Respondrai com calarai me : Représentations du silence au Moyen Âge
Université de Genève
3-4 mai 2013
L’association des Jeunes Chercheurs Médiévistes JCM de l’Université de Genève, en association avec le programme doctoral de la CUSO en études médiévales, organise sa troisième journée d’études internationale sur le thème du silence au Moyen Âge.
Jacques Roubaud commence son livre sur l’art des troubadours, La Fleur inverse, en citant un échange poétique autour de la question du néant : vers 1230, deux poètes écrivent une tenson sur « ce qui n’existe pas », la tenso de non re. L’un des deux troubadours provoque son interlocuteur en affirmant son intention de se taire : respondrai com calarai me. Le jeu du débat repose sur un échange de paroles, or ici le poète remet en question cette règle fondamentale et fait du silence un élément significatif. Quel est cet art de dire en se taisant ? Comment le Moyen Âge exploite-t-il ce silence plein de sens ?
La langue coupée de Philomena rappelle que la parole peut être empêchée et le silence imposé. Mais il peut être également librement choisi, comme c’est le cas du silence monastique, par exemple, qui est d’ailleurs l’objet de discorde au sein des différents ordres. Le silence permet le recueillement. Il est nécessaire à la pratique méditative de la prière ou de la lecture. Le silence est aussi devoir : celui des prêtres qui reçoivent la confession, celui des médecins qui prêtent le serment d’Hippocrate, celui des messagers en mission. Se taire est également une façon de se protéger. La bienséance et la mesure exigent, dans les interactions, une retenue qui peut s’articuler par le silence. Il cache et dévoile à la fois : la représentation des émotions oscille entre silence et démesure, que l’on pense au silence abasourdi ou aux scènes de folie. De plus, le silence apparaît comme une composante essentielle à la création musicale.
Figure poétique, forme de punition, devoir quotidien ou outil de composition, le silence demande des réponses. C’est dans ces perspectives que nous souhaitons aborder le thème du silence. Les communications, d’une vingtaine de minutes, pourront porter sur l’ensemble des disciplines s’intéressant à la période médiévale : musicologie, littérature, histoire, histoire de l’art, histoire du droit, histoire de la médecine, théologie, philosophie, anthropologie.
Les propositions de contribution, d’une demi-page environ et accompagnées de renseignements pratiques (statut, institution de rattachement, domaines de recherche) sont à envoyer au format PDF avant le 1er février 2013 à l’adresse suivante : Ludivine.Jaquiery@unige.ch
Un comité scientifique procédera à la sélection des communications. Pour toute question, vous pouvez adresser un e-mail aux Jeunes Chercheurs Médiévistes : jcm.genevois@gmail.com.
Pour plus d’informations sur les Jeunes Chercheurs Médiévistes de l’Université de Genève, nous vous invitons à consulter notre site Internet : http://sites.google.com/site/jcmunige/
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