdoctoral Fellowships for the 2026/27 academic year.

Under the overarching theme of Art of the Modern Age in a Global Context, the department welcomes projects addressing – but not limited to – one of its five research priorities: Rome Contemporary, Materiality and Mediality, Italy in a Global Context, Transnational History of Art History, and Digital Visual Studies. Please find further information about these research priorities and other projects on the department’s website: https://www.biblhertz.it/en/dept-weddigen.

Applicants should be at an early stage in their career and can propose a funding period of three to twelve months. Scholarship recipients may request an extension through a new application, provided that the total duration of the scholarship does not exceed twelve months. Successful candidates will be part of a group of junior scholars related to one of the five topics and are expected to actively participate in the department’s activities.

Candidates may submit their application by February 28, 2026, on the institute’s recruitment platform: https://recruitment.biblhertz.it.

Online interviews will take place in mid-March. The earliest start date is May 1st, 2026. Contracts must end before September 15, 2027. In addition to providing personal information on the application platform, candidates must upload separate PDF files containing:

cover letter
curriculum vitae
list of publications
description of the research project including bibliographic references and a work plan (max. 12 p.)
optional writing samples (max. 10 MB each)

The Max Planck Society is committed to equality and diversity in all scientific fields and particularly welcomes applications from underrepresented group

Source : Blog de l’ApAhAu

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Séminaire – « Saints Outside Hagiography » Workshop Winter-Spring 2026

We will circulate the readings and Zoom link in advance of the meetings. For those who would like to attend, we ask that you read over the sources in advance of the meetings and come prepared to discuss. After a short introduction by the speakers, we will dedicate our meeting times to discussion.

If you are not already affiliated and would like to attend these sessions, please email Laura Moncion (laura.moncion@philosophie.uni-tuebingen.de) or Alicia Smith

(alicia.smith@uib.no).

Friday March 6 – Saints on a Roll (or Two) 
Alicia Smith: Reclusive Saints as Models on the Throckmorton Layman’s Prayer Roll
Laura Gisseleire: The Mortuary Roll of Lucy of Hedingham

Friday March 27 – Saints in Images and Murals
Marianne Kupin-Lisbin: The Miraculous St Mary of Olovo
Maia Man-Abramiuc: The Transylvanian Mural of St Margaret

Friday April 24 – Representations of Saints in Prayers
Jenny Bledsoe: Prayers to Quiricus and Julitta in the Medieval Birth Girdle Tradition
Iliana Kandzha: A Prayer to St Apollonia from De Speghel der Sammiticheyt

Friday May 15 – Saints in Unlikely Places 
Fawaz Abdul Salam: The Sultan as a Saintly Figure in Early Ottoman Poetry
Heather Blurton: William of Norwich Keystone in Girona, Spain

Friday June 26 – Saints in Annals and Anti-Hagiographies
Hope Doherty-Harrison: Extracts from Biographies of Judas
Steffen Hope: Annalistic Hagiography? The Case of Margareta of Roskilde

Friday July 31 – Saints in Teaching Texts and Epigraphs
Mary Channen Caldwell: St Nicholas in the Musical Hand
Kshitij Jain: Monastic Figures and Sacred Places in Jain Ritual Texts

All meetings will take place on Zoom, at 4pm-5:30pm CET / 3pm-4:30pm GMT / 10am-11:30am EST unless otherwise indicated.

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Publication – Nicolas Michel, « Une collection épistolaire plurielle. Diffusion, réception et influence des Variæ de Cassiodore (VIe-XVe siècles) »

Œuvre monumentale, hybride, presque hors normes, à la frontière entre le monde romain et le premier Moyen Âge, les Variae de Cassiodore ont depuis longtemps attiré l’attention des chercheurs, en particulier des spécialistes de l’Italie ostrogothique. Oubliée pendant près de six siècles, la collection épistolaire réapparaît sur le devant de la scène à partir du XIIe siècle, pour devenir l’une des œuvres les plus marquantes du second Moyen Âge (XIIe-XVe siècle) comme l’attestent les quelque 250 manuscrits identifiés. À travers l’étude des manuscrits, conservés ou perdus, mais aussi des données de la tradition indirecte, en particulier les remplois de passages dans la documentation diplomatique, dans les sermons ou encore dans les discours universitaires, ce livre rend compte de la réception éminemment plurielle des Variae de Cassiodore.

Préface
Introduction

Première partie
Une collection miraculée

Chapitre 1 : À la recherche des manuscrits perdus
L’ombre des Variæ avant 1150

Chapitre 2 : Le renouveau du XIIe siècle
Contexte de résurgence et matrice du succès


Deuxième partie
Une collection incarnée : Modes et formes de la diffusion

Chapitre 3 : La diffusion manuscrite des Variæ de Cassiodore
Définition du corpus et panorama d’ensemble

Chapitre 4 : Une circulation textuelle complexe
Multiplicité des formes et adaptations des copistes


Troisième partie
Une collection interprétée 

Chapitre 5 : Cassiodore, maître de rhétorique

Chapitre 6 : L’auctoritas de Cassiodore
De la morale à la science politique

Chapitre 7 : Les Variæ à l’université
Un outil pour les maîtres et les étudiants

Chapitre 8 : L’automne des Variæ
Lectures humanistes d’une collection épistolaire tardo-antique


Conclusion
Bibliographie
Index

Nicolas Michel, Une collection épistolaire plurielle. Diffusion, réception et influence des Variæ de Cassiodore (VIe-XVe siècles), Turnhout, Brepols, 2026 ; 1 vol., 488 p. (Bibliothèque d’histoire culturelle du Moyen Âge, 27). ISBN : 978-2-503-61737-4. Prix : € 105,00.

Source : Brepols

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Offre d’emploi – Un.e Chargé.e de cours à temps plein en « Philosophie ancienne et médiévale » (Université de Namur)

Missions

Au sein de l’Université de Namur, la Faculté de Philosophie et Lettres compte près de 670 étudiant·es et 75 membres du personnel dont 30 académiques et 35 scientifiques. Elle offre des programmes de 1er et de 3e cycles en « Philosophie », « Langues et littératures françaises et romanes », « Histoire », « Langues et littératures anciennes et modernes », « Histoire de l’art et archéologie », « Langues et littératures germaniques », ainsi qu’un « Master de spécialisation en Cultures et pensées cinématographiques ». Le Département de philosophie organise également un « certificat d’université en philosophie » et participe au « Master interuniversitaire de spécialisation en théorie et philosophie politiques » (ULB, ULiège et UNamur).

La personne engagée en tant que chargé.e de cours sera impliquée dans l’enseignement dispensé par le Département de Philosophie. Elle devra mener ses travaux de recherches au sein de l’Institut ESPHIN – Espace philosophique de Namur (https://esphin.unamur.be/) et éventuellement dans l’un des trois centres de recherches liés au département : Arcadie. Anthropocène, histoire, utopies https://arcadie.unamur.be/ , Centre Universitaire Notre-Dame de la Paix https://esphin.unamur.be/cundp et SPiN Science&Philosophy in Namur https://www.unamur.be/fr/esphin/centres/spin

Vos missions

Assurer et mettre en place des enseignements innovants dans le cadre des cours liés à la charge. Celle-ci comprend 165h/an (210h total), correspondant à la somme des unités d’enseignement suivantes :

DROIB132 Introduction à la philosophie 30h sur 45h

LPHIB001 Histoire et textes de la philosophie de l’Antiquité bisannuel 45h + 15h

LPHIB002 Histoire et textes de la philosophie du Moyen Age bisannuel 45h + 15h

LPHIB207 Philosophie de l’art et de la culture 30h

LPHIB332 Questions approfondies de philosophie 30h

LPHIB300 Auteurs philosophiques de l’antiquité et du moyen-âge 30h

Mener des travaux de recherche originaux dans le domaine de la philosophie ancienne et/ou médiévale (avec une possible attention portée à leurs actualisations contemporaines). Si les thématiques de recherches précises sont bien entendu laissées à l’appréciation de la personne engagée, ces recherches devront s’exercer au sein de l’Institut ESPHIN – Espace philosophique de Namur et devront permettre d’engager des collaborations étroites avec ses membres et les centres associés;

Participer activement aux missions et aux activités de service du Département de Philosophie, de la Faculté de Philosophie et Lettres et de l’Université au sein desquels la personne recrutée sera amenée à assumer des responsabilités pédagogiques et administratives.

Profil

Diplôme

Être titulaire d’un doctorat avec thèse en Philosophie (ou en voie d’achèvement; le doctorat devant alors être obtenu pour le 30 juin 26 au plus tard)

Expérience

Disposer d’une expérience dans l’enseignement supérieur pour les domaines couverts par la charge ;
Être l’auteur·e de publications reconnues nationalement et internationalement dans les domaines de recherche concernés ;
Faire état d’une insertion active dans les réseaux professionnels nationaux, ainsi que dans les réseaux de recherche internationaux.

Compétences

Capacité à collaborer avec les autres membres du Département, de l’Institut ESPHIN et des centres associés ;
Capacité à établir des partenariats locaux, nationaux et internationaux et à répondre aux différents appels d’offres susceptibles de financer ses recherches ;
Aptitude à la gestion et au développement d’une équipe de recherche ;
La capacité à enseigner en grand auditoire sera considéré comme un atout.

Critères de sélection de première importance

L’adéquation du profil avec l’expérience et les compétences énumérées ci-dessus ;
Un ou plusieurs séjour(s) académique(s) dans une université autre que celle qui a délivré le diplôme de doctorat (post-doc ou séjour de recherche de minimum 3 mois cumulés) ;
La qualité des projets pédagogique et de recherche fournis dans le dossier de candidature ;
La qualité de l’audition pour les candidatures sélectionnées.

Renseignements complémentaires

Pour toute question en lien avec les volets enseignement, recherche et services du poste, vous pouvez contacter Louis Carré, Directeur du Département de philosophie (louis.carre@unamur.be ; 081/72.42.16).

Pour toute question administrative, vous pouvez contacter le Service des Ressources humaines (elodie.duchene@unamur.be ; 081/72.41.50).
Remarques

Date d’entrée en fonction: 1/9/26

Contrat : durée déterminée avec période d’intégration. Le Conseil d’administration prévoit une période d’intégration de trois ans si la personne retenue est désignée pour la première fois dans le cadre du personnel académique de l’UNamur. Un contrat académique est convenu entre les parties. A l’issue de cette période, la nomination définitive peut être obtenue après évaluation.

Travailler à l’UNamur, c’est bénéficier :

De formations internes et externes afin de devenir encore meilleur.e dans votre profession ;

D’un remboursement intégral de votre abonnement de transport en commun, d’une indemnité vélo, d’un parking gratuit (voitures/vélos) ;

De congés (extra)légaux* et d’une fermeture collective entre Noël et Nouvel an;

D’une assurance :

Accident vie privée,

Hospitalisation à tarif préférentiel (à charge du/de la collaborateur.trice),

  • D’une crèche, d’un service d’accueil extra-scolaire et d’autres avantages à tarif préférentiel (*);
  • Des réductions dans différents commerces et loisirs de la région.

(*) Selon les règles en vigueur à l’UNamur.

Plus d’information sur https://www.unamur.be/universite/jobs/package-salarial. Le barème (barème 007 pour le grade de chargé de cours durant la période probatoire) appliqué à l’Université de Namur est consultable sur notre site: https://www.unamur.be/universite/jobs/baremes

Modalités de sélection

Examen et sélection des candidatures par la Commission de recrutement et sélection ;
Audition par la Commission de recrutement et sélection ;
Entretien par le Service des Ressources humaines ;
Décision du Conseil d’Administration.

Modalités pour postuler

La candidature, comprenant :

un curriculum vitae détaillé ;
les copies des cinq publications considérées comme les plus significatives ;
trois lettres de recommandation ;
le formulaire de candidature UNamur, lequel devra comprendre un projet de recherche (12000 signes espaces compris maximum) et un projet pédagogique (12000 signes espaces compris maximum) ; (https://www.unamur.be/universite/jobs/formulaires/formulaire-de-candidature-pour-le-personnel-academique-francais-anglais/view), à adresser à la Direction du Service des Ressources humaines par mail à candidature@unamur.be pour le 30 mars 2026 au plus tard. Merci d’indiquer la référence du poste dans l’objet du mail.

Politique de recrutement

Notre politique de gestion des ressources humaines s’inscrit dans le respect de l’égalité des droits et de traitement de tous. Cette diversité s’articule, en outre, autour de différents axes : le genre, le handicap, l’origine, les convictions, l’âge, l’orientation sexuelle, etc. L’Université de Namur est par ailleurs signataire de la charte de diversité.

Source : Université de Namur

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Appel à contribution – Loyautés déchirées : Regards croisés sur la trahison et la fidélité (XIVe-XXIe siècle)

Cette journée d’étude propose d’interroger, dans une perspective diachronique et interdisciplinaire, les multiples formes qu’ont prises fidélité et trahison du XIVᵉ au XXIᵉ siècle. De la loyauté féodale fondée sur le serment aux conflits de fidélités propres aux États modernes et contemporains, il s’agira d’analyser la manière dont les acteurs – princes, sujets, militaires, religieux, conjoints, citoyens – ont négocié, justifié ou subi cette tension constitutive du politique.

La fidélité apparaît historiquement comme une relation conditionnelle, inscrite dans des systèmes d’obligations réciproques entre individus et institutions. Sa rupture, loin de relever exclusivement de la déviance morale, peut être interprétée comme une forme de contestation politique, notamment lorsque le pouvoir excède les limites qui fondent sa légitimité. Inversement, l’accusation de trahison s’impose comme un instrument central de stigmatisation, d’exclusion et de délégitimation, participant à la construction de l’ennemi intérieur et à la définition des frontières du corps politique.

En croisant les approches de l’histoire, de la science politique, du droit, de la sociologie et de la philologie, cette journée entend montrer que fidélité et trahison constituent des catégories dynamiques, révélatrices des transformations des régimes politiques, des formes d’autorité et des modes d’appartenance collective. À travers l’étude des discours, des pratiques et des figures du traître ou du fidèle, il s’agira de mieux comprendre comment ces notions structurent les relations de pouvoir et les imaginaires politiques sur le long terme.

Cette journée d’étude s’inscrit dans un cycle de trois journées organisées sur trois années consécutives, accueillies successivement à Lille, à Liège et à Luxembourg.

Axes de réflexion

Les communications pourront s’inscrire notamment dans les axes suivants :

  • Fidélité à une communauté et exclusion politique 
  • Figures du traître : entre stigmatisation et relectures historiques 
  • Trahison et transformations des régimes politiques 
  • Guerre, trahisons et loyautés politiques 

Informations pratiques

  • Date : 22 octobre 2026
  • Lieu : Université de Lille
  • Langues de communication : français
  • Soumission des propositions :
    • Courte biographie
    • Titre et résumé (2 000 à 3 000 signes)
    • Date limite : 8 mars 2026

Comité d’organisation :

  • Mauréna Benteboula, doctorante en histoire médiévale (Université de Lille – HARTIS)
  • Élodie Lecuppre-Desjardin, professeur des universités (Université de Lille – HARTIS)
  • Valentin Fontana, doctorant en histoire moderne (Université de Lille – HARTIS)
  • Louis Fortemps, docteur en histoire contemporaine (Université du Luxembourg – C2DH)
  • Hervé Leuwers, professeur des universités (Université de Lille – HARTIS)
  • Fabio Ventorino, doctorant en histoire médiévale (Université de Liège – Transition)

Comité scientifique

  • Stanislas de Chabalier, docteur en histoire moderne (Université de Lille – HARTIS)
  • Alain Marchandisse, maître de recherches (Université de Liège – FNRS & Fonds assoc.)
  • Matthieu de Oliveira, professeur des universités (Université de Lille – HARTIS)
  • Thomas Ruckebusch, doctorant en histoire contemporaine (Université de Lille – HARTIS)
  • Jordy Saillier, doctorant en histoire médiévale (Université de Lille – HARTIS)
  • Mélanie Traversier, professeure des universités (Université de Lille – HARTIS)
  • Mathieu Vivas, maître de conférences (Université de Lille – HARTIS)

Source : Sciences Conf

Publié dans Appel à contributions | Commentaires fermés sur Appel à contribution – Loyautés déchirées : Regards croisés sur la trahison et la fidélité (XIVe-XXIe siècle)