Scholarios est incontestablement la personnalité la plus importante de la fin de Byzance et du début de l’occupation ottomane, sa renommée ne pouvant être égalée que par celle de son contemporain Bessarion. Toutefois, à cause des interprétations controversées dont il est l’objet jusqu’à nos jours, plusieurs aspects de son activité restent encore dans l’obscurité. L’étude de ses autographes, de même que des manuscrits copiés à sa demande — que nous effectuons depuis plusieurs années — a permis d’éclairer l’activité qu’il déploya peu avant la prise de Constantinople en 1453, notamment son rôle en tête de la Synaxis des Orthodoxes, et les raisons qui ont incité le sultan à le désigner comme (premier) patriarche des Byzantins après 1453. Les Essais (1 008 pages) introduisant les huit tomes de la réédition de ses Œuvres complètes, effectuée par nos soins (2009-14) d’après l’édition de 1928-36, nous ont permis d’élargir cette étude paléographique et d’éclairer davantage son activité.
Le sujet de notre présentation, traité dans le premier Essai, se situe au cœur du pro¬gramme d’étude des auto¬¬graphes de Scholarios et de la tradition de ses œuvres. En effet, notre objectif est d’expliquer un aspect et une étape particulièrement importants dans la sauvegarde et la transmission de ses œuvres : le sort qui fut réservé aux auto¬graphes de celles-ci en 1453 et dans les années qui ont suivi, la plupart de ses œuvres restant encore «inédites» à cette date pour des raisons que nous allons préciser. En somme, cette présentation vise à expliquer la manière dont ses œuvres antérieures à 1453, malgré leur caractère «inédit», ont pour la plupart survécu au pillage de la capitale, lors duquel ses manuscrits furent pourtant dispersés ou détruits. Il sera démontré que, après 1453, Scholarios rechercha systématiquement ses manuscrits éparpillés à travers l’empire désormais ottoman et qu’il put ainsi en récupérer une partie importante. Il sera aussi démontré que, craignant d’autres pertes, il procéda à l’«édition» de ses œuvres, celles qu’il avait composées avant 1453, et qu’il a pu retrouver, et celles qui étaient postérieures à cette date.

Informations pratiques :
Michel Cacouros (École Pratique des Hautes Études, Sciences Historiques et Philologiques, à la Sorbonne, Paris)
Centre international de Codicologie
Groupe de contact du FNRS « Codicologie »
Lundi 14 décembre 2015
à 13 h 30
Bibliothèque Royale Albert Ier – Koninklijke Bibliotheek
4, Bd de l’Empereur – 1000 Bruxelles
Salle du Conseil (niveau + 2)






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