Le propos de cet ouvrage est d’observer la « révolution documentaire », les formes et fonctions de l’écrit, au sein d’une communauté urbaine entre le XIIe et le milieu du XIVe siècle. Il s’agit, autrement dit, de concourir à donner une histoire sociale des objets écrits. L’auteur articule les processus de maîtrise de l’écrit dit « pratique », dans ses aspects performatifs et prescriptifs, comme une technique du pouvoir.
Ses développements conduisent donc de l’analyse documentaire à celle des formes nouvelles d’assujettissement qu’elle autorise, débouchant sur une histoire politique de l’usage de l’écrit, non seulement au regard des dominants, mais aussi des gouvernés, en considérant l’incorporation par ces derniers des rapports de domination. Dans le cadre d’une commune urbaine telle que Montpellier, bien documentée (livres urbains, comptabilité, inventaires d’archives, registres de notaires du consulat notamment), il s’agit aussi d’examiner les dispositifs mettant en oeuvre de nouvelles notions politiques telle l’utilitas ou le bien commun, dans un contexte de formalisation juridique des communautés, de leur émergence à partir de références partagées et de récits communs où l’écrit pratique et ses usages jouent un rôle déterminant.
Pierre Chastang est professeur d’Histoire du Moyen Âge au laboratoire ESR de l’université de Versailles Saint-Quentin-en-Yvelines. Il a soutenu en 2000 une thèse de doctorat nouveau régime consacrée à la rédaction des cartulaires bas-languedociens. Ce travail a paru en 2002 au CTHS sous le titre Lire, écrire, transcrire. Ses recherches actuelles sont consacrées à la culture médiévale de l’écrit aux XIe-XIVe siècles. Ce livre est issu de son mémoire inédit d’habilitation à diriger des recherches.
Informations pratiques :
Pierre Chastang, La ville, le gouvernement et l’écrit à Montpellier, Paris, Publications de la Sorbonne, 2013 (Histoire ancienne et médiévale). 464 pages, français. ISBN : 978-2859447465. 23,8 x 16 x 2,8 cm. Prix : 30 euros.
Source de l’information : UVSQ






