29e journée d’étude du RMBLF – Remplois et réécritures. Le recyclage avant l’heure

Vendredi 13 décembre 2013 
Secrétariat général du Service public de Wallonie 
(salle polyvalente)
2, place Joséphine-Charlotte à Jambes

Alors qu’aujourd’hui, le remploi comme le recyclage paraissent indispensables dans la perspective d’une gestion durable de notre environnement, une question, a priori insolite, se pose au médiéviste : Comment envisageait-on la réutilisation d’objets ou de textes au Moyen Âge ? 

Évidemment dépourvu de sa dimension écologique contemporaine, le « recyclage » faisait partie intégrante des pratiques du temps. Il apparaît de diverses manières et pour des raisons multiples. L’on sait que les copistes grattaient les parchemins afin de disposer de supports (presque) neufs ou que les bâtisseurs n’hésitaient pas à réutiliser des matériaux provenant d’édifices détruits ou en ruines au moment d’ériger de nouvelles constructions. Mais on peut aller plus loin encore et dépasser le seul aspect économico-utilitaire de cette problématique. 

Qu’en est-il, ainsi, de la valeur symbolique des remplois ? L’élément décoré ancien introduit dans une nouvelle composition amenait-il avec lui un surplus de sens ? Devait-il régénérer le présent par la présence d’un passé glorieux ? Dans un contexte judiciaire ou politique, un texte ancien inséré dans un nouvel écrit légitimait-il des prétentions, qu’elles soient formulées de bonne foi ou clairement usurpatrices ? Et, dans le domaine de la littérature, comment le remploi se distinguait-il de la citation ? Qu’en est-il, aussi, de la nature et de l’état des éléments choisis ? Voit-on réutiliser des pièces outragées par le temps ou certains évènements traumatisants ? 
On le constate par ces quelques exemples d’interrogations qui se posent aux médiévistes, c’est bien la question du sens dans les productions du Moyen Âge que nous aborderons ici. Il importera de voir en quoi une démarche éminemment matérielle peut – et on ne pourra pas évacuer le problème de son caractère facultatif – s’accompagner de considérations plus intellectuelles. Et, s’il y eut effectivement surplus de sens, si ce surplus bénéficia à l’élément remployé ou à l’oeuvre englobante. 

L’objectif de cette journée organisée par le Réseau des Médiévistes belges de Langue française (RMBLF), groupe de contact du FNRS, autour de la question du Remploi et de la réécriture sera donc, par le biais d’approches d’historiens, d’archéologues, de philologues, d’historiens de l’art, etc., de présenter différentes aspects de ce « recyclage » à l’époque médiévale. Nous dépasserons les traditionnelles frontières disciplinaires, comme à l’accoutumée, afin d’observer comment une problématique commune peut être abordée par des chercheurs d’horizons différents, avec leurs convergences et leurs divergences, tant d’approches que de résultats.
Programme :
Séance du matin 
présidée par Xavier Hermand (UNamur) 
09h00 – Accueil 

9h15 – Introduction (Frédéric Chantinne

9h30 – 11h00 : 

Gianluca Valenti (ULg) : Recycler les gestes : la proxémique du pénitent, de la liturgie à la littérature courtoise 

Aurélie Stuckens (FNRS/UNamur) : « Formules » d’une conversion : le cas de quelques modèles épistolaires à l’usage des clercs des comtes de Flandre (ca 1270-1290) 

11h00 – Pause 

11h15 – 12h45 

Sophie Lecomte (FNRS/UNamur) : Le Guy de Warrewik : du roman en vers aux imprimés de sa mise en prose

Mathilde Bert (ERC/Université Paul Valéry Montpellier III) : Remploi, légitimation, invention : Pline dans le discours sur la peinture à la Renaissance 

12h45-13h45 – Pause de midi
Séance de l’après-midi 
présidée par Jean Plumier (SPW)
13h45-15h15 

Olivier Vrielynck (SPW) et Constantin Pion (ULB) : Quelques réflexions sur le remploi d’objets « antiques » dans les tombes mérovingiennes. Le cas du cimetière de Bossut-Gottechain. 

Laure-Anne Finoulst (ULB): Les sarcophages : des utilisations altomédiévales aux remplois variés à travers les siècles 

Iliana Kasarska (ULg) : Le remploi de sculptures médiévales dans le nord de la France et au pays de Liège (XIIe-XVe siècles) 

15h15-15h30 – Pause 

15h30-16h15 – Conclusions par Pierre Paquet (Inspecteur général du Département du Patrimoine, SPW)
Informations et inscription (souhaitée) : info.rmblf@gmail.com

L’équipe du RMBLF :
– Frédéric Chantinne (Direction de l’archéologie, Service public de Wallonie-ULB)
– Gilles Docquier (Musée royal de Mariemont-FUSL)
– Jonathan Dumont (FNRS-ULg)
– Ingrid Falque (FNRS-UCL)
– Amélie Hanus (UNamur)
– Hélène Haug (UCL)

– Alain Marchandisse (ULg)
– Christophe Masson (ULg)
– Nicolas Ruffini-Ronzani (UNamur)
– Nicolas Schroeder (FNRS-ULB)
– Marie Van Eeckenrode (UCL-Archives de l’Etat)

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