Appel à contribution – Soft matters. Poésies textiles, jadis et aujourd’hui

Colloque international organisé par Nathalie Koble (École normale supérieure-PSL, Item), Amandine Mussou (Université Paris Cité, Cerilac) et Marion Uhlig (Université de Fribourg)

Paris (PSL, Université Paris Cité), 25 – 27 septembre 2025

Techniques ancestrales qu’on retrouve dans toutes les cultures, la tapisserie et les travaux d’aiguilles entretiennent avec la composition poétique (religieuse ou profane, traditionnelle ou expérimentale, collective, anonyme ou signée) des relations étroites qui dépassent amplement la métaphore évidente portée dans l’Antiquité latine par le mot textus – saisie de fils entrelacés –, ou bien par les images courantes empruntées au lexique du textile (trame, fil, chaîne, nœud, points, tresses, etc.) dans de nombreuses langues pour parler de poésie et de fiction. De Pénélope au craftivism contemporain, de Philomèle aux slogans brodés d’Annette Messager, de la poésie combinatoire sur brocart de soie de Su Hui aux silk poems de Jen Bervin, en passant par les chansons de toiles médiévales, l’héritage des quipus incas ou encore les poèmes hindis de Kabîr le tisserand, des poétesses, poètes et poèmes textiles redessinent, chacun.e dans son contexte propre, les contours de la poésie en déplaçant ses modalités d’expression, ses techniques, ses supports, ses conditions de production et de diffusion, son rapport au langage et au monde.

Entre pratique artisanale traditionnelle et poésie d’avant-garde, figuration et abstraction, poésie muette ou chantée en tissant et geste politique émancipateur, activité privée, confinée dans l’espace domestique, et production collective liée à l’exercice d’un métier, pratique contrainte ou méditation cadrée, les poèmes au fil font de la poésie un art hybride, qui mobilise le corps et sollicite la mémoire, à l’écart du livre. Poèmes visuels, mais aussi tactiles, tissés, brodés ou tricotés, ils sont liés à des objets uniques, ce sont en quelque sorte des manuscrits d’un genre spécifique. Les supports utilisés (tissus ou peaux) engagent par ailleurs une composante animale ou végétale qu’on retrouve dans les figures mythologiques associées à l’invention des arts textiles : araignées, chauves-souris, rossignols, vers à soie… Le poème se fabrique ainsi en mobilisant le vivant dans sa diversité. Enfin, inscrit dans des pratiques qui en contextualisent les usages, il est motivé par des enjeux multiples, qui conditionnent son rapport à l’espace, par sa circulation, sa taille (du poème au microscope à l’œuvre monumentale), son lieu d’exposition (chambres, musées, espaces publics, mais aussi corps, vêtements, boîtes en tous genres) : poésie de circonstance accompagnant un rituel festif, formules magiques, objets ornementaux ou symboliques, dons ou signes de reconnaissance, œuvres expérimentales, slogans politiques pouvant être rapidement déployés, poèmes militants… Tous mettent toutefois en lumière le pouvoir suggestif de cette écriture visuelle sur matériau souple, jouant de plis et de replis, langage codé et concret qui se confronte à la douceur et garde en mémoire aiguilles, épingles et fuseaux – invite à la rêverie ou pousse à la révolte. Soft matters…

Le colloque explorera, dans une perspective matérielle et transmédiale, cette relation complexe entre poésie et pratiques textiles dans des œuvres poétiques et visuelles qui la travaillent de manière explicite, des périodes les plus anciennes jusqu’à l’extrême contemporain, et dans diverses aires géographiques et culturelles. Il se situe dans le prolongement de plusieurs livres collectifs sur la poésie visuelle au Moyen Âge et aujourd’hui1 et d’un séminaire de littérature consacré pendant trois ans à la poésie textile dans différents corpus2. Co-organisé par l’École normale supérieure-PSL et l’équipe Manuscritures et Translations (ITEM), l’Université Paris Cité (Cerilac) et l’Université de Fribourg, il se déroulera à Paris sur 3 journées consécutives (25-27septembre 2025), en partenariat avec l’École Nationale Supérieure des Arts Décoratifs et le Musée de Cluny-Musée national du Moyen Âge.

Les communications entrecroiseront les disciplines et les approches du texte poétique et des œuvres textiles. Elles porteront en priorité sur les textiles qui contiennent ou renvoient à un texte poétique et se définissent comme des poèmes (haiku d’Anni Albers, glossolalia de Sheila Hicks, ode à l’oubli de Louise Bourgeois…), ou bien à l’inverse, sur des œuvres poétiques qui réfléchissent la pratique et la signification des arts du textile et inscrivent la poésie dans une histoire du craftivism. Pour appréhender la signification de ces œuvres hybrides et de ces références croisées, leurs contextes de production et de diffusion, leurs poétiques et leurs usages, il sera nécessaire de diversifier les savoirs et les pratiques : des spécialistes en histoire des textiles, philologie et histoire des corpus poétiques, esthétique, anthropologie et sociologie, archéologie, mais aussi études de genre et histoire du féminisme, écopoétique, subaltern studies seront invité.es à partager leurs perspectives autour de ce sujet transdisciplinaire. Seront aussi associé.es des poètes, des artisans et des artistes, à l’occasion d’expositions, de performances et d’entretiens.

Les propositions de communications seront à envoyer au comité d’organisation avant le 15 janvier
2025
.

Comité d’organisation :
Nathalie Koble (nathalie.koble@ens.psl.eu)
Amandine Mussou (amandine.mussou@u-paris.fr)
Marion Uhlig (marion.uhlig@unifr.ch)

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Appel à contribution – International Military Justice Forum

L’International Military Justice Forum (IMJF) est un lieu de débats, de rencontre et d’échanges qui propose de mettre en commun et de faire progresser la connaissance que nous avons de la justice militaire dans le monde. Il vise d’abord à rendre compte de la diversité des systèmes de justice militaire, à exposer leurs traits saillants, à explorer leur histoire et à faire connaître leurs évolutions actuelles. Dans une logique comparative, l’IMJF a aussi l’ambition de mettre en lumière les liens et les similitudes qui ont pu exister – ou qui existent encore – entre les droits pénaux militaires nationaux, conséquences de la circulation de modèles juridiques, de codes, de doctrines et de personnes ou de l’existence de zones géographiques d’influences. Cet événement doit enfin permettre d’imaginer ensemble ce que pourrait être l’avenir du droit militaire, au miroir des évolutions technologiques et numériques qui
transforment la conflictualité.

Son originalité est de mêler les disciplines. L’histoire, le droit, l’éthique, la philosophie et les
nouvelles technologies seront au cœur des réflexions des congressistes.

La troisième édition du Forum international sur la justice militaire se tiendra à Paris. Le Centre de Recherche des Écoles de Saint-Cyr Coëtquidan (CreC Saint-Cyr), en collaboration avec la Société de législation comparée et la Faculté de Science Militaire de l’Université de Stellenbosch accueillera la deuxième édition à Paris, à l’Ecole Militaire et à la Société de législation comparée, les 25 et 26 juin 2025.

Objectifs.

Faire connaître les systèmes de justice militaire contemporains et les réformes en cours ou à venir.

Ce premier axe doit servir à approfondir la connaissance des systèmes de justice militaire qui existent dans le monde et à identifier des points de comparaison, à partir de plusieurs interrogations : Quels sont les fondements juridiques de la justice militaire ? La justice militaire a-t-elle été « civilianisée » ? Quelles sont les juridictions en charge du contentieux militaire ? Quelles sont leurs compétences ? Les juridictions militaires existent-elles en temps de guerre et en temps de paix ? Comment les juridictions sont-elles organisées ? Comment sont-elles hiérarchisées ? Comment fonctionnent-elles ? Sont-elles spéciales ou spécialisées ? Ou sont-elles organisées de manière mixte ? Les militaires peuvent-ils être jugés par des juridictions civiles ? Les parties civiles sont-elles admises devant les tribunaux militaires ? Qui est le juge ? Et quid de sa formation en droit ? Quelle est la procédure ? Quelles sont les infractions ? Quelles sont les peines ? Qui décide si une infraction doit être jugée par un tribunal militaire ou un
tribunal ordinaire ? Qui a l’initiative de la poursuite ? Quel est le rôle de l’officier dans la justice
militaire ? Quels sont plus globalement les acteurs de la justice militaire ? Qu’en est-il de la justice militaire et des droits fondamentaux ? Comment mieux protéger les victimes et améliorer la lutte contre toute forme de discrimination ? Quelles sont les réformes nécessaires pour permettre à nos systèmes actuels d’affronter la guerre de demain ?

Toutes ces questions doivent permettre d’apporter un regard critique sur un système de justice militaire national, en termes de structure, de fonctionnement ou de respect des droits fondamentaux : pourquoi et comment réformer la justice militaire ?

Relater l’histoire de la justice militaire dans le monde.

Ce deuxième axe a vocation à mettre en lumière les principales évolutions de la justice militaire dans l’histoire, depuis l’Antiquité jusqu’à la période contemporaine :

1/ L’évolution des sources de la justice militaire : On sait que les systèmes de justice militaire ont été en grande partie bâtis par des législations d’envergure, valables d’abord uniquement en temps de guerre, puis pour le temps de la paix. A l’image, par exemple, des premiers Articles of War en Angleterre (1385), du code suédois de 1621 ou du Mutiny Act de 1689. Par ailleurs, on connait l’importance de la codification dans l’histoire du droit pénal militaire (Articles of War 1765, Code de Justice Militaire de 1857, Uniform Code of Military Justice, etc.). A l’initiative de ces textes fondateurs, les législateurs ont marqué de leur empreinte le cours de l’histoire de la justice militaire. Cependant, cette dernière s’est aussi développée dans la pratique, grâce à la jurisprudence des cours, au débat politique, à des controverses ou à des scandales. Autrement dit, quelles ont été les sources de la justice militaire ? Qui sont ceux qui ont contribué à son histoire ?

2/ L’histoire institutionnelle de la Justice militaire : Progressivement, la justice militaire a été structurée et institutionnalisée, au point d’être intégrée à l’administration de l’Etat. Mais comment est-on passé de la fonction d’« officier-juge », qui rendait justice dans l’exercice de son pouvoir de commandement, à une justice étatique, rendue par des professionnels dans le cadre de juridictions spéciales ou spécialisées ? Comment la justice militaire a-t-elle été transformée dans le contexte de la construction des Etats et de la création d’armées permanentes et professionnelles ? Cette interrogation en implique une autre : comment sont apparus de nouveaux corps de juristes spécialisés dans les affaires militaires, à l’image des Judge Advocates General (JAG) américains, des auditors scandinaves ou de la Service Prosecuting
Authority britannique ? La justice militaire n’a-t-elle pas aussi évolué au gré des vicissitudes de la vie politique et de la versatilité de l’opinion publique, qui tantôt lui apporte son soutien et tantôt le lui retire ? De manière générale, quelles ont été les grandes transformations structurelles et institutionnelles de la justice militaire ?

3/ Les fondements théoriques de la justice militaire : le christianisme ou l’humanisme, par exemple, ont pu influencer le développement et l’évolution de la justice militaire (Belli, Ayala, Grotius, Vettel, etc.). Les révolutionnaires français, nourris aux idéaux des Lumières, n’ont pas non plus été insensibles au sort du soldat devant une cour de justice. Qui sont les principaux auteurs et intellectuels qui ont usé de leur plume pour projeter la réforme ? Quels étaient leurs arguments ? Quelle a pu être leur influence ?
4/ La justice militaire dans son contexte opérationnel : Etablir un système moderne de justice militaire est une chose. Être capable de le faire fonctionner correctement en est une autre, notamment sur les théâtres d’opération. La justice militaire a-t-elle toujours été efficace en temps de guerre et en particulier en période de débâcle ou de défaite ? Le législateur, en temps de paix, parvient-il toujours à prévoir un système fonctionnel pour une guerre future dont il est incapable de présager le déroulement et l’issue finale ?

5/ La justice militaire en pratique : L’histoire de la justice militaire est aussi celle de procès. Certains ont été retentissants (le capitaine Brenton Carey au Royaume-Uni, le capitaine Charles McVay aux Etats-Unis, le Maréchal Bazaine et le capitaine Dreyfus en France, etc.), d’autres ont été oubliés. Certains ont permis à la justice militaire de grandir, d’autres ont peut-être terni son image auprès de l’opinion publique. Quelles sont les grandes affaires militaires dans l’histoire ? Quelles sont celles, moins connues, qui mériteraient de l’être plus ?

Rendre compte de la circulation des modèles de justice militaire dans le monde. Le droit comparé peut permettre de répondre à deux ensembles d’interrogations :

1/ Pourquoi comparer les droits militaires nationaux ? Il semblerait que de nombreux auteurs, juristes ou non, militaires ou non, aient comparé dans le passé et comparent encore aujourd’hui les droits militaires ou les systèmes de justice militaire. Les raisons semblent multiples : critiquer un système, promouvoir ou rejeter une réforme, catégoriser ou classifier les droits ou les procédures ou simplement exposer la diversité. On sait aussi que dans l’histoire un certain nombre de droits militaires nationaux ont pu constituer des modèles à partir desquels ont été bâtis d’autres systèmes (Ex : le Code du roi de Suède Gustave Adolphe). Il s’agit ici de dresser un état des lieux de la circulation des modèles de droit militaire dans le monde, mais aussi de présenter les méthodes et les mobiles de la comparaison juridique.

2/ Existe-t-il des « familles » de droit militaire ? Peut-on croire, à partir des travaux de René David, en l’existence de plusieurs « familles » de droit militaire, comme il existe plusieurs « familles » de systèmes juridiques dans le monde (Common law, Civil law, Religious law, etc.) ? La colonisation, les traités internationaux en tous genres (Ex : OTAN), les organisations intergouvernementales (Ex : Commonwealth), les unions politiques (Ex : URSS) ou les associations politiques et économiques (Ex : UE), ou simplement les rapprochements culturels ou diplomatiques interétatiques ont-ils participé à l’émergence de « familles » de droits militaires, dont les membres partagent des traits communs et des similitudes ?

Imaginer le droit militaire et la justice militaire de demain

Mercenaires et sociétés militaires privées, drones, robotisation du champ de bataille, autonomie des systèmes d’armes, hybridation homme/machine, soldat augmenté, intelligence artificielle, systèmes auto-apprenants et évolutions technologiques présentes et à venir transforment la conflictualité. Or, leur utilisation sur le champ de bataille doit être appréhendée et encadrée par le droit. Les enjeux sont nombreux : responsabilité, sanctions, délégation d’exécution, traçabilité numérique, consentement, variabilité éthique selon les nations, compétence des cours, etc. Quel avenir pour le droit militaire et la justice militaire ?


Nous invitons à faire parvenir des propositions de communication individuelles (400 mots maximum) ou sous forme de panel (800 mots maximum), en français ou en anglais, aux organisateurs du colloque, en précisant dans quel axe la communication s’inscrirait : militaryjusticeforum@gmail.com

Les communications seront données en langue anglaise (de préférence) ou française.

La date limite pour proposer une communication est fixée au 31 octobre 2024.

Les actes du Forum seront publiés dans un volume spécial de la Revue Internationale de
Droit Pénal.

Comité d’organisation :
Gwenaël Guyon (CReC Saint-Cyr)
Evert Kleynhans (Stellenbosch University)
Nicolas Cornu Thénard (Univ. Paris Panthéon Assas / SLC)

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Offre d’emploi – Ingénieur de recherche en analyse de sources historiques et culturelles

L’université de Caen Normandie (UNICAEN) est un acteur majeur et un moteur de développement de l’enseignement supérieur et de la recherche en Normandie. UNICAEN est membre de la communauté d’universités et d’établissements Normandie Université.

Pluridisciplinaire, elle accueille plus de 33 000 étudiants au sein de 12 composantes (UFR, écoles, instituts ). Elle propose des diplômes reconnus et contrôlés par l’État et transférables dans de nombreux pays européens grâce au système Licence-master-doctorat (LMD). Ces formations conduisent à des diplômes de bac+2 à bac+8 et sont accessibles en formation initiale, continue et en alternance. L’université propose également une offre de formation professionnelle répondant à des besoins différents pour tous types de publics : des formations diplômantes, des formations spécifiques courtes, des formations sur mesure et des certifications.

Afin de mener ces missions, elle s’appuie sur 2 700 professionnels, dont 1 600 personnels enseignants (1 060 enseignant.es-chercheur.ses et 540 enseignant.es) et 1 100 personnels des bibliothèques, ingénieur.es, administratif.ves, techniques, sociaux et de santé (BIATSS).

Mission proposée

Présentation du service d’affectation : Le pole document numérique, spécialisé dans le domaine des humanités numériques, conçoit, développe et met en œuvre des outils numériques et des méthodes de travail pour les programmes de recherche en humanités et sciences humaines et sociales (SHS) avec une approche centrée sur les données. Il a été ou est fortement impliqué dans certains consortia de la TGIR HumaNum (ex-CAHIER, MASA) ou Equipex (Biblissima).

Positionnement hiérarchique : sous l’autorité du directeur de la MRSH et sous la responsabilité fonctionnelle du coordinateur du pôle Document numérique.

Missions :

L’ingénieur de recherche sera en charge de la mise en place du « Laboratoire d’édition et d’annotation de sources » de Biblissima+ (voir https://projet.biblissima.fr/sites/default/files/actualites/doc/biblissima_livre_blanc_06.10.2020_0.pdf, B-I.5.3, p. 46).

En étroite collaboration avec les partenaires scientifiques de Biblissima+, l’ingénieur de recherche sera chargé de la conception et participera à la production de l’outillage numérique d’étude, d’édition et de diffusion des sources textuelles anciennes , identifiées selon le modèle théorique dégagé au sein du projet.

Activités et tâches du poste :

–    Typologie et modélisation des sources textuelles à l’échelle du portail de l’Equipex+
–    Réalisation du schéma XML-TEI commun et modulaire aux sources textuelles
–    Coordination caennaise avec l’IRHT et le CESR
–    Mise en place de/des environnements XML et de leur documentation pour XMLMind XML Editor 
–    Mise en place du portail de mise en ligne, reposant sur le moteur d’affichage MaX, soit global, soit par typologie Mutualisation des outils de visualisation, mutualisation des outils d’interrogation).
–   Mise en place de formations des partenaires, en collaboration avec le CRAHAM (Harmonisation des schémas de structuration des textes encodés, harmonisation des environnements de balisage permettant l’annotation)
–    Mise en place de collaborations et participation aux travaux des autres clusters lorsque ceux-ci sont en synergie avec les travaux du cluster 5b
–    Veille et expertise sur les projets de l’AMI Projets partenariaux lorsque ceux-ci impliquent un lien avec le cluster 5b
–    Rédaction d’articles scientifiques et de comptes-rendus faisant état des avancées scientifiques et techniques du cluster 5b

Restitution annuelle des travaux du cluster (reporting des livrables et participation aux journées Biblissima+).

Catégorie d’emploi : A ( IGR 2ème classe)

Diplôme requis :Thèse de doctorat (de préférence) ou master avec un dossier de publications (à joindre à la candidature)
Compétences requises (connaissances, savoir faire, savoir être) :

Les formations et connaissances approfondies nécessaires : Latin, histoire, philologie et ecdotique, humanités numériques.

 –        Les savoirs et compétences nécessaires :

Philologie et histoire (connaissance approfondie)
Latin et Français (connaissance approfondie)
Humanités numériques (connaissance approfondie)
Langages de structuration de données et technologies associées (XML, schémas, etc.) et standards du domaine (EAD, TEI) (connaissance approfondie)
Outils de recherche bibliographique (connaissance approfondie)
Droit de la propriété intellectuelle (connaissance générale)
Langue anglaise : B1 à B2 (cadre européen commun de référence pour les langues)

 –        Savoir-faire :

Utiliser les méthodes de prospection et d’inventaire des sources historiques et culturelles (maîtrise)
Utiliser les méthodes, outils de référencements, thesauri et nomenclatures du champ d’étude (maîtrise)
Savoir transcrire les écritures (manuscrits, imprimés anciens…)
Savoir formaliser les besoins et les contraintes pour l’élaboration des outils de traitement des données (maîtrise)
Savoir contrôler le développement des outils de traitement des données
Utiliser les outils et logiciels spécifiques à l’activité (éditeurs XML, outils d’exposition de corpus documentaires et de bases textuelles…)

 –        Savoir-être :

Capacité à animer une communauté scientifique à l’échelle nationale et des groupes de travail pluridisciplinaires

Sens critique
Capacité de conceptualisation
Capacité de travail en équipe

Conditions de recrutement :

Poste ouvert uniquement aux contractuels
Poste à temps complet
Rémunération statutaire et appréciée en fonction de l’expérience professionnelle

Poste à pourvoir : à partir de décembre 2024, CDD renouvelable (CDI envisageable)

Date limite de candidature : Avant le 23/11/2024

Source : Université de Caen

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Appel à contribution – Genre et argent. Approches historiques / Gender and Money : Historical Approaches

Appel à contribution en anglais : ici

Le contrôle et l’utilisation de l’argent sont clairement identifiés comme une question de genre dans les sociétés contemporaines. En France, la possibilité pour une femme mariée d’ouvrir un livret d’épargne date de 1881, de disposer de son propre salaire de 1907, d’ouvrir un compte en banque de 1965 : autant de jalons sur le chemin de l’émancipation. En contrepoint pessimiste, dans The Handmaid’s Tale, publié en 1985, Margaret Atwood imaginait un futur dystopique dans lequel la suppression brutale de l’accès à l’argent était le premier marqueur de l’asservissement des femmes. Les historiens, cependant, ne se sont pas encore totalement emparés de ce thème, ce qui rend difficile la compréhension des évolutions dans la longue durée et dans une perspective comparative. Les spécialistes de la littérature ont été plus actifs, retraçant, par exemple, le lien conceptuel entre la corruption apportée par l’argent et la corruption apportée par les femmes. Le travail des femmes, lui aussi, a été et est toujours une thématique bien balisée en histoire. Pourtant, l’argent en lui-même – sa gestion et son contrôle, la manière dont il peut servir d’outil de domination ou de levier d’action, la question de savoir qui le possède et qui le contrôle – a rarement été posée comme une question historique indépendante sur le long terme. Bien que la question du genre et de l’argent ait émergé de manière périphérique dans de nombreux domaines d’études, elle n’a jamais été prise en charge comme un problème à part entière.

L’une des raisons principales de cette relative invisibilité est la difficulté de définir ce qu’est l’argent sur une période très longue et dans une grande variété de sociétés historiques. Ce terme polysémique renvoie à la fois à la richesse (les revenus et le patrimoine, en stock ou en flux, qui peuvent être comptabilisés de manière abstraite à travers des comptes, des tableaux ou des bilans) et à la matérialité de l’argent qui circule (le numéraire, les monnaies, en billet ou en pièces, ainsi que les monnaies alternatives étudiées par exemple par la sociologue Viviana Zelizer). Les sociologues et les anthropologues ont contribué à distinguer l’argent – qui est un fait social, politique et moral – de la monnaie, notion plus réduite, utilisée en économie pour désigner l’instrument de l’échange. L’argent englobe la monnaie, sans s’y limiter, car il prend son sens au prisme du contexte social, mais aussi des affects, des valeurs, des moeurs, des croyances, de l’imaginaire collectif et, plus généralement de l’ordre symbolique qui les sous- tend (Baumann et alii, 2008). Cette définition invite à regarder ce qui dans les rapports à

l’argent relève du genre : l’argent est un moyen concret d’assurer la domination masculine, mais il peut aussi être un outil utilisé par les femmes pour se créer des marges de manœuvre. Cette compréhension large de l’argent est également une réjouissante invitation pour les historien·nes : éminemment variable selon les époques, l’argent devient un puissant révélateur des normes de genre et des rapports sociaux entre les hommes et les femmes.

Afin d’ouvrir ce champ d’étude encore en friche en histoire, nous proposons cet appel à contributions pour un atelier de recherche sur deux jours afin d’analyser les multiples interactions entre l’argent et le genre du haut Moyen Âge à nos jours. L’approche est ouverte chronologiquement et géographiquement, fondée sur des études de cas historiques, où le genre ne se réduit pas à l’histoire des femmes, mais prend également en compte les masculinités ainsi que le rôle structurant de l’argent dans les relations entre hommes et femmes. Ainsi les questions de la possession, de la gestion et du contrôle de l’argent seront centrales dans les contributions à cet atelier, ainsi que celle de l’argent en tant qu’utile levier de domination ou d’agentivité.

I. Normes et langages

Un premier chantier ouvert par cet atelier est celui des imaginaires de l’argent au masculin et au féminin dans la longue durée. Le rapport entre normes de genre et argent, dans une perspective d’histoire culturelle ou des représentations pourra se faire en dialogue avec les études littéraires ou l’histoire de l’art notamment. Comment l’ordre du genre d’une époque et d’une société donnée détermine-t-il le rapport à l ’argent ? Jeanne Lazarus (2021) note que le rapport des femmes à l’argent est considéré comme moins légitime que celui des hommes et qu’il est marqué par un triple soupçon. Soupçon d’impureté d’abord, hérité de l’exégèse chrétienne : les femmes sont jugées impures si elles possèdent de l’argent, ce qui est toujours relié de manière implicite à une suspicion de prostitution. Soupçon d’incompétence ensuite pour des femmes jugées frivoles et dépensières et toujours moins rationnelles que les hommes. Soupçon de dépendance enfin, qui conduit à n’envisager les femmes que comme sous la protection financière du mari, de la famille, de la communauté ou de l’Etat. Ces constats généraux pourront être illustrés ou nuancés par des études de cas. Les hommes, à l’inverse, sont pensés comme du côté de la rationalité, de la prévision et de la gestion de l’argent. Mais peut-on distinguer des masculinités économiques variables dans le temps et l’espace ? Existe- t-il, selon les époques, des masculinités hégémoniques et d’autres subalternes dans le domaine financier ? La distinction entre le capitaliste (décisionnaire et puissant) et son comptable (figure de la soumission et de l’exécution) dessine par exemple des pistes pour nuancer les représentations masculines de l’argent. Depuis les travaux de R.W. Connell, on perçoit bien que la ‘middle class masculinity’ peut être hégémonique ou subordonnée dans le monde contemporain (Connell 2005 [1995]). Comment historiciser cette tension?

Ensuite, comment les langages du droit et de la religion construisent-ils les imaginaires de l’argent et créent-ils des représentations des rapports possibles des hommes et des femmes à la richesse, depuis le Moyen Âge ? Car si le langage ecclésiastique jette le soupçon sur la gestion feminine et sur le rapport de la femme aux biens matériels depuis Ève et sa faute originelle, il ouvre en même temps des espaces de légitimité, notamment pour les femmes consacrées qui relèvent de la noblesse et qui sont à la tête de monastères puissants dont elles administrent les biens. De même, ce ne sont pas tous les hommes qui sont reconnus comme capables d’administrer légitimement la richesse commune (de l’État, de l’Église…), mais ce sont les hommes consacrés à Dieu (clercs et moines) qui sont désignés depuis le haut Moyen Âge comme les bons administrateurs, ceux qui savent comment faire fructifier l’argent et assurer le salut collectif. À la fin du Moyen Âge, ce modèle vertueux s’applique désormais à la société laïque lorsque l’Église indique dans le grand marchand celui qui œuvre pour le salut collectif.

Les imaginaires de l’argent se sont enfin matérialisés dans des normes juridiques qui contraignent les rapports à l’argent des hommes et des femmes, en fonction de leur statut (mineur/majeur) et de leur place dans la famille, notamment pour les femmes (fille, épouse ou veuve n’ont pas les mêmes droits). Mais les systèmes juridiques sont variés (droit coutumier ou droit romain ne dessinent pas le même rapport à l’héritage des filles et des garçons ou à la dot par exemple) et les spécificités nationales sont nombreuses (par exemple, le principe de la couverture dans la Common Law anglaise de la fin du Moyen Âge jusqu’au Married Women’s Property Act de 1882). Les communications, potentiellement en dialogue avec l’histoire du droit, sur le cadrage juridique de la succession, de la propriété ou de de l’alliance matrimoniale au prisme du genre seront les bienvenues. Enfin, il ne faut pas confondre ce cadre normatif avec les pratiques sociales qui peuvent s’y conformer ou au contraire le contourner : les études de cas concrètes sur les manières de faire des hommes et des femmes, avec ou contre le droit, en matière d’argent sont encouragées.

II. Comptabilité et contrôle

Compter, consommer, épargner, investir : en quoi la circulation de l’argent dans la famille, et entre la famille et les institutions, est-elle révélatrice des rapports de genre, entre domination et autonomie ? Qui compte, qu’est-ce que l’on compte et que l’on ne compte pas ? Comment ? Et dans l’intérêt de qui ? Ainsi, cet atelier creusera le sillon du contrôle des ressources du couple avec des études portant sur les comptabilités ordinaires familiales (dans la veine par exemple des travaux d’ethno-comptabilité). Il considéra également les rapports de forces constitués par le fait de recevoir ou de rendre des comptes, voire de faire des comptes pour soi-même.

Des études historiques pionnières incitent à rechercher au-delà des stéréotypes et de ce que dit le droit – certes contraignant pour les épouses à partir du code Napoléon – pour mettre en avant des femmes, entre XIXe et XXe siècles, en lutte quotidienne pour le contrôle des gains du couple et très au fait des enjeux patrimoniaux au sein de la famille (Sohn 1996). En même temps, le renouveau des études de la comptabilité et de l’ “accountability” du Moyen Âge central à la première modernité invite à une analyse genrée jusqu’alors inexplorée. Les femmes de l’élite, en tant que propriétaires, reçoivent bien des comptes quand, plus bas dans l’échelle sociale, les femmes responsables de la buanderie, de la basse-cour ou de la laiterie, les rendent. Toutefois, entre les deux la comptabilité est surtout une affaire d’hommes. Par ailleurs, il est possible que la gestion de domaines ou d’entreprises ait permis à certaines femmes d’être autonomes en matière de dépenses et d’investissements, et que la comptabilité ait été, au moins au début de l’époque moderne en Angleterre, une compétence particulièrement féminine. Mais si la tenue des comptes a été désignée comme un travail de femme, le degré d’autonomisation peut être questionné : s’agissait-il d’une tâche ingrate et chronophage déléguée aux femmes précisément parce qu’elle les liait à la sphère domestique ? La gestion de l’argent peut-elle être assimilée au contrôle de l’argent ? La question de l’éducation est également clé. Les inégalités de genre peuvent trouver des éclairages dans ce qui se joue en amont, en termes d’éducation dans la gestion des revenus et des biens. De l’éducation à l’épargne de l’école de la IIIe république, à l’éducation budgétaire des filières professionnelles des années 1980-2000, en passant par l’économie domestique enseignée dans les écoles de filles à partir de l’entre-deux- guerres, cette éducation à l’argent a-t-elle formé un outil au service de la promotion et du maintien du patriarcat ou bien plutôt d’autonomisation des femmes et d’individualisation dans la famille ?

III. Crédit, rémunération et care

La participation des femmes aux marchés du crédit a été envisagée de différentes manières. Est-il plus facile pour les femmes d’emprunter que de prêter ? Le prêt peut favoriser l’autonomisation, mais cela dépend beaucoup du contexte juridique et de la situation matrimoniale. Toutefois, l’accent a été mis sur l’emprunt des femmes et, en particulier, sur le microcrédit, d’abord annoncé par les économistes du développement comme un moyen d’autonomiser les femmes pauvres. Mais il n’en a pas toujours été ainsi dans l’histoire. Qui étaient les femmes qui prêtaient et empruntaient ? À qui prêtaient-elles et à qui empruntaient- elles ? Plus largement, il s’agit d’interroger le genre de la dette. Laurence Fontaine décrit l’économie morale, structurée par les liens de la dette, en termes de liens verticaux entre riches et pauvres, mais une grande partie du crédit, comme d’autres formes de solidarité, pourrait bien avoir consisté en des liens horizontaux entre parents et voisins.

Reconnaître que l’argent et l’argent liquide ne sont pas identiques nous permet d’adopter une vision plus large de ce qui constitue une transaction économique ou une forme de revenu. Le concept novateur d’« économie de bricolage » (makeshift economy) d’Olwen Hufton reconnaît depuis longtemps l’importance, pour les ménages pauvres, d’un ensemble d’activités et de formes de revenus autres que le travail rémunéré, notamment le petit crédit, l’utilisation de droits communs tels que le glanage et l’accès aux terres communales, le détournement de fonds, la contrebande, le vol, la prostitution, la mendicité, le secours aux pauvres et l’entraide. Souvent considérées comme des activités criminelles, elles sont depuis peu examinées pour leur valeur économique par des historien·nes. Ainsi le glanage pouvait représenter jusqu’à 10 % du revenu des ménages. Des propositions sont attendues sur le genre de ces bricolages comme formes de travail génératrices de revenus. Combien gagnaient les travailleur·ses du sexe dans le passé ? Quels revenus la mendicité ou le chiffonnage peuvent-ils apporter à l’économie du ménage ?

Une évolution récente de l’histoire économique, dans le sillage de l’économie féministe et de l’économie du développement, appelle à attribuer une valeur monétaire aux activités de soins (care). Les dimensions interpersonnelles et émotionnelles des soins ne peuvent être négligées. Cependant, elles ont souvent conduit à l’idée que le travail de soins était autrefois effectué au sein de la famille, par les femmes, en particulier les femmes mariées, et sans rémunération. De nouvelles études montrent toutefois qu’historiquement, une grande partie du travail de soins n’était pas effectué au sein de la famille et que ce travail était effectivement rémunéré. Qui était payé pour effectuer ces soins, dans quels contextes et pourquoi ? Dans quelles circonstances les ménages ont-ils choisi de rémunérer les soins, au lieu de les considérer comme une partie « naturelle » du travail non rémunéré des femmes ? Jusqu’à présent, les études sur le travail de soins dans cette perspective ont tenté d’attribuer des valeurs monétaires sur la base des cas où il était rémunéré. Toutefois, l’attribution d’une valeur monétaire au travail de soins reproduit- elle les catégories et les valeurs masculines de productivité et d’efficacité ? La prestation de soins n’a-t-elle pas de prix ? Peut-on donner un prix à un travail qui a une dimension affective ? Ou est-il d’autant plus important d’insister sur la valeur, afin d’éviter le piège qui consiste à considérer le travail de soins comme une « vocation » ou comme un « travail d’amour » (labour of love) ?

IV. Conflits, violences et mobilisations collectives

Cet atelier abordera également les conflits autour de l’argent et de sa gestion. Nous encourageons particulièrement les propositions sur la question des violences économiques : comment se manifestent-elles dans le rapport à l’argent au sein des familles et des couples ? Mais aussi comment le contrôle de l’argent est-il l’un des moyens d’exercer la violence sur les femmes et les dépendant·es, notamment sur les enfants mineurs ?

La violence économique constitue l’une des formes des violences intrafamiliales. Ce concept récent désigne tous les actes qui visent à priver la victime de son autonomie financière, accentuant son isolement et rendant plus difficile un départ de la cellule familiale (privation de ressources, gestion exclusive des revenus familiaux, mise en danger du patrimoine familial, refus de versement des pensions alimentaires). Dans la longue durée, la violence économique a longtemps été considérée comme légale, à l’instar d’autres formes de violences physiques (droit de correction paternel ou maritale) ou sexuelles (devoir conjugal), car le mariage plaçait les épouses en situation de minorité juridique et la gestion du patrimoine familial revenait exclusivement au mari. Pourtant ce grand schéma nécessite des études pour affiner les configurations spatiales, temporelles et sociales des violences économiques : quels milieux sociaux sont les plus touchés par ces violences économiques ? Quelles régions affirment le plus fermement la domination patriarcale sur les ressources et quelles sont celles qui peuvent être vues comme plus précocement égalitaires ?

En outre, dans la pratique, les conflits et les négociations autour de la gestion des ressources économiques sont très nombreux et les archives (procédures de divorce, testaments, autobiographies, correspondances, etc.) en gardent la trace : comment les femmes négocient- elles l’accès à l’argent dans des systèmes patriarcaux, notamment quand les ressources sont limitées ? Enfin, la contestation de la domination masculine sur l’argent est aussi collective. La revendication d’émancipation économique pour les femmes mariées a été au cœur des luttes féministes européennes depuis le XIXe siècle et s’est réalisée à des rythmes différents selon les pays. Le démantèlement par le droit civil de la mise sous tutelle économique des épouses est en effet le fruit d’un long processus, entamé au XIXe siècle et achevé dans la seconde moitié du XXe siècle. Quelles ont été les actrices de ce combat ? Au-delà des textes politiques et du combat législatif, ces revendications d’autonomie financière sont-elles perceptibles dans les luttes de femmes qui portent centralement sur d’autres aspects de la vie des femmes (travail, contrôle de la fécondité, etc…) ?

Les propositions de contributions (résumé de 3000 signes en anglais ou en français + bref CV ) peuvent porter sur toutes les périodes historiques, tous pays ou aires culturelles, en adoptant une approche comparée/croisée ou non. Elles prennent soin de préciser le corpus de sources utilisées ainsi que les principales références bibliographiques.

Elles sont à adresser conjointement aux organisateur·rices de la journée :
Marianne Thivend (marianne.thivend@u-paris.fr) et

Valentina Toneatto ( jusqu’au 6 janvier 2025.

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Appel à contribution – Voix de femmes sur la noblesse / Women’s voices on nobility

Voix de femmes sur la noblesse. Colloque international
Institut catholique de Rennes, 5-6 juin 2025

Organisation :
Bertrand Goujon (Université de Reims Champagne-Ardenne, CERHiC – UR 2616)
Camille Pollet (CRH – UMR 8558, CRHIA – UR 1163)
Clément de Vasselot (Institut catholique de Rennes, CESCM – UMR 7302)

Entre 1637 et 1644, la comtesse d’Aranda, Luisa de Padilla y Manrique, publie quatre ouvrages à la fois théoriques et didactiques sur la question de la noblesse. Les trois premiers sont publiés sous le nom de son confesseur, mais le dernier l’est sous le sien propre. Si le cas de cette autrice de quatre traités moralistes et théoriques sur la noblesse est, à bien des égards, exceptionnel, il n’est cependant pas isolé puisque nombre de femmes, appartenant ou non à l’aristocratie, aux époques médiévale, moderne et contemporaine, à travers différents types d’écrits et grâce à d’autres supports d’expression, ont abordé la question et pris position dans les réflexions et les débats sur ce qu’est la noblesse ainsi que sur la façon dont ses membres devraient se conduire. Alors que l’histoire des femmes et du genre a mis en lumière les modalités de l’agentivité féminine et que la part féminine du groupe aristocratique a été bien étudiée, il convient de se demander non seulement comment ces femmes concevaient leur place au sein de ce groupe et au sein de la société dans son ensemble, mais également dans quelle mesure et selon quelles modalités elles étaient susceptibles de (ou enclines à) l’exprimer.

Se pose alors la question des débats autour du concept de noblesse, dont les acceptions sont plurielles au fil du temps et dans les différents espaces politiques européens. Entendu comme une qualité morale et comportementale censée distinguer un groupe élitaire et constituant la pierre angulaire de « l’idée de noblesse » (Philippe Contamine), il a aussi été très progressivement et partiellement encadré sur le plan juridique à partir des xive et xve siècles, puis à l’époque moderne, au travers des anoblissements, des exemptions fiscales, des privilèges divers, etc. Si ces derniers sont peu à peu remis en cause, abandonnés ou abolis dans l’espace européen, la persistance de définitions juridiques et d’une « culture d’ordre » (Claude Isabelle Brelot) singulière invite à ne pas réduire la noblesse à un simple « phénomène d’opinion » (Adeline Daumard) dans l’Europe des longs xixe et xxe siècles.

L’importance donnée par de nombreux théoriciens de la noblesse à la dimension héréditaire invite naturellement à s’interroger sur la place que les femmes s’attribuaient dans le processus de transmission de la qualité ou du statut nobiliaire, l’ascendance maternelle, suffisante aux xe-xie siècles, étant progressivement battue en brèche dans une large partie de l’Europe, voire presque totalement invisibilisée en France, où seule l’hérédité masculine rend noble. Elle suppose aussi de s’intéresser aux discours féminins sur les mécanismes de transmission des biens, des titres et des offices au sein des familles nobles. Elle invite également à se pencher sur la perception que ces femmes avaient de leurs rôles, que ce soit dans l’espace public (action politique, gouvernance domaniale) ou sur le plan domestique (gestion, éducation de la nouvelle génération), en prenant en compte non seulement le poids des assignations de genre, mais aussi leurs éventuelles contestations et recompositions. Se pose en outre la question du regard des femmes d’origine non-noble sur le groupe social qu’elles intègrent par mariage ou par anoblissement, ainsi que de celui des femmes nobles ayant prononcé des vœux religieux.

L’expression des femmes sur la noblesse amène, bien sûr, à questionner leur auctorialité, la légitimité à laquelle elles prétendent sur ce sujet, l’éventuelle spécificité genrée de leurs arguments et de leurs positionnements ou, au contraire, leur reprise de points de vue et de raisonnements d’auteurs masculins – sans exclure le possible recours à des voix féminines, réelles ou fictives, par des hommes.

Les « voix » de femmes sur la noblesse renvoient à tout l’éventail des modes d’expression, depuis le traité savant jusqu’au blog. Au travers d’études de cas, de comparaisons ou de vues d’ensemble, on pourra chercher à comprendre les situations sociales dans lesquelles des femmes ont pris la plume – ou se sont saisies d’autres supports – pour prendre part à la réflexion sur la noblesse, à mesurer l’inscription de ces prises d’écriture – ou de parole – parmi les dispositifs juridiques, les mœurs et les usages du temps, ou encore à contextualiser les modalités de circulation et de publicisation de ces points de vue et à analyser leurs enjeux politiques, sociaux et genrés. On pourra mettre en lumière les dépendances envers d’autres acteurs, masculins ou féminins, de ces expressions féminines et de leur diffusion. Demeure enfin la question du public, de la réception, des usages et de la temporalité de ces points de vue féminins sur la noblesse et de leurs supports d’expression.

 Ce colloque invite donc à confronter, d’une part, l’histoire des femmes, et, plus spécifiquement, celle de l’auctorialité et de l’expression féminines, sans réduire celles-ci au simple champ de l’écriture, et, d’autre part, celle de l’aristocratie et du concept de noblesse en particulier. Il s’agira de réfléchir sur tout discours féminin véhiculant des idées à propos de la noblesse, provenant d’une membre de la noblesse, d’une femme extérieure à celle-ci ou d’un personnage féminin fictif. En vue de saisir les évolutions sur le temps long et de faire émerger une réflexion comparative, il se veut transpériodique, portant sur l’espace européen de la période médiévale à l’époque contemporaine. Ce cadre temporel et géographique doit amener à dégager aussi bien les continuités que les évolutions et les spécificités chronologiques et régionales. Les contributions sont susceptibles d’aborder un large éventail de sources : traités théoriques, sources épistolaires ou diaristes, mémoires, œuvres littéraires, représentations artistiques et musicales, voire sources orales pour l’époque contemporaine, etc. Le colloque appelle donc à une approche interdisciplinaire, dans la mesure où ses thématiques peuvent être abordées tant du point de vue de l’histoire, que de la littérature, de la sociologie, de l’histoire de l’art, de la musicologie, etc.

Organization
Bertrand Goujon (Université de Reims Champagne-Ardenne, CERHiC – UR 2616)
Camille Pollet (CRH – UMR 8558, CRHIA – UR 1163)
Clément de Vasselot (Institut catholique de Rennes, CESCM – UMR 7302)

Between 1637 and 1644, the Countess of Aranda, Luisa de Padilla y Manrique, published four theoretical and didactic books dealing with nobility. The first three were published under the name of her confessor, but the last one was under her name. While this authoress of four moralistic and theoretical treatises on nobility is, in many ways, exceptional, she is not an isolated case since many women, both aristocratic and non-aristocratic, in medieval, modern and contemporary times, through different types of writing and other means of expression, have discussed the matter and assumed positions in the reflections and debates on what nobility is and how its members should conduct themselves. While the history of women and gender studies has shed light on women’s agency, and the female part of the aristocratic group has been well studied, we need to ask not only how these women conceived of their place within this group and within society as a whole, but also to what extent and in what ways they were likely to (or inclined to) express it.

This raises the issue of the debates surrounding the concept of nobility, which meanings have been multiple over time and in different European political spaces. Understood as a moral and behavioural quality supposed to distinguish an elite group and constituting the cornerstone of the ‘idea of nobility’ (Philippe Contamine), it was also very gradually and partially framed in legal terms from the 14th and 15th centuries onwards, and then in the modern era, through ennoblements, tax exemptions, various privileges, etc. Although these privileges were gradually questioned, abandoned or abolished in Europe, the persistence of legal definitions and a singular ‘culture of order’ (Claude Isabelle Brelot) suggests that the nobility should not be reduced to a mere ‘phenomenon of opinion’ (Adeline Daumard) in the Europe of the long 19th and 20th centuries.

The importance given by many theorists of nobility to the hereditary dimension naturally raises the question of the place that women gave themselves in the process of transmitting the quality or status of nobility since maternal descent, which was sufficient in the 10th-11th centuries, was progressively undermined in a large part of Europe, and even almost totally ignored in France, where only male heredity made a noble. It involves looking women’s views on the mechanisms for transmitting property, titles and offices within noble families. It also requires us to look at how these women perceived their roles, whether in the public arena (political action, estate governance) or in the domestic sphere (management, education of the next generation), taking into account not only the weight of gender assignments, but also the ways in which they were contested and reshaped. It also raises the question of how women of non-noble origin view the social group they join through marriage or ennoblement and how noble women who have taken religious vows view it.

Women’s expression on nobility naturally leads to question their authorship, the legitimacy they claim on this subject, their arguments and positions’ possible gendered specificity or, on the contrary, their adoption of the viewpoints and reasoning of male authors – without excluding the use of female voices, real or fictional, by men.

Women’s ‘voices’ on the nobility cover a range of modes of expression, from scholarly treatises to blogs. Through case studies, comparisons and overviews, we will seek to understand the social situations in which women took up the pen – or other media – to take part in the debate on nobility, to measure the extent to which this writing – or speaking – was part of the legal systems, mores and customs of the time, and to contextualise how these points of view were circulated and publicised, and to analyse the political, social and gendered issues at stake. These female expressions’ dependence on other actors, whether male or female and their dissemination will be highlighted. Finally, there is the question of the audience, reception, uses and temporality of these female points of view on the nobility and their means of expression.

This colloquium invites us to compare, on the one hand, women’s history and, more specifically, women’s authorship and expression history without reducing them to the simple field of writing and, on the other hand, aristocracy and the concept of nobility’s history in particular. The aim will be to explore any feminine discourse conveying ideas about the nobility, whether from a nobility member, a woman from outside the nobility or a fictional female character. To capture changes over time and encourage comparative reflection, this colloquium will be transperiodic, covering Europe from the medieval period to the present day. This temporal and geographical framework should enable us to identify continuities or developments and specific chronological and regional features. Contributions will likely cover a wide range of sources: theoretical treatises, epistolary or diaristic sources, memoirs, literary works, artistic and musical representations and even oral sources for the contemporary period. The colloquium calls for an interdisciplinary approach insofar as its themes can be examined from the point of view of history, literature, sociology, art history, and musicology.

Période/Period : ve-xxie siècles/5th-21th centuries

Espace/Area : Europe

Lieu/Place : Institut catholique de Rennes, Ker Lann.

Date : 5-6 juin 2025/5th-6th June 2025

Modalités d’intervention/Communication form

Les communicants interviendront sur une durée de 25 minutes qui sera suivie d’un temps de discussion. Les communications pourront avoir lieu en français ou en anglais.

Papers will be 25 minutes each, followed by a discussion. Papers may be presented in French or English.

Modalités de soumission/Submission form

Les propositions de communication peuvent être soumises, en français ou en anglais, par email, aux organisateurs avant le 15 décembre 2024, sous la forme d’un résumé (300 à 500 mots), accompagné d’un titre provisoire, en format Word ou OpenOffice (.doc, .docx, .odt). Un comité scientifique participera à la sélection des propositions qui doivent être envoyées conjointement aux trois organisateurs : bertrand.goujon@univ-reims.fr; camille.pollet1789@gmail.com; c.devasselot@icrennes.org.

The communication proposals may be submitted, in French or English, by email to the organisers before 15th December 2024. They will take the form of an abstract (300-500 words), accompanied by a provisional title in Word or OpenOffice format (.doc, .docx, .odt). A scientific committee will select the proposals which must be sent jointly to the three organisers : bertrand.goujon@univ-reims.fr; camille.pollet1789@gmail.com; c.devasselot@icrennes.org.

Comité scientifique/Scientific committee

  • Guido Castelnuovo (Avignon Université, CIHAM – UMR 5648)
  • Fanny Cosandey (EHESS, CRH – UMR 8558)
  • Michel Figeac (Université Michel de Montaigne Bordeaux 3, CEMMC – UR 2958)
  • Frédérique Lachaud (Sorbonne Université, Centre Roland Mousnier – UMR 8596)
  • Éric Mension-Rigau (Sorbonne Université, Centre Roland Mousnier – UMR 8596)
  • Isabelle Poutrin (Université de Reims Champagne-Ardenne, CERHiC – UR 2616)


Édition/Publication :

Les actes de ce colloque seront publiés.

This colloquium’s proceedings will be published.

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Publication – Antony Roch, « Les visages du cardinal. Construction et transformations de l’identité symbolique et matérielle du cardinalat à la fin du Moyen Âge et sous la première Renaissance »

Le cardinalat, depuis la fin du XIVème siècle jusqu’au début du XVIème siècle, est une entité en transformation, rythmée par les crises successives que traverse l’Eglise d’Occident. Ces crises et les transformations socio-culturelles du Quattrocento ont amené les théoriciens du cardinalat – qu’ils soient juristes, théologiens ou diplomates – à reconsidérer à la fois la place et les modes représentation des cardinaux, influençant également leur incarnation matérielle, et en nous laissant de riches témoignages sur leur réflexion. L’étude présente entend analyser le développement, les transformations, et les perceptions des représentations symboliques et matérielles de l’identité cardinalice idéale depuis le Moyen Âge tardif jusqu’à l’orée de la Réforme. Les éléments mis à jour sur la construction et les mutations de l’identité cardinalice idéale correspondent parfaitement au phénomène transitionnel associé à ce siècle. Le cardinalat apparaît, à travers l’ensemble des sources, comme un palimpseste sur lequel se réécrit constamment les empreintes de sa construction symbolique, matérielle et théorique, chaque couche laissant des traces visibles à celui qui en fait la lecture. Les formes de représentations pérennes qui définissaient le cardinalat et qui apportaient à la fois une justification sacrée et politique par la revendication d’origines prestigieuses finissent au Quattrocento par s’étioler ou se transformer pour laisser place à de nouvelles formes. Ces « couches successives » forment tout entières cette identité cardinalice, qui ne peut se concevoir que de façon multiple par la diversité et la richesse de son développement.

Né en 1989, Antony Roch a suivi des études en Histoire (spécialisation antique et médiévale) et en Sciences des religions à l’Université de Fribourg (Suisse). Spécialisé dans l’étude de la papauté et de l’Eglise médiévale, il a réalisé sa thèse de doctorat sous la direction du Professeur Hans-Joachim Schmidt sur le phénomène des représentations théoriques et matérielles du cardinalat à la fin du Moyen Âge. Le présent ouvrage en est la publication.

Introduction

Première Partie : Contexte général
Le cardinalat au Bas Moyen Âge : essor politique d’une institution romaine
Aux origines de l’ecclésiologie cardinalice au Moyen Âge : fondements canoniques et culturels

Deuxième partie : constructions et mutations de la représentation symbolique du cardinalat au XVème siècle dans les sources textuelles
Les théoriciens du cardinalat de la fin du Moyen Âge et de la première Renaissance
Champs symboliques et métaphoriques médiévaux développés au Quattrocento
L’investissement de symboliques traditionnelles et nouvelles : les métaphores du prestige cardinalice de la première Renaissance
L’identité dans l’appartenance et le nombre : proportionnalité, représentation géographique et taille du Sacré-Collège

Troisième partie : Evolutions de l’incarnation matérielle dans la construction de l’identité cardinalice
Iconographie et application des modèles symboliques du cardinalat
Transitions vestimentaires
 La pourpre cardinalice : la fixation progressive de la couleur rouge

Quatrième partie : Saint-Jérôme et le cardinalat : construction du cardinal idéal ?
Le cardinalat de Saint-Jérôme : constructions médiévales
Représentations hiéronymiennes : un phénomène grandissant
Le modèle cardinalice hiéronymien dans les débats ecclésiologiques du Quattrocento
La postérité en demi-teinte du Saint-Jérôme cardinal

Cinquième Partie : portées et résultats
Mutations et continuité du cardinalat à la fin du Moyen Âge et dans la première Renaissance

Conclusion générale

Antony Roch, Les visages du cardinal. Construction et transformations de l’identité symbolique et matérielle du cardinalat à la fin du Moyen Âge et sous la première Renaissance, Turnhout, Brepols, 2024 ; 1 vol., 292 p. (Culture et société médiévales, 41). ISBN : 978-2-503-59823-9. Prix : € 80,00.

Source : Brepols

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Publication – Laurence W. Marvin, « The Damietta Crusade, 1217-1221. A Military History »

The Damietta Crusade, which is often referred to as the ‘Fifth Crusade’, was the first of the numbered crusades to be targeted against Egypt. Rather than directly targeting Jerusalem, its architects believed that by threatening the economic hub of Cairo the Ayyubid sultan would gladly give up Jerusalem in exchange.

Here Laurence Marvin offers the first book-length treatment of the Damietta Crusade in almost 40 years. Written in accessible language and driven by a narrative and analysis firmly grounded in the primary sources in multiple languages, Marvin emphasizes what made this campaign unique, from its planning, choice of target, « brown-water » or amphibious nature, course, and result. He presents a multi-sided perspective by amply describing and analyzing the Egyptians and other groups in the eastern Mediterranean who played an important role in mounting a successful defense against Latin Christian forces. Marvin contends that the crusade in Egypt failed not because it derived from an unachievable or flawed grand strategy, but because of shifting operational goals, leadership issues, the social dynamics within the army, arrivals and departures of participants, and the effective defense led by Egypt’s sultan, al-Kamil. This detailed analysis of an understudied event of thirteenth century history brings the latest methodologies of military history to bear on a wide range of primary sources, raising important questions about the complex nature of warfare and crusade in the medieval Mediterranean.

Laurence W. Marvin is professor of history at Berry College, in Mt. Berry, GA, USA. A specialist in western European medieval military history of the twelfth and thirteenth centuries, his previous monograph, The Occitan War, was published in 2008 by Cambridge University Press. In 2018 he co-edited Louis VII and His World (Brill, 2018). He is the author of articles in The Journal of Military History, War in History, War & Society, The Journal of Medieval Military History, The Journal of Medieval History, Viator, and other journals, in addition to numerous book chapters and encyclopedia articles.

1:Introduction: Preparations and Background
2:From Europe to the Holy Land, 1217â18
3:The Siege Tower before Damietta, 1218
4:Winter 1219 through the Battle of Fariskur, August 29, 1219
5:Truce, Negotiations, and Damiettaâs Fall, SeptemberâNovember 1219
6:Cracks, 1220â21
7:The Failed Campaign, Negotiations, and the End of the Crusade
8:Conclusion

Informations pratiques :

Laurence W. Marvin, The Damietta Crusade, 1217-1221. A Military History, Oxford, Oxford University Press, 2024 ; 1 vol., 272 p. ISBN : 978-0-19891-617-8. Pirx : GBP 76,00.

Source : Oxford University Press

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Publication – « La Vertu de force du Moyen Âge au siècle des Lumières », éd. Jean-Pierre Dupouy, Charlotte Chennetier, Giuliano Ferretti, Mino Gabriele, François Roudaut

Après les deux livres sur les vertus de Prudence et de Tempérance, le présent ouvrage est consacré à une autre vertu cardinale, la Force. Celle-ci est analysée suivant ses dimensions théologique, religieuse et philosophique, mais aussi politique et artistique. Une anthologie occupe la seconde partie, comme cela était le cas pour les volumes précédents.

Table des matières : ici

Informations pratiques :

La Vertu de force du Moyen Âge au siècle des Lumières, éd. Jean-Pierre Dupouy, Charlotte Chennetier, Giuliano Ferretti, Mino Gabriele, François Roudaut, Paris, Classiques Garnier, 2024 ; 1 vol., 949 p. (Rencontres, 639 ; Colloques, congrès et conférences sur la Renaissance européenne, 123). ISBN : 978-2-40617-242-0. Prix : € 59,00.

Source : Classiques Garnier

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Séminaire – Oxford Medieval Manuscripts Group : Trinity Term 2024

Organisers: Irina Boeru, Fergus Bovill, Ana Dias, Charly Driscoll, Antonia Delle Fratte, Elena Lichmanova, Mathilde Mioche, Celeste Pan, Klara Zhao For all queries: elena.lichmanova@merton.ox.ac.uk 

To subscribe to our mailing list, participate in library visits, propose a presentation of your research for work in progress meetings, or submit any queries, please write to: elena.lichmanova@merton.ox.ac.uk

 

Programme :

Week 1, 18 October 2024, 3pm, Weston Library
Andrew Honey (Bodleian Library), Cataloguing Medieval Bookbindings at the Bodleian: Manuscripts from Reading Abbey as a Case Study
Limited places, please write to the email below by 16/10/2024 

Week 3, 1 November 2024, Hawkins Room, Merton College
If you would like to present your work in progress and receive our feedback, please write to the email below by 28/10/2024

Week 4, 8 November 2024, Online
Reading Group: Audience and the Senses 

  • K. Rudy, ‘Introduction’, Touching Parchment (vol.2, 2024) 
  • E. Duffy, Ch.1, ‘A Book for Lay People’, Marking the Hours (2008)

Please write to the email below to join.

Week 5, 15 November 2024: The New College Archives Visit (Muniment Tower) 
Introduction to the collection with Michael Stansfield
Limited places, please write to the email below by 8/11/2024

Week 7, 29 November 2024, Mure Room, Merton College
Eleanor Jackson (British Library), Medieval Women in Their Own Words: Curating the British Library Exhibition 

Week 9, 14 December 2024, Saturday noon
Bonus: Casual trip to see the ‘Medieval Women in Their Own Words’ exhibition at the British Library together

Source : Medieval Art Research

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Publication – « Environnement et sociétés au Moyen Âge. LIVe Congrès de la SHMESP »

Ces dernières décennies, la prise de conscience des dérèglements climatiques, la menace de crises écologiques majeures et le débat sur le concept d’anthropocène ont renouvelé l’intérêt des sciences humaines et sociales pour l’étude des relations entre l’homme et son environnement. Les scientifiques anglo-saxons souvent mis en avant ne doivent pas faire oublier l’ancienneté et la vitalité de la recherche française en ce domaine. La Société des historiens médiévistes de l’Enseignement supérieur public (SHMESP) a souhaité rendre compte du dynamisme et des recherches transdisciplinaires de ce champ lors de son 54e congrès dédié aux rapports entre « environnement et sociétés au Moyen Âge » dans les espaces occidentaux, byzantins et arabo-musulmans, mais aussi nordiques et slaves non chrétiens (Poitiers, 11-14 mai 2023).

En moyen français du XIIIe-XIVe siècle, le mot « environnement » désigne l’action d’entourer, mais aussi ce qui se trouve tout autour des êtres vivants. Passé dans la langue anglaise, il est d’abord réintroduit dans ce sens et utilisé en français moderne au XIXe siècle. L’environnement a été défini par Robert Delort comme l’« ensemble des facteurs naturels, ou naturels modifiés par l’homme, voire artificiellement créés, qui conditionnent son existence (ou celle d’un autre organisme) ». Autrement dit, il résulte de la combinaison des facteurs physicochimiques, biologiques et socio-économiques qui forment le cadre de vie des groupes humains.

Les publications de ce congrès mettent en valeur la diversité des relations entre les sociétés médiévales et leur environnement permettant aux médiévistes, quel que soit leur espace d’étude, de se réapproprier et de reconsidérer sous un jour différent des thématiques anciennes, tout en faisant dialoguer les approches matérielles, textuelles et iconographiques afin de croiser les regards sur les représentations et les pratiques sociales médiévales.

Table des matières :

Avant-propos

Environnement et sociétés au Moyen Âge : vers de nouveaux terrains de recherche. Rapport introductif
Corinne Beck, Fabrice Guizard, Marie-Odile Rousset

Aménager

Les agroécosystèmes de la fin de l’Antiquité ont-ils survécu à l’Empire romain d’Orient ?
Adam Izdebski

D’Ely à l’Élysée : de l’enfer du Fenland au paradis des moines
Arnaud Lestremau

Le partage d’une ressource mouvante. Possession et exploitation des eaux de pêche dans le royaume de Suède à la fin du Moyen Âge (XIIIe-XVe siècle)
Tobias Boestad

Les ports médiévaux : artéfacts des transformations littorales de la France atlantique
Mathias Tranchant

Du vivier à la grande salle : pour une lecture environnementale du phénomène castral (Xe-XVe siècle)
Charles Viaut

Administrer, gérer, préserver

Représentations des espaces arides sahariens du Touat et ordre social dans le Maghreb du VIIIe/XIVe siècle
Jennifer Vanz

L’administration des Eaux et Forêts et les pêcheurs jurés : entre gestion du vivant et activité productrice aux XIVe et XVe siècles
Isabelle Bretthauer

Ad custodiendum cuniculos. L’environnement au prisme des communautés politiques dans la basse vallée du Rhône (mi-XIIIe-début XVe siècle)
Simon Rozanès

Entre envasement et pollution : la lagune de Venise menacée à la fin du Moyen Âge
Claire Judde de Larivière

Représenter et percevoir

L’élaboration d’un savoir sur les animaux au Moyen Âge. Le cas des auxiliaires de chasse dans deux traités cynégétiques en langue vernaculaire
Margot Constans, Marthe Czerbakoff

Par-delà l’hortus conclusus : figurations visuelles et textuelles du jardin fleuri (France, fin XIVe-début XVIe siècle)
Anaïs Blesbois

Environnement et cartographie à la fin du Moyen Âge : de l’exploitation à la préservation des ressources naturelles ?
Juliette Dumasy-Rabineau

La nature des îles grecques. Environnement et description géographique dans le Liber insularum de Cristoforo Buondelmonti (XVe siècle)
Emmanuelle Vagnon

Quand l’historien scrute le ciel. Observation et description des conditions climatiques à Damas par Ibn Ḥiǧǧī (fin XIVe-début XVe siècle)
Mathieu Eychenne

Exploiter : prélever, extraire et transformer

Restituer les interactions entre les sociétés médiévales et les forêts de montagne : une approche dendrochronologique
Lisa Shindo, François Blondel, Vincent Labbas

Les mines médiévales dans leur environnement. Interaction, contraintes et conséquences
Marie-Christine Bailly-Maître

La métallurgie du fer en Bretagne. Productions et interactions entre les sociétés et leur environnement, du VIe au XVe siècle
Étienne Clouin

L’exploitation évolutive des ressources fluviales dans le bassin atlantique de la Gaule franque
Nicolas Bernier

Produire, contrôler et échanger le sel de l’Atlantique au premier Moyen Âge
Adrien Bayard

Les « terres lagunaires » : extraction et exploitation des végétaux du pourtour lagunaire du Bas-Languedoc oriental au Moyen Âge (XIIe-XVe siècle)
Lucie Galano

Conclusions. L’histoire du Moyen Âge par-delà nature et culture
Laurent Feller

Informations pratiques :

Environnement et sociétés au Moyen Âge. LIVe Congrès de la SHMESP, Paris, Éditions de la Sorbonne, 2024 ; 1 vol., 412 p. (Histoire ancienne et médiévale). ISBN : 979-10-351-0992-9. Prix : € 30,00.

Source : Éditions de la Sorbonne

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