Cycle de conférences – Conférences de jeunes chercheuses et chercheurs sur la Bourgogne. 2023-2024

En collaboration avec l’Université de Bourgogne, la Maison des Sciences de l’Homme de Dijon et le laboratoire ARTEHIS (UMR 6298), ce cycle de conférences a pour but de valoriser et diffuser les travaux de jeunes chercheures et chercheurs sur l’histoire, l’archéologie et l’histoire de l’art de la Bourgogne. Il s’agit de présenter et mettre en avant les sources d’archives à partir desquelles travaille le jeune chercheur, ainsi que la manière dont il élabore le raisonnement scientifique lui permettant d’aboutir aux résultats de ses investigations. L’objectif est aussi de montrer l’articulation, en fonction des sujets, entre les sources conservées aux Archives départementales de la Côte-d’Or et les différents dépôts municipaux, tant archives que bibliothèque. Enfin, ces interventions offriront l’opportunité au public de prendre connaissance des dynamiques actuelles de la recherche sur la Bourgogne, notamment en lui permettant d’accéder, durant les séances, aux originaux des documents utilisés par les différents intervenants. Ce cycle montre la vitalité de la recherche en Bourgogne, et il la met à la disposition de tous au coeur de la ville de Dijon.

ORGANISATION ET COORDINATION :

Baptiste Rameau (doctorant, UMR 6298 ARTEHIS, Université de Bourgogne). Contact : baptiste.rameau@u-bourgogne.fr

Mercredi 31 janvier 2024

Lucie Jardot (doctorante, UMR 8589-LAMOP, Université Paris I Panthéon-Sorbonne) : « Le couple princier : genre et géographie du pouvoir dans les Pays-Bas bourguignons et le duché de Bourbon à la fin du Moyen Âge (XIVe-XVIe siècles) ».

Le mariage de Philippe le Hardi et de Marguerite de Flandre, princesse héritière, en 1384 ouvre une phase nouvelle pour l’administration de ce territoire. Face au caractère bicéphale de cet ensemble, le duc mobilise une nouvelle réponse politique et fait du couple princier l’instrument et le support de son gouvernement. De la première moitié du XIVe à la seconde moitié du XVIe siècle, le couple princier apparaît comme une solution aux défis géographiques, politiques, diplomatiques posés aux ducs de Bourgogne. Enfin la comparaison menée avec la principauté bourbonnaise permet de souligner le recours collectif au couple princier comme union solidaire exerçant le pouvoir de manière conjointe mais aussi toute la singularité du modèle bourguignon dans ce domaine.

Mercredi 14 février 2024

Mégane Mignot (doctorante, UMR 6298-ARTEHIS, Université de Bourgogne) : « L’apport des archives cartographiques à l’étude géoarchéologique : l’exemple du territoire de Vix/mont Lassois (Côte-d’Or) au bord de la Seine ».

Cadastres, cartes, plans, atlas, photos aériennes, terriers, … nombre de documents conservés aux Archives renferment des informations cartographiques à même de renseigner l’évolution d’un territoire sur le temps long. Grâce aux outils numériques tels que les Systèmes d’Informations Géographiques (SIG), ces documents peuvent être précisément mis en relation et comparés, à la fois entre eux et avec les cartes actuelles. En prenant l’exemple du site protohistorique de Vix/mont Lassois, qui fait l’objet d’une thèse en cours à l’Université de Bourgogne, cette conférence discutera de l’apport de différentes archives cartographiques à la démarche géoarchéologique et à la restitution des paysages passés.

6 mars 2024

Nicolas Broisin (doctorant, UMR 5190-LARHRA, Université Grenoble Alpes) : « Dijon, une capitale savoyarde ? L’occupation française de la Bresse, du Bugey et du Valromey dans les archives du Parlement et la Chambre des comptes de Bourgogne (1536-1559) ».

De 1536 à 1559, la majeure partie du duché de Savoie est occupée par le royaume de France. Alors que la Savoie propre et le Piémont sont pourvus d’institutions particulières, la Bresse, le Bugey et le Valromey sont rattachés au Parlement et à la Chambre de Bourgogne. Que nous apprennent les documents conservés aux Archives départementales de la Côte d’Or sur la mise en place et l’organisation d’une telle tutelle ? Comment se gèrent les relations entre les institutions bourguignonnes et la récente et éphémère conquête française ?

27 mars 2024

Cédric Mottier (docteur, UMR 6249-Chrono-environnement, Université de Franche-Comté) : « Marguerite d’Autriche, comtesse de Bourgogne ».

De 1509 à son décès, en 1530, la fille de Marie de Bourgogne posséda la Franche-Comté à titre personnel et effectif. Elle la gouverna pour son propre compte, en « souveraine dame », avec son conseil privé et des finances, qui était distinct du conseil privé des Pays-Bas, avec lequel elle gouverna par ailleurs, au nom de son neveu Charles, le reste de l’héritage maternel subsistant.

Cette conférence est l’occasion de nous intéresser à Marguerite d’Autriche non pas en régente des Pays-Bas, selon l’angle historiographique habituel, mais en tant que princesse territoriale, en comtesse de Bourgogne.

10 avril 2024

Alix Giordano (doctorante, UMR 6298-ARTEHIS, Université de Bourgogne) : « Les origines d’une confusion historiographique : le cas de Montrond (39) et de Montrond-le-Château (25) du XIIIe au XXIe siècle ».

« Montrond » est un toponyme fréquent, en France jusqu’à 10 commues ont porté ce nom dont 4 au sein de l’ancienne région Franche-Comté. A moins de 50 km d’écart, les villages de Montrond (39) et de Montrond-le-Château (25) possèdent tous deux un château médiéval avec une occupation simultanée. Un problème de localisation des sites se pose alors dans sources médiévales car la dénomination « le-Château » n’a été ajoutée qu’au début du XXe siècle. Ainsi, comment identifier et différencier ces deux châteaux avec certitude dans les archives ? La comptabilité du bailliage d’Aval apporte une nouvelle clef de compréhension sur l’histoire de ces deux sites et élucide une confusion née il y a de plus de 700 ans.

15 mai 2024

Capucine Poirier (Professeure agrégée d’Histoire) : « « Por donter bat-on le chien devant le lyon » : l’usage des proverbes dans le Banquet du Faisan du 17 février 1454 d’après les Mémoires d’Olivier de la Marche ».

Les proverbes au Moyen Âge sont de formidables outils de communication à la portée universelle ; intégrés à un discours symbolique et allégorique, ils permettent une approche originale de la mise en scène du pouvoir. C’est le cas du Banquet du vœu du Faisan, dans lequel trois proverbes sont représentés dans les entremets – sortes de tableaux vivants accompagnant les plats servis lors du Banquet. Celui-ci est organisé à Lille en 1454 pour mettre en scène l’appel à la croisade de Philippe le Bon (1396-1467) en réaction à la prise de Constantinople par les Turcs. Les plus grands aristocrates européens se rassemblent autour du duc lors d’un moment politique fort, destiné à rester dans les mémoires. Chroniqueur au service des ducs de Bourgogne, organisateur du Banquet, Olivier de la Marche (v. 1426-1502) en fait le récit dans ses Mémoires, dont une version imprimée en 1566 est conservée aux Archives départementales de la Côte-d’Or.

22 mai 2024. Séance à la Bibliothèque municipale de Dijon

Adrien Frénéat (doctorant, UMR 6298-ARTEHIS, Université de Bourgogne) : « Un menu pour servir à l’histoire de Gabriel de Mortillet (1821-1898) : les « Dîners préhistoriques » de l’École d’anthropologie ».

La bibliothèque municipale de Dijon conserve plus de seize mille menus qui témoignent du moment collectif qu’est le repas, entre le début du XIXe siècle et aujourd’hui. Le menu d’un «Dîner préhistorique» du 4 novembre 1895 est conservé dans ce fonds. Il célèbre l’enseignement de Gabriel de Mortillet (1821-1898), personnalité centrale de l’archéologie préhistorique. Illustrée par Léon Coutil (1846-1953), un archéologue-artiste proche de celui-ci, cette feuille témoigne de la renommée de Mortillet et de la constitution d’un groupe matérialiste au sein de la Société d’anthropologie de Paris. Inhérents à la seconde moitié du XIXe siècle, ces rituels commémoratifs s’ancrent aisément dans une discipline préhistorique traversée en France par des luttes institutionnelles et personnelles. Gabriel de Mortillet était un frondeur, et un grand savant. Il organisait les dîners Lamarck et laissera, après lui, les « Dîners Mortillet » qui auront lieu jusqu’en 1946. En s’appuyant sur une correspondance restée inédite, nous présenterons cette célèbre figure de l’archéologie pré- et protohistorique et nous examinerons ce que signifie cette remarquable postérité.

19 juin 2024

Harmonie Mariette (doctorante, UMR 7366-LIR3S, Université de Bourgogne) : « Entre vie clandestine et vie publique : le Comité départemental de Libération de la Côte-d’Or ».

En 1943, le Conseil national de la Résistance engage la création des Comités départementaux de Libération (CDL) avec deux objectifs essentiels : participer à la libération des territoires et restaurer la République sous l’égide du général de Gaulle. En Côte-d’Or, le CDL est créé dès la fin de l’année 1943 à Dijon et regroupe d’abord une dizaine de résistants. D’abord dans l’action secrète et clandestine, le CDL prend ses fonctions officielles en 1944 aux côtés du préfet. Ses missions sont multiples et soulèvent de nombreux enjeux, sociaux, économiques et politiques.

3 juillet 2024

Maxime Perbellini (doctorant, UMR 8558-Centre de Recherches Historiques, EHESS et Université Libre de Bruxelles) : « Le crime de sorcellerie en Bourgogne à la fin du Moyen Âge ».

Le crime de sorcellerie était devenu, à la fin du Moyen Âge, un crime énorme, fondu dans les systèmes de l’hérésie et de la démonolâtrie et construit autour de l’imaginaire du sabbat, évoquant l’idée d’une secte secrète, se réunissant la nuit pour adorer le diable et nuire à la société chrétienne. À partir du XVe siècle, les fonds judiciaires conservés aux Archives départementales de la Côte-d’Or témoignent d’une importante activité répressive contre ce crime et soulignent la diffusion des imaginaires dont il relève. À travers les quelques cas que nous exposerons, la richesse de ces fonds permet d’apprécier la singularité de l’espace bourguignon qui constitue, à bien des égards, un maillon essentiel de la conceptualisation des théories et des pratiques qui façonnent le crime de sorcellerie à la fin du Moyen Âge.

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Réseau des médiévistes belges de langue française
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