Séminaire – Temps et espaces du pouvoir en Europe du Nord-Ouest

Séminaire de recherche – Master Histoire
Cultures et idéologies politiques, fin du Moyen Âge – Première modernité (Semestre 2/4 2024-2025)

Pour la visio-conférence, contacter : elodie.lecuppre@univ-lille.fr

8 janvier 2025
Olivier Richard (Université de Fribourg)
Le secrétaire, le temps et l’espace : le livre de comptes du secrétaire bernois Thüring Fricker

15 janvier 2025
Jelle Haemers (KU Leuven)
Le temps des rebelles dans les anciens Pays-Bas à la fin du Moyen Âge

22 janvier 2025
Jonathan Dumont (Université de Liège)
Prendre le pouvoir par les mots. L’avènement de Charles de Habsbourg (1515)

29 janvier 2025
Baptiste Rameau (Université de Dijon)
Quand le don fait date. La générosité des ducs de Bourgogne Jean Sans Peur et Philippe le Bon, entre temps de la cour, stratégies politiques et agendas personnels

5 février 2025
Anne Lemonde (Université de Grenobles-Alpes)
Capitales routes et circonscriptions d’une principauté montagnarde : enjeux administratifs et politiques dans le Dauphiné d’Humbert II (1333-1349)

12 février 2025
Nils Bock (Université de Münster)
L’argent des rois et des papes : interconnexions financières autour de 1300

26 février 2025
Alexandre Goderniaux (Université de Neuchâtel et de Lille)
Escarmouches urbaines et guerre d’imprimés d’actualité. Les libelles autour de la journée des Barricades (12 mai 1588)

5 mars 2025
Élodie Lecuppre-Desjaridn (Université de Lille) et Marie-Hélène Méresse (Universités de Lausanne et de Lille)
Alphonse, Charles et les autres : un miroir d’actualité contre la tyrannie (Les actions et paroles mémorables de Jean l’Orfèvre)

12 mars 2025
Présentation des travaux des étudiants
Raphaël Sallon, Un idéal religieux au service d’une ambition politique : la croisade de Robert le Frison à Philippe d’Alsace, et Noah Dufour, Gouverner le bailliage de Lens sous Philippe le Hardi, duc de Bourgogne

19 mars 2025
Présentation des travaux des étudiants
Léo Dendre, Le bourgeois sigillant dans le comté de Flandre (fin XIIIe-fin XVe siècle), Mathilde Michelot, La parole politique des femmes à Lille à la fin du Moyen Âge à travers les registres de délibération au XVe siècle, et Donika Qerimi, La cour de Bourgogne et les festivités calaisiennes de 1396

26 mars 2025
Présentation des travaux des étudiants
Pauline Bethencourt, Les villes se mettent à l’heure. Achat et entretien d’horloges publiques dans les comtés de Flandre et d’Artois à la fin du Moyen Âge, Robin Dal, La défense du bailliage de Saint-Omer aux lendemains de la guerre de Cent ans (1453-1477), et Thomas Gelon, L’hôtel du duc Eudes IV de Bourgogne en 1347 : aspects de la mobilité princière à la fin du Moyen Âge

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École d’été – London International Palaeography School

LIPS | 9-13 June 2025

Presentation : here

The London International Palaeography School is held at Senate House, University of London, Malet Street, London, WC1E 7HU(Opens in new window).

Some LIPS courses involve travel to offsite locations. Students are expected to make their own way to any offsite location, and to pay for their own travel. Specific details about offsite sessions are provided in the course handbooks.

The London International Palaeography School is a series of intensive courses in Palaeography and Manuscript Studies.

The Summer School runs annually in London, while online courses run throughout the year. In addition to courses on the palaeography of manuscripts from a wide range of regions and time periods, subject areas include illuminated manuscripts, codicology, and manuscript editing.

Source : School of Advanced Studies, University of London

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Publication – « Trouw aan de tekst. Historische letterkunde in de praktijk », éd. Bram Caers, Anna Dlabačová, Paul Hoftijzer, Olga van Marion en Geert Warnar

Van de Reynaert tot Moeder de Gans, van vrome liederen tot fan fiction en van een los blad perkament tot het boekenbezit van een Leidse student, in Trouw aan de tekst komt bijna alles aan bod dat anno 2024 het beeld van de historische Nederlandse letterkunde bepaalt. Korte artikelen over teksten, methoden en genres laten zien dat de studie van oudere literatuur voortdurend en opnieuw relevant is voor inzicht in processen binnen de cultuurgeschiedenis tot op de dag van vandaag – in samenwerking met allerlei verwante (historische) disciplines. Dit boek bundelt bijdragen van historisch- en modern-letterkundigen, taalkundigen, codicologen, boekwetenschappers en kunsthistorici die allen op eigen wijze trouw aan de tekst zijn en met elkaar de rijkdom van een vak willen tonen aan iedereen die (actieve) interesse heeft voor de praktijk van historische letterkunde en zich daarin wil laten inspireren. 

Trouw aan de tekst verschijnt ter gelegenheid van het afscheid van Wim van Anrooij als hoogleraar Nederlandse literatuur tot aan de Romantiek van de Universiteit Leiden.

Table des matières : ici

Informations pratiques :

Trouw aan de tekst. Historische letterkunde in de praktijk, éd. Bram Caers, Anna Dlabačová, Paul Hoftijzer, Olga van Marion en Geert Warnar, Hilversum, Verloren, 2024 ; 1 vol., 294 p. ISBN : 978-9-46455-134-1. Prix : € 29,00.

Source : Verloren

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Publication – Julie Claustre, Elisabeth Lusset, Darwin Smith, « Notre-Dame de Paris. L’œuvre des siècles »

Érigée au Moyen Âge sur l’Île de la Cité, Notre-Dame de Paris est intimement liée à l’histoire de France. Présence sacrée, monument de l’Art gothique, emblème du pouvoir tout au long de son histoire, creuset de l’imaginaire populaire, la cathédrale Notre-Dame de Paris, point zéro des distances kilométriques, est un centre névralgique de la France.

Le 15 avril 2019 l’incendie de la flèche de Viollet-le-Duc provoque une émotion considérable dans le monde entier, qui rappelle brutalement que ce patrimoine appartient à un héritage commun. Grâce aux savoir-faire ancestraux comme aux techniques les plus modernes, la restauration de Notre-Dame de Paris renouvelle l’intérêt porté à son architecture et à l’histoire qui nous lie à ce monument vivant, le plus visité au monde.

Informations pratiques :

Julie Claustre, Elisabeth Lusset, Darwin Smith, Notre-Dame de Paris. L’œuvre des siècles, Paris, Gallimard, 2024 ; 1 vol., 80 p. (Découvertes Galliamrd, Hors-série). ISBN : 978-2-07304-847-9. Prix : € 15,00.

Source : Gallimard

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Publication – « The Recensio Walcausina of the Liber Papiensis », éd. Charles Radding, Antonio Ciaralli

Die Recensio Walcausina ist eine Ausgabe des Liber Papiensis aus dem 11. Jahrhundert, die von dem Juristen Walcausus von Pavia (bezeugt 1155–1177) und seiner Schule erstellt wurde. Die wichtigsten überlieferten Handschriften wurden von Notaren in Pavia kopiert, die Zeitgenossen von Walcausus waren und offensichtlich seiner Schule nahe standen. Der Text der Gesetze in diesen Manuskripten spiegelt das bewusste Bemühen wider, den Text an die Rechtspraxis und den lateinischen Sprachgebrauch anzupassen. Neben der Vereinheitlichung der Gesetzestexte enthält die Walcausina auch Querverweise auf Gesetze, die sich mit denselben Themen befassen – oft auch ausführliche Erklärungen zu Änderungen, die durch spätere Gesetze erfolgten. Zudem enthält die Recensio Walcausina Hunderte von Dialogen in direkter Rede, die veranschaulichen sollen, wie bestimmte Gesetze vor Gericht geltend gemacht werden können. Sie bezeugt zudem die Kenntnis des römischen Rechts in Pavia, indem sie alle Werke des Corpus Iuris Civilis erwähnt und oft die lombar-dischen Gesetze mit denen des römischen Rechts in Beziehung setzt. Die vorliegende Ausgabe enthält zudem mehr als 160 Distinktionen in Diagrammform; viele davon werden hier zum ersten Mal gedruckt. In den Anhängen zur Edition werden weitere Belege aus den Manuskripten des Liber Papiensis aus dem 11. Jahrhundert gesammelt, die sich auf die Aktivitäten der Schule von Walcausus beziehen.

The Walcausina is an eleventh-century edition of the Liber Papiensis prepared by the jurist Walcausus of Pavia (attested 1155–1177) and his school. The principal manuscripts were copied by notaries in Pavia who were contemporary with Walcausus and evidently close to his school. The text of the laws in these manuscripts reflects a conscious effort to emend the text to reflect legal practice and Latin usage. In addition to standardizing the text of the laws, the Walcausina cross-references laws dealing with the same issues, often including detailed explanations of modifications imposed by later legislation; it also provides hundreds of dialogues in direct speech that illustrate how specific laws could be invoked in court. The Walcausina also attests to the knowledge of Roman law in Pavia, mentioning all the works of the Corpus Iuris Civilis and often correlating Lombard procedures with those of the Roman law. The present edition includes more than 160 distinctions in diagrammatic form; many printed here for the first time. The appendices collect other evidence from the eleventh-century manuscripts of the Liber Papiensis and relating to the activities of Walcausus’ school.

Table des matières : ici

Informations pratiques :

The Recensio Walcausina of the Liber Papiensis, éd. Charles Radding, Antonio Ciaralli, Wiesbaden, Harrassowitz Verlag, 2024 ; 1 vol., CXXVI–482 p. (Leges nationum Germanicarum, 7). ISBN : 978-3-447-11967-2. Prix : € 180,00.

Source : Monumenta Germaniae Historica

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Publication – «Transformés en son image» (2 Co 3,18) – Théologie et mystique. Mélanges en l’honneur de Marie-Anne Vannier à l’occasion de son 65e anniversaire, éd. Silvia Bara Bancel, Jean Ehret

Cet ouvrage, qui se réalise en l’honneur de la professeure Marie-Anne Vannier, dans une perspective interdisciplinaire, réunit les experts sur les grands thèmes qu’elle a parcourus : les Pères de l’Église, les mystiques rhénans et Nicolas de Cues, les études juives et orthodoxes, l’histoire de la mystique et la réflexion systématique sur la relation entre théologie et mystique en centrant les propos autour de la conformation au Christ. L’ouvrage prend en compte des recherches récentes et se déploie comme une étude originale de théologie mystique, structuré comme un parcours historique qui s’étend des origines judéo-chrétiennes à nos jours, et se termine par des réflexions systématiques sur la relation entre théologie et mystique.

Prof. Dr. Silvia Bara Bancel. Universidad Pontificia Comillas, Madrid. Spécialiste de Maître Eckhart et la mystique rhénane.

Prof. Dr. Dr. Jean Ehret.Directeur de la Luxembourg School of Religion & Society. Distinguished Visiting Professor of Theology & Literature à l’Université de Tübingen. Membre de l’Institut grand-ducal.

Table des matières :

Présentation (Jean Ehret & Silvia Bara Bancel)
Lettre à Marie-Anne Vannier (Jean-Claude Cardinal Hollerich SJ)
Bibliographie choisie de Marie-Anne Vannier (Silvia Bara Bancel)

I. Judaïsme Ancien – Origines du Christianisme – Pères de l’Église
La providence entre judaïsme hellénisé et judaïsme rabbinique (José Costa)
Zur Rolle und Funktion der Jünger im Markusevangelium (Georg Rubel)
Marie de Nazareth. Une figure au centre des conflits doctrinaux du IIe au IVe siècle (Simon C. Mimouni)
La divinisation du πλάσμα et ses contrefaçons. Variations irénéennes sur la dialectique de l’or et de l’argile (Sylvain Detoc)
The Abyss of Soul. Platonism and Mystical Theology in Gregory of Nyssa (Enrico Peroli)
Le thème « transformés en son image de gloire en gloire (2 Co 3, 18) » dans les Homélies sur le Cantique des cantiques de Grégoire de Nysse (Raymond Winling)
L’accomplissement de l’oraison spirituelle chez Évagre. Une note sur l’enracinement scripturaire des Chapitres sur la prière (Lorenzo Perrone)
Genèse 1, 26a selon saint Ambroise. Coup d’œil à partir des derniers sermons de l’Exameron (Paul Mattei)
Ambroise de Milan face au judaïsme. Politique et idéologie religieuse d’après la Lettre 74 (40 M) à Théodose (Gérard Nauroy)
Virginité et mariage selon la loi nouvelle du Christ. Analyse du Contre Helvidius 18-21 de Jérôme (Régis Courtray)
Le « mystère d’iniquité », un obstacle ecclésiologique à la « transformation en Son image » selon Tyconius (Jean-Marc Vercruysse)
« C’est ta face, Seigneur, que je cherche : ne me cache pas ta face » (Ps 26, 9). La Lettre 147 De videndo Deo de saint Augustin (Jaime Garcia Álvarez OSA)
Église et hérésies chez Isidore de Séville. Nouvelles sources du livre VIII des Étymologies (Jacques Elfassi)
La douceur chez les Pères monastiques (Nicolas Egender OSB)
La profession monastique, huitième sacrement de la tradition byzantine ? (Job Getcha)

II. Moyen Âge – Mystique rhénane – D’Eckhart à Nicolas de Cues
L’expérience de Dieu et de la transfiguration dans les Sermons de Guerric d’Igny (XIIe s.) (Annie Noblesse-Rocher)
Vivere summe Christo. La règle du Carmel, un texte court et puissant (Philippe Molac)
L’influence des écrits mystiques d’Hadewijch dans l’œuvre de Maître Eckhart (Isabelle Raviolo)
Das Erleben der Minne und ihre Vermittlung bei Beatrijs van Nazareth (Kirstin Zeyer)
La question de la grâce. Filiation et divinisation chez Maître Eckhart (Élisabeth Boncour)
« Transformés en la même image » (2 Co 3, 18) et « fils de Dieu » (Jn 1, 12-13). Transformation paulinienne et génération johannique dans le Commentaire eckhartien du Prologue de l’Évangile de Jean (Julie Casteigt)
Maître Eckhart, serait-il dépeint par les fresques de la Chapelle des Espagnols à Florence ? (Jean Devriendt)
Tod und Auferstehung in der Predigt Langenberg 3 von Meister Eckhart (Jana Ilnicka)
La figure de Lazare chez Maître Eckhart (Jean-Claude Lagarrigue)
Armut, Christus, Bild. Zentrale Eckhartsche Themen in einem bislang vernachlässigten Text. Mit einer vorläufigen Ausgabe zu Melk Stiftsbibliothek, Cod. 705, fol. 290ra-292ra (Ego sum via…) (Freimut Löser)
Eckhart’s “Modicum” (Bernard McGinn)
Meister Eckhart als Interpret des Glaubensbekenntnisses (Dietmar Mieth)
Maître Eckhart, mystique du désert (Jean Reaidy)
Meister Eckharts Transformationszyklus. Die Seele von Eckharts Werk (Markus Vinzent)
Das Leiden als Weg des Menschen zu Gott. Johannes Taulers mystagogisches Verständnis des menschlichen Leidens (Markus Enders)
« Transformés de clarté en clarté en la même image » (2 Co 3, 18). Conformation et transformation d’après Henri Suso (Silvia Bara Bancel)
Ruusbroec’s Reconsideration of the Human Being as Being Made in the Image of the Trinity (Satoshi Kikuchi)
Le jeune Nicolas de Cues et la philosophie universitaire (Andrea Fiamma)
Le Sermon CCLI de Nicolas de Cues sur la transformation de l’homme en image de Dieu (2 Co 3, 18) (Isabelle Mandrella)
De visione Dei. Inverser la perspective de l’unité (Yves Meessen)
« Transformatio semper nova est ». Cusanische Perspektiven zu einem Paradigma der Gegenwart (Harald Schwaetzer)
Du voile de la connaissance à la connaissance du voile chez Maître Eckhart et Nicolas de Cues (Alberto F. Ambrosio OP)
Signes de l’invisible. La valeur théologique de l’Écriture chez Maître Eckhart et Nicolas de Cues (Martina Roesner)
Von Angesicht zu Angesicht. Der Blick auf die göttliche Gestalt im Ausklang des Mittelalters. Jan van Eyck – Cusanus – Grünewald (Wolfgang Christian Schneider)

III. Époque moderne et contemporaine – Approches systématiques
La transformation en Dieu chez Benoît de Canfield. Un chemin de sainteté pour une élite ou pour tous les baptisés ? (Jean-Louis Sohet)
Sainteté et union transformante. Du Père Marie-Eugène à Gaudete et exsultate (François-Xavier Amherdt)
Henri de Lubac et la théologie négative (Jean-Pierre Wagner)
Balthasar – Rahner. Un cas de divergence en théologie du salut (Gérard Remy)
Tertium datur. Trinitarian Mystery and Triadic Paradigm (Luigi Alici)
Quand éthique et mystique se rencontrent (Marie-Jo Thiel)
(Laisser se) dire Dieu. De l’incarnation du Verbe à la théologie comme discipline (Jean Ehret)

Index
Auteurs   

Informations pratiques :

«Transformés en son image» (2 Co 3,18) – Théologie et mystique. Mélanges en l’honneur de Marie-Anne Vannier à l’occasion de son 65e anniversaire, éd. Silvia Bara Bancel, Jean Ehret, Turnhout, Brepols, 2024 ; 1 vol. 850 p. (Judaïsme ancien et origines du christianisme, 31). ISBN : 978-2-503-60765-8. Prix : € 140,00.

Source : Brepols

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Appel à contribution – Chaucer à l’ère du médiévalisme

Justine Breton (Université de Lorraine, SAMA) et Jonathan Fruoco (CREA, Université Paris-Nanterre, CREA) organisent le colloque “Chaucer à l’ère du médiévalisme : In sondry ages and sundry londes” les 13 et 14 novembre 2025, à Nancy, Université de Lorraine.

Date limite d’envoi des propositions : 3 février 2025.

Lieu : Université de Lorraine, Nancy, MSH Site Libération (91 avenue de la Libération), salle 322.

Date : 13-14 novembre 2025.

Suite à l’exposition Chaucer: Here and Now (2023-2024) à la Bodleian Library, ce colloque soutenu par l’association Modernités médiévales et la New Chaucer Society se propose de poursuivre la réflexion sur la dimension médiévaliste de l’œuvre de Geoffrey Chaucer et son influence persistante dans la culture contemporaine.

L’œuvre de Geoffrey Chaucer, loin d’être confinée à son époque, continue de rayonner à travers les âges, inspirant une multitude de représentations postmédiévales. Le poète lui-même constitue une figure régulièrement convoquée, parfois même sans lien direct avec ses textes, ce qui suggère une postérité autonome de Chaucer en tant qu’homme et artiste. Que ce soit à travers le prisme du cinéma, de la musique, du théâtre, de la télévision, de la poésie ou de bien d’autres formes artistiques, le poète demeure une source inépuisable d’inspiration et de réinterprétation. Ce colloque invite à s’interroger sur la façon dont les adaptations et les réinterprétations de Chaucer et/ou de son œuvre par des artistes d’horizons culturels divers enrichissent notre compréhension de son héritage. Ses différentes incarnations au fil des siècle soulèvent en effet des problématiques fascinantes sur le dialogue interculturel, la politique de la mémoire et l’évolution de la culture populaire.

Les propositions pourront notamment s’inscrire dans l’un des axes suivants, sans nécessairement s’y limiter :

Axe 1 : Échos médiévalistes de l’œuvre de Chaucer

Un premier axe d’étude examinera la manière dont l’œuvre de Chaucer est réinterprétée et adaptée dans la culture contemporaine à travers diverses formes artistiques. Quels motifs et thèmes spécifiques de Chaucer trouvent un écho dans le contexte moderne, et quelles sont les raisons de cette résonance ? Cette exploration permettra d’étudier comment les artistes adaptent son œuvre tout en préservant des éléments médiévaux, et de questionner les enjeux de la sélection et de la modernisation de ces éléments.

L’influence de William Morris sur la réception et la représentation de Chaucer suscitera une attention toute particulière. En rééditant Les Contes de Canterbury dans son Kelmscott Chaucer et en donnant vie à une vision romantique du Moyen Âge à travers des œuvres comme Le Paradis Terrestre, Morris a profondément marqué la perception de Chaucer à partir du XIXe siècle. Il conviendra d’interroger la manière dont Morris, comme d’autres, a remodelé l’image de Chaucer pour servir ses propres idéaux esthétiques et idéologiques, afin d’approfondir les répercussions de cette réinterprétation sur la réception contemporaine de l’œuvre de Chaucer.

Nous invitons également à étudier les performances théâtrales et poétiques de l’œuvre de Chaucer et leur contribution au renouvellement de notre compréhension du texte original. La performance de The Wife of Bath par la poétesse Jean « Binta » Breeze au Brixton Market  (2009) offre un exemple intéressant de l’interaction entre Chaucer et un public engagé. En quoi les adaptations de Chaucer dans des lieux publics ou alternatifs élargissent-elles l’accessibilité et la portée de son œuvre ?

De même, il serait pertinent de réfléchir à la façon dont des projets contemporains comme Refugee Tales (2016) de Patience Agbabi utilisent l’héritage de Chaucer pour aborder des questions de mémoire, d’identité et d’inclusion. Ces initiatives contribuent à réévaluer et à revitaliser l’importance de l’œuvre de Chaucer dans le paysage culturel contemporain.

Axe 2 : Chaucer lui-même, incarnations et détournement

Au-delà des poèmes passés à la postérité, la figure de Geoffrey Chaucer est parfois elle-même convoquée dans des œuvres et réécritures variées, (re)donnant vie au poète médiéval. Dans le film de Brian Helgeland Chevalier (2001), dont le titre original, A Knight’s Tale, reprend justement le titre d’une œuvre de Chaucer, le poète constitue par exemple l’un des personnages principaux. Affecté par un problème de jeu, des dettes et une façon de mettre sa plume au service du plus offrant, ce protagoniste semble bien loin d’une image traditionnelle des auteurs. Son talent poétique et, surtout, son art oratoire trouvent toutefois une place croissante dans l’intrigue, ce qui contribue à faire du personnage un adjuvant du héros, mais aussi et surtout une figure de rebelle démagogue. Qu’implique cette interprétation médiévaliste et triviale de Chaucer dans la postérité du poète, ainsi que dans sa réception auprès du grand public ?

Si la connaissance des spécificités de la vie de Chaucer n’est pas nécessaire pour comprendre ni pour apprécier l’œuvre d’Helgeland, cet apport biographique contribue toutefois à enrichir les lectures du film. Quels sont dès lors les enjeux de l’articulation de la réception populaire et des savoirs savants dans la représentation de la figure de Chaucer ? Cette même association du populaire et du savant préside justement à l’intégration du poète dans Thierry la Fronde en 1965 (saison 3, épisode 10), rappelant l’ambition à la fois pédagogique et divertissante de la série qui mêle des personnages fictifs à des figures historiques aisément identifiables.

Chaque fois, Chaucer est clairement nommé, et des références souvent discrètes à son œuvre ou à sa biographie, apparemment plutôt destinées à un public de connaisseur, parsèment sa mise en scène. C’est dans cette perspective qu’il apparaît également sous les traits de son fantôme en 2009 dans la série Les Simpson (saison 20, épisode 18), en référence à son inhumation dans le Coin des Poètes de l’abbaye de Westminster. Qu’est-ce que ces usages de l’image du poète dans la culture grand public dit de sa réception contemporaine ? À qui s’adressent ces clins d’œil, et qu’apportent-ils aux œuvres concernées ?

Les propositions de communication, d’une longueur d’environ 2000 signes, sont à envoyer pour le lundi 3 février 2025, conjointement à Justine Breton (justine.breton [at] univ-lorraine.fr) et à Jonathan Fruoco (jonathan.fruoco [at] gmail.com).

Comité scientifique

Candace Barrington (Central Connecticut State University)
Justine Breton (SAMA, Université de Lorraine)
Vincent Ferré (CERC, Université Sorbonne-Nouvelle)
Jonathan Fruoco (CREA, Université Paris-Nanterre)
Patrick Moran (University of British Columbia, Canada)
Karin Ueltschi-Courchinoux (CRIMEL, Université de Reims Champagne-Ardenne)

Source : Modernités Médiévales

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Publication – Valeria Russo, « Archéologie du discours amoureux. Prototypes et régimes de l’amour littéraire dans les traditions galloromanes médiévales »

L’amour n’est pas seulement l’un des sujets privilégiés de la littérature médiévale, il est aussi l’objet d’une tradition discursive originale : un vaste ensemble de motifs narratifs et lyriques, de multiples possibilités expressives, ainsi que des contextes hétérogènes qui se manifestent autant dans la richesse des formes que dans la diversité des supports. Le tout est intimement lié à l’univers de la littérature courtoise, qui le façonne ou l’absorbe, selon les époques. Loin de rechercher une définition univoque, cette archéologie entend identifier les composantes primaires de l’amour littéraire entre le xiie et le début du xive siècle dans la littérature galloromane. Car les dynamiques liées à la naissance, à la codification et à la transformation des discours érotiques changent à travers les textes, le temps et l’espace. Ce faisant, elles engendrent des couches sémantiques et produisent des superpositions interprétatives. Leur compréhension se place ainsi du point de vue des œuvres, de leur mouvance, des outils stylistiques et de la tradition manuscrite.

TABLE DES MATIÈRES

Remerciements

Introduction

PREMIÈRE PARTIE. UNE ARCHÉOLOGIE DE L’EXPRESSION AMOUREUSE DANS LE MIDI

Chapitre premier. Les conditions de la naissance Temps et contextes de la création Un amour humain et la nouvelle poétique du sublime

Chapitre II. De la discipline amoureuse à la chasteté La métaphore solaire La dimension chrono-topique La maladie amoureuse et la dimension collective de l’amour

Chapitre III. De la chasteté à la cour Phénoménologie du vasselage amoureux : fidélité et bénéfice L’immunité de l’amant La religion de la dame

DEUXIÈME PARTIE. L’ÉCHO SEPTENTRIONAL

Chapitre IV. Présence, préexistence, coexistence L’ordre et la classe (à l’époque pré-courtoise) Liens humains et amoureux dans les premières chansons de geste La trace du charnel. Entre Lancelot et Tristan : la surenchère érotique du mythe

Chapitre V. Le roman et l’amour, ou le second essor roman de l’amour Hypothèse d’un substrat antiquisant Pour une réévaluation de l’influence angevine sur le discours amoureux Architectures et suprastructures de l’amour dans la matière antique

Chapitre VI. Conception et fixation des prototypes romanesques La défaite du discours politique : le Roman de Thèbes La conquête des rivages érotiques : le Roman d’Énéas De la formation à la codification des prototypes romanesques

TROISIÈME PARTIE. HÉRITER L’ART D’AMOUR, OU L’ART DE PRATIQUER L’AMOUR

Chapitre VII. La réception interne à la tradition À la croisée des chemins, ou un saut en avant Un Nord sans Arras : la poésie traditionnelle dans les nouvelles cours

Chapitre VIII. Une science de l’amour Composition et variation de la science amoureuse (du Bestiaire d’Amour au Roman de la Rose) Les témoins des mutations

Conclusion

Répertoire diachronique

Bibliographie

Index

Informations pratiques :

Valeria Russo, Archéologie du discours amoureux. Prototypes et régimes de l’amour littéraire dans les traditions galloromanes médiévales, Genève, Droz, 2024 ; 1 vol., 512 p. (Publications Romanes et Françaises, 280). ISBN : 978-2-600-06592-4. Prix : CHF 45,00.

Source : Droz

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Publication – C. Stephen Jaeger, « Medieval Humanism Collected Essays »

The worldly culture of northern Europe in the two centuries between the end of the Carolingian Empire and the “renaissance of the twelfth century” is, in the words of Claudio Leonardi, an “age without a name.” The difficulty of naming the period might be a lack of coherence among its parts and, at the same time, a lack of conceptual apparatus for formulating a synthesis.

C. Stephen Jaeger argues that such a synthesis of culture from 950 to 1150 emerges from the humanism of the early cathedral schools that proliferated from the second half of the tenth century and from the educational innovations closely tied to the rule of Emperor Otto I, the Great. Its thought and teaching takes its character from the fusion of ancient Roman philosophy and ethical ideals with Christian teachings. Its influence in church and imperial administration is as profound as it is in philosophy, literary style, and social mores. A humanist educated class emerges from these schools that reaches deep into clerical, monastic, and worldly spheres.

The poetry, art, architecture, philosophy, and moral teaching of the age, its educational, aesthetic, social, spiritual, and political ideals are embedded in a shared cultural matrix in which the literature of classical antiquity — and those who taught it — played an important part. The related threads of that culture — whether in German, French, or English — emerge when we see the shared educational and social values nurtured in this matrix.

This volume takes us into the heart of clerical and cathedral-school humanism. It argues for a unified culture undergirded by Christian-humanistic ideals. Jaeger demonstrates that the worldly Latin culture of this period is the first phase of post-classical humanism in the West. Brun of Cologne, John of Salisbury, Hildebert of Lavardin, Muriel of Wilton, Gerbert of Aurillac, Meinhard of Bamberg, and the Victorines all take their place in his wide-ranging synthesis.

These twelve collected essays, some published here for the first time, summarize the past fifty years of Jaeger’s work and thought. Its introduction, revisions, and updates also incorporate other scholars’ research over the past half-century, remove the archival character of standard “collected essays,” and produce a fresh view of a new reinvisioning of European cultural history. These chapters also speak to our own age of rapidly changing cultural and educational values.

Informations pratiques :

C. Stephen Jaeger, Medieval Humanism. Collected Essays, New York, Italica Press, 2024 ; 1 vol., 510 p. ISBN : 978-1-59910-444-7. Prix : USD 75,00.

Source : Italica Press

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Appel à contribution – Château et littérature. XXXIIe Rencontres d’archéologie et d’histoire en Périgord

L’association des Rencontres d’archéologie et d’histoire en Périgord a choisi de consacrer son 32e colloque annuel au thème : Château et littérature. Vaste sujet de réflexion qui nécessite d’emblée un retour sur le contenu des deux termes. Si le château sous toutes les formes qu’impose la longue durée propre à ces Rencontres, depuis la demeure féodale défendue par des fossés et de gros murs flanqués de tours jusqu’à la vaste maison de campagne de noble allure et entourée d’un parc, en passant par la résidence seigneuriale ou royale est d’ores et déjà bien cerné par les différents colloques, il n’en est pas de même pour la littérature. Certes, elle a souvent été présente au détour de nos réflexions mais rarement au cœur sauf il y a vingt ans, lorsque le colloque invita chercheuses et chercheurs à enquêter sur la place des livres et des manuscrits dans les châteaux[1]. Dans le sillage de la 9e édition du Dictionnaire de l’Académie française, nous entendrons ici la littérature comme une « activité de l’esprit par laquelle un auteur[2], usant du langage écrit comme d’un moyen de création artistique, transmet les fruits de son imagination, de son savoir ou de sa méditation »[3]. Dans le cadre de cette activité, le château peut être un lieu d’écriture, une source d’inspiration, le cadre d’une narration, mais il peut aussi jouer plusieurs rôles à la fois.

Pour éclairer au mieux les multiples interactions entre château et littérature, il s’agira donc dans ce colloque d’observer le château à la fois comme lieu favorable à l’inspiration littéraire et à son expression, écrite ou orale, mais aussi comme cadre d’une construction littéraire pouvant revêtir des formes différentes dans le temps et dans l’espace. 

Le château, lieu de création littéraire

À côté de l’image du château, lieu de refuge volontaire par rapport à la vie politique, militaire ou urbaine des élites nobiliaires et marchandes de la Renaissance à l’époque contemporaine – donc favorable au repli sur soi, à la solitude de l’écrivain propriétaire d’un château ou hôte d’un ou d’une châtelaine – coexiste celle du retrait imposé par les tensions politiques et/ou religieuses (Marguerite de Navarre à Nérac), la disgrâce et l’exil (Bussy Rabutin), la crainte des poursuites (Voltaire aux Délices), la ruine ou la vieillesse.

En ces demeures, l’écrivain peut, parfois, bénéficier d’un cadre aménagé à dessein, un espace chauffé en hiver au sein d’un cabinet de curiosités, d’une bibliothèque ou d’une chambre – voire une pièce particulière, comme la tour de Montaigne – pourvu du nécessaire pour écrire : mobilier, encre et papier, parfois difficile à se procurer et fort couteux. Loin d’être exhaustive, cette liste vise à donner une consistance matérielle aux travaux écrits au sein du château. Certaines et certains, tel Montaigne et Brantôme, s’adjoignent le service de secrétaires qui tiennent la plume.

Aujourd’hui des résidences d’écritures, offrant aux écrivains des conditions de travail optimales, peuvent être installées dans des châteaux dont celui Villers-Cotterêts. Lieu de naissance d’Alexandre Dumas en 1802 qui voyait déjà dans ce château, au-delà de l’ordonnance de 1539, une terre d’élection de la littérature française avec La Fontaine et Racine, il a été magnifiquement restauré et accueille depuis 2023[4], la Cité internationale de la langue française

Le château peut aussi être le lieu d’une activité littéraire qui passe par l’oralité. Au Moyen Âge, troubadours et trouvères récitent et chantent leurs poèmes dans les cours. La littérature troubadouresque des XIIe-XIIIe siècles a été exclusivement transmise par l’intermédiaire de chansonniers compilés principalement aux XIIIe-XIVe siècles. La mise par écrit constitue en ce cas une opération réalisée a posteriori et destinée à assurer une transmission plus pérenne, car le troubadour est d’abord celui qui compose des poèmes diffusés par le chant ; la composition est faite pour être écoutée, non pour être lue. « Trouver » (trobar) désignait l’art de composer des vers ainsi que la mélodie pour les chanter en langue vernaculaire, alors que poeta qualifiait les auteurs écrivant des vers en latin savant. Les cansos ou cantigas désignent ces productions, bien que le terme de chanson soit ambigu car il peut recouvrir des transcriptions jongleresques de gestes médiévales telle les épopées consacrées à Roland ou au Cid. Les spécialistes de l’écrit médiéval qui désignent par littératie les compétences (lire/écrire) et les usages sociaux de l’écrit parlent alors d’auralitie pour désigner la création, la réception, la transmission de récit opérée par la voix et l’ouïe. Elle implique le groupe aristocratique au premier plan, tel en Aquitaine, Guillaume IX le Troubadour (grand-père d’Aliénor), Jaufre Rudel, Bertrand de Born et bien d’autres. Au point qu’on peut légitimement se demander s’il n’y a pas un lien à interroger entre la culture troubadouresque curiale médiévale et le divertissement de cour de l’époque moderne, qu’il ait ou non pour cadre un château royal. Au début du XVIIIe siècle, le « salon » de la Duchesse du Maine, en son château de Sceaux, constitue une cour dissidente par rapport à Versailles. Entourée d’artistes et écrivains, elle organise des divertissements littéraires, des représentations théâtrales et des lectures d’œuvres parfois écrites sur place, tel Zadig de Voltaire en 1747[5]

Des créations littéraires variées

Ces châteaux, lieux d’écriture littéraire choisis ou contraints, ont donc offert à des auteurs et autrices de toutes les époques des conditions favorables à la production d’œuvres de natures fort différentes (poésie, théâtre, romans, chroniques, mémoires, correspondance, textes philosophiques, Miroirs des princes, rédigés à l’intention des souverains en Islam et dans l’Occident chrétien[6] et bien d’autres encore…) répondant à un large spectre de motivations plus ou moins exprimées et révélées dans leurs œuvres : distraction, revanche d’écriture liée à l’exil, à la disgrâce ou à la vengeance, quête de la célébrité, etc. Ces créations peuvent être intéressantes à envisager dans le cadre de ce colloque si les conditions de production – dont la présence d’une abondante bibliothèque comme dans les « Maisons de la sagesse » des résidences princières d’Islam – et d’inspiration au château peuvent être mises en relation avec le contenu des œuvres.

Châteaux de papier

Qu’ils aient été ou non écrits au château, des textes littéraires ont en commun, de tout temps, d’avoir pour cadre unique ou pour décor de certaines scènes un ou plusieurs châteaux. Depuis la légende arthurienne jusqu’à la bande dessinée (Le château de Moulinsart dans différents albums de Tintin) et aux romans d’heroic fantasy, ils appartiennent à des genres très différents, parfois illustrés dès la première édition ou plus tard : poésie, fables, contes et légendes, pièces de théâtre, romans, voire échanges épistolaires… Soit un ensemble de textes très variés – des plus frivoles aux plus terribles – qui mettent en scène des châteaux réels (Versailles, Château Gaillard devenu prison dans Les rois maudits),inspirés du réel (If dans le Comte de Monte-Cristo) ou entièrement sortis de l’imagination de l’auteur.

Un château perdu par une famille à la suite d’une destruction, réquisition, confiscation, ou d’une vente plus ou moins contrainte, peut être recréé par l’écriture. Un châtelain ou un descendant se lamente, ou/et se console par le biais de la littérature, muée en moyen de réincarnation du château disparu (Au plaisir de Dieu, Jean d’Ormesson, 1974). Le château perdu, rêvé à travers l’écriture, est idéalisé tout comme la terre des ancêtres et symbolise alors un ordre ancien disparu et figé dans l’immuabilité par l’écriture. Il permet à l’écrivain de revisiter un âge d’or, en particulier l’Ancien régime, englouti par la Révolution française (Chateaubriand) ou par la révolution industrielle[7].

Le contexte historique de production des œuvres oriente la mise en scène littéraire du château (Eugène Le Roy) tout comme la mutation des genres littéraires modifie les perceptions et représentations du château en particulier dans le roman anglais du XIXsiècle : Northanger Abbey (Jane Austen, 1817), Jane Eyre (Charlotte Brontë, 1847) etc. Dans la littérature du XXe siècle, le château devient la métaphore du pouvoir absolu et inaccessible (Le château de Kafka, 1926), ou le cadre du déclin, voire de l’effondrement, d’un régime autoritaire (D’un château l’autre, Céline, 1957), avant de se retrouver au cœur de récits exaltant l’imaginaire castral (heroic fantasy). Une autre façon de mettre en scène le château par la littérature.

Propositions de communications

Les propositions de communications (environ 1500 signes), accompagnées d’une brève biobibliographie de l’auteur(e) doivent être adressées au plus tard le 30 janvier 2025, par voie électronique, en format Word à :

  • Dominique Picco, secrétaire des Rencontres, dopicco@orange.fr
  • Juliette Glikman, secrétaire adjointe, juliette.glikman@orange.fr.

Les intervenants retenus seront informés courant du mois de février.

Le colloque aura lieu les 26, 27 et 28 septembre 2025.

Comme chaque année, une excursion sur un site castral aura lieu le samedi.

Attention, afin de répondre au calendrier de plus en plus contraint de l’édition papier, la version définitive du texte des interventions sera à remettre pour le 15 octobre 2025, date impérative pour permettre la sortie de l’ouvrage en septembre 2026.

Notes

[1] Anne-Marie Cocula et Michel Combet, textes réunis par, Châteaux, livres et manuscrits IXe – XXIe siècles, [Actes des Rencontres d’Archéologie et d’Histoire en Périgord des 23, 24 et 25 septembre 2005] Pessac, Ausonius, Scripta Varia 12, 2006.
[2] ou une autrice
[3] « littérature », Dictionnaire de l’Académie française, 9e édition, en ligne, https://www.dictionnaire-academie.fr/article/A9L1058
[4] Site officiel de la Cité internationale de la langue française, en ligne, https://www.cite-langue-francaise.fr
[5] Catherine Cessac, La duchesse du Maine (1676-1753). Entre rêve politique et réalité poétique, Paris, Classiques Garnier, 2016.
[6] Jocelyne Dakhlia, « Les miroirs des princes islamiques », dans L’écriture publique du pouvoir, édité par Alain Bresson, Anne-Marie Cocula et Christophe Pébarthe, Ausonius éd., 2005, https://doi.org/10.4000/books.ausonius.9245.
[7] Peter Laslett, Un Monde que nous avons perdu. Les structures sociales pré-industrielles, Paris, Fammarion, 1969.

Source : Calenda

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