Appel à contribution – Perceptions et représentations des frontières et des espaces frontaliers au Moyen Âge et à l’époque moderne (IXe–XVIIIe siècles)

Université d’été du 21 au 24 mai 2019, à l’IHA, organisée par Maximilian Groß et Robert Friedrich (IHA) en coopération avec Christophe Duhamelle (EHESS), Rainer Babel, Rolf Große (IHA) et Sven Jaros (université de Leipzig)

Appel ouvert jusqu’au 30 novembre 2018.

La recherche sur les frontières et les zones frontalières est un sujet actuel, aussi bien dans les sciences historiques que dans d’autres sciences humaines. L’université d’été, qui aura lieu en mai 2019 à l’Institut historique allemand de Paris, se consacrera à ce thème dans une perspective transnationale de longue durée. Cet événement s’inscrit dans le cadre d’études récentes qui analysent les zones frontalières de manière différenciée et dépassent ainsi les modèles rigides centre vs. périphérie. Ces catégories sont moins immuables que dépendantes du contexte dans lequel elles sont évoquées; par ailleurs, l’étude des acteurs locaux des régions frontalières est déterminante afin de questionner les récits établis. Le tournant historiographique du spatial turn a quant à lui mis en exergue le caractère construit des frontières ainsi que leurs représentations et perceptions historiques. L’université d’été aborde ce sujet sous deux angles. En premier lieu, pour étudier le phénomène des régions frontalières du Moyen Âge à la période moderne, il convient de mettre en lumière leurs représentations dans les sources. Cet appui constant sur les sources primaires permet d’une part d’éviter une (re)construction moderne et ahistorique du concept d’»espace frontalier«, d’autre part de comprendre comment les zones frontalières ont été décrites dans des contextes différents. En second lieu, afin de pouvoir examiner ces zones frontalières d’une façon plus différenciée, il convient de les contextualiser à l’aune de leurs interdépendances régionales respectives. Au travers de cette régionalisation, qui s’accompagne d’une déconstruction partielle de la frontière en tant que concept uniforme avec des spécificités universellement valables, les espaces peuvent être analysés dans leurs propres qualités et dynamiques multiples.

L’approche de l’université d’été permettra de comparer des études de cas du Moyen Âge et de l’époque moderne et d’obtenir ainsi de nouvelles perspectives sur les processus de territorialisation et de formation de l’État dans leurs spécificités et diversités respectives. Cette approche ne sera pas délimitée par un cadre géographique restreint: les candidatures sont ainsi ouvertes aux jeunes scientifiques dont les thèmes de recherche portent aussi bien sur les espaces franco-allemands qu’européens ou mondiaux.

Les questions suivantes pourraient être abordées:
– Comment les frontières sont-elles représentées dans les sources médiévales et modernes?
– Quel desseins poursuivent les auteurs de ces représentations?
– Quels termes et concepts sont utilisés pour décrire les frontières et les espaces frontaliers?
– Quelles sont les (catégories de) sources qui signalent les frontières et les zones frontalières?
– Quel(s) rôle(s) jouent les »pouvoirs centraux« dans les conflits frontaliers?
– Quel(s) rôle(s) jouent les acteurs locaux?
– Les représentations diffèrent-elles en fonction des destinataires?
– Peut-on observer différentes stylisations d’un même espace en même temps?
– Comment les conflits frontaliers s’inscrivent-ils dans des contextes politiques plus larges?
– Comment les frontières sont-elles construites dans différents contextes?
– Dans quelle mesure la représentation d’un espace frontalier dépend-elle de son contexte?
– Dans quelle mesure la représentation des zones frontalières change-t-elle au fil du temps?

L’université d’été donnera l’occasion à 14 doctorantes et doctorants, post-doctorantes et post-doctorants ainsi qu’étudiantes et étudiants en M2 avec un projet de mémoire de présenter leur travail. Les conférences (environ 20 minutes) seront commentées par les autres participantes et participants. Avant le début du colloque, les résumés des contributions seront publiés sur le blog »Veranstaltungen am DHIP« (https://dhip.hypotheses.org) afin de les faire connaître à un public intéressé. Outre les interventions des participantes et participants, deux conférences introductives à la recherche sur les frontières en Allemagne et en France seront proposées: Susanne Rau (Erfurt) prenant en charge la partie allemande, Léonard Dauphant (Metz) la partie française. Une conférence publique de David Abulafia (Cambridge) intitulée »Maritime Spaces. Historical and Methodological Reflections« aura de surcroît lieu dans le cadre du cycle annuel »les Jeudis de l’IHA«. Une visite de la collection des cartes des Archives nationales conclura le programme et donnera aux participantes et participants l’occasion de réfléchir sur les représentations frontalières à partir de sources topographiques.

Informations pratiques: les frais de voyage et d’hébergement seront pris en charge par l’organisation ‒ sous réserve d’un financement de l’Université franco-allemande. Les langues principales de l’université d’été sont l’allemand et le français, mais des contributions en anglais sont possibles. La maîtrise active d’une langue étrangère et la compréhension passive de la seconde sont requises. Une affiliation à une université allemande ou française est souhaitée, mais ne présente nullement une condition préalable. Veuillez envoyer les documents de candidature suivants dans l’une des langues de la conférence à Maximilian Groß (mgross@dhi-paris.fr) et Robert Friedrich (rfriedrich@dhi-paris.fr): résumé de la contribution prévue (max. une page), CV académique avec liste de publications (si disponible), détails sur vos compétences linguistiques.

Source : DFMFA

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École d’été – Liber. Trends in Manuscript Studies. Sources, Issues and Technology. 5th International Summer School

Montecassino (IT)
24-28 June 2019

The University of Cassino and Southern Lazio, in cooperation with the Ab- bey of Montecassino, is pleased to announce the organisation of its fth Sum- mer School for the bene t of master and PhD students, scholars, librarians and other experts or interested persons working with medieval manuscripts and early printed books.

The School aims to provide an updated vision of research trends and achieve- ments in the elds of Greek and Latin manuscript research, with a particular focus on the manuscripts preserved in Montecassino. The rich programme includes a guided tour to the Abbey of Montecassino, renowned for its abundance of medi- eval manuscript treasures. The School will also o er a chance for participants to discuss their own research projects with the guest speakers and lecturers, who are internationally recognized experts in textual scholarship and manuscript studies.

Programme : LIBeR Summer School 2019

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Informations pratiques :

The School will take place in Cassino (Frosinone, Italy). Each session at the University of Cassino will be followed by a workshop held at the Archive of Monte- cassino, where a selection of manuscripts related to the session’s topic will be presented and analysed. Participants will be invited to actively contribute to the presentation. The lectures will be given in English and Italian.

The number of participants is limited to 30. The course will only be held if a minimum of fteen students register for participation.

Pre-registration is free. Please complete the enclosed form and send it by e-mail to liberschool@unicas.it before January 31st, 2019. All candidates must submit a brief curriculum (education, work or research experiences, and a list of publications if available) and are expected to possess a basic knowledge of Latin, Latin Paleography and Codicology.

If the pre-registrations exceed the number of 30, the Organising Commit- tee will make a selection based on the candidates’ academic quali cations and research excellence (Master, PhD, publications, participation to research projects etc.). In case of equal merit, preference will be given to the youngest candidate.

By March 15th, 2019, all the accepted candidates will receive a con rmation notice by e-mail, along with further information to complete the registration process.

The registration fee amounts to € 350, including admission to all of the confer- ence’s sessions and visits, course materials, transportation to the Abbey of Monte- cassino, two rich welcome and good-bye toasts (Brindisi), at the beginning of the School on Monday 24th June and at its end on Thursday 27th June, 2019. The fee is to be paid after the con rmation of acceptance has been received.

All participants will be issued a certi cate of participation.

Scientific Committee
Roberta Casavecchia, Edoardo Crisci, Paolo De Paolis, Sebastiano Gentile, Marilena Maniaci, Giulia Oro no, Nicola Tangari

Organising Secretariat
Antonia Cerullo, Angela Cipriani
Contact: liberschool@unicas.it

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Appel à contribution – Fables and the Art of Preaching in the Middle Ages and Early Modern Period

Erlangen
15-16 May 2019

The Department of Latin Philology in the Middle Ages and Modern Period at FAU is organizing an international conference in May 2019 on the theme of Fables and Preaching. In the premodern period, fables were not only texts used for entertainment and in classrooms. Their edifying, moralizing character predisposed them for use as exempla in preaching. In the late Middle Ages specific collections were even created for this purpose. This Call for Papers is directed at young scholars up to the age of 35, who would like to present the results of their research on Latin and vernacular fables and their use up to c. 1650. Interested individuals should submit a curriculum vitae and a short proposal by 1 March 2019. Selected speakers will receive a fixed sum of 160 euros for the costs of travel and accommodation. Please send your application including full CV by post to: Prof. Dr. Michele C. Ferrari Friedrich-Alexander-Universität Mittellatein und Neulatein Kochstr. 4/3 91054 Erlangen or by e-mail to Dr. Stefan Weber.

Source : Universität Erlangen-Nürnberg

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Séminaire – Pouvoirs, culture et pratiques politiques à la fin du Moyen Âge

Mardi, 15h00-17h00
Org. : Olivier MATTEONI
Centre Sorbonne, salle Perroy, 1 rue Victor Cousin

Le séminaire continue d’aborder cette année les rapports entre le roi et les princes sous l’angle de la question souveraine. Il s’attachera à réfléchir à la mise à l’épreuve des grands face aux exigences de la souveraineté et aux déploiements de la justice royale, dans le cadre notamment des grands jours du parlement de Paris au XVe siècle. La question de la définition du pouvoir princier sera également abordée par le biais de la commande et de la possession de livres. Fidèle à son habitude, l’animateur du séminaire a à cœur de faire découvrir les travaux de jeunes chercheurs. Plusieurs séances seront ainsi consacrées à la présentation de thèses récemment soutenues dans la thématique du séminaire. Par ailleurs, trois séances seront dédiées à la discussion d’ouvrages importants, dernièrement parus, et au cœur des préoccupations du séminaire. Enfin, deux séances seront assurées par Roberto Delle Donne, professeur invité, qui présentera ses recherches sur les Angevins de Naples au XIVe siècle. L’étude de la ligue du Bien public, juste amorcée l’année dernière, est suspendue pendant un an, afin de permettre à l’animateur du séminaire de préparer l’architecture de l’ouvrage qu’il élabore autour de ce sujet et qu’il présentera dans les séances du séminaire de 2019-2020.

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Paris, BnF, Français 2691, f. CCIII, conseil présidé par Charles VII, source biblissima

Programme :

Mardi 6 novembre 2018
Olivier Mattéoni
Introduction, et La maison de Bourbon et les livres (XIVe-XVIe siècle)

Mardi 20 novembre 2018
Olivier Mattéoni
La seconde vie de Cabaret d’Orville, ou l’écriture de l’histoire en Bourbonnais au XVe siècle

Mardi 4 décembre 2018
Pierre Courroux, docteur de l’Université de Poitiers, Newton International Fellow (British Academy-Université de Southampton)
Deux traités entre les sires d’Albret et le roi d’Angleterre. La loyauté des princes en question face à la crise de la monarchie française au début du XVe siècle

Mardi 18 décembre 2018
Antoine Brix, docteur de l’Université catholique de Louvain, post-doctorant à l’IRHT
Les Grandes Chroniques de France en bibliothèque. Incarnations manuscrites d’un succès littéraire médiéval

Mardi 29 janvier 2019
Roberto Delle Donne, professeur à l’Università Federico II di Napoli, professeur invité
Recherches sur les Angevins de Naples au XIVe siècle (1)

Mardi 12 février 2019
Roberto Delle Donne, professeur à l’Università Federico II di Napoli, professeur invité
Recherches sur les Angevins de Naples au XIVe siècle (2)

Mardi 26 février 2019
Laurence Silvestre, docteur de l’Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne
Une cité en ordre : le prince et la notion de salut public dans le De laude pacis et le De sanitate de Jean Bréhal

Mardi 12 mars 2019
Claude Gauvard, professeur émérite à l’Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne, ancien membre senior de l’Institut universitaire de France
Présentation et discussion de son ouvrage, Condamner à mort au Moyen Âge. Pratiques de la peine capitale en France, XIIIe-XVe siècle. Discutant Olivier Mattéoni

Mardi 26 mars 2019
Philippe Contamine, professeur émérite à l’Université Paris-Sorbonne, membre de l’Institut
Présentation et discussion de son ouvrage, Charles VII. Une vie, une politique. Discutant Olivier Mattéoni

Mardi 9 avril 2019
Élisabeth Schmit, doctorante à l’Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne
Quand la justice reprend son cours : les grands jours du parlement de Paris au lendemain de la guerre de Cent ans (1454-1459), et Olivier Mattéoni. Justice et politique. Les grands jours du parlement de Paris en Auvergne (1481)

Mardi 23 avril 2019
Léonard Dauphant, maître de conférences à l’Université de Lorraine. Présentation et discussion de son ouvrage, Géographies. Ce qu’ils savaient de la France (1100-1600). Discutant Judith Förstel, docteur de l’Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne, conservatrice du patrimoine à l’Inventaire d’Île-de-France, auteur d’une thèse sur L’image de Paris et de l’Île-de-France au Moyen Âge (fin XIIe-début XVIe siècle)

Source : LAMOP

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Publication – Erik Kwakkel, « Books Before Print »

This beautifully illustrated book provides an accessible introduction to the medieval manuscript and what it can tell us about the world in which it was made and used. Captured in the materiality of manuscripts are the data enabling us to make sense of the preferences and habits of the individuals who made up medieval society. With short chapters grouped under thematic headings, Books Before Print shows how we may tap into the evidence and explores how manuscripts can act as a vibrant and versatile tool to understand the deep historical roots of human interaction with written information. It highlights extraordinary continuities between medieval book culture and modern-world communication, as witnessed in medieval pop-up books, posters, speech bubbles, book advertisements, and even sticky notes.

9781942401629

Erik Kwakkel is book historian and professor at the School of Library, Archival and Information Studies at The University of British Columbia, Vancouver.

Informations pratiques :

Erik Kwakkel, Books Before Print, Arc Humanities Press, 2018 (Medieval Media Cultures). 304 p., 234 x 156 mm. ISBN: 9781942401629. Prix : 28,5 £.

Source : Arc Humanities Press

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Appel à contribution – Plurilinguisme et multilinguisme en Europe (XIIIe-XVe siècles) : poétique d’un choix politique / Plurilingualism in Europe (XIIIth-XVth centuries): The Poetic of a Political Choice

English version below

Litt&Arts – ILCEA4
Université Grenoble Alpes
21 mars 2019

Keynote Speaker: Ardis Butterfield

D’après les dernières estimations, il existerait dans le monde quelques 7 000 langues, et plusieurs milliers de variantes dialectales, parlées dans les 197 pays reconnus par l’ONU. Nous rencontrons de fait, à l’heure actuelle, de nombreux espaces de plurilinguisme, que cela soit dans un pays ne possédant qu’une seule langue nationale ou bien dans d’autres dans lesquels le plurilinguisme est institutionnalisé : la Suisse possède par exemple quatre langues nationales, la Belgique trois, et le Canada deux. Le plurilinguisme est, en d’autres termes, une norme mondiale contribuant au développement d’espaces culturels et territoriaux.

Cette dynamique n’est pourtant pas une spécificité du monde moderne : au Moyen Âge, déjà, et en particulier aux XIIIe, XIVe et XVe siècles, bien choisir la langue à laquelle on recoure est crucial. Quelle langue utiliser pour écrire le sacré, la science, la littérature ? Quelle langue employer pour communiquer dans des échanges marchands ? En contexte de plurilinguisme, le choix d’une langue plutôt que d’une autre témoigne déjà d’une hiérarchie des langues : le latin est ainsi traditionnellement la langue du sacré, de la science et de la littérature, et ne laisse place que progressivement aux langues vernaculaires moins prestigieuses. Cela ne se fait pas sans heurts dans certains domaines, notamment lorsqu’il est question de traduire la Bible pour la rendre accessible à la fin du XVe et surtout au XVIe siècle.

Certains contextes locaux, en outre, mettent en évidence le lien très fort entre le choix d’une langue nationale et la création d’une instance de pouvoir : une langue unique est en effet l’assurance d’une bonne compréhension de par le royaume des ordres donnés en haut lieu. La cour d’Angleterre, par exemple, parle français depuis la venue sur l’île de Guillaume le Conquérant au cours du XIe siècle tandis que le reste du pays use de diverses variétés dialectales du vieil anglais. Lorsque la couronne d’Angleterre s’autonomise au XIIIe siècle et souhaite bâtir un royaume autonome capable de rivaliser avec son voisin français, les auteurs s’emparent de leur langue vernaculaire pour en faire une langue de culture, et donc de prestige, contribuant ainsi à la création d’une unité culturelle et linguistique.

Le choix d’un dialecte, son accession au rang de langue nationale ou administrative, son usage pour les lettres ou la science est un ensemble de préoccupations européennes : toute construction politique (un royaume, une confédération) ou culturelle (les assemblées joyeuses, les lieux de production et de vente des codex, les productions spectaculaires) est immanquablement confronté à plusieurs impératifs. Non seulement il faut être compréhensible auprès de son public de destination qu’il soit clerc, noble ou badaud, mais il faut encore aussi véhiculer à dessein ou indirectement les valeurs politiques et culturelles attachées à cette langue.

Notre appel à contribution vous invite dès lors à vous questionner sur les interfaces géographiques et textuelles où existe le plurilinguisme, les rapports de force et de complémentarité entre les diverses langues, la place des citations, et celle des traductions.

Les propositions de communication en anglais ou en français d’une longueur de 300 à 400 mots, ainsi qu’une courte notice biobibliographique sont à envoyer aux adresses suivantes ma-rielle.devlaeminck@gmail.com et jonathan.fruoco@gmail.com pour le 30 janvier 2019.

Plurilingualism in Europe (XIIIth-XVth centuries): The Poetic of a Political Choice

Litt&Arts – ILCEA4
Université Grenoble Alpes
21 March 2019

Keynote Speaker: Pr. Ardis Butterfield

According to the latest estimates, there would be around 7 000 languages, and thousands of dialectical variations, spoken in the 197 countries recognized by the U.N. There are, as a result, many plurilingual spaces around the globe, whether it is in a country using only one national language or in others in which plurilingualism has been institutionalized: Switzerland possesses, for instance, four national languages, Belgium has three, and Canada, two. Plurilingualism is, in other words, a norm contributing to the development of cultural and territorial spaces.

This dynamic is however far from being specific to the modern world: throughout the Middle Ages, and in particular, during the XIIth, XIVth, and XVth centuries, choosing the right language was of crucial necessity. Which language should one use to write the Sacred, science, literature? Or to communicate during commercial exchanges? In a plurilingual context, using one language instead of another betrays a linguistic hierarchy: Latin was thus usually used in the religious, scientific, and literary spheres and progressively started to give way to less prestigious vernaculars. But such a gradual erosion of Latin’s dominion was bound to create conflicts, especially when the Bible started to be translated to make it more widely available to the masses between the end of the XVth and XVIth centuries.

In some instances, moreover, the choice of a national language became synonymous with political power: imposing a unique language means a more efficient way of controlling a government. The English court, for instance, started to use a variety of Old French after the arrival of William the Conqueror in 1066, while the rest of the country continued to speak various Old English dialects. But when the crown of England freed itself from continental dominion and started to build an autonomous kingdom capable of competing with its French neighbour during the XIIIth century, clercs and poets seized their vernacular and slowly started turning it into a language of culture, and thus of prestige, contributing to the creation of a cultural and linguistic unity.

The choice of a dialect, its accession to the rank of national or administrative language, its use in literature or science, is a set of European preoccupations: all political constructions (of a kingdom or confederation) or cultural constructions (merry assemblies, places of production and sale of codexes…) are necessarily confronted with different imperatives. Not only is it necessary to be understood by one’s audience, but it is also necessary to vehicle voluntarily or indirectly the political and cultural values attached to one’s language.

This call for papers invites you, as a result, to question the geographical and textual interfaces where plurilingualism can be found; the rapport de force and complementarity between the various languages; the role of citations, and of translations.

Proposals (300 to 400 words) in French or in English, with a short biblio-biography, are to be sent to the following addresses marielle.devlaeminck@gmail.com and jonathan.fruoco@gmail.com for January 30th 2019.

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Colloque – « Le goût du sang et des roses ». Relire « L’Automne du Moyen Âge » de Johan Huizinga aujourd’hui

Lorsque Jacques Le Goff introduisait, en 1975, la nouvelle édition du Herfsttij, ce dernier, après avoir loué l’ingéniosité et la créativité de l’historien néerlandais, concluait son entretien avec Claude Mettra par ces mots : « Relisons donc Huizinga dans une perspective d’aujourd’hui. En nous rappelant que, hier, il déchira le voile d’une histoire orgueilleusement impassible et que pour nous, s’il peut être par ses à peu près, son esthétisme, son dilettantisme, un maître d’erreur, il est encore un ouvreur de portes qui mènent à l’histoire à faire ».

Cette dernière réflexion du grand historien des idées que fut Jacques Le Goff, en forme d’hommage nuancé, résume parfaitement les polémiques qui surgirent et surgissent encore en France autour des travaux de Johan Huizinga. Loué par les uns pour ses fulgurances, l’originalité de ses centres d’intérêts, la nouvelle histoire des idées qu’il dessina en faisant prendre à son exploration des hommes et de leur temps le chemin des rêves et des espoirs, des rires et des larmes, il est aussi critiqué pour sa subjectivité, le caractère invérifiable de ses sources, ses flous chronologiques, sa vision que l’on pourrait qualifier « impressionniste » de l’histoire.

Cent ans après la parution du Herfsttij, dans le sillon des Annales, après les vagues du Linguistic Turn des années 60 et du Cultural Turn des années 80, il paraît opportun pour les historiens, littéraires et historiens de l’art de dresser un premier bilan des apports de ce livre fondamental qui permit de placer les représentations, les symboles et les sentiments au cœur de l’enquête historique.

Relire Huizinga

Programme :

Jeudi 20 décembre 2018

12h30 Accueil et lunch
14h00 : Introduction par Élodie LECUPPRE-DESJARDIN (IRHIS, ULille)

14h30 : Cour et culture chevaleresque
Président de séance Wim BLOCKMANS (Université de Leyde)

Benjamin DERUELLE (UQAM-Québec, IRHiS) – « L’idée de chevalerie » : Du crépuscule de la chevalerie à l’histoire des représentations chevaleresques
Thalia BRERO (Universités de Genève et de Gand) Élodie LECUPPRE-DESJARDIN (IRHIS, ULille) – « De tout pechiez le chastel périlleux ». La cour, un miroir aux vanités ?
Discussion — Pause

16h30 : Perspectives historiographiques et éditoriales

Christophe de VOOGD (Sciences Po-Paris) – Huizinga et les fondateurs des Annales : rencontre manquée ou opposition de paradigmes ?
Anton VAN DER LEM (Bibliothèque universitaire de Leyde) – Présentation de la nouvelle édition du Herfsttij der Middeleeuwen
Discussion

18h00 Fin de la première séance

Vendredi 21 décembre 2018

9h00 Accueil

9h15 : Le traitement des sensibilités chez Huizinga
Président de séance Marc BOONE (Université de Gand)

Jacques CHIFFOLEAU (EHESS) – Huizinga et les formes de la piété flamboyante
Damien BOQUET (Université Aix-Marseille) et Laurent SMAGGHE (Lille) – L’émotion comme désir de vie
Discussion — Pause

11h30 : Bertrand COSNET (IRHIS, ULille) – Les primitifs au prisme de Johan Huizinga : l’art des Van Eyck est une fin
Discussion
12h30 Déjeuner

14h30 : Huizinga et l’esthétique de la forme
Président de séance Thomas BEAUFILS (IRHiS, ULille)

Estelle DOUDET (Université de Lausanne) – Un Automne imaginaire : la réception critique de Johan Huizinga et l’évolution de l’histoire littéraire française aux XX-XXIe siècles
Jelle KOOPMANS (Université d’Amsterdam) – Huizinga et la morphophilie des années 20’ Discussion
16h00 Fin des travaux

Informations pratiques :

20-21 décembre 2018
Salle de séminaire de l’IRHiS
UNIVERSITÉ DE LILLE — SITE DU PONT-DE-BOIS – VILLENEUVE D’ASCQ

Responsable scientifique : Élodie Lecuppre-Desjardin (IRHiS, ULille) – elodie.lecuppre@univ-lille.fr

Contact :
Christine Aubry, IRHiS
Tél. 03 20 41 62 87 — christine.aubry@univ-lille.fr

Administration :
Martine Duhamel, IRHiS
Tél. 03 20 41 73 45 — martine.duhamel@univ-lille.fr

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