Le premier workshop du projet ANR Polima se tiendra au Château de Versailles les 4 et 5 mai prochain et reviendra sur la notion de même de « liste ». Il réunira notamment des spécialistes d’épigraphie, de codicologie et de linguistique.
L’objectif du premier workshop « Supports, syntaxes et mises en page » du projet ANR Polima est de revenir sur la notion même de liste et d’interroger en particulier les rapports qui s’établissent dans la liste entre une forme syntaxique (la parataxe), un système graphique inscrit sur un support et une efficience sémantique. Le terme même de « liste », dérivant du mot germanique lîsta, désigne encore en moyen français les bordures longitudinales d’une étoffe, la bande d’ornement d’un vêtement, et la pièce de bois que l’on dispose au bord d’un ouvrage fragile pour le consolider. Il renvoie donc à une forme particulière, allongée, et à la partie d’un objet qui délimite ce qui lui est extérieur.
Dans La raison graphique, la domestication de la pensée sauvage, Jack Goody propose une définition de la liste dans laquelle il insiste sur son caractère scriptural, ainsi que sur sa dimension graphique (organisation en colonnes des items). Cette dernière produit des effets de délinéarisation textuelle et autorise des protocoles de lecture qui rompent le fil du texte. Le travail réalisé lors des ateliers de 2013 a conduit à privilégier une définition syntaxique de la liste, de manière à inclure des textes dont la mise en page ne repose pas exclusivement sur des dispositifs visuels pour la rendre lisible.
Le workshop « Supports, syntaxe, mise en page » (Château de Versailles, 4-5 mai 2015), placé sous la responsabilité de Pierre Chastang, directeur du laboratoire DYPAC, et Vincent Debiais s’attachera à la définition même de la liste dans ses dimensions formelles, syntaxiques et graphiques. Il s’agira d’explorer les lieux de la liste et les conditions de leur mise en signes dans un espace graphique variable, d’énumérer les dispositifs textuels et/ou visuels convoqués pour la fixation et l’efficacité de liste, et d’envisager la stabilité formelle des compositions face aux phénomènes de copie d’un document à l’autre et de transfert d’un support à l’autre.
Les interventions et discussions seront orientées autour de 2 thèmes :
Les lieux de la liste : matières, forme et usages
Le terme « lieux » désigne ici le support matériel de l’écriture, mais également le lieu social de l’inscription, qu’il s’agisse d’un objet ou d’un monument. Il s’agira de voir ce que la localisation et les conditions matérielles de mise en place de la liste impliquent du point de vue de son efficacité comme de sa réception par le lecteur / témoin visuel / auditeur. Peut-on avoir des listes partout ? Les choix dans les lieux et les matières entraînent-ils des changements dans la forme et les usages des listes ? Les résultats obtenus seront confrontés à l’état de l’art concernant le développement progressif de la tabularité du texte au Moyen Âge et de la mise en place d’une « grammar of legibility » (Malcolm Parkes).
Structures graphiques, connecteurs et mises en page
Quels sont les moyens et les dispositifs employés pour mettre en forme la liste, et qu’elle soit conçue / lue / utilisée en tant que liste ? Cela concerne aussi bien la mise en page à proprement parler que les choix de graphies, les signes diacritiques, le rapport entre surface d’écriture et surface écrite, la notion même de page… Il convient de penser également au fonctionnement réticulaire de l’écriture qui s’étend d’un support à l’autre et dont l’efficience repose pour partie sur des mises en liste. Les connecteurs de la liste peuvent être linguistiques ou graphiques, textuels ou visuels.
Lundi 4 mai
9h : Introduction – Vincent Debiais et Pierre Chastang
9h30 : Intervention 1 – Aissatou MBodj Pouye (Centre d’études des mondes africains-CNRS) : « Formats scolaires, traditions lettrées et logique de l’énumération : usages de la liste dans un corpus d’écrits
ordinaires recueilli dans un village malien ».
Discussion intervention 1
11h : Pause
11h15 : Intervention 2 – Julie Lemarié (Université de Toulouse-Jean Jaurès) : « Comprendre une énumération : contributions du modèle d’architecture textuelle et résultats expérimentaux » et Aline Chevalier (Université de Toulouse-Jean Jaurès) : « Rechercher et trouver les informations escomptées : modèles et résultats empiriques ».
13h : Déjeuner
Discussion intervention 2
15h : Intervention 3 – Tania Van Hemelryck (Université catholique de Louvain) : « Pour une approche codico-littéraire de la table des matières au Moyen Âge ».
Discussion intervention 3
17h : Intervention 4 – Ayelet Even-Ezra (Université hébraïque de Jérusalem) : « From lists to hierarchical diagrams in scholastic manuscripts ».
Discussion intervention 4
Mardi 5 mai
9h30 : Intervention 5 – Elisa Pallottini (Université d’Utrecht) : « Monumentalisation et mise en scène des listes dans l’espace sacré : les inscriptions signalétiques de reliques ».
Discussion intervention 5
11h : Pause
11h15 : Intervention 6 – Stefano Riccioni (Université Ca’ Foscari de Venise) : « Les listes dans l’art et dans l’épigraphie médiévale italienne ».
Discussion intervention 6
13h : Déjeuner
14h30 : Intervention 7 – Jean-François Nieus (Université de Namur) : « Les listes de vassaux et de fiefs : supports, syntaxes, usages (France du Nord, XIIe-XIIIe siècles) ».
Discussion intervention 7
16h30 : Intervention 8 – Ghislain Brunel (Archives nationales de France) : « Énumérations, récapitulations, confirmations. Les listes dans l’écrit pragmatique (France septentrionale, XIIe siècle) ».
Discussion intervention 8
Avec l’intervention de Brigitte Bedos-Rezak (New York Universiy) dans les temps de discussions.
Informations pratiques :
Lundi et mardi 4 et 5 mai 2015
Château de Versailles
Salle des Colonnes
Place d’Armes
78000 Versailles
Source : UVSQ – DYPAC







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