L’objectif du programme Signs and States, financé par le European Research Council avec la collaboration de l’École française de Rome, est d’explorer la sémiologie de l’État du XIIIe siècle au milieu du XVIIe siècle. La dernière conférence des Vecteurs de l’Idéel se déroulera en deux parties et se propose de présenter (en 2013) les hypothèses historiques médiévales sur lesquelles se fonde ce programme, afin d’en déduire un modèle dynamique qui puisse être présenté et discuté (en 2014) avec des spécialistes des sciences sociales, pour réintroduire une perspective comparative de long terme dans un débat scientifique pluridisciplinaire dont les périodes antérieures au XVIIe siècle sont par trop absentes.
L’hypothèse présentée en 2013 repose sur le refus d’une distinction anachronique entre Église et État. Si le bouleversement de l’équilibre des pouvoirs initié par la Réforme grégorienne a bien conduit à la domination de la monarchie pontificale sur l’Église, il a aussi transformé le christianisme en imposant aux membres de l’ecclesia l’exigence de la recherche individuelle du salut. Pour en assumer le contrôle, les réformateurs ont déclenché une mutation culturelle qui a engendré un nouveau système de communication: révolution de l’éducation, de l’écrit et de la gestion, de la littéracie, des langues, de la littérature et du livre, du droit et de la justice, du sensible (image, musique …) etc. Si la Réforme a créé une distinction cruciale entre clercs et laïcs, ces derniers ont aussi bénéficié du nouveau système de communication. Les pouvoirs laïcs ont à leur tour créé des administrations et, quand la guerre a exacerbé leurs besoins, usé du nouveau système de communication pour obtenir de la société politique le consensus qui assure leur pouvoir et permet de sur- prélever l’impôt. Seuls au monde à être alors capables d’assurer leur légitimité par leur pouvoir symbolique, les cités et les princes de l’Occident latin vont contenir le pouvoir de l’Église et développer les structures de l’État moderne. Nous voulons proposer à la discussion ce modèle historique de genèse par une mutation culturelle d’une nouvelle structure politique des sociétés.
Programme : ici
Informations pratiques :
Rome, 16-18 décembre 2013
École française de Rome
Piazza Navona, 62
00186 – Roma
Coordination scientifique :
Jean-Philippe Genet
(CNRS, LAMOP – UMR 8589 Université Paris 1 – Panthéon-Sorbonne)
Contacts :
École française de Rome
Stéphane Gioanni
Directeur des études médiévales
Grazia Perrino
Secrétariat des études médiévales
secrma@efrome.it
Tel : 0039 06 68 60 12 48
École française de Rome
European Research Council
(Programme SAS)
Université Paris 1 – Panthéon-Sorbonne
LAMOP – UMR 8589
Programme : Le laboratoire politique et social italien
Source de l’information : École française de Rome






