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Si la sociologie des intellectuels a pu être considérée à tort comme une tentative de réduction de la production savante, on voudrait, à rebours de ce type de représentations, s’inscrire dans une perspective réflexive, vouée, non pas à dévaloriser les producteurs ou les produits en les déduisant mécaniquement d’un « contexte », -mais à améliorer la connaissance que les disciplines ont d’elles-mêmes, voire contribuer à faire participer leurs acteurs à cette même connaissance. Si l’histoire sociale des historiens a donné lieu à des travaux significatifs1, elle demeure assez récente, marginale et peu implantée dans les pratiques. Par ailleurs son existence n’est ni facilitée ni encouragée par le fonctionnement du champ intellectuel,- qui incite plus à la spécialisation qu’au dialogue inter-disciplinaire, et ce, d’autant plus dans un contexte de concurrence exacerbée. L’intellectuel étant plus disposé à objectiver les autres qu’à s’objectiver lui-même, il s’agira ici de bousculer certaines habitudes en se proposant d’examiner les pratiques d’une catégorie particulière d’historiens, les « médiévistes », et ce à travers un échantillon disponible d’auteurs occupant une position dans l’espace savant. Cette option, qui suppose un travail préalable de catégorisation et de découpage de la réalité, expose à différents biais et incite à se montrer prudent.
Source : SocMed





