Colloque – La pensée sérielle, du Moyen Âge aux Lumières

Pour donner ordre et compréhensibilité à l’univers qui l’entoure, l’homme médiéval développe une nette prédilection pour la pensée sérielle. Les quatre éléments, les cinq sens, les sept vices et vertus … Alors que ces catégories mentales organisées en liste permettent de structurer la pensée, les nombres qui président à ces séries ont valeur symbolique et rendent compte des correspondances entre microcosme et macrocosme. Entre les différentes séries se tissent souvent des réseaux de correspondance, obligeant quelquefois à de sérieux tours de passe-passe. Car comment réduire, par exemple, les cinq sens aux quatre éléments ?
Atelier de Francesco Pesellino, cassone représentant les sept arts libéraux, moitié du XVe siècle
Liée à la pensée métaphorique, c’est souvent par le truchement du symbole et de l’allégorie que la pensée sérielle s’exprime aux niveaux textuel et visuel. Par ailleurs les séries littéraires telles que les Neuf Preux, les Douze Pairs ou encore les dix journées du Décaméron connaissent également un succès considérable, jusque dans la première modernité et au-delà (Les 120 Journées de Sodome…). 
Dans ce colloque, nous examinerons le fonctionnement de la pensée sérielle dans la période médiévale et pendant la première modernité, ainsi que les transformations qu’elle subit au cours des siècles. Comment ce mode de pensée, solidement assis dans la conception médiévale de l’univers, continue-t-il à opérer dans la première modernité ? Est-ce qu’il correspond toujours à un désir fondamental d’organiser la réalité, ou est-il devenu surtout un dispositif rhétorique? Que devient le lien entre la pensée sérielle et le mode d’expression métaphorique ? Le nombre garde-t-il sa charge symbolique? Les réseaux de correspondance entre les séries continuent-ils à exister, et d’ailleurs quels sont les effets qui en ressortent dans les différentes périodes ? Comment passe-t-on de la pensée sérielle à la pensée encyclopédique ? Rencontre-t-on des ruptures par rapport aux modèles sériels (pré)existants, un jeu sur les nombres habituels, d’autres phénomènes de dislocation? Que signifient alors ces écarts ? Comment le recours à l’énumération, la série, la liste, permet-il une meilleure compréhension de l’esthétique de l’époque ?

Programme :

Informations pratiques :

La pensée sérielle, du Moyen Âge aux Lumières. Colloque international et interdisciplinaire, les 7 et 8 juin 2012, Université de Groningen, Pays-Bas

Organisation

Dr. Anne-Marie De Gendt, Dr. Alicia C. Montoya
Renseignements pratiques: Marijke Wubbolts

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Réseau des médiévistes belges de langue française
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