Appel à contribution – Réécritures et représentations du Moyen Âge arabe dans la littérature française, du Moyen Âge au XVIIIe siècle

Date de tombée (deadline) : 20 Décembre 2026.
Réécritures et représentations du Moyen Âge arabe  dans la littérature française, du Moyen Âge au XVIIIe siècle

Université de la Manouba, 15-16 avril 2027

L’équipe de recherche sur le Moyen Âge et le XVIe siècle du laboratoire « Analyse Textuelle, Traduction, Communication » (ATTC, LR18ES12) organise les 15 et 16 avril 2027 un colloque autour des réécritures et représentations du Moyen Âge arabe dans la littérature française, du Moyen Âge au XVIIIe siècle, après avoir tenu un colloque sur les « Dérives guerrières au Moyen Âge et au XVIe siècle[1] » les 1er et 2 décembre 2023 à la Faculté des Lettres, des Arts et des Humanités de l’Université de la Manouba. S’inscrivant dans une perspective interdisciplinaire et internationale, ces manifestations scientifiques se rattachent aux deux axes principaux de l’équipe de recherche : « Les rapports entre Orient et Occident dans la littérature du Moyen Âge et de la Renaissance : de l’Histoire au mythe » et « les résurgences du Moyen Âge et de la Renaissance dans littérature moderne et contemporaine[2] ». 

Il s’agira d’interroger la construction et l’évolution d’une image multiple du « Moyen Âge arabe[3] » – qui reste à définir et à délimiter – dans les textes littéraires français allant de leur époque médiévale de référence jusqu’au XVIIIe siècle[4]. Seront observés et analysés les enjeux esthétiques, idéologiques, sociopolitiques, civilisationnels et scientifiques des diverses représentations de cette époque riche, étendue et mouvementée. Le croisement des approches littéraires, linguistiques, artistiques et historiques permettra de constituer un panorama représentatif des relations qui ont pu unir le monde arabe et la France. L’histoire littéraire française et l’étude des transferts de savoirs amènent à appréhender la manière dont les différents domaines du Moyen Âge arabe – société, art de gouverner, sciences ou littérature – ont été repris en France et plus largement en Europe au fil du temps, au gré des exigences culturelles, de la curiosité intellectuelle ou de la quête d’exotisme. Une réflexion sera également menée sur la valorisation et la promotion d’un corpus littéraire français peu exploré et la constitution, par l’inscription de la recherche dans les humanités numériques, d’une base de données textuelle hybride mettant en lumière la richesse des échanges et des transmissions entre Moyen Âge français et Moyen Âge arabe. 

Axes scientifiques (proposés à titre indicatif)

Axe 1 – L’approche diachronique 

Chaque représentation est le produit d’une époque, d’une volonté politique, d’une injonction sociale ou d’une quête intellectuelle. Au Moyen Âge, la culture arabe suscite des postures ambivalentes souvent dominées par le désir de dénoncer l’autre, ennemi infidèle, davantage que par la volonté de le connaître, en dépit du rôle majeur des traductions arabes dans la transmission de l’héritage antique[5]. Renouant directement avec les sources gréco-latines, la Renaissance encourage néanmoins la connaissance de la langue arabe et amorce la constitution des fonds orientaux de la Bibliothèque royale[6]. Au XVIIe siècle, l’imaginaire du Moyen Âge arabe et de l’Orient est réinvesti par la culture mondaine sous le signe du dépaysement et de la galanterie. Au tournant du siècle, ce passage est illustré notamment par deux œuvres majeures : d’une part, la Bibliothèque orientale de Barthélemy d’Herbelot (1697), qui servira « pendant plus de deux siècles d’encyclopédie de l’Islam[7] » ; d’autre part, la traduction des Mille et une nuits par Antoine Galland[8] à partir de 1704, qui adapte l’exotisme oriental aux exigences du goût galant. Ces deux publications préfigurent la transformation de cet imaginaire en un objet de savoir et d’étude privilégié pour les orientalistes du XVIIIe siècle.

Axe 2 – Les transferts culturels entre quatre pôles : la France, l’Espagne musulmane, le Maghreb et l’Orient 

Al-Andalus et plus généralement l’ « Occident musulman[9] » ont constitué une véritable plaque tournante à partir de laquelle les savoirs arabes ont pu translater vers le castillan et le latin. En témoigne la trajectoire du Kitâb al-mi’râj (Livre de l’Échelle) au XIIIe s. : traduit d’abord de l’arabe vers le castillan à la cour d’Alphonse X le Sage par le médecin juif Abraham Alfaquín (dit Abraham de Tolède), il est ensuite transposé en latin et en français par le notaire et copiste italien Bonaventure de Sienne. Le rôle des « passeurs[10] » est ainsi fondamental dans la genèse d’une image et d’un imaginaire associés au monde arabe dans sa pluralité géographique, ethnique et confessionnelle. Dès lors, la circulation des savoirs entre les différents pôles – français et européen, espagnol, maghrébin et oriental – s’observe dans les processus de réception, d’adaptation et de réécriture des textes littéraires, religieux, philosophiques et scientifiques[11]  suscitant des questionnements sur la circulation des langues[12], des genres, des motifs et des idées[13]. Une telle perspective conduit à identifier les corpus sources et à mettre au jour les dynamiques idéologiques et culturelles sous-jacentes à chaque réappropriation.

Axe 3 – Les représentations du Moyen Âge arabe 

La désignation et la délimitation des territoires et des frontières de l’espace arabe – entre géographie vécue et cartographie fantasmée – permettent d’examiner le regard porté par les auteurs de la rive nord de la Méditerranée. Entre valorisation et dépréciation[14], les hommes qui peuplent cet espace incarnent autant de figures de l’altérité : tantôt objets de critique servant l’exaltation de soi, tantôt objets de curiosité invitant à la découverte de l’autre. Cette dialectique informe un large éventail de genres littéraires (chansons de geste, romans, contes, récits de voyage, pièces de théâtre, etc.). Les propositions pourront analyser les formes de cette perception – qu’elle relève de l’exploration érudite ou de la reprise de stéréotypes – au niveau de l’onomastique, des topographies, des descriptions, des portraits, etc. Les études de cas privilégiant une approche comparatiste, confrontant la littérature française et son intertexte arabe connu ou supposé[15], seront particulièrement appréciées. 

Modalités de soumission

Les propositions de communication, d’environ 500 mots, assorties d’un titre et d’une courte notice bio-bibliographique, seront à envoyer par courriel au plus tard le 20 décembre 2026 aux adresses suivantes : Jouda.Sellami@flah.uma.tn et attc.manouba@yahoo.com  

 Le colloque se tiendra les 15 et 16 avril 2027 à la Faculté des Lettres, des Arts et des Humanités de la Manouba (Tunis).

Après évaluation des propositions, les notifications d’acceptation seront communiquées avant le 15 janvier 2027.

Source : Fabula

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Publication – Antonio Padoa-Schioppa, « Medievisti storici del diritto »

La storia dell’alto medioevo è tuttora densa di suggestioni per lo storico, che su temi diversi, tra i quali quello della personalità della legge, trova singolari corrispondenze – non certo imitazioni né identità – nella realtà del presente. Gli storici del diritto delle prime generazioni dopo l’unità italiana sono dedicati, spesso in misura esclusiva e sempre con particolare impegno, alla ricostruzione delle fonti e degli ordinamenti pubblici e privati della penisola nei secoli dal V all’ XI, allo scopo di ricostruire il ruolo svolto in questi secoli non solo dalla tradizione del diritto romano e del diritto longobardo e franco, ma più in generale la genesi di una embrionale “nazione” italiana. È sembrato pertanto non vano riprodurre le commemorazioni tenute dall’autore di queste pagine, che richiamano le indagini e gli apporti costruttivi non certo di tutti ma di alcuni tra i maggiori storici del diritto italiano del Novecento.

Informations pratiques :

Antonio Padoa-Schioppa, Medievisti storici del diritto, Rome, CISAM, 2026 ; 1 vol., VIII–94 p. (Biblioteca del Centro per il Collegamento degli Studi Medievali e Umanistici in Umbria, 42). ISBN : 978-8-86809-498-0. Prix : € 18,00.

Source : CISAM

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Publication – James T. Palmer, « Charlemagne’s Dream The Rise and Fall of the Carolingian Empire »

Today, the Carolingians are best known as the dynasty of Charlemagne. In a few remarkable decades spanning the late eighth and early ninth centuries, Charlemagne united much of modern-day Europe through conquest and diplomacy, establishing the continent’s first empire since the fall of Rome.

In Charlemagne’s Dream, historian James T. Palmer looks beyond Charlemagne alone to tell the full story of the rise and fall of the massively consequential Carolingian dynasty—the men and women who laid the foundations for his achievements, and the colorful heirs who squandered his legacy. Carolingian rulers established the royal court as a place of learning, attracting scholars and philosophers and driving a cultural and intellectual renaissance. They fought and traded with power centers as far-flung as Córdoba, Constantinople, and Baghdad. In allying with the pope, they forever changed the relationship between church and state in the West. And they dispatched the first missionaries to northern Europe, expanding Christendom’s reach farther than ever before.

Charlemagne’s Dream details the powerfully human stories of the Carolingians, showing how their pursuit of ever-greater power built one of the world’s great empires.

James T. Palmer is professor of history at the University of St. Andrews. The author of four previous books on medieval European history, he lives in Scotland. 

James T. Palmer, Charlemagne’s Dream The Rise and Fall of the Carolingian Empire, New York, Hachette, 2026 ; 1 vol., 352 p. ISBN : 9781541605688. Prix : USD 35,00.

Source : Hachette

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Journée d’étude du RMBLF – Médiévistique et études de genre

Depuis plusieurs décennies, les médiévistes s’intéressent aux rapports de genre structurant la société médiévale et s’interrogent sur leurs implications politiques, économiques ou encore socio-culturelles. Ces rapports se laissent appréhender dans le droit législatif comme dans la coutume, dans les récits narratifs comme dans les représentations visuelles. Sans doute la question du pouvoir a-t-elle été parmi les premières à être explorées, en particulier au sein des classes dominantes et souvent sous l’angle des « femmes de pouvoir » aux caractéristiques parfois bien « masculines ». À l’autre bout de l’échelle sociale, des études ont également été consacrées à des groupes longtemps qualifiés de « marginaux » : prostituées, cantinières d’armées, lavandières, mystiques, visionnaires, béguines, etc. Entre ces deux extrêmes, les groupes « médians » ont été envisagés sous l’angle de la vie économique et sociale, soulignant toute l’agentivité économique sinon politique des travailleuses de la soie londoniennes ou encore des femmes gérant la production et la vente d’artisanat, notamment dans les villes flamandes, quand bien même celles-ci n’apparaissent explicitement dans les sources que, le plus souvent, au moment d’un changement de statut légal (célibat, veuvage). Plus récemment, l’étude des identités de genre et des pratiques sexuelles constitue, elle aussi, un champ de recherche novateur issu de l’articulation entre gender studies et médiévistique, comme en témoignent notamment les deux collections homonymes « Gender in the Middle Ages », publiées respectivement chez Boydell & Brewer et chez Cambridge University Press.

Si les gender studies se confondent de moins en moins avec l’histoire des femmes, force est de constater que, dans le domaine de la médiévistique belge, peu d’études sont encore, à ce jour, consacrées aux constructions de genre en tant que telles. Au-delà des approches binaires visant à définir ce qui fait le féminin ou le masculin, les gender studies soulignent aujourd’hui la diversité et la souplesse de ces constructions socio-culturelles, d’une part, mais aussi une certaine fluidité et porosité de ces catégories elles-mêmes, de l’autre, et ce malgré l’opposition binaire hommes/femmes que l’on rencontre largement dans le monde médiéval chrétien occidental, notamment dans le cadre d’une doctrine théologique qui soumet largement les secondes aux premiers. Il revient ainsi aux chercheur·euses contemporain·es d’interroger la solidité d’une lecture binaire de ces constructions socio-culturelles face à des rapports de genre qui peuvent se révéler plus complexes. En ce sens, les sociétés médiévales constituent autant de laboratoires pour explorer les multiples manifestations du genre dans la manière d’être au monde et de faire société.

Tant ces cadres socio-culturels que les stratégies des humain·es qui les ont adoptés tout en les adaptant ont évolué dans le temps et dans l’espace. De la fin du Ve au début du XVIe siècle, les modèles proposés et adoptés par les sociétés médiévales ont été modifiés : saint·es, preux·ses, mais aussi marchand·es, artisan·es, voire soldat·es, parfois travesti·es – même si les occurrences sont ici rares et difficilement saisissables. Des différences ont également pu être remarquées entre espaces ruraux et urbains, la ville constituant souvent un espace d’opportunités accrues tout en présentant des risques de précarisation qui varient en fonction du sexe et de la classe sociale des individus. Des espaces à haute densité urbaine peuvent par ailleurs aussi se distinguer entre eux : malgré des contacts économiques et culturels intenses, les cadres du mariage, par exemple, diffèrent fortement entre les anciens Pays-Bas et l’Italie.

Cette journée d’étude, qui se tiendra le vendredi 6 novembre 2026 à l’Université libre de Bruxelles, visera à donner la parole à de jeunes médiévistes comme à des chercheur·euses et chercheurs plus expérimenté·es engagé·es en études de genre, et ce afin de mettre en lumière la richesse de leurs différentes approches et épistémologies et de leur offrir une plateforme d’échange et de discussion dans le cadre convivial et bienveillant qui caractérise les journées d’études du Réseau.

ULB, Campus du Solbosch, Salle H. Janne (S.15.331)

9h15 – 9h30 : Accueil

  • 9h30 – 9h45 : Mot d’introduction par Nicolas Ruffini-Ronzani (RMBLF – UNamur – Archives de l’État à Namur)

Présidence : Ingrid Falque (RMBLF – UCLouvain)

  • 9h45 – 10h30 : Chanelle Delameillieure (KULeuven) – Consentir au Moyen Âge : la signification et la valeur du consentement féminin dans l’Europe de la fin du Moyen Âge

10h30 – 11h : Pause-café

  • 11h – 11h30 : Inès Limam (ULB – Aix-Marseille Université) – Trans/masculinités déviantes et infertilité sociale : l’exclusion volontaire de la reproduction sexuelle comme nouvelles façons d’être soi et de faire communauté
  • 11h30 – 12h : Ninon Gavage (UCLouvain Saint-Louis Bruxelles – ULiège) – Femmes nobles, mariage et agentivité dans l’espace bourguignon (XIVe-XVIe siècles)
  • 12h – 12h30 : Lou-Anne Portal (UCLouvain – Université Sorbonne Nouvelle) – Anachronisme, interdisciplinarité et translatio : défis et richesses de l’étude des masculinités en (socio)littérature médiévale

12h30 – 13h45 : Pause midi

  • 13h45 – 14h30 : Elizabeth L’Estrange (University of Birmingham) – Études médiévales/études de genre à travers la culture matérielle et visuelle

Présidence : Nissaf Sghaïer (RMBLF – UCLouvain Saint-Louis Bruxelles) 14h30 – 15h : Pause-café

  • 15h – 15h30 : Anissa Ouzeroual (Université Polytechnique Hauts de France) – Entre parure et armes, les sépultures des femmes mérovingiennes. Étude archéologique et anthropologique du genre au haut Moyen Âge en Europe du nord
  • 15h30 – 16h : Antoine Deraedt (Université de Lille) – « Itinéraire réticulaire » de Richilde de Hainaut (1051-1086) : pour une étude des réseaux de pouvoir d’une comtesse et de son entourage
  • 16h – 16h30 : Camille Rutsaert (UCLouvain Saint-Louis Bruxelles) – Les différents masques genrés de Jeanne de Brabant (1322-1406). L’évolution des rôles au long d’une vie féminine
  • 16h30 – 16h45 : Conclusions – Éric Bousmar (UCLouvain Saint-Louis Bruxelles)

Informations pratiques :

6 novembre 2026

Université libre de Bruxelles
Avenue Jeanne n°40
1050 Ixelles
Bâtiment S, 15° étage
(salle Henri Janne – S.15.331)

Comité organisateur :
Antoine Bonnivert (ULB, sociAMM)
Michael Depreter (UCLouvain Saint-Louis Bruxelles / ULB / Oxford)
Emeline Martin (ULB, Crea-Patrimoine)
Nissaf Sghaïer (UCLouvain Saint-Louis Bruxelles)

Inscription : ici

Programme au format PDF : ici

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Colloque – Itinéraire d’un médiéviste Paul Benoit, historien et archéologue des sciences et des techniques

Programme : ici

Spécialiste de l’histoire des techniques et des sciences aux époques médiévale et moderne, Paul Benoit est reconnu pour son rôle déterminant dans le renouvellement des approches historiographiques et l’institutionnalisation de nouveaux champs de recherche. Qu’il soit question de l’hydraulique, des mines, de la métallurgie, de la construction ou bien encore des sciences, ses approches – à la confluence de l’archéologie et de l’histoire – ont marqué plusieurs champs historiographiques, qu’il s’agisse de l’histoire des techniques ou de l’économie médiévale.

Ces journées d’étude qui lui sont dédiées sont l’occasion de croiser les regards et les perspectives sur les objets d’histoire médiévale qu’il a explorés. Dans quelle mesure l’itinéraire scientifique de Paul Benoit fait-il écho aux transformations historiographiques des années 1980, en résonance avec les mutations sociales et économiques de l’université française de l’après-1970 ?

Les réflexions s’articuleront autour de trois axes majeurs, permettant de saisir les mutations historiographiques de cette période :

  1. L’interdisciplinarité comme moteur de renouvellement : l’essor de l’histoire des époques médiévale et
    moderne au croisement des méthodes et des disciplines.
  2. Historiographie et structuration institutionnelle : l’élaboration d’un cadre de recherche porté par Paul Benoit. Comment ses travaux, en phase avec les attentes sociales, ont-ils su mobiliser des dynamiques de financement innovantes pour pérenniser de nouveaux objets d’étude ?
  3. Bilan et perspectives : une mise en perspective contemporaine pour évaluer la fécondité de ces problématiques et leur inscription dans le paysage scientifique actuel.

Vendredi 4 et samedi 5 décembre 2026
Centre Malher – Amphithéâtre Dupuis
9, rue Malher, Paris 4e

Source : LAMOP

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Séminaire – Lectures Wébériennes. Révolutions symboliques et Charisme

Isabelle Kalinowski, Alexis Fontbonne et Paul Slama
Séminaire de 3h, 18h-21h

Séminaire de Sociologie Historique

Les 12 novembre, 10 décembre, 14 janvier, 4 février, 25 février, 4 mars, 11 mars, 18 mars.

Salle à déterminer (ENS) – Format hybride (lien visio-conférence diffusé dans la liste d’information)

Pour les informations pratiques et le lien de visioconférence, veuillez vous inscrire sur la liste d’information auprès d’une des personnes ci-dessous.

Présentation

Isabelle Kalinowski (germaniste), Alexis Fontbonne (historien médiéviste) et Paul Slama (philosophe) proposent cette année académique 2026-2027, en huit séances de trois heures, une formation à la sociologie historique centrée cette année autour de la théorie du charisme et des révolutions symboliques.

Le séminaire étudiera dans un premier temps la place de la notion de charisme dans la sociologie religieuse de Weber, en s’attachant à éclairer l’inscription de celle-ci dans une tradition allemande de théologie protestante « libérale », dans laquelle les modes de structuration des groupes des premiers chrétiens sont pensés comme une alternative à l’organisation hiérarchisée de l’Église romaine. (I. Kalinowski)

Il envisagera aussi la notion de charisme en questionnant le rôle que jouent le porteur de charisme, la confirmation de ses dons, la reconnaissance par ses adeptes de ces dons et les motivations de ces adeptes. Il tentera de montrer comment cet idéaltype s’articule et s’oppose à la bureaucratie chez Weber, mais aussi chez Hannah Arendt puis Jürgen Habermas. Il proposera aussi des applications possibles de cet idéaltype à la phénoménologie, en questionnant les façons dont le charisme joue le rôle d’organisation de l’espace social. (P. Slama)

Enfin, le séminaire tentera de questionner l’usage de l’idéaltype de « charisme » pour penser le concept bourdieusien de « révolution symbolique » pour aller à l’encontre de la croyance en une spécificité occidentale et contemporaine de la forme sociale du champ : par une étude de cas historiques non-occidentaux et non contemporains de révolution symbolique et de constitutions de « mondes à l’envers », le séminaire défendra l’intérêt de l’idéaltype de « charisme » pour la pratique sociologique de l’histoire. (A. Fontbonne)

Contacts :

Isabelle.kalinowski@ens.psl.eu
a.fontbonne84@gmail.com
paul.slama@hotmail.fr

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Colloque – De l’héritage au partage. Mécénat et Cours européennes. Arts, enjeux, politiques

Le patrimoine culturel des époques médiévale et moderne fascine et attire. Qu’il s’agisse des bâtiments anciens, des grandes collections muséales ou des expositions historiques: le nombre de visiteurs ne cesse de croître depuis des années. Les raisons de ce succès sont multiples, mais les objets au centre de l’intérêt ont un aspect commun: ils n’avaient pas été produits comme témoins d’une culture quelconque, mais ils servaient des buts bien spécifiques et concrets. Ce qui est aujourd’hui perçu comme un reflet d’une culture qui se veut souvent nationale, régionale ou européenne fut en réalité généré dans des contextes de patronages nobles. Or, qui étaient les mécènes? Le ministère français de la Culture définit le mécénat comme «le soutien matériel apporté, sans contrepartie directe de la part du bénéficiaire, à une œuvre ou à une personne pour l’exercice d‘activités présentant un intérêt général». La question reste ouverte de savoir si les périodes médiévale et moderne connaissaient en effet des phénomènes que nous pouvons aujourd’hui appeler «mécénat». D’une part, on a identifié le patronage princier comme l’un des fondements de la figure de l’«artiste», en littérature, en peinture ou dans d’autres domaines. Par ailleurs, la pratique de l’histoire culturelle des dernières décennies a bien montré les effets et les conséquences politiques de la production culturelle dans le contexte des cours princières.

Entre ces deux pôles, notre colloque vise à réunir une série d’études de cas qui permettent de mieux saisir les enjeux de la production culturelle autour des cours françaises, allemandes et voisines aux époques médiévale et moderne: qui étaient les potentiels «mécènes» et quelles raisons avaient-ils à investir dans la production artistique? quelle est la part de l’intérêt et des enjeux politiques? quel rôle a joué la dimension du plaisir artistique et esthétique? et quelle portée peut-on attribuer au religieux et à la spiritualité?

A l’occasion de ce colloque international, la Fondation pour la protection du patrimoine culturel, historique et artisanal mettra fin à près de 30 ans d’activité. Elle a soutenu plus de 350 projets en Suisse et à l’étranger, contribué à plus de 150 publications et attribué près de 40 bourses à des doctorants et chercheurs. L’ouverture du colloque sera ainsi aussi bien consacrée au mécénat au travers de l’histoire médiévale et moderne, qu’à une réflexion sur le mécénat de demain.

La Fondation, forte de son expérience, espère vous retrouver nombreux pour enrichir les échanges autour des interventions et des temps forts du programme que vous découvrirez ci-après.

Mercredi, 4 novembre 2026 – Lausanne, Aula du Palais de Rumine

14:30 Le mécenat – De l’héritage au partage
Jean-Philippe Rochat, Fondation pour la protection du patrimoine culturel, historique et artisanal, «Une expérience du mécénat»
Agostino Paravicini Bagliani, Université de Lausanne, «30 ans d’histoire partagée – le programme historique et culturel de la Fondation»

15:15 Le mécénat aux époques médiévale et moderne. Quels enjeux?
Présidence: Agostino Paravicini Bagliani, Université de Lausanne
Michel Pastoureau, École Pratique des Hautes Études Paris, «Sur la piste des mécènes: armoiries, couleurs, emblèmes (XIIIe-XVIe siècle)»
Michele Tomasi, Université de Lausanne, «Au-delà de la commande: attentes princières et circulations d’objets dans les cours Valois en France
autour de 1400»

16:30 Pause café

17:00 Table ronde: Du mécénat d’hier aux mécènes de demain
Avec la participation de: André Hoffmann, président de la Fondation Hoffmann; Nicolas Duvoux, Université de Genève; Pierre Ducrey, Directeur de la Fondation Hardt pour l’étude de l’Antiquité classique; Jean-Philippe Rochat, Président de la Fondation pour la protection du patrimoine culturel, historique et artisanal

Dès 18:15 Apéritif

Jeudi, 5 novembre 2026 – Lausanne-Dorigny, UNIL – Anthropole, Salle 5060

9:00 Le mécenat aux cours de Savoie et de Bourgogne
Présidence: Paul Delsalle, Université de Besançon
Mauréna Benteboula, Université de Lille, «’Eder genie kreeg zijn mecenas’: le mécénat d’Antoine, Grand Bâtard de Bourgogne, comme miroir des splendeurs de la cour bourguignonne»
Olivier Mattéoni, Université de Paris I – Panthéon-Sorbonne,«Fondations religieuses, art et politique dans la maison ducale de Bourbon à la fin du Moyen Âge»

10:30-11:00 Pause café

Bernard Andenmatten, Université de Lausanne, «Dévotion, mémoire et mécénat : les évêques de Lausanne à la fin du Moyen Age (XVe s. –
début XVIe siècle)»
Pierre-Alain Mariaux, Université de Neuchâtel, «Donations à l’autel: le trésor comme vecteur du salut et comme espace de représentation»

12:30-14:00 Déjeuner

14:00 Le mécénat entre le bas Moyen Âge et l’époque moderne. Perspectives européennes
Présidence: Jean-Marie Cauchies, Université Saint-Louis Bruxelles et UCLouvain
Jürgen Wolf, Université de Marbourg, «Förderpraktiken im Heiligen Römischen Reich Deutscher Nation. Mäzenatentum im Spannungsfeld von ‘literarischer Interessenbildung’ und ‘Autorautonomie’»
Julia Burkhardt, Université LMU de Munich, «Objects, Networks, Spaces: Patronage at the Polish Royal Court (15th-16th Centuries)» (via Zoom)

15:30-16:00 Pause café

Jean Sénié, Université de Tours, «Portraits du prince en mécène en Italie du nord (début XVe siècle–milieu XVIe siècle)»
Serena Romano, UNIL/Rome, «Le ‘mécénat’ à la cour des papes. Rome au XIIIe siècle»

Vendredi, 6 novembre 2026 – Lausanne-Dorigny, UNIL – Anthropole, salle 5060

9:00 Le mécénat féminin dans les cours européennes (bas Moyen Âge-époque moderne)
Présidence: Klaus Oschema, Institut historique allemand, Paris
Anja Thaller, Université de Mannheim, «Women as Cultural and Religious Patrons: Matilda and Margaret of Savoy between Piety, Pleasure, and Representation»
Murielle Gaude-Ferragu, Université Sorbonne Paris Nord, «Le mécénat des reines de France: des commandes genrées? (XIVe-XVe siècle)»

10:30-11:00 Pause café

Christina Antenhofer, Université de Salzbourg, «Women’s Patronage in the 15th Century: The Example of the House of Habsburg»
Peter Rückert, Archives de l’État du Bade-Wurtemberg (Stuttgart), «Les princesses étran gères comme mécènes à la cour de Wurtemberg au bas Moyen Âge»

12:30 Conclusion
Klaus Oschema, Institut historique allemand, Paris

Lausanne, 4-6 novembre 2026

Fondation pour la protection du patrimoine culturel, historique et artisanal

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Séminaire – Pratiques médiévales de l’écrit. Séminaires-conférences 2026-2027

Université de Namur
Centre PraME – Institut PaTHs

De 16h15 à 18h15 – Local L34 (Séminaire d’Histoire), 3e étage
Faculté de Philosophie et Lettres
61, rue de Bruxelles
B – 5000 Namur
Entrée libre

Contact : etienne.renard@unamur.be

21 octobre 2026
Emma Belkacemi-Molinier (Sorbonne Université)
Une exégèse « non-spécialisée » ? Citer la Bible dans les romans du Graal (XIIIe siècle)

18 novembre 2026
Géraldine Veysseyre (Sorbonne Université)
« Combien que la Legende d’or ait esté translatee par plusieurs notables clers, che nonobstant ai emprins cheste translation ». Traduire et retraduire la Legenda aurea en domaine d’oïl (XIIIe-XVe siècle)

9 décembre 2026
Guilhem Dorandeu (FNRS/Université catholique de Louvain)
Pouvoir féminin et scellement au Xe siècle. L’émergence de l’usage diplomatique du sceau chez les femmes dans l’Occident latin

17 février 2027
Stefan Esders (Freie Universität Berlin)
Ethnicity and Legal Pluralism in the Early Middle Ages

24 mars 2027
Scott Bruce (Fordham University)
The Acquisition, Organization, and Use of Greek Patristics at the Abbey of Cluny Around the Turn of the First Millennium

28 avril 2027
Anne Lester (Johns Hopkins University)
Vernacular Crusading and the Role of the Homefront in the Crusade Movement, ca. 1187-1270

12 mai 2027
Evina Stein (American University of Beirut)
The Visigothic Marginalia in Autun 18 and Vatican Reg. Lat. 267 and the Shape of Transpyranaic Visigothic Minuscule in Carolingian Francia

Source : Centre PraME – UNamur

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Publication (souscription) – « Jean-Pierre Chambon (1952-2025). Souvenirs de sa famille, ses amis et ses collègues », éd. Marjolaine Raguin, Colette Vialle

Jean-Pierre Chambon, linguiste et philologue exceptionnel, a été professeur à la Sorbonne et consacrait une part importante de ses travaux à la toponymie haut-saônoise. Après l’hommage qui lui a été rendu à Ronchamp lors de son enterrement, bon nombre de ses amis, collègues ou parents (une cinquantaine de personnes) ont accepté de contribuer à un recueil de textes de souvenirs de lui, accompagnés de nombreuses illustrations (photographies et documents). Ils y évoquent tour à tour leurs souvenirs de jeunesse et de luttes, la discrétion du cousin, leur amour commun de la science, la disponibilité du maître, sa nature généreuse et fidèle…

Ce livre, animé de la volonté d’offrir un regard sur la personnalité scientifique remarquable de Jean-Pierre Chambon afin d’éclairer un peu plus son œuvre, est édité par la Société d’histoire et l’archéologiede l’arrondissement de Lure (SHAARL), et paraîtra prochainement.

Vous trouverez ci-joint la table des matières du livre, ainsi qu’un bulletin de souscription.

Table des matières : ici

Bulletin de souscription : ici

Publié dans Publications | Commentaires fermés sur Publication (souscription) – « Jean-Pierre Chambon (1952-2025). Souvenirs de sa famille, ses amis et ses collègues », éd. Marjolaine Raguin, Colette Vialle

Appel à contribution – Lire, reconnaître, éditer : L’intelligence artificielle face aux archives romanes

Colloque international (30-31 mars 2027)
Montpellier Salle cinéma et rencontres de la Médiathèque Emile Zola

Comité d’organisation :
Archives Montpellier ville et métropole : Christine Feuillas, Claire Garcia, Pierre-Joan Bernard
Université Montpellier Paul-Valéry : Gilda Caiti-Russo, Hervé Lieutard, Camilla Talfani, Silvan Chabaud, Yan Lespoux

Comité scientifique :
Geneviève Dumas (Université de Sherbrooke)
Daniel Le Blévec (Université Paul Valéry)
Philippe Martel (Université Paul Valéry)
Florence Clavaud (Archives Nationales)
Thibault Clérice (INRIA-Institut national de recherches en sciences et technologies du numérique)
Ariane Pinche (CNRS – CIHAM UMR 5648, Histoire, Archéologie, Littératures des mondes chrétiens et musulmans médiévaux, Université Jean Moulin Lyon 3)
Federico Boschetti (Istituto di linguistica computazionale Zampolli Pise, CNR italien)
Francesca Frontini (Istituto di linguistica computazionale Zampolli Pise, CNR italien)

Dans quelques mois le registre occitan des comptes de la claverie du consulat de Montpellier de 13571 sera édité à l’aide de l’intelligence artificielle : cet ambitieux projet2 , soutenu par MIRANDA3, sera l’occasion de faire le point sur l’apport que l’IA peut d’ores et déjà fournir pour la connaissance des archives vernaculaires du Moyen âge roman.

Longtemps demeurées dans l’ombre des manuscrits latins, les archives rédigées en langues romanes constituent aujourd’hui l’un des principaux lieux de la recherche sur les sociétés et les langues médiévales. Registres urbains, comptabilités, actes notariés, cartulaires, livres de raison, délibérations consulaires, procédures judiciaires, enquêtes administratives ou correspondances offrent un accès privilégié à l’histoire des langues, des pratiques de l’écrit et des institutions entre le XIIe et le XVe siècle.

Si les vastes campagnes de numérisation menées depuis une vingtaine d’années ont considérablement facilité l’accès à ces sources, les progrès récents de la paléographie assistée par l’intelligence artificielle – notamment grâce à la reconnaissance automatique de l’écriture manuscrite (Handwritten Text Recognition, HTR) – ouvrent désormais un nouvel horizon pour leur édition, entendue au sens de « mise en lumière », ainsi que pour l’étude de ces textes relevant de l’écriture pragmatique.

Ces développements ne constituent pas seulement une évolution technologique ; ils invitent à repenser les méthodes mêmes de la philologie documentaire. Si les outils d’intelligence artificielle permettent aujourd’hui d’identifier automatiquement des formes graphiques et de traiter des masses documentaires jusque-là difficilement exploitables, ils interrogent également la place de l’expertise philologique face aux modèles statistiques, la qualité des données d’entraînement et les modalités de validation scientifique.

Les archives romanes médiévales constituent un terrain d’expérimentation particulièrement exigeant pour l’intelligence artificielle : variation graphique, absence de normalisation orthographique, alternance entre latin et langues vernaculaires, abondance des abréviations et diversité des traditions scripturaires imposent le développement de modèles adaptés à ces corpus à faibles ressources. L’enjeu n’est pas seulement de mieux lire les documents, mais aussi de renouveler notre connaissance de l’histoire des langues romanes à partir des archives.

Le colloque se propose de réunir archivistes, historiens, philologues et spécialistes des humanités numériques afin d’examiner les nouvelles approches offertes par ces technologies à l’étude des archives romanes médiévales. Les communications s’articuleront autour de trois axes et pourront porter sur les archives rédigées dans les principales langues romanes médiévales : occitan, ancien français, catalan, galicien-portugais, italien ancien, sarde, francoprovençal, ainsi que sur d’autres variétés romanes documentées.

1. Lire

• Quelle place pour l’expertise paléographique traditionnelle à l’ère de l’intelligence artificielle ? Retours d’expérience sur l’utilisation de la HTR (Handwritten Text Recognition).

• Segmentation des documents, détection des abréviations, identification des mains et des scribes.

2. Reconnaître

• Contrôle, évaluation et validation des transcriptions produites par l’IA.

• Traçabilité et reproductibilité des traitements.

• Constitution et entraînement de modèles de reconnaissance adaptés aux écritures romanes médiévales.

3. Éditer

• Enrichissement des éditions numériques en TEI : annotation diplomatique, philologique et linguistique.

• Gestion, stockage, hébergement et partage des données sources.

• Application des principes FAIR (Findable, Accessible, Interoperable, Reusable) aux corpus d’archives médiévales.

Une attention particulière sera accordée aux corpus documentaires vernaculaires encore peu étudiés, récemment numérisés ou faisant l’objet de projets innovants de transcription, d’édition ou d’analyse assistées par l’intelligence artificielle.

Nous vous prions de bien vouloir envoyer vos propositions de communication pour le

30 novembre 2026 à :

PierreJoan.BERNARD@montpellier.fr
gilda.russo@umpv.fr
camilla.tani@gmail.com

Retour sur les propositions prévu pour le 15 janvier 2027.

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