Les Archives nationales proposent, depuis 2015, Retour aux sources, un cycle de conférences où des lecteurs qui ont fréquenté nos salles de lecture présentent au public leurs réflexions et travaux issus de l’exploitation de fonds d’archives. La séance du mardi 26 mars 2024 qui se tiendra de 13h30 à 17h30 dans les salons de l’hôtel de Soubise (60 rue des Francs- Bourgeois, 75003, Paris) sera consacrée «Aux sources du symbole au Moyen Âge. Le règne animal et végétal».
Les animaux et les végétaux sont partout dans l’art médiéval : écrits, bestiaires, sceaux, armoiries, enluminures… Aux animaux réels (chevaux, aigles, faucons, colombes, bœufs, ânes, lions…) s’ajoutent des animaux légendaires et chimériques comme les dragons ou les licornes. Le végétal occupe également une place de choix dans l’imaginaire médiéval, du lys à la représentation de l’arbre ou de la forêt en passant par la pomme. Dans son ouvrage pionnier paru en 2004, «Une histoire symbolique du Moyen Age occidental », Michel Pastoureau décrit cet important corpus animal et végétal en exploitant une grande variété de sources : textes, langages, armoiries, noms propres, images et œuvres d’art.
Cette histoire des symboles et de leurs représentations sociales fait aujourd’hui partie intégrante de l’étude des sceaux. Dans ce sillage, Pierre Bureau a étudié des sceaux singuliers dans son ouvrage catalogue, «Les matrices de sceaux en ivoire de morse. Histoire symbolique d’un objet d’exception (Xe-XVe siècle)». Il décrit, contextualise et cartographie ces sceaux piriformes (en forme de poire); il analyse leur matérialité, cet ivoire issu du règne animal et systématiquement rattaché, dans nos représentations, à l’éléphant et non au morse.
C’est à la place du végétal que s’intéresse Anaïs Blesbois, agrégée d’Histoire qui prépare une thèse sur «les vergers : théories, pratiques et représen- tations, 1304-1540» au sein du laboratoire Dynamiques patrimoniales et culturelles (DYPAC) de l’université de Paris-Saclay. Par son approche interdisciplinaire et ses différentes méthodes d’exploitation de sources très variées : archives, graines, traces archéologiques ou enluminures, elle revisite la place symbolique des jardins et vergers médiévaux.
Michel Pastoureau évoquera en troisième lieu le « Bestiaire des armoiries médiévales par une approche du symbole animal », issu de ses premiers travaux de thèse qui reposaient essentiellement sur l’exploitation des collections sigillographiques des Archives nationales.
Cette séance se veut donc une nouvelle incitation à décrypter les sources de l’Histoire et tout particulièrement celles conservées aux Archives nationales. Les différentes approches proposées par les intervenants en matière d’interprétation des sources, d’exploitation de leur matérialité et de leurs représentations offriront un regard original sur les symboles et in fine sur la société de l’occident médiéval.
Programme :
13h45 – 14h
Ouverture
Par Clément BLANC, responsable du centre de sigillographie et d’héraldique des Archives nationales
14h -14h45
De la banquise aux trésors d’église.
Les matrices de sceaux.
Par Pierre BUREAU, archiviste au département du Minutier central des notaires de Paris
14h45 – 15h30
Les vergers : théories, pratiques et représentations (XIVe-XVIe siècles).
Par Anaïs BLESBOIS, agrégée d’Histoire, doctorante au laboratoire DYPAC (dynamiques patrimoniales et culturelles) de l’université Paris-Saclay
15 h30 – 15h 45 Pause
16h15 – 17h
Le Bestiaire des armoiries médiévales.
Par Michel PASTOUREAU, historien des couleurs et des symboles, directeur émérite de l’Ecole pratique des hautes études
17h – 17h30
Conclusions
Par Ghislain BRUNEL, directeur des publics des Archives nationales







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