Building upon previous volumes by the same editor, this book contains studies of nine of the most important writers of Arabic-language textual sources for the Crusades and the Frankish presence in the eastern Mediterranean in the period 1097-1291.
Alexander Mallett is Associate Professor in the Faculty of International Research and Education and a member of the team of the Chair of the State of Qatar for Islamic Area Studies at Waseda University, Tokyo. He has previously edited Medieval Muslim Historians and the Franks in the Levant (Leiden, 2014) and Franks and Crusades in Medieval Eastern Christian Historiography (Turnhout, 2021).
Informations pratiques :
Arabic Textual Sources for the Crusades, éd. Alexander Mallett, Leyde, Brill, 2024 ; 1 vol., XII–271 p. (The Muslim World in the Age of the Crusades, 5). ISBN : 978-90-04-67758-6. Prix : € 106,00.
The Centre for Medieval Studies at the University of Toronto offers a Summer Latin Programme consisting of three levels of study beginning this May!
Students who attend the courses regularly and complete assignments will be provided with an official letter detailing the course content and their participation. Following successful completion of Level I and Level II programming, students may also elect to register for a CMS Latin Exam to receive a Statement of Proficiency, as is a requirement for many post-secondary programs in both North America and internationally.
Students outside of Ontario will be pleased to know that Beginning Latin and its supplementary Beginning Review courses are both offered online. Students wishing to travel to Toronto to participate in either in-person course, Level I Latin, or Level II Latin may find financial support for mobility through the Medieval Academy of America / CARA Summer Scholarship Programme.
An introductory intensive course for those with little or no previous exposure to Latin. Includes a Review Session (online, July 9-25) at no extra cost.
Level I Latin – in person – May 21-June 27
Monday-Friday, 10:30 am-12:00 pm
This course serves to refresh students’ knowledge of grammar and/or gain additional experience of readings texts in preparation for Medieval Latin Exams. Includes a Review Session (online, May 7-17) at no extra cost.
Level II Latin – in person – July 2-August 9
Monday-Friday, 10:30 am-12:00 pm
This course is intended for students who have a thorough knowledge of Latin grammar and a basic working vocabulary and prepares them for the Level II Latin Examination.
Le 56e Congrès de notre Société se tiendra à l’Université Champollion (Albi), du 22 au 25 mai 2025, sur le thème des « chantiers médiévaux« . Nous vous prions de bien vouloir trouver l’argumentaire au lien suivant : Congrès-Shmesp-2025-Albi-argumentaire
Les propositions de communication doivent être adressées au secrétariat de la SHMESP avant le 25 mai 2024, délai de rigueur, exclusivement par courrier électronique à secretariat@shmesp.fr. Elles doivent être accompagnées d’un résumé d’une page, à défaut duquel il ne sera pas possible de les prendre en compte. Le comité scientifique fera connaître d’ici fin juin les contributions retenues.
Nous rappelons que la Société ne prend pas en charge les frais des intervenants. Des bourses sont toutefois proposées aux doctorantes et doctorants, ainsi qu’aux jeunes chercheuses et chercheurs, qui interviendraient lors de ce congrès.
Les actes des congrès de le SHMESP paraissent régulièrement à l’occasion de l’Assemblée générale de l’année qui suit, grâce notamment au travail des responsables des publications. Les collègues qui proposent une communication s’engagent donc moralement à publier leur texte en le rendant dans les délais imposés par ce calendrier serré, soit le pour 1er septembre 2025, et en respectant le nombre de signes défini par les responsables des publications ainsi que les normes de la collection.
Nous encourageons vivement les jeunes chercheurs à participer à ce congrès. Les directeurs de thèses sont donc invités à informer au plus vite les doctorants susceptibles d’être intéressés.
Argumentaire
Congrès SHMESP 2025 — Albi
Chantiers médiévaux
Fondateur, le 3econgrès de la SHMESP à Besançon en 1972 était consacré à la « Construction au Moyen Âge, Histoire et Archéologie ». Depuis, le champ de recherche ainsi ouvert a fait preuve d’un remarquable dynamisme. « Enfin ! », comme l’écrivait en 1954 Lucien Febvre, pour qui il était inexplicable que, malgré la publication quelques années auparavant de l’ouvrage majeur de Douglas Knoop et G. P. Jones (1933), aucune enquête d’envergure sur les chantiers n’ait vu le jour. Abordant tour à tour les aspects techniques de la construction et du bâti, son économie ou sa société artisanale, les chercheurs ont exploré depuis de nombreuses facettes de l’histoire de la construction, en privilégiant le dialogue entre les disciplines et les sources. Désormais, elle s’intéresse non seulement au bâti, mais également au chantier, dans toute sa complexité.
En effet, le chantier est depuis les années 1960 envisagé dans le cadre d’une réflexion plus large, hors de la seule étude de la cathédrale, symbole emblématique de la construction médiévale retenue trop longtemps comme son unique marque par les historiens de l’art et les historiens. Les années 1970-1980 représentent le grand moment où les historiens s’emparent du chantier pour l’étudier dans ses aspects économiques, sociaux, structurels, organisationnels et techniques. Christiane Klapisch-Zuber marque cette voie (1969), avant que le congrès de la SHMESP déjà cité ne prenne définitivement possession du sujet (1973), en ouvrant de surcroît l’enquête aux chantiers de la maison d’habitation et de la construction rurale. La construction et le chantier sont désormais abordés par une approche technique de l’architecture, par le prisme également de l’histoire des sciences, et par des problématiques humaines et sociales. À partir des années 1990, en plus de la construction et du bâti, le chantier est donc devenu un objet de recherche complet, autour duquel l’archéologie, l’architecture, l’histoire de l’art, mais aussi l’histoire, le droit, l’économie, l’anthropologie historique ont établi un dialogue fécond. Le bâtiment n’est plus seulement envisagé comme le livrable, mais bien comme le marqueur et le résultat d’une série d’interactions humaines, de mises en œuvre et en synergie de compétences, de procédés et processus, fruits à la fois des contextes techniques, mais également économiques, politiques et sociaux. En fait, le bâtiment intéresse toujours, mais le « bâtir » et son terrain privilégié, le chantier, intéressent désormais tout autant, comme le souligne le titre de l’ouvrage fondamental de Philippe Bernardi (2011).
50 ans après le congrès de Besançon, il semble utile de faire un point d’étape sur ce champ de l’Histoire de la construction, selon les approches historiographiques récentes qui sont désormais le socle de ses questionnements[1]. Le congrès de 2025 de la SHMESP qui se tiendra à l’Institut National Universitaire Champollion d’Albi, avec le soutien de collègues de l’université Toulouse Jean-Jaurès et de l’UMR 5136 Framespa, retiendra donc le thème « Chantiers médiévaux » comme base des discussions.
Les chercheurs du domaine seront invités à y montrer toute sa vitalité, incluant les travaux et réflexions des historiens, des historiens de l’art et des archéologues. Finalement, des historiens des techniques aux spécialistes des comptes et des savoirs comptables, des historiens des mondes du travail aux spécialistes d’Histoire politique ou économique, beaucoup de médiévistes ont croisé, dans leurs recherches, des chantiers. C’est cet objet qui sera au cœur des discussions. Ce sont leurs dossiers qui ici, dans toute leur diversité, permettront de faire le point, selon les axes proposés ci-après. Également, le congrès aura à cœur de sortir du seul Occident chrétien, ouvrant les débats à l’Islam et à l’aire Byzantine, pour lesquels des travaux existent mais sont assez peu comparés aux recherches dans le monde latin.
Du projet au chantier : Le chantier est le lieu par excellence où se traduit la volonté et le projet du prince, dans une inscription dans la pierre d’une volonté politique. Patrick Boucheron, par le cas italien, a largement labouré cette question à partir du début des années 2000, et d’autres après lui. Il sera utile ici d’aborder la dimension politique et symbolique des chantiers et de la construction, voire des usages politiques de la construction, mais également d’explorer les liens complexes entre la volonté des commanditaires, les expertises des artisans et architectes – comme l’envisageait Odette Chapelot étape par étape dans les phases du dialogue entre projet et chantier pour le domaine français (2001) – les savoirs savants et praticiens, les progrès techniques et les innovations ou l’inventivité par le bâti. L’espace oriental pourra ainsi être mobilisé sur la question des inspirations et des réinterprétations architecturales. On pourra également interroger à profit les réseaux et aires de recrutements, les modalités d’embauche, la valorisation des expériences et des savoir-faire.
Typologie et spatialité du chantier : Une question fondamentale, mais assez peu envisagée comme telle par l’historiographie, est de savoir ce qu’est un chantier au final. Les lieux d’extraction des ressources, de déchargement, de stockage font-ils partie du chantier, le bâtiment construit antérieurement puis « cannibalisé » pour un nouveau projet est-il également à considérer comme « en chantier » ? La communauté des artisans regroupée autour d’un projet constructif fait-elle chantier ? Quelles sont les spécificités des différents chantiers en fonction de leur environnement (espace rural, espace urbain) ? Quant à la spatialité du chantier, elle est à considérer tout d’abord au sein d’un même site de construction, interrogeant les liens entre des différents espaces et leur fonction, mais également dans les rapports externes que le chantier peut avoir avec la ville, le territoire ou les institutions environnantes. Le chantier bénéficie-t-il également d’un espace juridictionnel propre, d’une justice interne ou d’une réglementation fiscale différenciée ? Enfin, la question spatiale peut aussi permettre d’envisager les chantiers en réseaux, et ainsi interroger les liens entre les différents chantiers d’un même territoire ou d’un même commanditaire et pister les flux éventuels des ouvriers, des fournisseurs, des matériaux ou des savoir-faire techniques ou administratifs.
Matérialité et organisation du chantier : Enrichie du dialogue avec les archéologues et les historiens de l’art, la question de la matérialité du chantier peut également être envisagée par les textes. Chantiers de construction, mais aussi chantiers de démontage, de destruction ou de restauration sont à envisager dans leurs particularités, leur phasage, leur rythme et temporalité ou leur gestion. L’actualité récente après l’incendie de Notre-Dame de Paris a permis de mettre la lumière sur des questions concernant des chantiers de reconstruction après sinistre : quelles sont leurs spécificités et contraintes particulières, s’ils en ont ? Le groupe « Scientifiques de Notre-Dame » pose ainsi un cadre, qui peut être largement interrogé dans d’autres contextes, comme l’a proposé Alain Marchandisse pour le cas liégeois (1999).
Économies du chantier : L’historiographie a très tôt retenu ce thème économique pour entrer dans le sujet. Dès 1935, Marc Bloch s’interrogeait sur les salaires des ouvriers. Ces questionnements furent ensuite repris et complétés par Charles de la Roncière (1982) ou Bronislaw Geremek (1968). Ce thème classique, mais essentiel de la rémunération du travail[2], mais aussi des prix et des coûts, dans une approche plus globale de l’étude du financement de la construction[3], peut être complété désormais par les problématiques liées aux économies circulaires, au recyclage, au remploi, à la réutilisation des matériaux[4], selon de nouvelles approches portées en particulier par les chercheurs en histoire environnementale. Témoin de cet intérêt marqué pour ce sujet, le GDR Remarch place la réflexion dans un temps long des pratiques. Le monde musulman pourrait également permettre de questionner le sujet du remploi comme intégration consciente de références à un passé pré-islamique relu à l’aune d’un monde nouveau. Les questions de la rentabilité, de l’investissement et du recours au crédit sont également au cœur de cet axe. Elles ne sont pas sans rappeler les débats posés par Lopez sur les incidences supposées entre architecture médiévale et crise économique (1952). Enfin, les contrats, véritables cadres fonctionnels de cette économie de chantier, les commandes et les modalités particulières des prix-faits ou des régies seront aussi à explorer.
Sociétés du chantier : Les questions relatives à la société des artisans du bâtiment ont été posées par les chercheurs depuis de nombreuses années, par le biais des études sur le monde des Métiers et leur organisation, dans la lignée des études pionnières d’André Gouron (1958), Jacques Le Goff (1972) ou Jean-Pierre Sosson (1994), pour ne citer qu’eux, mais aussi plus récemment sur les parcours d’individus dans une approche plus fortement microhistorique. La question de l’apprentissage et de la transmission des savoirs dans le cadre ou hors cadre des métiers reste vive, tout comme celle des recrutements des ouvriers spécialisés et non spécialistes. Il reste cependant encore des questions en suspens, comme celle de définir plus exactement les effectifs que représente le monde du bâtiment dans les sociétés médiévales, leur démographie. Artisans, Métiers, mais aussi gens de plume, administrateurs, intermédiaires, entrepreneurs, négociants, experts, relais d’ordres et d’autorités : qui est actif sur le chantier, qui gravite autour de lui ? L’histoire sociale de l’économie commence à intéresser fortement les chercheurs. Quels sont les rôles de chacun et de chacune ? De qui se compose cette société productive ? Femmes, enfants, esclaves, minorités : quelles sont leurs places ? Comment intervient l’économie du travail forcé, comme par exemple sur les chantiers égyptiens où la fiscalité se traduit en temps dédié au chantier ? On peut aussi interroger les conditions de travail de ces ouvriers et en particulier l’accidentologie, assez peu traitée depuis les premières études de Legay (1981). Cette question sociale peut ainsi ouvrir à des remarques sur l’assistance et la solidarité dans le monde du travail, face aux accidents, aux maladies, ou à la mort. De même, il serait intéressant de s’interroger sur les conflits et leur résolution au cœur de ce microcosme. Dernièrement, la question de l’âge au travail a été posée par Corinne Maitte et Didier Terrier, permettant d’ouvrir cette perspective (2023). Actuellement, au-delà de la société artisanale, ce sont les agents de la gestion du chantier qui cristallisent l’intérêt des chercheurs, suite à de nombreuses recherches sur la structure administrative dans lesquels ces agents intervenaient : la fabrique. Ainsi, comme on est passé de l’étude du monument à celle de la société des ouvriers qui l’ont construit, on peut désormais scruter les relais administratifs de la décision de bâtir. Ces nouvelles approches mettent résolument au cœur du propos l’homme, qu’il soit artisan ou administrateur.
Savoirs du chantier : La question de l’expertise a mobilisé les chercheurs depuis le milieu des années 2010, en particulier lors du congrès de la SHMESP de 2012. Il s’agira ici d’interroger les arts mécaniques et les savoirs empiriques, la connaissance par l’expérience (les « recettes » des artisans), la transmission orale et écrite des manières de faire et de concevoir, les expertises profanes, les questions de transfert et de circulation des savoirs techniques et administratifs, etc. mais aussi les consultations d’experts dans les prises de décision architecturales ou techniques.
Le chantier à la source : le chantier est une administration, avec son personnel, avec ses procédures et ses processus. La question qui se pose ici est celle de la gestion par l’écrit, mais aussi des artisans producteurs d’écrits de gestion. Les comptabilités sont ainsi devenues les sources premières et privilégiées pour étudier l’organisation du chantier. Ces « écritures de l’économie » pour reprendre l’expression de Laurent Feller (2020) permettent en effet d’accéder à un niveau de détail très fin du quotidien des chantiers. La revue d’histoire des comptabilités, Comptabilité(S.), née en 2010, cristallise ainsi cet intérêt pour ce type de source. Dans le domaine de la construction, les études s’appuyant sur cette documentation ont été nombreuses. Dans les aires byzantine ou musulmanes, ces sources économiques plus rares peuvent être avantageusement remplacées par d’autres écrits régissant la construction : les documents issus du droit, les manuels, les traités d’urbanisme ou les textes de fondation des monuments, l’épigraphie. La question s’est aussi ouverte à toute écriture grise, produit d’un moment comptable ou notarié particulier et destiné a priori à la destruction. L’enjeu est ici de comprendre l’usage d’une pratique sociale, le recours à l’écriture, comme trace matérielle de l’action, mais également comme support de mise en œuvre et de réalisation de cette action. Jack Goody a interrogé dans divers domaines ce qu’il a appelé « la logique de l’écriture » (2018). La question de la place et de la pratique de l’écrit n’est pas neuve[5]. Mais, ces dernières années, les historiens ont travaillé plus particulièrement la question de l’administration par l’écrit, moyen de conjurer la distance, de valider la décision et d’en faire mémoire. En élargissant la focale, il est également possible d’envisager les maîtres artisans comme producteurs de ces écrits économiques par le biais des écritures d’entreprises. In fine, ces questions ouvrent sur l’étude des modes de communication et de diffusion de l’information, sur le chantier comme entre le chantier et les administrations en charge de la gestion. Ainsi, il sera utile d’envisager l’emploi des techniques graphiques hors de l’écriture, tels les dessins, les schémas, les marques, ou les signes. Également, il convient de prendre en compte la place de l’oralité comme media de transmission au cœur des équipes d’artisans, mais également dans la communication ascendante et descendante avec les organes gestionnaires, ouvrant la réflexion à la question de l’illitéracie. Les sources du chantier sont donc à envisager pleinement, y compris les sources épigraphiques ou l’iconographie. La question peut permettre d’interroger le chantier de façon plus épistémologique, dans une optique comparative entre disciplines ou entre espaces.
[1] Le dernier point d’étape date de presque 20 ans déjà : Jean-Pierre SOSSON, « Le bâtiment : sources et historiographie, acquis et perspectives de recherches (Moyen Âge, débuts des Temps Modernes) », in L’ediliza prima della rivoluzione industriale secc. XIII— XVIII, Prato, Lemonnier, 2005, p. 49‑108 ; Plus récemment, citons l’analyse de : Antonio BECCHI, Robert CARVAIS et Joël SAKAROVITCH (dir.), L’histoire de la construction : relevé d’un chantier européen / Construction history : survey of a European Building Site, Paris, Classiques Garnier, 2018.
[2] Patrice BECK, Philippe BERNARDI et Laurent FELLER (dir.), Rémunérer le travail au Moyen Âge : pour une histoire sociale du salariat, Paris, Picard, 2014 ; Thomas ROY, « Rémunérations, travail et niveaux de vie à Dijon à la fin du Moyen Âge, thèse de doctorat sous la direction de Martine Clouzot et Patrice Beck », Dijon, 2019.
[3] Wim VROOM, Financing Cathedral Building in the Middle Ages : The Generosity of the Faithful, trad. fr. Elizabeth MANTON, Amsterdam, Amsterdam University Press, 2010 ; Audrey M. ERSKINE (dir.), The accounts of the fabric of Exeter Cathedral, 1279 – 1353., Torquay, Devonshire Pr, 1983 ; Jean-Louis BIGET, « Recherches sur le financement des cathédrales du Midi au XIIIesiècle », Les cahiers de Fanjeaux, La naissance et l’essor du gothique méridional au XIIIesiècle-9, 1976, p. 127‑164 ; Henry KRAUS, L’argent des cathédrales, trad. fr. Laurent MEDZADOURIAN et trad. fr. Dominique BARRIOS-DELGADO, Paris ; Paris, CNRS ; Cerf, 2012.
[4] Laura FOULQUIER, « La Métamorphose des pierres. Les remplois, entre rebut et souvenir », Les actes de colloques du musée du quai Branly Jacques Chirac, 1, 2009, p. [en ligne] ; Charles DAVOINE, Ambre d’HARCOURT et Maxime L’HÉRITIER (dir.), Sarta Tecta : de l’entretien à la conservation des édifices : Antiquité, Moyen Âge, début de la période moderne, Aix-en-Provence, Presses Univ. de Provence, 2019 ; Philippe BERNARDI et Hélène DESSALES, « Les réemplois en architecture, entre Antiquité et Moyen Âge : introduction à l’école d’été (Rome, 19-23 septembre 2016) », Mélanges de l’École française de Rome – Moyen Âge, 129‑1, 2017, Philippe Bernardi et Maxime L’HÉRITIER, « Introduction », Ædificare 2018 – 2, n° 4. Revue internationale d’histoire de la construction, 2019, p. 23‑36.
[5] Étienne ANHEIM et Pierre CHASTANG, « Les pratiques de l’écrit dans les sociétés médiévales (VIe-XIIIe siècle) », Médiévales, 56, 2009, p. 5‑10 ; Joseph MORSEL, « Ce qu’écrire veut dire au Moyen Âge… Observations préliminaires à une étude de la scripturalité médiévale », Memini. Travaux et documents, 4, 2000, p. 3‑43.
Ordonner l’Église. Communautés cléricales et communautés monastiques dans le monde carolingien (VIIIe-Xe siècle), éd. Émilie Kurdziel, Cahiers de Civilisation médiévale, t. 67, 2024. Accès en ligne : ici
Table des matières :
Émilie Kurdziel — Ordonner l’Église. Communautés cléricales et communautés monastiques dans le monde carolingien (VIIIe-Xe siècle). Introduction
Brigitte Meijns — Ordonner le clergé sur le terrain. La réorganisation de la vie religieuse à Sithiu après les conciles de 816-817
Noëlle Deflou-Leca — Appliquer la « réforme » carolingienne ? Retour sur quelques établissements communautaires de Bourgogne (VIIIe-Xe siècle)
Cécile Treffort — Expériences bénédictines en Aquitaine du Nord sous Louis le Pieux : contribution à l’histoire de la diffusion de la regula Benedicti à l’époque carolingienne
Émilie Kurdziel — Un blanc manteau de canonicae ? Les « chapitres cathédraux » italiens du IXe siècle : quatre profils d’évolution
Anne Massoni — Une réforme sans heurt ? Le chapitre cathédral Saint-Étienne de Limoges de 817 à l’an Mil
Gordon Blennemann — Antiques vierges et nouvelles normes. L’hagiographie comme discours normatif chez les bénédictines de Metz (IXe-XIe siècle)
Todd Matthew Mattingly — De l’imitation à la vénération : le culte de saint Wandrille et la réforme monastique au IXe siècle à Fontenelle
Thomas Roche — Les communautés monastiques de Fontenelle-Saint-Wandrille, d’une réforme à l’autre (IXe-XIe siècle)
Nathanaël Nimmegeers — Moines et chanoines dans le diocèse de Vienne aux IXe et Xe siècles
Rutger Kramer — L’insoutenable légèreté d’être moine : introspection et réforme individuelle dans l’Œuvre de Smaragde et le Chronicon de Saint-Mihiel (IXe-XIe siècle)
Thomas A. E. Greene — La réforme des corps monastiques : Saint-Germain d’Auxerre aux IXe et XIe siècles
Claire Burridge — Preuves ostéologiques de pratiques alimentaires anciennes : une nouvelle piste pour l’étude des réformes carolingiennes
Julia Barrow — Le terme « réforme » est-il adapté pour décrire les changements qui s’opèrent dans les communautés cléricales entre le IXe et le Xe siècle?
Steven Vanderputten — À quoi sert la renovatio ? Réforme carolingienne et changements institutionnels dans la vie religieuse des IXe et Xe siècles
17.04.24 18-20h s.t. Isabel Dillenberger (Düsseldorf) Weisheit, Schrift und „Manhait“: Humanistische Ideale der (gebildeten) Frau in Niklas von Wyles ‘Frauenlob’ (1474)
15.05.24 18-20h s.t. Emmanuelle Dantan (Straßburg) Analyser un corpus de textes médiévaux à l’aide d’une base de données Heurist
29.05.24 18-20h s.t. Dr. Mareike König (Paris) Die zweite Reise der Dissertation: Strategien für den Umgang mit Forschungsdaten für Historiker:innen
05.06.24 18-20h s.t. Philipp Schneider (Berlin) The Digital Heraldry Knowledge Graph. Data-driven and AI-based Approaches to Study the Cultural History of Heraldic Communication
19.06.24 18-20h s.t. Virgile Régnier (Paris/Lyon) La diplomatique numérique comme méthode quantitative pour l’histoire médiévale
10.07.24 18-20h s.t. Eva Neufeind (Düsseldorf) Die Briefsammlung aus Kloster Lüne: Die Netzwerke der Nonnen aus einem digitalen Blickwinkel
Sandrine Claude, conservateur du patrimoine, Direction Archéologie et muséum de la ville d’Aix-en-Provence, UMR 7298 LA3M
Christine Gadrat-Ouerfelli, chargée de recherches CNRS, UMR 7298 LA3M
Bénédicte Guillot, ingénieure de recherche, Inrap, UMR 6273 CRAHAM
Anne Mailloux, maître de conférences, Aix-Marseille Université, UMR 7298 LA3M
Virginie Mari, Université d’Aix-en-Provence, UMR 7298 LA3M
Nathalie Molina, chargée d’études et de recherches, Inrap, UMR 7298 LA3M
Ingrid Propson-Escalier, Université d’Aix-en-Provence, UMR 7298 LA3M
Fabienne Ravoire, ingénieure de recherche, Inrap, UMR 6273 CRAHAM
La SAMMC et le LA3M – UMR 7298 s’associent, avec le soutien de la Ville d’Aix-en-Provence, pour organiser le XIIe congrès international de la SAMMC.
Ce congrès porte sur les communautés religieuses (monastères, couvents, prieurés) et leur(s) espace(s) du XIe siècle au XVIIIe siècle.
Le terme « espaces » s’entend dans toute sa polysémie : il s’agit aussi bien d’espaces vécus, matériels, que d’espaces représentés.
Les thèmes abordés sont envisagées sur le long terme, de la fin du haut Moyen Âge à la fin de l’époque moderne, afin de prendre en compte les transformations des établissements religieux comme les nouvelles créations, les solutions apportées à différentes époques aux questions d’organisation et de gestion des espaces.
La pluralité des sources et des matériaux permet de documenter l’ensemble des espaces des communautés religieuses.
Le congrès s’articule autour de quatre thèmes :
1) « Organisation spatiale des établissements » 2) « Construction, bâti et méthodologies » 3) « L’environnement des établissements religieux » 4) « Les espaces funéraires »
Among the holdings of the Cabinet of Prints of the Germanisches Nationalmuseum (GNM) in Nuremberg is a major collection of illuminated cuttings, consisting of pages, initials, and ornamental borders, excised from German, Bohemian, Flemish, French, and Italian manuscripts from the 9th to 16th century. Their status changed in both time and space from Middle to Modern Age: they went from being part of a book to being cut out and collected as Curiosities, then becoming ‘Monuments’ of lost primitive Art, or models in the wake of the Art & Crafts Movement, of the new reproduction technologies and academic disciplines.
29 April: The symposium will bring together an international team of scholars and curators: session I and session II will offer an insight into the fragments at the GNM, exploring their history, style, the relationship with Monumental Arts, and different topics related to their material production; session III will be devoted to on-going Projects of Cataloguing collections of German Miniatures, discussing cataloguing perspectives in connection with international databases.
30 April: During the morning, the conference attendees will have the opportunity to examine the miniatures in the Studiensaal of the Germanisches Nationalmuseum. Special emphasis will be placed on the Illuminated fragments presented by the scholars the previous day, further encouraging discussion about their style and provenances.
Organization and contact: Dr. Beatrice Alai (beatrice.alai@fau.de)
Programme :
29 April 2024 Germanisches Nationalmuseum, Konferenzraum, Kornmarkt 1, Nuremberg
9.00–9.10 Welcome
9.10–9.20 Introduction: Hans von und zuAufsess and the Birth of the Kupferstichkabinett, Germanisches Nationalmuseum. Christian Rümelin (Graphische Sammlung, Germanisches Nationalmuseum, Nürnberg)
SESSION 1: Working with Italian, Flemish, and Bohemian Illuminated Cuttings at the GNM
Chair: Francesca Manzari (Sapienza Università di Roma)
9.20–9.40 Some observations on the „Bohemian“ fragments of the GNM in Nuremberg. Maria Theisen (Österreichische Akademie der Wissenschaften, Institut für Mittelalterforschung / Abt. Schrift- und Buchwesen)
9.40–10.00 Discovering the Italian Fragments Collection at the GNM. Beatrice Alai (Friedrich-Alexander-Universität Erlangen-Nürnberg)
10.00–10.20 Scattered Leaves: The Hastière Bible as a case-study. Peter Kidd (Peter Selley Fellow, Bodleian Library, Oxford)
10.20–10.50 Discussion +Coffee break
SESSION 2: Working with German Cuttings at the GNM
Chair: Christine Beier (Universität Wien)
10.50–11.10 Alte und neue Bekannte: Wiedersehen mit Fragmenten des Spätmittelalters aus Mitteleuropa im Germanischen Nationalmuseums in Nürnberg. Regina Cermann (Österreichische Akademie der Wissenschaften Institut für Mittelalterforschung / Abt. Schrift- und Buchwesen)
11.10–11.30 Little-known Cuttings at the GNM and Their Siblings: New Insights into Manuscript Illumination at the Turn of the 16th Century from the Rhenish Lowlands. James Marrow (Professor Emeritus, Princeton University)
11.30–11.50 The Birth of God in the Soul in Newly Discovered Devotional Drawings from St. Walburg in Eichstätt. Jeffrey Hamburger (Harvard University, Cambridge, MA)
11.50–13.40 Discussion + Light Lunch Break
SESSION 3: Cataloguing collections of German Miniatures: on-going Projects in Germany, and international experiences
Chair: Martin Roland (Österreichische Akademie der Wissenschaften, Institut für Mittelalterforschung / Abt. Schrift- und Buchwesen)
13.40–14.00 The collection of manuscript fragments and cuttings of the „Deutsches Buch- und Schriftmuseum“ in Leipzig – Workshop report: results and open questions. Matthias Eifler (Universitätsbibliothek, Leipzig)
14.00–14.20 Making manuscript fragments in museum collections online accessible: Web portals for the presentation of the European manuscript heritage. Christoph Mackert (Universitätsbibliothek, Leipzig)
14.20–14.40 Fragmentarium und das GNM. Die Möglichkeiten der digitalen Katalogisierung. Marina Bernasconi Reusser (Fragmentarium)
14.40–15.00 Display Scripts and how to Describe them. Christine Jakobi-Mirwald (Independent Scholar)
15.00–15.20 Framing the gaze: some thoughts on Illuminated manuscript cuttings in a museum context. Catherine Yvard (V&A Museum)
15.20–16.30 Discussion + Coffee break
Keynote lecture:
16.30–17.30 Painting and Illumination in Nürnberg in the time of Albrecht Dürer’s artistic formation. The activity of Hans Traut as illuminator in the light of five recently rediscovered fragments from a broken – up missal. Gaudenz Freuler (Universität Zürich)
30 April 2024 Germanisches Nationalmuseum, Studiensaal, Kornmarkt 1, Nuremberg
9.30–11.30 Round-table discussion with the miniatures in the Studiensaal (with Christian Rümelin)
Studia Historica. Historia Medieval es una revista científica de periodicidad semestral (aparece en los meses de junio y diciembre), especializada en Historia Medieval de Europa y de España. Los volúmenes se componen en secciones monográficas en torno a un tema de interés historiográfico, y trabajos misceláneos relativos a su objeto de estudio que forman la sección de Varia. Incluye también reseñas científicas y en ocasiones comentarios críticos. Su publicación corresponde al Área de Historia Medieval del Departamento de Historia Medieval, Moderna y Contemporánea de la Universidad de Salamanca y su edición corre a cargo de la editorial de la Universidad.
Table des matières :
Introducción
Introduction: New Perspectives after Thirty Years of Cartulary Studies — Leticia Agúndez San Miguel, Francesca Tinti
Artículos
Recognising Cartulary Studies Thirty Years after Les cartularies — Joanna Tucker
Interpreting Monastic Cartularies in Northwest Europe, 900-1200: Thirty Years of Scholarship — Robert Berkhofer
Protocartularies: on the origins of the cartulary genre in Castile — David Peterson
The Bullary as a New Type of Cartulary: The Example of Becerro III of San Millán de la Cogolla — Leticia Agúndez San Miguel
I cartulari duecenteschi dei vescovi di Città di Castello — Cristina Carbonetti Vendittelli
Varia
Comercio colonial y gestiones comunitarias: la venta de la pasa de los moriscos de Iznate (Málaga), 1487-1520 — Juan Manuel Díaz Sierra
¿Emperador por Gracia de Madre? La instrumentalización gibelina de la figura de Beatriz de Suabia — Giovanni Collamati
On the Way to the Empire: the Portuguese Diplomacy of the Late Middle Ages — Diogo Faria
El Imperio mongol y la formación de Occidente. Una actualización historiográfica — Antonio Garcia Espada
Emmanuelle Flament-Guelfucci, conservatrice générale du patrimoine, cheffe du bureau de la Conservation des monuments historiques mobiliers
Delphine Hanquiez, maître de conférences en histoire de l’art médiéval, université d’Artois (Arras), directrice adjointe du Centre de recherche et d’études Histoire et Sociétés (CREHS, UR 4027)
Gaëlle Pichon-Meunier, conservatrice du patrimoine, adjointe à la cheffe du bureau de la Conservation des monuments historiques mobiliers
Les dépôts lapidaires sont entendus comme des fragments d’architecture et de sculpture, déposés et rassemblés de manière à conserver un lien organique avec leur monument ou leur site d’origine. Ces dernières années, In Situ. Revue des patrimoines a ponctuellement traité le sujet des dépôts lapidaires par des articles en ligne tels que celui d’Élisabeth Portet sur « Les collections du Panthéon. Étude, inventaire et perspectives scientifiques », dans le numéro thématique sur les Ensembles mobiliers, industriels, techniques. Connaissance, protection, conservation, présentation au public (2016, no 29), ou de manière indirecte en étudiant les moulages issus des chantiers de restauration de la cathédrale Notre-Dame de Laon conservés dans le dépôt lapidaire (Caroline Dujon-Attali Ben Mayer, « Les moulages de Notre-Dame de Laon : une découverte récente », Le moulage. Pratiques historiques et regards contemporains, In Situ, 2016, no 28).
À l’initiative d’Arnaud Timbert, professeur d’histoire de l’art médiéval à l’université de Picardie Jules-Verne, une journée d’études a été consacrée aux dépôts lapidaires associés à des édifices médiévaux de Picardie (université d’Amiens, 2006). Elle a été suivie de deux autres journées d’études organisées par Delphine Hanquiez sur les dépôts lapidaires du nord de la France (INHA, 2008) et sur les collections lapidaires de la Flandre, de l’Artois et du Cambrésis (université d’Artois, 2019). Toutes ces rencontres ont fait l’objet d’une publication1.
Ces travaux ainsi que plusieurs monographies récentes d’édifices ont mis en exergue l’intérêt scientifique et patrimonial des dépôts lapidaires pour l’histoire de l’architecture et l’histoire de la conservation-restauration. « La prise en compte des pièces déposées pour la compréhension et la restitution en trois dimensions d’un édifice disparu ou de ses états anciens apparaît aujourd’hui comme une étape essentielle de la recherche scientifique. Leur conservation s’impose aussi comme une nécessité du point de vue patrimonial, afin qu’elles puissent servir à nouveau de référence aux restaurations futures2. »
Dans la lignée des actions menées par Léon Pressouyre dans les années 1970 en vue d’assurer la protection au titre des monuments historiques des fragments, les inventaires pièce à pièce des dépôts lapidaires (comme à Amiens, Arras, Beauport, Beauvais, Besançon, Châlons-en-Champagne, Chartres, Cluny, Creil, Jumièges, Lille, Meaux, Noyon, Reims, Rue, Saint-Denis, Saint-Guilhem-le-Désert, Saint-Leu-d’Esserent, Saint-Omer, Saint-Quentin, Senlis, Soissons, Tours, Vaucelles…) ont été menés et poursuivis. Ils révèlent les avancées obtenues ces dernières années grâce à des partenariats scientifiques et des synergies locales, pour l’étude, la meilleure conservation et valorisation.
Ce sujet qui prend de nombreuses formes appelle un état des lieux des travaux en cours et une réflexion sur la mise en commun des approches des différents secteurs (monuments historiques, archéologie, musées, parcs et jardins) pour définir des pistes d’actions et renouveler, le cas échéant, la prise en compte de ces biens culturels particuliers qui se situent à l’intersection des domaines immobiliers et mobiliers.
Le remplacement des jubés et des clôtures de chœur gothiques par les grands artistes a transformé les édifices. Fabienne Joubert évoque dans son ouvrage sur la sculpture gothique en France le « vandalisme embellisseur » en reprenant les termes de Louis Réau3. La question des dégradations au temps des guerres de Religion puis de la Révolution pourrait être développée. Les propositions d’articles s’intéresseront le cas échéant à une partie spécifique d’un édifice en s’attardant sur les caractéristiques des fragments déposés en particulier dans le cas des jubés, des cloîtres, des monuments funéraires…
Une présentation critique des sources (gravures, dessins, textes) pourrait nourrir la connaissance des états disparus des monuments et de leurs décors sculptés : en particulier les travaux de Jean du Tillet (?-1570), Étienne Martellange (1569-1641), Jean Mabillon (1632-1707) ou François-Roger de Gaignières (1642-1715) qui a bénéficié du programme Collecta de l’Institut de recherche et d’histoire des textes (IRHT).
Au xixe siècle, les dépôts lapidaires ont été constitués au fur et à mesure des campagnes de travaux engagés à l’initiative et sous le contrôle du service des Monuments historiques. Avec la mise en place de ce service à partir des années 1830, le financement des travaux et la surveillance des monuments laissent des traces écrites ou des attachements figurés pour toute dépose et remplacement de pierres. L’Instruction du 26 février 1849 pour la conservation, l’entretien et la restauration des édifices diocésains et particulièrement des cathédrales « d’après le rapport de MM. Viollet-le-Duc et Mérimée » publiée par le comité des arts et des édifices religieux (section d’architecture) est un texte fondateur pour la préservation des matériaux et des œuvres d’art pendant un chantier4.
Dans l’histoire des chantiers de restauration, les opérations menées par les ateliers de moulage font partie des sujets émergents de la recherche. Les articles présentant le dépouillement d’archives du musée des Monuments français sur les sculpteurs qui interviennent, voire de la Médiathèque du patrimoine et de la photographie sur les autorisations de mouler des décors sculptés d’édifices classés, seraient des apports utiles à la réflexion.
Comment rattacher le fragment orphelin à son édifice d’origine ? Résultats d’une accumulation progressive, dispersés selon les circonstances, de nombreux ensembles ont perdu toute information relative à l’origine et l’histoire de certains éléments. L’identification des pierres et l’étude des carrières de provenance par les laboratoires apportent des éclairages sur ce sujet. D’autres technologies permettent de comprendre les monuments en rapprochant des fragments dispersés géographiquement, en reconstituant virtuellement des pièces disparues, en facilitant les hypothèses d’assemblage grâce à la modélisation comme à Cuxa ou Serrabona (relevé dessiné, photogrammétrie, lasergrammétrie, Reflectance Transformation Imaging).
Le sujet des fragments lapidaires ne peut être traité sans aborder la circulation sur le marché de l’art de ce type de bien culturel particulier – élément d’architecture devenu mobile. Il arrive qu’un fragment de portail déposé soit enfoui, puis mis au jour au milieu du jardin d’un propriétaire privé, avant d’être en vente. Il peut aussi avoir été conservé un temps dans l’atelier du restaurateur, puis transmis à ses descendants qui n’en connaissent pas forcément la provenance, avant d’être exporté illicitement. En cas de suspicion de domanialité publique, des recherches approfondies sont enclenchées. Écrire l’histoire de la circulation d’un fragment lapidaire, c’est, pour les conservateurs spécialisés, assistés des juristes, remonter des pistes jusqu’à la période révolutionnaire.
Comment rassembler et partager les informations sur les éléments d’architecture et de sculpture conservés dans les collections privées ou dans des musées étrangers ? Quels enseignements peut-on tirer de cas récents de revendication et de restitution fondées sur la domanialité publique, le droit du patrimoine, la législation récente sur l’archéologie (fragments issus de fouilles) ?
Des exemples probants de reconnaissance par l’image ou d’utilisation de l’intelligence artificielle à des fins d’indexation (matériaux, techniques de mise en œuvre, comparaison de motifs ornementaux…) pourraient ouvrir de nouvelles perspectives dans le contrôle avant l’exportation.
La liste significative des mémoires et des inventaires menés à ce jour peut constituer le premier jalon d’un futur guide des sources sur les dépôts lapidaires. L’histoire du sujet peut être retracée au travers des fonds conservés aux Archives nationales, à la Médiathèque du patrimoine et de la photographie (en particulier les procès-verbaux de la Commission supérieure des monuments historiques), aux archives départementales et dans les archives des institutions détentrices (associations, sociétés archéologiques, ateliers de restauration, mouleurs…).
Plusieurs personnalités peuvent faire l’objet d’un article spécifique en raison de leur implication, parmi lesquelles Léon Pressouyre (1934-2009), Louis Grodecki (1910-1982), Pierre-Marie Auzas (1914-1992).
Les mémoires de master et les thèses universitaires, les inventaires enregistrés dans des bases de données, les fonds photographiques sont autant de richesses qui mériteraient d’être mieux exploitées. Des propositions concrètes pourront être exposées, en s’appuyant le cas échéant sur des retours d’expériences réussis pour favoriser le partage de la connaissance, la mise à disposition et la réutilisation des données de la recherche. Des suggestions de nouvelles voies d’étude pourront également être formulées.
À un deuxième niveau de lecture, un état des lieux de la politique de protection au titre des monuments historiques des fragments à titre individuel et/ou des dépôts comme ensemble historique mobilier pourrait être établi en proposant des pistes de protection à prévoir dans les années à venir.
Le dépôt lapidaire est un lieu où sont amenés à se rencontrer différents types de professionnels et d’amateurs du patrimoine : conservateurs, restaurateurs et spécialistes de la conservation préventive, professeurs et étudiants, entreprises de régie, services administratifs, chargés d’études documentaires et documentalistes privés, mécènes, associations et sociétés archéologiques locales, bénévoles, protecteurs de la biodiversité… Quelle place et quel rôle pour chacun ? Quelles conclusions tirer de la mise en place de chantiers bénévoles ? Quels savoir-faire mettre en œuvre pour déménager un dépôt lapidaire ou déplacer et transporter des œuvres particulièrement volumineuses et lourdes ?
Les dépôts lapidaires ont souvent connu différents emplacements au cours du temps. Plusieurs exemples pourront être étudiés de la migration de ces fragments au sein des monuments ou à proximité de ceux-ci, dans des locaux de l’hôtel de ville, au musée municipal (histoire, archéologie ou beaux-arts), confiés à une société savante, rassemblés à l’occasion de la création d’un musée de site ou d’un musée de l’Œuvre, mélangés dans des réserves. Il serait intéressant de présenter des projets en cours et des approches différentes : mise en réserves ou conservation sur site.
Les fragments en pierre et les autres éléments conservés en plâtre, tels que les estampages ou les moulages, posent des questions de conservation spécifiques. Les inventaires prévoient-ils une étape de constat d’état et des mesures de conservation préventive ? Poussière, colonisation biologique, présence d’oiseaux, graffitis : comment ces problématiques sont-elles traitées ?
Rendre accessible un dépôt lapidaire suppose de surmonter de nombreux obstacles : administratifs, financiers, scientifiques, techniques. Comment les collectivités territoriales envisagent-elles les opérations de préservation et de présentation des dépôts étudiés ? Qu’en est-il des dépôts appartenant à l’État, des projets autour de l’abbaye de Gellone à Saint-Guilhem-le-Désert (musée ouvert en 2009), de la basilique de Vézelay, de la basilique Saint-Denis, des cathédrales d’Amiens, de Besançon, de Meaux, de Tours ?
Dans l’approche historique de cette thématique et la prise de conscience de l’intérêt de la proximité entre le fragment et son monument d’origine, le xixe siècle est un tournant. Auguste Caristie (1783-1862), architecte qui fut membre de la Commission des monuments historiques, déplore qu’on enlève très souvent des fragments des monuments « pour les placer dans les musées plus ou moins éloignés ». En découlera une exigence nouvelle, énoncée dans une circulaire : « Les objets découverts dans les fouilles seront déposés dans les musées les plus proches et il est défendu de vendre ou de se séparer des objets antiques appartenant aux grands monuments5. »
Quels sont les projets muséographiques en cours dans le domaine des musées archéologiques ? Comment des blocs épars provenant de monuments antiques civils ou funéraires sont-ils porteurs d’une histoire située au cœur de nouveaux projets (musée régional de la Narbonne antique, Nouvel Espérandieu…) ?
De manière plus générale, quelles solutions ont été trouvées lorsque l’édifice et ses témoins épars appartiennent à une commune ? L’intérêt des pierres, national, commande une présentation dont la nécessité n’apparaît pas toujours à la commune, d’autant que les ressources financières sont en général limitées. Quel type de médiation pour attirer le public vers ce qui peut lui apparaître comme « un tas de pierres » ?
Les articles proposés devront contenir une part inédite de recherche, d’hypothèse ou de mise à jour ; ils ne sauraient reprendre la totalité d’un article déjà paru. Il est souhaité qu’ils soient largement illustrés, y compris par des exemples sonores et/ou audiovisuels.
Si vous souhaitez contribuer à ce numéro, nous vous remercions d’envoyer avant le 15 juin 2024 un résumé de votre proposition de 1500 signes au maximum, ainsi qu’un court CV par courriel – insitu.patrimoines@culture.gouv.fr – ou par voie postale :
Ministère de la Culture – Direction générale de l’Architecture et des Patrimoines
Revue In Situ à l’attention de Nathalie Meyer 182, rue Saint-Honoré 75001 Paris
Les textes des articles correspondant aux propositions retenues sont attendus pour le 10 décembre 2024. Vous pourrez rédiger votre article en français ou dans votre langue d’usage. Ils seront publiés dans leur version originale et dans leur traduction française. La taille des articles sera comprise entre 15 000 et 35 000 signes espaces et notes compris.
Les recommandations aux auteurs concernant le nombre de pages ou d’images, les droits de l’iconographie, l’insertion de notes et de liens, etc., sont consultables sur le site de la revue : https://journals.openedition.org/insitu/32424
Notes
1 Timbert Arnaud (dir.) & Hanquiez Delphine, L’Architecture en objets. Les dépôts lapidaires de Picardie, actes de la Journée d’études d’Amiens, 22 septembre 2006, Amiens, CAHMER, coll. « Histoire et archéologie médiévale », 2008 ; Hanquiez Delphine(dir.), Regards sur les dépôts lapidaires de la France du Nord, actes de la Journée d’études à l’Institut national d’histoire de l’art, Paris, 12 décembre 2008, Caen, Publications du CRAHM, 2011 et Hanquiez Delphine(dir.), Fragments d’architecture. Les collections lapidaires de la Flandre, de l’Artois et du Cambrésis, actes de la Journée d’études à Arras, 29 novembre 2019, Aire-sur-la-Lys, ateliergaleriéditions, 2023.
2 BLIECK Gilles, JOURD’HEUIL Irène & MARCHANT Sylvie (dir.), Cathédrale de Tours, Tours, Presses universitaires François-Rabelais, coll. « Patrimoines en région Centre-Val de Loire », 2019, p. 141.
3 Joubert Fabienne, La Sculpture gothique en France, xiie–xiiie siècle, Paris, Picard, 2008, p. 20.
4 Ce texte évoque la conduite des travaux, l’établissement des attachements figurés, la conception des échafaudages, et les modes d’entretien et de restauration de la maçonnerie, de la taille de pierre, de la charpente et des différents types de couverture. Il traite également des écoulements des eaux pluviales, des précautions à prendre contre l’incendie, de la serrurerie, des sculptures d’ornement, des vitraux, des peintures et badigeonnages, de la menuiserie et enfin du mobilier. Approuvé par le ministre de l’Instruction publique et des Cultes, ayant valeur de circulaire, il est à nouveau diffusé comme annexe à la circulaire no 365 du 20 janvier 1881 aux architectes diocésains. (AN Paris F/19/4536). https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k208421w/f136.double [lien valide en avril 2024].
5 BERCÉ Françoise, Les Premiers Travaux de la Commission des monuments historiques (1837-1848). Procès-verbaux et relevés d’architecture, Paris, Picard, 1979, p. 28-29.
Dans le contexte du projet FNS Sinergia Capturing the Present in Northwestern Europe (1348-1648). A Cultural History of Present before the Age of Presentism, l’Université de Neuchâtel met au concours un poste de
Doctorant-e FNS en histoire (XVe-XVIe s.)
Informations liées au poste
Entrée en fonction : 1er septembre 2024 Durée du contrat : 4 ans (non renouvelable) Taux d’activité : 100 % Lieu de travail : Université de Neuchâtel
Vos activités
La personne recrutée préparera une thèse de doctorat sur les événements rapportés de part et d’autre de l’Europe par des feuilles d’actualité imprimées durant la première moitié du XVIe siècle. Ce travail sera réalisé sous la direction de la professeure Thalia Brero (Université de Neuchâtel).
La diffusion de l’imprimerie induit une accélération de l’information qui alimente un intérêt généralisé pour l’actualité. Dès les années 1460 se répandent en effet en Europe des imprimés (feuilles d’actualité françaises, relaciones de sucesos espagnoles, Neue Zeitungen allemands) transmettant des nouvelles fraîches, souvent en provenance de territoires lointains, à un large public, qui accède par leur entremise à une démultiplication des présents.
Ce phénomène éditorial s’est surtout développé pendant les guerres d’Italie, dans les territoires des deux puissances qui s’opposaient dans ce conflit : la France et l’Empire des Habsbourg. Alors que l’Europe était secouée par cette guerre qui la concernait toute entière, un véritable besoin d’information à l’échelle internationale se faisait sentir, accru encore par la Réforme et les mouvements expansionnistes de l’Empire ottoman. Dans ce contexte, quels événements faisaient l’objet de feuilles d’actualité et lesquels n’étaient pas rapportés ?
Le ou la doctorant-e sélectionnera une série d’événements (cérémoniels, militaires ou politiques) et identifiera les imprimés d’actualité leur étant consacrés. L’analyse des représentations d’un même événement dans les territoires des différents belligérants permettra de mesurer son écho médiatique à travers l’Europe et la variété des discours portés sur l’actualité.
Informations générales sur le projet
Financé par le Fonds national suisse de la recherche scientifique, le projet Sinergia Capturing the Present in Northwestern Europe (1348-1648). A Cultural History of Present Before the Age of Presentism étudie la manière dont le concept de « présent » a été perçu et vécu en Europe du Nord-Ouest durant la période allant du Moyen Âge à la première modernité. Cet espace géographique, qui englobe les Pays-Bas, l’ouest de l’Empire germanique, le nord de la France et le sud de l’Angleterre, a connu durant cette période d’importants changements, aussi bien dans les domaines de la politique, de l’économie, de la religion que dans celui des arts. Caractérisée par la coexistence de divers systèmes politiques et de plusieurs langues, par un développement urbain particulièrement marqué et par des conditions de vie à l’évolution rapide, cette région offre un contexte historique singulier, qui diffère de la Renaissance telle qu’elle est traditionnellement dépeinte.
Le projet Capturing the Present rassemble une quinzaine de chercheurs/euses des universités de Neuchâtel, Lausanne et Lille, dont 6 doctorant-e-s et 3 postdoctorant-e-s. L’équipe est soutenue par un réseau international d’expert-e-s dans les disciplines suivantes : histoire, histoire de l’art et de la littérature, linguistique, media studies, anthropologie et sciences politiques. Il vise à montrer comment les discours et les images ont façonné les perceptions que les hommes et les femmes d’alors avaient de leur propre époque ; comment les événements contemporains étaient représentés et interprétés ; comment, enfin, les nouvelles idées ainsi que les changements environnementaux, politiques et sociétaux étaient perçus.
Votre profil
Master ès lettres, avec une spécialisation en histoire médiévale, histoire moderne ou histoire du livre (ou titre jugé équivalent).
Excellente maîtrise du français ou de l’anglais – la thèse sera rédigée dans une de ces deux langues.
Capacité à lire et comprendre le moyen français et le moyen-haut allemand. La maîtrise du néerlandais serait un plus.
Capacité à travailler en équipe dans un environnement international et interdisciplinaire.
Vos avantages
Un cadre de travail agréable dans un contexte académique multiculturel et diversifié.
Un environnement de recherche stimulant dans une équipe répartie entre trois universités partenaires.
La possibilité de suivre des formations doctorales offertes par la Conférence universitaire de Suisse occidentale (CUSO).
Votre dossier de candidature
Les personnes intéressées sont priées de composer un dossier pdf contenant :
une lettre de motivation
un curriculum vitae
une copie des diplômes universitaires
le mémoire de Master (ou un travail jugé équivalent)
Les dossiers de candidature doivent être envoyés par courrier électronique jusqu’au 15 mai 2024 à l’adresse : thalia.brero@unine.ch
Le sujet de la thèse est en partie prédéfini dans le cadre du projet collectif. Il sera discuté et précisé par les propositions des candidat-e-s retenu-e-s pour les entretiens de recrutement, lesquels prendront place en juin 2024.
Soucieuse de promouvoir la diversité au sein de son personnel, l’Université de Neuchâtel s’engage à offrir des conditions de travail non discriminatoires.
Avec le soutien du FNRS, du CRHiDI (UCLouvain – Saint-Louis, Bruxelles), d'INCAL (UCLouvain), de PraME (UNamur), de sociAMM (ULB) et de Transitions (ULiège)
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