Appel à contribution – Espaces frontaliers : Zones de contact / zones de conflit ?

3e journées d’études « Frontières ». 
Université de Liège (Belgique), Jeudi et vendredi 25 et 26 avril 2013

La frontière – a écrit Daniel Nordman – est une idée, non un objet, une chose inerte et amorphe. Elle n’est rien sans les mots, les figures, les concepts par lesquels elle est désignéeEn d’autres termes, ce sont l’imaginaire, l’art oratoire, la stratégie militaire, les ambitions et les sentiments humains qui lui donnent un sens, qui la font exister. Ceux qui ont pensé, interprété, réinventé les frontières à travers le temps ont probablement exercé une plus grande influence sur la perception de l’espace et de son organisation que ceux qui les ont bornées et tracées – que l’espace envisagé soit politique, religieux, socio-économique ou culturel. Toutefois, ces hommes de terrain ou de cabinet qui ont imaginé puis concrétisé le tracé des limites territoriales n’ont, pour la plupart, jamais eu à l’expérimenter au quotidien. Leur rapport théorique aux frontières doit, par conséquent, être complété par le témoignage des personnes directement concernées par leur établissement. Les espaces frontaliers ainsi créés requièrent l’attention des chercheurs en raison de leur singularité par rapport au centre, parce qu’ils se révèlent avec le temps zones de contact ou de conflit. 

Les journées d’études interuniversitaires « frontières » organisées à l’Université de Liège se proposent d’établir un bilan annuel de l’avancement de la recherche sur la notion de frontière et de limite dans une perspective diachronique et pluridisciplinaire. Après s’être interrogés sur le concept de frontière (Frontières fixes et mouvantes, espaces, temps, imaginaires – avril 2011) et sur le contexte et les circonstances de leur tracé à travers l’Histoire (Penser la frontière entre Meuse et Rhin – mai 2012), les jeunes chercheurs à l’initiative de ce projet se proposent d’accorder leur attention aux hommes et aux femmes qui ont vécu ou vivent aux confins d’un territoire, à ceux qui ont gardé, transgressé, passé les limites quelles qu’elles soient, à la manière dont ils ont perçu et/ou subi l’évolution des tracés ou encore à la manière dont on leur a présenté ces changements. La définition et la perception de la frontière envisagée tantôt comme une zone de rencontres, d’échanges (matériels et culturels), de regroupements (politiques et sociaux), tantôt comme une zone de confrontation ou de fracture politique, économique, militaire, culturelle (…) seront donc au cœur de la réflexion qui sera menée durant ces deux jours. 

L’invitation est lancée à tous les chercheurs en sciences humaines – historiens, historiens d’art, politologues, philologues, linguistes, ethnologues (…) – intéressés par la problématique et désireux d’établir un dialogue interdisciplinaire fécond. Cette rencontre se tiendra les jeudi 25 et vendredi 26 avril 2013 à l’Université de Liège (Belgique). Les propositions de communication (titre provisoire et résumé en 20 lignes) sont attendues pour le 15 septembre 2012 (Anthony.Dignef@ulg.ac.be ; christophe.bechet@ulg.ac.be). Les langues de travail seront le français, l’anglais et l’allemand.

Appel à contribution en français, anglais et allemand : ici

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Réseau des médiévistes belges de langue française
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