En portant un éclairage nouveau sur l’histoire des pouvoirs municipaux à la fin du Moyen Âge, grâce à l’étude du riche fonds archivistique de Troyes, ce livre permet d’approfondir le rôle des configurations politiques et sociales dans la production de l’écrit, et de comprendre ce que représente le poids d’une « bonne ville » dans le royaume de France, au temps de la guerre de Cent Ans et de la mise au pas des grandes principautés.
La mémoire écrite et archivistique construite par les principales institutions gouvernant la « bonne ville » de Troyes – officiers royaux et conseil de ville remplacé par un échevinage en 1470 – forme la trame discursive du récit de l’union sans accrocs des Troyens avec la monarchie. Pourtant, loin de cet irénique discours du pouvoir, certains documents conservés témoignent de fortes périodes d’oppositions au sein de la ville. La mainmise royale n’entrave pas l’expression d’une vie municipale où les hommes d’un même quartier, d’un même métier, d’une même lignée tissent des liens. On y découvre en filigrane une vie communautaire, autour de l’assemblée des habitants, avec des lieux, des moments et des institutions qui leur sont propres et qui œuvrent à la recherche du bien public.
Préface
Introduction
PREMIÈRE PARTIE – Genèse des institutions municipales et tournant documentaire (XIIIe-début XVe siècle)
Introduction de la première partie
Chapitre 1. D’une tutelle à l’autre. Troyes et l’écrit, du comté de Champagne au domaine royal
I. Préambule : écriture et mémoire de l’intégration de la Champagne au domaine royal
II. La construction de la continuité
III. Affirmation royale et nouvelles logiques documentaires
IV. Les droits des habitants
Chapitre 2. Guerre de Cent Ans et nouvel ordre administratif (seconde moitié du XIVe siècle)
I. Les officiers royaux au cœur du gouvernement municipal
II. Officiers royaux et conseil de ville : une administration en étroite collaboration
III. Dans le silence des archives : une communauté d’habitants défendant ses prérogatives
Conclusion de la première partie
DEUXIÈME PARTIE – Écrits, pouvoirs et gouvernement municipal au temps du conseil de ville (1409-1470)
Introduction de la deuxième partie
Chapitre 3. L’écrit, enjeu de la guerre des princes (1407-1435)
I. Le moment bourguignon : influences documentaires et ambiguïtés mémorielles
II. 1429 : une domination de la ville placée sous le signe de l’autorité royale
Chapitre 4. Un pouvoir municipal fragmenté : du conseil de ville à l’assemblée des habitants
I. Une communauté urbaine, plusieurs institutions
II. Entre pouvoir royal et communauté urbaine : la responsabilité financière des receveurs
III. Les assemblées générales avant 1471
Conclusion de la deuxième partie
TROISIÈME PARTIE – Transformations institutionnelles, recomposition du passé et fabrique de la mémoire à la fin du XVe siècle
Introduction de la troisième partie
Chapitre 5. Ménage à trois. Échevinage, officiers royaux et communauté d’habitants (1470-fin du XVe siècle)
I. Des compétences partagées : à la poursuite de l’échevinage
II. 1483 : un gouvernement municipal toujours divisé
III. Communauté urbaine, équilibre des pouvoirs et pratiques politiques
Chapitre 6. Réécrire le passé et réélaborer la mémoire de la ville à la fin du XVe siècle
I. Réécrire l’histoire : échevinage, mémoires urbains et fidélité royale
II. La fin du Moyen Âge, tournant archivistique
III. Une ville en ses mémoires : inventorier et copier les titres
Conclusion de la troisième partie
Conclusion
Informations pratiques :
Cléo Rager, Troyes, une ville en ses archives (XIIIe-début XVIe siècle), Paris, Éditions de la Sorbonne, 2025 ; 1 vol., 402 p. (Histoire ancienne et médiévale). ISBN : 979-10-351-0913-4. Prix : € 30,00.
Source : Éditions de la Sorbonne







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