Le carnet de recherches« NEO», sur la plate-forme« Hypothèses », a pour objectif scientifique de donner un ancrage plus fort dans la communauté scientifique et universitaire aux jeunes historiens en devenir de l’Université de Louvain (UCL) à Louvain-la-Neuve. Destiné aux médiévistes, il a vocation à accueillir les étudiants et leurs travaux au fil des années universitaires, sous la direction d’un médiéviste professionnel. Les premiers à pouvoir mettre en valeur les résultats de leurs recherches sont les étudiants du séminaire d’Histoire du moyen âge (Bac13, équivalent licence3) dirigé par le Professeur Paul Bertrand. Ils se sont penchés, durant l’année académique 2012-2013, sur la délicate question des hérésies au tournant des XIIIe et XIVe siècles, autour du Livre des sentences de l’inquisiteur Bernard Gui.
L’objectif du séminaire : comprendre l’institution médiévale de l’Inquisition, son fonctionnement, son organisation, ses outils juridiques, ses relations avec les autorités temporelles ; mais aussi saisir ce qu’est l’ «hérésie » selon Bernard Gui : qui sont les hérétiques, comment vivent-ils, quelles sont leurs croyances… Il est pratiquement impossible d’analyser l’ «hérésie » –ou plutôt les hérésies– comme elle se présente, puisqu’elle n’a laissé aucune trace documentaire. Ces mouvements déviants ou dissidents ne peuvent donc être saisis qu’au travers de la vision qu’en ont donnée les inquisiteurs ou, plus largement, le monde ecclésiastique catholique. Soit, ici, au travers du « Livre des Sentences ». C’est donc une construction intellectuelle que nous livre Bernard Gui, qui tente de comprendre le monde des hérétiques en le systématisant avec ses propres outils, pour mieux le combattre. Les étudiants néo-louvanistes ont donc été confrontés à un grand défi critique : l’étude des mouvements hérétiques de la fin du XIIIe-début du XIVe s., au moment où ils sont en train de disparaître, au travers des sources laissées par leurs opposants
Le défi était d’autant plus grand que l’historiographie actuelle, autour de cette question de l’inquisition, est complexe, déchirée entre différentes écoles, entre les tenants de l’existence d’une église cathare « structurée » et ceux qui sont attachés à la réalité historique de mouvements hérétiques diffus, non-structurés et difficilement saisissables dans les sources. Les étudiants durent trouver leur chemin critique dans cette forêt.
Durant les prochaines semaines, les étudiants qui ont participé à ce séminaire publieront, jour après jour, les « bonnes feuilles » de leur travail. Chacun a rédigé une note de blog en dégageant de sa recherche les données qui lui semblaient les plus innovantes et assume la paternité des travaux ici publiés. Le lecteur, que nous espérons fidèle, suivra donc, trois fois par semaine (les lundi, mercredi et vendredi), cette publication en feuilleton. La qualité de ces travaux, qui font montre d’une vraie maturité scientifique, témoigne de l’importance de former à la recherche très tôt les étudiants apprentis historiens.






