Cette contribution tente d’appréhender, à l’aide de sept documents comptables provenant des archives des comtes de Hainaut et de Hollande entre 1304 et 1337, la pratique du service à gages à la cour et dans l’hôtel comtal. Une analyse des termes utilisés dans ces documents pour désigner ces services et les personnes rémunérées permet de brosser un tableau de l’organisation de la maisnie comtale. Contrairement à ce que des textes normatifs, telles les ordonnances de cour, nous montrent, ces services ne sont pas structurés de façon rigide selon un schéma bien défini. Ils sont plutôt (dés)organisés de façon pragmatique selon les besoins journaliers changeants d’une famille comtale ambulante et souvent séparée, les moyens financiers du moment et la disponibilité des personnes concernées par les différents services. Sur une période d’environ 25 années, ces instantanés nous montrent un personnel de niveaux très divers, multi-disponible et flexible, fidèle et apprécié par ses employeurs mais souvent aussi actif dans d’autres secteurs que le service comtal.
Cette contribution comporte une édition critique d’une série de listes de nobles et dignitaires rédigées pour les châtellenies de Courtrai, Waes, Furnes et le Franc de Bruges à différents moments au cours du quinzième et seizième siècle. En outre elle comporte, dans un but de mobilisation militaire potentielle, une liste des nobles de tout le comté de Flandre datant de 1540-1543. Ces documents sont tout d’abord importants pour la recherche future au niveau des élites locales dans le comté de Flandre, mais, en outre, ils aident à mieux comprendre le contexte dans lequel il ya lieu de situer la genèse des “listes de nobles” antérieurement publiées qui couvrent la noblesse de tout le comté de Flandre. En fait, ces “listes de nobles” ne doivent pas être perçues comme une illustration de la prouesse administratieve de l’Etat bourguignon-habsbourgeois, mais plutôt comme une indication que les institutions princières dépendaient des informations qui leur étaient fournies par les administrations des châtellenies. En effet, c’est surtout là que se jouait le perpétuel débat sur la qualité de noble d’un tel ou d’un autre, la noblesse établie occupant un grand nombre de sièges dans les bancs echevinaux des châtellenies. De ce fait les documents repris dans cette publication sont d’une grande valeur pour la recherche dans les processus de hiérarchisation sociale dans la société pré-moderne de Flandre.
La plupart des comptes médiévaux de la cautside ou chaussée, le service de pavage de la ville de Bruxelles, sont perdus. Heureusement, deux documents du 14e siècle ont été conservés. Ils sont entièrement édités dans cet article. Il s’agit d’un compte en rouleau pour l’année 1369-1370 et d’un ‘compte de synthèse’ pour la période 1372-1379, conservé sous forme d’annexe à l’ordonnance urbaine du 22 octobre 1379. Logiquement, ces documents comptables contiennent des données sur le fonctionnement et les activités de la cautside elle-même, mais ont également une grande valeur pour l’étude de l’immigration, des matériaux de construction et des travaux publics.
Dans le cadre de sa mainmise sur le Duché de Limbourg et de ses annexes, Philippe le Hardi commande en 1389 une enquête relative à ses droits et à l’état des forteresses qu’il vient d’acquérir, document publié dans les années 30 par l’historien Fritz Quicke. En 1406, Antoine de Bourgogne, fraîchement nommé Duc de Limbourg, fait procéder à un nouvel examen des édifices castraux limbourgeois. Outre une mise en perspective de ces documents dans leur contexte politique, le présent article propose une édition critique de l’acte de 1406 ainsi qu’une analyse de son contenu sous l’angle de l’évolution de la poliorcétique.





