Exposition – Merveilleux Moyen Âge. L’abbaye de l’Ile-Barbe, un voyage aux portes de Lyon

Exposition temporaire au MHL – Gadagne
Du 17 octobre 2025 au 1er novembre 2026

Visite | 1h | Tout public, à partir de 7 ans | Niveau -1 | 5 salles

À travers les plus belles pièces de la collection sculptée médiévale du MHL, cette exposition vous invite à découvrir le Moyen Âge lyonnais, en suivant comme fil conducteur l’histoire de l’abbaye de l’Ile-Barbe. Un voyage dans le temps, des débuts de l’époque médiévale à ses réinterprétations au 19e siècle et jusqu’à la pop culture contemporaine.

L’exposition démêle la réalité historique des récits légendaires qui ont façonné la réputation de l’ile. Elle explore le cadre de pensée de l’époque, relie la vie monastique à l’évolution de la ville et interpelle sur les racines de l’engouement actuel pour le Moyen Âge, ses réécritures et ses représentations.

Le contexte historique

L’exposition couvre le « long Moyen Âge » du 5e au 16e siècle et met en lumière l’Ile-Barbe, un de ses hauts lieux à Lyon. Les récentes recherches ont révélé l’ancienneté de ce site et son intégration dans les grands réseaux monastiques et les foyers de création artistique. L’Ile-Barbe était également un important lieu de pèlerinage marial, antérieur à Fourvière.

Des objets rares exposés

  • Des pièces exposées pour la première fois : des stèles funéraires du 3e siècle, fragments de barrière de chancels d’époque carolingienne
  • Un exceptionnel ensemble sculpté d’époque romane : bestiaire de l’Ile-Barbe, sculptures de l’abbaye d’Ainay, de Savigny…
  • Des objets issus de fouilles archéologiques récentes : objets funéraires (Ile-Barbe, place Valmy, Antiquaille), objets du quotidien et de pèlerinage (Saint-Georges, Hôtel-Dieu)
  • Des manuscrits carolingiens et des trésors d’églises (olifant, châsse-reliquaire…)
  • Un autel à libations égyptien

Le parcours d’exposition 

1 — La fondation du monastère de l’Ile Barbe (5e au 8e siècle)

2 — La rénovation carolingienne (9e au 10e siècle)

3 — Un art roman lyonnais (11e au début du 14e siècle)

4 — L’abbaye et la ville (14e au 16e siècle)

5 — Des antiquaires au médiévalisme

Exposition temporaire du 17 octobre 2025 au 1er novembre 2026, au Musée Gadagne de Lyon.

Source : Musée d’Histoire de Lyon

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Appel à contribution – L’étymologie dans la poésie française (XIVe-XVIIe siècle)

La poésie française est souvent étudiée dans la continuité de ses fondements antiques, grecs et latins, en particulier sur les plans thématiques et génériques. En revanche, le recours des poètes à l’étymologie a fait l’objet d’études plus sporadiques ou intégrées à de plus vastes enquêtes linguistiques (Rigolot 1977 ; Demonet 1992), alors que l’histoire d’un mot, depuis son berceau grec ou latin principalement, a de longue date passionné les poètes. Ces journées d’étude proposent donc de réfléchir à la manière dont les poètes français ont choisi leurs mots en fonction de leur étymologie, ont commenté l’origine des mots, ou, plus largement, ont joué avec les étymologies. Cet objet d’étude engage à la fois le champ des recherches sur la réception de l’Antiquité, notamment à travers l’approche linguistique, et les études qui s’intéressent à la conception de la poésie et de son rapport privilégié à la vérité.

Étymologie désigne en effet le discours sur le vrai dans son adéquation à la vérité (ἔτυμος) : d’origine stoïcienne, le terme a connu une grande fortune dans l’Antiquité et au Moyen Âge où l’étymologie est devenue une « forme de pensée » (Curtius 1956 ; Belardi 2002 ; Sluiter 2015). À la Renaissance, le statut de l’étymologie comme mode d’accès à l’essence des êtres et des choses constitue une interrogation cruciale des grammairiens, des historiens, des exégètes et des philosophes (Demonet 1998). « Lieu » de la rhétorique et « trope » (Goyet 1991), l’étymologie pourrait encore constituer un terrain d’observation privilégié de la poétique des genres du XIVe au XVIIe siècle, en différenciant par exemple la fréquence d’utilisation de l’étymologie, son positionnement argumentatif et sa visée en termes rhétoriques, ses motivations affectives, intellectuelles ou idéologiques, ou encore ses liens, formulés ou implicites, avec la recherche de la vérité – éléments dont la présence dans les traités grammaticaux latins et français du XVe et du XVIe siècle a fait l’objet d’un riche numéro de la revue Histoire Épistémologie Langage en 1994. Nous voudrions ainsi amener à réfléchir sur la place et la valeur de l’étymologie dans la poésie française. Il existe une gamme complète de procédés étymologiques jouant avec l’origine des mots qui va de la discrète allusion à la complète explication d’un nom. Dans quelle mesure et de quelles manières l’étymologie peut-elle intervenir dans le processus de création poétique ? Quelles conceptions de la langue et de sa valeur induit-elle ? Quel rapport des poètes français au latin et au grec ainsi qu’à leur propre langue souligne-t-elle ? Quelles sont les modalités du repérage des jeux étymologiques ?

1. Question diachronique
Le choix d’un empan diachronique de quatre siècles permettra de suivre l’évolution du rôle de l’étymologie dans la poésie française au cours de plusieurs périodes de transitions fondamentales dans l’histoire de la littérature française. Depuis la fin du Moyen Âge jusqu’à la naissance de la littérature moderne au XVIIe siècle, en passant par l’époque charnière de la Renaissance, le rapport à l’Antiquité et aux langues anciennes est prédominant chez des auteurs qui s’appuient sur le modèle ancien dans l’élaboration d’une langue et d’une littérature françaises modernes. Ce vaste ensemble chronologique permettra, en même temps qu’une étude de l’évolution des pratiques poétiques de l’étymologie, de fructueuses comparaisons entre les périodes. En effet, du XIVe siècle au XVIIe siècle, la poésie française s’est affirmée dans son rapport à la littérature latine. Les poètes ont réfléchi à la formation d’une langue poétique autonome, mais attachée à ses racines poétiques et linguistiques. Ces efforts pourront être observés notamment au prisme de l’orthographe : l’introduction de lettres quiescentes durant les périodes de relatinisation de la langue française (Cazal et Parussa 2015) sert-elle, en poésie, des jeux de mots spécifiques (dérivations ou paronomases par exemple) ? Quels positionnements des auteurs sur l’étymologie peut-on déceler à partir de leurs préférences orthographiques (Catach 1968) et de leurs exploitations poétiques ? L’étymologie apparaît ainsi comme l’un des lieux où s’illustre la langue française dans sa dimension historique.
Les poètes du XIVe siècle présentent d’ores et déjà de nombreux jeux avec l’étymologie, aussi bien par une remarquable créativité lexicale que par des rapprochements plaisants. Ainsi Eustache Deschamps joue-t-il, dans son poème sur Chaucer, du lien « ethimologique » qu’il suppose entre Anglicus, Anglus et Angelus (Ducos, 2026). Les éléments éponymiques qu’on trouve dans les épopées du XVIe siècle connaissent déjà des parallèles, notamment dans La Prise d’Alexandrie de Guillaume de Machaut où l’explication des noms contribue à la caractérisation des personnages tout en posant les jalons d’une interprétation allégorique. Au XVIIe siècle, l’étymologie, malgré la désaffection de plus en plus marquée pour « tout ce qui sent l’école », nourrit la catégorie du bel esprit qui trouve un terrain de jeu privilégié dans les recueils de poèmes mondains. Jean-François Sarrazin s’amuse par exemple dans le poème adressé « À Monsieur le Duc et à quelques dames de ses amies » à décliner humoristiquement l’étymon carmen : « La nature a mis de grands charmes / En la vertu de quelques carmes / Non pas des carmes déchaussés / Mais des carmes doux et lissés », les derniers renvoyant aux vers poétiques.

2. Étymologie et histoire de la langue française
Si la langue française est issue de la langue latine et s’est construite dans sa continuité, il faut s’interroger sur la connaissance que pouvaient avoir les poètes de l’histoire de leur langue, de son rapport à des langues sources, latine, grecque ou autre, notamment l’hébreu. On peut ainsi se demander comment l’histoire de la langue et l’explication des mots se traduisent en poésie. L’enrichissement de la langue par des emprunts a pu amener à de nouvelles étymologies ou à des jeux sur ces emprunts par torsion ou modification d’un terme. La concurrence possible entre plusieurs étymologies pour un même nom amène aussi les poètes ou bien à choisir une version ou bien à combiner deux possibilités, comme le fait Bouchet dans ses Généalogies, où il rappelle l’origine de Françoys par Francus mais aussi par l’adjectif francus, « franc ». On pourra étudier avec profit la question de la connaissance qu’ont les poètes de leur langue, connaissance conditionnée par les sources auxquelles ils peuvent avoir accès.
On s’interrogera en outre avec profit sur la réception de la culture étymologique antique et médiévale dans la poésie française. L’héritage d’Isidore de Séville (mort en 636) pourra faire l’objet de fructueuses recherches (Fontaine 1992 ; Verger 1992; Elfassi 2016 ; 2022), tant le savant wisigoth a imprégné la pensée occidentale par ses Étymologies, vaste encyclopédie où l’étude des noms est le prélude à la connaissance du monde (Draelants 1996). Mais l’influence d’autres penseurs fera également l’objet de réflexions fécondes, en particulier celle de Lorenzo Valla et de ses Elegantiae linguae Latinae (Chomarat, 1994). On pourra tout aussi bien s’interroger sur l’influence de la lexicographie, de la culture scolaire, des commentaires (Waquet 1998).
En regard de ces sources savantes ou scolaires, on pourra ensuite considérer les sources littéraires et envisager notamment la réception des étymologies poétiques antiques, auquel cas il en va de la réception de la littérature grecque et latine dans la poésie française. Par exemple, Ronsard, dans ses Sonnets pour Hélène (112-113 ; II, 9, 1-4 et 32 ; I, 3), reprend l’étymologie de Hélène par gr. ἑλεῖν, infinitif aoriste de gr. αἱρεῖν, « prendre », que l’on trouve chez Eschyle puis chez Ovide. De la même façon, La Fontaine, dans « Le Paon se plaignant à Junon », fait dire à Junon qui s’adresse au paon qui se plaint de sa voix : « Toi […] qui te panades », où se panader signifie « faire le paon » et est mis à la place de se pavaner : au lieu du mot issu de l’italien padana, « danse de Padoue », le fabuliste préfère une forme incorrecte qu’il tire de pavo, -onis, « paon ». Le jeu est d’autant plus remarquable qu’il se retrouve dans « Le Geai se parant des plumes du paon » et fonde sur l’étymologie le caractère typique et naturel de l’animal. Par un jeu de va-et-vient, c’est ce caractère propre à l’animal qui peut poser les jalons de la lecture morale de la fable. Ces enquêtes pourront en outre amener à s’interroger sur la fonction théorétique de l’étymologie : dans quelle mesure ouvre-t-elle un chemin d’accès à la connaissance de la vérité ? Cet enjeu, très présent dans les jeux étymologiques du Moyen Âge (Guiette 1959), est-il encore actuel aux XVe, XVIe et XVIIe siècles ? On peut aussi se demander si les « nomenclateurs », figures mythiques et légendaires de l’attribution des noms sont représentées – on songe ici à la fable « Le cas de conscience », où La Fontaine réécrit les versets de la Genèse où Adam est chargé de donner un nom aux créatures.
Le prisme de l’étude étymologique amène donc à l’étude de l’érudition poétique et de la réception des œuvres antiques, grecques et latines. Les pratiques étymologiques pourront ainsi être reliées à des pratiques de traduction, et plus largement aux relations entre la langue française et la ou les identité(s) nationale(s) : les étymologies favorisent-elles le latin, le grec voire, selon la théorie du « celthellénisme », le breton ? (Rey, Duval, Siouffi 2011 : 396-399 ; 433-435). Il sera encore bienvenu de mettre en perspective les pratiques étymologiques avec le souci de défense et d’illustration de la langue française qui anime les poètes de la Pléiade, pour poser en particulier le problème du « transfert » d’une langue en l’autre qui se présente à Du Bellay sous l’image de la greffe (Meerhoff 1986).

3. Étymologie et genres poétiques
Il convient de déterminer s’il existe des genres poétiques plus propices à l’écriture de l’étymologie. Cette pratique permet-elle en particulier d’observer des différences entre les genres et entre les styles (Galand-Hallyn et Hallyn 2001) ? L’épopée contient-elle plus d’explications de noms ? Dans le registre épidictique en particulier, il faudra s’intéresser de près aux usages élogieux ou au contraire satiriques de l’étymologie et voir s’il est possible de les différencier. Enfin, un « jeu » étymologique peut aussi être « ludique » (Demonet 1998 : 63) et être utilisé pour réaliser un trait d’esprit repérable par le lecteur avisé. Ainsi, la connaissance des textes antiques permet à Ronsard d’affirmer qu’avril est « ce mois qui du beau nom d’Aphrodite s’appelle » (Sonnet « Je sens de veine en veine une chaleur nouvelle ») selon l’étymologie donnée par Ovide dans ses Fastes (IV, 61).
Par ailleurs, le recours à l’étymologie s’inscrit dans la longue histoire de l’intérêt des poètes pour la création de noms motivés et de jeux avec la formation et la construction lexicale. On trouve déjà chez Homère l’explication du nom d’Ulysse / Ὀδυσσεύς à partir de ὀδύσσομαι, « s’irriter contre », dans le cadre du récit de la nourrice rappelant la naissance du héros (Od., XIX, 406-412). C’est le propre de l’éponymie, catégorie de l’étymologie (Delattre 2018), d’inscrire le nom dans le récit de son attribution : l’épopée et la tragédie antique ont utilisé ce type de raisonnement aussi bien pour motiver le comportement du héros que pour expliquer l’histoire des lieux : la dimension politique et sociale de l’étymologie y est nette. Aux XVe et XVIe siècles, la motivation onomastique rencontre des enjeux proches dans le cadre encore féodal qui gouverne les relations entre les poètes et les Grands (Ménager 1979 ; Lionetto 2025), par la louange d’un nom ou d’une nation, dont le personnage de Francus, des Illustrations de Jean Lemaire de Belges à La Franciade de Ronsard, est sans doute l’exemple le plus connu (Desbois-Ientile 2019). Au XVIIe siècle, de nombreux poèmes galants sont adressés à Phyllis ou Phillis, étymologiquement « celle qu’on aime », dont le type est présent dans les Héroïdes d’Ovide (2, « Phyllis à Démophoon »), les Bucoliques de Virgile (3, 107), et l’Astrée.
Mais la question de la remotivation et, même, de la « rétro-motivation » (Guiraud 1972) par l’étymologie invite aussi à enquêter sur l’élaboration de la fable poétique ou « mythe » par le choix des mots et, de là, à s’interroger sur les relations entre vérité et imagination créatrice à la Renaissance et l’âge classique. Le mot dévoile-t-il la chose ? Quel rôle et quel statut l’étymologie occupe-t elle dans le champ de l’invention ?

La question de l’étymologie permettra donc d’initier une nouvelle approche de la réception classique, grecque et latine, au prisme de la compréhension des mots et des jeux avec les connaissances linguistiques et littéraires du lecteur. Si la journée portera spécifiquement sur la poésie française du XIVe au XVIIe siècle, nous espérons qu’elle sera la première d’une réflexion plus large sur les rapports de la poésie française aux langues grecque et latine.

Les propositions de communication (environ 300 mots) accompagnées d’une brève bio-bibliographie, peuvent être envoyées jusqu’au 30 juin 2026 aux trois adresses suivantes :
lorene.bellanger@free.fr
cecile.euler@ens.psl.eu
adele.payendelagaranderie@univ-nantes.fr

Comité d’organisation
Lorène Bellanger, Université de Caen Normandie
Cécile Margelidon, ENS de Paris et Université de Tours
Adèle Payen de La Garanderie, Nantes Université

Comité scientifique
Déborah BOIJOUX (Nantes Université)
Gilles COUFFIGNAL (Sorbonne Université)
Marie-Luce DEMONET (Université de Tours)
Catherine GAULLIER-BOUGASSAS (Université de Caen Normandie)
Francis GOYET (Université Grenoble Alpes)
Arnaud PERROT (Université de Tours)
Daniel PETIT (ENS de Paris)
Tiphaine ROLLAND (Sorbonne Université)
Gilles SIOUFFI (Sorbonne Université)

Source : Compitum

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Publication – Mafalda Toniazzi, « Il riuso dell’antico. Architetture e luoghi romani nella Lucca e nella Firenze medievali (secoli IX-XV) »

Il riuso dell’antico nelle città medievali, lungi dall’essere una pratica dettata unicamente dalla disponibilità di materiali, è un fenomeno complesso, nel quale convergono continuità insediativa, memoria culturale, strategie politiche e processi di costruzione identitaria. Il volume è incentrato su due casi di studio, Lucca e Firenze fra ix e xv secolo, accomunati da una sostanziale continuità insediativa, ma segnati da sviluppi politici differenti. Grazie a un’ampia ricognizione delle fonti documentarie, cronachistiche e letterarie, l’indagine ricostruisce la persistenza, la trasformazione e la risemantizzazione dell’antico nel tessuto medievale. La trattazione prende avvio dalla toponomastica, considerata un osservatorio privilegiato per cogliere la sopravvivenza materiale e immateriale dell’antico, l’esistenza di strutture ancora visibili, la permanenza nella memoria collettiva di elementi ormai scomparsi, quali indicatori di identità urbana e sociale, strumenti di organizzazione dello spazio e di definizione pubblica e personale. L’analisi si estende poi alle modalità concrete di riutilizzo degli edifici, dal recupero di materiali alla riconversione funzionale, mostrando come il reimpiego rispondesse tanto a esigenze pratiche quanto a logiche politiche e simboliche. Infine, il focus si sposta sul ruolo dei miti di fondazione, attraverso i quali la cronachistica elabora un rapporto delle città medievali con la Romanitas oscillante tra continuità rivendicata e selettiva rielaborazione del passato, capace di modellare la memoria storica e l’identità civica.

Table des matières :

Introduzione

  1. Le fonti
    Lucca/Firenze
  2. Persistenza, memoria e identità
    Toponomastica: lo spazio del quotidiano/Lo spazio del sacro/Il riuso degli edifici: teatro e anfiteatro a Lucca e Firenze
  3. La struttura urbana e il mito di fondazione
    Lucca/Firenze
    Conclusioni
    Appendice
    Attestazioni documentarie dei luoghi e degli edifici di Lucca
    Attestazioni documentarie dei luoghi e degli edifici di Firenze
    Bibliografia
    Indice dei nomi e dei luoghi

Informations pratiques :

Mafalda Toniazzi, Il riuso dell’antico. Architetture e luoghi romani nella Lucca e nella Firenze medievali (secoli IX-XV), Rome, Carocci, 2026 ; 1 vol., 160 p. (Studi Storici Carocci). ISBN : 978-8-82903-427-7. Prix : € 19,00.

Source : Carocci

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Publication – Patrick Moran, « Le marché céleste. Essai sur l’émergence des genres littéraires narratifs au Moyen Âge »

Comment les genres littéraires émergent-ils ? À partir de quand un corpus contient-il suffisamment de textes pour que ses lecteurs éprouvent le besoin de les trier et de les regrouper par affinités ? Lorsqu’une littérature s’élabore de manière expérimentale, par coups d’essai et coups de sonde, sans le poids d’un apparat théorique ou d’une tradition antérieure, d’où viennent les lignes de force qui vont rassembler et distinguer les œuvres entre elles ? Les premières décennies de la littérature narrative d’expression française au Moyen Âge – des origines jusqu’à l’émergence de la prose littéraire autour de 1200 – constituent un laboratoire générique où auteurs et lecteurs construisent ensemble un paysage poétique aux potentialités multiples, tantôt fixe, tantôt fuyant. Patrick Moran propose ici, à travers l’examen de cette période décisive, d’étudier les mécanismes qui gouvernent notre pulsion catégorisante.

Table des matières : ici

Informations pratiques :

Patrick Moran, Le marché céleste. Essai sur l’émergence des genres littéraires narratifs au Moyen Âge, Genève, Droz, 2026 ; 1 vol., 304 p. (Publications Romanes et Françaises, 285). ISBN : 978-2-600-06729-4. Prix : € 49,00.

Source : Droz

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Publication – Jean-Benoît Krumenacker, « Au défi du Rhône. Construction, exploitation et usages d’un pont à Lyon, XIIe-XVIe siècle »

Moins célèbre que le pont d’Avignon, le pont lyonnais sur le Rhône possède pourtant une histoire d’une richesse exceptionnelle : seul passage du fleuve jusqu’au XVIIIe siècle, il fut démoli en 1953 après plus de 700 ans d’existence.

Aujourd’hui, il apparaît nécessaire de reconsidérer à nouveaux frais les premiers travaux historiques de Marie-Claude et Georges Guigue (1886) et la synthèse archéologique de Joelle Burnouf (1991) sur cette question. S’appuyant sur un corpus archivistique foisonnant — délibérations capitulaires, registres comptables, vestiges archéologiques —, l’auteur reconstitue ici son histoire depuis sa fondation au XIIe siècle jusqu’à la Renaissance.

Plus qu’un simple ouvrage utilitaire, ce pont fut un enjeu de pouvoir entre le chapitre cathédral, l’archevêque et les bourgeois de la ville, un pôle religieux, un axe marchand stratégique et un point de défense militaire. Entité juridique autonome dotée de droits féodaux, de terres et d’une trésorerie prospère, il fut encore un chantier permanent animé par maçons, charpentiers et manœuvres.
À travers ce monument oublié, c’est une tranche entière de la vie sociale, économique et politique de Lyon médiéval qui se révèle au lecteur.

Informations pratiques :

Jean-Benoît Krumenacker, Au défi du Rhône. Construction, exploitation et usages d’un pont à Lyon, XIIe-XVIe siècle, Lyon, CIHAM-Editions, 2026 ; 1 vol., 324 p. (Collection Mondes médiévaux, 17). ISBN : 978-2-9585-8096-4. Prix : € 30,00.

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Colloque – Regímenes de visualidad en el Arte Medieval

Aguilar de Campoo, 2-4 octubre 2026

Durante la Edad Media, las complejas intersecciones entre el poder, la doctrina y la tecnología dieron forma a la experiencia visual. Las preguntas sobre quién veía las imágenes, cómo se veían y qué se podía mostrar son, por lo tanto, inseparables de las estructuras de visión orquestadas por las autoridades políticas y eclesiásticas. Los estudios de varios investigadores han disipado la idea de una «Edad Media antivisual».

Investigaciones recientes sobre la metafísica de la luz, las teorías medievales de la cognición, las estructuras narrativas, el color y la visión encarnada, entre otros temas, han demostrado la importancia de las condiciones de visión y la subjetividad para la función y la recepción de las imágenes medievales. Se han examinado las configuraciones históricas y culturalmente específicas que regían el ver, el ser visto y la representación visual, es decir, las fuerzas sociales, tecnológicas e institucionales que organizaban los regímenes de la visión. Al hacerlo, los nuevos estudios también han renovado la atención prestada a los escritos de Guillermo de Ockham, Roger Bacon, Pedro de Limoges y otros, en contextos más amplios como la recepción del saber antiguo, la ciencia óptica y la historia de las controversias eucarísticas.  

El coloquio dedicado a los «regímenes de visualidad» del arte medieval tiene como objetivo avanzar en la comprensión de las diversas formas en que la atención del espectador hacia las obras medievales construía significado. Con ese fin, se examinarán los protocolos de observación incorporados en la ekphrasis y otros textos, se explorará las nociones de tiempo y progresión que se materializan a través de los movimientos del espectador, la representación ritual y los cambios de perspectiva y se prestará atención a las señales internas para la observación adecuada de las obras de arte. Además, se considerará cómo las condiciones físicas cambiantes de la visión, como las progresiones de luz (natural y artificial), el pasar las páginas, la manipulación y las circunstancias corporales del envejecimiento, la educación y la salud, contribuyeron a comprender el significado de las obras de arte medieval, generando lo que podría denominarse un «programa de visión» para los fieles.  

Reconociendo que la visión no era ni pasiva ni neutral durante la Edad Media, sino un elemento activo en la construcción del significado de las obras de arte, este coloquio se propone examinar las coordenadas culturales y los intereses ideológicos del arte medieval, incluidos los procedimientos de conocimiento, las prácticas de devoción y el ejercicio del poder articulado a través de regímenes visuales deliberados.  

Programme :

Viernes, 2 octubre (Aguilar de Campoo. Fundación Sta. Mª la Real)  

09.00 h.: Recepción de asistentes

09.30 h.: Presentación del Coloquio. Gerardo Boto Varela / Alejandro García Avilés

Presidencia de sesión: Alejandro García Avilés (Universidad de Murcia)

09.45 h.: Víctor I. Stoichita – Université de Fribourg (Suiza): Soñar con los ojos abiertos. San Pedro sonámbulo

10.30 h.: Debate

10.45 h.: Pausa-café

11.15 h.: Antonia Martínez Ruipérez – Universität Basel (Suiza): Ver lo inaccesible en el siglo XII

12.00 h.: Comunicación

12.20 h.: Debate  

Sesión de tarde Presidencia de sesión: Gerardo Boto Varela (Universitat de Girona)

16.00 h.: Ravinder Binning – Universität Wien (Austria): The Aesthetics of Obscurity in Middle Byzantine Art

16.45 h.: Martin Schwarz – Universität Basel (Suiza): Geometry Distorted. Late Gothic Desing and the Limits of Vision

17.30 h.: Comunicación

17.50 h.: Debate  

Sábado, 3 de octubre (Baltanás. Museo del Cerrato)  

08.15 h.: Desplazamiento en autobús (a cargo de la organización)

Presidencia de sesión: Marc Sureda Jubany (Fundació Institut Amatller d’Art Hispànic)

10.00 h.: ⁠Francisco Prado-Vilar – Universidad de Santiago de Compostela (España): Figura, Ymago, simulacro: sobre los límites del parecido

10.45 h.: Jorge Tomás García – Universidad Autónoma de Madrid (España): La visión sonora. Ante los panegíricos latinos entre la Antigüedad y la Edad Media

11.30 h.: Debate

12.00 h.: Visita. Museo del Cerrato (sala de arte sacro) y barrio de bodegas históricas

14.00 h.: Comida

16.30 h.: Visita a la iglesia de Santa Columba de Villamediana

18.00 h.: Visita al monasterio de Santa Cruz de la Zarza    

Domingo, 4 de octubre (Aguilar de Campoo. Fundación Sta. Mª la Real)  

Presidencia de sesión: Fernando Gutiérrez Baños (Universidad de Valladolid)

09.30 h.: Elina Gertsman – Case Western Reserve University (USA): Seeing in the Dark

10.15 h.: Comunicación

10.35 h.: Debate

10.55 h.: Descanso

11.15 h.: ⁠Thomas Dale – University of Wisconsin-Madison (USA): The Pala d’Oro of San Marco. Dante and the multi-sensory perception of the Heavenly Paradise

12.00 h.: Debate

12.30 h.: Conclusiones: Vincent Debiais – École des Hautes Études en Sciences Sociales/CNRS (París)

13.00 h.: Clausura y entrega de certificados a los asistentes  

Source : Santa Maria la Real

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Appel à contribution – Tapisserie, pouvoir et représentation dans les anciens Pays-Bas au XVIe siècle Autour des tapisseries aux armes d’Adrien de Croÿ-Roeulx

Tournai
18 février 2027

Dans le cadre de la conservation-restauration de deux tapisseries aux armes d’Adrien de Croÿ-Roeulx, datées des années 1530 et conservées à TAMAT (Musée de la Tapisserie et des Arts Textiles de la Fédération Wallonie-Bruxelles, Tournai), une journée d’étude internationale est organisée afin d’interroger ces œuvres et les problématiques qu’elles soulèvent.

Ces deux tapisseries armoriées, dominées par une composition héraldique monumentale associant armes, collier de la Toison d’or et figure du dragon, offrent un observatoire privilégié des formes de représentation nobiliaire dans les anciens Pays-Bas du XVIe siècle. Elles mettent notamment en jeu des questions liées à la culture chevaleresque, aux usages cérémoniels de la tapisserie, aux stratégies de visibilité aristocratique et aux formes emblématiques du pouvoir. Leur conservation-restauration en cours constitue également une occasion de renouveler l’étude des dimensions matérielles, techniques et visuelles de ce type de production.

Prenant appui sur ces œuvres conservées à TAMAT, la journée entend explorer plus largement la tapisserie comme support de représentation aristocratique, à la croisée de la culture matérielle, des pratiques cérémonielles ainsi que des langages héraldiques et symboliques.

Si les tapisseries d’Adrien de Croÿ-Roeulx constituent le point d’ancrage de cette rencontre, celle-ci est ouverte à des contributions portant sur des objets comparables, des corpus connexes ou des problématiques susceptibles d’éclairer, par comparaison ou contextualisation, les questions soulevées par ces œuvres.

S’inscrivant au croisement de l’histoire de l’art, de l’histoire sociale et politique, de l’héraldique, des études sur la culture visuelle et de la conservation-restauration, cette rencontre entend encourager le dialogue entre spécialistes autour de travaux en cours et de nouvelles pistes d’enquête. Elle souhaite également ouvrir des perspectives comparatives et transversales permettant de mieux comprendre les circulations des modèles, des objets, des artistes et des formes visuelles au sein des anciens Pays-Bas et des espaces curiaux européens.

AXES THÉMATIQUES

Les propositions pourront s’inscrire dans l’un ou plusieurs des axes suivants :

Produire, circuler, déployer : la tapisserie comme objet mobile

Cet axe invite à envisager la tapisserie comme un objet matériel et mobile, inscrit dans des logiques de production, de circulation et d’usage. Les communications pourront porter sur les centres de tissage, les ateliers, les matériaux, les techniques de fabrication ou les modalités de commande et d’acquisition. Une attention particulière pourra être accordée aux circulations des modèles, des artisans et des œuvres dans les anciens Pays-Bas, ainsi qu’à leur présence dans les espaces résidentiels, cérémoniels, liturgiques ou militaires.

Noblesse, réseaux et stratégies de représentation

Cet axe propose d’envisager les tapisseries dans le cadre des stratégies sociales et politiques de leur commanditaire et de son entourage. Les propositions pourront explorer les réseaux aristocratiques, les pratiques de mécénat, les dynamiques familiales et les modes de représentation du pouvoir dans le contexte des Pays-Bas habsbourgeois. Une attention particulière pourra être portée aux liens entre culture chevaleresque, affirmation lignagère, mémoire dynastique et emploi des textiles de prestige.

Héraldique, emblématique et langages visuels du pouvoir

Cet axe porte sur les dispositifs héraldiques et iconographiques présents dans les tapisseries : armoiries, devises, emblèmes, figures animales ou motifs symboliques. Les communications pourront interroger leur rôle dans la construction des identités aristocratiques et dans les pratiques de communication politique et cérémonielle. Une attention particulière sera accordée aux méthodes et aux enjeux de l’interprétation iconographique, ainsi qu’aux relations entre tapisseries, panneaux héraldiques, manuscrits, enluminures et autres supports visuels contemporains.

MODALITÉS DE SOUMISSION

Les propositions de communication (env. 300 mots), accompagnées d’une courte notice bio-bibliographique, sont à envoyer avant le 8 juillet 2026 à l’adresse suivante : AS.Laruelle@uliege.be

Les notifications d’acceptation seront envoyées en septembre 2026.

INFORMATIONS PRATIQUES

Lieu : Tournai (avec possibilité de participation à distance).

Langues : français et anglais.

Durée des communications : 25 minutes, suivies d’une discussion.

COMITÉ DORGANISATION

Anne-Sophie LARUELLE (ULiège)
Béatrice PENNANT (TAMAT, Tournai)

SOUTIEN

Cette journée s’inscrit dans un projet d’étude et de conservation-restauration engagé par TAMAT, avec le soutien du Fonds Baillet Latour. Elle pourra constituer le point de départ d’une publication

Publié dans Appel à contributions | Commentaires fermés sur Appel à contribution – Tapisserie, pouvoir et représentation dans les anciens Pays-Bas au XVIe siècle Autour des tapisseries aux armes d’Adrien de Croÿ-Roeulx

Offre d’emploi – Post-doctoral Research Associate in Latin linguistics (King’s College London)

Closes: 29th June 2026

King’s College London is home to the world’s largest Department of Digital Humanities, located within the Faculty of Arts & Humanities. We are internationally recognised for our interdisciplinary research and teaching at the intersection of the humanities and computational methods. The successful candidate will join the Computational Humanities research group, a vibrant and collaborative team dedicated to advancing data-driven approaches to historical, linguistic, and cultural research. This post is part of the 5-year project Computational Corpus Annotation for Quantitative Analysis of Latin Lexical Semantics (COALA), successfully evaluated by the ERC as a Consolidator Grant and funded by UKRI, led by Dr Barbara McGillivray.

About the role:

We are seeking a Postdoctoral Research Associate in Latin Linguistics to co-lead the curated stream of the COALA project.

This role is an exciting opportunity to contribute to a pioneering project at the intersection of natural language processing, historical linguistics, and computational humanities.

The postholder will co-lead the curated stream of the project, which involves designing a large corpus of Latin texts, curating it (correction of pre-processed data and corpus metadata), curation of Latin sense inventories from lexicographic sources, validating and correcting automatic word sense annotations, coordinating a team of annotators working on sense annotation, and conducting case studies on Latin lexical semantics. You will work closely with computational linguists to integrate linguistic insights into computational models and help build open-source tools and resources that will support future research in historical semantics and NLP.

You will be responsible to the Principal Investigator and will collaborate with a team of postdoctoral researchers and external advisors across linguistics, NLP, and classical studies.

This is a full-time post (35 hours per week) based in London at the KCL Strand Campus, and you will be offered a fixed-term contract until 31st January 2030

Research staff at King’s are entitled to at least 10 days per year (pro-rata) for professional development. This entitlement, from the  Concordat to Support the Career Development of Researchers, applies to Postdocs, Research Assistants, Research and Teaching Technicians, Teaching Fellows and AEP equivalent up to and including grade 7. Visit the  Centre for Research Staff Development for more information.

About you:

To be successful in this role, we are looking for candidates to have the following skills and experience:

Essential criteria

  • PhD awarded in Latin Linguistics, Historical Linguistics, Digital Humanities or a closely related field or PhD near completion in Latin Linguistics, Historical Linguistics, Digital Humanities, or a closely related field*
  • Experience working with Latin corpora and/or dictionaries
  • Excellent proficiency in written Latin
  • Strong publication record comparable with career stage
  • Ability to work collaboratively in interdisciplinary teams
  • Excellent written and verbal communication skills

Desirable criteria

  • Knowledge of Medieval Latin or Neo-Latin
  • Familiarity with corpus annotation standards and tools
  • Familiarity with computational semantics methods

* Please note that this is a PhD level role but candidates who have submitted their thesis and are awaiting award of their PhDs will be considered. Should the successful candidate be awaiting the award of their PhD, the appointment will be made at Grade 5, spinal point 30 with the title of Research Assistant until confirmation of the award of the PhD has been received. Upon confirmation of the award of the PhD, the job title will become Research Associate and the salary will increase to Grade 6, spine point 31.

Interviews are due to be held on 24 July 2026.

Source : Jobs.ac.uk

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Publication – Elena Koroleva, « Alexandre le Grand et l’histoire de la Macédoine dans les chroniques universelles du nord de la France (XIIIe-XVe siècle) »

La vie d’Alexandre le Grand est longuement relatée dans les chroniques universelles françaises qui lui accordent une place majeure dans le cadre de l’histoire de l’Antiquité. Sa biographie est notamment incorporée à la Chronique dite de Baudouin d’Avesnes, composée par un écrivain anonyme entre 1278 et 1281, et à la Fleur des histoires, écrite par Jean Mansel, fonctionnaire à la cour de Bourgogne, dans les années 1440, puis remaniée et amplifiée par le même auteur dans les années 1460. Provenant du nord de la France, très lus par les lecteurs nobles de la fin du Moyen Âge, ces ouvrages constituent un corpus unifié inédit et restent un champ presque vierge pour la recherche. En insistant sur le rôle du roi macédonien dans la translatio imperii et studii, ils définissent une vision de l’histoire en marche vers le salut ; en mettant en valeur la figure d’Alexandre, ils transmettent aussi des modèles de comportement personnels et offrent un début d’individualisation du personnage.

Le présent ouvrage comprend une étude de la tradition manuscrite de ces textes, une recherche sur leurs auteurs, leurs mécènes et leurs lecteurs ainsi qu’une analyse des stratégies de réécriture élaborées pour recomposer le portrait d’Alexandre et intégrer sa vie dans une histoire universelle. Nous retraçons l’histoire de la transmission manuscrite de nos chroniques, depuis les premiers possesseurs et destinataires jusqu’aux lecteurs de la fin du xve siècle et du début du xvie siècle. Sont étudiés ensuite le projet historiographique des deux auteurs et le rôle qu’y joue le récit de la vie d’Alexandre. Des Historiae adversus paganos d’Orose au Speculum historiale de Vincent de Beauvais, nos écrivains s’approprient l’héritage des histoires universelles latines et font entrer l’empire d’Alexandre dans le schéma préétabli des quatre royaumes du livre de Daniel, en l’investissant de la mission de transférer l’empire de l’Orient à l’Occident. Nous menons enfin une analyse approfondie du récit de la vie du souverain macédonien et de ses finalités, afin de comprendre comment ses réécritures contribuent au projet politico-didactique des chroniques et quelle image du héros elles cherchent à construire.

Le volume propose également une édition des prologues des chroniques et des trois récits de la vie d’Alexandre.

Elena Koroleva est maître de conférences en langue et littérature françaises médiévales à l’Université Littoral Côte d’Opale (UR 4030 HLLI). Ses travaux portent sur la réception de l’Antiquité et l’historiographie de la fin du Moyen Âge et, plus récemment, sur la littérature didactique des XIIIe-XVe siècles.

Table des matières :

Introduction

Première partie : Les manuscrits des chroniques universelles et leurs lecteurs

Chapitre 1 : La tradition manuscrite
Chapitre 2 : Les commanditaires et les possesseurs

Deuxième partie : La vision de l’histoire

Chapitre 1 : Le discours des auteurs sur leur écriture de l’histoire
Chapitre 2 : Alexandre et son empire dans le cadre spatio-temporel de la chronique universelle

Troisième partie : Alexandre le Grand au cœur du projet didactico-politique des chroniques universelles

Chapitre 1 : Les enfances d’Alexandre et le rôle de l’héritage gréco-égyptien
Chapitre 2 : L’éducation et l’exemplarité politique d’Alexandre
Chapitre 3 : Instrument de Dieu, victime de Fortune

Édition des prologues et des récits de la vie d’Alexandre

Bibliographie
Annexes

Informations pratiques :

Elena Koroleva, Alexandre le Grand et l’histoire de la Macédoine dans les chroniques universelles du nord de la France (XIIIe-XVe siècle), Turnhout, Brepols, 2026 ; 1 vol., 576 p. (Alexander redivivus, 16). ISBN : 978-2-503-62206-4. Prix : € 125,00.

Source : Brepols

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Offre d’emploi – Post-doctorat : projet COULEURS

Description du projet et des missions

Alors que les analyses matérielles des manuscrits médiévaux normands et anglais ont mis en évidence des changements de matériaux utilisés pour les enluminures autour du XIe siècle, aucune étude historique ne permet aujourd’hui d’expliquer ces transformations. Ce projet vise à aborder la question du commerce et de l’approvisionnement en matières colorantes entre le Xe et la première moitié du XIIIe siècle en Europe occidentale à partir des sources textuelles (documentations fiscales, notariales, recettes et traités théoriques) et constitue la première étape d’une recherche collective et interdisciplinaire qui a vocation à se développer dans les prochaines années.

L’espace anglo-normand sera comparé à un autre espace d’Europe occidentale (Italie du Nord ou Catalogne, en discussion avec la personne recrutée) afin de permettre d’approfondir les hypothèses concernant les réseaux de commercialisation et les éventuelles perturbations de certaines routes ou de certaines sources d’approvisionnement.

L’objectif premier sera d’établir un recensement des sources disponibles pour une période qui se trouve en amont de la documentation généralement exploitée pour le commerce des matériaux d’écriture et de peinture au Moyen Âge. Certaines de ces sources pourront être repérées en partant des catalogues de bibliothèques et de la bibliographie existante. Les trois espaces considérés l’ont été également en raison de la disponibilité de nombreuses sources éditées, ce qui facilitera le travail de repérage. Cependant, des déplacements en archives sont à prévoir afin de permettre une recherche approfondie et une consultation de documents non édités ou numérisés sur place. La mise en ligne de cette documentation constitue l’un des objectifs majeurs du projet : il s’agira d’utiliser une plateforme pérenne, telle que Nakala.

Le second objectif sera d’analyser cette documentation et de la mettre en série. Les études concernant le commerce, les circulations de produits, l’extraction minière ou les évolutions environnementales et climatiques du Moyen Âge central sont en plein essor : ce projet de recherche pourra s’appuyer sur une bibliographie fournie et particulièrement dynamique, qu’il s’agira de confronter aux observations faites dans le cadre des analyses physico-chimiques.

Partant de ce renouveau des études économiques et environnementales, la contextualisation et l’analyse de la documentation pratique permettra de consolider ou réfuter certaines hypothèses qui ont pu être avancées pour expliquer les changements de matériaux utilisés dans l’enluminure anglo-normande. Il s’agira en particulier de réfléchir à la présence dans la documentation pratique de certains matériaux, à la chronologie de leur apparition ou au contraire de leur disparition des documents liés à leur circulation. Cette documentation pratique lue en lien avec la bibliographie pourra également permettre de réfléchir aux difficultés d’approvisionnements liés aux conflits, et à l’impact possible de la conquête de l’Angleterre par Guillaume en 1066 sur le moyen terme. La comparaison de l’espace anglo-normand avec la Catalogne ou l’Italie du Nord permettra de réfléchir à d’éventuelles différences de matériaux entre ces aires géographiques et de tester certaines hypothèses sur les réseaux méditerranéens d’approvisionnements pour certains pigments.

La mise en série des sources disponibles permettra d’éclairer les pratiques qui pouvaient être communément partagées et transmises par les enlumineurs en fonction des périodes et des aires géographiques comparées. En replaçant toujours les recettes dans leur contexte de transmission manuscrite – où et quand le manuscrit comprenant cette recette a-t-il été produit et conservé –, on espère préciser des traditions techniques, évaluer leurs évolutions sur les trois siècles et éventuellement leurs différences en fonction des aires géographiques.

Enfin, ce projet vise à développer la réflexion épistémologique sur le travail interdisciplinaire dans le cadre du patrimoine, en particulier l’histoire de la circulation des matériaux patrimoniaux. Une réflexion épistémologique sera menée de concert avec l’encadrement interdisciplinaire de ce projet de recherche, afin de réfléchir aux angles morts et aux possibilités de la mise en résonance de ces différents types de documentation dans le cas de la circulation des matériaux. Bien que ce projet s’appuie principalement sur des sources textuelles, il ne s’agit en aucun cas d’affirmer la prééminence des textes sur les analyses matérielles qui peuvent être faites des objets patrimoniaux, mais au contraire de réfléchir tout au long du projet à la manière dont des analyses réalisées sur l’un ou l’autre des corpus documentaire permettent d’éclairer l’autre, d’affiner des hypothèses ou d’en créer de nouvelles, permettant à moyen terme un va-et-vient méthodologique entre les domaines d’étude.

Missions :

  • Etat des lieux des sources disponibles sur la circulation des couleurs entre le Xe et la première moitié du XIIIe siècle (format de mise en ligne à discuter : billet sur Menestrel.fr, Nakala…)
  • Ecriture d’un article scientifique sur la base de la mise en série de ces sources et en dialogue avec les résultats des analyses physico-chimiques des travaux antérieurs.
  • Organisation conjointe d’une journée d’étude au printemps autour de la circulation des matériaux dans les périodes anciennes, couplée à un évènement grand public (modalités à discuter)

Qualification et compétences :

  • La personne recrutée devra avoir soutenu une thèse de doctorat en histoire ou histoire de l’art médiéval au plus tard au moment de la prise de poste.
  • La maitrise du français, ou à défaut, de l’anglais, est indispensable. La lecture de l’italien ou de l’espagnol, est un atout.
  • Une connaissance des sources d’au moins une des trois aires géographiques concernées par le projet (espace anglo-normand, Italie du Nord ou Catalogne) est requise
  • La personne recrutée devra être en mesure de travailler dans un contexte interdisciplinaire.

Affectation et environnement de travail

Responsable scientifique :

  • Catherine Rideau-Kikuchi, UVSQ, Paris-Saclay, laboratoire DYPAC

Partenaires :

  • Anne Michelin, CRC
  • Marie Radepont, CRC
  • Pierre Chastang, UVSQ, Paris-Saclay, laboratoire ISP

Laboratoire d’accueil : la personne recrutée sera rattachée au laboratoire Dynamiques Patrimoniales et Culturelles (DYPAC) de l’Université de Versailles Saint-Quentin-en-Yvelines

Durée : 12 mois

Date de début de contrat souhaitée : octobre ou novembre 2026

Type de contrat : CDD financé par la Fondation des Sciences du Patrimoine

Salaire net mensuel : environ 2400 euros net

Environnement de travail :

  • Bureau dans les locaux du laboratoire DYPAC.
  • Intégration dans la vie scientifique de DYPAC et du CRC (participation aux séminaires)
  • Pas de nécessité d’être en région parisienne en permanence, mais réunions ou séminaires en présentiel réguliers.
  • Possibilités de financement sur la base de réponses à des appels à projet pour des séjours en archives (DYPAC, Graduate School Humanités Sciences du patrimoine)

Modalités de candidature et calendrier

  • Avant le 1er août : dossier écrit
  • CV détaillé (par exemple CV analytique) indiquant le parcours de formation, les publications, les expériences de recherche et d’enseignement 
  • une publication au choix (parue ou à paraître)

À envoyer à Catherine Rideau-Kikuchi : catherine.kikuchi@uvsq.fr

  • Fin août : audition en visio

Les candidats devront présenter leur parcours ainsi qu’une expérience personnelle de recherche qui pourrait être utile à la mise en œuvre du projet COULEURS. L’entretien peut s’appuyer sur un diaporama (sans obligation) et pourra être réalisé en français ou en anglais.

La présentation ne devra pas dépasser 10 min et sera suivie de 15 min d’entretien avec les membres du jury.

Le jury sera composé d’Anne Michelin, Marie Radepont et Catherine Rideau-Kikuchi.

Pour toute demande d’information : catherine.kikuchi@uvsq.fr

Indications bibliographiques

Mark Clarke, The Crafte of Lymmyng and the Maner of Steynyng. Middle English Recipes for Painters, Oxford, Oxford University Press, 2016.

Claude Coupry, « Les pigments utilisés pour l’enluminure à Fécamp aux XIe et XIIe siècles », in Manuscrits et enluminures dans le monde normand, Xe-XVe siècles, Colloque de Cerisy-la-Salle, octobre 1995, Caen, Presses Universitaires de Caen, 2005, p. 6979.

Richard Gameson, Andrew Beeby, Flavia Fiorillo, Catherine Emma Nicholson, Paola Ricciardi, Suzanne Reynolds, Mila Crippa, Anna Mazzinghi et Lucia Pereira-Prado, The pigments of British medieval illuminators: a scientific and cultural study, London, Royaume-Uni de Grande-Bretagne et d’Irlande du Nord, Archetype Publications, 2023.

Ce projet s’inscrit dans la continuité de certains travaux des porteurs :

Laurianne Robinet, Sylvie Heu-Thao, Lucie Arberet, Anne Michelin, Oulfa Belhadj, Marie Radepont et Stéphane Lecouteux, « Practices of the Mont Saint-Michel scriptorium in the use of parchment for manuscripts in the 11th century », Journal of Cultural Heritage, 67, 2024, p. 452460.

Étienne Anheim, Catherine Rideau-Kikuchi et Lise Saussus, « Des choses et des mots : écarts sémantiques, problèmes méthodologiques », Technè. La science au service de l’histoire de l’art et de la préservation des biens culturels, 57, 2024, p. 49.

Nicolas Ruffini-Ronzani, François Bougard, Pierre Chastang, Oulfa Belhadj, Gaëlle Denion, Sylvie Heu-Thao, Laurianne Robinet et Véronique Rouchon, « Encre, parchemin et papier à Chartres à la fin du XIVe siècle. Les matériaux de l’écrit au prisme des sciences expérimentales », Bibliothèque de l’École des chartes, 175, 2020, p. 183214.

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