Lorsque Jacques Le Goff introduisait, en 1975, la nouvelle édition du Herfsttij, ce dernier, après avoir loué l’ingéniosité et la créativité de l’historien néerlandais, concluait son entretien avec Claude Mettra par ces mots : « Relisons donc Huizinga dans une perspective d’aujourd’hui. En nous rappelant que, hier, il déchira le voile d’une histoire orgueilleusement impassible et que pour nous, s’il peut être par ses à peu près, son esthétisme, son dilettantisme, un maître d’erreur, il est encore un ouvreur de portes qui mènent à l’histoire à faire ».
Cette dernière réflexion du grand historien des idées que fut Jacques Le Goff, en forme d’hommage nuancé, résume parfaitement les polémiques qui surgirent et surgissent encore en France autour des travaux de Johan Huizinga. Loué par les uns pour ses fulgurances, l’originalité de ses centres d’intérêts, la nouvelle histoire des idées qu’il dessina en faisant prendre à son exploration des hommes et de leur temps le chemin des rêves et des espoirs, des rires et des larmes, il est aussi critiqué pour sa subjectivité, le caractère invérifiable de ses sources, ses flous chronologiques, sa vision que l’on pourrait qualifier « impressionniste » de l’histoire.
Cent ans après la parution du Herfsttij, dans le sillon des Annales, après les vagues du Linguistic Turn des années 60 et du Cultural Turn des années 80, il paraît opportun pour les historiens, littéraires et historiens de l’art de dresser un premier bilan des apports de ce livre fondamental qui permit de placer les représentations, les symboles et les sentiments au cœur de l’enquête historique.

Programme :
Jeudi 20 décembre 2018
12h30 Accueil et lunch
14h00 : Introduction par Élodie LECUPPRE-DESJARDIN (IRHIS, ULille)
14h30 : Cour et culture chevaleresque
Président de séance Wim BLOCKMANS (Université de Leyde)
Benjamin DERUELLE (UQAM-Québec, IRHiS) – « L’idée de chevalerie » : Du crépuscule de la chevalerie à l’histoire des représentations chevaleresques
Thalia BRERO (Universités de Genève et de Gand) Élodie LECUPPRE-DESJARDIN (IRHIS, ULille) – « De tout pechiez le chastel périlleux ». La cour, un miroir aux vanités ?
Discussion — Pause
16h30 : Perspectives historiographiques et éditoriales
Christophe de VOOGD (Sciences Po-Paris) – Huizinga et les fondateurs des Annales : rencontre manquée ou opposition de paradigmes ?
Anton VAN DER LEM (Bibliothèque universitaire de Leyde) – Présentation de la nouvelle édition du Herfsttij der Middeleeuwen
Discussion
18h00 Fin de la première séance
Vendredi 21 décembre 2018
9h00 Accueil
9h15 : Le traitement des sensibilités chez Huizinga
Président de séance Marc BOONE (Université de Gand)
Jacques CHIFFOLEAU (EHESS) – Huizinga et les formes de la piété flamboyante
Damien BOQUET (Université Aix-Marseille) et Laurent SMAGGHE (Lille) – L’émotion comme désir de vie
Discussion — Pause
11h30 : Bertrand COSNET (IRHIS, ULille) – Les primitifs au prisme de Johan Huizinga : l’art des Van Eyck est une fin
Discussion
12h30 Déjeuner
14h30 : Huizinga et l’esthétique de la forme
Président de séance Thomas BEAUFILS (IRHiS, ULille)
Estelle DOUDET (Université de Lausanne) – Un Automne imaginaire : la réception critique de Johan Huizinga et l’évolution de l’histoire littéraire française aux XX-XXIe siècles
Jelle KOOPMANS (Université d’Amsterdam) – Huizinga et la morphophilie des années 20’ Discussion
16h00 Fin des travaux
Informations pratiques :
20-21 décembre 2018
Salle de séminaire de l’IRHiS
UNIVERSITÉ DE LILLE — SITE DU PONT-DE-BOIS – VILLENEUVE D’ASCQ
Responsable scientifique : Élodie Lecuppre-Desjardin (IRHiS, ULille) – elodie.lecuppre@univ-lille.fr
Contact :
Christine Aubry, IRHiS
Tél. 03 20 41 62 87 — christine.aubry@univ-lille.fr
Administration :
Martine Duhamel, IRHiS
Tél. 03 20 41 73 45 — martine.duhamel@univ-lille.fr






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