La transmission des modèles artistiques était une pratique commune dans l’enluminure médiévale. Alors que les circonstances de la production des manuscrits enluminés changeaient au cours des siècles, le recours aux modèles et compositions déjà établis, leurs copies et leurs variations faisaient toujours partie de la méthode de travail des enlumineurs et scribes et aboutissent notamment à la progression des modèles qui allaient parfois au-delà des intentions de l’original.
L’histoire de l’art a depuis longtemps reconnu cette pratique de la transmission des modèles – graphiques, peints ou même écrits – pour en dériver des développements artistiques régionaux mais aussi des biographies des artistes et leur mouvement géographique. Cependant, même les inventions les plus exceptionnelles qui ornent par exemple des livres d’heures ne s’enlèvent jamais entièrement la nécessité d’illustration avec des scènes reconnaissables et s’intègrent dans ou réfèrent à une tradition de séquences d’images fixées. Par conséquent, le chef-d’œuvre doit être aussi vu à travers la tradition des modèles antérieurs. Le colloque Traditions réinventées se dirige vers une approche systématique du problème de la transmission des modèles artistiques, qui est un sujet central de la recherche sur les manuscrits enluminés. Ce n’est pas seulement la réutilisation des modèles mais surtout la manière dont ce processus d’adaptation se déroule qui mérite d’être analysée et révélée par des études de cas ainsi que par l’études d’œuvres trop souvent négligées.
Nous invitons ainsi de jeunes chercheurs à présenter leurs nouvelles approches de ce champ de recherche. Quelques points d’intérêt sont sur la liste ci-jointe et pourraient servir de premières formules pour les communications envisagées.A partir des communications orientées vers des aspects d’histoire de l’art, des réflexions qui s’occupent de l’analyse scientifique des enluminures et touchant le champ de travail des restaurateurs sont les bienvenues. Quel spectre des possibilités offrent les analyses techniques des matériaux utilisés ou des dessins préliminaires sous les couches des couleurs concernant les possibilités de dater et reconnaître des œuvres groupées ou même des ateliers artistiques ? La priorité du colloque se dirige plutôt vers des aspects et questions d’histoire de l’art, mais doit être en plus enrichie par une perspective sur la critique des textes, particulièrement ceux liés aux manuscrits de dévotion. Des chercheurs des disciplines apparentées sont invités à proposer des communications concernant par exemple l’importance et l’histoire des prières en langue vulgaire ou l’intertextualité des manuscrits de dévotion en ce qui concerne la possibilité de les dater et les localiser.
Les points suivants suggèrent quelques sujets qui pourraient aider à vous orienter dans votre réflexion. Cependant, des propositions traitant un sujet qui n’est pas sur la liste et abordant le sujet de la transmission des modèles artistiques dans les manuscrits enluminés du Moyen Âge tardif sont souhaitées et bienvenues.
– L’itinéraire artistique : la transmission des modèles au-delà des frontières
– La décoration et le lay-out : stratégies d’illustration des manuscrits de dévotion et leurs relations avec d’autres genres
– La relation entre les manuscrits de luxe et la production standardisée : études de cas
– La possibilité de structurer la production régionale : échanges et caractère local
– Continuité dans la production des manuscrits enluminés et valeur esthétique propre aux modèles. Comment une bonne idée perdure et comment reconstruire sa diffusion
– Le développement de la bordure des images dans la deuxième moitié du XVe siècle en France et en Flandre
– Intermédialité et stratégies d’adaptation : l’échange entre tableau et miniature au XVe siècle
– Datation et localisation de la production artistique en dehors des capitales
– Entre enluminure, imprimerie et vitraux : la réalité historique de l’artiste travaillant dans plusieurs médias.
– Echanges entre l’illustration des manuscrits séculaires et dévotionnels : études de cas sur le transfert des motifs
– La redécouverte de l’Antiquité dans le Nord : des nouvelles iconographies dans l’enluminure
– L’art italien dans le Nord : nouvelles interprétations et leur diffusion
– L’enluminure française et flamande en Italie
– La décoration et le lay-out : stratégies d’illustration des manuscrits de dévotion et leurs relations avec d’autres genres
– La relation entre les manuscrits de luxe et la production standardisée : études de cas
– La possibilité de structurer la production régionale : échanges et caractère local
– Continuité dans la production des manuscrits enluminés et valeur esthétique propre aux modèles. Comment une bonne idée perdure et comment reconstruire sa diffusion
– Le développement de la bordure des images dans la deuxième moitié du XVe siècle en France et en Flandre
– Intermédialité et stratégies d’adaptation : l’échange entre tableau et miniature au XVe siècle
– Datation et localisation de la production artistique en dehors des capitales
– Entre enluminure, imprimerie et vitraux : la réalité historique de l’artiste travaillant dans plusieurs médias.
– Echanges entre l’illustration des manuscrits séculaires et dévotionnels : études de cas sur le transfert des motifs
– La redécouverte de l’Antiquité dans le Nord : des nouvelles iconographies dans l’enluminure
– L’art italien dans le Nord : nouvelles interprétations et leur diffusion
– L’enluminure française et flamande en Italie
Informations pratiques : le colloque se déroulera du 8 au 10 juin 2012 à l’Institut d’histoire de l’art de la Freie Universität Berlin et à la Gemäldegalerie de Berlin. Les propositions sont à renvoyer pour le 30 juillet 2011 à Joris C. Heyder (j.c.heyder@fu-berlin.de) et Christine Seidel (christine.seidel@fu-berlin.de) qui assureront la sélection des propositions. N’hésitez pas à nous contacter pour toute information supplémentaire.





