Appel à contribution – Visual and Material Cultures of Female Sanctity in Late Antiquity and the Middle Ages

Call for Papers for the interdisciplinary Workshop « Visual and Material Cultures of Female Sanctity in Late Antiquity and the Middle Ages », Otto-Friedrich-Universität Bamberg, July 13/14, 2023

Two- and three-dimensional images of female saints are highly complex religious objects. They depict the saints in a wide variety of material and performative settings in which the women are richly gifted and preciously adorned. During their object history, these images have been subjected to repeated changes by multiple actors. Their formation as artefacts is inextricably linked to the developments of the cult of the saints as a social phenomenon (Peter Brown). In sophisticated ways, they reflect, negotiate and sometimes contradict the societal roles attributed to women.

This workshop aims to explore the visual and material cultures of female sanctity in their multiple facets: Agnes, Mary, Clare and many others. It will take objects and cults that have been discussed separately to date and place them in relation to each other. The chronological focus will centre on Late Antiquity and the Middle Ages. Of special interest are questions of materiality and performativity: what did it mean to render the image of a female saint on parchment, as a panel painting, in stone, glass, metal, wood, ivory or other materials? Was it integral to liturgical and non-liturgical practices of action – in the multisensory church space and beyond? Who tells the story – and to whom?

The workshop is funded by the German Research Foundation. It takes an interdisciplinary perspective. Contributions from art history, history and related disciplines are as welcome as case studies from material and preservation sciences.

Please send proposals with an abstract of ca. 300 words together with a short CV to the following address by February 28, 2023: katharina.schueppel@uni-bamberg.de.

Conference languages are English, French, Italian and German. The costs for travel and accommodation can be reimbursed within the usual limits.

Source : H-Soz-Kult

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Publication – « Fortifications savantes, fortifications de savants : Actes du 8e colloque international au château de Bellecroix », dir. Hervé Mouillebouche, Jean Mesqui, Delphine Gautier

Dans le paysage castral européen, les forteresses médiévales de plan régulier suscitent de nombreuses questions. Faut-il y voir les prémices des fortifications savantes modernes, ou un simple jeu de formes plus ou moins ésotérique, sans recherche d’efficacité ? A la suite du 8e colloque international au château de Bellecroix, le recueil des actes réunit 15 publications autours de châteaux aussi fameux que Castel del Monte, Bellver de Majorque ou Salses, qui sont ici étudiés par les plus grands spécialistes de la castellologie européenne.

Informations pratiques :

Fortifications savantes, fortifications de savants : Actes du 8e colloque international au château de Bellecroix, dir. Hervé Mouillebouche, Jean Mesqui, Delphine Gautier, Dijon, CECAB, 2022 ; 1 vol., 488 p. ISBN : 979-10-95034-27-8. Prix : € 30,00.

Source : BNF

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Appel à contribution – Dérives guerrières au Moyen Âge et au XVIe siècle

Colloque organisé par le Laboratoire de recherche « Analyse Textuelle, Traduction et Communication » (ATTC) de la Faculté des Lettres des Arts et des Humanités de la Manouba (Tunis)

Les 1er et 2 décembre 2023

Dans le prolongement des manifestations scientifiques du groupe d’étude sur le Moyen Âge et le XVIe siècle du laboratoire de recherche « Analyse Textuelle, Traduction, Communication », ce colloque international propose d’étudier dans une perspective multidisciplinaire la manière dont la littérature, l’histoire et les arts ont, de l’époque médiévale à nos jours, traité des dérives guerrières du Moyen Âge et du XVIe siècle.

Cette période de l’histoire (Moyen Âge, XVIe siècle) a été marquée par de multiples et sanglants conflits, dont la mémoire a été relayée oralement ou transcrite sur le vif puis perpétuée au fil des époques et les divers modes de transmission.
Appliquées à la guerre, les dérives sont à entendre dans le sens d’excès, de déviations et/ou d’exactions. La quatrième croisade, dirigée contre les chrétiens d’Orient vers Constantinople, est l’exemple le plus flagrant du premier emploi et le massacre de la Saint Barthélémy l’est sans doute du second. Des faits marginaux ont pu marquer les esprits autant que des événements majeurs : toutes les chroniques de la première croisade ont retenu les scènes d’anthropophagie joyeuse des Tafurs ou celles du terrible massacre des Turcs de Jérusalem à la conquête de la Ville sainte en 1099. Rhétoriquement, on passe de l’hyperbole – excessive mais vraisemblable – à l’adynaton, figure de l’invraisemblable reconnaissable comme tel dès le premier abord. Ce sont les conditions de ce passage, qui n’est pas que rhétorique, qu’il convient d’interroger. Il s’agit de figures macrostructurales s’érigeant quasiment en figures de pensée. L’adynaton est ici figure autrement plus productive que l’hyperbole, elle rend compte de la manière dont l’imaginaire se saisit du factuel, de l’histoire, le remodèle. Il existe une grammaire de l’imaginaire relatif au fait belliqueux qui demande à être transcrite.

La mémoire collective en a gardé les meurtrissures – du vaincu – ou les gloires – du vainqueur – peintes par des auteurs soucieux de les couler dans les moules scripturaux ou artistiques les mieux susceptibles d’engager leur destinataire dans les visées informatives et idéologiques escomptées.
Des considérations lexicales peuvent constituer le point de départ d’une réflexion sur les modalités d’expression des dérives contribuant au processus de fictionnalisation de la guerre par leur caractère inédit ou spectaculaire. L’examen des différents types de discours rendant compte de tous les types d’écarts ou de bavures (historiographie, genres fictionnels, récits moraux, miniatures, peinture, etc.) peut contribuer à éclairer les questionnements éthique, stylistique et esthétique relatifs à la représentation de la guerre.

La question suscite également des interrogations d’ordre civilisationnel touchant aux répercussions politiques, sociales ou personnelles de ces dérives : par exemple sur le statut du chevalier tenu d’agir au service de Dieu et des pauperes comme le stipulent le serment prêté lors de son adoubement et la recommandation du célébrant, empruntée à Saint Augustin, Sis miles pacificus (« Sois un chevalier pacifique ») ; ou sur le statut du clerc, imprégné par la même théologie de la guerre chrétienne ne permettant que la « guerre juste » et excluant toute forme de violence. Dès la Chanson de Roland, pourtant, cette éthique de modération cède la place à un devoir de violence, légitimé par un manichéisme opposant le Bien au Mal et faisant dire à Bernard de Clairvaux, au milieu du XIIe siècle, que la mort d’un infidèle ne s’apparente pas à un homicidium mais à un malicidium. Philosophiquement, il devient évident que le Kalos grec, fait de la fusion du beau et du bien, ne rend plus compte de la pensée occidentale, encore moins du vécu, supplanté qu’il est par un manichéisme belliqueux, un des préalables essentiels de la guerre dont le Sarrasin est, en l’occurrence, l’incarnation. Anéantir le mal identifié au Sarrasin crée dans les gestes une relation particulière entre un auteur qui se plaît à décrire des scènes cruelles en les amplifiant et un public qui s’en délecte. Il sera donc aussi question d’interroger l’ethos de l’auteur, appartenant au camp des vainqueurs ou des vaincus, témoin ou translateur, créateur enjoué ou austère en rapport avec les conditions de réception et l’horizon d’attente du public auquel il s’adresse directement.

Multipliant les références aux guerres du Moyen Âge et du XVIe siècles, les chroniques ou anecdotes historiques des salons des XVIIe et XVIIIe siècles, les romans historiques de Madame de Lafayette ou d’Alexandre Dumas, les grandes sagas romanesques fantastiques ou parodiques contemporaines souvent portées à l’écran, ont réécrit les dérives guerrières d’antan, prouvant certes la permanence de la nature et de la condition humaine, mais réactualisant surtout des situations polémiques qui sont davantage sources de réflexions actuelles et prospectives que de jugements des faits passés. Ce colloque essaiera également de comprendre comment la mise en intrigue – la complexification et la scénarisation fictionnelle – des dérives guerrières participe à la façon dont le Moyen Âge et le XVIe siècle sont perçus aux époques qui ont suivi.

Axes proposés

– Les dérives de la guerre : déviation et dépassement, de la chronique aux fictions.
– La mise en intrigue : exploration et reconstruction.
– Proximité et écart par rapport à la réalité historique: mises en situation concordantes ou contradictoires de l’événement.
– Du sublime au sordide : la question du point de vue.
– Etude stylistique des figures de l’exagération dans le contexte belliqueux.
– Portées esthétique et éthique des remplois des dérives guerrières : le rôle de la fictionnalisation selon l’époque.

Envoi des propositions

La proposition de communication ainsi qu’une brève notice bio-bibliographique devront parvenir conjointement aux deux adresses suivantes avant le 15 mai 2023 : Jouda.Sellami@flah.uma.tn et attc.manouba@yahoo.com
Une réponse sera envoyée après délibération du comité scientifique avant le 30 juin 2023.

Les actes du colloque seront publiés.

Comité scientifique

Jalel El Gharbi (Univeristé de la Manouba)
Michèle Guéret-Laferté (Université de Rouen)
Olivier Guerrier (Université de Toulouse)
Sophie Houdard (Université de Paris III-Sorbonne Nouvelle)
Samir Marzouki (Université de la Manouba)
Laurence Mathey-Maille (Université Le Havre-Normandie)
Hela Ouardi (Université de la Manouba)
Emmanuelle Poulain-Gautret (Université de Lille)
Jouda Sellami (Université de la Manouba)
Farah Zaïem (Université de la Manouba)

Comité d’organisation

Jouda Sellami, Tasnime Ayed, Inès Ben Zayed, Ahlem Ghayaza, Hajer Lahmar, Sabry Néji, Monia Kaabi.

Informations pratiques

Le colloque se tiendra à la Faculté des Lettres, des Arts et des Humanités de la Manouba (Tunis). Les frais de participation seront de 50 euros, ou leur équivalent en dinars tunisiens.
Les frais de transport et d’hébergement seront à la charge des participants.

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Journée d’étude – Mmmonk Day on Manuscripts and IIIF: Programme and registration

On 17 February 2023 Mmmonk will host a day on Manuscripts and IIIF at the Royal Library in Brussels.

Programme :

10-12am Mmmonk Final Report (language morning programme = Dutch)

  • Presentation of a selection of Mmmonk manuscripts at the KBR
  • Final reporting onMmmonk, with among others:
    • IIIF user survey
    • work processes and standards (condition reporting, digitization, meta data enrichment…)
    • IIIF innovation and experiment: IIIF catalogue, IIIF annotation demo Liber Floridus
    • public outreach and education: Mmmonk School, Video series ‘Medieval Manuscripts through Children’s Eyes’, Mmmonk Learning Scenario, Exhibition ‘Mmmonk Inspires’, Mmmonk IIIF Workshop
    • impact and future avenues

12 – 1.00pm Lunch

1-4.30pm IIIF Friday

  • 1.30 – 2.00pm Edward Silverton (Mnemoscene) Virtual tours with medieval manuscripts: Exhibit tool for guided viewings
  • 2.00 – 2.30pm Xavier Fresquet (Sorbonne Centre for Artificial Intelligence) Illumination Detection in Medieval Manuscripts: Statistical learning strategies on IIIF image corpora for medieval musical iconography

2.30 – 3.00pm Break

Informations pratiques :

Attendance is free, but registration is mandatory via the registration button below. You can sign up separately for the morning programme, lunch, and the afternoon programme.

The event will take place at the Panorama Room at the Royal Library of Belgium in Brussels (how to get there).

Register

Source : Mmmonk

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Publication – « Die illuminierten Handschriften französischer Herkunft in der Bayerischen Staatsbibliothek. Vom 15. Jahrhundert bis um 1540 plus flämische und niederländische Handschriften », éd. Ulrike Bauer-Eberhardt

This volume concludes the comprehensive description of all French manuscripts in the Bayerische Staatsbibliothek Munich that are decorated with book decoration, whereby the closely related Dutch and Flemish manuscripts were also included for stylistic reasons. Compared to vol. 7/1, the time frame here remains limited to about 140 years, which, however, can vary greatly in that both the demand for illuminated manuscripts and the mobile locations of certain illuminators as well as political change within the French regions were subject to rapid change.

Table des matières : ici

Informations pratiques :

Die illuminierten Handschriften französischer Herkunft in der Bayerischen Staatsbibliothek. Vom 15. Jahrhundert bis um 1540 plus flämische und niederländische Handschriften, éd. Ulrike Bauer-Eberhardt, Leipzig, Reichert Verlag, 2022 ; 2 vol., 568 p. ISBN : 978-3-75200-620-9. Prix : € 398,00.

Source : Reichert Verlag

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Journée d’étude – Autour des travaux récents sur l’histoire de la famille au haut Moyen Âge

Vendredi
3 février 2023

Université d’Artois

Maison de la Recherche Salles des colloques (I.0.06)

Arras,
et en VISIOCONFERENCE

organisée par
Laurence Leleu (CREHS, Artois), Emmanuelle Santinelli (LARSH,UPHF) et Charles Mériaux (IRHIS, Lille)

Inscription et lien de connexion : https://evenements.univ-artois.fr ou QR code Contact : nathalie.cabiran@univ-artois.fr

Programme :

Matinée : 9h-12h
9h- Accueil des participants

Patrick Périn : Les apports possibles de l’archéologie funéraire mérovin- gienne à l’histoire de la famille.

Justine Audebrand : Frères et sœurs dans l’Europe du haut Moyen Âge (Thèse soutenue à l’automne 2021, Paris I, à paraître chez Brepols, Turnhout, 2023)

Pause café

Margot Laprade : «Conjugalité, sexualité, famille au sein du clergé dans le monde franc et en Italie du nord (Ve-XIIe siècle), (Thèse en cours, Paris I)

12h Pause déjeuner Après-midi 14h-17h

Laurence Leleu et Adrien Bayard : présentation du dossier «Femmes au haut Moyen Age : entre centralité et marginalité», à paraître dans Early Medie- val Europe.

Nicolas Ruffini, Le poids des liens de parenté : analyse de réseaux et histoire politique (France du Nord et Empire, Xe-XIIe siècle).

Pause café

Emmanuelle Santinelli : présentation du dossier «Vieillesse et pouvoir dans l’Occident médiéval : démographie, stratégie et idéologie», dir.G. Lecuppre, E. Santinelli-Foltz, Médiévales, n° 82 (printemps 2022).

16h30 Conclusion et clôture de la journée d’études

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Séminaire – Cycle de conférence du CEMR (UCLouvain)

En cette année académique 2022-2023, le CEMR organise deux cycles de conférences. Le premier, méthodologique (Ad fontes), propose un retour sur la question de l’étude des sources propres à différentes productions médiévales.

Le second, thématique (Biographies médiévales), met à l’honneur l’écriture des parcours de vie de plusieurs grandes figures de l’époque médiévale. L’assistance aux conférences est libre et ne requiert pas d’inscription préalable. Pour les doctorants, elle sera créditée dans la formation des écoles doctorales ED 3bis

« Langues, lettres et traductologie » et ED 4
« Histoire, histoire de l’art et archéologie ». Participation minimale requise : 3 conférences dans un cycle.

Programme :

mercredi 26 octobre 18h30 – Salle SOCR 25
Éléonore Venturelli (UCLouvain – U. Poitiers)
Des rotuli commémoratifs itinérants. Le cas des rouleaux mortuaires présumés italiens (XIe-
XIIe siècles)

mercredi 16 nov. 18h30 – Salle SOCR 25
Margreet Brandsma (Universiteit Leiden)
Beyond the dominant narrative: constructing a medieval biography. Margaret of Burgundy (1374-1441)

lundi 5 déc. 18h30 – Salle SOCR 25
Maud Pérez-Simon (Sorbonne nouvelle – Paris 3 – Institut Universitaire de France)
Le mirage des sources ? L’exemple des plafonds peints médiévaux

mercredi 15 février 18h30–SalleSOCR23
Eric Bousmar (U. Saint-Louis, Bruxelles)

De l’avènement à l’abdication d’une comtesse. Le dossier de Jacqueline de Bavière: une approche genrée, politique ou biographique ?

mercredi 1er mars 18h30 – Salle SOCR 23
Godfried Croenen (Vlaamse Erfgoedbibliotheken Flemish Heritage Libraries)
Manuscrits et fragments dispersés: la base de données « Medieval manuscripts in Flemish collections »

mercredi 15mars 18h30–SalleSOCR23
Jana Fantysová Matějková (Académie des sciences de République tchèque)
Wenceslas de Luxembourg (1337-1383): Prince européen, duc consort de Brabant, champion du soft power

jeudi 30 mars 18h30 – Salle SOCR 23
Torsten Hiltmann (Humboldt-Universität, Berlin)

Les sources héraldiques entre histoire culturelle et méthodes numériques. Les armoiries médiévales et leur analyse à travers l’intelligence artificielle

mercredi 19 avril 18h30–SalleSOCR23
Florent Coste (Université de Lorraine)
À quoi sert la biographie d’un saint ?La Légende dorée et la pastorale des frères prêcheurs

lundi 24 avril 18h30 – Salle SOCR 23
Meyssa ben Saâd (Université Paris 7 – Diderot Laboratoire SPHERE)
Typologie des sources arabes en zoologie médiévale

28-30 avril : voyage d’études autour de Leiden (Pays-Bas)
Étapes principales :Leiden (avec une visite de la collection des manuscrits de la bibliothèque universitaire), Delft et La Haye.
Informations : gregory.clesse@uclouvain.be

4-6mai,UCLouvain –Hôpital Notre-Dame à la Rose (Lessines)
Colloque international « Santé et pouvoir »
organisé par Grégory Clesse, Gilles Lecuppre, Florence Ninitte, Timothée Sébert, Lison Vercammen

Contact et informations: timothee.sebert@uclouvain.be et lison.vercammen@uni.lu

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Publication – « Book Collections as Archaeological Sites. A Study of Interconnectedness and Meaning in the Historical Library of the Canonesses Regular of Soeterbeeck », éd. Hans Kienhorst et Ad Poirters

In 1997 the canonesses regular of Soeterbeeck moved from their convent in Deursen (the Netherlands) to a nursing home in Nuland. They left behind an old library of considerable size and historical significance that is now the core of the Soeterbeeck Collection at Nijmegen University Library. It is a suitable starting point for telling the story of the historical library of a women’s convent with roots in the Modern Devotion, from the community’s humble beginnings in 1448 to the present day.

This study describes the collective history of all manuscripts and early printed books that are known to have been in communal or personal ownership at Soeterbeeck. It investigates the books’ production and delves into their traces of use. Many of these are connected to each other, usually because they were left by the same person or had the same purpose. Such units transcend the level of individual volumes and reveal what might be called the stratification of the historical library as a whole. They can be interpreted in the context of the sisters’ personal lives and the convent’s communal history. This approach provides insight in the multiplicity of meanings that the books had for their users.

For the first time, theoretical principles of modern archaeology are used to map a historical library as an archaeological site. A scholarly catalogue of the Soeterbeeck Collection that documents its traces of use is also included. Stunning illustrations visually lay bare the books’ eventful lives.

Hans Kienhorst (1954) taught historical Dutch literature, book history and medieval book illumination at Radboud University in Nijmegen. His research focuses on Middle Dutch manuscripts and the production of books in women’s convents of the Modern Devotion.

Ad Poirters (1989) obtained his doctorate in Nijmegen with a thesis on the use of books from the convent of Soeterbeeck by Rector Arnoldus Beckers. A staff member of the Titus Brandsma Institute, he works on the Modern Devotion and its afterlife.

Informations pratiques :

Book Collections as Archaeological Sites. A Study of Interconnectedness and Meaning in the Historical Library of the Canonesses Regular of Soeterbeeck, éd. Hans Kienhorst, Ad Poirters, Turnhout, Brepols, 2023 ; 1 vol., 716 p. ISBN : 978-2-503-60458-9. Prix : € 200,00.

Source : Brepols

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Publication – Chiara Frugoni, « Même les étoiles doivent se séparer »

« Je suis le dernier témoin du Moyen Âge » : c’est avec cette plaisanterie sérieuse que Chiara Frugoni présente le retour à l’âge de son enfance que nous allons lire. Ce bond dans le temps est aussi un mouvement dans l’espace : l’historienne quitte les lieux de la recherche universitaire pour emprunter les sentiers pavés qui mènent à Solto, village du haut Bergame, où se trouve la maison de ses grands-parents maternels.

L’écolière citadine, petite-fille de propriétaires terriens, partage l’insouciance de ses étés à la campagne avec les enfants des métayers de la ferme familiale. Cette autobiographie ne dissimule ni sensations ni sentiments, tour à tour tendres ou rudes. Sur l’arrière-plan d’un monde paysan dont la société d’abondance aura raison, elle est habitée par un va-et-vient constant, parfois douloureux, entre des personnages de deux classes sociales et donne à voir jusque dans des détails saisissants leurs activités quotidiennes et le cadre matériel de leur existence.

Souvenirs d’un univers disparu, éclairé par l’évocation de ces vies qui n’ont pas encore dit leur dernier mot.

Informations pratiques :

Chiara Frugoni, Même les étoiles doivent se séparer, Paris, Éditions de l’EHESS, 2022 ; 1 vol. (Apartés, 4). ISBN : 978-2-7132-2958-9. Prix € 13,90.

Source : Éditions de l’EHESS

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Appel à contribution – Le silence

Séminaire de Questes
17 mars, 21 avril, 12 mai 2023

Le livre des sœurs du monastère de Diepenveen étudié par Manon Louviot laisse transparaître un soin particulier porté à l’évaluation de la voix des chanoinesses au sein des chœurs médiévaux1. Au début du XVe siècle, Trude van Beveren, dont la piètre qualité vocale la rend inadaptée au chant choral, n’est alors pas autorisée à chanter à voix haute pendant les messes. Réduite au silence, elle doit néanmoins s’acquitter de l’office divin, à l’aide d’une ardoise, où elle écrit les chants du jour, qu’elle est condamnée à fastidieusement effacer et réécrire quotidiennement. Réduite individuellement au silence, elle doit néanmoins participer à l’expression collective de la prière et du chant.

Les questionnements autour du silence ont connu un regain d’intérêt ces dernières années dans le cadre de l’essor de l’histoire des sensibilités, dans le sillage des travaux d’Alain Corbin2. Les médiévistes se sont emparés de ces thématiques, en particulier à l’occasion du congrès de la SHMESP consacré à la voix, qui s’est tenu à Francfort en 20193. Vincent Debiais, la même année, s’est intéressé à la place du silence dans l’art médiéval, et

notamment à ses implications théologiques4. Tout récemment, Thomas Rodot s’est penché sur l’intégration des sourds dans la société médiévale5.

Le silence au Moyen Âge ne se réduit pas à l’absence de la voix ou du son, mais constitue en lui-même une réalité intégrée à l’ambiance sonore. Le latin distingue deux formes de silence : tacere renvoie à un arrêt ou une absence de parole humaine, tandis que silere s’applique à l’ensemble des objets ou animaux, et décrit une forme de quiétude qui n’est troublée par aucun bruit6. Ce sont déjà deux appréhensions différentes que l’on appelle indistinctement silence en français. Alexandre Vincent rappelle en outre qu’on ne peut entièrement dissocier le fait sonore de sa perception : le silence médiéval doit alors être appréhendé à travers la façon dont il est représenté, autant qu’à travers la façon dont il est perçu.7

Le silence peut faire l’objet d’une prescription : il est en effet au cœur des préoccupations médiévales, spécifiquement dans la tradition monastique depuis la règle de saint Benoît. Le silence monacal est tout d’abord perçu comme une forme « d’ascèse de la parole »8, réponse aux nombreux péchés de langue qui détournent les moines de leur vocation : dans le Triomphe des vertus franciscaines de Giotto di Bondone (image ci-dessus), le silence est intimé au moine par l’Obéissance. Mais le silence de la voix humaine n’est pas seulement vécu comme contrainte, il est aussi un moyen d’approcher au mieux « l’affirmation positive et la plénitude du Verbe » biblique : la parole de Dieu ne s’exprime jamais mieux que quand les voix humaines se taisent – même si le silence peut être parfois fautif : pour un prélat, quand il s’agit de prêcher la parole de Dieu, par exemple9.

Toutefois, au cœur des valeurs monastiques, le silence s’intègre aussi dans un système de communication renforcé par la réforme clunisienne, qui conduit à la formation d’un « langage » silencieux, par signes (signa loquendi), diffusé dans tout le réseau clunisien pour répondre à la tension entre l’exigence du silence et la nécessité de la communication10. Les

vertus du silence, expérimentées dans les milieux monastiques, se diffusent ensuite dans l’ensemble de la société chrétienne : face au blasphème, aux discours hérétiques, aux paroles vaines ou malveillantes, le silence est perçu comme « vertu collatérale » généralement préférable à la parole11.

Le silence peut aussi constituer une contrainte, qui peut être d’ordre physique. L’étude du handicap au Moyen Âge passe par un « triptyque de savoirs qui connaît une grande fécondité discursive au XIIIe siècle »12 : la médecine, la théologie et le droit13. La littérature en fait mention de façon diverse selon les textes : la surdité peut ainsi caractériser un personnage sans être présentée comme problématique14. Mais c’est surtout comme métaphore que le handicap est investi par la littérature : l’amour, notamment, est décrit comme un dérèglement des sens. Aussi le mutisme de l’amant dit-il autrement que par des mots la violence du sentiment qui le lie à sa dame – le nouvel amant du Roman de la Rose est prévenu qu’il sera « com une ymage mue »15. La surdité est aussi convoquée si l’on pense au motif du chevalier pensif qui s’abstrait du monde par ses pensées amoureuses16.

Le silence peut en outre résulter d’une contrainte institutionnelle, comme une sanction, à travers les censures de l’expression d’idées hérétiques, ou à l’inverse dans l’interdiction d’entendre la messe dans le cadre de l’excommunication ; plus largement, l’interdit prononcé sur un territoire marque les populations par l’arrêt des cloches, qui vient perturber l’ambiance sonore des communautés. Le silence marque alors la rupture du rythme de la vie chrétienne qui vient ancrer la condamnation dans l’espace public17. Dans la littérature, le silence peut aussi matérialiser une faute, une malédiction, que l’on pense à Perceval, resté silencieux

lorsqu’il aurait dû parler18, ou à Énide à qui son époux impose le silence après qu’elle lui a rapporté la rumeur qui le concerne19 – « paroles empêchées » étudiées par Danièle James- Raoul20.

Le silence est en effet une contrainte sociale, conséquence de dominations diverses : la silenciation des subalternes résulte notamment du maintien d’une partie des populations dans un statut de minorité : la voix des femmes mariées demeure inaccessible dans les documents de la pratique et seul le veuvage leur permet une forme d’autonomie juridique traduite par l’émission de documents en leur nom propre. C’est pourquoi, inversement, le silence des femmes peut être protecteur, lié au secret, à la nécessité de déjouer la domination juridique des puissants et des hommes, comme dans Le Roman de Silence de Heldris de Cornouailles21.

Ces limites dans l’expression des dominés entraînent par ailleurs de profondes disparités dans la production documentaire, et l’historiographie médiévale a très tôt songé aux moyens de retrouver ou restituer la voix des subalternes à travers les silences du papier. Les registres de l’inquisition, qui enregistrent des confessions populaires, constituent des sources en apparence transparentes sur les parcours de vie des subalternes22 : produite par des pouvoirs dominants, elles restituent imparfaitement la voix des dominés, et ne complète que partiellement les silences de l’histoire23.

Enfin, dans la continuité des enjeux de transcription de l’oralité, la possibilité de transcrire sons et musique à l’écrit a occupé les réflexions médiévales, et les grammairiens ont affronté cette difficulté de transcrire le son, de l’onomatopée visant à figer sur le papier les sons « confus » de la nature à la codification musicale qui se développe à partir du IXe siècle : la fixation les sons sur un support muet devient une préoccupation des auteurs médiévaux, mais génère par ailleurs des questionnements contemporains sur l’analyse de ces sources24.

Trois axes de recherche seront abordés par ce séminaire

1. Le silence au cœur des sociétés médiévales

Exemples de thématiques possibles : les définitions du silence ; le silence monastique ; les représentations sur le silence : le silence comme vertu, le silence comme accès au sacré, le silence dans l’art ; etc.

2. Silence imposé, silence subi

Exemples de thématiques possibles : la question du handicap, de la surdité et/ou du mutisme, dans l’expérience réelle et comme schéma littéraire ; les condamnations au silence ; la silenciation, consciente et inconsciente (domination qui se traduit par une réduction au silence) ; etc.

3. Silence des sources et enjeux documentaires

Exemples de thématiques possibles : la restitution de la voix des dominés ; la question de la « sonorité » des sources écrites, en mêlant réflexions médiévales et enjeux modernes ; la question de l’absence des sources ; etc.

Conditions de soumission

Cet appel à communication s’adresse aux étudiant.es de master, de doctorat et aux jeunes chercheuses et chercheurs en études médiévales, quelle que soit leur discipline.

Les propositions de communication, limitée à 300 mots et à une courte bibliographie, seront accompagnées d’une mention du sujet de mémoire et/ou de thèse. Elles devront être envoyées aux organisateurs à questes.silence@gmail.com, pour le 19 février, en vue d’une présentation de vingt minutes durant l’une des trois séances du séminaire, qui se tiendront les vendredis 17 mars, 21 avril et 12 mai 2023, et d’une publication dans la revue de l’association (questes.revues.org). Questes organise ses séminaires à la Maison de la Recherche (28 rue Serpente, Paris VIe) mais les communications peuvent se faire en ligne, en distanciel.

Le comité d’organisation

Cassandre Crespin, Thibault Jouis et Léo Perret

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