Appel à contribution – Médiévalismes fin-de-siècle. Le Moyen Âge vu par la Décadence (1870-1914)

On sait avec quelle insistance – et quelle complaisance – la fin-de-siècle s’est écrite, peinte, ou représentée, dans un rapport d’analogie avec l’Antiquité tardive : une Antiquité « décadente », abordée aussi bien sur son versant « romain » que « byzantin » : les deux lieux symboliques de l’imaginaire décadent étant la Rome impériale[1] (marquée par les dépravations de ses Césars : Caligula, Néron, Messaline…) et la Byzance expirante[2], ce « grand corps malade » aux portes de l’Orient barbare.

Sans remettre en cause l’omniprésence du référent antique (« Regardez. Nous sommes à Rome ! » s’écrie Claudius Éthal, en plein Paris, dans une page célèbre de Monsieur de Phocas), ni sa validité en tant que modèle historiographique permettant à des témoins de leur temps de conceptualiser une sorte de stade terminal de la civilisation, il serait toutefois inexact de considérer que ce dispositif analogique absorbe la totalité de la « pensée de l’histoire » décadente.

Dans la somme des références historiques manipulées par la culture fin-de-siècle, l’une d’elles occupe une place non négligeable, quoique généralement moins étudiée : après 1870, la recherche de contre-modèles face à une modernité politique et industrielle jugée profondément aberrante revitalise le rapport au Moyen Âge, perçu comme un moment de rayonnement, tant collectif qu’individuel, tant social que spirituel ou artistique[3]. « On contemple le Moyen Âge comme le voyageur, une cathédrale : la masse étonne, l’ascendance des lignes enthousiasme », confie Joséphin Péladan dans Le Secret des troubadours. Dans la perspective globalement contre-révolutionnaire des écrivains décadents, on conçoit que le refus de la modernité (dont les origines seront associées, plus qu’aux Lumières, à la Renaissance) ait pu alimenter une forte curiosité intellectuelle à l’égard de ces siècles oubliés, considérés comme porteurs d’un autre système de valeurs. Le Moyen Âge se présente ainsi – dans son apparence de monde clos sur lui-même, immobile dans la longue durée, propice au fantasme et à l’idéalisation – comme un recours possible.

C’est cette mobilisation et cet usage idéologique de l’imaginaire médiéval, décliné de multiples façons (car il désigne tout à la fois une civilisation, un art, une langue, une culture) que souhaite aborder ce colloque. Il existe bel et bien un médiévalisme fin-de-siècle, qui fait du Moyen Âge, interprété en des termes très larges, un objet d’écriture et un modèle à interroger, dans un contexte intellectuel renouvelé, qui a peu à voir avec la lecture que proposaient, quelques décennies plus tôt, le romantisme et ses folkloristes ou le roman noir.

Crise et âge d’or

« La société n’a fait que déchoir depuis les quatre siècles qui nous séparent du Moyen Âge ». Les mots de Durtal, avatar de papier de Joris-Karl Huysmans dans Là-Bas – qui décrit autant une plongée dans les cercles satanistes parisiens que la vie du redoutable Gilles de Rais – sont emblématiques. C’est fondamentalement par le prisme d’une crise des valeurs propre au présent que l’univers médiéval est abordé à la fin du XIXe siècle : en premier lieu par Léon Bloy, pour qui les XIIe et XIIIe siècles apparaissent, dans le sillage de l’historiographie catholique, comme la grande période de l’histoire de l’humanité occidentale, l’apogée de la chrétienté, le temps des chevaliers et des rois saints[4]. En second lieu par Huysmans lui-même, qui voit dans cet autrefois reculé un sommet dans le rapport à la transcendance et au sacré à partir duquel n’aurait cessé de se précipiter le déclin de l’Occident. En ce sens, Jean El Gammal est fondé à écrire que Huysmans, « [é]voluant progressivement vers un catholicisme exalté », en est venu, comme bien des auteurs de sa génération, à « considérer le Moyen Âge comme son époque de prédilection[5] ».

C’est au sein d’une vision involutive de l’histoire, conçue comme une lente déchéance, que le référent médiéval trouve donc sa première justification : on perçoit la dimension polémique de cette lecture, qui contredit ouvertement la « marche en avant » du progrès en vantant un vague et légendaire temps-refuge. En ce sens, le médiévalisme fin-de-siècle est un exotisme : une façon de fuir son époque et de manifester son extériorité au monde contemporain. Au point que l’écrivain peut afficher son exil intérieur en se faisant ermite, moine, ascète, clerc. S’entourer de grimoires, de trônes, de candélabres. Ressusciter la kabbale, les Templiers ou les Rose-Croix. La documentation abonde, dans la littérature et la presse de l’époque, sur ces postures auctoriales de rupture, faisant de tel artiste un « ermite enfermé en plein Paris » (Moreau), de tel écrivain un « contemporain des Croisades » ou un « Pèlerin du Saint-Tombeau » (Bloy), de tel autre « un bénédictin qui serait très artiste » (Huysmans[6]).

Langue et érudition

Au-delà de tout positionnement politique ou idéologique, la période décadente correspond également à un moment où la matière verbale se trouve questionnée en profondeur dans sa plasticité, ses possibles, ses frontières, son historicité : la production fin-de-siècle, particulièrement attentive au medium littéraire, cultive non seulement le raffinement lexical, mais aussi une forme d’érudition linguistique poussée à son paroxysme. Dans ce cadre, le questionnement sur la langue médiévale, et sur la transition du latin aux langues romanes, nourrit une abondante réflexion, et un nouveau jeu d’analogies. On sait notamment l’importance de la monographie que Rémy de Gourmont consacra en 1892 à la langue latine du Ve au XIIIe siècle sous le titre Le Latin mystique, ou l’éloge que fait Jean Moréas, dans son Manifeste du symbolisme, de « la bonne et luxuriante et fringante langue française d’avant les Vaugelas et les Boileau-Despréaux ».

L’Occident médiéval, avec son latin liturgique et son français balbutiant, constitue un univers linguistique complexe, source d’une fascination durable : l’écrivain décadent voit notamment dans le latin tardif, déjà abâtardi, décomposé ou « faisandé » (Huysmans), un modèle de langue singulièrement souple et libre. Comme l’écrit Jean-Yves Tilliette, « la langue latine de la même époque [que les chansons de geste en français] apparaît […] mieux accordée avec les états d’âme fin-de-siècle, en ce qu’elle est, ou plutôt passe pour être, une vieillarde fardée de joliesses vaines[7] ». On peut établir sans peine, à la suite de Jean-Yves Tilliette, un parallèle entre le latin médiéval vieillissant, au moment où s’impose la littérature en langue française, et le français au « style ingénieux, compliqué, savant, plein de nuances et de recherches, reculant toujours les bornes de la langue […] » des écrivains fin-de-siècle, comme le décrit Théophile Gautier dans sa préface aux Fleurs du Mal.

Art gothique

Tout comme l’érudition décadente remet en lumière des pans entiers de l’histoire de la langue médiévale[8], l’art du Moyen Âge revient en grâce auprès des écrivains fin-de-siècle : les questionnements linguistiques se doublent d’une curiosité artistique tournée vers la peinture religieuse (les primitifs italiens du Duecento ou du Trecento), la sculpture et l’art roman, mais aussi et surtout, dans la continuité d’auteurs tels que Chateaubriand ou Victor Hugo, vers l’art gothique incarné par les grandes cathédrales. Cette vision de la cathédrale de la fin du Moyen Âge s’inscrit, pour Joëlle Prungnaud, « dans le courant médiévaliste qui s’impose à la fin du siècle » et qui voit en l’époque médiévale un âge d’or artistico-architectural, appréhendé contre une production contemporaine « dont le prétendu progrès masque en fait une régression[9] ».

Le « style gothique » ou le « style flamboyant » constituent un langage sculpté dans la pierre qu’il faut redécouvrir et interpréter – un langage que l’on pourra par ailleurs, par un nouveau jeu d’émulation, tenter de transposer dans l’espace littéraire. L’enjeu n’étant pas purement stylistique ou formel, mais bien esthétique : Joris-Karl Huysmans ou Georges Rodenbach, entre autres, voient dans leur époque une dénaturation de l’objet monumental qu’est la cathédrale et « se détournent du modèle imposé par la réalité pour intégrer la cathédrale à leur fiction, seul moyen de la créditer d’une signification dont ils estiment qu’elle a été spoliée[10] ».

Mythes, figures, images

Comme le montre l’exemple emblématique de la cathédrale gothique – ce monstre architectural devenu objet littérarisé –, le Moyen Âge se révèle ainsi être une formidable ressource littéraire, susceptible d’offrir à la fois cadre et décor, thèmes et motifs, codes et modèles narratifs. Outre son inscription dans une contre-histoire de la modernité (du point de vue du rapport à la langue, à l’art et au sacré), il est un univers intégral à parcourir et à se réapproprier. Il ne tient qu’à l’esthète de se plonger en ce singulier espace-temps comme en un salutaire bain de Jouvence, d’autant plus séduisant qu’il est mésestimé, ainsi que nous le rappelle Durtal : « époque d’ignorance et de ténèbres, rabâchent les normaliens et les athées ; époque douloureuse et exquise, attestent les savants religieux et les artistes. »

Le Moyen Âge décadent s’impose ainsi comme un réservoir de thèmes, un catalogue de mythes, alimentant un imaginaire hétéroclite, fonctionnant volontiers par morceaux choisis. Que l’on songe au rôle de Wagner et du wagnérisme dans la diffusion du fonds légendaire germanique, dont on connaît le succès dans les cercles symbolistes à travers la Revue wagnérienne et la Revue indépendante, à l’utilisation par les préraphaélites anglais et les peintres symbolistes français de la matière arthurienne ou au travail littéraire de Jean Lorrain qui ressuscite aussi bien Merlin et Viviane que Dame Abonde ou Mélusine (présente au Moyen Âge sous la plume de Jean d’Arras[11]), les exemples de ce mouvement de réappropriation de sujets « médiévalisants » par la rêverie fin-de-siècle ne manquent pas : ils trahissent souvent le rôle crucial de certaines œuvres clé dans la circulation des motifs intertextuels, pour des auteurs qui ne sont pas toujours enclins à remonter aux sources premières. Le fantastique fin-de-siècle et décadent tel que le théorise Catherine Rancy dans le contexte anglais puise par ailleurs abondamment dans les sources médiévales, ses légendes et sa mythologie, « pour en faire des mythes vivants, c’est-à-dire ouverts, universels et susceptibles d’interprétations multiples[12] ».

Mais l’inspiration peut aussi être d’ordre générique et scripturaire : on ne peut occulter la dimension antiréaliste du choix de certains référents médiévaux, à l’heure où réalisme et naturalisme paraissent tout puissants. L’exploitation du Moyen Âge permet d’expérimenter un autre code d’écriture, une « manière » orientée vers l’onirisme, le fantastique, le surnaturel, la magie, l’occultisme, la merveille ou le monstre. Il offre une marge de liberté, de rupture et de recréation, en renouant avec une tradition littéraire du « temps long » et avec des modèles oubliés. C’est le choix de Vernon Lee, dont les nouvelles caractéristiques du « fantastique fin-de-siècle » s’inspirent largement des mystères médiévaux[13]. C’est aussi celui de Rachilde, qui projettera sur le Moyen Âge les obsessions décadentes, notamment dans Le Meneur de louves, dont le récit, situé au ve siècle, est inspiré des écrits de Grégoire de Tours. L’anachronisme des sources se charge ainsi d’une dose de subversion, et le médiévalisme devient un allié dans la contestation de l’ordre littéraire.

Pour explorer la richesse de l’« ailleurs » médiéval élaboré par la fin-de-siècle –que l’on abordera dans la variété de ses productions artistiques et littéraires, et selon une chronologie « ouverte » s’étendant de 1870 à 1914 –, les communications pourront répondre aux pistes suivantes :

  • Le Moyen Âge comme âge d’or face à la Décadence
  • Les inspirations médiévales dans les œuvres fin-de-siècle
  • Les œuvres fin-de-siècle prenant comme cadre le Moyen Âge
  • Les références érudites au Moyen Âge dans la littérature fin-de-siècle
  • L’évolution de l’historiographie médiévale dans la période 1870-1914
  • Fantastique fin-de-siècle et Moyen Âge
  • Présence du Moyen Âge dans l’iconographie et dans les postures auctoriales

Modalités de soumission

Les propositions, d’une page maximum, accompagnées d’une brève bio-bibliographie, sont à envoyer conjointement à Paul-André Claudel (paul-andre.claudel@univ-nantes.fr) et Corentin Le Corre (corentin.lecorre@univ-nantes.fr)

avant le lundi 11 novembre 2024

Information importante

Le colloque se tiendra à Nantes Université les 3 et 4 avril 2025. Merci de bien vouloir noter qu’une publication des actes est prévue.

Organisateurs

  • Paul-André Claudel (Maître de conférences HDR, Nantes Université)
  • Corentin Le Corre (Doctorant en recherche-création littéraire, Université Clermont-Auvergne / Nantes Université)

Comité scientifique

  • Alain Corbellari (Professeur de littérature française, Université de Neutchâtel)
  • Isabelle Durand (Professeure de littératures comparées, Université Bretagne-Sud)
  • Élisabeth Gaucher-Rémond (Professeure de littérature française, Nantes Université)
  • Jocelyn Godiveau (Maître de conférences, Université catholique de l’Ouest)
  • Dominique Peyrache-Leborgne (Professeure de Littératures comparées, Nantes Université)

Source : Calenda

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Publication – « Recipes and Book Culture in England, 1350–1600 », éd. Carrie Griffin Hannah Ryley

Recipes are not just instructions. They also embody culture, class, belief, linguistic and literary form, and even include celebrity endorsement. Medieval and early modern recipes can be short and simple but sometimes are not – sometimes they work, and sometimes they do not. They can also be remarkably performative, imaginative, and playful. These essays explore recipes 1350-1600 from a range of perspectives and are unified by an interest in the complexity and richness of these texts.

This volume is the first of its kind. It presents new critical perspectives on medieval and early modern recipes, moving beyond concerns with utility to reframe recipes as part of a dynamic textual and intellectual culture. Contributors build on the sustained scholarly interest in recipes and bring fresh approaches to them. The thirteen essays explore topics including medical, culinary and domestic recipes and charms, as well as how they relate more generally to, for instance, book history, art, astrology and social practices.

Collectively, the essays reveal a distinctive book culture by exploring the material forms, literary and scribal practices of recipe books. This book is a significant contribution to these areas of study, increasingly central to scholarship in recent years.

Open Access versions of the following chapters will be available on publication on the Liverpool University Press website: Hannah Bower, The Brickmaker, the Tavern Keeper, and the Knight: The Role of Obscurity and Imagination in Medieval Medical Recipes and Katherine Storm Hindley, Bodies in the Recipe Collection: Interacting with Manuscript Charms in Late Medieval England.

Carrie Griffin is Associate Professor of English at the University of Limerick, Ireland.

Hannah Ryley is Lecturer in Medieval English at Balliol College, Oxford. She is also Co-Executive Officer of the Society for the Study of Medieval Languages and Literature.

Introduction: Ways of Reading Recipes. Carrie Griffin & Hannah Ryley

“As the coke and the phisicion wyll agre & deuyse”: Language Cues and Potential Users of Medieval English Medical and Culinary Recipes. Francisco Alonso-Almeida

Astrological Questions as Recipes for Knowledge. Mari-Liisa Varila

Feasts, Menus and Provisioning in the Fifteenth-century: Evidence from the Porter Manuscript, Yale Center for British Art SK25 .T85 1450. Julia Boffey

John Shirley’s Recipes and Fifteenth-Century Celebrity Endorsement. Margaret Connolly

The Brickmaker, the Tavern Keeper, and the Knight: The Role of Obscurity and Imagination in Medieval Medical Recipes. Hannah Bower

The Luminescence of Medieval Media. Tom White

Late Medieval Book-Craft Recipes and Perceptions of the Material Text. Eleanor Baker

Domestic Wonder and the Medieval Home. Chelsea Silva

Practical Knowledge and Medical Recipes in Sixteenth-century English Travel Writing. Natalya Din-Kariuki

Bodies in the Recipe Collection: Interacting with Manuscript Charms in Late Medieval England. Katherine Storm Hindley

Latin Recipes in Medical Practitioner Handbooks. Peter Murray Jones

“Et melles en semble”: Literariness and a Trilingual Recipe Collection from Late Medieval England. John Colley

Recipes and Book Culture in England, 1350–1600, éd. Carrie Griffin Hannah Ryley, Liverpool, Liverpool University Press, 2024 ; 1 vol., 288 p. (Exeter Studies in Medieval EuropeMedieval Studies). ISBN : 978-1-80207-463-5. Prix : GBP 98,00.

Source : Liverpool University Press

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Publication – Éric Palazzo, « De l’autel à la peinture »

Ouvrons les yeux. Cessons d’opposer picturalement le Moyen Âge et la Renaissance. Apprenons à voir, précisément, comment l’oeil qui gouverne le premier commande la seconde car il ne cesse de quêter l’invisible.

S’emparant des deux peintres majeurs que furent Piero della Francesca et Vittore Carpaccio, Éric Palazzo montre, pièces en main, combien ces artistes novateurs se voulurent d’abord des légataires. Leur génie consista à tisser dans leurs oeuvres les objets ou sujets théologiques et liturgiques dont ils héritaient avec les innovations sur la perspective, la géométrie et la lumière qu’ils promouvaient.
Que nous dévoilent La Vision de saint Augustin de Carpaccio, La Flagellation du Christ, La Résurrection et La Vierge à l’Enfant de Piero della Francesca ? De la vision mystique du divin à la perception figurative de l’humain, l’autoportrait marque l’avènement d’une modernité qui ne se veut pas rupture mais continuité.

Une immersion inédite, pédagogique et jubilatoire dans l’histoire de l’art.

Professeur d’histoire de l’art du Moyen Âge à l’université de Poitiers, invité à enseigner dans diverses universités à l’étranger, membre du Centre d’études supérieures de civilisation médiévale, de l’Institut universitaire de France et de plusieurs institutions internationales de recherche, Éric Palazzo est l’auteur d’une oeuvre majeure, dont L’invention chrétienne des cinq sens dans la liturgie et l’art au Moyen Âge, Le Souffle de Dieu et Broder la splendeur, parus au Cerf.

Informations pratiques :

Éric Palazzo, De l’autel à la peinture, Paris, Éditions du Cerf, 2024 ; 1 vol., 272 p. ISBN : 9782204155069. Prix : € 36,00.

Source : Les Éditions du Cerf

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Exposition – Exceptional Picture Frames

The Museo Nacional Thyssen-Bornemisza is presenting a display of eleven paintings from its permanent collection dating from the fourteenth to seventeenth centuries with frames – three of them the original ones – that reveal the artistic importance of this element. Made in Spain, France, Italy, Germany and the Netherlands, they exemplify a wide variety of styles which reflect both the artistic period in which they were made and changing tastes, principally in relation to furniture, while contributing additional aesthetic value to the works they accompany, embellish and protect.

While the collection does not include a large number of the original frames, it does feature many old and important examples. Baron Hans Heinrich Thyssen-Bornemisza paid particular attention to this aspect of collecting and in the 1980s commissioned two scholarly studies of the frames in his collection. The examples chosen for the present exhibition are of a high technical and stylistic level, making them unique and valuable objects in themselves. They also provide additional information which assists in a more complete understanding of the historical and artistic context of the works they surround.

Of the eleven paintings on display, five are by Northern artists. These are by Pieter Jansz. Saenredam (The West Façade of the Church of Saint Mary in Utrecht, 1662), Michael Sweerts (Boy in a Turban holding a Nosegay, ca. 1658-1661), IDM Monogrammist / circle of Joos de Momper (View of a River Port with the Castel Sant’Angelo, 1590-1610), Jan van Eyck (The Annunciation Diptych, ca. 1433-1435) and Wolfgang Beurer (Figure with Coat-of-arms, reverse, 1487).

Informations pratiques :

Exhibition: 7 October 2024 – 21 January 2025

Museo Nacional Thyssen-Bornemisza
Paseo del Prado 8
28014 Madrid
Spain

Source : Codart

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Exposition – Chevaliers

En collaboration avec le musée Stibbert (Florence, Italie)

Chevaliers est une exposition constituée d’un ensemble d’armes et d’armures européennes datant du Moyen Âge et de la Renaissance. La plupart sont des chefs-d’œuvre. L’exposition révèle ainsi la beauté incroyable de ces objets et le savoir-faire artistique des artisans de l’époque.

Le propos principal de l’exposition est d’illustrer et de faire revivre la figure emblématique du chevalier, le code de la chevalerie qui l’anime, sa relation à la guerre, sa place dans la société de l’époque et les formes de démonstration de son statut, comme la coutume des tournois et des joutes.

Le goût pour les objets de la chevalerie renaît au sein du courant du renouveau gothique romantique, qui caractérise l’Europe du 19e siècle. Frederick Stibbert (1838-1906), riche financier et collectionneur avisé, a consacré sa vie à la collection d’œuvres d’art, et en particulier à celle des armures et des armes européennes et extra-européennes. Son armurerie est considérée aujourd’hui comme l’une des plus belles d’Europe. Elle est exposée au musée qui porte son nom, à Florence (Italie).

Grâce à plus de 150 objets originaux, issus de la collection Stibbert, l’exposition permettra d’illustrer la figure du chevalier. Seront aussi abordés de nouveaux thèmes, comme la chevalerie française et bretonne, la place des femmes dans cet univers masculin et le mythe du chevalier dans les arts, la littérature, le cinéma aux 19e et 20e siècles.

Conçue à l’origine par le musée Stibbert, l’exposition a été présentée récemment aux États-Unis, elle sera pour la première fois montrée en Europe.

19 octobre 2024–20 avril 2025
Nantes, Château des ducs de Bretagne

La programmation d’octobre à décembre, liée à Chevaliers sera en ligne le 18 octobre.

La réservation d’un créneau horaire de visite pour découvrir l’exposition temporaire est fortement conseillée, afin de garantir un meilleur confort de visite.

Source : Château des ducs de Bretagne

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Exposition – Figures du Fou. Du Moyen Âge aux Romantiques

16 octobre 2024 – 3 février 2025
Musée du Louvre – Paris

Étudiée par l’histoire sociale et culturelle, la fascinante figure du fou, qui faisait partie de la culture visuelle des hommes du Moyen Âge, l’a rarement été du point de vue de l’histoire de l’art : pourtant entre le XIIIe et le milieu du XVIe siècle, la notion de folie a inspiré et stimulé la création artistique, aussi bien dans le domaine de la littérature que dans celui des arts visuels.

Cette exposition ambitieuse et stimulante entend aborder la figure typiquement médiévale du fou à travers ses représentations. Elle rassemblera au sein d’un parcours chronologique et thématique plus de 300 œuvres : sculptures, objets d’art (ivoires, coffrets, petits bronzes), médailles, enluminures, dessins, gravures, peintures sur panneau, tapisseries.

Pour le grand public, l’art médiéval est essentiellement religieux. Pourtant, c’est le Moyen Âge qui a donné corps à la figure subversive du fou. Si elle prend ses racines dans la pensée religieuse, elle s’est épanouie dans le monde profane pour devenir à la fin de la période un élément essentiel de la vie sociale urbaine.

Pour l’homme médiéval, la définition du fou est donnée par les Écritures, en particulier le premier vers du psaume 52 : « Dixit insipiens... » (L’insensé a dit en son cœur : « Il n’y a pas de Dieu ! »). La folie est avant tout méconnaissance et absence d’amour pour Dieu. Inversement, il existe aussi des « fous de Dieu », tel saint François. Au XIIIesiècle, la notion est donc inextricablement liée à l’amour et à sa mesure ou démesure, d’abord dans le domaine spirituel, puis dans le domaine terrestre.

Le thème de la folie de l’amour hante les romans de chevalerie (celle d’Yvain, de Perceval, de Lancelot ou de Tristan) et leurs nombreuses représentations, notamment dans les enluminures et les ivoires. Bientôt, le personnage du fou s’immisce entre l’amant et sa dame : il est celui qui dénonce les valeurs courtoises et met l’accent sur le caractère lubrique, voire obscène, de l’amour humain.

De mystique ou de symbolique qu’il était, le fou se « politise » et se « socialise » : au XIVe siècle, le fou de cour devient l’antithèse institutionnalisée de la sagesse royale et sa parole ironique ou critique est acceptée. Une nouvelle iconographie se met en place et on reconnaît le fou à ses attributs : marotte, habit rayé ou mi-parti, capuchon, grelots.

Le XVe siècle est celui de l’expansion formidable de la figure du fou, liée aux fêtes carnavalesques et au folklore. Associé à la critique sociale, le fou sert de véhicule aux idées les plus subversives. Il joue également un rôle dans les tourments de la Réforme : dans ce contexte, le fou c’est l’autre (catholique ou protestant). Au tournant du Moyen Âge et de la Renaissance, sa figure est devenue omniprésente, ainsi que le montre l’art de Bosch puis celui de Bruegel.

A l’époque moderne, la figure du fou institutionnel semble s’effacer progressivement, remplacé dans les cours d’Europe par le bouffon ou le nain. Dès le milieu du siècle des Lumières, la folie prend sa revanche pour apparaître sous d’autres formes, moins contrôlées. L’exposition se conclura par une évocation du regard porté par le XIXe siècle sur le Moyen Âge par le prisme du thème de la folie, mais avec l’éclairage tragique, voire cruel, que lui ont conféré les révolutions politiques et artistiques.

Commissaires

Elisabeth Antoine-König, conservatrice générale au département des Objets d’Art et Pierre-Yves Le Pogam, conservateur général au département des Sculptures, musée du Louvre.

Source : Le Louvre

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Publication – Glenn Peers, « Byzantine Media Subjects »

Byzantine Media Subjects invites readers into a world replete with images—icons, frescoes, and mosaics filling places of worship, politics, and community. Glenn Peers asks readers to think themselves into a world where representation reigned and humans followed, and indeed were formed. Interrogating the fundamental role of representation in the making of the Byzantine human, Peers argues that Byzantine culture was (already) posthuman.

The Byzantine experience reveals the extent to which media like icons, manuscripts, music, animals, and mirrors fundamentally determine humans. In the Byzantine world, representation as such was deeply persuasive, even coercive; it had the power to affect human relationships, produce conflict, and form self-perception. Media studies has made its subject the modern world, but this book argues for media having made historical subjects. Here, it is shown that media long ago also made Byzantine humans, defining them, molding them, mediating their relationship to time, to nature, to God, and to themselves.

Glenn Peers is Emeritus Professor of the History of Art at both Syracuse University and the University of Texas at Austin. Among his eight books are, as author, Animism, Materiality, and Museums and Sacred Shock, and, as editor, Byzantine Things in the World. He lives in Bennington, Vermont.

Informations pratiques :

Glenn Peers, Byzantine Media Subjects, Ithaca (NY), Cornell University Press, 2024 ; 1 vol., 320 p. ISBN : 978-1-50177-626-7. Prix : 32,95.

Source : Cornell University Press

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Publication – Évrart de Conty, « Livre des problèmes de Aristote. Édition de la partie I d’après le manuscrit autographe », éd. Françoise Guichard-Tesson, Michèle Goyens

Le Livre des Problemes de Aristote est une traduction réalisée vers 1380 par Évrart de Conty, médecin du roi Charles V et maître régent à la Faculté de médecine de Paris. Le texte est basé sur la traduction latine des Problemata physica pseudo-aristotéliciens par Barthélemy de Messine, datant de 1260, et son commentaire, intitulé Expositio Problematum, par le médecin padouan Pietro d’Abano. Ce volume édite la première des trente-huit parties (particulae) du traité, consacrée aux problèmes de médecine. La traduction d’Évrart de Conty est conservée dans huit manuscrits complets et quelques fragments, mais la présente édition est basée sur le manuscrit Paris, BnF, fr. 24281-24282 : celui-ci est en effet un autographe, particulièrement instructif du point de vue de la genèse du travail de traduction, montrant le traducteur au travail avec ses hésitations, ses corrections, ses mises au point.

Table des matières : ici

Informations pratiques :

Évrart de Conty, Livre des problèmes de Aristote. Édition de la partie I d’après le manuscrit autographe, éd. Françoise Guichard-Tesson, Michèle Goyens, Paris, Honoré Champion, 2024 ; 1 vol., 776 p. (Classiques français du Moyen Âge, 205). ISBN : 978-2-74536-167-7. Prix : € 55,00.

Source : Honoré Champion

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Séminaire – Medieval Visual Culture Seminar

St Catherine’s College, Oxford, Arumugam Building 1.2  |   Thursdays 5pm (GMT)  |   All welcome

Convenors: Nancy Thebaut, Associate Professor, History of Art & Fellow, St Catherine’s College (nancy.thebaut@history.ox.ac.uk)

Join the University of Oxford for their in-person Medieval Visual Culture Seminar Series this Michaelmas Term.

7 November 2024

Elena Lichmanova, DPhil student, University of Oxford, Religious Storytelling and the Rise of Marginalia

21 November 2024

Alixe Bovey, Professor and Dean, Deputy Director, & Head of Research, The Courtauld Institute of Art, Visual Storytelling in 14th-century London: Subtexts, Pretexts, Contexts

5 December 2024

Ben Tilghman, Associate Professor of Art History, Washington College & Visiting Research Fellow, University of Edinburgh, What Art Does When It’s Doing Nothing: Stillness, Perdurance, and Agency in Medieval Art

Source : Medieval Art Research

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Publication – Sverrir Jakobsson, « Medieval Iceland. Politics, Patronage and Power »

In the ninth century, at the beginning of this account, Iceland was uninhabited save for fowl and smaller Arctic animals. In the middle of the sixteenth century, by the end of this history, it had embarked on a course that led to the creation of a small country on the periphery of Europe. The history of medieval Iceland is to some degree a microcosm of European history, but in other respects it has a trajectory of its own. As in medieval Europe, the evolution of the Church, episodic warfare, and the strengthening of the bonds of government played an important role.

Unlike the rest of Europe, however, Iceland was not settled by humans until the Middle Ages and it was without towns and any type of executive government until the late medieval period. Medieval Iceland is a review of Icelandic history from the settlement until the advent of the Reformation, with an emphasis on social and political change, but also on cultural developments, such as the creation of a particular kind of literature, known throughout the world as the sagas.

A view of medieval Icelandic history as it has never been told before from one of its leading historians, this book will appeal to students and scholars alike interested in Icelandic and medieval history.

Sverrir Jakobsson is Professor of Medieval History at the University of Iceland. He is the author and editor of numerous works, including Historical Dictionary of Iceland, 3rd edition (2016) and The Varangians: In God´s Holy Fire (2020), The Routledge Research Companion to the Medieval Icelandic Sagas (2017), Sturla Þórðarson. Skald, Chieftain and Lawman (2017) and The Making of the Eastern Vikings. Rus’ and Varangians in the Middle Ages (2024).

Introduction: Long-term economic and social trends

Part 1. Early Medieval Iceland

1.     Land-taking

2.     The Foundation of Society

3.     Christianisation

4.     The Settlement in Cultural Memory

Part 2. High Medieval Iceland

5.     Church and Society in the Twelfth Century

6.     The Creation of Domains

7.     Civil Strife

8.     Enter the Kingdom

Part 3. Late Medieval Iceland

9.     Pacification and Growth

10. Towards a New Era

11. Trade Wars and Social Anxiety

12. The Reformation

Conclusion: The Course of Icelandic Medieval History

Biographies

Informations pratiques :

Sverrir Jakobsson, Medieval Iceland. Politics, Patronage and Power, Londres, Routledge, 2024 ; 1 vol., 220 p. ISBN : 978-1-03234-894-0. Prix : GBP 135,00.

Source : Routledge

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