Rome, 11-13 avril 2013
École française de Rome, Piazza Navona, 62
Après deux rencontres consacrées à Gouverner par les lettres (2010) et Authentiques et autographes (2012), le programme Épistolaire politique propose un colloque sur le genre, les formes et les fonctions politiques des Lettres d’art. Ce projet est le fruit d’une collaboration avec l’École Française de Rome et le Centro Europeo di Ricerche Medievali de Trieste qui conduisent, depuis 2008, un programme sur Les correspondances politiques et diplomatiques de l’Italie Médiévale. Définir ce qu’est, ou n’est pas, une « lettre d’art » constitue en soi un exercice délicat. L’une des premières questions est bien sûr de savoir si le texte a participé d’un véritable échange épistolaire ou s’il ne constitue qu’une missive fictive ou une épître récrite en vue d’une large publication. De fait, beaucoup de pièces visent un public étendu, et non le seul destinataire désigné. Goûtée depuis l’Antiquité, la lettre d’art prend des formes extrêmement variées. Ses éléments, graphiques, linguistiques ou textuels s’inspirent cependant de modèles antérieurs. Il s’agit dès lors de déterminer le sens de cette pratique de l’imitation et de la variation : le modèle constitue-t-il un simple réservoir de formules ou s’agit-il d’appuyer la pensée sur l’auctoritas des Anciens ? En effet, la forme épistolaire, même de la plus haute qualité, entretient l’illusion d’une familiarité. Un dialogue inter absentes permet ainsi de traiter aussi bien des problèmes immédiats que des questions politiques ou philosophiques. La lettre d’art, plus que la lettre-missive ordinaire, a d’ailleurs vocation à être conservée, à part ou au sein de chroniques. Des collections peuvent être aussi rassemblées par les épistoliers eux-mêmes ainsi que par le personnel des chancelleries. De la lettre d’art à l’art lui-même, il n’y a qu’un pas. Les belles missives sont parfois copiées dans des manuscrits précieux et enluminés, et l’acte même d’écrire une lettre devient un thème apprécié des miniaturistes. Le présent colloque propose une approche croisée de l’art épistolaire, à la frontière entre histoire, littérature et histoire de l’art.
Programme :
Jeudi 11 avril
14h30
Stéphane Gioanni (École française de Rome) – Accueil
Paolo Cammarosano (CERM/Università di Trieste), Bruno Dumézil (Université Paris-Ouest), Laurent Vissière (Paris-Sorbonne) – Introduction
Les lettres de pourpre
Luciana Furbetta (Università Roma La Sapienza) – Gioco letterario e realtà : l’esempio dell’epistolario di Sidonio Apollinare
Paolo Cammarosano (CERM/Università di Trieste) – Les lettres insérées par Procope dans son histoire de la guerre gothique de 535-553
Bruno Dumézil (Université Paris-Ouest) – Les lettres de Venance Fortunat au nom de la reine Radegonde : l’art épistolaire au service de la diplomatie mérovingienne
Elena Malaspina (Università di Roma Tre) – La declamatio come cifra dello stile epistolare
Discussions
Vendredi 12 avril
9h30
Salvador Iranzo (Universitat de Barcelona) – La carta del rey visigodo Sisebuto a los reyes longobardos Adaloaldo y Teodelinda
Christiane Veyrard-Cosme (Université Paris 3) – Rhétorique et stylistique au service de l’idéologie politique dans le Codex Carolinus : la figure du souverain au miroir de la prose d’art des lettres papales
Stéphane Gioanni (École française de Rome) – Les correspondances entre les papes, la dynastie croate et l’aristocratie dalmate (IXe-XIe siècle) : diplomatie, diplomatique et lettres d’art
Discussions
Genèse et expressions d’un ars dicta minis médiéval
Benoît Grévin (CNRS-LAMOP) – La lettre d’art avant la lettre d’art? Typologie et fonctionnalité des lettres d’apparat à l’apogée de l’ars dictaminis (1180-1320)
Fulvio delle Donne (Università della Basilicata/ISIME) – Le parole del potere e il potere delle parole: le epistole della cancelleria sveva
Julie Barrau (Université Paris-Sorbonne) – Entre apologétique et politique, les lettres d’Herbert de Bosham, eruditus et secrétaire de Thomas Becket
Discussions
Enrico Artifoni (Univesità di Torino) – Brunetto Latini e l’epistolografia politica comunale
Mauro Sanna (Universitat de Girona) – Dal particolare al generale : a proposito di una decretale di Innocenzo III
Marialuisa Bottazzi (CERM/Università di Trieste) – La lettera dei Romani all’imperatore Corrado III
Discussions
Variations et mutations du Moyen Âge tardif
Miriam Davide (CERM/Università di Trieste) – Le lettere del patriarca Marquardo di Randeck : scelte stilistiche della cancelleria di un principato ecclesiastico ?
Pierre Savy (Université de Marne-la-Vallée) – Condottières et lettres d’art dans l’Italie de la Renaissance
Discussions
Concert de l’ensemble La Gioannina : « Lettere amorose »
Samedi 13 avril
9h30
Philippe Contamine (Institut de France), Jacques Paviot (Université Paris-Est Créteil) – Philippe de Mézières épistolier
Alain Marchandisse (Université de Liège) – La « Lettre d’art » dans l’œuvre de Jean de Montreuil
Discussions
Laurent Vissière (Université Paris-Sorbonne) – La double vie des éphémères. Lettres de nouvelles et lettres d’art à la fin du Moyen Age
Fanny Oudin (Université de Nantes) – En brief ? L’insertion épistolaire et la rhétorique de l’amplificatio
Rémi Cassaigne (Ensemble baroque La Gioannina) – Lettera amorosa : la rhétorique épistolaire dans la cantate baroque italienne
Thomas Deswarte (Université d’Angers/ANR EPISTOLA) – Conclusions
Informations pratiques :
Rome, 11-13 avril 2013
École française de Rome, Piazza Navona, 62
École française de Rome
Centro europeo di Ricerche Medievali
Centre Roland Mousnier UMR 8596
Université Paris-Sorbonne
Institut Universitaire de France
Programme : Le laboratoire social et politique italien
Comité scientifique :
Paolo Cammarosano (Centro Europeo di Ricerche Medievali/Università di Trieste)
Bruno Dumézil (Université Paris-Ouest)
Stéphane Gioanni (EFR)
Laurent Vissière (Université Paris-Sorbonne)
Contacts :
École française de Rome
Stéphane Gioanni
Directeur des études médiévales
Grazia Perrino
Secrétariat des études médiévales






