Offre d’emploi – Post-doctorat : projet COULEURS

Description du projet et des missions

Alors que les analyses matérielles des manuscrits médiévaux normands et anglais ont mis en évidence des changements de matériaux utilisés pour les enluminures autour du XIe siècle, aucune étude historique ne permet aujourd’hui d’expliquer ces transformations. Ce projet vise à aborder la question du commerce et de l’approvisionnement en matières colorantes entre le Xe et la première moitié du XIIIe siècle en Europe occidentale à partir des sources textuelles (documentations fiscales, notariales, recettes et traités théoriques) et constitue la première étape d’une recherche collective et interdisciplinaire qui a vocation à se développer dans les prochaines années.

L’espace anglo-normand sera comparé à un autre espace d’Europe occidentale (Italie du Nord ou Catalogne, en discussion avec la personne recrutée) afin de permettre d’approfondir les hypothèses concernant les réseaux de commercialisation et les éventuelles perturbations de certaines routes ou de certaines sources d’approvisionnement.

L’objectif premier sera d’établir un recensement des sources disponibles pour une période qui se trouve en amont de la documentation généralement exploitée pour le commerce des matériaux d’écriture et de peinture au Moyen Âge. Certaines de ces sources pourront être repérées en partant des catalogues de bibliothèques et de la bibliographie existante. Les trois espaces considérés l’ont été également en raison de la disponibilité de nombreuses sources éditées, ce qui facilitera le travail de repérage. Cependant, des déplacements en archives sont à prévoir afin de permettre une recherche approfondie et une consultation de documents non édités ou numérisés sur place. La mise en ligne de cette documentation constitue l’un des objectifs majeurs du projet : il s’agira d’utiliser une plateforme pérenne, telle que Nakala.

Le second objectif sera d’analyser cette documentation et de la mettre en série. Les études concernant le commerce, les circulations de produits, l’extraction minière ou les évolutions environnementales et climatiques du Moyen Âge central sont en plein essor : ce projet de recherche pourra s’appuyer sur une bibliographie fournie et particulièrement dynamique, qu’il s’agira de confronter aux observations faites dans le cadre des analyses physico-chimiques.

Partant de ce renouveau des études économiques et environnementales, la contextualisation et l’analyse de la documentation pratique permettra de consolider ou réfuter certaines hypothèses qui ont pu être avancées pour expliquer les changements de matériaux utilisés dans l’enluminure anglo-normande. Il s’agira en particulier de réfléchir à la présence dans la documentation pratique de certains matériaux, à la chronologie de leur apparition ou au contraire de leur disparition des documents liés à leur circulation. Cette documentation pratique lue en lien avec la bibliographie pourra également permettre de réfléchir aux difficultés d’approvisionnements liés aux conflits, et à l’impact possible de la conquête de l’Angleterre par Guillaume en 1066 sur le moyen terme. La comparaison de l’espace anglo-normand avec la Catalogne ou l’Italie du Nord permettra de réfléchir à d’éventuelles différences de matériaux entre ces aires géographiques et de tester certaines hypothèses sur les réseaux méditerranéens d’approvisionnements pour certains pigments.

La mise en série des sources disponibles permettra d’éclairer les pratiques qui pouvaient être communément partagées et transmises par les enlumineurs en fonction des périodes et des aires géographiques comparées. En replaçant toujours les recettes dans leur contexte de transmission manuscrite – où et quand le manuscrit comprenant cette recette a-t-il été produit et conservé –, on espère préciser des traditions techniques, évaluer leurs évolutions sur les trois siècles et éventuellement leurs différences en fonction des aires géographiques.

Enfin, ce projet vise à développer la réflexion épistémologique sur le travail interdisciplinaire dans le cadre du patrimoine, en particulier l’histoire de la circulation des matériaux patrimoniaux. Une réflexion épistémologique sera menée de concert avec l’encadrement interdisciplinaire de ce projet de recherche, afin de réfléchir aux angles morts et aux possibilités de la mise en résonance de ces différents types de documentation dans le cas de la circulation des matériaux. Bien que ce projet s’appuie principalement sur des sources textuelles, il ne s’agit en aucun cas d’affirmer la prééminence des textes sur les analyses matérielles qui peuvent être faites des objets patrimoniaux, mais au contraire de réfléchir tout au long du projet à la manière dont des analyses réalisées sur l’un ou l’autre des corpus documentaire permettent d’éclairer l’autre, d’affiner des hypothèses ou d’en créer de nouvelles, permettant à moyen terme un va-et-vient méthodologique entre les domaines d’étude.

Missions :

  • Etat des lieux des sources disponibles sur la circulation des couleurs entre le Xe et la première moitié du XIIIe siècle (format de mise en ligne à discuter : billet sur Menestrel.fr, Nakala…)
  • Ecriture d’un article scientifique sur la base de la mise en série de ces sources et en dialogue avec les résultats des analyses physico-chimiques des travaux antérieurs.
  • Organisation conjointe d’une journée d’étude au printemps autour de la circulation des matériaux dans les périodes anciennes, couplée à un évènement grand public (modalités à discuter)

Qualification et compétences :

  • La personne recrutée devra avoir soutenu une thèse de doctorat en histoire ou histoire de l’art médiéval au plus tard au moment de la prise de poste.
  • La maitrise du français, ou à défaut, de l’anglais, est indispensable. La lecture de l’italien ou de l’espagnol, est un atout.
  • Une connaissance des sources d’au moins une des trois aires géographiques concernées par le projet (espace anglo-normand, Italie du Nord ou Catalogne) est requise
  • La personne recrutée devra être en mesure de travailler dans un contexte interdisciplinaire.

Affectation et environnement de travail

Responsable scientifique :

  • Catherine Rideau-Kikuchi, UVSQ, Paris-Saclay, laboratoire DYPAC

Partenaires :

  • Anne Michelin, CRC
  • Marie Radepont, CRC
  • Pierre Chastang, UVSQ, Paris-Saclay, laboratoire ISP

Laboratoire d’accueil : la personne recrutée sera rattachée au laboratoire Dynamiques Patrimoniales et Culturelles (DYPAC) de l’Université de Versailles Saint-Quentin-en-Yvelines

Durée : 12 mois

Date de début de contrat souhaitée : octobre ou novembre 2026

Type de contrat : CDD financé par la Fondation des Sciences du Patrimoine

Salaire net mensuel : environ 2400 euros net

Environnement de travail :

  • Bureau dans les locaux du laboratoire DYPAC.
  • Intégration dans la vie scientifique de DYPAC et du CRC (participation aux séminaires)
  • Pas de nécessité d’être en région parisienne en permanence, mais réunions ou séminaires en présentiel réguliers.
  • Possibilités de financement sur la base de réponses à des appels à projet pour des séjours en archives (DYPAC, Graduate School Humanités Sciences du patrimoine)

Modalités de candidature et calendrier

  • Avant le 27 juin : dossier écrit
  • CV détaillé (par exemple CV analytique) indiquant le parcours de formation, les publications, les expériences de recherche et d’enseignement 
  • une publication au choix (parue ou à paraître)

À envoyer à Catherine Rideau-Kikuchi : catherine.kikuchi@uvsq.fr

  • Le 6 juillet au matin : audition en visio

Les candidats devront présenter leur parcours ainsi qu’une expérience personnelle de recherche qui pourrait être utile à la mise en œuvre du projet COULEURS. L’entretien peut s’appuyer sur un diaporama (sans obligation) et pourra être réalisé en français ou en anglais.

La présentation ne devra pas dépasser 10 min et sera suivie de 15 min d’entretien avec les membres du jury.

Le jury sera composé d’Anne Michelin, Marie Radepont et Catherine Rideau-Kikuchi.

Pour toute demande d’information : catherine.kikuchi@uvsq.fr

Indications bibliographiques

Mark Clarke, The Crafte of Lymmyng and the Maner of Steynyng. Middle English Recipes for Painters, Oxford, Oxford University Press, 2016.

Claude Coupry, « Les pigments utilisés pour l’enluminure à Fécamp aux XIe et XIIe siècles », in Manuscrits et enluminures dans le monde normand, Xe-XVe siècles, Colloque de Cerisy-la-Salle, octobre 1995, Caen, Presses Universitaires de Caen, 2005, p. 6979.

Richard Gameson, Andrew Beeby, Flavia Fiorillo, Catherine Emma Nicholson, Paola Ricciardi, Suzanne Reynolds, Mila Crippa, Anna Mazzinghi et Lucia Pereira-Prado, The pigments of British medieval illuminators: a scientific and cultural study, London, Royaume-Uni de Grande-Bretagne et d’Irlande du Nord, Archetype Publications, 2023.

Ce projet s’inscrit dans la continuité de certains travaux des porteurs :

Laurianne Robinet, Sylvie Heu-Thao, Lucie Arberet, Anne Michelin, Oulfa Belhadj, Marie Radepont et Stéphane Lecouteux, « Practices of the Mont Saint-Michel scriptorium in the use of parchment for manuscripts in the 11th century », Journal of Cultural Heritage, 67, 2024, p. 452460.

Étienne Anheim, Catherine Rideau-Kikuchi et Lise Saussus, « Des choses et des mots : écarts sémantiques, problèmes méthodologiques », Technè. La science au service de l’histoire de l’art et de la préservation des biens culturels, 57, 2024, p. 49.

Nicolas Ruffini-Ronzani, François Bougard, Pierre Chastang, Oulfa Belhadj, Gaëlle Denion, Sylvie Heu-Thao, Laurianne Robinet et Véronique Rouchon, « Encre, parchemin et papier à Chartres à la fin du XIVe siècle. Les matériaux de l’écrit au prisme des sciences expérimentales », Bibliothèque de l’École des chartes, 175, 2020, p. 183214.

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Appel à contribution – Faut-il dé-/re-construire la linguistique variationnelle ?

Colloque DIA VII – Nancy

Le septième colloque international consacré à la variation linguistique dans la Romania (DIA VII) aura lieu en juin 2027 à Nancy ; il sera dédié à la thématique suivante : Faut-il dé-/re-construire la linguistique variationnelle ?

Dates : 14-15 juin 2027, suivis, le 16 juin 2027, d’un atelier ALT-COEF
Lieu : ATILF (CNRS/Université de Lorraine), Nancy

Organisateurs : Éva Buchi (ATILF), Julie Glikman (ATILF), Johannes Kabatek (Universität Zürich) et Harald Völker (Universität Zürich)

Comité scientifique : Myriam Bergeron-Maguire (CLESTHIA/Université Sorbonne Nouvelle), Cristina Bleorţu (Universitatea Ștefan cel Mare, Suceava), Bert Cornillie (Katholieke Universiteit Leuven), Andreas Dufter (Ludwig-Maximilians-Universität München), Steven N. Dworkin (University of Michigan), Yan Greub (Université de Genève), Silke Jansen (Friedrich-Alexander-Universität, Erlangen), Sabine Lehmann (MoDyCo-CNRS/Université Paris Nanterre), Araceli López Serena (Universidad de Sevilla), Ana Maria Martins (Universidade de Lisboa), Nicolas Mazziotta (Université de Liège), Claudia Elena Menéndez Fernández (Universidad de Oviedo), Maria del Carmen Parafita Couto (Universidade de Santiago de Compostela/Universiteit Leiden), Cecilia Mihaela Popescu (Universitatea din Craiova/Institutul de Lingvistică al Academiei Române « Iorgu Iordan – Al. Rosetti »), Stefan Schneider (Universität Graz), Rosanna Sornicola (Università degli Studi di Napoli Federico II), Biagio Ursi (Laboratoire Ligérien de Linguistique/Université d’Orléans), Thomas Verjans (CLLE-CNRS/Université Toulouse – Jean Jaurès), Paul Videsott (Université Liedia de Bulsan, Bolzano) et Nikola Vuletić (Sveučilište u Zadru, Zadar)

Comité d’organisation local : Sylvie Bazin-Tacchella, Christophe Benzitoun, Bérengère Bouard, Éva Buchi, Hugo Carbonnelle, Julie Glikman, Laurent Gobert, Anissa Hamza-Jamann, Veronika Lux-Pogodalla, Carlos Meléndez Quero, Grégory Miras, Gilles Toubiana, Stéphanie Véchambre et Beatrice Maria Vispi

Conférencières invitées : Silke Jansen (Friedrich-Alexander-Universität, Erlangen) et Araceli López Serena (Universidad de Sevilla)

Le colloque DIA VII hébergera une table ronde intitulée « Inspirations romanes et non romanes en linguistique variationnelle ».

Participants de la table ronde : Peter Auer (Universität Freiburg), Emmanuelle Guerin (DILTEC/Université Sorbonne Nouvelle) et Elton Prifti (Universität des Saarlandes)

Le colloque DIA VII hébergera d’autre part, le 16 juin 2027, un atelier conjoint des groupes de travail « Syntaxe, variations et normes en France et hors de France » et « Changements linguistiques en français » du Réseau thématique ALT-COEF (Analyse Linguistique et Traitement des Corpus Oraux et Écrits du Français) du CNRS sur la norme en français, en France et hors de France, en synchronie et en diachronie, éventuellement en comparaison avec d’autres langues romanes. Des soumissions sont attendues sur cette question, en particulier basées sur des corpus permettant de renouveler son étude.

Responsables de l’atelier ALT-COEF : Anne Abeillé (LLF), Julie Glikman (ATILF), Florence Lefeuvre (CLESTHIA) et Sophie Prévost (Lattice)

Langues de travail : toutes les langues romanes (mais seules les langues romanes) sont les bienvenues pour les présentations orales ; en revanche, les éventuels exempliers et diaporamas devront être rédigés en espagnol, en français ou en italien (et, si possible, dans une langue différente de la langue de présentation).

Argumentaire :

Depuis le premier colloque DIA, qui s’est tenu en 2010 à l’Université de Gand, la linguistique variationnelle romane a bénéficié d’un renouveau épistémologique certain, que ce soit en termes de réflexion sur la place de la variation au sein du système linguistique, sur l’interdépendance entre variation et changement linguistique, sur les finalités empiriques et théoriques de la description diasystémique ou encore sur les méthodes d’accès à la variation à privilégier (cf. Krefeld/Pustka 2010 ; Boutier/Hadermann/Van Acker 2013 ; Sinner 2013 ; Stehl 2013 ; Kragh/Lindschouw 2015 ; Hassler/Stehl 2017 ; Glessgen/Kabatek/Völker 2018 ; Greco/Vecchia/Sornicola 2018 ; Bertin/Gadet/Lehmann/Moreno Kerdreux 2021 ; Kabatek/López Serena 2025 ; López Serena/Del Rey Quesada sous presse). DIA VII prend fond sur ces avancées collectives pour s’interroger sur la nature de la linguistique variationnelle actuelle : quels sont les outils, quelles sont les données, quels sont les paramètres qui la définissent à l’époque de la prévalence des données numériques et de l’avènement des grands modèles de langage (LLM) ?

Cette septième édition du colloque DIA s’inscrit, d’une part, dans la tradition romaniste de la manifestation, qui tire ses racines du groupe δια, fondé dès 1990 par Rika Van Deyck en accord avec Eugenio Coseriu ; d’autre part, elle se propose de dépasser le cadre roman pour s’interroger sur la possibilité d’une fécondation croisée avec les pratiques des linguistes variationnistes spécialistes d’autres langues (cf. Auer/Schmidt 2010 ; Auer 2012 ; 2013 ; 2022 ; Felder 2016). Une des questions centrales du colloque sera ainsi la suivante : dans quelle mesure la tradition romaniste se suffit-elle à elle-même, voire peut-elle constituer un modèle pour d’autres domaines linguistiques ? Et, inversement, dans quelle mesure des approches venues d’ailleurs peuvent-elles enrichir le paradigme roman de la linguistique variationnelle ?

Le colloque DIA VII sera largement ouvert à tout type de soumission se situant dans le périmètre de la linguistique variationnelle romane, de la plus traditionnelle à la plus iconoclaste. Les contributions centrées sur une réflexion théorique ou méthodologique, et en particulier celles qui convoquent une approche développée en dehors de la linguistique romane, de même que celles qui conjuguent les perspectives empirique et théorique, seront particulièrement les bienvenues.

Durée des communications : 20 minutes de présentation + 10 minutes de discussion

Session de posters : 90 minutes

Procédure de soumission :

Les propositions (anonymes) de communications et de posters pour le colloque et les propositions (anonymes) de communications pour l’atelier ALT-COEF (1 page au maximum, exemples et références bibliographiques compris) sont à déposer avant le 29 octobre 2026 sur https://dia7.sciencesconf.org.

Frais d’inscription :

– Tarif ordinaire : 110 € (90 € si inscription avant le 31 janvier 2027)
– Tarif réduit doctorants : 80 € (60 € si inscription avant le 31 janvier 2027)
– Tarif réduit mastérants : 60 € (50 € si inscription avant le 31 janvier 2027)

Publication :

À l’issue du colloque, un choix de contributions du colloque fera l’objet d’une publication sous forme de recueil d’articles.

Calendrier :

– Date limite pour la remise des résumés : 29 octobre 2026

– Date limite pour la communication de la décision du comité scientifique : 15 décembre 2026

– Date limite pour les inscriptions à frais réduits : 31 janvier 2027

– Date limite pour les inscriptions (avec paiement des frais d’inscription) : 31 avril 2027

– Colloque DIA VII : 14-15 juin 2027

– Atelier du Réseau ALT-COEF : 16 juin 2027

Contact : Pour vos éventuelles questions, veuillez vous adresser à dia7@sciencesconf.org.

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Offre d’emploi – One-Year postdoctoral fellowship: Relations between Frisia, Britain, Ireland, and Scandinavia (400-1100)

The Fryske Akademy and the Department of Anglo-Saxon, Norse and Celtic (ASNC) at the University of Cambridge are offering a one-year postdoctoral fellowship.

The postdoctoral fellow will be expected to further develop and conduct their own research project on relations between Frisia and Britain, Ireland and/or Scandinavia during the early Middle Ages (c. 400–1100), with reference to history, archaeology, literature, language or a combination of disciplinary approaches. They will have the unique opportunity to develop their research in line with the expertise in both institutions, which should result in one form of publication or presentation and a follow-up application. They will enjoy the support of a mentor from each institution. We expect candidates to work independently, but have at least two meetings with both supervisors, one in Leeuwarden and one in Cambridge.

As part of the fellowship, the fellow is asked to organize or participate in at least one academic event at one or both institutions. This could be a (public) lecture or workshop or the like. The fellow is expected to deliver the outcomes as described in an agreed workplan, including the publication/presentation and the follow-up application.

The fellowship will be awarded for one year starting September 2026 and will be based at the Fryske Akademy, where the successful candidate will be employed. The fellowship includes a three-month visiting fellowship at the department of ASNC.

Read this short interview about this fellowship with Prof. Rory Naismith, Professor of Early Medieval English History at the University of Cambridge.

Application deadline: 28 June 2026

Source : Medieval Studies

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Atelier – Matérialité(s) du manuscrit et mise en unités de l’écrit médiéval

Une série d’ateliers est organisée à l’université Versailles-Saint-Quentin sur les Matérialité(s) du manuscrit et mise en unités de l’écrit médiéval avec le soutien de la Graduate School Humanités – Sciences du Patrimoine de l’Université Paris-Saclay. Le premier Workshop 1 «Dispositifs» aura lieu mardi 23 juin 2026 (9h30-17h) sur le campus Versailles de l’UVSQ.

En 1990 paraissait Mise en page et mise en texte du livre manuscrit, consacré au codex médiéval. Ouvrage de référence d’ambition panoramique, il marquait l’aboutissement d’un intérêt nouveau porté à la matérialité et à la présentation graphique des textes médiévaux à la suite des développements de l’histoire du livre (codicologie quantitative, bibliographie matérielle, …) qui avaient marqué les deux décennies précédentes. Trente-cinq ans après, il n’y a pas eu de nouveaux efforts de synthèse sur cette question alors que les études sur la matérialité des textes et plus largement de l’écrit médiéval se sont énormément développées, tant dans le domaine des études historiques que littéraires, à la faveur notamment de la numérisation rapide et massive du patrimoine écrit.

Ces ateliers souhaitent ainsi réfléchir à une nouvelle synthèse, qui offrira des perspectives renouvelées sur l’objet manuscrit et la matérialité des textes qu’il contient, en croisant les points de vue disciplinaires, souvent très cloisonnés (par type de corpus, par aires linguistiques, par zones géographiques), et en favorisant également le dialogue entre des traditions historiographiques, en partie nationales, concentrées sur leurs propres objets.Ces d’ateliers s’organisent autour de quatre grands thèmes, qui jetteront les bases d’une saisie réflexive des pratiques disciplinaires, hors des typologies et des genres constitués a priori, pour interroger à nouveau frais les différentes unité(s) signifiante(s) de l’écrit médiéval en contexte manuscrit.

·  9h30 – Accueil

·  10h-11h – Jessica Berenbeim (University of Cambridge, Jesus College), Hierarchy of Initials

·  11h15-12h15 – Sylvie Lefèvre (Sorbonne Université), Dispositif et chapitration ou comment faire croire à un lecteur qu’il lit un roman

·  13h15-14h15 – Éléonore Venturelli (Université catholique de Louvain), Ajouter un titre sur un rouleau mortuaire : entre contrainte et espace de liberté (Xe s.-première moitié du XIIIe s.)

·  14h30-15h30 – Uta Kleine (Universität Hamburg), “De l’écrin à l’écran”. Mise en scène et matérialisation des chartes dans les cartulaires illuminés (Fulda, Prüm, Echternach, Trèves)

·  15h45-16h45 – Antoine Boustany (Bibliothèque Sainte Geneviève, Paris), Dispositifs de copie et régimes de publicité : l’exemple de la Postille littérale de Nicolas de Lyre

UVSQ – Campus Versailles
3 avenue Rockefeller, Grande Écurie du Roi
78000 Versailles

Source : IRHT

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Journée d’étude – Speculative Imagemaking in Late Medieval and Early Modern Art. Journée d’étude en l’honneur de Reindert Falkenburg

sous la direction de
RalphDekoninck (UCLouvain), IngridFalque (FNRS-UCLouvain) et MichelWeemans (Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne)

Lundi 29 Juin 2026 – 9h15-18h15
Galerie Colbert – Salle Vasari
2 rue Vivienne, 75002 Paris
Entrée libre dans la limite des places disponibles

09.15 Accueil et introduction (IngridFalqueRalphDekoninckMichelWeemans)
09.30 MariëtWestermann (Solomon R. Guggenheim Museum & Foundation, New York) 
A
riddleforReindert
09.45 StijnBussels (Leiden Universiteit) et CarolinevanEck (Cambridge University) 
Heightened
Alertness
10.00 BernardAikema (Università di Verona) et DulciaMeijers (Emerson College)
A Nightly Vision by Bassano: Discursive Images and the “Dalpontiana Methodus”10.15 Discussion10.45 Pause-café
11.15 ChristineGöttler (Universität Bern)
The Sorceress’s Laboratory: Joseph Werner on the Art of Making Magic

11.30 MarkMeadow (University of California, Santa Barbara)
Retro-engineering as Historical Method in Cornelis van Dalem and Christophorus Mylaeus
11.45 HermanRoodenburg (Vrije Universiteit Amsterdam)
Beweeglijkheid: Rhetorical and Devotional

12.00 Discussion

12.30-14.00 Déjeuner

14.00 Bertram Kaschek (Staatsgalerie Stuttgart)
A Wild Ride and a Slow Walk. Two of Dürer’s Etchings Reconsidered
14.15 : Bertrand Prévost (Université Bordeaux Montaigne)
Paysages intérieurs. Spatialité et subjectivation chrétiennes à l’aube de la modernité
14.30 Walter S. Melion (Emory University)
The Spiritual Form and Function of the Paper Prints in Two Collectaria Produced at Sint-Truiden Abbey, ca. 1550

14.45 Discussion

15.15 Pause

15.45 Jost Keizer (Radboud Universiteit)
Jan van Goyen’s World Making
16.00 Jürgen Müller (Dresden Universität)
The Secret of the Dewdrop. Caravaggio’s Milanese Fruit Basket

16.15 Discussion

16.45 Pause café

17.00-18.00 Table-ronde animée par Ralph DekoninckIngrid FalqueWalter S. MelionFrits Scholten et Michel Weemans Avec la participation de Reindert Falkenburg
Présentation de l’ouvrage Speculative Imagemaking in Late Medieval and Early Modern Art. Festschrift in Honor of Reindert L. Falkenburg, sous la direction de Ingrid Falque, Walter S. Melion, Frits Scholten et Michel Weemans (Boston et Leiden, Brill, 2026).

Source : CHAR – Hypothèses

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Offre d’emploi – Postdoctoraal Onderzoeker UGent: De oorsprong van de Bijbel in het Nederlands

Je opdracht is gesitueerd binnen het FWO-onderzoeksproject De oorsprong van de Bijbel in het Nederlands: De vroegste Middelnederlandse vertalingen van bijbelteksten (ca. 1200-1350) aan de Universiteit Gent (PI: Youri Desplenter; co-supervisor: Anna Dlabačová, Universiteit Leiden).

Rond 1360 begon de zogenoemde Hernse Bijbelvertaler aan de eerste vrijwel volledige Nederlandse vertaling van de Bijbel. Ruim vóór deze mijlpaal waren echter al verschillende bijbelteksten afzonderlijk in het Middelnederlands vertaald, zoals de evangeliën, het Leven van Jezus, de Psalmen en de Apocalyps. Deze oudere vertalingen werden later in wisselende mate gebruikt door de Hernse Bijbelvertaler.

Recent onderzoek heeft aangetoond dat de meeste van die vertalingen in de dertiende eeuw tot stand kwamen, met name in het westelijke deel van het graafschap Vlaanderen. Dit nieuwe inzicht biedt een waardevolle kans om ze onderling in samenhang te bestuderen. Belangrijke vragen zijn onder meer of deze vertalingen met elkaar verbonden zijn, of ze afkomstig zijn van één vertaler of vertaalcentrum, dan wel onafhankelijk van elkaar zijn ontstaan. Een dergelijke synchrone analyse zal ook helpen te bepalen of het gaat om oorspronkelijke Middelnederlandse vertalingen dan wel om bewerkingen van Franse of Duitse versies. Daarnaast zal het project licht werpen op hun relatie tot andere Middelnederlandse teksten met bijbelse inhoud uit dezelfde periode en regio, zoals Jacob van Maerlants Rijmbijbel (ca. 1270). Op die manier beoogt het project het eerste coherente overzicht te bieden van de bijbelvertaling in de Lage Landen in de dertiende eeuw.

Het project is ingebed in de onderzoeksgroepen HPIMS – Henri Pirenne Institute for Medieval Studies en GEMS en in de Vakgroep Letterkunde van de Universiteit Gent, evenals in de cluster Medieval and Early Modern Studies van LUCAS – Leiden University Centre for the Arts in Society. Het onderzoeksteam zal bovendien nauw verbonden zijn met de COST Action Prayticipate. Voor de digitale component van het project is er samenwerking met het Ghent Centre for Digital Humanities.

Jouw rol

De postdoc zal voornamelijk werken binnen het deelproject De vroegste Middelnederlandse vertaling van de vier evangeliën in co-tekst en context en haar receptiegeschiedenis (leven van Jezus en evangelieperikopen). Dit deelproject onderzoekt belangrijke subgenres binnen het corpus van evangeliegerelateerde vertalingen, vergelijkt geselecteerde Middelnederlandse versies met hun tegenhangers in andere volkstalen, bestudeert de religieuze, intellectuele en sociaal-culturele contexten waarin deze teksten ontstonden en circuleerden, en analyseert patronen van tekstoverlevering en hun implicaties voor het oorspronkelijke gebruik en doel.

Deadline voor solliciteren: 30 Juni 2026

Source : Medieval Studies

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Appel à contribution – Réticences médiévales. IIe Journée d’étude médiévales de Sofia (JEMS 2026)

Cette deuxième édition de nos journées, qui aura lieu le 17 novembre 2026 et qui sera consacrée au thème de la réticence, se veut le prolongement et l’approfondissement en études médiévales, françaises et romanes, du colloque pour jeunes chercheurs « The unspoken and silence in language and literature », qui s’est tenu en novembre 2025 à l’Université de Sofia. Or notre journée s’adresse aussi bien aux jeunes chercheurs (étudiants, doctorants et jeunes docteurs) qu’aux chercheurs confirmés.

La réticence, et plus généralement le silence, est un sujet qui ne cesse d’inspirer des recherches, plus ou moins pointues, ces quelques dernières décennies. Certaines études, parmi les plus récentes, explorent plus précisément le domaine de l’art, qu’il s’agisse de celui du Moyen Âge (Debiais 2019), de celui de la Renaissance (Mounier 2025), ou bien encore de l’art contemporain visuel (Boutang et Pavec 2016). Il est aussi bien des ouvrages à visée plutôt théorique, que ce soit sous l’angle de la rhétorique (Glenn 2004) ou de l’anthropologie et des pratiques religieuses (Sbardella 2015), que des travaux que l’on pourrait qualifier d’études de cas, en particulier littéraires, que ce soit dans une perspective comparée ou pas (Louvel et Rannoux 2004 ; Boué 2009 ; la revue roumaine Language and Literature. European Landmarks of Identity 26-27/2020). L’Histoire du silence, de la Renaissance à nos jours d’Alain Corbin, parue en 2016, a fait date, en particulier par son florilège de citations littéraires et d’exemples en art illustrant et éclairant les conceptions du silence et de la sensibilité à travers les siècles. Non moins influent mais de nature toute différente est l’ouvrage collectif transséculaire La parole empêchée (James-Raoul, Forero Mendoza, Kuon et Magne 2017), qui réunit des études dans des domaines fort variés, s’intéressant toutes à la rhétorique et aux différentes valeurs du silence, et parmi lesquelles nous n’évoquerons ici que celle de James-Raoul, s’inspirant de sa thèse de doctorat, publiée en 1997 et ayant imposé la notion dans les études littéraires. Enfin, tout récemment, en janvier 2026, a paru un numéro thématique de la revue pluridisciplinaire Questes consacré au thème du silence au cours de la seule époque médiévale.

Nous nous proposons, pour notre part, de réunir des recherches ayant pour objet des faits, des phénomènes et des processus autour de la notion de réticence,dans toutes les acceptions du terme (d’où le pluriel dans l’intitulé), qui ont eu lieu au cours de la période du Moyen Âge dans l’espace gallo-roman en particulier, mais aussi, le cas échéant, dans toute l’aire romane, aussi bien en ce qui concerne la langue et les lettres que l’art, la culture, la philosophie et l’histoire. Plusieurs axes disciplinaires et thématiques en sciences humaines pourront être envisagés, dont les suivants, que nous privilégions sans pour autant exclure d’autres :

La réticence, au sens restreint du terme, comme figure de rhétorique au Moyen Âge

Emprunt savant (lat. reticentia, de reticere, taire, de re, et tacere), attesté dans le Dictionarium Latinogallicum de Robert Estienne (1552)[1], d’après le Dictionnaire de l’Académie de 1694, le mot « réticence » ne s’emploie pas en français au Moyen Âge, et les synonymes nominaux les plus proches que l’on trouve dans les textes en langue vernaculaire sont « silence », « taisance », « taciturnité » (ce dernier étant un emprunt savant plus que rare, avec ses 2 occurrences dans la BFM ; les deux premiers n’étant pas très usités non plus). En tant que procédé rhétorique, le phénomène est défini par Fontanier, en 1821, de la manière suivante :« La Réticence consiste à s’interrompre et à s’arrêter tout à coup dans le cours d’une phrase, pour faire entendre par le peu qu’on a dit, et avec le secours des circonstances, ce qu’on affecte de supprimer, et même souvent beaucoup au delà » (1968 : 116). Bernard Dupriez (1984 : 336) retiendra de cette définition le caractère volontaire de l’interruption de la phrase pour qualifier la réticence, de façon plus ou moins générale, de « pause expressive ».

Nous chercherons à définir et à répertorier les manifestations du phénomène de la réticence en tant que procédé de style dans les œuvres médiévales, que ce soit en complément ou bien en opposition à celles de toutes les autres figures microstructurales qui y sont apparentées, notamment l’aposiopèse et la prétérition en particulier, mais aussi l’interruption, le chiasme, l’ellipse, le zeugme, etc. (Dupriez 1984 ; Mazaleyrat et Molinié 1989 ; Molinié 1993). Les questions auxquelles nous aimerions répondre plus exactement à la suite de notre journée sont les suivantes :

  • il a déjà bien été montré par Christine Silvi que, dans les textes didactiques en langue vulgaire, « la rétention de parole, qui se veut l’expression d’un savoir réservé à certains, à plus tard ou à jamais, donne en fait tout pouvoir au clerc sur le langage et au maître sur l’élève » (Silvi 2011 : 154) ; dans quels autres genres et types de textes médiévaux trouve-t-on la figure si l’on se réfère à ses définitions et occurrences dans la littérature de l’Antiquité gréco-romaine (cf. Arbusow 1948, Lausberg 1949, Duteil-Mougel 2005) ?
  • qu’est-ce qu’elle y exprime plus précisément, en comparaison avec les autres figures rhétoriques où se manifeste en quelque sorte le silence ?
  • pourrait-on y appliquer des caractéristiques qui ne sont valables que dans le contexte des œuvres du Moyen Âge, vu leur spécificité syntaxique, stylistique, narrative (Zumthor 1953, 1971) ?
  • quel rôle pragmatique et énonciatif peut y avoir, le cas échéant, la ponctuation des manuscrits (Llamas Pombo 2016) ?
  • pourrait-on, enfin, contribuer ainsi à l’étude stylistique des textes médiévaux, qui prend de l’essor ces dernières années (James-Raoul 2022 ; Denoyelle et Sorba 2025) ?

La réticence du point de vue strictement linguistique

Du point de vue linguistique et énonciatif, nous considérons la réticence en tant que synonyme, plus ou moins pertinent, plus ou moins précis, de l’implicite, du sous-entendu (de l’insinuation, de l’allusion), du présupposé, du non-dit ou de l’omission. Ainsi, nous pourrions vérifier dans quelle mesure l’application des définitions et typologies proposées, commentées (Ducrot 1969, 1972, 1987 ; Kerbrat-Orecchioni 1982, 1986) et amplifiées (Simonin 2013) pourrait s’avérer possible et efficace pour les étapes anciennes de la langue afin de dresser, le cas échéant, un tableau affiné des occurrences dans le corpus médiéval, en fonction de notre compréhension, nécessairement partielle, des textes et des œuvres, ainsi que de tout leur contexte extralinguistique.

Aussi, dans une perspective sémantique et textuelle, des études sur les chaînes de référence en termes de jeu sur la (dis)continuité, comme dans les récits fabliesques (Pešek 2023, 2026), où l’on voit apparaître une certaine ambiguïté recherchée, trouveront bien leur place parmi les interventions à la journée d’études. La réticence à poursuivre le cours normal, conséquent, continu, logique de la chaîne de référence serait alors à envisager comme un procédé linguistique et narratif à part entière.

Enfin, suivant Marianne Lederer (2003), on pourrait prendre en considération le rôle du point de vue linguistique et discursif de l’implicite et du non-dit dans les textes médiévaux en vue de leurs traductions, qu’elles soient réalisées au Moyen Âge ou au cours d’une époque postérieure.

La réticence, au sens plus large du terme, comme attitude envers le monde, la vie, l’œuvre et le texte

En littérature française médiévale, les procédés de mise en avant des manifestations du silence et de la réticence peuvent être observés, comme le montrent quelques études récentes, aussi bien dans le comportement et le discours des personnages (Velinova 2025a, 2025b) que dans le discours du narrateur (Horváthy 2026).

En ce qui concerne le personnage des œuvres médiévales, on pourrait bien considérér comme une sorte de réticence face aux autres personnages l’expression de sa pensée lorsqu’elle est présentée comme tue, non prononcée, ou qu’elle est tout simplement cachée, étant proférée entre les dents ou à voix plus ou moins basse. Il peut s’y agir de la réticence du personnage à exprimer ses émotions et/ou ses pensées pour éviter le conflit immédiat (ce qui conduit au retardement de la narration et du développement du sujet), ou au contraire pour l’accélérer.

Quant au narrateur, il use souvent de formules telles que par exemple Que diroie ? ou Que vous diroie je ? (« Que dire (de plus) ? »), qui, déguisées en questions rhétoriques, mettent fin aux descriptions longues et détaillées pour les résumer ou bien les remplacent tout simplement (Velinova 2011), comme dans l’exemple suivant :

Ço est la fin de la parole :
ke vus en dirreie jo el ?
Sa vie esteit espirituel. (La Vie de saint Gilles, Guillaume de Berneville, v. 80-82, éd. F. Laurent, Paris, Honoré Champion, 2003)

S’agirait-il, en l’occurrence, d’une certaine réticence chez le narrateur à être trop long pour ne pas ennuyer le public ? Aussi pourrions-nous nous interroger sur les différents procédés usant de la réticence du point de vue narratologique et stylistique.

Dans d’autres cas, on peut observer une réticence, voire une véritable taciturnité, qui s’empare, à un autre niveau, beaucoup plus important, du sujet. Cette attitude est révélée, par exemple, par le nom même du personnage principal du Roman de Silence, ou dans le mode de vie choisi par saint Alexis d’après sa vie en ancien français du XIe siècle (Bibbee 2003). Dans le premier cas, il s’agit d’un silence ayant trait à l’identité sexuelle du personnage, le roman apparaissant comme une « allégorie complexe de la parole empêchée » (James-Raoul 2015), tandis que dans le second, on se trouve face à un silence à fondement religieux, notamment la pratique chrétienne du silence ; or, dans les deux cas, tout comme que dans le Conte du Graal de Chrétien de Troyes, il s’agit avant tout d’une charge ontologique du silence et de la réticence (Bibbee 2003).

La réticence peut être envisagée aussi comme l’envers de la volubilité, qui essaye de tout dire sans pour autant y parvenir toujours, alors que la première apparaît, le cas échéant, par contraste, comme le procédé de loin plus éloquent et plus signifiant et qui complète et/ou met en valeur ce qui est exprimé par la parole.

Sur une échelle plus globale, nous pourrions nous interroger sur les thèmes et les problèmes dans les textes au sujet desquels l’homme médiéval se montre réticent, que ce soit en sa qualité d’auteur ou de narrateur ou encore de personnage (dans la mesure où ces trois instances se différencient, ce qui mériterait également par ailleurs d’être pris en considération).

Enfin, toute tentative d’établir une image anthropologique tant soit peu complète de la réticence et du silence médiévaux, à l’instar par exemple de celle de Le Breton (1997) pour la fin du XXe siècle, en fonction de l’attitude de l’homme à l’égard de tout ce qui l’entoure, serait la bienvenue. La référence incontournable, en l’occurrence, sera le livre de Vincent Debiais Le silence dans l’art médiéval (2019) ; or nous aimerions élargir, autant que possible, le champ de recherche au-delà du domaine de l’art, en étudiant par exemple, parmi tant d’autres, tous les aspects de la réticence, voire de l’hostilité, de l’Église à l’argent au cours des différentes étapes de la période médiévale (Le Goff 2018).

Modalités de soumission

Les propositions de communication, contenant un titre, un résumé de 400 mots et une brève bibliographie (5-10 références), sont à envoyer à l’adresse de l’organisatrice : m.velinova@uni-sofia.bg,

avant le 31 juillet 2026.

Le résumé doit indiquer clairement la problématique traitée et les objectifs visés, l’approche théorique et la méthodologie adoptées, les hypothèses de travail et/ou les conclusions et les résultats attendus.

L’auteur indiquera son affiliation et son statut dans le corps du message et joindra, dans un fichier à part, une notice biobibliographique (100-200 mots).

Les communications auront une durée de 20 minutes et seront suivies de 10 minutes de discussion.

La langue de la journée d’études est le français. Seront acceptées, à titre d’exception, des communications présentées en italien ou en espagnol.

Publication des communications

Les articles rédigés à la base des communications présentées à la journée d’études seront publiés, après évaluation par le comité scientifique, dans un numéro thématique de revue ou dans un volume d’actes.

Frais d’inscription

  • Tarif plein (enseignants-chercheurs) : 50 euros
  • Tarif réduit (doctorants) : 30 euros

Les étudiants seront dispensés de frais d’inscription.

Les frais couvriront les pauses café, le déjeuner, l’impression des programmes et livrets.

Calendrier

  • Date limite de soumission des propositions : le 31 juillet 2026
  • Réponse du comité scientifique : le 31 août 2026
  • Programme : le 1er octobre 2026
  • Inscription : le 15 octobre 2026
  • Journée d’études : le 17 novembre 2026

Conférencier invité

  • Ondřej Pešek (Professeur, PhDr., Institut d’études romanes, Université de Bohême du Sud, České Budĕjovice)

Comité scientifique

  • Alvise Andreose (Professore associato, Filologia e linguistica romanza, Università degli Studi di Udine)
  • Alessandro Benucci (MCF, Département d’Italien, Université Paris Nanterre)
  • Claude Buridant (Professeur émérite, LiLPA, Université de Strasbourg)
  • Daniéla Capin (MCF, HDR, LiLPA, Université de Strasbourg)
  • Vincent Debiais (Directeur de recherche, CNRS, EHESS, Centre de recherches historiques AHLoMA, Paris)
  • Vessela Guenova (Professeure, D.Sc., Département d’Études romanes, Université de Sofia)
  • Danièle James-Raoul (Professeure émérite, Plurielles : Langues, Littératures, Civilisations, Université Bordeaux Montaigne)
  • Elena Llamas Pombo (Profesora titular, Departamento de Filología Francesa & IEMYRhd, Universidad de Salamanca)
  • Olivier Soutet (Professeur émérite, STIH, Sorbonne Université, membre de l’Académie des Inscriptions et Belles-lettres)

Organisatrice

  • Malinka Velinova (MCF, Département d’Études romanes, Université de Sofia)

Source : Calenda

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Publication – Jacques Bouineau, « Le Regard du droit. La politique et l’art à la Renaissance »

À la Renaissance, l’Europe est bouleversée par une nouvelle manière de concevoir l’art. L’esthétique devient prioritaire. Par la grâce des formes, la maniera met en évidence un monde en harmonie, dans lequel la recherche de la beauté conduit à une remise en cause de l’individu et, partant, de la société. Théorisée par Alberti, cette immersion dans l’oeuvre d’art ouvre la voie à une émotion intime, qui transcende les cadres juridiques. Cet individu qui s’immerge et se refonde dans l’espace public et familial par l’oeuvre d’art, est ici nommé egomet.

Parallèlement cependant survit naturellement la part qui, chez les individus, joue un rôle social. Elle devient toutefois un masque, une persona comme disaient les Anciens lorsqu’il s’agit du rôle joué dans l’espace public ; une personula ajoute l’auteur lorsque la scène se déroule dans l’espace privé.
Ces nouvelles réalités conduisent à l’évidence à s’interroger. En premier lieu sur la place qu’occupe le droit face à un individualisme qui trouve de plus en plus de voies pour se donner libre cours. Ensuite sur l’universalité du phénomène ou sa contingence.

Car cette mutation profonde se manifeste et se vit différemment selon la latitude. Si l’egomet peut se donner libre cours dans les pays du Sud, où le formalisme social demeure important, il reste discret au Nord, où l’on sépare simplement deux espaces : l’espace public et l’espace privé.
Mais surtout ces bouleversements suscitent en retour une violente opposition.

Agrégé des facultés de droit, docteur en histoire médiévale, lauréat de l’Institut et aujourd’hui professeur émérite, Jacques Bouineau a exercé en France dans plusieurs universités et aux Écoles de Coëtquidan-Saint-Cyr, mais aussi au Caire. Fondateur de Méditerranées, du CEIR, auteur de nombreux articles, plusieurs manuels ou traités, deux romans, il est également membre de plusieurs sociétés savantes.

Avant-propos
Abréviations
INTRODUCTION
PREMIÈRE PARTIE
Redéfinitions du pouvoir

CHAPITRE 1. POUVOIR RELIGIEUX
1. Apparat officiel
2. Imprégnation des consciences
CHAPITRE 2. POUVOIR POLITIQUE
1. Ordre royal
2. Ordre princier
DEUXIÈME PARTIE
Redéfinitions de l’individu

CHAPITRE 3. UNE SENSIBILITÉ HUMAINE.
1. Sensibilité
2. Egomet
CHAPITRE 4. UNE DIMENSION NOUVELLE
1. Éclosion de l’homme total
2. Disparition de l’homme total ?
CONCLUSION
Bibliographie
Index des noms propres
Index des oeuvres de l’esprit
Crédits photographiques

Informations pratiques :

Jacques Bouineau, Le regard du droit. La politique et l’art à la Renaissance, Paris, Les Belles Lettres, 2026 ; 1 vol., 370 p. ISBN : 978-2-25145-920-2. Prix : € 45,00.

Source : Les Belles Lettres

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Publication – Madeleine Jeay, « La fabrique du texte et du sens au Moyen Âge »

Le fil conducteur qui réunit les articles rassemblés par Madeleine Jeay dans cette collection est celui de la quête du sens à accorder aux textes dont ils traitent. La séduction qu’exercent sur leur lectrice les œuvres du Moyen Âge tient en effet en grande partie à la part d’énigme qu’elles recèlent et qui déjoue les systèmes d’interprétation qu’on peut leur appliquer. Ses travaux sur les Évangiles des quenouilles, une collection de croyances populaires dans le cadre boccacien de veillées de vieilles paysannes, ont ouvert sur le double questionnement qui n’a cessé d’être le sien : qu’est-ce qui fait sens, qu’est-ce qui fait texte ? Cette œuvre atypique conduit à s’interroger sur les limites de l’emprise du narrateur et à prendre acte de la polysémie inhérente à la multiplicité des registres et des discours présentés dans le récit-cadre. En tant que compilation d’énoncés, elle présente un caractère discontinu et énumératif qui a engagé Madeleine Jeay à s’intéresser à l’écriture par listes et à cet objet poétique singulier. Dans cet ensemble, celles qui sont consacrées aux noms d’auteurs et éventuellement à leurs mécènes, posent la question de cette mise en scène insistante de l’instance auctoriale, notamment dans le corpus lyrique. Une dernière facette des travaux de Madeleine Jeay porte sur le savoir des femmes mystiques, en particulier celui des femmes illettrées capables d’élaborer une forme de théologie vernaculaire personnelle grâce à des communautés de lecture et de discussion.

Madeleine Jeay est professeur émérite en littérature médiévale de l’Université McMaster (Hamilton, Canada).

Table des matières : ici

Informations pratiques :

Madeleine Jeay, La fabrique du texte et du sens au Moyen Âge, Paris, Honoré Champion, 2026 ; 1 vol., 482 p. (Essais sur le Moyen Äge, 81). ISBN : 978-2-74536-609-2. Prix : € 70,00.

Source : Honoré Champion

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Publication – »The Angevin World, 1154-1204. New Interpretations », éd. Stephen D Church, Laura Cleaver, Matthew Strickland

At the time of his death in 1189, the lands which Henry II had brought under his rule through inheritance, marriage, and military might stretched from Northumbria to Gascony, and across the Irish Sea. This vast agglomeration, often described in English as “the Angevin empire”, and in French as “l’espace Plantagenêt”, was a dominant force in the politics of western Europe until its fragmentation under John, beginning with the loss of Normandy to the French king Philip Augustus in 1204. Yet beyond the forceful personalities of its rulers, what – if anything – bound these wide and disparate lands together? To what extent were they interconnected politically, economically and culturally?

This multi-disciplinary volume brings together specialists in history, literature, material culture, art history, and manuscript studies to approach these questions from a range of different perspectives. From the cultural interactions of courts, to political thought and symbols of power, the diffusion of historical writing, and practical responses of the Angevins to the challenges of governing, whether in Aquitaine or in Ireland, and of waging war in expansion or defence of their territories, this book aims to provoke fresh thinking regarding how we understand the complex nature of the Angevin lands.

S. D. CHURCH is Professor of Medieval Studies at the University of Lincoln and Emeritus Professor of Medieval History at the University of East Anglia.

LAURA CLEAVER is Professor of Manuscript Studies at the Institute of English Studies, School of Advanced Study, University of London.

MATTHEW STRICKLAND is Professor of Medieval History at the University of Glasgow.

‘Introduction,’ by S. D. Church.
‘Armies of Empire? Military Interconnectivity in the Angevin Lands,’ by Matthew Strickland.
‘Practices of government: power and rule in the continental possessions of the Angevin Empire under the early Plantagenets,’ by Maité Billoré and Frederic Boutoulle.
‘Henry II’s networking on the continent,’ by Alheydis Plassmann.
‘The image and experience of Angevin power in Anjou before and after 1154,’ by Kathryn Dutton.
‘The Angevin Empire in Britain and Ireland,’ by Colin Veach.
‘Gerald of Wales on Imperial Clemency and Angevin Tyranny in De principis instructione,’ by Sigbjørn Olsen Sønnesyn.
‘Is it all about Empire? The Angevins through the Lens of Gift Giving,’ by Jitske Jasperse.
‘History Books in the Angevin World: Culture, Communication and Community,’ by Laura Cleaver.
‘The Sword in the Angevin Empire: Myth, Legend, Theology,’ by Martin Aurell.
‘Challenging “exceptionalism”: Re-assessing twelfth-century Angevin-Aragonese relationships,’ by Antonella Liuzzo Scorpo.
‘The Image of the Angevin Kings and the “History” of the Histories of England in the Spanish-Speaking World,’ by Bernardo Santano Moreno.

Informations pratiques :

The Angevin World, 1154-1204. New Interpretations, éd. Stephen D Church, Laura Cleaver, Matthew Strickland, Woodbridge, The Boydell Press, 2026 ; 1 vol., 362 p. ISBN : 978-1-83765-440-6. Prix : USD 130,00.

Source : Boydell and Brewer

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