Publication – Jean-Loup Lemaître, « Les inventaires des bibliothèques limousines médiévales »

Le diocèse de Limoges a compté au Moyen Âge un nombre important de communautés monastiques et canoniales, dont l’abbaye Saint-Martial, à Limoges, mais à l’exception de cette dernière dont une partie des livres a été sauvegardée grâce à leur acquisition en 1730 par la Bibliothèque du roi, il ne reste que très peu de manuscrits provenant de ces maisons. Pourtant, la composition de certaines d’entre elles, pouvant compter plus d’une centaine de volumes, est connue par les inventaires qui en furent dressés du XIIIe au XVe siècle, conservés pour la plupart en originaux et pour quelques-uns comme Grandmont par des copies des XVIIe et XVIIIe siècles : Saint-Martial, Aureil, Grandmont, les frères prêcheurs de Limoges et de Saint-Junien, Saint-Martin de Tulle, une abbaye limousine qui n’a pu être identifiée, mais aussi l’évêque de Limoges Aymeric Chat, à travers son spolium de 1390… Ces inventaires n’étaient pas inconnus, mais dispersés dans des publications souvent anciennes, depuis la Bibliotheca bibliothecarum de Montfaucon en 1739, par Hauréau en 1859, Duplès-Agier et Delisle en 1874, Rivain et Guibert en 1877, Barbier de Montault en 1894, Couderc en 1901, plus récemment par dom Becquet en 1965 et J. Decanter en 1966… mais sans faire l’objet d’identifications et d’index. Ils sont réunis dans ce volume, avec une table cumulative des auteurs et des œuvres qu’ils renferment, une liste des manuscrits, ainsi qu’un état des manuscrits conservés.

Jean-Loup Lemaitre a été attaché à la section diplomatique de l’IRHT de 1969 à 1989, puis directeur d’études d’hagiographie et d’histoire monastique à la Section des sciences historiques et philologiques de l’École pratique des hautes études de 1989 à 2014. Ses travaux portent essentiellement sur les traditions commémoratives et l’histoire religieuse limousines au Moyen Âge.

Informations pratiques :

Jean-Loup Lemaître, Les inventaires des bibliothèques limousines médiévales, Paris, CNRS Éditions, 2024 ; 1 vol., 240 p. (Documents, études et répertoires). ISBN : 9782271153043. Prix : € 70,00.

Source : CNRS Éditions

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Appel à contribution – Remploi : matérialité et symbolisme de la Préhistoire au XXe siècle

COLLOQUE INTERNATIONAL
« Remploi : matérialité et symbolisme de la Préhistoire au XXe siècle »
(Nantes, 27-29 novembre 2025)

https://remploi-archi.sciencesconf.org/

Dans le contexte actuel de dérèglement climatique aggravé, d’épuisement des ressources naturelles et d’atteintes à l’environnement se sont développés, depuis quelques années, les concepts de recyclage et plus largement d’économie circulaire. Ces concepts, sous les habits neufs de la rhétorique contemporaine, reprennent un principe – le remploi – aussi ancien que les sociétés humaines, mais qui a été perdu à partir de la Révolution industrielle et, surtout, du développement de la société dite de consommation durant le second XXe siècle. Le domaine de la construction n’a pas échappé à ces évolutions. Durant le XXe siècle, dans les pays les plus industrialisés, s’est imposée progressivement une architecture reposant essentiellement sur des matériaux neufs, standardisés, produits à l’échelle industrielle, reléguant de fait à un usage désormais marginal l’utilisation de matériaux de seconde main dans la construction. Aussi est-il d’autant plus important d’interroger le temps long de l’Histoire – de la Préhistoire récente au XXe siècle – pour analyser le phénomène récurrent des remplois dans la construction.

Lors du colloque international « Remploi : matérialité et symbolisme, de la Préhistoire au XXe siècle », organisé à Nantes les 27, 28 et 29 novembre 2025, sera mise en évidence la part prise, dans les sociétés anciennes, par les matériaux de remploi (pierre, bois, terre, métal, verre, etc.) dans la production architecturale. Cette dernière sera entendue au sens large : des édifices « mineurs » aux plus grands ensembles monumentaux, en passant par les différentes formes d’habitat. La perspective chronologique sera celle du temps long, de la Préhistoire récente au XXe siècle, et l’aire principale d’étude correspondra à l’Europe.  Il s’agira, en sollicitant les approches des archéologues, des historiens de l’architecture, des historiens des textes, voire en combinant celles-ci, d’interroger l’ampleur et les modalités du phénomène. Si la définition de ce remploi ne semble pas poser de difficulté (mise en œuvre d’éléments, de matériaux provenant d’une construction antérieure), le défi sera d’élaborer un discours accessible à des traditions académiques parfois très différentes.

Plusieurs axes seront privilégiés quant aux raisons, parfois polymorphes, de cette mise en œuvre. Ce remploi peut être envisagé dans sa stricte matérialité, dans ses dimensions techniques et architectoniques : polissoirs fixes inclus dans les parois de dolmens angevins, orthostates du grand cairn de Barnenez (Finistère) provenant d’une seule dalle fracturée ou dalles rainurées en remploi pour constituer les parois de certains dolmens angoumoisins, remploi de matériaux visigothiques dans les constructions omeyyades de péninsule Ibérique, remploi de chapiteaux antiques à Sainte-Marie du Trastévère (Rome) ou de bas-reliefs antiques dans le palais califal de Madinat al-Zahra (Cordoue), etc. Quels matériaux sont remployés ? Sont-ils retaillés et modifiés ? Où sont-ils replacés dans la nouvelle construction ? Lorsque le remploi est d’usage commun dans la construction, comme c’est le cas, par exemple, pour les constructions élitaires au Moyen Âge ou dans l’habitat paysan jusqu’au début du XXe siècle, comment le matériau est-il à nouveau mis en œuvre ?  Le remploi peut aussi être mis en œuvre pour des questions économiques : remploi de matériaux lors de la reconstruction de la cathédrale d’Orléans après les guerres de religion, pillage des marbres du Colisée du Moyen Âge au XVIe siècle. Pour les périodes plus anciennes et au corpus documentaire moins fourni, la question méritera d’être posée : la construction de Calatayud (Aragon) à partir de matériaux de la celtibère et romaine Bilbilis à compter du IXe siècle répond-elle uniquement à des motivations d’ordre économique ? Le remploi peut enfin répondre à des logiques symboliques, idéologiques ou même politiques parfois clairement affirmées par la recherche : remploi de matériaux dans la mosquée des Omeyyades de Cordoue interprété comme un moyen de légitimation de la dynastie ; incrustation de bas-reliefs antiques sur la façade de la villa Borghèse à Rome, symboles de la puissance de cette famille papale. Le remploi répond-il à des logiques similaires selon la nature de la construction, religieuse, civile, militaire, etc. ? Parfois aussi, les logiques du remploi font question : dans le cas des mégalithes, le caractère opportuniste d’une telle action peut être questionné lorsque ces matériaux portent des représentations symboliques qui sont mobilisées pour la construction d’un nouvel édifice. Est-ce l’enveloppe matérielle de ces blocs de pierre qui a été mobilisée, ou plutôt les êtres, humains et non-humains, qui y sont attachés ?

On le voit, les approches proposées sont multiples : lors du colloque, les perspectives et les exemples de diverses périodes sollicitées dans les communications seront présentés de manière croisée, afin de s’enrichir mutuellement et de parvenir à un discours commun à l’ensemble de nos pratiques académiques.

Informations pratiques

Les propositions de contributions au colloque pourront se faire, en français ou en anglais, soit sous la forme d’une communication orale de 20 mn, soit celle d’un poster.

Pour les communications orales, les propositions sont à envoyer pour le 6 janvier 2025, dernier délai impératif. Elles devront être accompagnées d’un titre, d’un résumé de 3000 signes et d’une courte bibliographie (4 à 5 titres) du ou des auteur(e)s.

Pour les posters, les propositions sont à envoyer aussi pour le 6 janvier 2025 dernier délai impératif. Elles devront été accompagnées d’un titre et d’un résumé de 2000 signes.

Les propositions devront être envoyées à :
remplois.propositions2025@gmail.com

Source : Blog de l’ApAhAu

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Publication – Nicole Demarchi, « Paolo Diacone e il dolore. I racconti di un’emozione »

Paolo Diacono mette  in scena il dolore dei suoi contemporanei o dei grandi del passato, fondendo nelle sue opere elementi autobiografici, topoi letterari e messaggi politici. In epoca altomedievale il dolore non si riduce infatti alla mera lesione fisica, ma presenta una molteplicità di significati e sfumature che lo portano ad essere una delle emozioni protagoniste nella comunità emotiva della corte carolingia di Carlo Magno e di quella longobardo-beneventana di Arechi.

Nicole Demarchi è un’assegnista di ricerca in storia medievale presso il Dipartimento di Scienze Storiche, Geografiche e dell’Antichità dell’Università degli Studi di Padova. Il suo principale campo di studio riguarda la storia delle emozioni, concentrandosi in modo particolare sul ruolo svolto da queste nei contesti socioculturali e politici tra l’VIII e il X secolo.

Table des matières :

Introduzione

  1. Studiare le emozioni, studiare il dolore. La storia delle emozioni
  2. Raccontare il dolore nella vita di Paolo Diacono
  3. Celebrare il dolore. Lutto, cordoglio, perdita
  4. Dolore, salvezza e santità
  5. Dolor, ira e vendetta
  6. Manifestare il dolore. Lacrime e pianto
    Conclusioni

Informations pratiques :

Nicole Demarchi, Paolo Diacone e il dolore. I racconti di un’emozione, Turnhout, Brepols, 2024 ; 1 vol., 316 p. (Haut Moyen Âge, 51). ISBN : 978-2-503-61187-7. Prix : € 90,00.

Source : Brepols

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Journée d’étude – Les méthodes quantitatives dans les sciences humaines : quelles incidences sur les objets et processus de recherche ?

Présentation : Matthieu Pichon, ULB ; Guillaume Quintin,ULB ; et Marie Serisier, ULB, Université Paris-Cité

Introduction, modération et conclusion : Paul Bertrand, UCLouvain ; Sébastien de Valeriola, ULB ; et Nicolas Ruffini-Ronzani, UNamur, AÉN

Répondant.e.s : Isabelle Boydens, ULB, Smals ; Éric Geerkens, ULiège ; Isabelle Gribomont, UCLouvain ; et Florence Le Cam, ULB

Organisé dans le cadre du groupe de contact FNRS « Les humanités des données »

Nous avons le plaisir de vous inviter à la troisième réunion du groupe de contact FNRS « Les humanités des données / Data-driven humanities ».

Elle aura pour nom « Les méthodes quantitatives dans les sciences humaines : quelles incidences sur les objets et processus de recherche ? ». Elle s’articulera autour d’une présentation proposée par Matthieu Pichon, Guillaume Quintin et Marie Serisier, chercheur.e.s affilié.e.s à Ratio DH, nouveau centre de recherche en humanités numériques à l’Université libre de Bruxelles. Celle-ci sera suivie par un débat encadré par Sébastien de Valeriola (ULB) et animé par un ensemble de répondant.e.s composé de Isabelle Boydens (ULB et Smals), Éric Geerkens (ULiège), Isabelle Gribomont (UCLouvain) et Florence Le Cam (ULB). L’introduction et la conclusion seront prises en charge respectivement par Paul Bertrand (UCLouvain) et Nicolas Ruffini-Ronzani (UNamur et AÉN).

Nous aurons ensuite l’occasion d’échanger autour d’un verre.

Lundi 9 décembre 2024 à partir de 14h00

Local DC11.218
Bâtiment D – Niveau 11 – Local DC11.218
Avenue Antoine Depage 30
1000 Bruxelles

Vous êtes tou.te.s les bienvenu.e.s, sur simple inscription au préalable : ici

Contact : guillaume.quintin@ulb.be

Le séminaire se tiendra en français

Source : Université Libre de Bruxelles

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Colloque – Bible et gestion du patrimoine du Ve au XVIe siècle

Prenant en compte l’affirmation de l’approche économique des faits religieux, les deux demi-journées d’étude « Bible et gestion du patrimoine du Ve au XVIe s. » visent à délimiter un périmètre de recherche dédié aux effets du Livre saint sur les modes d’organisation collective des biens et des personnes. Il s’agira de préciser le rôle que les ecclésiastiques et les laïcs attribuent à la Bible dans la gestion de la vie matérielle, au fil du Moyen Âge et au début de l’époque moderne. Le sujet est ainsi abordé sur la longue durée, de l’époque patristique au XVIe siècle, qu’on peut considérer comme un long âge d’or de la théologie, et sur un ensemble de territoires, Éthiopie comprise.

L’ensemble implique de poser la question de l’appropriation du Livre saint à nouveaux frais et de l’autorité en particulier qui lui est attribuée, sur le temps long. On réfléchira également à l’articulation entre un patrimoine matériel et immatériel, avec la Bible ; et à l’interaction entre les processus de valorisation et de sacralisation dont ces patrimoines font l’objet. Les débouchés pourraient contribuer aux remises en question d’une longue séquence parfois encore définie comme moment d’affaiblissement de la rationalité religieuse au regard de l’essor des rationalités politique puis économique.

Mardi 10 décembre

  • 14h-14h15 : accueil
  • 14h15-14h45 : Amélie De Las Heras (CREHS – Université d’Artois), Introduction. Bible et gestion du Moyen Âge à la première Modernité : une question de valeur(s) ?
  • 14h45-15h15 : Ismaël Moya (LESC – CNRS/École Polytechnique), Les possibilités du présent. Une perspective anthropologique sur la valeur, l’économie et la religion.
    15h15-16h : discussion puis pause
  • 16h-16h30 : Marion Deschamp (CRULH – Université de Lorraine / IUF), Économie de la foi et Réforme luthérienne : de la gestion des biens ecclésiastiques à ceux des caisses communes.
  • 16h30-17h : Thierry Amalou (CREHS – Université d’Artois), Faut-il payer la dîme ? Le recours à la Bible dans les polémiques confessionnelles du XVIe siècle.
    2
    17h-17h30 : discussion

  • Mercredi 11 décembre

9h-9h30 : Olivia Adankpo-Labadie (LUHCIE – Université Grenoble-Alpes / ANR ETHIOKONGROME), Énumérer, décrire, commémorer. Quelques réflexions sur les relations entre Bible et gestion à travers les listes d’objets du monastère éthiopien de Dabra Māryām (Sarāʿē, Éthiopie, XVe siècle).

  • 9h30-10h : Amélie De Las Heras (CREHS – Université d’Artois), D’un homéliaire à un cartulaire : édification biblique, mémoire et gestion d’une communauté cathédrale du XIIe au XIIIe siècle.
    10h-10h30 : discussion puis pause
  • 10h30-11h : Valentina Toneatto (CIHAM – Université Lumière Lyon 2), La Sainte Écriture comme principe de l’administration (Hincmar, De ordine palatii, III).
  • 11h-11h30 : Nicolas Michel (PraME – Université de Namur), Bible, gestion et miroirs aux princes : entre citation d’autorité et ornement littéraire.
    11h30-12h : discussion conclusive

Organisées par Amélie De Las Heras (CREHS UR 4027)
Université d’Artois, Maison de la Recherche,
salle des colloques (I0.06) – Arras

10-11 décembre 2024

Intervenants :
Olivia Adankpo-Labadie (LUHCIE – U. Grenoble-Alpes / ANR ETHIOKONGROME)
Thierry Amalou (CREHS – U. Artois)
Amélie De Las Heras (CREHS – U. Artois)
Nicolas Michel (PraME – U. Namur)
Ismaël Moya (LESC – CNRS/École Polytechnique)
Marion Deschamp (CRULH – U. Lorraine / IUF)
Valentina Toneatto (CIHAM – U. Lumière Lyon 2)

Contacts : Amélie De Las Heras, amelie.delasheras@univ-artois.fr
Sophie de Clerck, sophie.declerck@univ-artois.fr

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Publication – Bertrand Schnerb, « Philippe le Bon. Le duc de Bourgogne qui ne voulut pas être roi »

Philippe le Bon (1396-1467), troisième duc de Bourgogne de la Maison de Valois, est l’une des figures marquantes du XVe siècle européen.

« Grand-duc d’Occident », Philippe le Bon est connu pour avoir affermi et renforcé la puissance bourguignonne qu’avaient commencé à bâtir son grand-père, Philippe le Hardi, et son père, Jean sans Peur. Sous son principat, la culture aristocratique fut mise à l’honneur : fondateur de l’ordre de la Toison d’or, tenant autour de lui une cour brillante qui suscita l’admiration de ses contemporains, il fut commanditaire d’œuvres d’art et de beaux manuscrits, et fit construire ou embellir ses résidences de Dijon, Bruges, Gand, Bruxelles et Lille. Son œuvre politique fut également considérable : il unit sous sa main les « Pays-Bas bourguignons », réforma les institutions de ses principautés et fut un acteur de première importance à l’échelle de l’Europe de son temps.

L’image de ce prince qui s’allia à l’Angleterre en pleine guerre de Cent Ans demeure fortement contrastée et on a porté sur lui bien des jugements contradictoires. Pour comprendre la vie et l’action de ce personnage flamboyant, Bertrand Schnerb, mettant à profit une longue fréquentation de sources inédites, lui consacre une biographie monumentale.

Bertrand Schnerb, professeur émérite de l’université de Lille, est l’auteur de plusieurs ouvrages sur la Bourgogne médiévale, notamment l’auteur de plusieurs ouvrages sur la Bourgogne médiévale, notamment Armagnacs et Bourguignons. La maudite guerre Armagnacs et Bourguignons. La maudite guerre (1988),(1988), L’État bourguignon, L’État bourguignon,1363-1477,1363-1477, (1999) et(1999) et Jean sans Peur. Le prince meurtrier Jean sans Peur. Le prince meurtrier (2005).

Informations pratiques :

Bertrand Schnerb, Philippe le Bon. Le duc de Bourgogne qui ne voulut pas être roi, Paris, Tallandier, 2024 ; 1 vol., 978 p. ISBN : 979-1-02104-761-7. Prix : € 31,90.

Source : Tallandier

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Publication – « The Civilian Legacy of the Roman Army. Military Models in the Post-Roman World », éd. Luca Loschiavo

The Roman army represented an important social and organizational reference model for the Romano-Barbarian societies, which progressively replaced the Western Empire in the transition from Late Antiquity to Early Middle Ages. The great flexibility of the decision-making and organizational solutions used by the Roman army allowed the ‘new lords’ to readapt them and thus maintain power in early medieval Europe for a long time.

From a perspective ranging from political, social and economic history to law, anthropology, and linguistic, this book demonstrates how interesting and fruitful the investigation of this specific cultural imprint can be in order to gain a better understanding of the origins of the civilization that arouse after the fall of the Roman world.

Contributors are Francesco Borri, Fabio Botta, Francesco Castagnino, Stefan Esders, Carla Falluomin, Stefano Gasparri, Wolfgang Haubrichs, Soazick Kerneis, Luca Loschiavo, Valerio Marotta, Esperanza Osaba, Walter Pohl, Jean-Pierre Poly, Pierfrancesco Porena, Iolanda Ruggiero, Andrea Trisciuoglio, Andrea A. Verardi, and Ian Wood.

Luca Loschiavo, Ph.D. (1994) is full Professor of Medieval and Modern Legal History at the University of Teramo (Italy). He has published 3 books as author (the last one is L’età del passaggio. All’alba del diritto commune europeo (secoli III – VII), 2019); 8 as coeditor; and 80 essays on medieval legal history.

Table des matières : ici

Informations pratiques :

The Civilian Legacy of the Roman Army. Military Models in the Post-Roman World, éd. Luca Loschiavo, Boston-Leyde, Brill, 2024 ; 1 vol., XIV–520 p. (History of Warfare, 144). ISBN : 978-90-04-69347-0. Prix : € 166,00

Source : Brill

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Appel à contribution – Contacts avec l’autre

La cantiga 185 des Cantigas de Santa María, composées à la cour d’Alphonse X de Castille, narre avec une intensité dramatique la trahison qui brise une amitié entre un chrétien et un musulman. Le récit met en scène deux alcaides – gouverneurs de châteaux – nommés par leurs souverains respectifs pour assurer la défense des forteresses de Chincoya et de Belmez, à la lisière du royaume musulman de Grenade. Sancho, l’alcaide chrétien, excelle dans son devoir de protection, mais un trait de caractère lui est reproché : « il avait une grande amitié avec le maure qui était alcaide de Belmez ». Cette amitié se révèle fatale.

En secret, l’alcaide de Belmez complote avec le roi de Grenade, promettant de livrer Chincoya en abusant de la confiance de Sancho. Trompé par cette complicité factice, Sancho se rend sans méfiance à une rencontre et tombe dans un piège : il est capturé. L’ami d’hier devient l’ennemi d’aujourd’hui. Au-delà de l’histoire elle-même, le chant véhicule une idée sous-jacente : le lien avec l’autre, défini ici par sa différence religieuse, ne peut mener qu’au désastre. Cette trahison, symbolisée par la frontière où s’effacent la notion d’amitié, illustre la méfiance profonde envers le contact avec l’altérité.

L’altérité, multiple et protéiforme, peut être définie selon une grande diversité de critères, parmi lesquels le politique occupe une place majeure. L’altérité désigne d’abord ce qui est extérieur à une entité politique donnée, qu’il s’agisse d’un État, d’une région ou même d’une ville. Cette extériorité peut se manifester à travers des figures telles que l’étranger ou le migrant. Elle revêt également une dimension culturelle4, perceptible dans l’appartenance à un peuple différent ou l’usage d’une langue étrangère. Cette rencontre peut se faire dans la littérature à travers des écarts temporels et participer par une appropriation tardive à la construction d’une identité culturelle. Des perspectives sociales et religieuses complètent cette réflexion : les distinctions de genre, de statut, de rang ou de classe traduisent des hiérarchies internes, tandis que les écarts par rapport à une foi jugée « vraie » reflètent des dynamiques de rapprochement ou d’exclusion. Les « autres » peuvent donc être trouvés partout : à l’extérieur
de sa propre communauté ou en son sein. Les lieux du contact sont variés : villes, frontières, voyages, expéditions armées, lettres, rapports diplomatiques, voire chansons ou romans.

Cet ‘autre’ ne peut exister sans un ‘soi’. L’autre est un terme relationnel. Il ne peut être le résultat que d’une comparaison avec soi-même et les groupes auxquels on s’identifie. Le contact avec l’autre possède alors une dimension définitoire et identitaire, toujours relative, toujours en construction. C’est parce que l’autre interroge le soi que le contact engendre des dynamiques variées allant de l’admiration au rejet, en passant par la curiosité ou l’incompréhension.

Ce séminaire de Questes prend donc pour thématique les contacts avec l’autre au Moyen Âge. Ce sont autant les différentes formes des interactions avec l’autre que la manière dont ces rencontres façonnent les individus et les sociétés qui sont au cœur de la réflexion. Cette question de l’autre et de l’altérité au Moyen Âge a connu un regain d’intérêt ces trente-dernières années dans lequel la rencontre compte s’inscrire.

Axe I – Le contact avec l’autre comme construction du soi : représentations, connaissance et identité

Les dynamiques du contact sont façonnées par la manière dont l’autre est perçu et représenté. Cette connaissance de l’autre est façonnée par divers media, telles que les récits de voyageurs, l’iconographie, les rapports diplomatiques, les compilations de chansons et de prose, les chroniques ou les écrits religieux et normatifs, discours qui ont une influence majeure sur la construction de l’identité tant de l’autre que de soi-même.

Ces représentations varient alors en fonction des contextes politiques et sociaux. Les peuples voisins peuvent être vus à la fois comme des ennemis à combattre ou comme des partenaires commerciaux à rencontrer. Au contraire, la rencontre avec l’autre est toujours médiée par des dynamiques historiques qui peuvent transformer les relations sociales, créer une norme ou l’interdit. Les différences avec la foi des autres peuvent ainsi unir une société autour de sa propre croyance. Le contact crée dans ce cas-là une interrogation autour de sa propre identité et du rapport à l’autre. Pour reprendre les mots de Dominique Iogna-Prat : « ce qui unit les hommes est en même temps ce qui les divise16 ». Un jeu de miroirs se forme alors dans les récits. Décrire l’autre est aussi manière de se décrire.

Axe II – Les modalités du contact avec l’autre : confrontations, échanges et acculturations

Les modalités du contact avec l’autre sont multiples. Cette rencontre peut être dominée par la violence qu’elle se produise dans le cadre d’une expédition armée – croisade, raid, guerre de conquête – ou dans la répression d’un comportement qualifié d’« autre ». Au contraire, le contact peut donner lieu à une diffusion d’une culture vers une autre, voire à un échange si la relation est réciproque. Parfois, façonner l’autre revient à contempler un miroir reflétant le soi, modelé à travers un processus d’appropriation culturelle. Ainsi les phénomènes de conversion à la croisée entre le contact violent et l’échange font partie intégrante de cet axe. Des stratégies d’accommodation peuvent aussi survenir pour réguler les contacts avec l’autre ou pour en tirer un bénéfice. Il s’agit alors également d’interroger les acteurs du contact : acteurs de la diplomatie, médiateurs, passeurs. Par ailleurs, une fois le contact vécu, il peut être mis en scène, transformé ou imaginé dans les écrits. L’entrevue de François d’Assise avec le sultan ayyûbide Al-Malik al-Kâmil en 1219 est ainsi l’objet de relectures, de commentaires, de légendes ou de
récits hagiographiques par lesquels le contact est transformé en événement.

Axe III – Le manuscrit comme carrefour du contact avec l’autre

Le manuscrit témoigne du contact à distance entre l’auteur et le copiste, un échange qui laisse des traces matérielles et textuelles. Ce processus de transmission met à jour le texte linguistiquement et conceptuellement, et révèle une dynamique de renégociation constante. Le manuscrit peut ainsi être perçu comme un espace matériel où interagissent auteur, copiste et lecteur, chaque acteur y inscrivant sa marque. Cette interaction, visible à travers texte et paratexte (notes, gloses, rubriques), reflète une interprétation diachronique et synchronique qui façonne le manuscrit. Le manuscrit déclenche également des dialogues culturels et linguistiques, où les traditions se rencontrent, s’hybrident et se transforment. Les traductions médiévales, comme celles du latin au français du XIVe siècle, montrent comment la langue cible s’adapte à la langue source, produisant des hybridations lexicales et syntaxiques. Les manuscrits multilingues, franco-italiens ou d’Outremer, illustrent des interactions complexes et protéiformes. De même, les genres littéraires médiévaux révèlent des influences croisées et une porosité marquée, comme en témoigne l’interaction entre la culture chrétienne et les récits chevaleresques, ou comme les œuvres inclassables comme Audigier ou Le Voyage de Charlemagne. L’intertextualité est alors aussi un phénomène de contact par recouvrement, superposition et prise de main.

Les propositions sont invitées à explorer ces dynamiques de contact :

Échanges culturels
Conditions de soumission
Représentation et connaissance de l’autre
Communication et médiation
Phénomènes de conversion
Formes de la confrontation armée
Moments de négociation et de paix
Acteurs et lieux du contact
Diffusion d’objets culturels
Stratigraphies linguistiques et philologiques
Hybridité linguistique et multilinguisme
Relations entre texte et paratexte
Interactions entre traditions et genres littéraires ou musicaux

Cet appel à communication s’adresse aux étudiants et étudiantes de master, de doctorat et aux jeunes chercheuses et chercheurs en études médiévales, quelle que soit leur discipline. Les propositions de communication, limitée à 300 mots et à une courte bibliographie, seront accompagnées d’une mention du sujet de mémoire et/ou de thèse. Elles devront être envoyées aux organisateurs à questes.contacts@gmail.com, pour le 30 décembre 2024, en vue d’une présentation de vingt minutes durant l’une des quatre séances du séminaire, qui se tiendront les vendredi 31 janvier, 14 février, 14 mars, et 4 avril 2025, et d’une publication dans la revue de l’association (questes.revues.org). Questes organise ses séminaires à la Maison de la Recherche (28 rue Serpente, Sorbonne Université) mais les communications peuvent se faire en ligne, en distanciel.

Le comité d’organisation
Davide ARUTA, Saagar ASNANI et Zoé PLAZA-LEROUX

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Journée d’étude – L’Église romaine et les communautés locales sur le pourtour méditerranéen (Xe-XIIIe siècle)

Jeudi 23 janvier 2025
10h-16h30

UNIVERSITÉ TOULOUSE JEAN JAURÈS
Bâtiment, Olympe de Gouges – amphi ODG 4

Renseignements : damien.carraz@univ-tlse2.fr

10h : Accueil / Introduction – Damien Carraz , UT2J

10h15 : Sidonie Bochaton (Histoire de l’art et archéologie, UT2J), Communautés canoniales régulières des Alpes occidentales entre la fin du XIe et le XIIIe siècle

10h45 : Marjolaine Raguin (Langue et Littérature médiévales occitanes, UT2J), Douceline de Digne († 1274), une vie au service de la communauté

11h15 : Nour Dahmani (Histoire, UT2J), Médiation, intégration ou assimilation ? État des relations sociales entre les chrétiens arabisés, les juifs et la cathédrale de Tolède (mi-XIIe-début XIIIe siècle)
11h45 Questions sur la matinée

14h : Camille Rouxpetel (CNRS, Orient et Méditerranée UMR 8167), Les communautés chrétiennes orientales et l’Église latine

15h30 : Sébastien Fray (Histoire, Université de Saint-Étienne), Ecclesia et dominium dans l’historiographie récente. Une perspective critique suivi d’une table-ronde animée par Damien Carraz, Florian Gallon et Emmanuel Huertas

16h30 Clôture

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Publication – « Les seigneurs du marais La résidence fossoyée de la Mothe de Pineuilh (Gironde, Xᵉ-XIIᵉ siècle) », éd. Luc Bourgeois, Frédéric Prodeo

En 975, les premiers coups de hache résonnent dans le vallon du Monsabeau pour défricher, viabiliser et lotir un marécage affluent de la Dordogne, laissé inculte depuis plusieurs siècles. Une enceinte y est aménagée pour défendre une grande maison à pans de bois. En 1044, l’élargissement du fossé permet d’élever une modeste motte pour un nouvel état de cette maison, qui fut déplacée peu avant la fin du siècle suivant vers une maison forte, délaissant la source du ruisseau au profit d’une position un peu plus élevée sur le réseau hydrographique.

C’est cette histoire de près de trois siècles que narrent les fouilles préventives menées pendant dix mois sur la rocade de Sainte-Foy-la-Grande et Pineuilh. Elles donnent lieu à cette monographie, livrant le regard croisé de 35 chercheurs de multiples spécialités, qui mettent à profit la précision des datations dendrochronologiques et l’excellente conservation des vestiges organiques pour offrir un panorama rarement accessible, sur le milieu naturel et sa mise en valeur, et sur un ensemble de mobilier où abondent les objets en bois. Sur près de quinze générations, le parcours d’un modeste lignage élitaire du sud-ouest de la France peut ainsi être retracé, en détaillant ses choix architecturaux et agro-pastoraux, ses activités artisanales et commerciales ou les pratiques liées à son statut privilégié. En 1076, la donation d’une partie du vallon à l’abbaye de Conques par un certain Falco de Barta nous fournit peut-être le nom de ces seigneurs du marais.

 Volume I

Contributeurs à l’ouvrage

Avant-propos

Introduction

1. Une rocade pour Sainte-Foy-la-Grande et Pineuilh

2. Les interventions archéologiques

3. Méthodes de fouille et enregistrement

4. Remerciements

PREMIÈRE PARTIE : LES DONNÉES DE LA FOUILLE

Chapitre I : Géographie physique, géologie, géomorphologie et palynologie

1. Cadre géographique et hydrologique

2. Géologie de la plaine alluviale

3. La séquence sédimentaire médiévale

4. Conclusions des études géologiques et géomorphologiques

5. Évolution de la végétation durant l’Holocène

Chapitre II : Stratigraphie, structures et évolution du site

1. Présentation

2. Le site de « la Mothe »

3. Analyse détaillée des structures et de la stratigraphie

4. Synthèse sur l’évolution du site de « la Mothe »

Chapitre III : Sauvage ou domestique : la faune et la flore

1. Étude archéozoologique

2. Étude palynologique du remplissage du fossé

3. Étude carpologique

4. Nature et économie des bois d’œuvre, cycles d’exploitation forestière

5. L’environnement autour de la Mothe de Pineuilh de la fin du Xᵉ aux XIVᵉ-XVᵉ s. : essai de synthèse

Index des sites de comparaison

Volume II

Chapitre IV : Le mobilier

1. Normes de description et abréviations

2. Serrurerie, huisserie et ameublement

3. L’outillage agricole et artisanal

4. Les déchets d’artisanat

5. L’armement

6. Le mobilier d’équitation et de portage

7. Le matériel de pêche

8. La coutellerie

9. La cuisine et la table : vaisselle et ustensiles de stockage, de transport, de préparation et de service

10. Jeux et instruments de musique

11. Le mobilier métallique de parure et de décoration

12. De verre et d’os : petits éléments de parure et hygiène de la chevelure

13. Les chaussures

14. Instruments d’échange et de mesure

15. Objets divers de fonction indéterminée

SECONDE PARTIE : ESSAI D’INTERPRÉTATION

Chapitre V : Milieu, histoire et société

1. Le territoire de Pineuilh dans son contexte historique

2. La vallée de la Dordogne autour de Pineuilh entre le Xᵉ et le XIIIᵉ s.

3. Une résidence dans le marais

4. L’enceinte et la résidence de la phase 1 (975/978-1043)

5. La phase 1 de la Mothe de Pineuilh et les petites résidences fossoyées des Xᵉ-XIIᵉ s.

6. L’emmottement du site (phase 2, 1043-1044-vers 1124)

7. Les phases 3 et 4 : les dernières transformations de la résidence fossoyée

8. Les phases 5 et 6 (XIIIᵉ-XVᵉ s.)

Chapitre VI : Vivre à la Mothe de Pineuilh : mobilier, activités, statut

1. Stratigraphie et planimétrie du mobilier par phase

2. Les travaux et les jours

3. Niveau de richesse, pouvoir et distinction sociale

Conclusion générale

1. Au fil des générations

2. Intermède : « l’anomalie climatique médiévale » vue de Pineuilh

3. Falcon de Barta et les autres

4. Un établissement banal mais exceptionnellement bien conservé ?

Sources et bibliographie

Index des sites de comparaison

Summary

Informations pratiques :

Les seigneurs du marais La résidence fossoyée de la Mothe de Pineuilh (Gironde, Xᵉ-XIIᵉ siècle), éd. Luc Bourgeois, Frédéric Prodeo, Caen, Presses universitaires de Caen, 2024 ; 2 vol., 872 p. (Publications du Centre de Recherches Archéologiques et Historiques Anciennes et Médiévales). ISBN : 978-2-38185-215-7. prix : € 80,00.

Source : Presses universitaires de Caen

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