Cycle de conférences – Conférences de jeunes chercheuses et chercheurs sur la Bourgogne (janvier-juin 2025)

En collaboration avec l’Université de Bourgogne-Europe, la Maison des Sciences de l’Homme de Dijon et le laboratoire ARTEHIS (UMR 6298), ce cycle de conférences – initié par David Bardey (Postdoctorant, Université de Namur) et Rudi Beaulant (ATER, Université Marie et Louis Pasteur, Besançon) – a pour but de valoriser et diffuser les travaux de jeunes chercheures et chercheurs sur l’histoire, l’archéologie et l’histoire de l’art de la Bourgogne. Il s’agit de présenter et mettre en avant les sources d’archives à partir desquelles travaille le jeune chercheur, ainsi que la manière dont il élabore le raisonnement scientifique lui permettant d’aboutir aux résultats de ses investigations. L’objectif est aussi de montrer l’articulation, en fonction des sujets, entre les sources conservées aux Archives départementales de la Côte-d’Or et les différents dépôts municipaux, tant archives que bibliothèque. Enfin, ces interventions offriront l’opportunité au public de prendre connaissance des dynamiques actuelles de la recherche sur la Bourgogne, notamment en lui permettant d’accéder, durant les séances, aux originaux des documents utilisés par les différents intervenants.

Ce cycle montre la vitalité de la recherche en Bourgogne, et il la met à la disposition de tous au cœur de la ville de Dijon.

ORGANISATION ET COORDINATION :

Alix Giordano (Doctorante, UMR 6298 ARTEHIS, Université de Bourgogne-Europe).
Contact : alix.giordano@u-bourgogne.fr

Baptiste Rameau (Docteur, UMR 6298 ARTEHIS, Université de Bourgogne-Europe).
Contact : baptiste.rameau@u-bourgogne.fr

Le mercredi de 17h à 18h, aux Archives départementales de la Côte-d’Or, 8 rue Jeannin

Mercredi 12 février 2025

Steven Barrault (Professeur contractuel de Lettres classiques) : « La Bourgogne sous le prisme des Muses et de la poésie : l’Auxonne renaissante dans la Nouvelle Métamorphose des Neuf Sœurs de Jean Girard ».

Jean Girard, poète néo-latin du XVIe, propose, dans sa Nouvelle Métamorphose, une translatio studii des Muses qui délaissent la Grèce pour gagner un territoire alors non décidé. C’est sous l’oeil d’Erato que le choix s’effectue, elle qui visite de nombreuses contrées et qui tombe sous le charme de la Bourgogne et de la région d’Auxonne. Le prisme poétique du poète et des Muses laisse apparaître une description hautement bucolique et presque idéalisée de cette région en proposant un tableautin digne d’un locus amoenus virgilien.

L’onomastique prend d’ailleurs une place majeure dans cette épopée latine, laquelle se clôt sur la métamorphose des Muses, métamorphose qui constitue peut-être l’installation définitive des Muses en Bourgogne

Mercredi 26 mars 2025

Timothée Dhotel (Doctorant, UMR 7366 LIR3S, Université de Bourgogne-Europe) : « Naissance d’un torrent noir. Enquête sur les premiers dépôts de pétrole en Côte-d’Or (XIXe -XXIe siècle) ».

Dans quelles conditions advient le pétrole, l’énergie qui a façonné notre modernité fragile et qui participe à la crise environnementale actuelle ? C’est par l’étude des premiers dépôts de pétrole de Côte-d’Or entre 1877 et 1939 que nous pouvons étudier l’arrivée de cette huile d’éclairage, qui devient à partir des années 1890 le carburant des automobiles. Ces dépôts qui se multiplient de façon exponentielle – nous en avons recensé plus d’un millier dans le département au cours de notre période, sont le lieu de rencontre entre les individus et cette nouvelle énergie. Nous proposons alors une relecture de la « pétrolisation » de nos sociétés, en nous intéressant aux bouleversements sociaux et environnementaux que cette énergie a produits sur le quotidien des individus. Dès le XIXe siècle, le pétrole et ses infrastructures génèrent des enthousiasmes, mais aussi des conflits et des pollutions, dont les traces sont encore présentes aujourd’hui.

Mercredi 7 mai 2025

Mauréna Benteboula (Doctorante, UMR 8529 IRHiS, Université de Lille) : « Devenir le Grand Bâtard de Bourgogne : la construction d’une image publique au XVe siècle ».

Antoine bâtard de Bourgogne (v. 1428 – 1504) attira sur lui la faible lumière des feux de l’historiographie, restant dans l’ombre de son demi-frère, le célèbre Charles le Téméraire. Pourtant, au XVe siècle, il s’impose comme un personnage de premier plan et conquiert l’intérêt des chroniqueurs. Il n’est pas seulement l’un des nombreux fils illégitimes de Philippe le Bon. Il est celui que ses contemporains nommèrent le « Grand bâtard de Bourgogne ». Militaire accompli, voyageur et ambassadeur hardi, politique aguerri et mécène érudit, il fit en sorte de se démarquer de ceux qui l’entouraient. Cette ambition se retrouve dans sa volonté permanente d’apposer dans son environnement ses armes, sa devise « Nul ne s’y frotte » ou ses emblèmes (ronce, barbacane, chouette). Qu’il s’agisse d’orfèvrerie, de manuscrits ou d’architecture, rien n’échappe à son empreinte et il construit tout au long de ce siècle l’image d’un prince, bien que bâtard, puissant en son temps.

Mercredi 18 juin 2025

Anne-Flore Thibaut (Doctorante, UMR 9016 TEMOS, Université d’Angers) : « Étude des déclarations de grossesse bourguignonnes au prisme de l’âge (1760-1830) ».

Quel que soit son âge, toute femme enceinte hors mariage est sommée de déclarer officiellement sa grossesse. Très étudiées dans certaines régions, ces déclarations le sont beaucoup moins en Bourgogne où elles se trouvent en partie disséminées au sein des minutes notariales. Or la proximité du notaire avec la communauté locale en fait le dépositaire privilégié des transactions autour de ces grossesses illégitimes. Outre les filles séduites sous promesse de mariage, on y trouve des parents, « se faisant forts pour leur fille absente », venus demander réparation, la mère d’un séducteur en fuite cherchant à le laver de toute accusation, une jeune accouchée « aïant atteint l’âge de majorité », s’estimant « désormais sous la protection de la Loi, maîtresse absolûe de ses actions » et sommant ses parents de consentir à son mariage, etc… Nous nous demanderons donc si l’âge induit des spécificités, notamment en termes d’implication parentale et de responsabilité. Pour ce faire, nous prendrons appui sur les déclarations de la ville et de la campagne, tout en adoptant une perspective comparatiste afin de mesurer les écarts entre la Bourgogne et d’autres régions.

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Réseau des médiévistes belges de langue française
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