Nocturnes historiques au cœur des vestiges de l’ancien palais de Bruxelles
22/05/2012 > 28/06/2012
Plongez dans les souterrains de la place Royale, à rebours du temps de Charles Quint ; une manière originale de revivre cette riche période de notre histoire, de la Renaissance à sa réinterprétation au 19e siècle : il y sera question de légendes, de musique, de danse, de gastronomie et de parcours en ville. Bruxelles a décidément de quoi vous surprendre.
Organisé par l’asbl Palais de Charles Quint, cette série de conférences sera couverte par l’Académie royale de Belgique qui s’associe à l’événement pour vous en proposer, durant la période estivale, les enregistrements sonores et vidéos.
PROGRAMME
Bruxelles, la ville de Charles Quint par Roel Jacobs (suivi d’une dégustation de bière de chez nous)
Mardi 22 mai, à 18h30 (et 23/5 en néerlandais)
De toutes les villes où Charles Quint a passé la nuit pendant son règne, Bruxelles est le n°1 incontesté. Il y est trois fois plus souvent que dans les n° 2 et 3, Augsbourg (ville de la Diète impériale) et Valladolid (ville des cortes de Castille). Il y est huit fois plus souvent qu’à Gand, sa ville natale. A cet argument quantitatif s’ajoute l’argument qualitatif de tout ce qui s’est décidé à Bruxelles à cette époque. Le comble, c’est que le centre politique le plus important d’Europe à cette époque, n’est même pas conscient de cet aspect de son passé. Pourtant, toute la ville a été marquée par ce fait : réalisations architecturales, apogée de la tapisserie, etc. Et les traces de cette histoire sont toujours visibles dans le paysage urbain, dans les musées de la ville… et du monde entier.
Charles Quint, le bon empereur ? Et si vous ne croyez pas ça, je vous en raconte une autre… par Roel Jacobs (suivi d’une lecture de textes tirés de Thyl Ulenspiegel)
Mardi 29 mai, à 18h30 (et 30/5 en néerlandais)
Notre connaissance du passé est toujours un mélange de mythe et de réalité. C’est particulièrement vrai dans le cas de Charles Quint. Des innombrables légendes qu’on raconte à son sujet, il n’en a connu aucune. Elles sont inventées après son décès et par ses ennemis qui, en idéalisant le père, discréditent son fils et successeur, qu’ils combattent. Le personnage est tellement important qu’il revient dans le débat du 19e siècle, comme référence positive pour les conservateurs, comme référence négative pour les progressistes. La réalité du 16e siècle et toutes les couches superposées d’imaginaire des siècles suivants, c’est ce que les historiens appellent « invented past », plusieurs histoires pour le prix d’une !
La gastronomie à la Renaissance, un passage entre Moyen âge et âge classique par Pierre Leclercq (suivi d’une approche gustative)
Jeudi 7 juin, à 18h30
Au cours de la Renaissance, la haute gastronomie héritée des derniers siècles du Moyen ge atteint un véritable état de grâce. En même temps, elle vit ses derniers feux avant le fulgurant avènement de la cuisine française sous le règne du Roi Soleil. Comment sommes-nous passés des médiévaux parfums sucrés et orientaux à l’âge de la
gastronomie classique dont nous sommes, aujourd’hui encore, les dignes représentants ? Y a-t-il eu rupture ou continuité ? Comment les goûts ont-ils évolué durant cette période charnière ? Voici les questions auxquelles nous tenterons de répondre, avec l’aide de Lancelot de Casteau, dernier grand maître queux de la tradition médiévale et ordonnateur des banquets des princes-évêques de Liège dans la deuxième moitié du 16e siècle.
Splendeurs de la musique à Bruxelles au temps de Charles Quint par Ariane Renel (suivi d’une initiation aux danses de l’époque)
Mardi 12 juin, à 18h30
La musique est une part essentielle de l’art de vivre de la Renaissance. A Bruxelles, comme dans toute l’Europe, elle rehausse l’éclat des grands événements civils, politiques ou religieux. Charles Quint lui-même s’entoure de musiciens de premier plan, et la splendeur de sa chapelle rayonne bien au-delà des frontières de son Empire. Mais la musique est également présente au coeur de la vie quotidienne des bruxellois du 16e siècle, dans l’intimité des intérieurs bourgeois, lors de bals ou de festivités populaires… Laissez-vous surprendre par ces sonorités fascinantes, et entrez pour un soir dans l’univers musical d’une cité de la Renaissance ».
Mardi 19 juin, à 18h30
Processions et cérémonies urbaines livrent autant de commentaires éloquents sur la perception et l’évolution de la ville au cours des siècles passés. Dans le sillage de l’Ommegang, les conférenciers vous invitent à redécouvrir à Bruxelles, ces itinéraires historiques particuliers, dessinés au fil du temps par un éventail de spectacles ambulants à vocation sociale, politique et religieuse.
Le banquet à la Renaissance, un lieu où se mêlent politique et plaisir par Pierre Leclercq (suivi d’une approche gustative)
Jeudi 28 juin, à 18h30
Dans l’extraordinaire tumulte politique et religieux qui ébranle l’Europe du 16e siècle, l’art de la table demeure un outil de propagande de prédilection au sein des plus hautes sphères de l’Etat. Des joyeuses entrées de Charles Quint aux fêtes fastueuses orchestrées par Catherine de Médicis, les banquets expriment la toute puissance du prince dans une débauche de luxe et de mets d’apparat. Le 12 décembre 1557, le jeune prince-évêque Robert de Berghes fait son entrée à Liège. Le menu du jour, concocté par le maître queux Lancelot de Casteau, compte 148 plats différents. L’évocation de cet événement exceptionnel nous permettra de nous plonger dans l’atmosphère d’un grand banquet princier du 16e siècle et d’en comprendre ses enjeux ainsi que son déroulement.
Informations pratiques :
Coudenberg – Ancien Palais de Bruxelles (souterrains de la place Royale)







