Journée d’étude – La science des plantes médicinales : Remèdes, thérapies et images paradigmatiques dans les traités médicaux grecs entre Antiquité tardive et Bas Moyen Âge

Pour participer à la journée d’étude, veuillez vous inscrire avant le 31 octobre 2024 : https://forms.gle/qvpRFHcWWe6xqduo8

lien zoom : https://univ-cotedazur.zoom.us/j/82185167381?pwd=TWkLvCJ0fUKCUEZpYG0R47W8cSvVpV.1

Flyer : programme et affiche (pdf)

Contacts :
Adele Di Lorenzo (adelenrica@gmail.com)
Andrea Murace (andrea.murace@uniroma3.it)

Programme :

– 10h15 Accueil des participants et café de bienvenu

– 10h30 Salutations initiales par Adele Di Lorenzo (Université Paris-Sorbonne – Université Côte d’Azur) et Andrea Murace (Università Roma Tre ‒ Université Côte d’Azur)

– 10h45 Intervention introductive par Arnaud Zucker (Université Côte d’Azur) et Stavros Lazaris (CNRS, UMR 8167 – équipe « monde byzantin » – et Institut Catholique de Paris)

– 11h30 Présentation du projet PhyMe : lexicographie phytomédicale appliquée à un corpus de manuscrits byzantinspar Adele Di Lorenzo et Andrea Murace

– 12h15 Alessandro de Martini (Università di Genova): The name of the peach (and other stories). Botanical elements in the so-called Paradoxographus Palatinus

Pause déjeuner

– 14h30 Iolanda Ventura (Alma Mater Studiorum – Università di Bologna) : L’Aggregatio simplicium medicinarum de Matthaeus de Bolderiis (München, BSB, Clm 13): un texte, un manuscrit

Pause-café

– 16h00 Petros Bouras-Vallianatos (Εθνικόν και Καποδιστριακόν Πανεπιστήμιον Αθηνών): Byzantine materia medica: identification and modern utilisation

Source : CEPAM – CNRS

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Appel à contribution – Canonical Life in Western Europe in the Long Tenth Century: Reforms, Identities and Intellectual Networks (Late Ninth Century – c. 1050) / La vie canoniale dans l’Europe occidental pendant le long Xe siècle. Réformes, Identités et réseaux intellectuels (fin IXe siècle – ca. 1050)

Traditionally, the history of canonical life in the Middle Ages is narrated through two foundational
periods of reform. On the one hand there are the Carolingian reforms, which resulted in the composition
of the Institutio canonicorum Aquisgranensis (816) as a rule of conduct for canons. On the other hand
there is the broad canonical reform movement of the second half of the eleventh century and the first
half of the twelfth century, which led to the emergence of a new type of canons, the canons ‘regular’
,
who inspired their way of life on the Rule of Saint Augustine. Past research has been heavily focused
on these two reform moments, whereas canonical life during the intervening period – from the late ninth
century until c. 1050 – has been largely underexposed. Although current scholarship does begin to pay
attention to the long tenth century, a general overview of canonical life is as yet lacking, and the
traditional opinion of a period of decline between two vibrant reforms is still prevalent. Recent scholarship on reforms in monastic milieus prior to the eleventh-century Church Reform has
convincingly demonstrated that the image of decline in the preceding period is largely the result of the
rhetoric of the eleventh-century reformers. There are reasons to believe that this is also the case for the
ordo canonicus and that the ardent eleventh-century innovators deliberately portrayed canonical life in
the preceding period in dark colours, without paying attention to prior attempts to improve the quality
of religious life.

The aim of this conference is to shed light on the nature of canonical life in the long tenth century so as
to challenge the paradigm of decline still persistent in scholarship on post-Carolingian canons. We
welcome papers on the following topics: 1) reforms or transformative processes in canonical milieus
and/or initiatives taken to guarantee the quality of canonical life in particular communities; 2) the search
for canonical identities and/or tensions between the vita canonica and the vita monastica; 3) the
procuring, diffusing and use of normative texts in canonical communities; 4) the representation of
canonical life in hagiographical and narrative sources; 5) the participation of canonical communities in
intellectual networks: the mobility of persons, objects and ideas or the interactions between religious
communities.

We invite paper proposals (max. 400 words) in English or French, accompanied by a (provisional) title
and a short biobibliographical note. Proposals should be submitted by December 20, 2024 via email to
brigitte.meijns@kuleuven.be and lene.tenhaaf@kuleuven.be.

Applicants will be notified in January 2025. Accepted papers will be awarded a 30-minute slot (20 min.
presentation + 10 min. for discussion). Afterwards, these papers can be submitted for a peer-reviewed
publication.

This conference is organized by Brigitte Meijns (KU Leuven), Anne Massoni (Université de Limoges),
Gert Partoens (KU Leuven), Matthieu Pignot (Université de Namur / KBR) and Lene ten Haaf (KU
Leuven).

KU Leuven, 11 -12 Septembre 2025

Traditionnellement, l’histoire de la vie canoniale au Moyen Âge est racontée à travers deux périodes fondamentales de réforme. D’une part, il y a les réformes carolingiennes, qui ont abouti à la composition
de l’Institutio canonicorum Aquisgranensis (816) en tant que règle de conduite pour les chanoines.
D’autre part, le vaste mouvement de réforme canoniale de la seconde moitié du XIe siècle et de la
première moitié du XIIe siècle, qui a engendré l’émergence d’un nouveau type de chanoines, les
chanoines « réguliers », dont le mode de vie s’inspirait de la Règle de saint Augustin. Les recherches
passées se sont fortement concentrées sur ces deux moments de réforme, alors que la vie canoniale
pendant la période intermédiaire – de la fin du IXe siècle jusqu’à environ 1050 – a été largement sous-
exposée. Bien que la recherche actuelle commence à s’intéresser à ce long Xe siècle, une vue d’ensemble
de la vie canoniale fait encore défaut, et l’opinion traditionnelle d’une période de déclin entre deux
réformes vibrantes est toujours prédominante. Des études récentes sur les réformes dans les milieux
monastiques avant la réforme de l’Église du XIe siècle ont démontré de manière convaincante que l’image de déclin de la période précédente est en grande partie le résultat de la rhétorique des réformateurs du XIe siècle. Il est des raisons de penser qu’il en soit de même pour l’ordo canonicus et que les ardents innovateurs du XIe siècle aient délibérément dépeint la vie canoniale de la période précédente sous des couleurs sombres, sans prêter attention aux tentatives antérieures d’amélioration de la qualité de la vie religieuse.

L’objectif de cette conférence est de mettre en lumière la nature de la vie canoniale au cours du long Xe
siècle afin de remettre en question le paradigme du déclin qui persiste dans la recherche sur les chanoines post-carolingiens. Nous souhaitons recevoir des communications sur les sujets suivants 1) les réformes ou les processus de transformation dans les milieux canoniaux et/ou les initiatives prises pour garantir la qualité de la vie canoniale dans des communautés particulières ; 2) la recherche d’identités canoniales et/ou les tensions entre la vita canonica et la vita monastica ; 3) l’obtention, la diffusion et l’emploi de textes normatifs dans les communautés de chanoines ; 4) la représentation de la vie canoniale dans les sources hagiographiques et narratives ; 5) la participation des communautés canoniales à des réseaux intellectuels : mobilité des personnes, des objets et des idées, interactions entre les communautés religieuses.

Nous sollicitons des propositions de communication (max. 400 mots) en français ou en anglais, accompagnées d’un titre (provisoire) et d’une courte notice biobibliographique. Veuillez envoyer votre
proposition aux adresses suivantes : brigitte.meijns@kuleuven.be et lene.tenhaaf@kuleuven.be avant le
20 décembre 2024.

Les candidats seront informés en janvier 2025. Les communications acceptées se verront attribuer un
créneau de 30 minutes (20 min. de présentation + 10 min. de discussion). Ensuite, les articles pourront
être soumis pour publication.

Cette conférence est organisée par Brigitte Meijns (KU Leuven), Anne Massoni (Université de
Limoges), Gert Partoens (KU Leuven), Matthieu Pignot (Université de

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Publication – Étienne Doublier, « Ein Reich ohne König? Akzeptanz, Deutung und Repräsentation königlicher Herrschaft im regnum Italicum zwischen dem 11. und 12. Jahrhundert »

Im späten 11. und frühen 12. Jahrhundert erlebte die Stellung des römisch-deutschen Königs im ‚regnum Italicum‘ eine tiefgreifende Transformation: Nachdem bereits unter den Ottonen die wirtschaftlichen Grundlagen der Königsherrschaft geschrumpft waren, kam es in der späten Salierzeit zu einer vielschichtigen Entfremdung zwischen König und italienischen Eliten, die sich unter anderem in der abnehmenden Beteiligung des Herrschers an der Besetzung kirchlicher Ämter manifestierte. Das Reichsoberhaupt war nicht nur im physischen, sondern auch im politischen Sinne abwesend. Dennoch stellten König und königliche Autorität selbst für die Akteure, die gegen sie kämpften oder immer seltener mit ihnen interagierten, keineswegs entbehrliche Instanzen dar. So wurde die ‚Krise‘ zu einer Gelegenheit für die Erneuerung der königlichen Herrschaft, die letztlich auch im Interesse der neuen aufsteigenden Kräfte war, welche eines legitimierenden politisch-institutionellen Rahmens bedurften.

Im Zentrum der Monografie Ein Reich ohne König? steht die Frage nach Akzeptanz, Deutung und Repräsentation königlicher Autorität für die politisch relevanten Kräfte des ‚regnum Italicum‘ in dieser Umbruchszeit. Die Studie macht deutlich, wie in einer krisenhaften Epoche die bewusste Inanspruchnahme des Herrschers durch lokale Akteure stets neue Rahmen für das politische Handeln der Könige hervorbrachte und wie der soziale Wandel mit neuen Funktionszuschreibungen und Akzeptanzbedingungen einherging.

Table des matières : ici

Informations pratiques :

Étienne Doublier, Ein Reich ohne König? Akzeptanz, Deutung und Repräsentation königlicher Herrschaft im regnum Italicum zwischen dem 11. und 12. Jahrhundert, Wiesbdaden, Harrassowitz Verlag, 2024 ; 1 vol., LXXIV–666 p. (Monumenta Germaniae Historica. Schriften, 84). ISBN : 978-3-447-12274-0. Prix : € 115,00

Source : Harrassowitz Verlag

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Colloque – La féodalité au Xe siècle. Retour sur une vieille question – approche comparée

Peut-on parler de féodalité au Xe siècle? Alors que les modèles traditionnels d’analyse de la transition entre le monde carolingien et la société féodale ont été profondément critiqués et que l’existence même des relations féodo-vassaliques avant le XIIe siècle a pu être remise en cause, cette journée d’étude entend reposer cette question de manière pragmatique dans une perspective d’histoire comparée menée à trois niveaux: entre les différents types de documentation, entre les royaumes ou les espaces régionaux, entre les historiographies nationales. Le Xsiècle voit en effet à la fois la fragmentation de l’ancien empire, l’émergence des premiers futurs Etats européens, l’affirmation des principautés et l’érection des premiers châteaux, conduisant à réinterroger les modalités d’exercice de la domination aristocratique (laïque et ecclésiastique) et la nature des liens qui les unissent aux souverains.

Aucune inscription n’est nécessaire.

Événement en français, allemand et anglais.

Organisé par Florian Mazel (univ. Paris 1 Panthéon-Sorbonne) et Steffen Patzold (univ. Tübingen), en coopération avec Klaus Oschema (IHA).

Programme :

13.00 Accueil des participants et participantes
13.15 Ouverture, Klaus Oschema (IHA)
13.30 Introduction, Florian Mazel (univ. Paris 1 Panthéon-Sorbonne)

Session 1 – Perspectives documentaires
Discussion animée par Sylvie Joye (univ. Paris 1 Panthéon-Sorbonne)

14.00 Steffen Patzold (univ. Tübingen), »Feudale« Beziehungen? Befunde aus den Bischofs- und Abtsviten aus Deutschland
14.30 Christoph Haack (univ. Tübingen), Political Language and Political Order in the Work of Rodulfus Glaber. A Feudal »révélation«?
15.00 Laurence Leleu (univ. Arras), Les relations vassaliques dans l‘historiographie ottonienne
16.00 Pause café

16.30 Christine Kleinjung (univ. Potsdam), Hagiographie, Geschichtsschreibung und gelehrte Texte, mit einem Schwerpunkt auf der Francia und dem Orléanais
17.00 Levi Roach (univ. Exeter), »Feudal« Relations in East Frankish Diplomas of the Tenth Century
17.30 Olivier Guyotjeannin (École nationale des chartes), Les diplômes carolingiens,
robertiens et capétiens et la »question féodale« (922–1031)

Vendredi 8 novembre 2024

Session 2 – Approches thématiques et régionales, ancien empire carolingien
Discussion animée par Régine Le Jan (univ. Paris 1 Panthéon-Sorbonne)

9.00 Isabelle Rosé (univ. Rennes 2), Femmes de pouvoir et féodalité
9.30 Tristan Martine (univ. Lille), Des hommes, des pouvoirs et des »points dans l’espace«. Relire la »vassalité« en Lotharingie post-carolingienne
10.00 Thomas Kohl (univ. Passau), Land und soziale Beziehungen. Bayern im 10. Jahrhundert
11.00 Pause café
11.30 Laurent Ripart (univ. Savoie), La Bourgogne rodolphienne au Xe siècle. Une féodalité palatiale?
12.00 Didier Panfili (univ. Paris 1 Panthéon-Sorbonne), Des fiefs sans féodalité? Languedoc et Catalogne au xe siècle
12.30 Giuseppe Albertoni (univ. Trient), Fedeltà vassallatiche e milites nel Regno italico del secolo x. Una »mutazione signorile«?
13.30 Déjeuner

Session 3 – Approches régionales, hors du monde carolingien
Discussion animée par Fanny Madeline (univ. Paris 1 Panthéon-Sorbonne)

15.00 Stephen Baxter (univ. Oxford), Royal Lordship and the Politics of Land in Tenth-
Century England. Within or Without the Carolingian World
15.30 Daria Safronova (univ. Tübingen), Mediation in Disputes and Petitions in
Northern Iberia, c. 900–1100
16.30 Geneviève Bührer-Thierry (univ. Paris 1 Panthéon-Sorbonne), Conclusions

Source : Institut historique allemand

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Colloque – Narrar la santidad. Diálogos en torno a la hagiografía medieval

24 y 25 de ocrubre, 2024 Biblioteca Agustiniana
(Av. Nazca 3909, CABA) Organiza PIP CO 399: La santidad regia. Figuras de poder en relatos hagiográficos de Francia, Inglaterra y Bizancio
(siglos IX-XV)

9:45Hs. Palabras de Bienvenida

10:00 a 12:30 Hs.SANTIDAD REGIA

Victoria Casamiquela Gerhold “Narrar la santidad imperial en Bizancio: algunas reflexiones en torno a la Vita Constantini BHG 365c”

María Dumas y Santiago Disalvo “San Edmundo el mártir, rey de Anglia Oriental: modulaciones de la santidad regia en su trayectoria literaria medieval”

Andrea Vanina Neyra “Visiones, espacios y relaciones entre poder secular: la representación literaria del conflicto entre paganismo y cristianismo en la Passio sancti Venceslavi martyris”

Juliana Eva Rodriguez “Monarquía y santidad: un vínculo dicotómico a la luz de la modernidad política en la Francia del siglo XV. El Carlos V de Christine de Pizan”

12:30 a 14:30 Hs. Almuerzo

14:30 a 17:00Hs.HAGIOGRAFÍA EN LA PENÍNSULA IBÉRICA

María Cristina Balestrini « Por cuya sanctidat es hoy ensalzada Toledo la çibdat’: clerecía y sociabilidad en la Vida de san Ildefonso por metros del Beneficiado de Úbeda”

Olga Soledad Bohdziewicz “Sancta Maria de agosto mediado: la Asunción de la Virgen en Castilla a través de sus fuentes literarias (s. XIII y XIV)”

Ariel Guiance “Un problema social o un recurso literario: violencia y ejercicio de la violencia en la hagiografía hispana medieval (siglos XI-XII)”

Rodrigo Laham Cohen “Reflexiones en torno a la figura del judío en la Passio Vinçentii, Sabinae et Christetae y su representación escultórica en la Basílica de San Vicente de Ávila”

VIERNES 25 DE OCTUBRE
10 a 12:30 Hs. SANTIDAD FEMENINA

Lidia Amor “La confluencia de literatura e historia en las letras medievales: la versión de Rutebeuf de la vida de santa Isabel de Hungría”

Tomás Razzeto “Dos historias de santas travestidas en Le livre de la cité des dames de Christine de Pizan”

Carina Zubillaga “El martirio de santa Catalina de Alejandría como oposición al poder político imperial en el contexto de las historias piadosas del Ms. Esc. h-I-13”

12:30 a 14:30 Almuerzo

14:30 a 17:00 Hs. HAGIOGRAFÍA EN ORIENTE

Uriel Fernández “Redefiniendo lo Sagrado: Evaluación de lo milagroso en la Vida de Alejandro Acemeta”

Héctor Francisco “Santo, obispo y diplomático: El Católico-Patriarca Sabrīšō’ y la Iglesia del Oriente entre Roma, Persia y los árabes”

Guido Torena “Formas del trabajo y reproducción social a partir de las hagiografías compuestas por Teodoreto de Cirros (s. V) y de Juan de Éfeso (s. VI)”

Organiza:
PIP CO 399 La santidad regia.Figuras de poder en relatos hagiográficos de Francia, Inglaterra y Bizancio (siglos IX-XV)
Biblioteca Agustiniana de Buenos Aires – Orden de San Agustín
Híbrido / Transmisión en Linea:Hora Buenos Aires , Argentina UTC/GMT -3 horasYouTube: https://www.youtube.com/@IMHICIHUOnline

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Bourse – Appel à candidature « Chercheurs invités » ERC AGRELITA 2025

Dans le cadre du Projet ERC Advanced Grant AGRELITA n° 101018777, « The reception of ancient Greece in pre-modern French literature and illustrations of manuscripts and printed books (1320-1550): how invented memories shaped the identity of European communities »[1], dirigé par Prof. Catherine Gaullier-Bougassas (Principal Investigator), des résidences de chercheurs invités sont à pourvoir.

Le projet et son équipe sont présentés sur le carnet Hypothèses : https://agrelita.hypotheses.org/

Cet appel à candidature s’adresse à toute personne, française ou étrangère, titulaire d’un doctorat en lettres, histoire de l’art ou histoire, dont les travaux portent sur l’histoire du livre, l’histoire culturelle et politique, les visual studies ou encore les memory studies, et dont les compétences, enfin, sont complémentaires à celles de l’équipe. En effet, le but de ces résidences est d’ouvrir les réflexions menées par l’équipe, d’élargir son activité scientifique par une interaction avec d’autres chercheurs et d’autres universités. Les chercheurs invités auront quant à eux l’opportunité exceptionnelle de participer à un projet d’ampleur, de mener des activités au sein d’une équipe dynamique dont les activités sont très variées et au sein de l’Université de Caen Normandie et du laboratoire CRAHAM où exercent de nombreux spécialistes de l’Antiquité, du Moyen Âge et de la Renaissance, et de publier dans un cadre prestigieux.

Le projet AGRELITA est basé à l’Université de Caen Normandie (https://www.unicaen.fr/). Située à 2h de train de Paris, la ville de Caen offre la possibilité de découvrir le riche patrimoine médiéval de la Normandie et d’effectuer des recherches dans les bibliothèques, musées et archives avoisinants, aux très riches fonds patrimoniaux (Caen, Bayeux, Avranches, Rouen…).

Projet ERC Advanced Grant AGRELITA

L’histoire de la réception de la Grèce antique en Europe occidentale pré-moderne s’est concentrée jusqu’ici presque exclusivement sur la transmission des textes de l’Antiquité grecque. Pourtant, bien avant la renaissance de l’enseignement du grec, de nombreux ouvrages vernaculaires, souvent illustrés, contenaient des représentations élaborées de la Grèce antique. AGRELITA étudie un large corpus d’œuvres littéraires de langue française (historiques, romanesques, poétiques, didactiques) produites de 1320 à 1550 en France et en Europe, avant les premières traductions directes du grec au français, ainsi que les images offertes par leurs manuscrits et livres imprimés. L’examen de ces œuvres et de leurs illustrations (dialogue du texte et de l’image et pouvoirs spécifiques de chacun) permet d’analyser les représentations de la Grèce antique dans la perspective encore inexplorée de l’élaboration d’une nouvelle mémoire culturelle. Elles sont ainsi étudiées en lien avec leur contexte politique, social et culturel, ainsi qu’en lien avec les œuvres des littératures européennes proches et leurs illustrations. Se situant aux frontières des études littéraires, de l’histoire du livre et de l’histoire de l’art, des visual studies, de l’histoire culturelle et politique et des memory studies, AGRELITA propose une réévaluation du rôle joué par la Grèce antique dans les processus de formation des identités en Europe occidentale. Le projet vise également à contribuer à une réflexion générale sur la formation des mémoires, des héritages et des identités.

Missions des chercheurs invités

Le projet ERC Advanced Grant AGRELITA est financé pour six ans (2021-2027) et dispose d’un budget dédié à l’accueil de chercheurs invités. Il est basé à l’Université de Caen Normandie, dans la faculté des Humanités et Sciences sociales (https://ufr-hss.unicaen.fr/) et le laboratoire CRAHAM CNRS (Centre Michel-de-Boüard, Centre de Recherches Archéologiques et Historiques Anciennes et Médiévales / CRAHAM – UMR 6273, https://craham.unicaen.fr/), domiciliés sur le campus 1 au centre de la ville de Caen, tout près du château de Caen.

Les séjours à l’Université de Caen peuvent être d’une durée de 4 à 6 semaines, et en 2025 pourront avoir lieu en mai-juin-début juillet.

Les chercheurs invités travailleront avec la Principal Investigator et l’équipe AGRELITA.

Les chercheurs invités s’engageront à produire une recherche pour le projet dans l’un des axes mentionnés ci-dessous. Il s’agira de :

  • Rédiger un article de 50 000 signes qui paraîtra dans l’un des volumes ERC AGRELITA chez Brepols publishers, ou dans l’un des dossiers publiés en revues ;
  • Présenter le sujet de l’article ou un autre sujet lié à AGRELITA lors d’une séance du séminaire de l’équipe ou lors d’une manifestation organisée par l’équipe ;
  • Contribuer à l’alimentation du carnet Hypothèses : https://agrelita.hypotheses.org/.

Les axes de recherche du projet pour l’année 2025 sont :

  • « Les nouvelles vies des divinités grecques (xive-xvie siècle) », « Images de la nature et du vivant dans la réception des mythes grecs (xive-xvie siècle) », « Les exploitations politiques de l’Antiquité grecque (xive-xvie siècle) » ;
  • Un axe beaucoup plus large : « Usages et exploitations des mémoires de l’Antiquité, du début de notre ère jusqu’au xxie siècle ».

Conditions de défraiement des frais de mission

Les chercheurs invités seront défrayés sous la forme de frais de mission pour leur résidence à Caen, sur présentation des justificatifs (factures de logement, repas et transport dans la région Normandie) et dans la limite d’un montant de 2000 euros maximum par mois. S’ajoutera le remboursement de leurs frais de voyage entre la résidence d’origine et Caen (pour le voyage d’aller et de retour) :

  • 400 € maximum pour un voyage depuis un pays européen (sur la base de justificatifs) ;
  • 1200 € maximum pour un voyage depuis un pays hors Europe (sur la base de justificatifs).

Le défraiement se fera à l’issue de la mission. AGRELITA ne s’occupera pas des démarches de visas.

La MRSH (Maison de la Recherche en sciences humaines) de Caen, située sur le campus 1 de l’Université, a deux studios qu’elle loue à des chercheurs invités (https://mrsh.unicaen.fr/). Les chercheurs invités peuvent en faire la demande et l’équipe AGRELITA se chargera de les aider pour la réservation, dans la limite des places disponibles.

Modalités pour candidater

Le dossier de candidature doit comporter les pièces suivantes :

  • Le formulaire de candidature, comportant les dates du séjour (durant la période indiquée plus haut) ;
  • Un projet de recherche (2 pages) en lien avec les thématiques des sujets traités par l’équipe AGRELITA durant ce séjour, à partir duquel le/la chercheur entend rédiger l’article demandé, à rendre à la fin du séjour. Le titre provisoire de l’article est exigé.

Nous vous prions d’envoyer votre candidature au format PDF aux adresses suivantes : catherine.gaullier-bougassas@unicaen.fr et laure.cebe@unicaen.fr

Les dossiers doivent être soumis au plus tard le 15 février 2025.

Pour plus d’informations sur l’ERC AGRELITA, voir : https://agrelita.hypotheses.org/


[1] This project has received funding from the European Commission’s Horizon 2020 Research and Innovation programme under grant agreement No 101018777.

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Séminaire – Autour d’un manuscrit. Les manuscrits en langues romanes de la BnF

Séminaire organisé par Piero Andrea Martina et Graziella Pastore
Pour infos : piero-andrea.martina@irht.cnrs.fr — graziella.pastore@bnf.fr

Bibliothèque nationale de France

Les séances se tiendront de 17h à 18h30 dans la salle des Conférences
BnF Richelieu – 5, rue Vivienne, 75002 Paris
Entrée libre dans la limite des places disponibles.

4 novembre
Patricia Stirnemann
« Flavius Josèphe, Les Antiquités judaïques : la pierre angulaire de la bibliothèque d’Henri le Libéral, comte de Champagne (lat. 8959) »

2 décembre
Gabriella Parussa
« Rimoier, pourtraire et admonester : encore sur le manuscrit BnF, fr. 606 »

27 janvier
Jean-Patrice Boudet
« La science des astres en ancien français et ses enjeux : autour du manuscrit BnF, fr. 1353 »

24 février
Maria Careri
« Un dialogue inconnu en vers entre un chrétien et un juif dans un ms. de l’abbaye de Bonport (lat. 1864) »

31 mars
Anne Rochebouet
« Un objet historique mal (?) identifié : le Manuel dit de Philippe VI de Valois à travers deux de ses témoins (fr. 19477 et fr. 693) »

28 avril
Marie-Laure Savoye
« Le Rosarius, un manuscrit d’auteur ? (fr. 12483) »

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Conférence – Matthew Collins, « Reading Old Manuscripts as a Biologist and Archaeologist »

On Thursday 14 November Matthew Collins, McDonald Professor in Palaeoproteomics at the University of Cambridge, will give a public lecture entitled « Reading Old Manuscripts as a Biologist and Archaeologist » at the Université libre de Bruxelles. He will be welcomed by Dr Alicia Van Ham-Meert (CReA-Patrimoine) and Professor Kristin Bartik. The lecture will be followed by a reception.

Professor Matthew Collins conducts research on the persistence of proteins in ancient samples, using modelling to explore the racemization of amino acids and thermal history to predict the survival of DNA and other molecules. Using a combination of approaches (including immunology and protein mass spectrometry), his research detects and interprets protein remnants in archaeological and fossil remains. With former PhD student Dr Mike Buckley, he developed ZooMS (Zooarchaeology by Mass Spectrometry), a way to rapidly identify bone and other collagen based materials using peptide mass fingerprinting.

This event is organised by the Fondation Philippe Wiener-Maurice Anspach in collaboration with the CReA-Patrimoine – Research Centre in Archaeology and Heritage, ULB. It is part of the Philippe Wiener Lectures series.

The unifying principle for biologists is the theory of evolution by descent, first articulated by Charles Darwin. According to this theory, copying errors in DNA are subject to natural selection, shaping future generations. A similar approach is employed in manuscript studies, such as in the analysis of biblical texts, where copying / translation errors—like whether Moses is depicted with horns —allow scholars to trace the dissemination of ideas across time and geography.

When writing on parchment made from animal skins, these two processes converge. The written text communicates one message, but the biological material of the parchment itself carries another—the life history of the animals whose skins were used. Through genetics, we can trace the relationships among these animals and link documents written on parchment across centuries. The proteins and lipids speak to age, health and climate. This concept underpins the emerging field of bio-codicology, which studies books as material culture, focusing on the biological origins of the animals whose skins became the medium for human ideas.

In this lecture, we will examine manuscripts from the perspective of a biologist, not as historians or conservators. We will explore how biology can offer valuable insights into manuscript studies, but we will also recognise that fully understanding the story of manuscripts and manuscript culture requires interdisciplinary collaboration. Only by working together across disciplines can we piece together a unified and comprehensive picture of these remarkable cultural artefacts.

This lecture will take place at 6.30 pm at the Université libre de Bruxelles (Campus du Solbosch) in room DC2.206, building D, ground floor (30 Avenue Antoine Depage – see map below or follow this link).

The event is free but registration is required via this page by Sunday 10 November. After this date you can contact us at fwa.relations@ulb.be.

Source : Eventbrite

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Colloque – Fragmenta liturgica

Les fragments de manuscrits liturgiques médiévaux représentent des témoins inestimables de la richesse et de la diversité des pratiques religieuses et culturelles du Moyen Âge. Chaque fragment, qu’il s’agisse d’un Psautier, d’un Missel ou d’un Bréviaire, porte en lui des traces de l’art, de la musique, et des rituels de son époque. 

Programme : ici

Les fragments liturgiques offrent une perspective unique sur la transmission et la transformation des textes et des rites au fil des siècles : leur étude peut révéler des processus de modification, d’adaptation et d’appropriation locale des pratiques liturgiques, éclairant ainsi les dynamiques de continuité et de changement au sein des communautés médiévales. L’étude de ces fragments permet non seulement de reconstituer des textes et des mélodies autrement perdus, mais aussi de mieux comprendre les contextes historiques, sociaux et théologiques dans lesquels ces documents ont été produits et utilisés. 

Ces dernières années, la fragmentologie a élargi la perspective sur l’étude des fragments, en contemplant non seulement leur récupération et leur compréhension, mais aussi une analyse de leur histoire et des changements de fonction auxquels ils ont été soumis. Des feuillets et bifeuillets de manuscrits liturgiques sont devenus des couvertures ou des gardes d’un autre volume, manuscrit ou imprimé, ou des parties d’objets divers, et leur seconde vie raconte le parcours qu’ils ont traversé, offrant ainsi des éléments supplémentaires à la reconstruction du contexte historique dans lequel ils s’insèrent.  

Le colloque se propose d’explorer ces dimensions multiples, en rassemblant des spécialistes afin de partager leurs recherches et de discuter des méthodes innovantes pour l’analyse et la conservation des fragments; il se propose également d’encourager un dialogue interdisciplinaire et international, visant à enrichir notre compréhension collective de ce patrimoine manuscrit fragmentaire.

Informations pratiques :

Mercredi 6 novembre 2024 – Jeudi 7 novembre 2024
Direction scientifique : Laura Albiero et Francesco Siri

École nationale des chartes – PSL, 65, rue de Richelieu, Paris 2e (salle Delisle)

Source : École nationale des chartes

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Appel à contribution – Médiévalismes fin-de-siècle. Le Moyen Âge vu par la Décadence (1870-1914)

On sait avec quelle insistance – et quelle complaisance – la fin-de-siècle s’est écrite, peinte, ou représentée, dans un rapport d’analogie avec l’Antiquité tardive : une Antiquité « décadente », abordée aussi bien sur son versant « romain » que « byzantin » : les deux lieux symboliques de l’imaginaire décadent étant la Rome impériale[1] (marquée par les dépravations de ses Césars : Caligula, Néron, Messaline…) et la Byzance expirante[2], ce « grand corps malade » aux portes de l’Orient barbare.

Sans remettre en cause l’omniprésence du référent antique (« Regardez. Nous sommes à Rome ! » s’écrie Claudius Éthal, en plein Paris, dans une page célèbre de Monsieur de Phocas), ni sa validité en tant que modèle historiographique permettant à des témoins de leur temps de conceptualiser une sorte de stade terminal de la civilisation, il serait toutefois inexact de considérer que ce dispositif analogique absorbe la totalité de la « pensée de l’histoire » décadente.

Dans la somme des références historiques manipulées par la culture fin-de-siècle, l’une d’elles occupe une place non négligeable, quoique généralement moins étudiée : après 1870, la recherche de contre-modèles face à une modernité politique et industrielle jugée profondément aberrante revitalise le rapport au Moyen Âge, perçu comme un moment de rayonnement, tant collectif qu’individuel, tant social que spirituel ou artistique[3]. « On contemple le Moyen Âge comme le voyageur, une cathédrale : la masse étonne, l’ascendance des lignes enthousiasme », confie Joséphin Péladan dans Le Secret des troubadours. Dans la perspective globalement contre-révolutionnaire des écrivains décadents, on conçoit que le refus de la modernité (dont les origines seront associées, plus qu’aux Lumières, à la Renaissance) ait pu alimenter une forte curiosité intellectuelle à l’égard de ces siècles oubliés, considérés comme porteurs d’un autre système de valeurs. Le Moyen Âge se présente ainsi – dans son apparence de monde clos sur lui-même, immobile dans la longue durée, propice au fantasme et à l’idéalisation – comme un recours possible.

C’est cette mobilisation et cet usage idéologique de l’imaginaire médiéval, décliné de multiples façons (car il désigne tout à la fois une civilisation, un art, une langue, une culture) que souhaite aborder ce colloque. Il existe bel et bien un médiévalisme fin-de-siècle, qui fait du Moyen Âge, interprété en des termes très larges, un objet d’écriture et un modèle à interroger, dans un contexte intellectuel renouvelé, qui a peu à voir avec la lecture que proposaient, quelques décennies plus tôt, le romantisme et ses folkloristes ou le roman noir.

Crise et âge d’or

« La société n’a fait que déchoir depuis les quatre siècles qui nous séparent du Moyen Âge ». Les mots de Durtal, avatar de papier de Joris-Karl Huysmans dans Là-Bas – qui décrit autant une plongée dans les cercles satanistes parisiens que la vie du redoutable Gilles de Rais – sont emblématiques. C’est fondamentalement par le prisme d’une crise des valeurs propre au présent que l’univers médiéval est abordé à la fin du XIXe siècle : en premier lieu par Léon Bloy, pour qui les XIIe et XIIIe siècles apparaissent, dans le sillage de l’historiographie catholique, comme la grande période de l’histoire de l’humanité occidentale, l’apogée de la chrétienté, le temps des chevaliers et des rois saints[4]. En second lieu par Huysmans lui-même, qui voit dans cet autrefois reculé un sommet dans le rapport à la transcendance et au sacré à partir duquel n’aurait cessé de se précipiter le déclin de l’Occident. En ce sens, Jean El Gammal est fondé à écrire que Huysmans, « [é]voluant progressivement vers un catholicisme exalté », en est venu, comme bien des auteurs de sa génération, à « considérer le Moyen Âge comme son époque de prédilection[5] ».

C’est au sein d’une vision involutive de l’histoire, conçue comme une lente déchéance, que le référent médiéval trouve donc sa première justification : on perçoit la dimension polémique de cette lecture, qui contredit ouvertement la « marche en avant » du progrès en vantant un vague et légendaire temps-refuge. En ce sens, le médiévalisme fin-de-siècle est un exotisme : une façon de fuir son époque et de manifester son extériorité au monde contemporain. Au point que l’écrivain peut afficher son exil intérieur en se faisant ermite, moine, ascète, clerc. S’entourer de grimoires, de trônes, de candélabres. Ressusciter la kabbale, les Templiers ou les Rose-Croix. La documentation abonde, dans la littérature et la presse de l’époque, sur ces postures auctoriales de rupture, faisant de tel artiste un « ermite enfermé en plein Paris » (Moreau), de tel écrivain un « contemporain des Croisades » ou un « Pèlerin du Saint-Tombeau » (Bloy), de tel autre « un bénédictin qui serait très artiste » (Huysmans[6]).

Langue et érudition

Au-delà de tout positionnement politique ou idéologique, la période décadente correspond également à un moment où la matière verbale se trouve questionnée en profondeur dans sa plasticité, ses possibles, ses frontières, son historicité : la production fin-de-siècle, particulièrement attentive au medium littéraire, cultive non seulement le raffinement lexical, mais aussi une forme d’érudition linguistique poussée à son paroxysme. Dans ce cadre, le questionnement sur la langue médiévale, et sur la transition du latin aux langues romanes, nourrit une abondante réflexion, et un nouveau jeu d’analogies. On sait notamment l’importance de la monographie que Rémy de Gourmont consacra en 1892 à la langue latine du Ve au XIIIe siècle sous le titre Le Latin mystique, ou l’éloge que fait Jean Moréas, dans son Manifeste du symbolisme, de « la bonne et luxuriante et fringante langue française d’avant les Vaugelas et les Boileau-Despréaux ».

L’Occident médiéval, avec son latin liturgique et son français balbutiant, constitue un univers linguistique complexe, source d’une fascination durable : l’écrivain décadent voit notamment dans le latin tardif, déjà abâtardi, décomposé ou « faisandé » (Huysmans), un modèle de langue singulièrement souple et libre. Comme l’écrit Jean-Yves Tilliette, « la langue latine de la même époque [que les chansons de geste en français] apparaît […] mieux accordée avec les états d’âme fin-de-siècle, en ce qu’elle est, ou plutôt passe pour être, une vieillarde fardée de joliesses vaines[7] ». On peut établir sans peine, à la suite de Jean-Yves Tilliette, un parallèle entre le latin médiéval vieillissant, au moment où s’impose la littérature en langue française, et le français au « style ingénieux, compliqué, savant, plein de nuances et de recherches, reculant toujours les bornes de la langue […] » des écrivains fin-de-siècle, comme le décrit Théophile Gautier dans sa préface aux Fleurs du Mal.

Art gothique

Tout comme l’érudition décadente remet en lumière des pans entiers de l’histoire de la langue médiévale[8], l’art du Moyen Âge revient en grâce auprès des écrivains fin-de-siècle : les questionnements linguistiques se doublent d’une curiosité artistique tournée vers la peinture religieuse (les primitifs italiens du Duecento ou du Trecento), la sculpture et l’art roman, mais aussi et surtout, dans la continuité d’auteurs tels que Chateaubriand ou Victor Hugo, vers l’art gothique incarné par les grandes cathédrales. Cette vision de la cathédrale de la fin du Moyen Âge s’inscrit, pour Joëlle Prungnaud, « dans le courant médiévaliste qui s’impose à la fin du siècle » et qui voit en l’époque médiévale un âge d’or artistico-architectural, appréhendé contre une production contemporaine « dont le prétendu progrès masque en fait une régression[9] ».

Le « style gothique » ou le « style flamboyant » constituent un langage sculpté dans la pierre qu’il faut redécouvrir et interpréter – un langage que l’on pourra par ailleurs, par un nouveau jeu d’émulation, tenter de transposer dans l’espace littéraire. L’enjeu n’étant pas purement stylistique ou formel, mais bien esthétique : Joris-Karl Huysmans ou Georges Rodenbach, entre autres, voient dans leur époque une dénaturation de l’objet monumental qu’est la cathédrale et « se détournent du modèle imposé par la réalité pour intégrer la cathédrale à leur fiction, seul moyen de la créditer d’une signification dont ils estiment qu’elle a été spoliée[10] ».

Mythes, figures, images

Comme le montre l’exemple emblématique de la cathédrale gothique – ce monstre architectural devenu objet littérarisé –, le Moyen Âge se révèle ainsi être une formidable ressource littéraire, susceptible d’offrir à la fois cadre et décor, thèmes et motifs, codes et modèles narratifs. Outre son inscription dans une contre-histoire de la modernité (du point de vue du rapport à la langue, à l’art et au sacré), il est un univers intégral à parcourir et à se réapproprier. Il ne tient qu’à l’esthète de se plonger en ce singulier espace-temps comme en un salutaire bain de Jouvence, d’autant plus séduisant qu’il est mésestimé, ainsi que nous le rappelle Durtal : « époque d’ignorance et de ténèbres, rabâchent les normaliens et les athées ; époque douloureuse et exquise, attestent les savants religieux et les artistes. »

Le Moyen Âge décadent s’impose ainsi comme un réservoir de thèmes, un catalogue de mythes, alimentant un imaginaire hétéroclite, fonctionnant volontiers par morceaux choisis. Que l’on songe au rôle de Wagner et du wagnérisme dans la diffusion du fonds légendaire germanique, dont on connaît le succès dans les cercles symbolistes à travers la Revue wagnérienne et la Revue indépendante, à l’utilisation par les préraphaélites anglais et les peintres symbolistes français de la matière arthurienne ou au travail littéraire de Jean Lorrain qui ressuscite aussi bien Merlin et Viviane que Dame Abonde ou Mélusine (présente au Moyen Âge sous la plume de Jean d’Arras[11]), les exemples de ce mouvement de réappropriation de sujets « médiévalisants » par la rêverie fin-de-siècle ne manquent pas : ils trahissent souvent le rôle crucial de certaines œuvres clé dans la circulation des motifs intertextuels, pour des auteurs qui ne sont pas toujours enclins à remonter aux sources premières. Le fantastique fin-de-siècle et décadent tel que le théorise Catherine Rancy dans le contexte anglais puise par ailleurs abondamment dans les sources médiévales, ses légendes et sa mythologie, « pour en faire des mythes vivants, c’est-à-dire ouverts, universels et susceptibles d’interprétations multiples[12] ».

Mais l’inspiration peut aussi être d’ordre générique et scripturaire : on ne peut occulter la dimension antiréaliste du choix de certains référents médiévaux, à l’heure où réalisme et naturalisme paraissent tout puissants. L’exploitation du Moyen Âge permet d’expérimenter un autre code d’écriture, une « manière » orientée vers l’onirisme, le fantastique, le surnaturel, la magie, l’occultisme, la merveille ou le monstre. Il offre une marge de liberté, de rupture et de recréation, en renouant avec une tradition littéraire du « temps long » et avec des modèles oubliés. C’est le choix de Vernon Lee, dont les nouvelles caractéristiques du « fantastique fin-de-siècle » s’inspirent largement des mystères médiévaux[13]. C’est aussi celui de Rachilde, qui projettera sur le Moyen Âge les obsessions décadentes, notamment dans Le Meneur de louves, dont le récit, situé au ve siècle, est inspiré des écrits de Grégoire de Tours. L’anachronisme des sources se charge ainsi d’une dose de subversion, et le médiévalisme devient un allié dans la contestation de l’ordre littéraire.

Pour explorer la richesse de l’« ailleurs » médiéval élaboré par la fin-de-siècle –que l’on abordera dans la variété de ses productions artistiques et littéraires, et selon une chronologie « ouverte » s’étendant de 1870 à 1914 –, les communications pourront répondre aux pistes suivantes :

  • Le Moyen Âge comme âge d’or face à la Décadence
  • Les inspirations médiévales dans les œuvres fin-de-siècle
  • Les œuvres fin-de-siècle prenant comme cadre le Moyen Âge
  • Les références érudites au Moyen Âge dans la littérature fin-de-siècle
  • L’évolution de l’historiographie médiévale dans la période 1870-1914
  • Fantastique fin-de-siècle et Moyen Âge
  • Présence du Moyen Âge dans l’iconographie et dans les postures auctoriales

Modalités de soumission

Les propositions, d’une page maximum, accompagnées d’une brève bio-bibliographie, sont à envoyer conjointement à Paul-André Claudel (paul-andre.claudel@univ-nantes.fr) et Corentin Le Corre (corentin.lecorre@univ-nantes.fr)

avant le lundi 11 novembre 2024

Information importante

Le colloque se tiendra à Nantes Université les 3 et 4 avril 2025. Merci de bien vouloir noter qu’une publication des actes est prévue.

Organisateurs

  • Paul-André Claudel (Maître de conférences HDR, Nantes Université)
  • Corentin Le Corre (Doctorant en recherche-création littéraire, Université Clermont-Auvergne / Nantes Université)

Comité scientifique

  • Alain Corbellari (Professeur de littérature française, Université de Neutchâtel)
  • Isabelle Durand (Professeure de littératures comparées, Université Bretagne-Sud)
  • Élisabeth Gaucher-Rémond (Professeure de littérature française, Nantes Université)
  • Jocelyn Godiveau (Maître de conférences, Université catholique de l’Ouest)
  • Dominique Peyrache-Leborgne (Professeure de Littératures comparées, Nantes Université)

Source : Calenda

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