Les Pères de l’Église et le pouvoir Une Eglise profondément transformée ? L’impact de la faveur impériale sur l’exercice ecclésial du pouvoir (IVe-VIIe s.).
6 et 7 septembre 2013 à La Rochelle sous la présidence de Monsieur André Giudicelli et Monseigneur Bernard Housset
S’inscrivant dans la suite de l’édit de Galère (311) qui accordait aux chrétiens le droit de pratiquer leur religion, les décisions prises à Milan par les empereurs Constantin et Licinius en février 313 allaient en modifier le sens de façon déterminante tant pour l’Empire que pour l’Eglise. Qu’il s’agisse du mandatum de Licinius affiché en juin 313 à Nicomédie ou des édits de Constantin promulgués en faveur des communautés chrétiennes en Afrique du Nord, pointe un même changement majeur qui fait du christianisme une religion légale. Cette évolution, poursuivie sous les successeurs de Constantin, suscita l’apparition d’un nouveau paradigme historique : l’émergence progressive d’une Eglise durablement favorisée par le pouvoir jusqu’à devenir, durant le règne de Théodose Ier, l’institution en charge de la religion officielle de l’Empire.
Cela ne fut pas sans provoquer de notables mutations à l’intérieur même des Eglises et en tout premier chef sur la manière d’exercer le pouvoir. Cette faveur nouvelle des empereurs romains, puis de certains de leurs successeurs barbares en Occident, à l’égard de l’Eglise allait certes renforcer l’autorité des évêques. Elle pouvait aussi la limiter ou la manipuler, ce qui ne sera pas sans faire naître contestations et résistances : « quoi de commun entre l’empereur et l’Eglise ? » interroge superbement un évêque donatiste.
Plutôt que de reprendre à l’occasion de ce dix-septième centenaire de l’« Edit de Milan », le dossier si souvent traité des rapports entre Eglise et Etat, c’est l’impact même de cette transformation au sein de l’Eglise que ce VIe colloque de La Rochelle se propose de considérer à nouveaux frais à l’échelle de l’Antiquité tardive.
Programme du colloque :
Vendredi 6 septembre
9h00-12h30
Ouverture du colloque par M. André Giudicelli, Doyen de la Faculté de Droit.
I. Le « Moment Constantin », conditions nouvelles pour l’Église
Présidence de séance : M. Rizzi
Philippe Blaudeau (Université d’Angers) – Exercer le pouvoir dans l’Eglise après 313 : réflexions introductives sur une transformation
Luce Pietri (Université de Paris IV – Sorbonne) – Tel « un évêque commun à tous » : l’empereur Constantin et l’Église, selon Eusèbe de Césarée
Olivier Huck (Université de Strasbourg) – Constantin, les évêques et le pouvoir. Conceptions théoriques et realia du pouvoir épiscopal au début du IVe siècle.
Pierre Maraval (Université de Paris IV-Sorbonne) – Le piège du bras séculier : les évêques du IVe siècle entre revendications d’indépendance et recours à l’empereur.
Temps d’échanges
14h00-18h00
II. Interventions impériales et autorité des évêques
Présidence de séance : B. Gain
Pascal-Grégoire Delage (Séminaire de Bordeaux) – Licinius et les évêques.
Xavier Batllo (Abbaye Saint-Pierre de Solesmes) – Du risque d’en appeler à l’Empereur : le cas de Marcel d’Ancyre
Temps d’échanges
III. Interpréter autrement les écritures
Présidence de séance : Fr. Thelamon
Bernard Pouderon (Université de Tours – I.U.F.) – La question de l’autorité dans le Roman pseudo-clémentin
Marie-Laure Chaieb (Université Catholique de l’Ouest) – « Tu n’aurais aucun pouvoir sur moi si cela ne t’avait été donné d’en haut » – La réception de Jn 19, 11 avant et après 313.
Marco Rizzi (Université de Milan) – La transformation de l’exégèse chrétienne à la suite de l’ « Edit de Milan »
Temps d’échanges
Samedi 7 septembre
9h00-12h30
IV – Des théoriciens en situation : auctoritas ou potestas
Présidence de séance : P. Maraval
Ariane Bodin (Paris Ouest – Nanterre) – La participation des clercs au pouvoir en Italie et en Afrique romaine dans l’Antiquité tardive
Benoît Gain (Université de Grenoble) – Conflit de Basile de Césarée avec l’autorité impériale, d’après Grégoire de Nazianze.
Gérard Nauroy (Université de Metz) – Lignes de partage entre pouvoir impérial et autorité ecclésiastique à la fin du IVe siècle d’après la Correspondance d’Ambroise de Milan.
Benoît Jeanjean (Université de Brest) – Saint Jérôme face à l’exercice du pouvoir épiscopal
Françoise Thelamon (Université de Rouen) – Au miroir de Constantin : nouvelles pratiques de pouvoir dans l’Eglise selon les historiens ecclésiastiques du Ve siècle.
Temps d’échanges
14h00-17h30
Dans l’espace et le temps, évolution des pratiques et des images
Présidence de séance : L. Pietri
Pablo Argarate (Université de Graz) – L’influence de Constantin sur l’émergence de la notion de « lieux saints » au IVe siècle
Jean Guyon (Aix-Marseille Université – CNRS) – Un processus pluriséculaire : la conquête du territoire par les Églises et l’imprégnation des mentalités par des références chrétiennes. L’exemple des Gaules (IVe-VIe siècle).
Aram Mardirossian (Université de Paris Ouest – Nanterre) – La crosse par le sang : Eglise et pouvoir dans l’Arménie paléochrétienne
Thomas Deswarte (Université d’Angers) – La royauté wisigothique et la conversion au VIIe siècle
Temps d’échanges
Conclusion du colloque Peter Van Nuffelen (Ghent University)
Ce VIème colloque d’Histoire Ancienne et de Patristique de La Rochelle a lieu avec le concours :
- de l’association T.H.A.T. (Textes pour l’Histoire de l’Antiquité Tardive)
- du Centre de Recherches Historiques de l’Ouest (C.E.R.H.I.O.)
- de l’Université d’Etat d’Angers de l’Université Catholique de l’Ouest (U.C.O) – Angers
- des Éditions du Cerf
- de la collection Sources Chrétiennes
- de la Formation Permanente des Laïcs du diocèse de La Rochelle
- du Conseil Général de Charente-Maritime
Colloque : mode d’emploi
Le VIème colloque d’Histoire Ancienne et de Patristique de La Rochelle se déroulera à la Faculté de Droit et des Sciences politiques de La Rochelle
45, rue François de Vaux-de-Foletier (domaine universitaire des Minimes) à quelques mètres de la Maison de la Charente-Maritime.
Informations pratiques et inscription : ici
Source de l’information : Université d’Angers





