Appel à contribution – Lire et choisir. Formes, usages et finalités des signes d’excerption (VIe-XIIe siècles)

S’ils renferment des textes de toute nature, les manuscrits portent aussi les marques de leur manipulation et de leurs usages par des lecteurs et lectrices au fil des siècles. Récemment, dans les études codicologiques, paléographiques et philologiques, une place nouvelle a été faite aux écritures « secondaires » : ces traces, notes et signes, qui, dans les zones vacantes de la page (marges, espaces interlinéaires), témoignent d’une activité de lecture des textes (Teeuwen & van Renswoude 2017, Steinová 2019). Parmi ces diverses annotations, la catégorie des signes d’excerption ou signes d’extraction mérite une attention plus particulière, en ce qu’elle ne témoigne pas seulement de lectures mais aussi de projets et d’entreprises. Avec ces marques, composées d’un repère initial et d’un repère final, la personne qui annote l’exemplaire isole des passages entiers et bien précis du texte qu’elle lit. Les contextes d’usage de ces signes – enseignement, controverses doctrinales etc. – sont aussi divers que leurs finalités – sélection en vue de la préparation de florilèges, d’homélies, de traités, de documents à usage conciliaire etc. Pour des motifs qui tiennent à son contexte politique et religieux, ainsi qu’à son rôle dans la transmission des textes, l’époque carolingienne constitue un observatoire privilégié de ces pratiques d’extraction, mais les cas d’étude pourront aussi concerner des périodes plus anciennes et aller jusqu’au XIIe siècle.

Afin de dresser un premier panorama des pratiques d’extraction, les thèmes et les questions suivantes (la liste est non exclusive) pourront guider les réflexions, et les cas d’étude présentés pourront s’appuyer soit sur un seul manuscrit, soit sur un groupe de manuscrits :

  • La typologie de ces notes : quels sont les signes employés de façon récurrente ? Y a-t-il des signes que l’on puisse considérer comme personnels ou originaux ?
  • Leur logique d’emploi : existe-t-il des « modes » selon les périodes ? Procède-t-on par imitation ?
  • L’élaboration de la méthode d’extraction : observe-t-on des variations dans l’utilisation d’un type de note choisi ? Certaines sélections sont-elles réemployées, corrigées et/ou complétées ? Y a-t-il une corrélation signifiante entre le choix des signes et le contenu des passages sélectionnés ?
  • La répartition géographique : observe-t-on des pratiques récurrentes dans certains centres intellectuels ou certaines aires ?
  • Le résultat de l’extraction : le produit de l’extraction a-t-il été conservé ? Si oui, quelles observations peuvent être faites entre la préparation et le résultat ? Si non, à partir des signes d’excerption, peut-on faire des hypothèses sur le projet à l’origine de ceux-ci ?


En couvrant plusieurs siècles, les différents cas d’études permettront aussi de déterminer des formes de permanences et de mutations dans l’usage de ces signes.
Modalités de contribution

Les propositions de communication, titre provisoire et résumé (300 mots max), sont à envoyer aux organisateurs par mail (voir ci-dessus) avant le 31 janvier 2024.

Les propositions retenues seront communiquées à leurs auteurs début mars.

Format : 30 min de présentation + 10 min de discussion. Les communications pourront être faites en français, anglais, italien, allemand.
Prise en charge

L’hébergement et les repas sont pris en charge. Seul le transport reste à la charge des participants. Si le transport ne peut pas être pris en charge par l’institution d’origine (doctorants sans financement etc.), une solution pourra être trouvée.
Date et lieu

Université Paul-Valéry Montpellier 3, site Saint-Charles.

2-4 octobre 2024.
Organisation


Camille Gerzaguet, Université Paul-Valéry, CRISES (EA 4424), camille.gerzaguet@univ-montp3.fr
Thomas Granier, Université Paul-Valéry, CEMM (EA 4583), thomas.granier@univ-montpellier3.fr
Jean Meyers, Université Paul-Valéry, CRISES (EA 4424), jean.meyers@univ-montp3.fr

Source : Calenda

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Réseau des médiévistes belges de langue française
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