Exposition – Petites Histoires d’un grand Trésor – Le Trésor d’Oignies

29 mars – 6 juillet
Service des Musées en province de Namur
Musée provincial des Arts anciens du Namurois
L’Exposition vous propose de redécouvrir les grandes figures qui ont joué un rôle dans l’histoire du Trésor d’Oignies, de frère Hugo (13e s.) à la Fondation Roi Baudouin, en passant par les figures emblématiques de Jacques de Vitry, Marie d’Oignies ou Julie Billiart. C’Est à la lumière des vies de ces hommes et femmes que le Trésor est présenté au public. Création, conservation, protection, exposition, étude, valorisation, numérisation, imitation, … Petites histoires d’un grand Trésor souligne les actions de ces personnalités sans qui ce trésor remarquable ne serait jamais arrivé jusqu’à nous.
Cette exposition inédite s’accompagne d’un ouvrage d’exception bilingue et dédié au plaisir des yeux, un dialogue poétique entre les détails saisis par le photographe Guy Focant et les textes de Denis Mathen.
Trésor d’Oignies
Cet ensemble unique, dont 32 pièces ont été classées à titre de trésor* par la Communauté française, témoigne entre autre de l’exceptionnelle qualité de l’orfèvrerie mosane du XIIIe siècle alors à son sommet. Il a pour origine géographique une communauté religieuse établie à Oignies, sur les rives de la Sambre, dès la fin du XIIe siècle, à l’instigation d’un notable local, Gilles de Walcourt. Devenue un prieuré de l’Ordre de saint Augustin, cette communauté accueillit, au début du XIIIe siècle, Hugo, qui fit son apprentissage en tant qu’orfèvre dans les ateliers situés le long de la Meuse. Frère Hugo, en pleine possession de son art, ouvre là-bas un atelier. Il y rencontre en 1207 un personnage qui deviendra très influent, Jacques de Vitry, venu de Paris, attiré par la réputation d’une sainte femme, Marie, passée à la postérité sous le nom de Marie d’Oignies.
C’est assurément grâce à l’intervention de ce grand personnage, à sa fascination pour l’art de Frère Hugo, à sa dévotion pour Marie d’Oignies que nous devons l’existence du Trésor que nous connaissons aujourd’hui. En effet, devenu évêque d’Acre après la cinquième croisade (qu’il a par ailleurs prêchée), il envoie à Oignies des reliques récoltées sur les lieux qui connurent les débuts du christianisme. À cette époque, l’importance accordée au culte des reliques impose de les conserver dans des réceptacles somptueux. Jacques de Vitry fait aussi en sorte de pourvoir le si doué orfèvre du petit prieuré d’Oignies en pierres et en métaux précieux dont il fera de merveilleux reliquaires. 
A sa mort en 1240, Jacques de Vitry légua au prieuré le contenu de sa chapelle privée (triptyque, autel, portatif, anneaux épiscopaux, crosse en ivoire…) qui fait partie de l’ensemble du Trésor.
Le Trésor d’Oignies fut conservé sur place jusqu’à la Révolution française, qui supprima les institutions ecclésiastiques et confisqua leurs biens. Le dernier prieur, Dom Grégoire Pierlot, eut cependant l’occasion de le mettre à l’abri en 1794, en l’emmurant dans une ferme de Falisolle, dépendant de son prieuré. En 1818, le calme revenu, il le confia à une jeune communauté féminine récemment établie à Namur, les Sœurs de Notre-Dame, qui depuis lors en ont assuré sa parfaite conservation et sa mise en valeur. 
Les Sœurs de Notre-Dame ont décidé de confier désormais leur précieux Trésor à la Fondation Roi Baudouin, qui à son tour en a confié la conservation et la mise en valeur à la Société archéologique de Namur dans les locaux du Musée provincial des Arts anciens du Namur où le public pourra venir admirer (dès la fin du mois de septembre 2010) ce remarquable ensemble que le monde entier nous envie.
Dimanches 06/04, 04/05, 01/06 et 06/07/2014: entrée gratuite au musée, à 15h00 visite guidée gratuite de l’exposition.
Jacques Toussaint, Conservateur en Chef-Directeur
Tél.: 081/776754 – Fax : 081/776924

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