Publication – « Nouveaux regards sur l’avouerie. Les avoués des abbayes et des sièges épiscopaux entre Loire et Rhin (IXe-XIIe siècle) », éd. Nicolas Ruffini-Ronzani, Etienne Renard

En moins de deux décennies, notre compréhension de la société seigneuriale des Xe-XIIe siècles s’est profondément renouvelée et considérablement complexifiée. Transcendant les cadres interprétatifs anciens, l’historiographie récente insiste de plus en plus sur l’étroite imbrication des sphères ecclésiastique et laïque de la société au Moyen Âge central. Dans le champ du politique, le phénomène se traduirait par l’exercice d’une certaine emprise des puissants sur l’institution ecclésiale. Une fonction héritée du haut Moyen Âge, et qui tend à gagner de l’importance dès l’aube du Xe siècle, manifeste clairement cette interpénétration des pouvoirs laïque et ecclésiastique : celle d’avoué. Auxiliaires laïques chargés de défendre les intérêts temporels d’une institution ecclésiastique et de se substituer aux religieux dans l’accomplissement de tâches théoriquement peu compatibles avec l’état clérical – notamment dans les matières judiciaires et militaires –, les avoués ont souvent tiré parti de leur position pour étendre leur autorité au-delà de leur domaine foncier propre. L’avouerie a donc joué un rôle fondamental dans la construction des seigneuries laïques, puis dans celle des principautés territoriales. C’est à l’étude de cette institution en mal d’interprétations nouvelles et défiant les catégorisations modernes que se consacrent les actes de ce colloque tenu à l’Université de Namur en 2016.

Table des matières :

Introduction – Étienne Renard et Nicolas Ruffini-Ronzani

Géographie de l’avouerie monastique au début du XIIe siècle : vers une nouvelle interprétation – Charles West

Partie 1. Avouerie et structures politiques

De l’abbatiat laïque à l’avouerie. Le cas des monastères féminins en Lotharingie (IXe-début XIe siècle) – Steven Vanderputten

L’avouerie : un élément fondamental des politiques territoriales aristocratiques en Lotharingie méridionale (fin IXe-milieu XIe siècle) ? – Tristan Martine

Avoués monastiques et structures de pouvoir en Lotharingie centrale. Représentations, négociations, régulations (XIe-début XIIe siècle) – Michel Margue

Partie 2. Les fonctions militaires et judiciaires des avoués

Avouerie et service militaire en Flandre au XIe siècle – Jean François Nieus

Multi et magnifici viri qui de castello deservire tenentur. Groupes militaires et ascension sociale à Thuin-Lobbes et Logne–Stavelot-Malmédy : sous-avoués (defensores et advocatos) et fiscati–soldarii – Michel de Waha, Nicolas Schroeder et Jérôme Verdoot

Avouerie, justice et pouvoir dans le Regnum Italicum – Giuseppe Albertoni

Partie 3. Les avoués et l’écrit : forgeries et règlements d’avouerie

L’abbaye de Corbie et ses avoués (début XIe-début XIIIe siècle). Éclats et silences d’un chartrier monastique – Laurent Morelle

Monks, Forgers, Advocate. Eleventh and Twelfth Century Monasteries in Conflict – Thomas Kohl

Conclusion

Reconsidérer l’avouerie de l’âge seigneurial et ses enjeux. Éléments de conclusions – Florian Mazel

Nouveaux regards sur l’avouerie. Les avoués des abbayes et des sièges épiscopaux entre Loire et Rhin (IXe-XIIe siècle), éd. Nicolas Ruffini-Ronzani, Étienne Renard, Turnhout, Brepols, 2026 ; 1 vol., 247 p. (Bibliothèque de la Revue d’histoire ecclésiastique, 121). ISBN : 978-2-503-57426-4. Prix : € 79,00.

Source : Brepols

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Colloque – In medias res. Les intermédiaires de la domination (France du Nord, îles Britanniques, IXe -XIIIe siècle

Jeudi 3- Vendredi 4 décembre 2026
Amiens, Université de Picardie Jules Verne
dir. : Hugo FRESNEL & Bastien MICHEL (IDEES, Université Le Havre Normandie)

Résumé court : À la suite d’un premier colloque tenu à Cerisy en 2024 sur la domination sociale en Normandie (XIe-XVe siècle), cette nouvelle rencontre vise à analyser comment les intermédiaires humains contribuent au maintien des différentes formes de domination – qu’elles soient seigneuriales, princières, ecclésiastiques ou urbaines. Entre dépendance et autorité déléguée, ils jouent en effet un rôle central dans l’exercice concret du pouvoir, mais aussi dans la production et la légitimation de l’ordre social. Par leurs actions et comportements, ces intermédiaires contribuent ainsi à faire accepter, à modeler ou à imposer cet état de fait auprès des populations.

Adresse : Le Logis du Roy, Passage du Logis du Roi, 80000, Amiens

Programme :

Jeudi 3 décembre 2026

Matin

Accueil des participants

Introduction

Hugo FRESNEL (Université de Picardie Jules Verne)
Bastien MICHEL (Université Le Havre Normandie)

Session 1 — Princes, mer et intermédiaires

10h : Shigeto KIKUCHI (University of Tokyo) – « In medias res on the maritime frontier: missi dominici as intermediaries of domination in northern Neustria during the ninth century ».

10h50 : Pause

11h05 : Max PARADA (Université du Littoral Côte d’Opale & Université de Namur) – « Les hommes du comte de Boulogne : expérimenter les modes de domination entre Flandre maritime et monde anglo-normand (XIIe-XIIIe siècles) ».

11h55 : Laurence JEAN-MARIE (Université de Caen Normandie) – « Gens de mer et autorités des ports du duché Normandie : intermédiaires indispensables de la domination des princes plantagenêts ».

12h45 : Déjeuner

Après-midi

Session 2 — Médiatiser la domination : discours et gestes

14h15 : Emily WINKLER (University of Oxford) – « Words as Deeds: Letters, Intermediaries, and Domination in Historical Thinking ».

15h05 : Arnaud MONTREUIL (Université du Québec, Chicoutimi) – « In media res sunt milites : remises d’armes, adoubements chevaleresque et médiation de la domination dans l’Europe du Nord-Ouest des XIIe et XIIIe siècles ».

16h : Visite de la cathédrale d’Amiens et du quartier Saint-Leu

Vendredi 4 décembre 2026

Matin

Session 3 — Officiers, agents et relais de la domination seigneuriale

9h : Arnaud LESTREMEAU (Université Paris-Nanterre) — « Bergers ou voleurs ? Les reeves domaniaux dans l’Angleterre des Xe-XIe siècles ».

9h50 : Pierre BAUDUIN (Université de Caen Normandie) – « Une hiérarchie intermédiaire ? Les officiers des comtes normands, 1ère moitié du XIe siècle-début XIIIe siècle ».

10h40 : Pause

10h55 : Bastien PAULIN VERDIER (Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne) – « Le pouvoir des sénéchaux de Porhoët et Rohan : entre dominés et dominants, entre Bretagne et Angleterre (XIIe-XIIIe siècle) ».

11h45 : Ghislain BRUNEL (Archives nationales) – « Qui sont les maires seigneuriaux en France du nord ? Origines sociales, fonctions, pouvoirs d’intermédiation (XIIe-XIIIe siècles) ».

12h35 : Déjeuner

Après-midi

Session 4 — À l’ombre des cloîtres : l’Église et ses intermédiaires

14h : Adrien BAYARD (Université d’Artois) – « Les comtes de Flandre, les moines et les premières sociétés urbaines : analyse des rapports de domination dans le royaume septentrional de la Francie occidentale entre la fin du IXe et le Xe siècle ».

14h50 : Gabrielle VERLYCK (Université de Lille) – « “Propriis servulis vestris” : des abbés flamands au service des archevêques de Cantorbéry à la fin du Xe siècle ? ».

15h40 : Baptiste STALIN (Université Rennes 2) – « Préposés par les frères et l’abbé : les intermédiaires du réseau de dépendances de l’abbaye de Fleury ».

16h30 : Pause

Table-ronde conclusive – 16h45

Alexandre GIUNTA (Sorbonne Université)
Annliese NEF (Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne)
Guillaume SAINT-GUILLAIN (Université de Picardie Jules Verne).

Départs

17h30

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Appel à contribution – « Votre bonne sœur et vraie amie ». Les relations des femmes avec leurs adelphes : perspectives européennes (Xe-XVIIIe siècle)

10-11 juin 2027, Université Rennes 2

Dans la conclusion de Frères et sœurs du Moyen Âge à nos jours, Didier Lett insistait sur le fait « qu’on ne peut plus aujourd’hui traiter de l’histoire des frères et sœurs […] sans prendre en compte autant les sœurs que les frères » [dans Boudjaaba et al., 2016]. En témoigne l’emploi grandissant en français du terme « adelphie », synonyme de « sibling » et qui, contrairement à « fratrie », désigne un ensemble de frères et sœurs sans invisibiliser la place des femmes [Cassagnes-Brouquet et Yvernault, 2010 ; Audebrand, 2023]. Le déséquilibre dans la conservation des sources produites par des femmes ou concernant des femmes entraîne cependant une asymétrie genrée des travaux au détriment des sœurs [Bollmann, 2012 ; Atienza López, 2022 ; Grimmer, 2025]. Les sœurs ont en effet une place ambigüe au sein de l’adelphie : leur mariage complexifie leur appartenance familiale en leur donnant une double identification à leur famille de naissance et à celle de leur époux, tandis que l’entrée en religion les éloigne physiquement de leurs adelphes. Cela a des conséquences méthodologiques : disséminées dans plusieurs fonds d’archives associés à leurs pères, leurs frères, leurs maris ou aux ordres religieux auxquels elles appartiennent, les sources qui les concernent impliquent des procédés de dépouillement spécifiques. Ce colloque propose donc de se confronter à ces difficultés documentaires pour étudier les relations adelphiques exclusivement du point de vue des sœurs en Europe, du Xe siècle au XVIIIe siècle, en adoptant une approche interdisciplinaire. L’objectif est ainsi d’examiner leur rôle dans l’entretien des relations et dans les rapports de pouvoir au sein des familles en fonction de leur milieu social, leur statut civil et leur ancrage géographique.

À la fin du haut Moyen Âge, les prémisses de la mise en place de la primogéniture transforment les relations adelphiques en accentuant les conflits entre frères et la hiérarchisation genrée au sein de l’adelphie [Audebrand, 2023]. Du Xe au XIIe siècle, l’apparition lente et heurtée des structures lignagères et la valorisation progressive de la parenté agnatique mènent à une exclusion croissante des sœurs au moment de la succession [Lett, 2000 ; Faini, 2009]. Cette évolution au détriment des sœurs caractérise toute la période étudiée, du Xe au XVIIIe siècle, avec une accélération à partir du XVIIe siècle quand le modèle patrilinéaire, encore en construction aux XVe et XVIe siècles, s’impose [Haddad, 2024]. La deuxième moitié du XVIIIe siècle constitue un moment charnière : si les relations de parenté restent structurantes, elles laissent davantage de place au sentiment et aux réseaux d’affinité [Sabean et al., 2007]. Par ailleurs, la Révolution française enclenche d’importantes transformations dans le droit de la famille dans toute l’Europe.

L’approche comparatiste à l’échelle européenne a vocation à étudier la place des sœurs au sein de leurs familles au regard de la diversité des systèmes de parenté, en réinterrogeant les modèles construits par la démographie historique au cours du XXe siècle, entre une Europe du nord aux pratiques de transmission plutôt égalitaires et une Europe du sud plutôt caractérisée par les systèmes à « maison » [Yver, 1966 ; Delille, 2011]. Par ailleurs, à partir de la fin du XVe siècle, la colonisation du continent américain questionne les éventuelles transformations de ce que signifie « être sœur » en situation coloniale [Gourdon et Ruggiu, 2011].

Axe 1 – Qui est sœur ? Structures et contours de la sororité et de l’adelphité

La période prise en considération invite à questionner les interactions entre les mutations de longue durée des structures de parenté et la conception des relations adelphiques et sororales. Pour ne citer qu’un exemple, le renforcement progressif des tendances lignagères patrilinéaires aux XIe- XIIIe siècles entraîne une exclusion croissante des sœurs de la succession parentale au bénéfice de leurs frères, faisant d’elles des membres de second rang de l’adelphie. Étudier les effets des structures de parenté sur l’adelphie implique de prendre en compte l’ancrage social et géographique des sœurs ainsi que leur statut matrimonial : quelle place les sœurs occupent-elles dans l’adelphie, suivant qu’elles appartiennent à un lignage aristocratique aux multiples ramifications, à une cellule nucléaire artisane émigrée en ville ou à un foyer rural à structure complexe incluant plusieurs couples ? Les sœurs mariées jouissent-elles d’une plus grande considération que les célibataires [Eyméoud et Gaillard, 2023], en particulier suite au renforcement du modèle conjugal dans les classes intermédiaires urbaines au tournant des XIVe et XVe siècles ? Au sein des couples, l’appartenance sociale souvent plus élevée des épouses [Nassiet, 2000] peut permettre une valorisation de leurs adelphies dans l’éducation des enfants.

Ces remarques soulèvent la question des limites et des marges de l’adelphie. Dans des sociétés préindustrielles où veuvage et remariage sont monnaie courante, celles que nous appelons aujourd’hui demi-sœurs sont-elles considérées comme des membres à part entière de l’adelphie, en particulier quand elles sont nées d’un premier lit ? Qu’en est-il des sœurs bâtardes, souvent invisibilisées [Fieyre, 2026] ? Les belles-sœurs peuvent-elles participer d’une « fraternité sans liens du sang » [Chabot, 2020], en particulier dans les familles où s’opèrent des mariages croisés entre deux adelphies ?

Toujours au-delà de ces liens du sang, si la fraternité sert de modèle fondant des formes politiques et associatives (corps de ville, association de métier, confrérie), on y rencontre parfois aussi des « consœurs ». La sororité sert aussi à penser certains modes d’association, souvent sur une base dévotionnelle (ainsi des communautés de moniales, ou du récent projet Sorores sur les religieuses non cloîtrées [Duval et al., 2024]), dont le degré d’influence sur la pensée politique ne doit pas être sous- estimé. En effet, pour les épouses de seigneurs italiens (fin du XIVe-XVe siècle), le vocabulaire de la sororie fictive peut être employé pour s’adresser à une destinataire de la même génération, l’intégrant dans son réseau relationnel et de pouvoir [Lazzarini, 2025].

De tels questionnements sont indissociables d’un travail sur la construction discursive des normes régissant l’appartenance à l’adelphie. Celles-ci incluent la normativité doctrinale, exégétique et juridique, sans s’y limiter : chroniques familiales et dynastiques, généalogies, livres de familles, portraits et représentations iconographiques construisent des représentations idéales et performatives qui délimitent les contours de l’adelphie. Le croisement des sources normatives et de la pratique, ainsi qu’une approche interdisciplinaire, doivent permettre de penser les absences ou les modalités de la présence des sœurs dans ces modèles, qui sont autant de constructions politiques. L’étude des représentations iconographiques, en particulier, pourra donner lieu à des réflexions sur la ressemblance entre adelphes [Borello, 2016], et à la manière dont le genre oriente les représentations.

Axe 2 – Vivre l’adelphité : affects, solidarités et conflits dans les relations des sœurs avec leurs adelphes

« Ni toujours basées sur une collaboration absolue et sans réserve, ni sur un conflit permanent » [Zucca Micheletto, 2016], les relations quotidiennes des sœurs aux autres membres de leur adelphie apparaissent foncièrement ambiguës, s’apparentant plutôt à de la coopétition [Joye et Le Jan, 2018]. Cette tension permanente dans les affects adelphiques et sororaux devra être mise en lumière, sans ignorer ni leur dimension construite et évolutive [Boquet et Nagy, 2015], ni les difficultés voire les impossibilités d’accès à ces affects dans la documentation disponible [Crouzet-Pavan, 2001]. Ces liens d’attachement, d’entraide et de rivalités doivent être testés au prisme de multiples variables : le genre, mais aussi l’âge, le milieu social, le rang de naissance, le statut marital, la présence ou non des parents. Dans quelle mesure la place grandissante que la patrilinéarité confère au frère le plus âgé – qui n’est pas toujours l’aîné de l’adelphie – accroît-elle la conflictualité avec les sœurs ? La naissance du protestantisme dans l’Europe du XVIe siècle introduit-elle des pratiques confessionnelles d’entretien des relations et d’expression des sentiments entre adelphes ? Les sœurs développent-elles un rapport fonctionnel et complémentaire, voire sélectif, à leurs différents adelphes ? Il sera intéressant de comparer ces rapports au sein des adelphies, composées de frères et de sœurs, et des sorories, composées exclusivement de sœurs. Existe-t-il, au sein des adelphies, des formes de sororité, c’est-à- dire d’entraide spécifique entre sœurs [Atienza López, 2022] ? Les liens familiaux de sororité peuvent par ailleurs être redoublés par des liens spirituels, par exemple quand des sœurs biologiques sont religieuses dans un même couvent.

La distance géographique et la part fondatrice qu’elle occupe dans le vécu sororal devront être discutées – que cette distance entre adelphes soit le fruit d’une éducation séparée, d’un mariage ou d’une entrée au monastère. Parfois obstacle à l’entretien de relations, cet éloignement peut aussi faire des sœurs des « opérateurs de pouvoir » [Haddad, 2009] entre leurs frères et leurs époux, et intensifier la nécessité pour les frères d’entretenir les relations avec leurs sœurs : en témoigne la figure de la Schwesterfraw, ou « sister-wife », dans le monde germanique de l’époque moderne [Höfert et al., 2017]. Cette distance soulève également un enjeu documentaire : il est plus difficile pour l’historien·ne de saisir les contours d’une relation caractérisée par le côtoiement quotidien que par l’éloignement, qui implique de devoir s’écrire pour communiquer [Dauphin, 2002]. Cela introduit un évident biais social en faveur des élites maîtrisant l’outil scripturaire, mais aussi un biais chronologique en direction de l’époque moderne, où les correspondances sont mieux conservées à partir du XVIe siècle et ces pratiques d’écriture adoptées par un plus grand nombre de femmes à la fin de la période [Monagle et al., 2023]. Pour contourner cet écueil, tous les types de sources permettant de documenter l’histoire familiale pourront par ailleurs être mobilisés (actes notariés, archives judiciaires, chroniques, sources du for privé…).

Axe 3 – Gouverner par les sœurs : pouvoirs, patrimoines et stratégies adelphiques

Les sœurs membres d’une adelphie régnante (dont au moins l’un·e des membres exerce des fonctions de gouvernement princier, royal ou impérial) obéissent-elles aux mêmes logiques dynastiques que les familles aristocratiques ? Ou, au contraire, les contraintes propres à la souveraineté et à la représentation du pouvoir modifient-elles les usages politiques du lien adelphique ? Qu’il s’agisse de transmissions patrimoniales, de stratégies matrimoniales, de réseaux politiques et diplomatiques, des liens unissant adelphe(s) régnant·e(s) et adelphe(s) entré·e(s) en religion, cette distinction avec le reste des élites n’a rien d’une évidence au XIIe siècle. La question se pose avec de plus en plus d’acuité au fur et à mesure que s’affirment les pouvoirs princiers, monarchiques et étatiques [Nassiet, 2000]. L’importance des solidarités adelphiques y a souvent été mise en avant par le prisme des fratries, où les collaborations et rivalités des frères sont souvent plus perceptibles, à la guerre comme au conseil du prince. Les sœurs participent au renforcement du pouvoir familial via leur participation aux alliances matrimoniales [Poutrin et Schaub, 2007], mais aussi en s’investissant directement pour la défense de leur lignage : des recherches récentes sur les guerres de Religion [Grimmer, 2025 ; Pascucci, 2022] ou la Fronde [Vergnes, 2013] ont mis en avant le rôle actif des sœurs des nobles et princes engagés dans les guerres civiles, capables de revendiquer une action politique et de se mobiliser en faveur, ou à l’encontre, de leurs adelphes. Certaines sœurs obtiennent aussi un pouvoir réel lors des successions dynastiques, comme Anne de France pendant la minorité de son frère Charles VIII. Au XVIIe siècle, Henriette-Anne d’Angleterre est sollicitée comme intermédiaire entre Louis XIV et Charles II, son frère, lors de la négociation du Traité de Douvres. En filigrane se joue la question des conséquences de la composition de l’entourage princier et de son degré d’institutionnalisation. Quelles transformations peut-on observer de la place des sœurs dans les familles régnantes selon qu’elles évoluent dans une cour aristocratique médiévale d’empreinte domestique ou dans une cour « bureaucratico-rituelle » de la Renaissance [Cattini et Romani, 1982] ? Les sœurs sont-elles intégrées à la ritualisation politique croissante entourant leur(s) adelphe(s) régnant(s), à l’instar des frères [Duchesne, 2024] – et, le cas échéant, selon quels rythmes et modalités ? Quel degré de formalisation (hôtel, titulature, représentation diplomatique, etc.) est conféré à leur lien familial ? Les sœurs des rois ont-elles une place plus grande à la cour en l’absence d’épouses ou de filles de roi [Giraudier, 2018] ? L’analyse des effets de la curialité pourra dialoguer avec l’épineux binôme conceptuel du degré de « public » et de « privé » des formations politiques considérées, sans préjuger du caractère émique ou étique de ces catégories selon le contexte considéré.

Modalités de participation

Pourront être acceptées des propositions dans toutes les disciplines et champs d’études concernés par la période : histoire, histoire de l’art, anthropologie, études de civilisations européennes et littérature. Les communications se feront en français. Elles devront nécessairement partir du point de vue des sœurs : les propositions portant sur les relations des frères avec leurs adelphes ne seront pas acceptées. La publication des actes du colloque est prévue.

Les propositions d’une page maximum (titre, résumé de la communication et notice biographique) sont à adresser à colloque.soeurs@gmail.com.

Comité d’organisation

Priscilla Bucher (Aix Marseille Université, LERMA), Camille Hamon (Sorbonne Université, Centre Roland Mousnier), Solène Minier (Université Rennes 2 et Sorbonne Université, Tempora et Centre Roland Mousnier), Julie Özcan (Université Rennes 2 et EHESS, Tempora et CRH), Lia Paupière (Université Rennes 2, Tempora).

Comité scientifique

Justine Audebrand (Université de Tours, CETHIS), Fabrice Boudjaaba (EHESS, CRH), Aurélie Chatenet-Calyste (Université Rennes 2, Tempora), Élie Haddad (CNRS-EHESS, CRH), Flavie Leroux (CRCV).

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Séminaire – La valeur du papier. Matérialité, consommation et culture de l’écrit, début XIIIe – XIXe siècles

Programme complet : ici

L’université Versailles Saint-Quentin organise, en collaboration avec le département de la conservation des Archives nationales et l’université de Tours et avec le soutien de la Fondation des Sciences du Patrimoine, un séminaire autour de la matérialité du papier qui se tiendra au CARAN, en salle d’albâtre les :

  • 23 octobre, 
  • 20 novembre, 
  • 18 décembre 
  • et 22 janvier prochain.

Le papier se trouve au croisement de nombreuses problématiques qui ont souvent été abordées indépendamment les unes des autres, mais que des études récentes tendent de plus en plus à entrecroiser. Il s’agit de donner une visibilité et une épaisseur à un matériau qui n’est ni un donné, ni un simple support des transformations que l’écrit connaît tout au long du Moyen Âge et de l’époque moderne jusqu’à l’ère industrielle.

Ce séminaire entend favoriser la rencontre de différentes analyses, et engendrer des discussions approfondies entre des spécialistes de domaines parfois institutionnellement éloignés, allant de la conservation et de la restauration à l’histoire culturelle, de la codicologie et de l’histoire du livre à l’histoire économique des circulations marchandes et des pratiques de consommation. Il enjambe la frontière chronologique traditionnelle entre époque médiévale et époque moderne : la période allant du XIIIe au XIXesiècle permet d’observer des phénomènes de longue durée et faire dialoguer des travaux qui restent encore trop souvent cloisonnés, alors que les problématiques se recoupent.

Programme :

23 OCTOBRE 2026 | 9 h 30 – 12 h 30 – CONSERVER
Anne-Laurence Dupont, Centre de recherche sur la conservation, Muséum national d’Histoire naturelle, CNRS UAR 3224
Modéliser la dégradation du papier pour prédire sa durée de vie en conditions archivistiques.

Emmanuelle Chapron, Aix-Marseille Université / EPHE
Choix et soin du papier dans les milieux savants de l’époque moderne.

20 NOVEMBRE 2026 | 9h30 – 12 h 30 – REMPLOYER
Alessia Meneghin, Universidad de Valencia
Paper on the Move. Production, Reuse, and the Life of Written Matter in Late Medieval Tuscany.

Émilie Arnaud-Nguyen, Chercheuse indépendante
Usage, emploi et réemploi du papier : l’adaptation de la technologie papetière en milieu aride.

18 DÉCEMBRE | 9 h 30 – 12 h 30 – CLASSIFIER
Marlène Hélias-Baron, IRHT-CNRS
Étude des filigranes : enjeux et méthodes à travers l’exemple des manuscrits audomarois (XIVe-XVIe siècle).

Joran Proot Sint-Lucas, Antwerpen
L’étude du papier fabriqué à la main du XVe au XVIIe siècle : état de la recherche, défis méthodologiques, pertinence.

22 JANVIER | 14 h – 17 h – CIRCULER
Claude Laroque, Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne
Les papiers en Asie : aperçu technologique et anthropologique.

Corinna Zeltsman, Princeton University
Building Public Faith in the Nation-State: Papel Sellado in Nineteenth- century Mexico.

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Publication – « Holy Virgins and Blessed Rulers. Eastern and Western Perspectives (4th-6th Centuries) », éd. Rita Lizzi Testa

Many questions raised by the spread of female asceticism in Late Antiquity have now been answered. Other issues remain unresolved. The one to which we try to give more emphasis in this volume has to do with the institutional and economic aspects of women’s monasticism. They are the most difficult to discern solely based on literature aimed at creating models of behaviour and rules of spiritual life. Some reflections, however, can help our discussion. The exhortation to female sexual continence, exalting in women the inclination to live in total renunciation of material goods and sex, encouraged their exclusion from the hierarchies. We need to understand whether it became central in Christian preaching and treatises at a particular time because, whether effective or not in its outcomes, it allowed the Church to absorb much of the wealth of women who had been won over to that ideal of a Christianity of excellence.

Rita Lizzi Testa is an Italian historian of Late Antiquity, specialising in Christianity and paganism in the fourth to sixth centuries CE. She is a Professor of Roman History at the University of Perugia.

Holy Virgins and Blessed Rulers. What We Know and What We Would Still Like to Learn About (Rita Lizzi Testa)

Il monachesimo e la questione della priorità delle adesioni (e comunità) femminili. Osservazioni sulle prime testimonianze (II-IV secolo) (Teresa Sardella)
Marcella, Melania the Younger, and Demetrias. Intergenerational Wealth amd Property in Rome (4th-6th Centuries) (Michele Renee Salzman)
Les enseignantes chrétiennes dans les interstices de l’enseignement doctrinal dans l’antiquité tardive (IIIe-IVe siècles) (Marine Tesson)
Female Communities in Gaul. The Beginnings (and a Little Beyond) (Franca Ela Consolino)
Le travail des moniales, entre idéal et pratiques, d’après les sources franques (VIe-VIIe siècle) (Isabelle Réal)
Patrimonium uirginitatis. From Virginity to Female Monasticism in Late Antique Hispania (4th-6th Centuries) (Pablo C. Díaz)
Imperial Patronage and Private Wealth in the Life of Matrona of Perge. Founding and Financing an Elite Female Monastery in Late Antique Constantinople (Anysia Metrakos)
Textile Production in Egyptian Monastic Communities (6th-8th Century AD). The Gender Aspect (Maria Mossokowska-Gaubert)
Organisation and Subsistence of Self-governing Female Monasteries in Late Antique Egypt (María Jesús Albarrán Martínez)
Female Foundations of Male Monasteries in Palestine. The Economic Aspects (Alessandra Giomma)
Reflections on Female Monasticism and Asceticism in the Syriac World (4th-7th Century) (Florence Jullien)
Covenants of Labor. Economics and the Lives of the bnat qyāmā in Early Syriac Christian Asceticism (Maria Doerfler)

Conclusions (Jean-Michel Carrié)

The Authors

Informations pratiques :

Holy Virgins and Blessed Rulers. Eastern and Western Perspectives (4th-6th Centuries), éd. Rita Lizzi Testa, Turnhout, Brepols, 2026 ; 1 vol., 401 p. (Studi e testi tardoantichi, 27). ISBN : 978-2-503-61880-7. Prix : € 95,00.

Source : Brepols

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Publication – La revue « Francia » fait peau neuve

La revue Francia. Forschungen zur westeuropäischen Geschichte fait peau neuve ! Avec une mise en page modernisée et un design plus aéré, elle s’adapte désormais pleinement aux usages numériques tout en conservant la qualité de son édition imprimée. Fidèle à sa stratégie d’open access, l’Institut historique allemand de Paris rend désormais tous les articles immédiatement et gratuitement disponibles en ligne. Ce nouveau numéro, dont la couverture s’inspire d’une œuvre de Jean Cocteau, s’ouvre avec un article de Corine Defrance sur le rapprochement franco-allemand après 1945, suivi de vingt contributions variées sur l’histoire de la France et de l’Europe occidentale. On y trouve également sept articles et notice nécrologique susceptibles d’intéresser les médiévistes ; je vous ai joint une liste ci-dessous.

Le sommaire est disponible ici : DOI 10.11588/fr.2025.

Aufsätze – Articles

Matthias M. TISCHLER & Patrick S. MARSCHNER
A New Witness of the So-Called Chronicon Moissiacense from Narbonne and Its Importance for the Use of Carolingian Historiography in Septimania
DOI: https://doi.org/10.11588/fr.2025.1.115609

Laurent MORELLE
Un puzzle biface. La bulle sur papyrus de Jean XV (26 mai 995) en faveur de Guillaume de Volpiano: nouvelles lectures et nouvelles questions
DOI: https://doi.org/10.11588/fr.2025.1.115610

Rowan WATSON
Bishops, Canons, Counts, and the Writing of History in Angoulême, c. 1040 to 1160. Part 2: From the Anacletian Schism in the Province of Bordeaux to the Advent of the Plantagenet Dukes of Aquitaine
DOI: https://doi.org/10.11588/fr.2025.1.115612

Gion WALLMEYER
Les conseillers politiques et la croisade. Les projets des Hospitaliers pour conquérir Rhodes (1306–1310)
DOI: https://doi.org/10.11588/fr.2025.1.115613

Monja K. SCHÜNEMANN
»In hys Ryght hande the Septer and in hys left hande the rownde ball of god«. Dauer durch Wandel? Die transnationalen Symboliken der Funeraleffigies König Heinrichs V. († 1422)
DOI: https://doi.org/10.11588/fr.2025.1.115614

Felix SCHULZ
Warum weint die Königin? Die Tränen der Isabeau de Bavière (1431) als narratives Strukturelement in der spätmittelalterlichen Historiographie
DOI: https://doi.org/10.11588/fr.2025.1.115615

Methoden & Diskussion – Méthodes & débats

Joseph MORSEL
La charte féodale comme opérateur temporel. Observations à partir de chartes allemandes des XIIIe–XVe siècles
DOI: https://doi.org/10.11588/fr.2025.1.115657

Nekrologe – Nécrologie

Rolf GROSSE
Elizabeth A. R. Brown (1932–2024)
DOI: https://doi.org/10.11588/fr.2025.1.115660

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Appel à contribution – La sculpture italienne XIIIe-XVIIIe siècles, de la dispersion à la patrimonialisation (1815-1915)

Rome, École française de Rome et Académie de France à Rome – Villa Médicis, 23 et 24 juin 2027
Paris, Institut national d’histoire de l’art et École du Louvre, 11 et 12 octobre 2027

Organisation : Marion Boudon-Machuel (Institut national d’histoire de l’art/Université de Tours), Federica Carta (Technische Universität, Berlin), Giancarla Cilmi (École française de Rome), Daniele Rivoletti (Institut universitaire de France/Université Clermont Auvergne), Neville Rowley (Gemäldegalerie, Berlin ; École du Louvre, Paris)

Entre la fin des guerres napoléoniennes et les premières années du XXe siècle, la sculpture italienne, du Moyen Âge à l’époque moderne, connaît une circulation sans précédents à l’échelle européenne. Les restitutions consécutives au Congrès de Vienne en 1815, la dispersion progressive de nombreuses collections aristocratiques et ecclésiastiques en Italie, ainsi que le développement du marché de l’art international contribuent à transformer profondément le statut et la perception de ces œuvres.

Au XIXe siècle, de nombreuses sculptures italiennes quittent leur contexte d’origine pour intégrer des collections privées et publiques en France, en Angleterre et en Allemagne. Ce phénomène s’inscrit dans une période charnière marquée par la professionnalisation des acteurs du marché de l’art – marchands, experts, restaurateurs – et par la formation progressive de collections muséales spécialisées. Les acquisitions réalisées par certains conservateurs et historiens de l’art jouent un rôle décisif dans ce processus, participant à la redéfinition du canon de la sculpture italienne et à la mise en valeur de certaines écoles régionales.

Parallèlement, la constitution de grandes collections européennes donne lieu à d’importants débats politiques et culturels. L’achat d’œuvres italiennes devient un enjeu de prestige national et alimente la concurrence entre musées. Ainsi, la formation de collections de sculpture italienne dans les institutions européennes suscite des réflexions sur la place de l’art étranger au sein des musées nationaux, notamment dans la presse et les revues savantes. Dans ce contexte, la sculpture italienne s’impose également comme un levier privilégié dans l’affirmation de l’histoire de l’art en tant que discipline scientifique. Les pratiques de reproduction – moulages, calques, photographies – ainsi que la diffusion des œuvres à travers des publications spécialisées contribuent à l’élaboration d’un savoir à dimension transnationale.

Ce colloque a pour objectif de rassembler des chercheurs confirmés, ainsi que des doctorantes et doctorants, postdoctorantes et postdoctorants, afin de réfléchir aux conditions de cette circulation et de cette patrimonialisation, en articulant l’histoire des collections, du marché de l’art, des institutions muséales et l’histoire politique appliquée au patrimoine.

Plusieurs axes thématiques viendront structurer les réflexions du colloque.

  • Le premier sera consacré à la circulation des œuvres et à la formation des collections, afin de mieux comprendre les dynamiques de circulation transnationale des sculptures entre l’Italie et le reste de l’Europe. L’étude du passage des collections privées aux collections publiques permettra notamment d’éclairer les choix muséographiques opérés par les institutions européennes, tout en offrant l’opportunité d’examiner de plus près leurs politiques d’acquisition. Dans le prolongement de ces enjeux, l’analyse portera également sur les réseaux commerciaux, en mettant l’accent sur le rôle des antiquaires, des intermédiaires et des experts, ainsi que sur leurs stratégies de vente et la constitution de clientèles à l’échelle internationale.
  • Une attention particulière sera en outre accordée aux restaurations et aux transformations matérielles des œuvres, y compris la falsification. Il s’agira à la fois de mieux cerner la figure du restaurateur intervenant sur ces sculptures au cours du XIXe siècle et d’étudier la circulation des savoir-faire techniques.
  • La question de la reproduction et de la diffusion des modèles constituera un autre axe de réflexion. Les communications aborderont notamment les moulages, les calques et la photographie, ainsi que les effets de ces procédés sur la connaissance et la réception de la sculpture durant cette période. Cette perspective permettra d’approfondir l’étude de l’institutionnalisation de l’histoire de l’art au XIXe siècle, en accordant une attention particulière au rôle des revues spécialisées dans la diffusion des savoirs relatifs à la sculpture italienne en Europe. À ce jour, cet aspect demeure encore insuffisamment exploré.
  • Enfin, le colloque offrira l’occasion d’examiner les enjeux politiques et identitaires liés aux collections. Les politiques nationales d’acquisition et les formes de concurrence entre musées européens seront analysées, de même que les débats publics suscités par la présence d’œuvres italiennes dans des institutions étrangères. Les questions de protection du patrimoine, notamment en Italie, seront également abordées tout comme celles du nationalisme artistique et des processus de patrimonialisation.

Le colloque encouragera particulièrement les approches croisées entre histoire de l’art, histoire culturelle et histoire économique et politique. Les études de provenances ainsi que l’analyse des archives du marché de l’art et des musées y occuperont une place centrale. Une attention spécifique sera en outre portée aux propositions qui s’appuient sur les méthodes des humanités numériques, notamment pour la visualisation des données de provenance, des réseaux de circulation ou pour la cartographie des circulations des sculptures italiennes.

Les communications dureront 30 minutes et pourront être tenues en français, en italien ou en anglais.

L’appel à communication s’adresse à une large communauté de spécialistes – historiennes et historiens de l’art, conservatrices et conservateurs, restauratrices et restaurateurs – issus des universités, des musées, des monuments historiques ou d’institutions de recherche françaises et internationales. Les propositions seront constituées d’une présentation de l’intervenante ou de l’intervenant (5 à 10 lignes), du titre et du synopsis de la communication (1 page), accompagnés d’un bref CV avec la liste des publications (1 page), et envoyées avant le 15 novembre 2026 à minuit à Giancarla Cilmi (gi*************@****me.it) et Marion Boudon-Machuel (ma******************@**ha.fr).

Source : Blog de l’ApAhAu

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Publication – « The Networked Court. Transdisciplinary Perspectives on Late Medieval European Court Cultures », éd. Karl Kügle

The Networked Court explores the role of innovative, network-based research methodologies in humanities research as applied to late medieval court studies, c.1300-1450. The Introduction argues the salience and timeliness of network-based thinking in today’s research landscape, and its particular suitability for approaching late medieval courts and their cultures in new and original ways. Seven ground-breaking case studies trace networks within, around, and among diverse types of courtly settings across Latin Christian Europe. Focusing both on the local level and on phenomena of a pan-European scale, the volume re-configures courtly cultural practices from a transdisciplinary perspective, re-connecting cultural performances in sites such as England, the Low Countries, France, Avignon, the Empire, and Outremer in new and unexpected ways. The Conclusion reflects on the nexus between network-based research methodologies and disciplinary knowledge.

Karl Kügle is Emeritus Fellow of Wadham College, Oxford, and Professor Emeritus of Music in the Universities of Oxford and Utrecht. His research focuses on the history of European music cultures of the late medieval and early modern periods.

The Late Medieval Court as Transdisciplinary Network: Methodological Considerations and Opportunities – Karl Kügle

Part I. Institutional Networks

Ecclesiastic Courts during the Fourteenth and Early Fifteenth Centuries: Following, Adapting, and Creating Networks – Christophe Masson

Part II. Object-Generated Networks

The Manuscript as Property and as Apparatus: Oxford, Bodleian Library, MS Bodley 264, and Its Networks – Jane Gilbert

Sight, Sound and Maidenhood in Oxford, Bodleian Library, MS Liturgical 104: Networked Manuscripts and Networks of Manuscripts – Laura Slater

Fauvel’s Palace as Discursive Network: Poetic Fiction and Political Reality in the *Roman de Fauvel* – Ruxandra Marinescu

Part III. Performative Networks

The One and the Many: Imagining Courtly Communities in the Polyphonic Songs of the “Mönch von Salzburg” Corpus – David Murray

Texts on the Move: Book Presentations between Social Networks, European Politics, and Literary Performance – Uri Smilansky

Networking a Networked Text: Edition and Translation of Martin Le Franc’s *La Complainte du livre du Champion des dames a maistre Martin le Franc son acteur* – Helen Swift, Jane H. M. Taylor

Looking Ahead: Networks and Disciplinary Knowledge – Karl Kügle

Informations pratiques :

The Networked Court. Transdisciplinary Perspectives on Late Medieval European Court Cultures, éd. Karl Kügle, Liverpool, Liverpool Unievrsity Press, 2026 ; 1 vol., 296 p. (Proceedings of the British Academy). ISBN : 978-1-80596-928-0. Prix : GBP 90,00.

Source : Liverpool University Press

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Journée d’étude – Philosophie et théologie au XIIe siècle. Recherches récentes

La richesse des textes du XIIe siècle ne cesse d’interroger les historiens de la pensée médiévale : dans cette journée d’études, cinq contributions souhaitent apporter un regard neuf sur des auteurs peu connus ou des œuvres inédites, dans différents domaines du savoir (métaphysique, logique, grammaire, éthique, théologie).

Journée organisée par Irene Caiazzo, directrice du Laboratoire d’études sur les monothéismes (LEM, CNRS), et Francesco Siri, chercheur associé au Centre Jean-Mabillon

Programme :

9h30 : « Lector non repetitor. Gilberto di Poitiers interprete di testi », Luisa Valente (Sapienza Università di Roma)

10h30 : « Manuscrits et commentaires de logique au XIIe siècle : quelques découvertes récentes », Caterina Tarlazzi (Università Ca’ Foscari, Venezia)

11h30 : « Self-Citation and Cross-Reference in William of Conches’ Glosae », Andrew Hicks (Cornell University, Ithaca, New York)

14h : « Remarques sur le Liber Alcidi de immortalitate animae », Irene Caiazzo (LEM, CNRS, Paris)

15h : « Entre métaphysique et philosophie du langage. Notes sur la christologie au XIIe siècle (seconde moitié) », Francesco Siri (École des chartes – PSL, Paris) 

Informations pratiques :

École nationale des chartes – PSL, 65, rue de Richelieu, Paris 2e (salle des conseils)

Mardi 6 octobre 2026, 9h30-17h

Source : École nationale des chartes

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Exposition – The Land of Cockaigne by Pieter Bruegel the Elder and Its Acquisition History

Even at the time of their creation, works by Pieter Bruegel the Elder were highly sought after. One of the most important collectors was Emperor Rudolf II in Prague, who also owned The Land of Cockaigne. Today, it is one of the main works in the Alte Pinakothek. But how did it end up in Munich?

The presentation traces the painting’s journey from the Richard von Kaufmann Collection to the 1917 auction at Paul Cassirer and Hugo Helbing to the Alte Pinakothek. Several of the people who made the acquisition of The Land of Cockaigne for the Alte Pinakothek possible were persecuted, marginalised and murdered for being Jewish during the time of National Socialism. They are representative of the numerous patrons of the Bayerische Staatsgemäldesammlungen who contributed significantly to the expansion of Bavarian art collections. This presentation commemorates their commitment.

Informations pratiques :

Alte Pinakothek

Barer Straße 27
80333 Munich
Germany

Exhibition: 29 September 2026 – 31 January 2027

Source : Codart

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