Les éditions modernes de textes médiévaux, aussi fidèles soient-elles, ajoutent inévitablement des éléments étrangers aux sources manuscrites : les signes de ponctuation. En effet, quand la ponctuation n’est pas totalement absente des manuscrits, elle demeure si éloignée de l’usage moderne que de multiples interventions s’imposent. Or cet ajout est toujours significatif. L’absence d’une virgule, la présence d’un point d’interrogation ou la place des guillemets sont susceptibles de modifier le sens d’un passage. Nous souhaitons nous pencher sur ces cas où les choix de ponctuation engagent l’interprétation du texte.
Dans cette perspective, les témoignages des éditeurs d’aujourd’hui sur leurs pratiques ou leurs doutes seront précieux. Nous nous intéresserons également aux manières dont le problème a été posé, résolu ou ignoré par leurs prédécesseurs : tous ceux qui ont imposé aux textes recueillis dans les manuscrits, les incunables, puis les éditions imprimées le code graphique qui leur était familier. Depuis les premiers copistes qui eurent recours aux signes de ponctuation, chaque scribe et chaque éditeur a proposé à travers ses choix de ponctuation une certaine lecture. La comparaison des différentes façons de ponctuer une même œuvre, d’un manuscrit à l’autre ou encore d’une édition ancienne à une édition plus récente, pourra par exemple révéler diverses manières de la comprendre. On se demandera plus généralement si l’histoire de la ponctuation des œuvres médiévales permet de mettre en évidence une évolution de leur réception. Par ailleurs, les choix des éditeurs modernes ne nous privent-ils pas d’une partie des lectures possibles ? La question d’un éventuel verrouillage du sens mérite sans doute au moins d’être posée.
Divers travaux récents ont permis de préciser la description de la ponctuation médiévale, de ses variations au fil du temps, selon les genres, les régions ou les copistes. Nous souhaitons concentrer la réflexion sur ses enjeux herméneutiques, des premiers manuscrits conservés aux plus récentes éditions. L’objectif de ce colloque sera donc d’interroger, à partir de textes de genres variés, en langue d’oïl, mais aussi en latin ou en occitan, la construction du sens qui est en jeu dans tout texte médiéval ponctué.
Ce colloque est organisé par le CRPHLL (Centre de Recherche en Poétique et Histoire Littéraire et Linguistique) de l’Université de Pau et des Pays de l’Adour, en partenariat avec le CESCM (Centre d’Études Supérieures de Civilisation Médiévale) de l’Université de Poitiers et le Musée National du Château de Pau, avec le soutien du Conseil Régional d’Aquitaine, du Conseil Général des Pyrénées Atlantique et de la Communauté d’Agglomération Pau-Pyrénées.
Programme : ici
Informations pratiques :
Du 1 avril 2014 au 4 avril 2014, Pau
Colloque international
Ponctuer l’œuvre médiévale : des signes au sens
Source de l’information : Fabula.org






