Appel à contribution – Perspective, 2025/1 : « Travail »

Publiée par l’Institut national d’histoire de l’art (INHA) depuis 2006, Perspective est une revue semestrielle dont l’ambition est d’exposer l’actualité de la recherche en histoire de l’art dans toute sa variété, contextualisée et consciente de son historicité. Elle témoigne des débats historiographiques de la discipline sans cesser de se confronter aux œuvres et aux images, d’en renouveler la lecture et de nourrir ainsi une réflexion intra- et interdisciplinaire, en favorisant les dialogues entre l’histoire de l’art et d’autres domaines de recherche, les sciences humaines notamment, mettant en acte le concept du « bon voisinage » d’Aby Warburg. Toutes les aires géographiques, toutes les périodes et tous les médiums sont susceptibles d’y figurer.

La revue publie des textes scientifiques offrant une perspective inédite autour d’un thème donné. Ses auteurs et autrices situent leur propos ; le recours à l’étude de cas doit permettre d’interroger la discipline, ses moyens, son histoire et ses limites. Ainsi, les articles proposés au comité de rédaction doivent nécessairement présenter une dimension méthodologique, fournir un apport épistémologique ou établir un bilan historiographique conséquent et origina

La revue publie des textes soulignant les interrogations actuelles qui animent la recherche en histoire de l’art, les disciplines voisines, celles enfin qui nous interpellent toutes et tous en tant que citoyennes et citoyens. Chaque article veillera donc autant que possible à tisser des liens avec les grands débats sociétaux et intellectuels de notre temps.

Pour son numéro 2025-1, Perspective se penche sur la question du travail dans ses relations avec l’histoire de l’art, entendue comme discipline scientifique et comme champ d’étude. Ce que l’on appelle communément « travail » fait aujourd’hui l’objet de mutations rapides et de débats brûlants qui opposent, souvent de manière caricaturale, celles et ceux pour qui le travail est une valeur en soi (travailler ou fainéanter, telle serait l’alternative) à celles et ceux qui questionnent la qualité du travail : quel travail est utile à la société ? Les conditions dans lesquelles le travail s’exerce sont-elles acceptables ? Le travail est-il une forme de domination (Coutrot, Perez, 2022 ; Crawford, [2009] 2010 ; Gorz, 1988 ; Graeber, 2018 ; Méda, Vendramin, 2013 ; Rifkin, [1995] 1997) ? Aborder cette question du point de vue de l’histoire de l’art permet de la considérer à nouveaux frais et de l’approfondir. Ce numéro se propose d’étudier les relations entre le travail et l’histoire de l’art selon quatre axes 

1. Le débat sur l’art comme travail : comment l’histoire de l’art y a-t-elle participé, fait évoluer son vocabulaire, interagi avec les artistes, les critiques d’art, les philosophes qui y ont pris part ?

2. L’art comme processus de production : quels courants de l’histoire de l’art ont porté leur attention sur la production de l’art plus que sur sa réception, avec quel appareillage théorique, méthodologique et idéologique ?

3. L’iconographie du travail : quelles contributions l’histoire de l’art apporte-t-elle à la connaissance des réalités ou des représentations du travail à travers l’analyse des images ? Qu’emprunte-t-elle ou qu’apprend-elle aux autres sciences humaines qui étudient le travail ?

4. L’histoire de l’art comme travail : quelles sont les conditions matérielles dans lesquelles l’histoire de l’art est produite ? Comment ces conditions varient-elles selon les situations individuelles, locales, historiques ?

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Réseau des médiévistes belges de langue française
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