Appel à contribution – Aquinomix – La pensée économique de Thomas d’Aquin : une approche interdisciplinaire

Thomas d’Aquin (c. 1225-1274) est né il y a huit cents ans, marquant l’histoire de la pensée non seulement en philosophie et en théologie, mais aussi en économie. Tandis que les textes traitant de questions directement économiques ne représentent qu’une petite partie de son œuvre, ils demeurent les plus important du Moyen Âge, tant par leur taille et la diversité des sujets traités, que par leurs apports et leur postérité. Cherchant à répondre à des questions morales et à statuer sur la justice des actes qu’il décrit, Thomas renouvelle et approfondit la compréhension des opérations dont il traite et fait ainsi progresser la connaissance des mécanismes que nous reconnaissons aujourd’hui comme économiques. S’il regroupe les échanges commerciaux et le prêt à intérêt sous le vocable d’« échanges volontaires » dans la Somme de théologie, il traite dans l’ensemble de ses œuvres de sujets aussi variés que le travail et sa rémunération, la production et son financement, l’approvisionnement, les échanges internationaux, la nature de la monnaie, les différents rapports d’échange, la nature de l’intérêt ou le juste prix.

La pensée économique de Thomas d’Aquin suscite encore aujourd’hui l’intérêt de chercheuses et de chercheurs issus de multiples champs disciplinaires : les philologues, paléographes et historiens des textes, qui s’attachent à éditer et à commenter les versions les plus authentiques ; les historiens, qui mettent en relation les écrits et la vie de l’Aquinate avec les réalités économiques de son temps ; les philosophes et théologiens spécialisés en morale sociale, qui traitent de la justice des opérations économiques, ainsi que les spécialistes de théologie fondamentale, qui étudient chez l’Aquinate le lien entre la relation avec Dieu et les relations sociale ; les économistes, tant pour saisir l’évolution que la pensée de Thomas a permise dans la compréhension économique au Moyen Âge que pour éclairer les questions économiques contemporaines ; les praticiens de l’économie, pour qui la pensée de Thomas d’Aquin demeure une source d’inspiration dans la conduite des opérations économiques.

De nombreuses disciplines sont ainsi mobilisées par l’étude du même corpus, mais les occasions de les faire se rencontrer et dialoguer sont rares, privant souvent les chercheuses et les chercheurs des apports extérieurs à leur discipline, tant en termes de méthodes que de résultats. À l’occasion du huitième centenaire de la naissance de Thomas d’Aquin, le Centre d’études du Saulchoir, centre de recherche pluridisciplinaire des dominicains de la Province de France, et le laboratoire PHARE, de l’Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne, spécialisé en histoire de la pensée économique, en partenariat avec la Commission léonine, en charge de l’édition critique des œuvres de Thomas d’Aquin et la Société thomiste, entendent offrir par ce colloque une opportunité de rencontre interdisciplinaire centrée sur la pensée économique de l’Aquinate.

Honorant une approche interdisciplinaire de la pensée économique de Thomas d’Aquin, le colloque abordera la dimension historique des textes et du contexte, la dimension philosophique et théologique, la dimension propre à l’analyse économique et la dimension pratique. Les communications des différentes disciplines sont donc les bienvenues.

Seront également proposées une visite de la Commission léonine et une visite du Paris médiéval de Thomas d’Aquin, qui a rédigé la quasi-totalité de ses écrits économiques au couvent et collège Saint-Jacques, dans le Quartier latin, près des lieux où se tiendra le colloque.

Modalités de soumission

Les communications pourront se tenir en anglais ou en français.

Les jeunes chercheurs sont chaleureusement invités à soumettre une proposition de communication.

Les interventions seront composées de 25 minutes d’exposé, puis de 15 minutes d’échange avec l’assistance.

Des voies de publication pourront être envisagées avec les intervenants.

Les propositions de communication, en français ou en anglais, devront comporter le nom et l’affiliation de l’intervenant, quelques brèves lignes biographiques, et un résumé d’une demie-page à une page de l’intervention.

Elles seront à adresser à Pierre Januard et Nadeera Rajapakse aux trois adresses suivantes : ces.saulchoir@gmail.com ; pierre.januard@univ-paris1.fr ; nadeera.rajapakse@univ-paris1.fr

avant le 1er mai 2025.

La réponse du comité scientifique sera communiquée fin mai 2025.

Informations utiles

  • L’inscription est gratuite mais les frais de transport et de logement restent à la charge des intervenants et participants
  • Le colloque se déroulera à Paris du 11 au 13 septembre 2025 

Responsables du colloque

  • Pierre Januard, directeur, Centre d’études du Saulchoir, professeur aggregatus, Faculté de sciences sociales, Université Pontificale Saint Thomas d’Aquin – Angelicum, chercheur associé, PHARE, Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne
  • Nadeera Rajapakse, maître de conférences, PHARE, Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne

Comité scientifique

  • Camille de Belloy (président de la Société thomiste ; UCLy)
  • Pierre Januard (directeur du Centre d’études du Saulchoir ; PUST-Angelicum ; PHARE-Paris 1)
  • André Lapidus (PHARE-Paris 1)
  • Adriano Oliva (président de la Commission léonine ; LEM-CNRS)
  • Nadeera Rajapakse (PHARE-Paris1)
  • Jacques-Benoît Rauscher (Centre d’études du Saulchoir ; UCLy)
  • Nathalie Sigot (directrice de PHARE-Paris 1)

Source : Calenda

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Appel à contribution – Les ducs de Bourgogne dans les conflits de leur temps (XIVe-XVIe siècles)

PADERBORN (25-28 SEPTEMBRE 2025)
Rencontres annuelles du Centre européen d’études bourguignonnes

Les ducs de Bourgogne ont mené de nombreux conflits bien connus : contre les Armagnacs, Charles VII, les villes de Flandre, l’empereur ou les Suisses, et ces conflits ont marqué de manière

décisive l’image des ducs. Mais, s’ils ne seront pas exclus par principe du champ balayé par les Rencontres organisées à Paderborn, les grands conflits n’y seront pas mis en exergue. Il s’agira plutôt d’analyser le comportement des ducs dans les conflits régionaux et locaux dans lesquels ils n’ont pas d’emblée agi en tant que partie du conflit, mais se sont efforcés soit de trouver un équilibre avantageux, en ce compris pour leur personne, soit d’aider un allié, soit de provoquer une décision allant dans le sens de leur politique. Dès lors, il conviendra d’examiner de plus près d’une part les formes d’influence sur les parties en présence et d’autre part les modalités de règlement des conflits, soit les légations, les négociations, les alliances, la création de réseaux, la mise en place d’une clientèle noble à laquelle il était possible de faire appel en cas de conflit, mais aussi le recours à des médiateurs ou à l’arbitrage, le rôle des accords oraux, des contrats et des rituels.

Dans la mesure où les interventions des ducs ont parfois servi à étendre leur propre influence dans les régions voisines, il est possible de lier à l’étude du comportement ducal en cas de conflit les questions relatives aux formes et aux instruments de la politique d’expansion des ducs Valois (par ex. en Hollande, Hainaut, Gueldre, Utrecht, Cologne ou Liège). En outre, il peut également être

intéressant d’analyser comment les ducs se sont comportés lorsqu’ils ont été confrontés, en tant que partie au conflit, à l’exigence d’accepter une médiation par une tierce partie (Gand, 1452) ou de se soumettre à un tribunal arbitral (Tournai, 1438 ; Luxembourg, 1454). Les interventions ducales lors de

litiges dans certaines villes entre le clergé et le gouvernement municipal et certains groupes sociaux peuvent également constituer un champ d’étude fructueux (Besançon, Liège). Comme de coutume, ce même examen peut être mené au XVIe siècle par leurs successeurs Habsbourg.

Toute une série de questions possibles peuvent découler de ce qui précède : pour quelles raisons les ducs et les Habsbourg sont-ils intervenus dans les conflits ? Par l’intermédiaire de quelles

personnes ont-ils établi des contacts ? De quelle manière et avec quels moyens ont-ils tenté d’imposer leurs propres intérêts et d’instrumentaliser le conflit dans leur sens ? S’efforçaient-ils consciemment d’apparaître comme des faiseurs de paix ou du moins d’être perçus comme tels et comment présentaient-ils généralement leur propre engagement ? Leurs objectifs et leurs méthodes ont-ils évolué au cours du conflit ? Peut-on identifier les facteurs qui leur ont permis d’agir avec succès ou les raisons pour lesquelles ils ont échoué ?

Les propositions sont à adresser au Secrétariat général du CEÉB avant le 24 mars au plus tard. Contact : alain.marchandisse@uliege.be

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Colloque – The “Chronicon” of Sigebert of Gembloux in Perspective

Dans le cadre du projet Access ERC de l’ANR : SiGMaH – Sigebert de Gembloux Maître de l’Histoire, Élisa Lonati (Centre Jean-Mabillon) organise un colloque du lundi 3 au mercredi 5 mars 2025 à l’École des chartes (sur inscription) autour du Chronicon de Sigebert de Gembloux (1028-1112).

Avec quelles stratégies écrit-on l’histoire du monde, et la transforme-t-on en histoire d’une abbaye, d’une région, d’un peuple, ou en un résumé de toutes les connaissances de l’Homme ? Ce colloque donnera quelques premières réponses en abordant la fortune du Chronicon de Sigebert de Gembloux (1028-1112). 

Cette chronique universelle a été réélaborée sans interruption au fil de ses témoins manuscrits et des compilations historiques qui l’ont mise à profit, chaque œuvre construisant ainsi son propre sens du processus historique et contribuant à l’émergence de l’historiographie nationale française et à l’affirmation de nouvelles méthodes pour écrire l’histoire. À côté de quelques épisodes marquants de la revitalisation de Sigebert, d’autres textes historiques médiévaux seront examinés, qui inspirent des approches philologiques et historiques novatrices à prendre en compte pour réouvrir le chantier sigebertien, aussi afin de l’insérer de plus en plus dans un monde interconnecté de données, de textes et d’idées.

Programme :

Lundi 3 mars 2025 : Making sense of Sigebert’s Chronicon

  • 15h : Introduction
  • 15h20 : Isabelle Guyot-Bachy (Université de Lorraine, École Pratique des Hautes Études – PSL), Le succès français de Sigebert de Gembloux : les voies de la traduction
  • 16h : Gabriele Passabì (Società Italiana per la Storia Medievale) Sigebert of Gembloux’s Chronographia and political identity in the twelfth century: outlining a research trajectory

16h40 : Discussion et Pause

  • 17h20 : Antoni Grabowski (Tadeusz Manteuffel Institute of History, Polish Academy of Sciences), Alberic of Trois-Fontaines and the Cistercian Universal Chronicles
  • 18h : Elisa Lonati (École nationale des chartes, Centre Jean-Mabillon), De Sigebert à Vincent, en passant par Hélinand : stratégies pour écrire l’histoire du monde

18h40 : Discussion

Mardi 4 mars 2025 : Reworking, adapting, translating : chronicles and compilations

  • 9h30 : Fabio Mantegazza (Università degli Studi del Molise), For a new edition of Godfrey of Viterbo’s Pantheon: investigations into its manuscript tradition and modus operandi
  • 10h10 : Alessio Marziali Peretti (Université de Montréal), Les Annales bénédictines mineures en français, entre Normandie, Flandre et Lombardie

10h50 : Discussion et Pause

  • 11h30 : Frédéric Duval (École nationale des chartes, Centre Jean-Mabillon), Benedetta Salvati (ENC, CJM, Université de Versailles Saint-Quentin-en-Yvelines), Pour une approche théorique et pratique de la macro-variance dans les textes historiques médiévaux : perspectives numériques

12h30 : Pause déjeuner

  • 14h30 : Emmanuelle Kuhry (Institut de recherche et d’histoire des textes – CNRS), Caroline Macé (Universität Hamburg, Centre for the Study of Manuscript Cultures), L’édition numérique des plus anciennes versions du Physiologus : nouvelles approches, nouvelles problématiques

15h30 : Discussion et Pause

  • 16h10 : Antoine Brix (Université catholique de Louvain), Anglia, quam Karolus Magnus cameram suam vocavit : Destinées franco-anglaises d’une bribe historiographique
  • 16h50 : Inés Fernández-Ordóñez Hernández (Universidad Autónoma de Madrid), Actores and auctores in Medieval Iberian historiography: a three centuries overview

17h30 : Discussion

Mercredi 5 mars 2025 : Chronicles in an interconnected world

  • 9h30 : Philipp Roelli (Universität Zürich), Corpus Corporum as a Tool to Present and Interconnect Text Data
  • 10h10 : Eduard Frunzeanu (École Pratique des Hautes Études – PSL, ÉquipEx Biblissima+), Le portail Biblissima et la transmission des textes – des inscriptions aux éditions numériques

10h50 : Discussion et Pause

  • 11h30 : Marie-Agnès Lucas-Avenel (Université de Caen, CRAHAM), Barbara Jacob (Université de Caen, MRSH Caen), Comment éditer les sources historiographiques des conquêtes normandes (XIe siècle) ?

12h30 : Discussion et Clôture

Informations pratiques :

École nationale des chartes – PSL
65 rue de Richelieu, Paris 2e (salle Quicherat) et en hybride

3-5 mars 2025

Source : École nationale des Chartes

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Offre d’emploi – Postdoctorat au département d’histoire médiévale de l’Institut historique allemand

L’Institut historique allemand (IHA) est un centre de recherche de la fondation publique « Max Weber – Deutsche Geisteswissenschaftliche Institute im Ausland ». Nous travaillons sous la devise « Recherche – Médiation – Qualification » dans le domaine de l’histoire française, franco-allemande et ouest-européenne – de l’Antiquité tardive à nos jours – et jouons un rôle de premier plan dans la médiation entre l’Allemagne et la France.

L’histoire numérique et l’histoire de l’Afrique constituent des axes de recherche complémentaires. Les questions de migration et de mobilité, la discussion de leur présent par des sociétés passées ainsi que les relations internationales et la diplomatie constituent des thématiques privilégiées de notre travail.

L’Institut historique allemand recrute pour le 1.7.2025 (ou une date fixée d’un commun accord) une chercheuse ou un chercheur (postdoc) pour le département d’histoire médiévale (h/f/x). Ce contrat postdoctoral d’une durée de trois ans, avec possibilité de prolongation jusqu’à six ans, a pour objectif un travail de qualification académique et permet la réalisation d’un projet de recherche (thèse d’habilitation ou livre).

Vos tâches

  • la réalisation du projet personnel de recherche,
  • la collaboration active au sein du département (organisation d’événements scientifiques, évaluation des dossiers scientifiques, encadrement de boursières et de boursiers, etc.),
  • la collaboration active au sein de la rédaction des publications de l’IHA,
  • un rôle d’interlocuteur ou interlocutrice pour les chercheuses et chercheurs médiévistes d’Allemagne ou de France,
  • un engagement au sein des groupes de travail au niveau de l’institut et de la fondation.

Profil recherché et conditions requises

  •  un projet de recherche étoffé avec un sujet défini librement par le ou la candidat/e, qui s’inscrit dans les champs de recherche de l’IHA et qui propose une démarche innovante.
  • une excellente thèse de doctorat en histoire,
  • une parfaite maîtrise de l’allemand ou du français et de bonnes connaissances de l’autre langue.

Nous proposons

  • une grande latitude pour développer en autonomie un profil académique international, notamment par le biais d’événements, de coopérations avec des institutions partenaires, etc.,
  • une insertion au sein d’une équipe dynamique,
  • un emploi avec des tâches variées en plein coeur de Paris,
  • si les conditions pour un détachement sont remplies, un contrat de droit allemand dont la rémunération suit la grille salariale du service public allemand – indice 13 (TVöD 13), avec une indemnité d’expatriation devant compenser le coût de la vie élevé à Paris, une aide au loyer, ainsi qu’une indemnité de déménagement incluant une prime d’installation,
  • si les conditions pour un détachement ne sont pas remplies, la rémunération s’aligne sur la grille tarifaire de rémunération locale de l’ambassade d’Allemagne à Paris,
  • un poste au sein d’une entité publique financée par le ministère fédéral allemand de l’Enseignement et de la Recherche.

À compétences égales, la préférence sera donnée aux candidatures de personnes en situation de handicap.

La Fondation Max Weber et l’IHA encouragent l’égalité professionnelle entre les femmes et les hommes. Les femmes qualifiées sont donc vivement encouragées à déposer leur candidature. À qualifications égales, priorité sera donnée aux femmes, conformément aux directives fédérales en matière d’égalité entre les sexes. En tant qu’employeur, l’IHA est soucieux de prendre en compte la vie familiale de ses employées et employés. Vous retrouverez sur notre site web des informations concernant la conciliation de la vie professionnelle et personnelle à l’institut, ainsi qu’un guide relatif au congé maternité, au congé parental, aux indemnités parentales et à la garde d’enfants, adapté au cas particulier de l’IHA en tant qu’institut allemand à l’étranger. Le lieu de travail est Paris.

Modalités de candidature

Pour toute question relative au contenu du poste, veuillez vous adresser à Mme Kirsten Wallenwein, responsable du département d’histoire médiévale (kwallenwein@dhi-paris.fr). Pour les questions liées à la rémunération, à la conciliation de la vie professionnelle et familiale et au travail sur un site à l’étranger, veuillez contacter la directrice administrative, Mme Sarah Maunz-Parkitny (smaunz-parkitny@dhi-paris.fr ou +33 [0]1 44 54 23 81).

Merci d’adresser votre candidature avec les documents usuels (lettre de motivation, CV, diplômes, attestations de connaissances linguistiques si disponibles) ainsi qu’une description détaillée du projet de recherche (25 000 signes maximum espaces et bibliographie compris; le cas échéant publications déjà existantes) au directeur, M. Klaus Oschema, via notre portail de candidature.

au plus tard le 17 mars 2025.

Sous réserve de modifications, les entretiens se dérouleront le 7 avril à Paris.

Source : Calenda

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Publication – « Liturgie et architecture : quels liens ? (Moyen Age-Temps modernes) », éd. Pierre Sesmat, Frédéric Tixier

Que la liturgie et l’architecture aient partie liée relève pour beaucoup de l’évidence. Une interdépendance qui soumettrait les formes architecturales – en l’occurrence les églises – aux besoins de la liturgie et inversement, conditionnerait le fonctionnement liturgique par le cadre architectural. Mais dès que les historiens et historiens d’art entrent dans les études de cas – ici tirés aussi bien du Moyen Âge que des Temps modernes – , il est patent que ce lien se trouve contesté, ou pour le moins discuté et repensé. La liturgie peut-elle se passer de l’architecture ? Les réformes liturgiques se faisant à un rythme plus rapide que le renouvellement de l’architecture, n’entraînent-elles pas à une adaptation des églises, notamment le réaménagement voire la destruction des chœurs ? Ce à quoi semblent aussi encourager les aspirations à voir les « saints mystères » que les fidèles affirment de plus en plus au cours des siècles, alors que les religieux rappellent la nécessité de ne pas être vus, de façon à préserver le retrait du monde inhérent à leur vocation. À partir du XVIe siècle, le retour de la pensée théorique qui touche aussi bien l’architecture que la liturgie introduit un nouveau discours, tantôt conciliateur tantôt polémique, sur le lien entre ces deux sciences apparemment proches dans le christianisme. 

Telles sont les quelques problématiques développées dans cet ouvrage, qui est issu de réflexions menées dans le cadre de l’ANR Lodocat-Chrétientés lotharingiennes (IXe-XVIIIe siècles) et des échanges de deux journées d’études intitulées Liturgie et Architecture. Constructions, usages et aménagements des églises (13e-18e siècles), tenues sur le campus Lettres et Sciences Humaines et Sociales de l’université de Lorraine à Nancy, les 25 et 26 novembre 2016.

Introduction, par Pierre Sesmat et Frédéric Tixier

Célébrer dehors ou dedans ?, par Philippe Martin

Le chant à la cathédrale de Metz au XIIIe siècle : architecture et espace sonore, par Océane Boudeau

Architecture, organisation de l’espace ecclésial et pratiques dévotionnelles. Évolution comparée de trois églises médiévales de Lyon, entre le XIIIe et le XVIIIe siècle (Saint-Nizier, Saint-Bonaventure et la collégiale de Fourvière), par Nicolas Reveyron

MURUS INTER POPULARES ET CORUM. Les structures de séparation à l’intérieur d’églises du sud du diocèse de Grenoble (XIVe-XVIe siècles), par Bruno Varennes

Des rapports d’influence entre les retables d’autel, les pratiques dévotionnelles et la configuration des espaces dans les sanctuaires (XIIIe-XVIIIe siècles), par Brigitte D’Hainaut-Zveny

Circulation et aménagements dans et autour de l’église de la Chartreuse féminine de Notre-Dame de Mélan en Haute-Savoie, par Mathilde Duriez

Liturgie, cérémonial et architecture des églises de congrégations féminines implantées en ville sur la « Dorsale catholique » (XVe-XVIIIe siècles), par Julie Piront

Architecture et réforme des ordres religieux. Le cas des églises franciscaines (XVIe-XVIIIe siècles), par Pierre Moracchini

Forme idéale VS usage liturgique : le plan centré et ses adaptations dans l’architecture religieuse (XVIIe‑XVIIIe siècles), par Raphaël Tassin

Les deux dissertations sur les autels et sur les jubés de Jean-Baptiste Thiers (1688) : un liturgiste aux prises avec les évolutions de l’espace cérémoniel dans la période post-tridentine, par Gilles Drouin

Les usages avant tout : les aménagements liturgiques selon Antoine Desgodets, par Hélène Rousteau-Chambon

Index

Informations pratiques :

Liturgie et architecture : quels liens ? (Moyen Age-Temps modernes), éd. Pierre Sesmat, Frédéric Tixier, Metz, Publications historiques de l’Est, 2024 ; 1 vol. (Collectif, 82). ISBN : 9-782-85730-089-2. Prix : € 25,00.

Source : CRULH

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Appel à contribution – Grégoire ou le bon pécheur en contexte européen. Textes, circulation et réécritures (XIIe –XVIIe siècles)

La légende de la Vie du pape Grégoire relate un double inceste ainsi qu’une longue et pénible pénitence permettant au héros de se laver de son péché et de racheter la faute de ses parents. L’action se situe en Aquitaine et dévoile comment Grégoire, fruit d’un inceste adelphique et abandonné aux flots par sa mère, est recueilli et élevé par un abbé, puis quitte le monastère pour devenir chevalier. Il délivre une comtesse, dont le château est assiégé par un comte, et l’épouse. Après avoir découvert que cette dame n’est autre que sa propre mère, il fait pénitence sur une île où il demeure enchaîné à une pierre pendant dix-sept ans, avant d’être désigné par un ange pour devenir pape à Rome.

Cette légende apparaît sous sa forme littéraire en langue d’oïl au milieu du XIIe siècle et nous est conservée à travers six manuscrits et un fragment. L’auteur anonyme semble avoir composé son texte en octosyllabes dans le domaine des Plantagenêts : B1 proviendrait d’Angleterre tandis que A1 auraitplutôt été composé dans le sud-ouest de la France. Si ce saint apocryphe ne doit pas être confondu avec Grégoire le Grand, il est possible que la notoriété de ce dernier ait joué un rôle dans le succès de lalégende, d’autant qu’il fut le premier moine à devenir pape. L’auditoire auquel la légende s’adresse est sans doute issu de la noblesse aquitaine ou anglo-normande. Il n’est pas interdit de penser que le thème de l’inceste ait pu avoir une résonnance particulière à une époque où des rumeurs reprochent à Aliénor d’Aquitaine d’avoir eu, lors de son séjour à Antioche en 1148, des relations incestueuses avec son oncle, Raymond de Poitiers. Quoi qu’il en soit, ce thème est assez répandu tant dans les textes hagiographiques qu’historiographiques, et permet à l’Église de défendre son éthique matrimoniale face à une société féodale parfois moins regardante sur les liens du sang.

Le récit du bon pécheur connaîtra tout au long du Moyen Âge un succès indéniable comme en témoignent les nombreuses réécritures dans les différentes langues européennes, telles que l’allemand, l’anglais, l’espagnol, le hongrois, l’irlandais, l’islandais, le latin, le néerlandais, le polonais, le russe et le suédois.

L’une des réécritures les plus marquantes de cette légende est celle qui a été rédigée par Hartmann von Aue à la fin du XIIe siècle. Elle a été conservée dans six manuscrits plus ou moins complets ainsi que dans sept fragments. Elle a également été à l’origine de nombreuses autres versions, notamment celle des Gesta Romanorum qui s’est diffusée à travers toute l’Europe. Si Hartmann conserve la trame narrative du texte français, il l’amplifie considérablement et en accentue la dimension religieuse.

À cette réécriture en langue allemande vient s’ajouter une version en moyen-anglais conservée dans quatre manuscrits dont le plus ancien date de la fin du XIIIe siècle. Cette version suit la trame du récit français en l’abrégeant fortement.

Il est impossible de savoir si la légende française remonte à un archétype aujourd’hui perdu, à une légende byzantine ou, plus probablement, si son origine est à chercher dans des sources à la fois diffuses et nombreuses. On songera bien entendu à l’histoire d’Œdipe telle qu’elle était connue au Moyen Âge (notamment à travers le Roman de Thèbes) ou à la légende apocryphe de la vie de Judas, qui rapporte que celui-ci a été mis à l’eau par ses parents puis sauvé par un pêcheur avant d’être amené à tuer son père et à épouser sa mère. D’autres textes traitant de l’inceste peuvent présenter des motifs communs, ainsi en est-il de la Manekine de Philippe de Beaumanoir où la main de Joïe est retrouvée miraculeusement dans le ventre d’un poisson. Enfin, la légende de Grégoire n’est pas sans rappeler celle de saint Métron qui, après avoir découvert l’inceste qu’il a commis involontairement, s’enchaîne devant la basilique de Vérone, jette la clé des chaînes dans l’Adige, et ne met un terme à sa pénitence qu’au bout de sept ans, après que la clé a été retrouvée dans le ventre d’un poisson.

C’est dans la perspective de la diffusion européenne de la légende que le colloque s’intéressera au

texte en langue d’oïl et à ses réécritures produites du XIIe au XVIIe siècle. Il prendra place, en outre, dans un contexte de recherche renouvelé : les textes sont au centre des projets d’éditions numériques développés d’une part à la Bibliothèque Universitaire de Heidelberg (« Vie de saint Grégoire – digital », « Gregorius – digital »), d’autre part à l’Université de Strasbourg (« Gregorius Digital – Estrades »). Il sera ainsi l’occasion de réfléchir, à partir de mises en récit diverses d’une matière commune, à de nouvelles approches d’ordres philologique, poétique et comparatiste, y compris dans la perspective des humanités numériques.

Proposition de pistes à explorer par les communications :

1. Approches philologiques, codicologiques et éditoriales

Les contributions pourront explorer les textes à travers leur tradition manuscrite (manuscrits et fragments) et s’intéresser aux questions relatives à la transmission, à la codicologie ou la paléographie.

On pourra, par exemple, analyser la langue et le style d’un manuscrit ou d’un fragment donné, étudier le lien entre texte et codex en tenant compte des apports de la « nouvelle codicologie » ou encore, s’il s’agit d’un recueil, interpréter le récit étudié en lien avec ses co-textes. Les contributions pourront également porter sur les pratiques d’édition, qu’il s’agisse des éditions imprimées, du XIXe siècle (Victor Luzarche, Karl Lachmann, Fritz Schultz) à nos jours (Henrik Bastiaan Sol, Burghart Wachinger, Volker Mertens), ou sur des éditions numériques évoquées ci-dessus, dont il s’agit d’interroger le potentiel pour l’analyse des textes.

2. Mises en forme et contextes de la matière

Les contributeurs pourront étudier des textes individuels en articulant leurs analyses autour de questions centrales comme, par exemple, celle du genre littéraire (influence de la chanson de geste ? / légende courtoise et aristocratique ou exemplum ?) ou autour de l’étude de certains motifs tels que la géographie, l’eau ou les lieux. Les contributions pourront également explorer les enjeux théologiques des textes. Une attention particulière pourra être portée au vocabulaire religieux employé, aux notions de Providence et de libre arbitre, de rédemption et de pardon, ou encore à la question de la culpabilité et à l’idée de felix culpa. L’analyse pourra mettre en lumière le traitement du personnage du bon pécheur : dans quelle mesure cette figure est-elle condamnée ou, au contraire, revalorisée, voire idéalisée ? Elle pourra également permettre de porter un regard nouveau sur le contexte socio-historique et culturel : que nous disent les textes sur les notions de chevalerie, noblesse, vassalité et parenté ? Comment les auteurs ou adaptateurs traitent-ils le rôle de l’argent ou la représentation de la pauvreté ? Que nous révèlent les lieux ou la géographie sur le sens des textes ? Des parallèles pourront être établis avec d’autres œuvres médiévales abordant les mêmes thèmes. On pourra notamment songer aux légendes hagiographiques traitant de l’inceste ou mettant en scène des figures de saints pécheurs : légende d’Albanus, légendes de Judas (Vita Judae) ou de saint Métron.

3. Circulation et transferts des textes

Les contributions s’inscrivant dans ce troisième axe pourront s’intéresser à la dimension européenne de l’œuvre du XIIe au XVIIe siècle et à sa diffusion, également à travers les Gesta Romanorum ou d’autres recueils de légendes hagiographiques. Les versions en langues allemande, anglaise, espagnole, hongroise, irlandaise, islandaise, latine, néerlandaise, polonaise, russe ou encore suédoise pourront être analysées dans une perspective comparatiste, intertextuelle et interculturelle susceptible de mettre en évidence leurs caractéristiques et leurs perspectives propres, mais aussi les phénomènes de transferts, de circulation et de réécriture des textes. Les contributions pourront notamment aborder les questions de l’amplificatio ou del’abbreviatio : dans quelle mesure les transferts et transformations modifient-ils le sens des textes par des ajouts, le développement ou l’omission de certains passages ? Dans quelle mesure remodèlent-ils la matière, lui confèrent-ils des significations nouvelles, et en révèlent-ils toutes les potentialités ? Une attention particulière pourra être portée au contexte historique et religieux dans lequel elles ont apparu. Une cartographie des manuscrits pourra également être établie. Les contributions permettront ainsi de s’interroger sur les raisons du succès persistant du récit et sur les contextes – culturels, sociologiques, historiques – favorisant sa diffusion.

Les propositions, d’une page maximum, accompagnées d’une brève bio-bibliographie, sont à envoyer conjointement à Françoise Laurent (francoise.laurent@uca.fr) et à Patrick del Duca (patrick.del_duca@uca.fr) d’ici le 1er septembre 2025. Les communications pourront être faites en français, en allemand ou en anglais. Le colloque se tiendra à Clermont-Ferrand du 10 au 12 juin 2026 (le recours à la visio-conférence ne peut être qu’exceptionnel). Une publication des actes est également prévue

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Bourse – Soutien de la Commission Internationale de Diplomatique pour une participation à l’International Medieval Congress 2025 de Leeds

The Commission Internationale de Diplomatique supports young scholars (before the PhD, or two years after their dissertation), giving a paper on diplomatics at the 2025 International Medieval Congress at Leeds.

The CID will finance two young scholars, giving 500€ to each.

Applications must be sent to the president of the CID, Benoît-Michel Tock (btock@unistra.fr) and to the general secretary, Andrea Stieldorf (andrea.stieldorf@uni-bonn.de) before March 31st.

La Commission Internationale de Diplomatique soutient les jeunes chercheurs (encore en doctorat, ou ayant soutenu leur thèse depuis moins de deux ans), qui présentent à l’International Medieval Congress 2025 de Leeds une communication centrée sur la diplomatique.

La Commission financera deux jeunes chercheurs allouant à chacun d’eux la somme de 500€.

Les candidatures doivent être adressées, avant le 31 mars, au président de la CID,Benoît-Michel Tock (btock@unistra.fr) et à la secrétaire générale, Andrea Stieldorf (andrea.stieldorf@uni-bonn.de ).

Source : Commission internationale de diplomatique

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Enquête – Clio. Femmes, Genre, Histoire

La revue Clio. Femmes, Genre, Histoire fêtera ces 30 ans d’existence en 2025. A cette occasion, nous souhaitons mieux cerner notre lectorat. Le questionnaire suivant prendra entre 5 et 7 minutes de votre temps. Vos réponses nous aideront à s’orienter pour l’avenir, alors que le paysage numérique des revues est en pleine évolution. Les résultats feront l’objet d’un article dans le prochain numéro dédié au 30 ans de Clio.

Toute personne ayant lu au moins un article de la revue est invitée à y répondre ! Il n’est pas nécessaire d’être un lecteur/lectrice assidue de la revue.

Voici le lien vers le questionnaire : ici

Merci d’avance du temps que vous nous accordez et n’hésitez pas à diffuser dans d’autres réseaux !

Nous fermerons le questionnaire le lundi 24 février 2025.

Pour le comité de rédaction de Clio,
Chloé Tardivel

Site de la revue : https://www.cairn.info/revue-clio-femmes-genre-histoire.htm

In English: https://www.cairn-int.info/journal-clio-women-gender-history.htm

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Appel à contribution – La sculpture monumentale médiévale à l’épreuve du musée : enjeux, conceptions, réception

Appel à communications : « La sculpture monumentale médiévale à l’épreuve du musée : enjeux, conceptions, réceptions », journées d’études internationales (Paris, Musée du Louvre, Centre Dominique-Vivant Denon, 30 juin-1er juillet 2025 ; Toulouse, Université de Toulouse, IUT Paul Sabatier, 2-3 octobre 2025)

Le musée du Louvre, le musée des Augustins de Toulouse, l’Université de Toulouse et le Groupement d’intérêt scientifique « Patrimoines en partage » organisent deux rencontres consacrées aux enjeux de la présentation, dans les salles permanentes des musées, de sculptures provenant d’édifices religieux majoritairement disparus, en direction de publics souvent peu avertis, auxquels il semble nécessaire de fournir quelques clés de compréhension pour une plus juste et plus agréable appréciation des œuvres monumentales médiévales.



Ce questionnement est né de l’expérience du musée des Augustins confronté au fil du temps à diverses présentations de ses collections médiévales, issues pour l’essentiel de trois cloîtres romans disparus. Les réflexions du musée des Augustins ont été nourries par les échanges avec le programme de recherche OCMI (Ontologie du Christianisme Médiéval en Image) de l’INHA, dirigé par Isabelle Marchesin et Mathieu Beaud. Le projet de rénovation du musée actuellement en cours offre l’occasion de partager les interrogations toulousaines. Dans un souci de prise en compte des publics et afin de favoriser une pluridisciplinarité au cœur des questionnements actuels, une large place sera faite aux apports de la muséologie et des sciences de l’information et de la communication.

L’exposition de fragments et d’œuvres détachés de la sculpture monumentale médiévale pose plusieurs problèmes spécifiques. Le premier, qui ne lui est pas propre, est la présentation d’une œuvre hors contexte, dans des conditions de visibilité différentes de celles d’origine (distance, lumière, contexte visuel effaçant les logiques d’ordonnancement spatial et iconique premier, disparition des marqueurs de sacralité, de liturgie, de communauté, etc.). La complexité est d’autant plus grande quand les édifices d’origine des œuvres ont eux-mêmes disparu ou ont été fortement remaniés, ou bien lorsque les fragments conservés sont dispersés, ou issus d’un contexte archéologique ancien, ou encore vendus sur le marché de l’art sans référence précise.

La différenciation entre contextes conservés, altérés ou disparus (liés au vandalisme, au collectionnisme, au marché de l’art, mais aussi aux changements de goût ou au hasard) est très importante pour la compréhension des œuvres, dont les états de conservation résultent d’histoires diverses.

Lorsque des fouilles ont pu être organisées, quel dialogue instaurer entre archéologie et histoire de l’art ? Comment rendre visible et compréhensible aux visiteurs un contexte disparu et la transdisciplinarité ? L’illusion d’une restitution topographique/archéologique est-elle la priorité muséologique et à quelle fin ?

L’altération des œuvres elles-mêmes est porteuse d’une difficulté supplémentaire. Une autre singularité est la présence proportionnellement forte de chapiteaux et de piliers historiés ou décorés, mais aussi de parties de linteaux, tailloirs, socles et autres plaques. Le fragment a-t-il vocation à être perçu comme une œuvre à part ? Quel niveau d’intelligibilité lui donner ?

Par ailleurs, le musée détermine un effet de « loupe » et même de consécration. Combien d’œuvres apparaissent comme des chefs-d’œuvre et sont publiées, empruntées, regardées, reproduites et commentées sans cesse, parce qu’elles sont conservées dans des musées (surtout si eux-mêmes sont célèbres et importants…), quand leurs jumelles restées sur place ne bénéficient pas du même intérêt ni de la même popularité (avec des exceptions, qu’il faudrait analyser) ?

Lorsque plusieurs pièces sont issues d’un même ensemble architectural, comment articuler les fragments exposés et l’édifice d’origine ? Par un récit, des plans, dessins, outils numériques ? Et par là-même, comment maintenir le lien de la pièce unique à l’édifice ? Quels outils de médiation mettre en place, des plus traditionnels aux plus innovants, et pour quels publics ?

Les conditions muséographiques donnent aux publics une proximité et une possibilité de scrutation des œuvres qui n’existaient pas de la même manière à l’origine. Comment tirer parti au mieux de ces nouvelles conditions pour transmettre des connaissances techniques, stylistiques et iconographiques ?

Comment hiérarchiser les réponses à toutes ces questions au sein d’un même lieu d’exposition et ce pour des visiteurs dont les attentes sont diverses en fonction des âges, des catégories socioprofessionnelles, du niveau d’étude ou des appétences ?

Il nous a paru essentiel de nous placer du côté des visiteurs, de leurs expériences de visite, de leurs envies, en intégrant à notre propos les apports des Sciences de l’information et de la communication (SIC), afin d’étudier la réception du discours scientifique et des propositions de médiation au sein des collections médiévales. Et sur ce sujet, que penser du succès d’un Moyen Âge fantasmé, renvoyé par tant de jeux, de films et de séries à succès ? Y a-t-il un enseignement à tirer du médiévalisme dans nos pratiques muséales ?

En effet, comment passer du discours scientifique élaboré en histoire de l’art, dans et hors du musée, à un discours d’exposition et/ou de médiation au musée, à partir de la muséographie et de la scénographie des vestiges monumentaux médiévaux ? Cette transposition médiatique correspond au passage du discours scientifique des spécialistes, publié dans la littérature grise des thèses et des publications plus ou moins confidentielles, au discours de vulgarisation des expositions ou au discours de médiation des dispositifs qui accompagnent les œuvres.

Les Sciences de l’information et de la communication ont montré toute la dynamique des recherches possibles sur les différentes muséologies (Jean Davallon : muséologies d’objet, d’idées ou de point de vue), sur le mouvement de la nouvelle muséologie qui s’intéresse aussi aux publics et aux communautés d’habitants pour construire un discours adapté voire co-construire l’exposition dans des muséographies participatives, immersives, ludiques.
Le tournant communicationnel des musées dans les années 1980 a abouti à la multiplication des expositions temporaires considérées désormais comme de véritables médias (Jean Davallon, Daniel Jacobi), mais aussi à la mise en place d’une panoplie de dispositifs de médiation, plus ou moins innovants, censés faciliter la compréhension des publics (Patrick Fraysse) qui ne sont pas sans conséquence sur les attentes des publics concernant les collections permanentes.

Ces interrogations très actuelles génèrent de nombreux débats et communications, comme dernièrement l’appel à publication de Géraldine Mallet et Sylvain Demarthe pour la revue en ligne exPosition sur le thème « Montrer les collections médiévales ». Notre proposition se veut complémentaire, par l’analyse du cas spécifique des collections de sculpture monumentale médiévale conservées dans des musées également impliqués dans l’inclusion de tous les publics, soucieux de la démocratisation des connaissances et à l’écoute des apports des SIC et de leurs précieux outils d’évaluation.

Les propositions de communication, qui peuvent concerner des approches théoriques comme des études de cas, sont attendues pour le 1er mars à l’adresse sculptures@louvre.fr 
Elles prendront la forme d’un résumé de l’intervention de 3000 signes accompagné d’une biographie du ou des communicants et d’une bibliographie (5 titres maximum). Si vous ne pouviez participer qu’à Paris ou à Toulouse, merci de nous l’indiquer.
La sélection des communications sera établie au début avril. Leur répartition entre Paris et Toulouse sera précisée en fonction des propositions et des disponibilités des intervenants.
Une publication des actes de ces journées d’étude est à l’étude.

Musée du Louvre (Sophie Jugie, Pierre-Yves Le Pogam, département des Sculptures)
Musée des Augustins de Toulouse (Charlotte Riou)
Laboratoire d’Études et de Recherches Appliquées en Sciences Sociales, Université de Toulouse (Patrick Fraysse)
Groupement d’intérêt scientifique « Patrimoines en partage », réseau de chercheurs en sciences humaines et sociales et de professionnels du patrimoine sous la direction de Sylvie Sagnes, avec le soutien de l’Institut des sciences humaines et sociales du CNRS
Avec la collaboration de Mathieu Beaud, maître de conférence à l’Université de Lille

Paris, Musée du Louvre : Du monument au public des musées

La première étape aura lieu au Centre de recherche Dominique-Vivant Denon du musée du Louvre. Ouverte à tous et gratuite, elle sera dédiée à la problématique générale de l’exposition de ces œuvres et à des études de cas, avec intervention d’historiens de l’art, de responsables de collections et de médiateurs des musées.
– Restitution des contextes d’origine : utilité, enjeux, moyens ?
– Place et fonction des indications chronologiques et/ou périodiques ?
– Comment prendre en compte les contraintes techniques et administratives des lieux d’exposition et l’histoire des établissements ?
– Unicité de l’œuvre exposée : une force ou une limite ?
– Matériaux et techniques : pour approcher la culture des artisans médiévaux
– Élaborer des réseaux d’œuvres disparates : la possibilité typologique (structures et styles) et la possibilité iconographique
– L’apparat critique : place et format des textes et images autour des œuvres
– Contextualiser, expliciter, interpréter… jusqu’où ?
– Peut-on faire une archéologie de l’émotion ou en d’autres termes, peut-on viser la restitution d’un ressenti médiéval ?

Une visite sera proposée dans un musée parisien.

Toulouse : Contenus scientifiques – médiation – évaluation : la transposition des discours

La seconde partie, organisée à Toulouse, sera plus spécifiquement consacrée aux niveaux de contenus informatifs et aux publics, dans le cadre de témoignages croisés. Les points de vue exposés à Paris seront passés au crible des Sciences de l’information et de la communication. Un certain nombre d’enquêtes, effectuées sur le terrain dans les salles des musées, permettent en effet de valider certains dispositifs plébiscités par les visiteurs
– Capter et guider le regard : comment donner à voir l’ensemble et le particulier ?
– Comment impliquer le visiteur en le rendant acteur de sa perception ?
– Quelle place octroyer au style et à l’iconographie ?
– Quels dispositifs de médiation pour quelles attentes des publics ?
– Quelle fonction structurante accorder à la chronologie, la périodisation, et comment la construire ?
– Quelle articulation entre discours scientifique et médiation ?
– Quels outils pour une démocratisation du savoir scientifique en histoire de l’art ?
– Évaluation des expériences de visite ? Données qualitatives.
– Comment aborder au musée le fait religieux, les sources chrétiennes et le rôle de ces œuvres dans des édifices à vocation cultuelle ?

Une visite des collections du musée des Augustins sera proposée (en fonction des travaux de réaménagement du musée).

Paris, Musée du Louvre, Centre Dominique-Vivant Denon, 30 juin-1er juillet 2025
Toulouse, Université de Toulouse, IUT Paul Sabatier, 2-3 octobre 2025

Envoi des propositions de communication : jusqu’au 1er mars à l’adresse sculptures@louvre.fr 

Appel à communication La sculpture monumentale médiévale à l’épreuve du musée

Source : Blog de l’ApAhAu

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Colloque – Statutes of Hospitaller Orders and Statutes of Hospitals in European Comparison (12th to 18th Century)

Since August 2022, the project « Normative Order and Symbolic Presence of the Antonites. Edition of their Statutes and Analysis of their Signs » works as part of the Dresden Research Center for Comparative History of Religious Orders (FOVOG). Its primary goal is the first-ever edition of the entire surviving material of the medieval statutes of the Antonites, namely those from the years 1367, 1420 and 1478. As self-imposed proper law, these texts can provide information in a special way about the hitherto almost unknown constitutional structure of the Antonites and thus shed light on the normative foundations of a community that was networked throughout Europe and, despite its local location, always acted supraregionally.

The workshop aims to present the results of the project, whereby the statutes of the Antonites will be compared with those of other Hospitaller communities. The comparison, in particular with the Hospitallers of the Holy Spirit as a community active at the same time, should help to evaluate and classify the research results for the Antonites. The statutes of individual houses and hospitals from different regions will also be included in the discussion in order to provide a differentiated view of the context of hospital practice.

24.03.2025

14:00 Uhr
Mirko Breitenstein (Dresden)
Begrüßung und Einführung

14:30 Uhr
Nathalie J. A. Schmidt (Dresden)
Recht setzen, Recht haben, Recht machen. Die antonitischen Statuten des 14. und 15. Jahrhunderts

15:15 Uhr
Gisela Drossbach (Augsburg)
Der Liber Regulae des Hospitals von Santo Spirito in Sassia. Un Aggiornamento

18:00 Uhr
Gemeinsames Abendessen

25.03.2025

09:00 Uhr
Andreas Rehberg (Rom)
Die Ablasskampagnen der Hospitalorden vor der Reformation unter besonderer Berücksichtigung des Heilig-Geist-Ordens

09:45 Uhr
Alice Ehrmann-Pösch (Bad Mergentheim)
Hospitalität, Heidenkamp, Herrschaftsausbau. Statuten des Deutschen Ordens bzgl. der caritas

10:30 Uhr
Kaffeepause

10:45 Uhr
Anke Sczesny (Augsburg)
Ordnungen herrschaftlicher Spitäler im ländlichen Schwaben der Frühen Neuzeit

11:30 Uhr
Thomas Frank (Pavia)
Hospitalia sine religione? Statuten von Bruderschaftshospitälern an italienischen Beispielen (14.–15. Jahrhundert)

12:15 Uhr
Gemeinsames Mittagessen

14:00 Uhr
Gemeinsamer Besuch der Dresdner Altstadt

26.03.2025

09:00 Uhr
Artur Dirmeier (Regensburg)
Ex pluribus unum (Aug., trin. 6,4). Die Statuten des St. Katharinenspitals in Regensburg (1230/1238)

09:45 Uhr
Alexandra Stanislaw-Kemenah (Dresden)
De ordine communitatis. Zum Spannungsverhältnis von persönlicher Freiheit und gesatzter Ordnung in Dresdner Hospitälern des 16. Jahrhunderts

10:00 Uhr
Kaffeepause

10:45 Uhr
Élisabeth Clementz (Straßburg)
Leprosenordnungen aus dem Elsass mit einem Seitenblick auf Frankreich

11:30 Uhr
Rebecca Hoppe (Dresden)
Projekteinblicke: Vorstellung der Antoniter-Bilddatenbank

11:50 Uhr
Nathalie Schmidt (Dresden)
Einordnung der Workshopergebnisse

12:10 Uhr
Mirko Breitenstein (Dresden)
Zusammenfassung

12:30 Uhr
Abschluss des Workshops

Informations pratiques :

Forschungsstelle für Vergleichende Ordensgeschichte (FOVOG) Dresden
Dresden, Budapester Str. 34b
24.03.2025 – 26.03.2025

Source : TU Dresden

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