Publication – Éric Palazzo, « De l’autel à la peinture »

Ouvrons les yeux. Cessons d’opposer picturalement le Moyen Âge et la Renaissance. Apprenons à voir, précisément, comment l’oeil qui gouverne le premier commande la seconde car il ne cesse de quêter l’invisible.

S’emparant des deux peintres majeurs que furent Piero della Francesca et Vittore Carpaccio, Éric Palazzo montre, pièces en main, combien ces artistes novateurs se voulurent d’abord des légataires. Leur génie consista à tisser dans leurs oeuvres les objets ou sujets théologiques et liturgiques dont ils héritaient avec les innovations sur la perspective, la géométrie et la lumière qu’ils promouvaient.
Que nous dévoilent La Vision de saint Augustin de Carpaccio, La Flagellation du Christ, La Résurrection et La Vierge à l’Enfant de Piero della Francesca ? De la vision mystique du divin à la perception figurative de l’humain, l’autoportrait marque l’avènement d’une modernité qui ne se veut pas rupture mais continuité.

Une immersion inédite, pédagogique et jubilatoire dans l’histoire de l’art.

Professeur d’histoire de l’art du Moyen Âge à l’université de Poitiers, invité à enseigner dans diverses universités à l’étranger, membre du Centre d’études supérieures de civilisation médiévale, de l’Institut universitaire de France et de plusieurs institutions internationales de recherche, Éric Palazzo est l’auteur d’une oeuvre majeure, dont L’invention chrétienne des cinq sens dans la liturgie et l’art au Moyen Âge, Le Souffle de Dieu et Broder la splendeur, parus au Cerf.

Informations pratiques :

Éric Palazzo, De l’autel à la peinture, Paris, Éditions du Cerf, 2024 ; 1 vol., 272 p. ISBN : 9782204155069. Prix : € 36,00.

Source : Les Éditions du Cerf

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Exposition – Exceptional Picture Frames

The Museo Nacional Thyssen-Bornemisza is presenting a display of eleven paintings from its permanent collection dating from the fourteenth to seventeenth centuries with frames – three of them the original ones – that reveal the artistic importance of this element. Made in Spain, France, Italy, Germany and the Netherlands, they exemplify a wide variety of styles which reflect both the artistic period in which they were made and changing tastes, principally in relation to furniture, while contributing additional aesthetic value to the works they accompany, embellish and protect.

While the collection does not include a large number of the original frames, it does feature many old and important examples. Baron Hans Heinrich Thyssen-Bornemisza paid particular attention to this aspect of collecting and in the 1980s commissioned two scholarly studies of the frames in his collection. The examples chosen for the present exhibition are of a high technical and stylistic level, making them unique and valuable objects in themselves. They also provide additional information which assists in a more complete understanding of the historical and artistic context of the works they surround.

Of the eleven paintings on display, five are by Northern artists. These are by Pieter Jansz. Saenredam (The West Façade of the Church of Saint Mary in Utrecht, 1662), Michael Sweerts (Boy in a Turban holding a Nosegay, ca. 1658-1661), IDM Monogrammist / circle of Joos de Momper (View of a River Port with the Castel Sant’Angelo, 1590-1610), Jan van Eyck (The Annunciation Diptych, ca. 1433-1435) and Wolfgang Beurer (Figure with Coat-of-arms, reverse, 1487).

Informations pratiques :

Exhibition: 7 October 2024 – 21 January 2025

Museo Nacional Thyssen-Bornemisza
Paseo del Prado 8
28014 Madrid
Spain

Source : Codart

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Exposition – Chevaliers

En collaboration avec le musée Stibbert (Florence, Italie)

Chevaliers est une exposition constituée d’un ensemble d’armes et d’armures européennes datant du Moyen Âge et de la Renaissance. La plupart sont des chefs-d’œuvre. L’exposition révèle ainsi la beauté incroyable de ces objets et le savoir-faire artistique des artisans de l’époque.

Le propos principal de l’exposition est d’illustrer et de faire revivre la figure emblématique du chevalier, le code de la chevalerie qui l’anime, sa relation à la guerre, sa place dans la société de l’époque et les formes de démonstration de son statut, comme la coutume des tournois et des joutes.

Le goût pour les objets de la chevalerie renaît au sein du courant du renouveau gothique romantique, qui caractérise l’Europe du 19e siècle. Frederick Stibbert (1838-1906), riche financier et collectionneur avisé, a consacré sa vie à la collection d’œuvres d’art, et en particulier à celle des armures et des armes européennes et extra-européennes. Son armurerie est considérée aujourd’hui comme l’une des plus belles d’Europe. Elle est exposée au musée qui porte son nom, à Florence (Italie).

Grâce à plus de 150 objets originaux, issus de la collection Stibbert, l’exposition permettra d’illustrer la figure du chevalier. Seront aussi abordés de nouveaux thèmes, comme la chevalerie française et bretonne, la place des femmes dans cet univers masculin et le mythe du chevalier dans les arts, la littérature, le cinéma aux 19e et 20e siècles.

Conçue à l’origine par le musée Stibbert, l’exposition a été présentée récemment aux États-Unis, elle sera pour la première fois montrée en Europe.

19 octobre 2024–20 avril 2025
Nantes, Château des ducs de Bretagne

La programmation d’octobre à décembre, liée à Chevaliers sera en ligne le 18 octobre.

La réservation d’un créneau horaire de visite pour découvrir l’exposition temporaire est fortement conseillée, afin de garantir un meilleur confort de visite.

Source : Château des ducs de Bretagne

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Exposition – Figures du Fou. Du Moyen Âge aux Romantiques

16 octobre 2024 – 3 février 2025
Musée du Louvre – Paris

Étudiée par l’histoire sociale et culturelle, la fascinante figure du fou, qui faisait partie de la culture visuelle des hommes du Moyen Âge, l’a rarement été du point de vue de l’histoire de l’art : pourtant entre le XIIIe et le milieu du XVIe siècle, la notion de folie a inspiré et stimulé la création artistique, aussi bien dans le domaine de la littérature que dans celui des arts visuels.

Cette exposition ambitieuse et stimulante entend aborder la figure typiquement médiévale du fou à travers ses représentations. Elle rassemblera au sein d’un parcours chronologique et thématique plus de 300 œuvres : sculptures, objets d’art (ivoires, coffrets, petits bronzes), médailles, enluminures, dessins, gravures, peintures sur panneau, tapisseries.

Pour le grand public, l’art médiéval est essentiellement religieux. Pourtant, c’est le Moyen Âge qui a donné corps à la figure subversive du fou. Si elle prend ses racines dans la pensée religieuse, elle s’est épanouie dans le monde profane pour devenir à la fin de la période un élément essentiel de la vie sociale urbaine.

Pour l’homme médiéval, la définition du fou est donnée par les Écritures, en particulier le premier vers du psaume 52 : « Dixit insipiens... » (L’insensé a dit en son cœur : « Il n’y a pas de Dieu ! »). La folie est avant tout méconnaissance et absence d’amour pour Dieu. Inversement, il existe aussi des « fous de Dieu », tel saint François. Au XIIIesiècle, la notion est donc inextricablement liée à l’amour et à sa mesure ou démesure, d’abord dans le domaine spirituel, puis dans le domaine terrestre.

Le thème de la folie de l’amour hante les romans de chevalerie (celle d’Yvain, de Perceval, de Lancelot ou de Tristan) et leurs nombreuses représentations, notamment dans les enluminures et les ivoires. Bientôt, le personnage du fou s’immisce entre l’amant et sa dame : il est celui qui dénonce les valeurs courtoises et met l’accent sur le caractère lubrique, voire obscène, de l’amour humain.

De mystique ou de symbolique qu’il était, le fou se « politise » et se « socialise » : au XIVe siècle, le fou de cour devient l’antithèse institutionnalisée de la sagesse royale et sa parole ironique ou critique est acceptée. Une nouvelle iconographie se met en place et on reconnaît le fou à ses attributs : marotte, habit rayé ou mi-parti, capuchon, grelots.

Le XVe siècle est celui de l’expansion formidable de la figure du fou, liée aux fêtes carnavalesques et au folklore. Associé à la critique sociale, le fou sert de véhicule aux idées les plus subversives. Il joue également un rôle dans les tourments de la Réforme : dans ce contexte, le fou c’est l’autre (catholique ou protestant). Au tournant du Moyen Âge et de la Renaissance, sa figure est devenue omniprésente, ainsi que le montre l’art de Bosch puis celui de Bruegel.

A l’époque moderne, la figure du fou institutionnel semble s’effacer progressivement, remplacé dans les cours d’Europe par le bouffon ou le nain. Dès le milieu du siècle des Lumières, la folie prend sa revanche pour apparaître sous d’autres formes, moins contrôlées. L’exposition se conclura par une évocation du regard porté par le XIXe siècle sur le Moyen Âge par le prisme du thème de la folie, mais avec l’éclairage tragique, voire cruel, que lui ont conféré les révolutions politiques et artistiques.

Commissaires

Elisabeth Antoine-König, conservatrice générale au département des Objets d’Art et Pierre-Yves Le Pogam, conservateur général au département des Sculptures, musée du Louvre.

Source : Le Louvre

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Publication – Glenn Peers, « Byzantine Media Subjects »

Byzantine Media Subjects invites readers into a world replete with images—icons, frescoes, and mosaics filling places of worship, politics, and community. Glenn Peers asks readers to think themselves into a world where representation reigned and humans followed, and indeed were formed. Interrogating the fundamental role of representation in the making of the Byzantine human, Peers argues that Byzantine culture was (already) posthuman.

The Byzantine experience reveals the extent to which media like icons, manuscripts, music, animals, and mirrors fundamentally determine humans. In the Byzantine world, representation as such was deeply persuasive, even coercive; it had the power to affect human relationships, produce conflict, and form self-perception. Media studies has made its subject the modern world, but this book argues for media having made historical subjects. Here, it is shown that media long ago also made Byzantine humans, defining them, molding them, mediating their relationship to time, to nature, to God, and to themselves.

Glenn Peers is Emeritus Professor of the History of Art at both Syracuse University and the University of Texas at Austin. Among his eight books are, as author, Animism, Materiality, and Museums and Sacred Shock, and, as editor, Byzantine Things in the World. He lives in Bennington, Vermont.

Informations pratiques :

Glenn Peers, Byzantine Media Subjects, Ithaca (NY), Cornell University Press, 2024 ; 1 vol., 320 p. ISBN : 978-1-50177-626-7. Prix : 32,95.

Source : Cornell University Press

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Publication – Évrart de Conty, « Livre des problèmes de Aristote. Édition de la partie I d’après le manuscrit autographe », éd. Françoise Guichard-Tesson, Michèle Goyens

Le Livre des Problemes de Aristote est une traduction réalisée vers 1380 par Évrart de Conty, médecin du roi Charles V et maître régent à la Faculté de médecine de Paris. Le texte est basé sur la traduction latine des Problemata physica pseudo-aristotéliciens par Barthélemy de Messine, datant de 1260, et son commentaire, intitulé Expositio Problematum, par le médecin padouan Pietro d’Abano. Ce volume édite la première des trente-huit parties (particulae) du traité, consacrée aux problèmes de médecine. La traduction d’Évrart de Conty est conservée dans huit manuscrits complets et quelques fragments, mais la présente édition est basée sur le manuscrit Paris, BnF, fr. 24281-24282 : celui-ci est en effet un autographe, particulièrement instructif du point de vue de la genèse du travail de traduction, montrant le traducteur au travail avec ses hésitations, ses corrections, ses mises au point.

Table des matières : ici

Informations pratiques :

Évrart de Conty, Livre des problèmes de Aristote. Édition de la partie I d’après le manuscrit autographe, éd. Françoise Guichard-Tesson, Michèle Goyens, Paris, Honoré Champion, 2024 ; 1 vol., 776 p. (Classiques français du Moyen Âge, 205). ISBN : 978-2-74536-167-7. Prix : € 55,00.

Source : Honoré Champion

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Séminaire – Medieval Visual Culture Seminar

St Catherine’s College, Oxford, Arumugam Building 1.2  |   Thursdays 5pm (GMT)  |   All welcome

Convenors: Nancy Thebaut, Associate Professor, History of Art & Fellow, St Catherine’s College (nancy.thebaut@history.ox.ac.uk)

Join the University of Oxford for their in-person Medieval Visual Culture Seminar Series this Michaelmas Term.

7 November 2024

Elena Lichmanova, DPhil student, University of Oxford, Religious Storytelling and the Rise of Marginalia

21 November 2024

Alixe Bovey, Professor and Dean, Deputy Director, & Head of Research, The Courtauld Institute of Art, Visual Storytelling in 14th-century London: Subtexts, Pretexts, Contexts

5 December 2024

Ben Tilghman, Associate Professor of Art History, Washington College & Visiting Research Fellow, University of Edinburgh, What Art Does When It’s Doing Nothing: Stillness, Perdurance, and Agency in Medieval Art

Source : Medieval Art Research

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Publication – Sverrir Jakobsson, « Medieval Iceland. Politics, Patronage and Power »

In the ninth century, at the beginning of this account, Iceland was uninhabited save for fowl and smaller Arctic animals. In the middle of the sixteenth century, by the end of this history, it had embarked on a course that led to the creation of a small country on the periphery of Europe. The history of medieval Iceland is to some degree a microcosm of European history, but in other respects it has a trajectory of its own. As in medieval Europe, the evolution of the Church, episodic warfare, and the strengthening of the bonds of government played an important role.

Unlike the rest of Europe, however, Iceland was not settled by humans until the Middle Ages and it was without towns and any type of executive government until the late medieval period. Medieval Iceland is a review of Icelandic history from the settlement until the advent of the Reformation, with an emphasis on social and political change, but also on cultural developments, such as the creation of a particular kind of literature, known throughout the world as the sagas.

A view of medieval Icelandic history as it has never been told before from one of its leading historians, this book will appeal to students and scholars alike interested in Icelandic and medieval history.

Sverrir Jakobsson is Professor of Medieval History at the University of Iceland. He is the author and editor of numerous works, including Historical Dictionary of Iceland, 3rd edition (2016) and The Varangians: In God´s Holy Fire (2020), The Routledge Research Companion to the Medieval Icelandic Sagas (2017), Sturla Þórðarson. Skald, Chieftain and Lawman (2017) and The Making of the Eastern Vikings. Rus’ and Varangians in the Middle Ages (2024).

Introduction: Long-term economic and social trends

Part 1. Early Medieval Iceland

1.     Land-taking

2.     The Foundation of Society

3.     Christianisation

4.     The Settlement in Cultural Memory

Part 2. High Medieval Iceland

5.     Church and Society in the Twelfth Century

6.     The Creation of Domains

7.     Civil Strife

8.     Enter the Kingdom

Part 3. Late Medieval Iceland

9.     Pacification and Growth

10. Towards a New Era

11. Trade Wars and Social Anxiety

12. The Reformation

Conclusion: The Course of Icelandic Medieval History

Biographies

Informations pratiques :

Sverrir Jakobsson, Medieval Iceland. Politics, Patronage and Power, Londres, Routledge, 2024 ; 1 vol., 220 p. ISBN : 978-1-03234-894-0. Prix : GBP 135,00.

Source : Routledge

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Journée d’étude – Dévotion et émotions. L’évolution des affects dans la seconde moitié du Moyen Âge et les usages dévotionnels des images

Jeudi 7 novembre 2024
SHA, Université de Poitiers
8 rue René Descartes,
Salle 203 – Bât. E15

Session du matin

9h – Marcello Angheben (Université de Poitiers, CESCM) : Accueil et présentation de la journée

9h30 – Ingrid Falque (FNRS – UCLouvain) : Image de dévotion, « Andachtsbild », image de piété ? Approche historique et historiographique de l’image dévotionnelle à la fin du Moyen Âge dans le nord de l’Europe

10h20 – Pause café

10h40 – Pierre-Marie Joris et Pierre Levron (Université de Poitiers, CESCM) : Les mots de l’émotion

11h30 – Hélène Torcheboeuf (Université de Poitiers, CESCM) : Images écrites ou comment Dieu vient toucher l’homme, dans l’œuvre de Mechthild de Magdebourg

12h20 – Déjeuner

Session de l’après-midi

13h30 – Katherine Zieman (Université de Poitiers, CESCM) : Images affectives et sons affectifs : la poésie dévotionnelle de Richard Rolle dans BL Additional 37049

14h20 – Marcello Angheben (Université de Poitiers, CESCM) : Les dévots et l’objet de leur vision : images inertes, images vivantes, visions, rejeux et extases mystiques

15h10 – Pause

15h30 – Éric Palazzo (Université de Poitiers, CESCM ) : Liturgie et dévotion dans le livre de prière de saint Dominique

16h20 – Fuensanta Murcia Nicolás (Universidad de Oviedo) : Dévotion et émotion : nouvelles perspectives sur les recueils de miracles mariaux

17h10 – Marcello Angheben (Université de Poitiers, CESCM ) : Conclusions

VISIOCONFÉRENCE

Inscription préalable souhaitée

Lien de connexion : https://univ-poitiers.webex.com/meet/marcello.angheben

CONTACT

 marcello.angheben@univ-poitiers.fr

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Publication – Pablo A. Blitstein, « Le haut Moyen Âge chinois. Histoire générale de la Chine (220-589) »

Après la chute de la dynastie Han en 220, l’ancien territoire de l’empire entre dans une longue phase de transformation sociale, politique et intellectuelle. Pendant plus de trois siècles et dans l’ensemble de l’Est asiatique, la tendance sera à la fragmentation politique, aux frontières instables, aux rébellions, migrations et invasions. Cette période est marquée par la destruction et la violence, mais aussi par de multiples expérimentations sociales et politiques. Dans le Nord, des populations frontalières conquièrent le centre de l’ancien empire, en imposant leurs normes et leurs pratiques. Dans le Sud, des familles aristocratiques s’approprient les administrations et les façonnent à leur image. Au Nord comme au Sud, l’arrivée du bouddhisme et l’expansion du taoïsme s’accompagnent de nouvelles idées, de nouveaux acteurs et de nouvelles institutions.

Époque d’intenses bouleversements, ce « haut Moyen Âge chinois » (220-589) interroge d’abord l’évolution de l’autorité sociale et politique. Comment certains groupes parviennent-ils à se faire une place, voire à s’imposer face à leurs rivaux ? Quels moyens les anciennes élites se donnent-elles pour dominer des populations mobiles et changeantes, parfois devenues incompréhensibles à leurs yeux ? Et face aux recompositions à l’oeuvre, qu’advient-il des manières traditionnelles d’expliquer, de justifier et de rationaliser le pouvoir ? Dans ce monde médiéval aux allures parfois « modernes », dans ce mouvement fébrile d’idées, de populations et de frontières, s’ébauchent un certain nombre des trajectoires historiques qui marqueront durablement l’ensemble de la région – jusqu’à cette Chine que nous connaissons aujourd’hui.

Pablo Blitstein est maître de conférences à l’École des hautes études en sciences sociales (EHESS). Ses recherches portent sur l’histoire globale et sur l’histoire intellectuelle et politique de la Chine impériale (médiévale et moderne). Il a déjà publié aux Belles Lettres Les Fleurs du royaume. Savoirs lettrés et pouvoir impérial en Chine (Ve-VIe siècles) (2015).

Table des matières :

Remerciements
Note liminaire : précisions terminologiques

Introduction

La longue durée du haut Moyen Âge
Lignes directrices et plan de cet ouvrage
Langage du chercheur, langage des acteurs

Chapitre premier. D’une unité à une autre : entre les Han et les Jin
L’empire des Han, ses acteurs et ses institutions
La fin des Han
L’empire se disloque
Les Trois Royaumes
Les familles illustres entre la fin des Han et le début du haut Moyen Âge
Les Jin et leur unité
Le nouveau sens des appartenances

Chapitre II. Dispersion politique et souverainetés fragmentées
La conquête du Nord
Souverainetés fragmentées, manorialisme et citadelles
Le Sud sous les Jin orientaux
La frontière du Nord et les contradictions des Jin
La Garnison du Nord
Changements démographiques et fiscaux

Chapitre III. La stabilisation des formules politiques
Le Nord
Les dynasties du Sud au Ve siècle

Chapitre IV. Vers une nouvelle forme d’unité impériale
La division genrée du travail politique
Les dynasties du Sud
Division et unification
La synthèse des Sui

Chapitre V. Développements sociaux, politiques et intellectuels des couches lettrées (IIIe-IVe siècles)
L’affirmation de soi
Précisions historiques sur la catégorie de shi 士 ou « lettré »
La puissance des lettrés au iiie siècle
Caractérologie et conversations pures
Études des mystères, doctrine des noms : une définition conflictuelle des règles en commun
L’emprise lettrée sur le recrutement
La loi et la « familisation » du monde lettré
Le rôle des femmes dans le monde lettré
Géographies intellectuelles

Chapitre VI. Développements sociaux, politiques et intellectuels des couches lettrées (IVe-VIe siècles)
Le Sud
Le Nord

Chapitre VII. Prêtrise et monachisme (IIIe-IVe siècles)
Le mouvement des Maîtres célestes et les mouvements taoïstes de la fin des Han et des Trois Royaumes
La diaspora céleste
L’empire des Cheng-Han (ive siècle) et la nouvelle expérience politique des Maîtres célestes
Les moines et les nonnes bouddhistes
Le pouvoir du monastère
À la conquête de la cour

Chapitre VIII. Prêtrise et monachisme (IVe-VIe siècles)
L’autonomie en question : monastère, empire et « déviations »
Les défis des Maîtres célestes dans le Sud : déviations et rébellions
La réforme du Joyau sacré et l’invention du moine taoïste
La réforme taoïste dans le Nord : Kou Qianzhi et le taoïsme d’empire
Le monastère et son bouddhisme d’empire
La poussée du bouddhisme dans le Sud à la fin du Ve siècle et au début du VIe
Déviance, rébellion et institution aux Ve et VIe siècles
Moines et prêtres dans l’empire unifié

Chapitre IX. Production, reproduction et esthétique pendant le haut Moyen Âge
Maintenir la vie
Calligraphie, musique et peinture : la transformation lettrée du visuel et du sonore
La production textuelle

Conclusion : la politique de la différence

Annexes
Chronologie
Principaux États « barbares » de la période
Souverains de la période (sélection raisonnée)
Bibliographie
Table des cartes
Table des figures
Index
Cahier des cartes et plans

Informations pratiques :

Pablo A. Blitstein, Le haut Moyen Âge chinois. Histoire générale de la Chine (220-589), Paris, Les Belles Lettres, 2024 ; 1 vol., 528 p. (Histoire, 158). ISBN : 978-2-25145-582-2. Prix : € 33,00.

Source : Les Belles Lettres

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