Publication – Thomas d’Aquin, « Commentaire du Traité Du ciel d’Aristote », trad. Barbara Ferré

e Commentaire du Traité Du ciel d’Aristote rédigé par Thomas d’Aquin aux alentours de 1272-1273 est une énigme. Pourquoi le théologien, qui est alors au faîte de sa carrière, entreprend‑il le commentaire littéral d’un texte sur la nature qui, manifestement, n’était pas destiné aux étudiants en théologie ? Avait-il, comme Albert le Grand, le projet de « rendre Aristote intelligible aux Latins » ? Cherchait-il à préciser ce qu’on peut appeler à la suite de Wilfrid Sellars « l’image manifeste de l’homme-dans-le-monde » ? Ou était‑il en train d’accorder la vision aristotélicienne d’un Univers clos et éternel avec le Ciel de la Foi chrétienne ? Dans cet ouvrage, où il est question d’explorer conceptuellement l’Univers corporel à partir de la lettre d’Aristote, Thomas livre un témoignage très singulier de son propre style de pensée. À ce titre, le texte présente un intérêt à la fois historique et philosophique. Parce qu’il aborde la question de la nature et la place des mathématiques dans son traitement, ce commentaire thomasien est aussi une source d’information intéressante pour l’histoire des sciences.

La présente traduction fait le choix de la précision, laissant ainsi au texte thomasien le style caractéristique d’un commentaire à haute voix écrit sous la dictée.

Barbara Ferré, agrégée de Lettres Classiques, maître de conférences à l’IPC (Paris), membre titulaire de l’ER IPC (RNSR : 201624341T). Elle travaille actuellement sur la traduction de la Physica d’Albert le Grand.

Emmanuel Brochier, maître de conférences en philosophie, doyen de l’IPC (Paris) et directeur de l’ER IPC (RNSR : 201624341T). Il poursuit ses travaux sur la réception de la Physique d’Aristote au XIIIe siècle.

Table des matières :

SOMMAIRE
INTRODUCTION

Contextes, transmissions et censures
Le commentaire du De caelo d’Aristote et la révolution copernicienne
Les traductions et les commentaires du De caelo au XIIIe siècle
Le De caelo sous la censure parisienne et l’intérêt des dominicains pour les libri naturales
Les sources du commentaire thomasien
L’Aristoteles Latinus
Les commentateurs d’Aristote
Simplicius, Alexandre d’Aphrodise et Jean Philopon
Avicenne et Averroès
La foi catholique
Platon, Euclide et Boèce
Autour de trois philosophèmes
Le problème de l’unité du De caelo
Le ciel à la croisée des disciplines
Le De caelo et la philosophie première
Le De caelo et la géométrie
La nature et Dieu dans la science de la nature
Contre Ptolémée
Dieu et la nature
L’influence du commentaire thomasien du De caelo
L’influence sur les Auctoritates Aristotelis
Le rejet par la condamnation de 1277
L’influence sur Pierre d’Auvergne et sur Jean Buridan

NOTE SUR LA TRADUCTION

COMMENTAIRE DU TRAITÉ DU CIEL D’ARISTOTE

Livre I. L’Univers
Livre II. Les corps célestes
Livre III. Les corps inférieurs

BIBLIOGRAPHIE
INDEX NOMINUM

Informations pratiques :

Thomas d’Aquin, Commentaire du Traité Du ciel d’Aristote« , trad. Barbara Ferré, avec la collaboration d’Emmanuel Brochier, Paris, Les Belles Lettres, 2024 ; 1 vol., 678 p. (Sagesses médiévales, 27). ISBN : 9782251455747 . Prix : € 55,00.

Source : Les Belles Lettres

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Colloque – His verbis exprime luctum. Supports, style et usages de la poésie funéraire (IXe-XIIe siècles)

Première session (Université de Poitiers, CESCM)
La matière de la poésie funéraire
Jeudi 26 septembre 2024

10h30. Accueil

11h. Mot d’accueil – Cécile Voyer (directrice du CESCM, Université de Poitiers)

11h10. Introduction – Julien De Ridder (fnrs, Université Catholique de Louvain et Université de Genève), Damien Strzelecki (Université de Poitiers) et Eléonore Venturelli (fnrs, Université Catholique de Louvain et Université de Poitiers)

11h30. Cécile Treffort (IUF, Université de Poitiers) – L’écriture poétique du deuil, IXe-XIIe siècle : état de la question. Discussion animée par Nicolas Tran (Université de Poitiers)

12h45. Lunch

14h. Andrea Ghidoni – Planctus itera: lingue, stili e tradizioni nella lamentazione funebre letteraria per i sovrani anglonormanni. Discussion animée par Estelle Ingrand-Varenne (CNRS/CESCM)

15h15. Table ronde – Discussion animée par Amal Azzi (Université de Poitiers)

  • Fabien Aguglia (Bibliothèque nationale de France) – Des reines dans la pierre
  • Sébastien-Abel Laurent – Le duc est mort ! Expressions poétiques du deuil et questionnement protonational dans les sociétés aquitaines des XIe et XIIe siècles

17h. Visite du Musée Sainte-Croix – Cécile Treffort (IUF, Université de Poitiers) et Damien Strzelecki (Ingénieur de recherche au CESCM, Université de Poitiers)

Vendredi 27 septembre 2024

8h30. Accueil

9h. Estelle Ingrand-Varenne (CNRS/CESCM) La poésie funéraire au Royaume de Jérusalem : le cas des épitaphes du roi Baudouin Ier. Modération à confirmer

10h15. Table ronde – Discussion animée par Blanche Lagrange (Université de Poitiers)

  • Benoît Traineau (Université de Poitiers) – Épitaphes monastiques dans les Carmina Centulensia : louer les vertus du moine
  • Damien Strzelecki (Ingénieur de recherche au CESCM, Université de Poitiers) – Les épitaphes de Bruno : une mémoire oubliée ?

11h45. Premières conclusions – Julien De Ridder (fnrs, Université Catholique de Louvain et Université de Genève), Damien Strzelecki (Ingénieur de recherche au CESCM, Université de Poitiers) et Eléonore Venturelli (fnrs, Université Catholique de Louvain et Université de Poitiers)

Deuxième session (Université Catholique de Louvain)
Style et mise en scène de la poésie funéraire
Jeudi 28 novembre 2024

10h30. Accueil

11h. Mot d’accueil – Paul Bertrand (Université Catholique de Louvain) et Xavier Hermand (Université de Namur)

11h10. Introduction – Julien De Ridder (fnrs, Université Catholique de Louvain et Université de Genève), Damien Strzelecki (Ingénieur de recherche au CESCM, Université de Poitiers) et Eléonore Venturelli (fnrs, Université Catholique de Louvain et Université de Poitiers)

11h30. Andrea Ghidoni (Università degli Studi di Genova) – Tradizioni, raggruppamenti e tipologie del planctus latino medievale. Discussion animée par Paul Bertrand (Université Catholique de Louvain)

12h45. Lunch

14h. Vincent Debiais (École des hautes études en sciences sociales) – Poétiques de l’appartenance. Mise en scène du groupe dans la documentation épigraphique (XIIe-XIIIe s.). Discussion animée par Paul Bertrand (Université Catholique de Louvain)

15h15. Wim Verbaal (Universiteit Gent) – La mort et les maîtres : la poésie funéraire et les écoles. Discussion animée par Paul Bertrand (Université Catholique de Louvain)

16h45. Table ronde – Discussion animée par Caroline Supply (fnrs, Université Catholique de Louvain)

  • Paola Mocella (Società Internazionale per lo Studio del Medioevo Latino) – Post mortem melius vivit in arce poli: temi e stilemi nella poesia funeraria di Alcuino
  • Julien De Ridder (fnrs, Université Catholique de Louvain et Université de Genève) – Les poètes ligériens et la matière funéraire

Vendredi 29 novembre 2024

8h30. Accueil

9h. Cécile Treffort (IUF, Université de Poitiers) – Copier une épitaphe à l’époque carolingienne : œuvre de mémoire, support de méditation ou modèle littéraire ? Discussion animée par Baudouin Van den Abeele (fnrs, Université Catholique de Louvain)

10h. Table ronde – Discussion animée par Elise Philippe (fnrs, Université Catholique de Louvain)

  • Seán Karnani-Stewart (University of Toronto) – Incomplete Epitaphs in a Carolingian Sylloge
  • Eléonore Venturelli (fnrs, Université Catholique de Louvain et Université de Poitiers) – Qui tumulum cernit. L’évocation poétique de la tombe dans les rouleaux mortuaires

11h30. Conclusions générales – Vincent Debiais (École des hautes études en sciences sociales)

La première session aura lieu à la Salle Crozet (CESCM, hôtel Berthelot E13, 24 rue de la Chaîne à Poitiers). Merci de signaler votre présence à Eléonore Venturelli.

La deuxième session aura lieu au Learning Center Christine de Pizan (31 place du Cardinal Mercier à Louvain-la-Neuve). Merci de signaler votre présence à Eléonore Venturelli.

Il sera possible de suivre les sessions en ligne en s’inscrivant auprès d’Eléonore Venturelli.

Pour toute question, veuillez utiliser l’adresse de contact eleonore.venturelli@uclouvain.be

Comité organisateur

Julien De Ridder (Aspirant fnrs, Université Catholique de Louvain et Université de Genève)
Damien Strzelecki (Ingénieur de recherche au CESCM, Université de Poitiers)
Eléonore Venturelli (Aspirante fnrs, Université Catholique de Louvain et Université de Poitiers)

Comité scientifique

Paul Bertrand (Université Catholique de Louvain)
Xavier Hermand (Université de Namur)
Estelle Ingrand-Varenne (CNRS/CESCM)
Cécile Treffort (IUF, Université de Poitiers)
Wim Verbaal (Université de Gand)

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Appel à contribution – Abandon de poste. Processus, usages et représentations de l’abandon du patrimoine bâti militaire, de l’Antiquité à nos jours

Comité scientifique : Philippe Bragard, Université Catholique de Louvain, (UMR 8529 – IrHIS Université de Lille); Charles Davoine, Université de Toulouse – Jean Jaurès, (PLH-ERASME – EA 4601); Aude Le Gallou, Université de Genève, UR Médiations; Nicolas Meynen, Université de Toulouse, (FRAMESPA – UMR 5136-CNRS); Nicolas Offenstadt, Université Paris-I-Panthéon-Sorbonne, (IHMC – UMR 8066); Émilie d’Orgeix, Ecole Pratique des Hautes Etudes, PSL Université (HISTARA – EA 7347); Alain Schnapp, Université Paris-I-Panthéon-Sorbonne, INHA; Valérie Toureille, Université Cergy-Paris Université

Date limite de l’appel : 15 décembre 2024 le 15 décembre 2025 à l’adresse
suivante : colloque.abandondeposte@unicaen.fr

Lien vers l’appel à communications (pdf) : Appel _Abandon _poste 2025
Link to the call for papers (pdf)  : Call_abandon_position_2025

ARGUMENTAIRE

Ce colloque international porte sur l’histoire de l’abandon du patrimoine bâti militaire, étudié dans une perspective diachronique et pluridisciplinaire. Il entend traiter le sujet de la manière la plus exhaustive possible, des problèmes de méthodologie et de gestion posés par ces édifices particuliers jusqu’aux représentations de l’abandon dans l’imaginaire collectif. À ce titre, la parole est donnée à tous les acteurs concernés, et les communications en histoire et histoire de l’art, archéologie, géographie, sociologie, architecture… seront toutes bienvenues.

Parmi les forts construits pour protéger Paris à la fin du XIXe siècle, celui du Haut-Buc, bâti pour abriter plus de 800 hommes en garnison, est aujourd’hui inoccupé, traversé par quelques explorateurs, photographes, ou militaires à l’entraînement. Comment ce lieu stratégique d’un important système de défense a-t-il perdu sa fonction militaire ? Comment le déclassement a-t-il provoqué son délaissement ? Qui s’occupe aujourd’hui de ce site pour en assurer la sécurité et à qui appartient-il ? Ce sont toutes ces interrogations qui traversent et structurent ce colloque.

Des peintres romantiques aux urbexeurs, l’intérêt pour les ruines et pour les sites abandonnés n’est pas nouveau bien que la abandonnés n’intéressent plus seulement les photographes, street-artistes, romanciers ou individus en quête de montée d’adrénaline mais ils sont investis par la sphère académique. Plusieurs initiatives récentes tels le cycle du séminaire de l’Institut d’Histoire Moderne et Contemporaine (Paris 1, ENS, CNRS, 2023-2024) intitulé Vers une histoire de l’abandon ou encore le séminaire Patrimoines abandonnés ? Ruines, friches et exploration urbaine (urbex) du Master Histoire de l’Art (Paris 1) témoignent du potentiel de l’histoire de l’abandon au sens large, qui s’impose comme un véritable champ à défricher. D’autres travaux, telle la publication de l’ouvrage d’Alain Schnapp Histoire universelle des ruines (2020) ou les activités de l’ANR Ruines et du GIS Patrimoines militaires, fondé en 2019, témoignent aussi de ce dynamisme scientifique.

Dans sa thèse, Aude Le Gallou définit l’abandon d’abord comme « un processus de désinvestissement matériel, économique, symbolique et affectif [caractérisé par] la perte de fonction d’un lieu, d’abord affecté à un usage donné (productif, récréatif, résidentiel, spirituel, politique…) et qui, pour des raisons diverses, s’en voit désinvesti » (Aude Le Gallou, 2021). Un deuxième élément correspond à l’absence d’un propriétaire connu ou identifié, qui aurait cessé d’assumer ses responsabilités légales, fonctionnelles et statutaires (Nicolas Offenstadt, 2024). Ces aspects se complètent sans toujours se superposer, tant chaque situation d’abandon est unique.
L’abandon est donc un processus dynamique, une situation transitoire particulière dont il importe de saisir chaque étape, de l’activité originelle à la réaffectation, l’oubli ou la destruction. Considérant que les questions de revalorisation et de réhabilitation constituent un sujet à part entière – par ailleurs davantage étudié (Stéphanie Lotz-Coll, 2017), elles sont exclues du propos qui entend se focaliser sur le temps de l’abandon. Si le processus est universel, le colloque ambitionne de questionner la spécificité du patrimoine militaire face à l’abandon.


D’un point de vue méthodologique, la situation d’abandon a produit une documentation aussi riche que complexe. Des sources archéologiques aux documents normatifs en passant par les ressources iconographiques, les dossiers documentaires sont nombreux à pouvoir être mis à profit pour servir le questionnement et une attention particulière sera portée à la représentation de cette variété dans les communications. L’archéologie illustre parfaitement ce paradoxe : bien souvent seule compétente pour expliciter des étapes d’abandon dont on ne conserve pas la trace par ailleurs (la technologie LIDAR fournit à cet égard des résultats probants), elle doit rivaliser d’ingéniosité pour exploiter des ressources difficiles d’accès et réticentes à la lecture.
Cette réflexion sur les sources de l’abandon est donc partie intégrante de la discussion, tout comme celle de la définition de notre objet d’étude qui se caractérise en effet par sa diversité : de la muraille à la base aérienne en passant par l’hôpital militaire, il englobe des bâtiments aux fonctions défensives, logistiques, sanitaires, stratégiques, administratives ou encore de casernement. En définitive, la patrimoine bâti militaire est entendu au sens large, comme l’ensemble des édifices construits par une autorité militaire ou caractérisés par leur usage militaire.
Si pour qu’il y ait ruines, il faut qu’il y ait abandon, l’inverse n’est pas forcément vrai. Ces remarques liminaires soulèvent d’ores et déjà un problème de définition qu’il s’agira en premier lieu d’éclaircir dans le cadre d’une table ronde qui introduira le colloque. L’étude de la bibliographie consacrée révèle un certain cloisonnement disciplinaire que cette manifestation entend dépasser en fournissant l’occasion de réunir une équipe de chercheurs internationale et pluridisciplinaire.
Les interventions sollicitées pourront s’intégrer dans l’un des quatre axes suivants :

1 – PROCESSUS ET CHRONOLOGIES DE L’ABANDON DES ÉDIFICES MILITAIRES
La notion d’abandon requiert de s’intéresser à son régime d’historicité (François Hartog, 2003). Si la périodisation « froide » peut expliquer le déclassement d’une structure militaire, une chronologie « vive » (Antoine Prost) et spécifique au lieu permet de mieux comprendre les enjeux autour de l’abandon. Le cas du château de Tancarville en Normandie, successivement actif et délaissé sur une période s’étendant du XIe siècle à la Seconde Guerre mondiale, en est la parfaite illustration. L’objectif de cette session est d’envisager le sujet sur le temps long afin de saisir l’ensemble des mécanismes à l’œuvre dans le processus complexe de l’abandon. Contrairement à la ruine, il est réversible et les édifices peuvent connaître de nombreux cycles au cours desquels se succèdent plusieurs états, entre activité originale et délaissement. Au cours de cette évolution, les transitions et les dynamiques de l’abandon, qui peuvent procéder autant de décisions actives que de phénomènes passifs, sont aussi révélatrices et cette rencontre attache une importance particulière à leur compréhension fine. L’approche diachronique est donc tout indiquée pour répondre à ces problématiques et nous invitons les chercheurs à se saisir de dossiers inédits et d’études de cas dont la confrontation permettra d’une part de déterminer s’il est possible de dresser une chronologie (universelle ou spécifique) de l’abandon du patrimoine bâti militaire et d’autre part de faire émerger un cadre méthodologique pour les études de l’abandon, compris comme un phénomène global.

2 – GÉRER L’ABANDON : ASPECTS JURIDIQUES, ADMINISTRATIFS ET ENVIRONNEMENTAUX
La série des places abandonnées (1VH2218) du Service Historique de la Défense à Vincennes permet de mesurer l’ampleur de la difficulté pour l’administration de qualifier et gérer la diversité des situations de délaissement. Le silence et l’absence relatifs des sources classiquement employées par l’historien quant à l’abandon des édifices militaires révèlent une incapacité chronique, pour les acteurs, à définir des statuts clairement établis du point de vue juridique. Chaque situation étant spécifique au lieu et à son contexte – historique, géographique, économique… – l’abandon s’impose comme un flou juridique qui freine la reconnaissance de ce patrimoine particulier. La discussion doit donc porter sur cette difficulté méthodologique et conceptuelle afin de faire progresser le débat et de proposer des pistes de réflexion pour l’avenir de ces édifices.
La question de l’évolution de la prise en compte par les autorités – politiques et militaires – de l’abandon est structurante dans cette session, et devra poser les principaux jalons de l’histoire de la gestion de l’abandon du patrimoine bâti militaire. Dans cette perspective, les périodes hautes, moins souvent convoquées sur ces problématiques, ont beaucoup à apporter. L’abandon entraîne souvent des situations inextricables: c’est le cas de ces casernes soviétiques en ex-Allemagne de l’Est, considérées depuis les années 1990 comme un lourd héritage à la charge des pouvoirs publics devant s’inquiéter de la pollution et du danger qu’elles représentent (Nicolas Offenstadt, 2019). Existe-t-il une jurisprudence propre à l’abandon? Ici, la comparaison – entre aires géographiques mais aussi périodes historiques – s’avèrera nécessairement fructueuse.


Les 600 sites militaires mis en vente entre 2000 et 2006, du fait de la loi de programmation militaire, semblent plaider en faveur de l’image « d’épine dans le pied » de ces espaces difficiles à mettre en valeur (Stéphanie Lotz-Coll, 2018). Pour autant, d’autres exemples militent pour nuancer très largement cette réputation : la ville de Rouen ne met-elle pas à profit, et ce dès le XVe siècle, les parties abandonnées de ses murs pour loger ses habitants les plus démunis, les chargeant de l’entretien contre la gratuité du logement ? Il semble bien que des stratégies soient à l’œuvre qui permettent de contourner cette difficulté juridique. Leur étude est un aspect plus novateur du sujet, sur lequel il importera de mettre l’accent.

3 – PRATIQUER LES ÉDIFICES MILITAIRES ABANDONNÉS : LES DIVERS USAGES DU PATRIMOINE
Paradoxalement, l’abandon est loin d’être synonyme d’inactivité, mais se caractérise au contraire par le dynamisme d’une vie – le plus souvent – informelle. La réappropriation illégale de ces lieux par une kyrielle d’acteurs aux motivations multiples, n’est pas sans engendrer des conflits d’usages. L’emprise foncière de ce patrimoine particulier le plus souvent bien placé attise ainsi les appétits des promoteurs, tandis que les associations de sauvegarde du patrimoine tendent à sacraliser la mémoire d’une histoire locale qui ne saurait être oubliée. Pour traiter ces questions, des sources d’un genre nouveau, comme les données contemporaines produites par les réseaux sociaux, peuvent être convoquées pour documenter les pratiques actuelles (urbex, clips musicaux, street-art etc.), tandis que pour les périodes hautes, les ressources archéologiques comblent efficacement les lacunes des sources descriptives (Isabelle Pimouguet-Pédarros, 2020).
Cette session doit donc dresser un panorama des pratiques dont le patrimoine militaire devient la scène, de la réappropriation plus ou moins clandestine des zones non aedificandi modernes et contemporaines (Émilie d’Orgeix, 2019) au phénomène mondial qu’est une distinction, que les contributions devront établir et discuter, entre usages officiels et officieux, infra-légaux et illégaux. L’oubli de l’identité du propriétaire foncier induit en effet une situation de flou juridique dans laquelle s’infiltrent nombre de pratiques dont on devra déterminer l’éloignement à la loi. Les sites militaires abandonnés peuvent ainsi faire l’objet de réemplois opportunistes – comme c’est le cas des matériaux récupérés par la Bande noire à la Révolution – ou encore devenir une véritable manne financière – comme le montre Aude Le Gallou à propos d’anciennes structures militaires d’Allemagne de l’Est, proposées à la visite par des tours opérateurs moyennant finance, aux frontières du dark tourism (Malcolm Foley et John Lennon, 1996).

4 – L’ABANDON DANS L’IMAGINAIRE COLLECTIF : LES REPRÉSENTATIONS DU PATRIMOINE MILITAIRE
Si l’abandon exerce une fascination universelle comparable à celui de la ruine qui a séduit les romantiques, il convient d’interroger la spécificité du patrimoine militaire. Investis d’un pouvoir symbolique fort, les bâtiments militaires font l’objet de tous les soins de la communauté de ses usagers quotidiens. Le sacrifice consenti par les villes médiévales, mettant un point d’honneur à l’entretien de leurs murs aux dépens de leur budget, est à ce titre représentatif d’un investissement symbolique de l’architecture militaire par la communauté urbaine. Les civils sont donc, loin d’être oubliés par le sujet, au premier plan de la réflexion et leur propre perception de l’abandon constitue un point de vue d’autant plus essentiel pour nourrir les débats qu’il a rarement été convoqué par l’historiographie classique.
De ce point de vue, les silences des documents sont révélateurs et devront faire l’objet de commentaires approfondis, tant l’absence de représentation de situations d’abandon est lourde de sens lorsque l’on connaît la valeur identitaire du patrimoine militaire. Les appels répétés à la sauvegarde de ces édifices suffisent d’ailleurs à mesurer l’ampleur des enjeux qu’ils représentent pour des acteurs nombreux, de l’institution aux usagers en passant par les professionnels du patrimoine.
La question des représentations, au sens large, permet de mobiliser des matériaux et méthodologies variés. Le patrimoine militaire peut en effet aussi bien être le sujet (voir l’exposition photographique Bunker archéologie de Paul Virilio en 1976) que l’objet – c’est le cas des artistes de streetart qui y trouvent autant d’espaces d’expression privilégiés – de riches pratiques artistiques. De nombreuses pistes méritent d’être éprouvées, comme celle de la survivance des toponymes d’origine militaire qui portent le souvenir impérissable – parfois depuis des époques hautes, de l’importance de ces édifices comme éléments de repère.
En définitive, ce colloque entend impulser une discussion entre tous les acteurs concernés par la question de l’abandon du patrimoine bâti militaire. Le caractère pluridisciplinaire de la manifestation doit permettre de mieux caractériser les processus à l’œuvre, de fournir des éléments de comparaison, et de proposer un cadre méthodologique pour l’étude de ces cas particuliers. Considérant qu’il s’agit d’un sujet à part entière la réhabilitation, reconversion, réaffectation du patrimoine militaire ne seront pas discutées mais ont naturellement vocation à nourrir le débat. Le parti d’écarter ces thématiques est aussi pris dans le but d’opérer un pas de côté par rapport aux lectures classiques de ces questions : il s’agira moins ici d’interroger le regard des professionnels et observateurs du XXIe siècle que celui des contemporains d’un abandon dont nous avons le plus souvent perdu les traces.

SESSION EXCEPTIONNELLE :
ATELIER JEUNE RECHERCHE DU GIS PATRIMOINES MILITAIRES P2ATS

Si le colloque fera la part belle aux propositions de jeunes chercheurs (doctorants et jeunes docteurs) qui pourront naturellement s’intégrer aux axes présentés ci-dessus, il fournira aussi l’occasion de la réunion annuelle du réseau du GIS Patrimoines Militaires P2ATS (Architectures, Aménagements, Techniques et Sociétés). Dans le sillage des éditions précédentes tenues depuis 2021, les organisateurs du colloque animeront le cinquième atelier jeune recherche au cours d’une session exceptionnelle consacrée exclusivement à la présentation des travaux des jeunes chercheurs du groupement (masterants, doctorants, postdoctorants). La thématique retenue pour cet atelier se confond avec celle du colloque et les propositions devront porter sur les questions développées dans le présent appel.

INFORMATIONS PRATIQUES
Le colloque se tiendra au château de Vincennes du 25 au 27 juin 2025.
Les communications de 30 minutes devront être prioritairement formulées en français, mais l’anglais est naturellement admis, à charge pour le communicant de proposer un support (papier ou diaporama) en français. Les propositions de communications devront être envoyées au plus tard
Celles-ci devront être pourvues d’un titre et ne pas excéder 3.000 signes (espaces inclus). Elles seront par ailleurs accompagnées d’une courte présentation de l’auteur et de ses travaux.
Les jeunes chercheurs sont vivement encouragés à proposer leurs candidatures.
Nous attirons par ailleurs l’attention des communicants sur le fait que les actes du colloque seront publiés et augmentés, en collaboration avec le ministère des Armées. Ils devront fournir une première version rédigée de leur intervention avant la tenue de la manifestation afin de lancer sans délai le projet d’édition.

Source : Patrimoines Militaires

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Séminaire – Analyse historique de la circulation des savoirs scientifiques par le biais de l’image


Sorbonne Université, Campus Pierre et Marie Curie (Métro Jussieu) ou par Zoom
VHS project – Computer vision and Historical Analysis of Scientific Illustration Circulation

Programme :

17 septembre 2024 17h-19h
Stéphane Schmitt, CNRS, Archives Henri Poincaré, Nancy : Les planches de la première édition de l’Histoire naturelle de Buffon

8 octobre 2024 17h-19h
Dominic Olariu, Philipps-Universität, Marburg : Les images botaniques du Moyen Âge et de la Renaissance en tant que vecteurs de connaissances

5 novembre 2024 17h-19h
Jade Norindr et Matthieu Husson, EIDA, Observatoire de Paris : EIDA, work in progress and current discussions

13 décembre 2024 17h-19h
Brigitte Gauvin, Centre Michel de Boüard (CRAHAM), Université de Caen : Autour de quelques animaux aquatiques : décrire et représenter au Moyen Âge et à la Renaissance

7 janvier 2025 17h-19h
Sachiko Kusukawa, Trinity College, Cambridge : Copying practices of images of plants in early modern European publications of medical botany (c. 1530-c. 1630)

4 février 2025 17h-19h
Matteo Valleriani, Max Planck Institute for the History of Science, Berlin : A workflow to detect transformations of visual language in science

4 mars 2025 17h-19h
Charlotte Bigg, Centre Alexandre Koyré (CNRS-EHESS-MNH), Paris : L’illustration scientifique de l’époque de sa reproduction mécanisée à l’époque de son étude mécanisée

15 avril 2025 17h-9h
Reviel Netz, Stanford University, Californie : Who Changed the Ancient Diagrams?

6 mai 2025 17h-19h
Kristen Lippincott, Director of The Saxl Project, London : Some questions concerning the concept of an ‘iconography’ of scientific illustration

3 juin 2025 17h-19h
Nicolas Joannes et Anne Weddigen, doctorant et postdoctorante VHS, Paris : Recherches de similarités : premiers résultats de recherche sur le corpus VHS

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Publication – « Les élèves d’Eugène Viollet-le-Duc », éd. Bérénice Gaussuin, Mohammed Hadjiat, Florence Lafourcade

Although the architect Eugène-Emmanuel Viollet-le-Duc (1814-1879) only had a few direct teaching experiences, he nevertheless had many « students », as he never gave up on passing on his ideas. In addition to the institutions in which he taught, it was in the course of his practice, in his office or on restoration sites, or through his publications, that he passed on his knowledge. So, while some of these « students » had actually been taught by the « master » in an educational institution, others – the most numerous – received Violletleducian lessons through other means, without necessarily having met him, or even having been contemporaries. Widely used today, the expression « students of Viollet-le-Duc » deserved, we thought, some clarification. This is the ambition of this volume, which, thanks to contributions from 22 authors, examines the ways in which Viollet-le-Duc’s thought was transmitted, and the work of some of his followers.

Informations pratiques :

Les élèves d’Eugène Viollet-le-Duc, éd. Bérénice Gaussuin, Mohammed Hadjiat, Florence Lafourcade, Villeneuve d’Ascq, Presses universitaires du Septentrion, 2024 ; 1 vol., 432 p. (Architecture et urbanisme). ISBN : 978-2-7574-4141-1. Prix : € 32,00.

Source : Presses universitaires du Septentrion

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Publication – « Bestsellers and masterpieces. The changing medieval canon », éd. Heather Blurton, Dwight F. Reynolds

Bestsellers and masterpieces: The changing medieval canon addresses the strange fact that, in both European and Middle Eastern medieval studies, those texts that we now study and teach as the most canonical representations of their era were in fact not popular or even widely read in their day. On the other hand, those texts that were popular, as evidenced by the extant manuscript record, are taught and studied with far less frequency. The book provides cross-cultural insight into both the literary tastes of the medieval period and the literary and political forces behind the creation of the ‘modern canon’ of medieval literature.

Heather Blurton is Professor of English at the University of California, Santa Barbara
Dwight F. Reynolds is Distinguished Professor of Arabic Language and Literature in the Department of Religious Studies at the University of California, Santa Barbara

Table des matières :

Introduction – Heather Blurton and Dwight F. Reynolds

Part I: Hanging by a thread: unique manuscripts and their place in the ‘modern’ medieval canon
1. Contemplating books with Usama ibn Munqidh’s Book of Contemplation – Paul M. Cobb
2. Dons and dragons: Beowulf and ‘popular reading’ – Daniel C. Remein and Erica Weaver
3. Ibn ?azm’s ?awq al-?amama (The Neck-Ring of the Dove) – Boris Liebrenz
4. ‘Thirty pieces of silver’: interpreting anti-Jewish imagery in the Poema de mio Cid manuscript – Ryan D. Giles
5. ‘Let no bad song be sung of us’: fame, memory and transmission in/and the Chanson de Roland – Sharon Kinoshita

Part II: Medieval bestsellers: reading the ‘medieval canon’?
6. World literature and its discontents: reading the life of A?iqar – Daniel L. Selden
7. The Alexander Romance in the age of scribal reproduction: the aesthetics and precariousness of a popular text – Shamma Boyarin
8. Wisdom literature and the medieval bestsellers – Karla Mallette
9. Lost worlds: encyclopedism and riddles in the tale of Tawaddud/Theodor – Christine Chism

Index

Informations pratiques :

Bestsellers and masterpieces. The changing medieval canon, éd. Heather Blurton, Dwight F. Reynolds, Manchester University Press, 2024 ; 1 vol., 288 p. (Manchester Medieval Literature and Culture). ISBN : 978-1-5261-7877-0. Prix : GBP 25,00.

Source : Manchester University Press

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Publication – Nicole Oresme, « Tome X : Astronomie, dioptrique et cinétique. Deux suites de questions sur la sphère, précédées de Jean de Sacrobosco, Traité de la Sphère », éd. et trad. Alain Boureau

Ces deux suites de questions sur la sphère, au début des années 1340, témoignent des premiers pas de Nicole Oresme dans sa carrière intellectuelle. Encore étudiant, puis jeune maître de la faculté des Arts de Paris, il commentait par questions le petit traité De spera mundi de Jean de Sacrobosco, au croisement de la géométrie et de l’astronomie. Rédigé vers 1230, le traité de Sacrobosco constituait le manuel de cosmographie le plus diffusé dans les universités jusqu’à la révolution copernicienne (et même au-delà). Il fut souvent mentionné dans différents statuts universitaires comme texte imposé dans l’enseignement. Rappelons que l’astronomie constituait l’une des quatre disciplines du quadrivium, de l’enseignement scientifique dans les facultés des Arts.

La première suite de 17 questions, qui restait encore proche du texte de Sacrobosco, tout en se confrontant déjà à l’astrologie, était inédite et a même été inconnue jusqu’à une date récente, car on la prenait pour une version de la seconde suite de 13 questions, bien plus générale, qui, elle, n’a été transcrite que dans une thèse ronéotée, non revue ni corrigée.

Le thème de la sphère ne cessa de hanter la pensée d’Oresme qui, une vingtaine d’années plus tard, rédigea en français un Traité de l’Espere, mais la précoce série des présentes questions inaugurait une réflexion de Nicole Oresme, qui, par la suite, a planté les fondations de ce qui devint l’astrophysique, en travaillant sur la dynamique des mouvements qui parcouraient les choses de l’Univers, ainsi que sur leur luminosité. Avec cette astrophysique avant la lettre, pourrait se manifester une continuité longue dans l’oeuvre si variée d’Oresme qui pensa en philosophe, en mathématicien, en musicien, en poète et en citoyen.

Alain Boureau est directeur d’études à l’EHESS, spécialiste d’histoire de la scolastique médiévale. Parmi ses ouvrages récents : En somme… Pour un usage analytique de la scolastique médiévale (2011), L’Errance des normes (2016) et une édition critique et bilingue des Questions disputées (six volumes parus aux Belles-Lettres depuis 2011) et des Quodlibets (trois volumes depuis 2015) de Richard de Mediavilla. Aux Belles Lettres, il dirige également avec Michel Desgranges la collection « Histoire » et avec Ruedi Imbach la « Bibliothèque scolastique ». 

Liminaire

JEAN DE SACROBOSCO
TRAITÉ DE LA SPHÈRE

Introduction
Chapitre 1
Chapitre 2
Chapitre 3
Chapitre 4

PREMIÈRES QUESTIONS SUR LA SPHÈRE
Introduction
1. La définition de la sphère est-elle adéquante quand on dit que la sphère est le développement d’une circonférence,
etc. ?
2. Une sphère céleste est-elle mue de plusieurs mouvements simultanés ?
3. Existe-t-il 9 sphères du ciel (ou sphères célestes) ?
4. La terre est-elle sphérique ?
5. Le ciel est-il sphérique ?
6. Les pôles de la sphère céleste subissent-ils un mouvement ?
7. Si une sphère était posée sur la Terre ou sur un plan, les toucherait-elle en un point ?
8. Le cercle équinoxial, les deux tropiques, les deux colures et les choses similaires sont-ils de vrais cercles célestes ?
9. Le zodiaque est-il un vrai cercle dans le ciel ?
10. Le zodiaque est-il un cercle divisible en parties diverses par nature ?
11. Le zodiaque subit-il une inclinaison par rapport au cercle équinoxial ?
12. La première zone de la Terre, celle qui est entre les deux tropiques ou qui n’est surmontée par cette zone du ciel
est-elle habitable ?
13. Cette zone de la Terre qui est entre le tropique d’hiver ou Capricorne et le cercle antarctique est-elle habitable ?
14. La totalité de la bande terrestre qui est entre le tropique du Cancer et le cercle arctique est-elle habitable ?
15. Le Soleil se meut-il dans un cercle excentrique ou encore décrit-il un cercle excentrique ?
16. La lumière de la Lune vient-elle du Soleil ?
17. Une éclipse se produit-elle par une interposition entre le Soleil et la Lune ?

SECONDES QUESTIONS SUR LA SPHÈRE
Introduction
1. Sur le livre de la sphère, on demande si la définition du point est adéquate quand on dit que le point est ce qui n’a
pas de partie.
2. Est-ce qu’est adéquate la définition de la ligne qui dit que la ligne est une longueur sans largeur, dont les extrémités sont deux points ?
3. La Terre reste-t-elle naturellement immobile au centre du monde ?
4. Un corps lourd particulier, comme une pierre, s’il n’était pas bloqué, irait-il vers le centre et y resterait-il naturellement immobile ?
5. La Terre est-elle ronde ?
6. Un corps léger simple, comme le feu, peut-il rester naturellement immobile vers le bas ?
7. Un corps lourd, dans sa descente, peut-il être mû plus rapidement qu’il ne descend ?
8. La Terre se meut-elle en cercle ?
9. Est-ce qu’est vrai cet enchaînement logique ou cette proposition conditionnelle : si le moteur du ciel était en une grandeur, se mouvrait-il en un instant ?
10. Quelque chose peut-il se mouvoir selon la même mesure en deux ou plusieurs mouvements locaux différents ?
11. Une sphère céleste est-elle mue de plusieurs mouvements, comme la sphère du Soleil est supposée se mouvoir du mouvement diurne et de son mouvement propre ?
12. Est-il nécessaire de supposer une neuvième sphère ?
13. Tout corps céleste se meut-il régulièrement ?

Annexe : les figures dans QdS2

Nicole Oresme, Tome X : Astronomie, dioptrique et cinétique. Deux suites de questions sur la sphère, précédées de Jean de Sacrobosco, Traité de la Sphère, éd. et trad. Alain Boureau, Paris, Les Belles Lettres, 2024 ; 1 vol., 644 p. (Bibliothèque scolastique, 20). ISBN : 978-2-25145-555-6. Prix : € 65,00.

Source : Les Belles Lettres

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Publication – Pascale Bourgain, « Le malheur d’être femme. De la désinvolture à la compassion dans la littérature médiévale »

Nul ne doute au Moyen Âge que naître femme soit un malheur. La liberté de disposer de soi-même est un principe admis par les penseurs médiévaux, mais peu appliqué, et les contraintes envers les femmes sont constantes dans les faits. Les historiens font montre d’une réprobation discrète ; les poètes fantasment avec désinvolture sur des récits de viol. Mais ils composent aussi des lamentations d’abandonnées, de religieuses sans vocation et d’épouses maltraitées, où l’on voit naître, surtout à partir du xiie siècle et dans les romans, une compassion qui se fait véritable sympathie et compréhension.

Informations pratiques :

Pascale Bourgain, Le malheur d’être femme. De la désinvolture à la compassion dans la littérature médiévale, Paris, École nationale des chartes, 2023 ; 1 vol., 56 p. (Propos). ISBN : 978-2-35723-185-6. Prix : € 8,00.

Source : École nationale des chartes

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Publication – « Traductions imprimées, traductions pour l’imprimé », éd. Elisabetta Barale, Maria Colombo Timelli, Martina Crosio, Barbara Ferrari

Les décennies entre fin du Moyen Âge et Renaissance enregistrent l’augmentation quantitative et qualitative des traductions en français, qu’elles soient interlinguales ou intralinguales. Ce volume collectif vise à réfléchir sur les traductions réalisées avant la fin du XVe siècle et éditées entre 1470 et 1550.

Table des matières : ici

Informations pratiques :

Traductions imprimées, traductions pour l’imprimé, éd. Elisabetta Barale, Maria Colombo Timelli, Martina Crosio, Barbara Ferrari, Paris, Classiques Garnier, 2024 ; 1 vol., 234 p. (Rencontres, 618 ; Civilisation médiévale, 58). ISBN : 978-2-406-16459-3. Prix : € 28,00.

Source : Classiques Garnier

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Publication – Ivan G. Marcus, « How the West Became Antisemitic: Jews and the Formation of Europe, 800–1500 »

In medieval Europe, Jews were not passive victims of the Christian community, as is often assumed, but rather were startlingly assertive, forming a Jewish civilization within Latin Christian society. Both Jews and Christians considered themselves to be God’s chosen people. These dueling claims fueled the rise of both cultures as they became rivals for supremacy. In How the West Became Antisemitic, Ivan Marcus shows how Christian and Jewish competition in medieval Europe laid the foundation for modern antisemitism.

Marcus explains that Jews accepted Christians as misguided practitioners of their ancestral customs, but regarded Christianity as idolatry. Christians, on the other hand, looked at Jews themselves—not Judaism—as despised. They directed their hatred at a real and imagined Jew: theoretically subordinate, but sometimes assertive, an implacable “enemy within.” In their view, Jews were permanently and physically Jewish—impossible to convert to Christianity. Thus Christians came to hate Jews first for religious reasons, and eventually for racial ones. Even when Jews no longer lived among them, medieval Christians could not forget their former neighbors. Modern antisemitism, based on the imagined Jew as powerful and world dominating, is a transformation of this medieval hatred.

A sweeping and well-documented history of the rivalry between Jewish and Christian civilizations during the making of Europe, How the West Became Antisemitic is an ambitious new interpretation of the medieval world and its impact on modernity.

Ivan G. Marcus is the Frederick P. Rose Professor of Jewish History at Yale University. He is the author of Piety and Society: The Jewish Pietists of Medieval Germany; Rituals of Childhood: Jewish Acculturation in Medieval Europe; The Jewish Life Cycle: Rites of Passage from Biblical to Modern Times; and Sefer Hasidim and the Ashkenazic Book in Medieval Europe.

Informations pratiques :

Ivan G. Marcus, How the West Became Antisemitic: Jews and the Formation of Europe, 800–1500, Princeton, Princeton University Press, 2024 ; 1 vol., 384 p. ISBN : 978-0-69125-820-1. Prix : USD 39,95.

Source : Princeton University Press

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