Appel à contribution – Égologie : ce que « je » veut dire (du Moyen Âge à nos jours)

L’objectif de ce numéro de la revue Itinéraires est de prolonger la réflexion du séminaire pluridisciplinaire intitulé « Dire je : du Moyen Âge à nos jours » qui s’est tenu à l’Université Lyon 2 et à l’École Normale Supérieure de Lyon durant l’année 2023-2024. L’expression de la première personne est une question traditionnelle et qui demeure centrale dans de nombreuses études : le pronom je est tout aussi court et banal qu’il est un lieu indéfini, fuyant et inépuisable.

Nous souhaitons dans ce dossier mettre en avant les différentes approches possibles de l’expression de la première personne afin de souligner qu’il existe un vaste champ d’étude, qu’on pourrait nommer « égologie », qui transcende les disciplines et les méthodologies pour éclairer ce pronom je.

Dans ce numéro, nous croiserons les perspectives du séminaire de recherche lyonnais avec celles de la revue Itinéraires. Nous proposons d’orienter notre exploration autour de quatre axes principaux qui conservent l’esprit généraliste, transdisciplinaire et transhistorique du projet initial.

  • Les places du je : géographie, histoire et anthropologie du sujet ;
  • Les interactions et les mobilités du je : l’identité entre l’individu et le collectif ;
  • Les usages du je : méthodes et catégories du sujet ;
  • Les nouvelles émergences du je : marges, transmédialité et usages numériques.

Les places du je : géographie, histoire et anthropologie du sujet
« Est ego celui qui dit ego », la célèbre formule de Benveniste résume bien le fait que le je connaît une valeur sémantique stable quoique minimale : je désigne le destinateur du message. Il est moins une référence que le signal d’une présence. Je est d’abord à concevoir comme une coordonnée qui permet d’informer sur les conditions de l’énonciation : une personne, ici, maintenant parle. Une étude égologique est toujours une opération qui cherche à mesurer ce premier signal d’une présence consciente d’elle-même.

Situer le je dans le temps
L’étude de la première personne ne peut pas être simplement anhistorique. Le je signale une présence à un moment précis et dans une situation d’énonciation qui nous conduit à toujours recontextualiser ses apparitions. C’est donc d’abord en accordant, dans notre étude, une large place aux travaux diachroniques et historicisés que nous souhaitons éclairer notre objet. L’approche transhistorique permettra d’entamer une archéologie du sujet en décrivant les points de rupture et de continuité qui permettront de préciser ou de nuancer les différents jalons de son évolution du Moyen-Âge à nos jours.

L’égologie ne se réduit pas à faire l’histoire de la subjectivité individuelle, elle cherche à relier cette dernière à des faits de langue, des traits stylistiques, ou des stratégies énonciatives et textuelles. Les corpus anciens permettront de mettre en perspective l’historicité de la question dans le sillage d’études telles que La Subjectivité littéraire de Michel Zink (1985) pour le Moyen-Âge ou les récents actes de colloque Représentations de soi à la Renaissance sous la direction Véronique Ferrer, Eugenio Refini et Luc Vaillancourt (2023) pour la Renaissance. Ce numéro pourra rapprocher les travaux de chercheuses et de chercheurs de langues et littératures médiévales et d’Ancien Régime à d’autres études portant sur des corpus modernes et contemporains. Il s’agira d’appréhender le je dans le système de valeurs idéologique et morale auquel il appartient.

L’égologie vise à appréhender de manière globale le phénomène de l’expression du je, en associant dans la publication des approches synchroniques à d’autres diachroniques. Toute étude historicisée des formes de dire je peut intégrer le champ des études égologiques.

Situer le je dans l’espace
La première personne se construit en contexte et construit autour du locuteur un espace discursif. Certains usages de la première personne sont à lier directement au contexte géographique et à la sphère culturelle. Le numéro ne se réduisant pas à la sphère française, envisage également les allomorphes de je dans d’autres langues et invite à faire des comparaisons interculturelles mobilisant des études comparatives et contrastives de l’expression à la première personne. Les questions de formulation, de combinaison et de traduction du je dans d’autres langues étrangères permettront de questionner son apparente neutralité et son universalité mais pourraient aussi révéler certains invariants humains concernant l’autodésignation. L’égologie a besoin de décentrer l’étude de la subjectivité occidentale et de la confronter à d’autres sphères culturelles et linguistiques.

En effet, le je ne doit pas toujours être mis au centre de la carte. Il peut polariser l’attention lorsqu’il est le nœud d’interactions, mais il peut à l’inverse occuper des places périphériques, marginales, reléguées ou isolées. L’approche spatiale du je conduit inévitablement à des questions sociales et convoquent l’étude sociolinguistique de rapports de force.

Ainsi, le je n’est pas seulement un point à situer sur une carte, il faut également en mesurer les reliefs et l’étendue. Il est surtout à envisager dans sa réticularité : à partir du réseau des interactions qu’il tisse à chacune de ses occurrences. Il est relié à d’autres subjectivités et c’est aussi la nature de ses liens avec autrui, avec l’extérieur qui le définit.

Situer le je dans l’énonciation : l’effet de présence
Ego est lié à un hic et à un nunc. Plus le je est situé, actualisé dans la situation et plus il construit ce qu’Antonio Rodriguez nomme un « effet de présence » dans son Dictionnaire du lyrique (2024). On peut envisager plusieurs effets de présence allant de l’intimité à la distance en passant par des effets de proximité.

La théorie praxématique envisage l’actualisation du je comme une « égogénèse » (Détrie, 2001), c’est-à-dire comme un processus graduel avec différents stades de subjectivation. L’expression du sujet et la présence d’un locuteur n’ont alors plus rien d’uniforme. L’égologie par cette prise en compte de l’énonciation se fixe pour objectif de situer le je dès qu’il s’exprime.

Les interactions et les mobilités du je : l’identité entre l’individu et le collectif
Ego ne peut pas exister seul. Il implique une coprésence qui le construit en interaction et qui le rend instable puisque le je est toujours susceptible de devenir le tu de l’interlocuteur. Plutôt que voir dans le je l’icône figée de la subjectivité, il faut plutôt le comprendre comme ce qui rend possible l’intersubjectivité. La mobilité de cette forme conduit à repenser la place du je dans le système des personnes.

Concevoir le je dans l’intersubjectivité
L’étude des échanges et des interactions met en lumière les rapports de force, la possible symétrie ou dissymétrie créée dans la communication. Du corpus épistolaire des Héroïdes d’Ovide jusqu’à la grammaire du SMS (Robert-Tissot, 2018), le je est à envisager à partir de la question de l’adresse. Dans la relation je-tu, les apostrophes, les jeux d’interpellations et les analyses interactionnelles révèlent la manière dont les interlocuteurs se situent les uns par rapport aux autres. « Interpeller, c’est en effet construire une sphère interpersonnelle au sein de laquelle l’instance d’énonciation prédique non seulement la présence d’autrui, mais aussi son positionnement en tant que coénonciateur, et asserter de la sorte qu’il a toute sa place dans l’espace intersubjectif ainsi élaboré » (Détrie, 2006). On pourra réfléchir à la validité de ce propos selon les langues : Sophie Saffi (2015) a notamment montré dans une étude contrastive italien-français portant sur des bandes dessinées que l’italien présente « une sphère étendue de la personne qui favorise les représentations spatiales inclusives » contrairement à celle réduite en français qui favorise des représentations spatiales exclusives. L’adresse à autrui, en notifiant la présence de l’autre, renseigne aussi les positions et postures du locuteur.

Les rapports entre le je et la troisième personne sont d’un autre ordre. Le fait que l’autre soit délocuté, c’est-à-dire tenu hors de la situation d’énonciation ne crée pas d’effet de coprésence. Ces personnes s’opposent sur le plan de l’actualisation d’une subjectivité. Le processus d’actualisation de l’autre, nommé « allogénèse » (Détrie, 2001) dans la théorie praxématique, interroge la nature des relations entre je et l’autre.

La question de l’énallage de personne conduit à mettre en lumière des stratégies de mise en scène de soi. L’énallage peut servir aussi bien la volonté de se mettre en avant, d’objectiver une subjectivité pour mieux l’imposer ou à l’inverse, en créant une mise à distance de soi, et en s’effaçant, elle peut conduire à une disjonction du je.

Le choix du récit homodiégétique pose toujours la question traditionnelle qui consiste à interroger dans les différents genres du récit (roman, autobiographie, mémoires, confessions, journal, autofiction, etc.) les diverses relations qu’entretiennent entre eux l’auteur, le narrateur et le personnage. Les traces de la subjectivité dans le récit ne se limitent pas qu’à la première personne et l’effet de présence dans le récit est à l’origine de constructions narratives variées. L’égologie souhaiterait s’enrichir d’études de divers cas de brouillages énonciatifs et particulièrement de brouillages narratifs en s’appuyant sur le vaste champ de la narratologie. La première personne est à envisager comme agent de reconfigurations discursives et narratives.

Depuis sa conceptualisation par Bakhtine (1987), à propos de l’esthétique du roman moderne, la notion de polyphonie a connu de nombreux réemplois, notamment comme dans les années 1980 à l’intérieur de l’approche pragmatique et énonciative d’Oswald Ducrot (1984), qui resitue la subjectivité au cœur d’une multiplicité de voix, démontrant que l’expression de la subjectivité n’est jamais monologique. Cette notion nous invite à envisager le je comme un lieu traversé par d’autres voix. Chaque énoncé du je construit l’univers de référence, positionne le sujet dans cet univers et par rapport aux autres.

Concevoir le je avec la question du collectif, de l’intime et du public
Dire je ne se réduit pas à l’expression de l’individuel. C’est au contraire, un fait social. C’est donc la part collective du je qui doit être mise en avant afin de révéler les tensions entre l’intime et l’extime, entre le privé et le public.

La constitution de l’ethos discursif est un processus qui se fonde sur le rapport du singulier au collectif. Elle repose sur un socle de représentations collectives et de stéréotypes, comme l’a montré Ruth Amossy dans La présentation de soi. Ethos et identité verbale (2010). Les stratégies énonciatives s’appuient sur des scénographies qui vont selon les contextes insister sur l’effet de présence et sur l’auto-légitimation ou à l’inverse sur la disjonction et la mise à distance de la subjectivité.

La construction d’une autorité passe souvent par un réinvestissement du je afin de correspondre aux attendus de certaines époques. L’ethos est à lier avec les pratiques et les imaginaires sociaux. Afin d’en rendre compte, la dimension axiologique et le caractère conventionnel de certaines subjectivités devront être éclairés. Chaque genre ou type de discours implique certaines postures, voire certaines gestuelles ou certains rituels et peuvent aussi avoir tendance à les réinventer.

Concevoir le je dans la construction des identités
La manière de s’énoncer et de se présenter est aussi liée à la question de la construction identitaire. D’une part, la formation d’une identité doit être prise comme un processus. D’autre part, nous nous attacherons à mettre en valeur les tensions qui peuvent émerger entre des identités majoritaires et d’autres, dites minoritaires. La construction des identités allie l’imitation et la contestation : elle ne cesse de se reconfigurer par ses propres instances énonciatives.

Dans ses différentes transpositions textuelles, le je émerge au milieu de la polyphonie du discours et donc au milieu d’autres je. La conception universelle du je, héritée de la conception libérale des Lumières, a eu tendance à considérer la première personne comme étant un énoncé neutre. On a pu considérer que le je n’avait pas de bornes, que son caractère universel lui permettait de prendre en charge l’autre. Néanmoins, de nombreuses études ont pu prouver que le je pouvait aussi être le socle d’une parole autoritaire, qui a tendance à recouvrir l’autre, à parler à sa place et donc potentiellement à reconduire des discriminations. L’égologie a pour objectif de dégager et de décrire le système de normes sociohistoriques et discursives qui participe à la construction d’identités considérées comme majoritaires ou minoritaires. La philosophie du sujet héritière de Michel Foucault croisée à une réflexion sur le langage et sur les normes permettra aussi d’éclairer la formation identitaire des sujets.

Du point de vue des genres littéraires, il sera intéressant de voir en quoi certains genres prédéterminent ou appellent un certain type de je que les auteurs et autrices décident ou pas de réinvestir. Le je lyrique, par exemple, est marqué par une longue tradition de je masculins hétérosexuels. Différents réinvestissements féminins ou homosexuels ont pu mettre en débat ce je lyrique typé comme propose de l’étudier Christine Planté (2002) ou comme cela peut être lu dans la lyrique homoérotique de Pier Paolo Pasolini. Les confrontations en je contestataires et je dominants pourront mettre en scène les paradigmes socio-normatifs qui traversent le monde social.

Les usages du je : méthodes et catégories du sujet
L’expression de la première personne invite aussi à poser des questions méthodologiques et épistémologiques. La place de la subjectivité dans le discours scientifique ou dans la critique est une question de méthode : faut-il transmettre une lecture intime, subjectivée ou à l’inverse céder la place à une analyse objective et impersonnelle ? Construire une subjectivité critique conduit-il à adopter une subjectivité transparente, capable de se situer et de montrer ses propres limites ?

La présence du je se retrouve à l’intersection de la rhétorique, de la didactique et de l’épistémologie, mais c’est surtout l’éthique du locuteur critique qui est en jeu et qui fonde ou non la scientificité du discours. Les critères de scientificité ont évolué au cours de l’histoire et avec eux, les emplois de la subjectivité : la première personne a pu être un moyen d’attester les démonstrations ou de valoriser la connaissance empirique et le savoir pratique ou encore de vulgariser certains sujets.

Enfin, c’est la validité des catégorisations des genres discursifs et littéraires dans leur rapport à la subjectivité qui peut être réexaminée. La subjectivation des genres a priori non subjectifs comme l’écriture de l’histoire ou l’écriture journalistique peut, par exemple, apporter un critère de littérarité à certains textes et à l’inverse, l’effacement énonciatif et la dépersonnalisation des genres dits subjectifs comme dans le récit de soi impersonnel permet d’échapper au cadre de formes fixées. La recomposition et la mobilité de certains genres conduit à repenser certains classements. L’hybridité de formes ou de genres construits dans une tension entre deux genres opposés sur le plan de la subjectivité invite à repenser les catégories de la taxinomie traditionnelle. L’étude des formes hybrides comme l’enquête ont par exemple pu mener Laurent Demanze, dans Un nouvel âge de l’enquête (2019), à repenser le je à l’aune d’une typologie qui permet de mieux appréhender les nouveaux régimes de l’auctorialité : je d’interaction, je d’incarnation, je de diffraction et je de position.

Les nouvelles émergences du je : marges, transmédialité et usages numériques
Toujours dans la même volonté de saisir le je dans ses multiples variations, nous chercherons à décrire les autres et les nouvelles manifestations de l’expression de soi qui diffèrent en fonction du mode d’expression et du média employé.

Il est commun d’associer aux nouvelles technologies de nouvelles formes d’expression individuelle et de représentation de soi mais il reste encore à décrire les différences entre le je numérique et le je textuel traditionnel. Les recherches sur la construction des identités numériques, sur le pseudonymat comme création d’une double identité ou encore sur les traces numériques permettent d’interroger ces nouvelles formes discursives et de mises en scène de soi et montrent que le je virtuel est un je réel. De nombreux corpus numériques peuvent à ce titre être signifiants : les blogs, les twitts, les commentaires de vidéos YouTube, les posts Instagram ou Facebook, les bios Tinder, etc. L’analyse de discours et la sociolinguistique permettront d’éclairer ces nouveaux usages et aussi de mesurer certains invariants qui demeurent dans tous les différents contextes d’énonciation.

La question du numérique interroge aussi les nouvelles formes littéraires émergentes qui s’appuient sur une poétique numérique. Comme Gilles Bonnet, le propose dans Pour une poétique numérique. Littérature et internet (2017), la littérarité de certains contenus en ligne doit inviter à interroger l’expression de soi. De nouvelles catégories comme l’« autoblographie » permettent de rendre compte d’un je écrivain-internaute.

Dans cette exploration de la première personne, l’utilisation de nouveaux outils numériques issus des humanités numériques, comme la linguistique de corpus, peut aussi contribuer à nourrir de données précises et analysées des séries d’occurrences. Cette approche permet à la fois une étude statistique mais aussi une étude appliquée et contextuelle.

Dans l’espace numérique, l’expression du je est souvent associée à un autre contenu : à des images, des sons, des vidéos. Les posts sur les différents réseaux sociaux ou les mèmes intègrent le je dans des dispositifs qui méritent d’être analysés à l’aune de deux notions : la transmédialité et l’intersémioticité.

Dans le premier cas, les déclinaisons du je sur différents supports peuvent entraîner des modifications de ses bornes. Certains médias, comme le jeu vidéo, vont privilégier une identité narrative et fictionnelle, il s’agit dès lors d’apprécier le degré de « personnalisation » de la figure qu’on incarne. D’autres, comme les publications sur les réseaux sociaux, vont fabriquer des identités qui mettent en scène leur authenticité.

Dans le second cas, concernant l’intersémioticité, c’est aussi dans un dialogue avec les arts visuels que l’expression à la première personne peut être interrogée. Le cas de la photographie et de la peinture semble poser un régime de signification étranger à celui de la subjectivité verbale mais dans le champ des études cinématographiques ; il est tout à fait possible d’associer à l’étude de séquences celles de dispositifs techniques, comme celui de la caméra en vue subjective, ou des jeux d’insertion textuelle, ou encore de voix-off. Les arts scéniques comme le théâtre ou la danse peuvent envisager l’expression d’un je sous la forme d’une performance. Au travers de l’étude des codes sémiotiques, c’est finalement des pans entiers de l’histoire culturelle et de la culture visuelle qui sont convoqués.

Enjeux de la publication
L’égologie invite au partage des connaissances sur cet objet mouvant qu’est le je. Elle a l’ambition de montrer qu’il n’est ni fixe, ni neutre, ni préexistant au discours. Je est un praxème, il prend son sens au cœur de pratiques culturelles et sociales. Il est l’agent de nombreux mécanismes linguistiques, esthétiques, conceptuels et textuels.

Ce numéro de la revue est ouvert à toute étude qui envisage le fait de dire je comme une construction et qui prend place dans l’un des quatre axes de recherche.

Sont attendues dans cette publication des contributions issues d’horizons différents :

  • linguistique, analyse de discours, sociolinguistique, stylistique, rhétorique, énonciation, pragmatique, syntaxe, linguistique contrastive et comparative, langues étrangères, sémiotique,
  • littérature française, histoire littéraire, génétique (du Moyen-Âge à nos jours),
  • littérature comparée, littérature générale, littérature étrangère, littérature néolatine, traduction, (toutes aires culturelles),
  • arts visuels, études cinématographiques, théâtre, danse, photographie, arts graphiques et plastiques,
  • philosophie du langage, philosophie du sujet, métaphysique,
  • sciences humaines et sociales, histoire, géographie, sociologie

Envoi des propositions
Les propositions de contribution, sous forme de résumé (environ 400 mots environ), accompagnées d’une notice biobibliographique (500 caractères, espaces comprises, soit une centaine de mots environ), sont à envoyer aux directeurs du numéro :

Vianney Dubuc (ENS de Lyon), vianney.dubuc@ens-lyon.fr
Nicolas Mazel (Lyon 2/Université de Genève), nicolas.mazel@univ-lyon2.fr


Pour plus d’informations sur la sélection et la publication des textes, consulter la page https://journals.openedition.org/itineraires/2252.

Pour ce numéro, les auteurs ou autrices sont invités à proposer des textes de 25 000 signes minimum et 40 000 signes maximum (espaces comprises), en respectant les consignes de la revue (https://journals.openedition.org/itineraires/2255).

Les langues de rédaction acceptées pour ce numéro sont le français, l’anglais, l’italien et l’espagnol.

Les contributions pourront être accompagnées d’images libres de droits (voir la partie « Illustrations » des consignes auteurs sur le site de la revue).

Calendrier prévisionnel
Décembre 2024 : lancement de l’appel à contribution ;
15 février 2025 : date limite de réception des propositions ;
15 juin 2025 : date limite de réception des articles ;
15 janvier 2026 : date de retour des articles révisés ;
Publication prévue : 2026.

Source : Fabula

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Enquête – The Great Viking Survey

Accès : ici

The University of Oslo has recently launched the Great Viking Survey, a wide-ranging study to explore how people across the world perceive and engage with the vikings as history and heritage, and to map the many ways in which contemporary media and academia shape these views. This online survey invites anyone, anywhere, over 18, to share their thoughts on the iconic viking warrior figure, as well as the enduring legacy and memory of the vikings in the modern world. In doing so, researchers will be able to shine an unprecedented light on the means and mechanisms that allow images and myths of the vikings to be shaped and spread in the public sphere.

The survey is part of the Making a Warrior-project, a pan-Nordic network of scholars examining the concept of viking ‘warriorhood’ and its representations past and present. By determining how ideas and images of vikings are shared among different communities and demographics, the project is able inform future outreach and cultural heritage initiatives that respond to public interest, while fostering a nuanced appreciation of the Viking Age.

The Great Viking Survey is now live at vikingsurvey.org, and remains open until mid-May 2025.

The associated press release from the University of Oslo can be found here.

Source : The Medieval Academy of America

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Publication – Marie Ulrike Jaros, « Aristocracy at call. The Counts and Countesses of Manfred of Sicily (1198–1312) »

North of the Alps, King Manfred is more of an unknown. A Sicilian king with such a name? Yes, the great-grandson of Frederick Barbarossa. Oh, aha. South of Rome, on the other hand, the memory of Re Manfredi is alive. Streets and squares are named after him, as well as bars, hotels, and pizzerias, there is wine that bears his name, and the hearty Torta di Re Manfredi. A popular figure who died tragically. Nearby is a castle of Manfred, here in the church he is also said to have been … Anyone who follows in Manfred’s footsteps in the former Kingdom of Sicily likes to be questioned a little, reaps delighted astonishment, can listen to anecdotes. Oh, it’s supposed to be about the counts at Manfred’s side? There are also some names known: Corrado d’Antiochia, Galvano Lancia, Manfredi Maletta. They look like shining knights: courageous, noble, loyal, musical. But what tasks did these aristocrats take on in the Kingdom of Sicily, in this well-organized “model state” in which there were specially appointed functionaries for the administration? What distinguished the counts from other aristocratic groups, what connected them with each other? Why did the ruler need them when he could just appoint or depose them? And who belonged to this precarious, illustrious circle in the first place?

In order to be able to carry out a study of a part of the organisation of the Regnum Siciliae at the end of the High Middle Ages – in the case of the counts – it is necessary to take into account various specifics of this kingdom: 1) the still comparatively young kingship and the diverse cultural influences in the region; 2) the well-organized administrative structure; 3) the feudal sovereignty of the pope, which was not necessarily recognized by the kings. All these aspects are related to the counts and counties: they had an impact on the feudal structure and the anchoring of the nobles in their region; they were able to provide incentives for the development of offices and dignities; they provided the organizational structure into which the counts were incorporated as one of different groups; they offered an alternative to the leading noblemen of the kingdom, in that papal authority could be invoked in addition to royal authority.

Thus, both in the Reich and in (Upper )Italy, the well-known factors of office, heredity, military authority, jurisdiction, and variability again play an important role. The counts were subordinate to other aristocratic groups in the empire, but the counts were the highest-ranking aristocratic group in the Regnum Siciliae during the period under investigation. There were neither dukes nor margraves in the Mezzogiorno, and the only prince was Manfred himself, until this title was held under Conradin or the Anjou-dynasty again. The holders of the Sicilian fiefs were the comites, followed in rank by the barones and the milites. These three groups of Sicilian vassals were directly subordinate to the ruler by virtue of the nature of their fiefs. At the top of this hierarchy were the counts. Beyond the title, however, the boundaries in the hierarchy are difficult to draw. Although research has identified some criteria to describe the hierarchy of vassals, but they are rather diffuse.

So what was the role of the counts in the Kingdom of Sicily, that had been the subject of so much struggle since the death of the Emperor, but whose position always seemed to depend on the benevolence of the ruler, and who nevertheless led the nobility? Was it primarily a distinction or were there also specific rights and duties associated with the dignity as a count? First of all, it will be necessary to ask whom the men fighting for precedence in the Regnum tried to woo. And vice versa: whose side took the counts and when did they change them? Who – and this needs to be considered at both the ruler’s and nobility’s part – benefited from the uprisings? Did those nobles stand out due to influence, capability, a particularly close relationship to the ruler? What was the basis for claims to the title of a count? What tasks were they entrusted with, and where did they stay? Even after the disappearance of the Hohenstaufen in the Regnum, the counts once again faced the question of acceptance and partisanship. Were they able to defend their social position? What options did they still have as followers of Manfred?

In addition to structural issues, attention also will be paid to the count’s as issuer of charters. Beyond the count’s activities and their itinerary, questions arise about the formal design. Did the counts appear as a enclosed powerful group through the use of certain symbols, formats, a uniform formal structure, etc.? Who wrote the deeds of a count? What can be deduced from the formulas used about the political partisanship of the counts? In the end, the author tries to characterize the group of Sicilian counts, to determine their place and function in the structure of the kingdom.

Informations pratiques :

Marie Ulrike Jaros, Aristocracy at call. The Counts and Countesses of Manfred of Sicily (1198–1312), Leipzig, Eudora Verlag, 2024 ; 2 vol., 512 p. (Itlia Regia, 7). ISBN : 978-3-938533-71-0. Prix : € 139,00.

Source : Eudora Verlag

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Publication – Paschasius Radbertus, « On the Virgin Birth » and « On the Assumption of the Blessed Virgin Mary, trad. Mark G. Vaillancourt

On the Virgin Birth and On the Assumption of the Blessed Virgin Mary are two key Mariological treatises by the ninth-century Carolingian theologian Paschasius Radbertus. Written at a time when scholarship and erudition during the Carolingian Renaissance were at their height and prominence in the great monastery of Corbie, these two works offer important insights into ninth-century reception of the doctrines of Mary’s perpetual virginity and her assumption into heaven. Written for the nuns of the monastery of Notre-Dame de Soissons, they also provide important source material for the study of female spirituality during the Carolingian Reformation era.

This work presents for the first time an English translation with introduction and commentary of these texts, based on the critical editions found in Corpus Christianorum, Continuatio Mediaevalis (CC CM, 56C). References to the corresponding pages of the Corpus Christianorum edition are provided in the margins of this translation.

Mark Vaillancourt is the author of several works on Eucharistic theology and translator of Paschasius Radbertus’s treatise on the Eucharist, De corpore et sanguine Domini (Corpus Christianorum in Translation, vol. 34). He is a priest of the Archdiocese of New York, pastor of St. Mary the Assumption parish in Katonah, New York, and the President and Principal of John F. Kennedy Catholic Preparatory School located in Somers, New York.

Table des matières :

Introduction
Bibliography
Paschasius Radbertus, On the Virgin Birth
Paschasius Radbertus, On the Assumption of the Blessed Virgin Mary
Index of Scriptural References
Index of Non-Biblical Sources
General Index

Paschasius Radbertus, « On the Virgin Birth » and « On the Assumption of the Blessed Virgin Mary, trad. Mark G. Vaillancourt, Turnhout, Brepols, 2025 ; 1 vol., 156 p. (Corpus Christianorum in Translation, 47).

Source : Brepols

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Publication – Sultan Çetinkaya Tahtaci,  » Les récits des ghaza chez les Ottomans du XVe siècle »

Les ghazavatname, épopées populaires ottomanes, racontent les ghaza, guerres contre les chrétiens. Construits autour d’un ghazi, ils forment trois groupes. Certains, consacrés aux ghaza d’un sultan, forment un genre distinct. D’autres célèbrent un vizir ou un commandant. Enfin d’autres se concentrent à une conquête.

L’objectif était de répondre à des questions simples, à partir de l’analyse de textes. Qu’est-ce que les ghazavatname ? Quel est leur genre littéraire ? Pourquoi ont-ils été écrits ? À qui et à quoi servaient-ils ?

Née en 1982 dans un village en Turquie, Sultan Çetinkaya Tahtaci a dû interrompre sa scolarité après la primaire en raison du refus de sa famille. À dix-sept ans, elle s’inscrit secrètement au collège et lycée à distance, terminant ses études à l’âge de 23 ans. Après l’obtention de son diplôme de lycée, elle intègre l’université à Istanbul en 2006, département de la langue et de la littérature turques. Elle achève ses études et entreprend une maîtrise en littérature ottomane. Après avoir appris le français, elle rédige une thèse doctorale sur les Ghazavatname ottomans du 15e siècle.

Informations pratiques :

Sultan Çetinkaya Tahtaci, Les récits des ghaza chez les Ottomans du XVe siècle, Paris, L’Harmattan, 2024 ; 1 vol. (Histoire et Perspectives Méditerranéennes). Prix : € 28,00.

Source : L’Harmattan

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Publication – Alberto D’Andrea, Domenico Luciano Moretti, Andrea Torno Ginnasi, « Byzantine Coinage of the Comnenian Dynasty »

This volume regarding all the coinage of the Comnenian Dynasty, also the ones of the usurpers. Introduction: The “anonymous” folles of Constanti.

Alberto D’Andrea, Domenico Luciano Moretti, Andrea Torno Ginnasi, Byzantine Coinage of the Comnenian Dynasty, Roseto degli Abruzzi, Edizioni d’Andrea, 2024 ; 1 vol., 264 p. ¨Prix : € 70,00.

Source : Edizioni d’Andrea

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Publication – « Performing by the Book? Musical Negotiations between Text and Act », éd. Bruno Forment

To perform a musical score implies the transformation of a symbolically coded text into vibrant sound. In Performing by the Book? a carefully selected cadre of artist-researchers dissects this delicate act in critical ways. Offering first-hand insights into the notational, structural and interpretative challenges faced by musicians in dealing with texts of all kinds, the chapters traverse the spectrum between the Middle Ages and the age of Stockhausen. In a harmonious blend of scholarly allure and individual artistry, free from academic obfuscation, the contributors keep a keen eye on the limits of interpretation, both in terms of the interpretative process itself and of the balance between textual faithfulness and artistic autonomy. This comprehensive volume is an indispensable guide for everyone interested in the relationship between musical performance and texts.

Contributing authors: Niels Berentsen (Haute école de musique de Genève-Neuchâtel (HES-SO) / conductor of Diskantores), Björn Schmelzer (artistic director of Graindelavoix / independent researcher), Jonathan Ayerst (freelance organist and improviser), Elizabeth Dobbin (Le Jardin Secret / Haute école de musique de Genève (HES-SO)), Camilla Köhnken (freelance pianist-researcher / Bern Academy of the Arts), George Kennaway (cellist, conductor, teacher, publisher and musicologist / University of Leeds), Kate Bennett Wadsworth (cellist / Guildhall School of Music and Drama), Nir Cohen-Shalit (conductor and independent researcher), Xiangning Lin (pianist / Yong Siew Toh Conservatory of Music, National University of Singapore), Clare Lesser (independent performer, musicologist and composer).

Bruno Forment is the principal investigator of the ‘Resounding Libraries’ research cluster at Orpheus Instituut and the Leader of the ‘Performances’ Working Group in the European COST Action EarlyMuse.

Ebook available in Open Access. This publication is GPRC-labeled (Guaranteed Peer-Reviewed Content).

Table des matières :

Introduction. Musical Texts and Contexts: Stairway to Heaven or Highway to Hell?
Bruno Forment

Mind the Gap: Reimagining Incomplete Medieval Music
Niels Berentsen

Performing by the Book (Next to the Book You Were Looking For), or: Aby Warburg’s “Good Neighbour”
Björn Schmelzer

Pluralising the Musical Text: Improvising on Canonic Repertoire
Jonathan Ayerst

À la recherche du chant perdu: The airs sérieux in the Recueils d’airs sérieux et à boire de différents auteurs (1695–99) as a Lens on Vocal Practices in the Seventeenth-Century Parisian Salon
Elizabeth Dobbin

From Beethoven Performance to Beethoven Interpretation: Carl Czerny and Franz Liszt’s Evolving Relationship, 1822–57
Camilla Köhnken

Nineteenth-Century Texts in the Twenty-First Century
George Kennaway

The Flexible Text: Published and Unpublished Alterations to the Schumann Cello Concerto in the Nineteenth Century
Kate Bennett Wadsworth

The Romantic Conductor-Scholar: What I Learned from the Archives
Nir Cohen-Shalit

Relocating Ravel’s “Sad Birds” in Alternative Forests of Place and Time
Xiangning Lin

The Virgin Act: Mediating Supplement and Repetition in Performance
Clare Lesser

Online materials
Notes on Contributors
Index

Informations pratiques :

Performing by the Book? Musical Negotiations between Text and Act, éd. Bruno Forment, Louvain, leuven University Press, 2024 ; 1 vol., 208 p. (Orpheus Institute Series). ISBN : 978-9-46270-414-5. Prix : € 55,00.

Source : Leuven University Press

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Colloque – Une péninsule en miroirs: modèles, transformations, déformations au Moyen Âge

Date : 11/02/2025

Lieu : Collège d’Espagne, Paris (uniquement en présentiel)

Organisateurs : Laura Baldacchino (Casa de Velázquez ; Sorbonne Université, CLEA), Constant Ranoux (Sorbonne Université, CLEA), Thieffen Kulej (Sorbonne Université, CLEA)

Programme : voir pièce jointe

Résumé : 

La journée d’étude, qui réunit des hispanistes, porte sur la configuration de modèles et anti-modèles au cours du Moyen Âge. L’usage du mot speculum par la critique pour désigner un genre littéraire est souvent associé aux miroirs des princes, des ouvrages qui prétendent offrir le bon modèle de gouvernement et de formation du futur roi. À quel point peut-on distinguer les miroirs des princes des autres traités (moraux, scolastiques ou juridiques) ? Cette interrogation sur le speculum comme genre littéraire revient, en effet, à questionner les autres traités, dont le titre comprend la plupart du temps le mot speculum et qui reprennent des thématiques et stratégies rhétoriques identiques ou similaires (comme l’utilisation d’exempla). Cette rencontre s’intéresse plus particulièrement à l’existence et la circulation de cette littérature didactique en péninsule Ibérique, territoire qui semble avoir été l’un des lieux privilégiés de ce genre de production en Europe occidentale.

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Conférence (en ligne) – Noé Leroy, L’identité scripturale de la »chancellerie« de Liège. Analyse stylométrique

Noé Leroy (univ. Paris sciences et lettres), L’identité scripturale de la »chancellerie« de Liège. Analyse stylométrique

Quo vadis. La fabrique des savoirs à lʼère numérique

De nombreux projets sur l’histoire de l’Europe du Ve au XVIe siècle témoignent de l’intérêt actuel pour les conditions contemporaines de production et de transmission du savoir, ce qui leur permet de repérer des lieux et des espaces inconnus, car ils déterminent la portée du savoir. Ainsi, l’aula d’un évêque devient une salle de cours, les monastères, des laboratoires d’innovation ou la chancellerie royale, un lieu de mise en ordre, autant d’espaces de savoir créés qu’il convient d’explorer. Quo vadis ouvre un espace de discussion franco-allemand pour les doctorantes et doctorants et les étudiants de master dont les projets utilisent les méthodes et les théories de ces domaines de recherche comme approches analytiques. Sur la base d’une publication scientifique sélectionnée, la méthode utilisée ou la théorie suivie dans le projet doit être présentée afin de discuter ensemble des problèmes qui découlent de son utilisation dans le cadre d’un travail scientifique, dans l’objectif de trouver des solutions à ceux-ci. L’objectif est de mettre en contact les jeunes chercheurs et chercheuses: en sept séances, les chercheurs présentent leurs projets ainsi qu’un article scientifique de la littérature, essentiel à leur recherche. Ces textes sont envoyés aux participants au préalable. Le séminaire ne se limite pas aux seules études historiques médiévales, mais profite d’approches interdisciplinaires, notamment de l’histoire numérique, des études romanes, des études germaniques ou encore de la sociologie.

Séminaire international en ligne, organisé par Maria Kammerlander (univ. Fribourg) en coopération avec Pauline Spychala (IHA)

Événement en coopération avec Gesellschaft für Universitäts- und Wissenschaftsgeschichte, Trier Center for Digital Humanities, Centre de Recherche en Histoire Européenne Comparée EA 4392 et Centre Lucien Febvre UR 2273.

Inscription jusqu’au lundi avant la date de la conférence, à l’adresse suivante: quovadis@geschichte.uni-freiburg.de.

Participation en ligne: Zoom

Source : Institut historique allemand

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Appel à contribution – Alltag und Umwelt des Mirakels. Hagiografische Rahmenhandlungen als profanhistorische Quellen / Everyday Life and Environment of the Miracle. Hagiographical Background Stories as Profane Historical Sources

Friedrich-Alexander-Universität Erlangen-Nürnberg
Erlangen

Die Hagiografie steht im Ruf, aufgrund ihres häufig legendarischen Charakters und von Topoi geprägten Erzählens nur bedingt als historische Quelle verlässlich zu sein, wobei diese Einschätzungen vor allem auf die Haupthandlung rekurrieren. Eingebettet sind Heiligenviten und Mirakelberichte jedoch nicht selten in mehr oder weniger ausführliche Schilderungen von alltäglichem Geschehen und Umweltbedingungen, die durchaus Aussagekraft über die Lebenswelt ihrer Autor:innen und Rezipient:innen besitzen. Der Workshop widmet sich diesen Rahmenhandlungen von hagiografischen Texten und fragt nach ihrem Erkenntniswert für die Erforschung der vormodernen Alltags- und Umweltgeschichte.

Die Hagiografie steht im Ruf, aufgrund ihres häufig legendarischen Charakters und von Topoi geprägten Erzählens nur bedingt als historische Quelle verlässlich zu sein, wobei diese Einschätzungen vor allem auf die Haupthandlung rekurrieren. Eingebettet sind Heiligenviten und Mirakelberichte jedoch nicht selten in mehr oder weniger ausführliche Schilderungen von alltäglichem Geschehen und Umweltbedingungen, die durchaus Aussagekraft über die Lebenswelt ihrer Autor:innen und Rezipient:innen besitzen. Der Workshop widmet sich diesen Rahmenhandlungen von hagiografischen Texten und fragt nach ihrem Erkenntniswert für die Erforschung der vormodernen Alltags- und Umweltgeschichte.

Wiederholt hat die mediävistische Forschung auf den Informationsgehalt hingewiesen, den die szenische Einbettung hagiografischer Texte, und unter diesen besonders jene der Mirakelberichte, für die oft nur schwer greifbare Alltags- und Vorstellungswelt des Mittelalters besitzt. Hervorgehoben wird dabei, dass die Autor:innen heiligmäßiges Wirken und wundersames Geschehen (im Sinne eines unerklärlichen, das Erwartbare übersteigenden Ereignisses) wohl kaum in einem Darstellungskontext platziert hätten, der auf ihr Publikum gänzlich fiktional wirkte. Vielmehr hätten sie die Protagonist:innen ihrer Texte in einer Kulisse agieren lassen, die dem zeitgenössischen Publikum plausibel, d. h. der eigenen Lebens- und Erfahrungswelt nahekommend, erschien und mithin die Glaubwürdigkeit der Berichte bekräftigte. Dies sei besonders für Heilige mit nur wenigen oder gar unikalen Kultorten sowie für hagiografische Texte mit überwiegend lokaler bis regionaler Zielgruppe anzunehmen, weil ortskundige Rezipient:innen die dort geschilderten Umstände und Gepflogenheiten einer direkten Überprüfung in der eigenen Lebensrealität hätten unterziehen können: Existierten die erwähnten Personen, Institutionen oder Orte wirklich? Stimmten die beschriebenen Lebensumstände mit den eigenen überein? Traten die wundersam behobenen Probleme, Sorgen und Gebrechen auch im eigenen Umfeld auf? Die positive Beantwortung vergleichbarer Fragen dürfte die Authentizität von Viten und Mirakeln dabei nicht nur unterstrichen, sondern auch die potenzielle persönliche Relevanz einer Hinwendung zu den entsprechenden Heiligen und ihren Verehrungsstätten unterstrichen haben.

Der Dokumentation von Wundern und ihren Zeug:innen kam sowohl in Kanonisationsverfahren als auch bei der Legitimierung und Propagierung von Kultorten tragende Bedeutung zu. Blieben in entsprechenden Auflistungen zwar viele der wundersam Geheilten anonym, sind dahingehende Informationen in manchen Texten bisweilen so detailreich, dass sich Identitäten und Lokalitäten in anderen Quellenarten, z. B. aus administrativem oder historiografischem Entstehungskontext, identifizieren lassen, wodurch gleichsam die Verankerung des Mirakels in der historischen Lebenswelt fassbar wird.

Davon ausgehend, dass zumindest Autor:innen von hagiografischen Texten mit starkem Lokalbezug und ausführlicher Rahmenhandlung durchaus Wert auf eine plausible, d. h. in der Lebens- und Erfahrungswelt ihres Publikums verankerte, Berichterstattung legten (die vielleicht nicht immer wiedergab, was wirklich war, aber doch das schilderte, was aus zeitgenössischer Sicht als möglich galt), erscheint es gewinnbringend, entsprechende Manuskripte und Drucke eingehender auf ihre Aussagekraft als alltags- und umwelthistorische Quellen hin zu überprüfen.

Für eine entsprechende Auseinandersetzung kommen für den hier fokussierten Interessensschwerpunkt des vormodernen Alltags- und Umweltgeschehens z. B. folgende Themengebiete infrage:
– Personen und soziale Situationen (z. B. reale Identitäten, Gruppenzugehörigkeiten., gesellschaftlicher Status, Geschlecht, Lebensalter, Lebensbedingungen, Gefühle)
– Handlungs- und Arbeitsweisen (z. B. in Handwerk, Bildungseinrichtungen, Landwirtschaft, Religionsausübung, Zeitvertreib)
– Wirtschaftsleben (z. B. Handelspraktiken, Preise und Wertigkeiten, Waren, Krisen)
– Medizin- und Körperwissen (z. B. Symptome, Heilmittel, Unfallrisiken)
– Ernährung (z. B. Nahrungsmittel, Zubereitung, Verfügbarkeit/Mangel, Qualitäten)
– Gegenstände, ihre Beschaffenheit und Verwendung (z. B. Werkzeuge, Haushaltsgegenstände, Bekleidung)
– Umwelt (z. B. Verfügbarkeit und Nutzung von Ressourcen, Flora und Fauna, Tierhaltung)
– Geografie, Topografie, Infrastruktur, Architektur (z. B. Aussagen über Landschaft, Stadtbild, Straßen, Gebäude)
– Mobilität (z. B. Ausgangs- und Zielorte, Routen, Wallfahrten, Fortbewegungsmittel)
– Katastrophenerfahrung und -bewältigung

Von Interesse sind sowohl Auswertungen, die sich allein auf hagiografische Texte beziehen, als auch Studien, die Verbindungen zu seriellen, diplomatischen, historiografischen Quellen etc. aufzeigen. Der Workshop ist sowohl offen gegenüber interdisziplinären Ansätzen (Archäologie, Kunstgeschichte, Sprach- und Literaturwissenschaften, etc.) als auch gegenüber Vorschlägen zu den benachbarten Epochen des Mittelalters. Vortragssprachen sind Deutsch und Englisch.

Bitte senden Sie Ihren Vorschlag für einen 20-25-minütigen Vortrag (<500 Wörter) und ein kurzes CV bis zum 25. Februar 2025 an han.schaefer@fau.de.

Die Reisekosten (DB, 2. Klasse) und eine Übernachtung der Vortragenden können übernommen werden.

Kontakt : Hanna Schäfer: han.schaefer@fau.de

Source : H-Soz-Kult

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