Symposium (9-12 octobre 2013)
Saint-Martin-Vésubie (Alpes-maritimes)
Date limite : 15 décembre 2012
Contacts : Éric Gili : vésubiemusee@gmail.com
Jean-Marc Moriceau : jean-marc.moriceau@unicaen.fr
Parmi les animaux sauvages, le loup suscite en Europe des passions depuis l’Antiquité. Considéré des siècles durant comme un ennemi public, il est passé depuis quelques décennies dans la catégorie des animaux protégés. Son statut s’est inversé, favorisant une recolonisation dont la France constitue un exemple emblématique et problématique. Réussite inédite en matière de conservation, le retour de l’animal présente un impact indéniable sur les activités humaines. Symbole de la biodiversité, il contribue aussi à la redéfinir localement tout en remettant en cause un équilibre agro-pastoral fragile.
Vingt ans après le constat officiel de son retour, le moment est arrivé de dresser un bilan général à la fois rétrospectif et prospectif. Au regard de l’expérience historique, riche de plus de 2000 ans, et des pratiques actuelles d’autres régions d’Europe, qui sont restées confrontées au prédateur depuis longtemps, un état des lieux s’impose. Depuis 1993, les structures dédiées à la gestion – ou à l’observation du loup – se sont activées. Par ailleurs bon nombre d’associations, de chercheurs et d’acteurs ont été conduits à réagir.
Les difficultés de suivi de l’animal ou d’évaluation de son impact se sont multipliées et n’ont pas favorisé la transparence de l’information. En vue de réduire ces disparités et de favoriser des échanges constructifs, il convient de partager les informations portées par les secteurs scientifiques, les institutions, les acteurs concernés par le loup.
Dans cette perspective les organisateurs du colloque s’assignent un objectif : parvenir, en fédérant les énergies, à des conclusions opératoires, susceptibles d’alimenter les décisions politiques.
Ce colloque qui réunit acteurs et spécialistes de la relation hommes-loups, vise des espaces différents mais en interrelation, impliquant les acteurs à plusieurs niveaux :
- L’Europe (pour comparer les expériences actuelles de gestion et leurs antécédents) – L’échelle hexagonale (la France dans une perspective à la fois historique et contemporaine) –
- Le niveau régional (notamment les régions PACA et Rhône-Alpes, le loup ayant dans l’ensemble alpin un impact particulier sur l’agro-pastoralisme et le tourisme).
Thématiques proposées :
1) Les traces du loup de la Préhistoire à l’actuel. Indices de présence – Coordinateur: Jean-Marc Moriceau
Comment prouver la présence du loup et apprécier son évolution ? Les indices abondent et varient dans
le temps et l’espace mais ils sont souvent fragiles et rarement irréfutables. Quels en sont les apports qualitatifs et quantitatifs ? Quelle en est la typologie ? Quelle méthodologie requièrent-ils pour les valider ?
2) Disparition, retour et expansion du loup en France – Coordinateur: Farid Benhammou
Quels sont les antécédents du retour du loup en France ? Dans quel contexte s’inscrit-il alors que les territoires concernés subissent des mutations dans leurs activités agricoles et le multi-usage ? Quelle est l’évolution de la population et des prédations dans un contexte d’expansion nationale et européenne qui appelle des outils de gestion prospective ?
3) L’écologie de l’espèce et les dynamiques de population – Coordinateurs : Corinne beck et Éric Fabre
En s’inscrivant dans la perspective des interactions entre processus bio-physiques et processus sociaux sur le temps long de l’Histoire, il s’agit de dresser un état des lieux de nos connaissances relatives à l’écologie de l’espèce et aux dynamiques de sa population : expansions et rétractions territoriales, structure des populations lupines, évolution d’hier à aujourd’hui.
4) Protéger le loup, protéger les troupeaux – Coordinateur: Antoine Pierrot
La réapparition du loup a entraîné des réactions variées : saluée avec enthousiasme par les défenseurs de la nature, elle a été vécue comme une catastrophe par les éleveurs et les bergers, qui ont accusé le loup de mettre en péril l’élevage. Comment, dans ces conditions, concilier protection du loup et protection des troupeaux ? Existe-il des exemples de cohabitation réussie en Europe et dans le monde ? Que faire pour y parvenir en France ?
5) Les attaques du loup sur l’homme : mythe ou réalités ? – Coordinateur: Antoine Pierrot
Le loup est-il dangereux pour l’homme ? La question divise aussi bien l’opinion publique que le monde scientifique : à l’image du loup craintif et inoffensif, s’oppose celle du « mangeur d’hommes » des siècles passés. Comment expliquer un tel paradoxe ? Si le loup a pu être dangereux pour l’homme par le passé, l’est-il encore aujourd’hui ? Le sera-t-il demain ?
6) La place du loup dans l’imaginaire et le symbolique – Coordinateur: Anne Lalo
La figure du loup occupe une place centrale dans l’inconscient collectif des peuples d’Europe. Comment s’exprime-t-elle dans les mythes ? Dans les religions ? Quelles sont les sources culturelles du modèle emblématique du «grand méchant loup» ? Comment cette imagerie a-t-elle évoluée dans les fables, les légendes et les contes de fées ? Plus près de nous, comment la psychanalyse interprète-t-elle cette figuration du loup dans l’imaginaire et le symbolique ?
7) Le loup, la loi, l’état : politiques publiques et législation – Coordinateur: Anne-Marie Granet-Abisset
Depuis sa réapparition dans les années 1990, le loup occupe une place spécifique dans la biodiversité, faisant l’objet d’une législation, d’un suivi et d’une protection sans cesse réaffirmés. Comment expliquer ce statut juridique particulier au sein des espèces protégées ? Quelle est la nature et la teneur de cette législation au niveau national comme international (convention CITES, convention de Berne, directive Habitats) et quels rôles respectifs y tiennent les différents acteurs concernés (État, associations, institutions, professionnels de l’élevage et du tourisme) ? Vers quelle évolution s’oriente-t-on ?
8) L’impact du loup sur la faune sauvage et domestique : quelle place pour les éleveurs et les chasseurs ? – Coordinateur: Jérôme Buridant
Comment mesurer les prélèvements effectués par le loup sur la faune sauvage et domestique, hier et aujourd¹hui ? Le loup peut-il être considéré comme un régulateur de la faune sauvage ? En dehors de l¹impact direct sur la faune domestique, quelles sont toutes les conséquences indirectes du loup sur l¹élevage ? L¹impact sur les troupeaux dépend-il de conditions locales spécifiques ? Au-delà de la nuisance, la présence du loup peut-elle être un atout pour la redynamisation du pastoralisme ?
9) Information et communication autour du loup – Coordinateur: Anne Lalo
La question du loup divise. Quels sont aujourd’hui les termes du débat, les lignes de clivage, les points d’achoppement ? Quelle est la place des uns et des autres dans cette discussion : éleveurs, associations de protection de la nature, administrations d’Etat, « Réseau loup », chasseurs, maires des communes concernées par la prédation ? Quel sens donné à ce conflit ? Comment comprendre que le loup suscite encore tant de passion ?
10) Des loups dans des campagnes en mutation : du conflit à la ressource territoriale ? – Coordinateur: Philippe Madeline
En quoi le loup est-il le révélateur des mutations agricoles et rurales à l’œuvre dans les zones qu’il recolonise ? Le loup peut-il être une ressource pour les espaces ruraux ? Quels sont les effets de son retour sur la gestion des territoires ?
Comité d’organisation :
Jean-Marc Moriceau, Membre de l’Institut universitaire de France, Professeur à l’Université de Caen
Éric Gili, président de l’AMONT (Association Montagne et Patrimoine)
Anne et Jean-Michel Sivirine, Chargée de communication et secrétaire de l’AMONT), et la Municipalité de Saint-Martin-Vésubie (Alpes-Maritimes)






