Les «crises» constituent aujourd’hui un sujet récurrent dans les ouvrages des économistes, biologistes, géographes, sociologues, politologues, spécialistes de l’environnement etc. L’actualité et l’ampleur du phénomène sont pour beaucoup dans cette récurrence. Il n’empêche que se pose le problème de la définition du concept de «crises», de son applicabilité et même de ses limites comme instrument analytique. Les consensus qui paraissaient exister sur certaines périodes de l’histoire ancienne et de l’histoire médiévale, jusqu’alors qualifiées de «périodes de crise», ont été défaits. D’un autre côté, s’il est vrai que les travaux publiés au long des trois dernières décennies ont soutenu la continuité des constructions politiques et économiques romaines, mis en échec l’idée de mutation féodale et aussi réduit d’une manière importante l’ampleur de la crise démographique et économique du XIVe siècle, cela a été fait globalement à partir des mêmes matériaux (textes, culture matérielle) utilisés par ceux qui, peu de temps avant, défendaient la position contraire. Ce qui est en jeu, finalement, ce sont les rapports des historiens, avec leurs sources: c’est un élément qu’on prendra en compte tout au long de ce colloque. Son programme, en réunissant des médiévistes belges, brésiliens, français et italiens, prétend apporter une contribution à ces discussions relatives aux «crises» dans l’Europe du Nord-Ouest et en Italie au Moyen Âge, sans prétendre épuiser l’éventail des sujets à traiter, tant il est vaste; pour ce faire, les crises sont déclinées dans les champs politiques (les crises et les institutions urbaines; les rapports avec les pouvoirs «supérieurs»), économiques et climatiques (les crises alimentaires), et naturellement, historiographiques (les crises et leurs expressions dans la production écrite). La rencontre mettra en tension des dossiers plus empiriques, des recherches en cours et des bilans théoriques visant à réfléchir sur le concept de «crises», son applicabilité et ses limites.

Programme :
Mardi 23 janvier 2018
10.00
Institut historique belge de Rome
Alexis Wilkin – Université Libre de Bruxelles, Wouter Bracke, Directeur de l’Academia Belgica – Université Libre de Bruxelles, Marcelo Cândido da Silva – Laboratório de Estudos Medievais – Universidade de São Paulo – Accueil des participants
François Menant – École normale supérieure – Introduction
Session 1 – Crises et politique
Présidence : Pierre Savy – EFR
Igor Teixeira – Universidade Federal do Rio Grande do Sul – Crises politiques et religieuses dans l’affaire Louis d’Anjou (1290-1317)
Antoine Bonnivert – Université Libre de Bruxelles – Crise ou déclin? Autour de la temporalité des renégociations politiques dans l’espace rhénan. La perte de souveraineté de l’archevêque de Cologne, 1250-1288
Discussion
14.00
Session 2 – Crises et écrit
Présidence : André Miatell o – Laboratório de Estudos Medievais – Universidade Federal de Minas Gerais
Néri de Barros Almeida – Laboratório de Estudos Medievais – Universidade Estadual de Campinas – La mémoire en temps de crise: la Légende dorée et la Chronique de Jacques de Voragine (1260-1298)
Stéphane Gioanni – Université Lumière Lyon 2 – Dire et résoudre la « crise » dans la littérature de l’Italie ostrogothique : l’exemple du schisme laurentien
Sylvie Joye – Université de Reims – La « crise de la famille » : débats contemporains et représentations médiévales à la lectures des sources du haut Moyen Âge occidental
Discussion
Session 3 – Crises et famines I
Présidence : Cristina La Rocca – Università degli Studi di Padova
Marcelo Cândido da Silva – Laboratório de Estudos Medievais – Universidade de São Paulo – Le haut Moyen Âge entre « crise » et « première croissance »
Adrien Bayard – Laboratório de Estudos Medievais – Universidade de São Paulo – Gabriel Cordeiro – Laboratório de Estudos Medievais – Universidade de São Paulo – Vers une archéologie des crises alimentaires
Discussion
Mercredi 24 janvier 2018
9.30
École française de Rome
Catherine Virlouvet – Directrice de l’EFR – Salutations
Session 4 – Conceptualiser les crises
Présidence : Régine Le Jan – Université Paris 1- Panthéon Sorbone
Alexis Wilkin – Temporalité de la crise en histoire médiévale. Difficultés ou opportunités d’un concept pluriel ?
Vinicius Carvalho – Laboratório de Estudos Medievais – Universidade de São Paulo – Modeling crises in agent-based environments: the case of the Lordship of Ireland (1171-1541)
Discussion
Session 5 – Crises et famines II
Présidence : Alexis Wilkin
Victor Sobreira – Laboratório de Estudos Medievais – Universidade de São Paulo – La famine comme instrument dans les conflits fonciers: Loup de Ferrières et l’abbaye de Saint-Josse (840-852)
Nicolas Barla – Université Libre de Bruxelles – Crises alimentaires et ordre public dans les villes des anciens Pays-Bas méridionaux: quelques questions préliminaires
14.30
Session 6 – Crises et institutions urbaines
Présidence : Igor Teixeira
André Miatello – La prédication et les prédicateurs face aux crises politiques des communes italiennes (XIIIe-XIVe siècles)
Stef Espeels – Universiteit Antwerpen – Economic strategies of urban institutions in reaction to food crises in northern-French cities (1300-1370)
Discussion
Alexis Wilkin – Conclusions
Informations pratiques :
23-24 janvier 2018
École française de Rome :
Pierre Savy
Directeur des études médiévales
Grazia Perrino
Assistante scientifique
Piazza Farnese, 67 – 000186 Roma – Italia
T. +39 06 68 60 12 48 – secrma@efrome.it
Comité scientifique :
Marcelo Cândido da Silva – Laboratório de Estudos Medievais – Universidade de São Paulo
Bruno Demoulin – Université de Liège
Igor Teixeira – Universidade Federal do Rio Grande do Sul
Alexis Wilkin – Université Libre de Bruxelles
Source : École française de Rome






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