Colloque – (D)écrire les frères mendiants en français. Critique et stéréotypie du XIIIe au XVIe siècle

org. Thibaut Radomme thibaut.radomme@univ-st-etienne.fr

30-31 mars 2023, Université Jean Monnet Saint-Étienne, France

Dès le milieu du XIIIe siècle, les frères mendiants sont confrontés, au sein de l’Université de Paris, à l’hostilité des maîtres séculiers. Or, cet antifraternalisme d’origine savante se répand très tôt dans la littérature vernaculaire, où il se transforme en une critique généraliste et essentialisante : accusés d’aimer l’argent tout en prétendant aspirer à la pauvreté évangélique, les frères mendiants sont dépeints comme l’incarnation du vice d’hypocrisie. Le présent colloque vise donc à interroger les conditions dans lesquelles le discours anti-Mendiants a dépassé le cercle restreint de la polémique universitaire pour gagner la littérature en langue française et y forger le stéréotype, extrêmement puissant et durable, du frère mendiant hypocrite.

Jeudi 30 mars

13h30 – Accueil des participant-e-s et café de bienvenue
14h00 – Introduction au colloque (Thibaut Radomme UJM Saint-Étienne)

Session 1 – Origines ?
Présidence : Pierre Manen (UJM Saint-Étienne)

14h30 – Sung-Wook Moon (Université nationale de Chonnam, Corée du Sud), « Rutebeuf et les Mendiants. Deux paroles nouvelles » [en visioconférence]
15h00 – Valérie Fasseur (Université Paul-Valéry Montpellier 3), « Jean de Meun et les Mendiants »
15h30 – Discussion
15h45 – Pause café

Session 2 – Récits brefs
Présidence : Mattia Cavagna (Université catholique de Louvain)

16h30 – Alain Corbellari (Université de Lausanne / Université de Neuchâtel), « Les frères mendiants dans les fabliaux »
17h00 – Nora Viet (Université Clermont Auvergne), « La critique des ordres de mendiants, du Decameron à ses premières traductions françaises »
17h30 – Nicolas Le Cadet (Université Paris-Est Créteil), « La représentation des cordeliers dans L’Heptaméron de Marguerite de Navarre »
18h00 – Discussion

20h00 – Dîner

Vendredi 31 mars

08h45 – Accueil

Session 3 – Prolongements
Présidence : Marylène Possamaï-Pérez (Université Lumière Lyon 2)

09h00 – Silvère Menegaldo (Université de Tours), « Rutebeuf et Jean de Condé : satire des Mendiants et défense des ménestrels »
09h30 – Jean-Marie Fritz (Université de Bourgogne), « Cordeliers et Jacobins dans les deux rédactions de Renart le Contrefait »
10h00 – Discussion
10h15 – Pause café

Session 4 – Exemplarités
Présidence : Élise Rajchenbach (UJM Saint-Étienne)

10h45 – Marie-Anne Polo de Beaulieu (École des Hautes Études en Sciences Sociales), « Les frères mendiants dans Les Contes moralisés de Nicole Bozon et le Ci nous dit »
11h15 – Denis Hüe (Université Rennes 2), « Franciscains et Dominicains à Rouen »
11h45 – Discussion
12h00 – Déjeuner

Session 5 – Sociétés
Présidence : Mattia Cavagna (Université catholique de Louvain)

14h00 – Florent Coste (Université de Lorraine), « La réponse du berger à la bergère ? Critique des ordres mendiants et polémique antipastorale »
14h30 – Fabienne Henryot (École nationale supérieure des sciences de l’information et des bibliothèques), « L’arrivée des capucins en France au XVIe siècle : critiques et soupçons, de la Réforme à la Ligue »
15h00 – Discussion
15h15 – Clôture des travaux

Informations pratiques
Saint-Étienne
Université Jean Monnet
Campus Manufacture
Centre des Savoirs pour l’Innovation (CSI)
Bâtiment des Forges
11 rue Dr Rémy Annino
Salle du Conseil (L121)

Colloque organisé avec le soutien de l’Université Jean Monnet Saint-Étienne, de l’IHRIM et du LabEx COMOD.

Programme au format PDF : ici

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Offre d’emploi – Directeur/directrice du Musée de l’Hôpital Notre-Dame à la Rose (Lessines)

L’ASBL Office de Tourisme de Lessines a pour objet le développement et la promotion du tourisme de la Ville de Lessines en ce compris la gestion et l’exploitation du musée de l’Hôpital Notre-Dame à la Rose.

L’Hôpital Notre-Dame à la Rose est un musée hospitalier qui a pour mission la conservation, l’acquisition, l’étude et la mise en valeur de pièces et d’objets liés à l’histoire sociale, médicale, chirurgicale et pharmaceutique, ainsi qu’à l’histoire religieuse et conventuelle, de nos régions, du Moyen Age à nos jours.

Le musée de l’Hôpital Notre-Dame à la Rose tend à être un pôle touristique et culturel d’excellence au cœur du pays, ouvert aux publics les plus diversifiés. Le musée se veut également un centre de référence et d’expertise en histoire hospitalière et conventuelle.

Missions génériques :

En tant que directeur(rice) de l’institution, vous

• êtes le visage et le contact privilégié de l’ASBL pour les différentes parties prenantes, tant internes qu’externes et favorisez les partenariats avec les acteurs locaux (ADL, Centre Culturel René Magritte, associatif, etc.) ;

• propagez la mission et la vision de l’institution ;

• dirigez et coordonnez la direction dans la réalisation des objectifs suivants les objectifs prédéfinis et la mise en œuvre de la politique stratégique ;

• avez une vision claire de la manière dont vous pouvez apporter une valeur ajoutée à l’institution en tant qu’organisation muséale et patrimoniale dans le contexte de la Wallonie picarde, de l’Eurométropole, de la Belgique et de l’Europe ;

• suivez les évolutions sociales, administratives et technologiques, en accordant une attention particulière aux innovations et à la diversité ;

• traitez des questions complexes de manière créative et flexible, en ce qui concerne les règles et les procédures qui s’appliquent dans les secteurs et gouvernements dont vous dépendez ;

• assurez une cohérence globale de gestion de l’ASBL dans tous ses aspects : gestion budgétaire, management/ressources humaines, sécurité, enjeux artistiques et culturels, conservation, intégration dans le territoire en prenant appui sur les différents services (médiation, communication, gestion des collections, logistique/horeca et administratif).

• avez des affinités avec la Ville de Lessines, son histoire, ses habitants.

Missions liées à la fonction :

Votre rôle consiste à :

• veiller à la pérennité et au développement des produits ou des potentialités touristiques de l’entité ;

• mettre en œuvre et par la suite redéfinir le projet scientifique et culturel de l’Hôpital Notre-Dame à la Rose en partenariat avec la FWB et la ville de Lessines ;

• développer l’attractivité touristique du vecteur principal de la Ville, l’Hôpital Notre-Dame à la Rose, grâce à la poursuite d’initiatives telles portées notamment par le Commissariat Général au Tourisme ;

• faire participer l’ASBL à une dynamique collective avec les autres partenaires culturels et scientifiques de divers horizons, et travail transversal dans des réseaux locaux, régionaux, nationaux et internationaux ;

• proposer, faire approuver, rendre compte d’un programme d’activités global de l’ASBL et de son budget prévisionnel assorti, au Conseil d’administration, en collaboration avec les différents services ;

• préparer les réunions du Conseil d’Administration et maintenir le lien entre ce dernier et l’équipe professionnelle pour la bonne réalisation des décisions du C.A ;

• être garant de l’exécution budgétaire de l’ASBL et de sa bonne santé financière et de la bonne gestion des différentes aides à l’emploi ;

• être proactif pour la recherche de financements, d’aide à l’emploi et/ou de mécénat en vue du développement des activités de l’ASBL ;

• négocier des contrats et conventions commerciales avec des partenaires locaux ;

• respecter le suivi des obligations et des souhaits émis par les organismes publics subsidiants, en concertation avec le trésorier pour les aspects comptables.

Profil attendu :

• Poste de responsable / gestionnaire ;

• Titulaire d’un Master. Les orientations en histoire, histoire de l’art et gestion culturelle sont un plus ;

• Au minimum 3 ans d’expérience dans un poste de direction dans le domaine muséal ou culturel ;

• Permis de conduire et véhicule personnel obligatoire

Savoirs et savoir-faire (non exhaustive) :

• Connaissance en histoire du domaine hospitalier médiéval et du domaine religieux, capacité à mettre en œuvre des projets d’expositions pertinents, de définir les lignes d’acquisition, d’effectuer une veille professionnelle, de s’inscrire dans des réseaux, d’inscrire les collections du musée dans des réflexions réactualisées ; capacités rédactionnelles, relationnelles et prises de paroles publiques…

• Capacité à l’encadrement de l’équipe du musée et tous les aspects organisationnels du service public muséal conjuguée à une compétence avérée pour la gestion des ressources humaines ;

• Connaissance du cadre légal en matière de gestion touristique, de reconnaissance muséale et de reconnaissance à l’Unesco ;

• Maîtrise des outils et logiciels informatiques ;

• Très bonne maîtrise de l’anglais et du néerlandais : lu, écrit, parlé ;

• Connaissance des législations en vigueur notamment en matière de marchés publics ;

• Connaissance des atouts touristiques et culturels et de l’histoire de la Ville de Lessines.

Savoir être :

• Disponibilité ;

• Créativité ;

• Rigueur ;

• Sens de l’organisation et du service public ;

• Flexibilité et adaptabilité ;

• Bonne aisance relationnelle.

Particularités du poste :

• Ponctuellement, nécessité d’assister aux évènements culturels en soirée et week-ends ;

• Spécificité : déplacements en Belgique et à l’étranger pour les besoins du service ;

Offre :

• Régime de travail: 38 heures temps plein, avec disponibilité́ en soirée et le weekend (occasionnellement) ;

• Contrat : CDI – Commission paritaire 329.02, E6

• Frais de déplacements en transports en commun couverts.

Procédure de recrutement :

Comment postuler ?

Le.a candidat.e remettra sa candidature à Monsieur Dimitri Wittenberg, Président du Conseil d’Administration de l’ASBL OFFICE DE TOURISME DE LESSINES, via l’adresse wittenbergdimitri@hotmail.com au plus tard pour le 1er mai 2023.

La candidature sera accompagnée:

• d’une lettre de motivation ;

• du Curriculum Vitae ;

• d’un extrait d’acte judiciaire ;

• d’une note d’intention de maximum quatre pages contenant la vision du/de la candidat.e quant à son projet pour l’institution sur les 10 prochaines années.

Sélection :

Le jury convoquera les candidat.e.s retenu.e.s à une entrevue qui se tiendra durant la semaine du 22 mai 2023. Les candidat.e.s sont prié.e.s de se tenir disponibles à cette période. Lors de cette entrevue le.a candidat.e présentera son projet.

Critères de la sélection finale: classification au regard de la correspondance avec le profil attendu, eu égard aux titres et mérites, expériences et qualité du projet exposé.

Désignation par le Conseil d’Administration courant du mois de juin 2023.

Prise de fonction au plus tard le 1er septembre 2023.

Infos

ASBL OFFICE DE TOURISME DE LESSINES – Grand’Rue 47 à 7860 LESSINES – email : info@notredamealarose.be – Tél 068/33.24.03

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Appel à contribution – De coloribus. Material, Symbolic and Social Crossroads of Medieval and Renaissance Painting

Coordinators:
Nadia Mariana Consiglieri (Universidad de Buenos Aires – Universidad Nacional de las Artes- CONICET, Argentina)
María Cristina Correia Leandro Pereira (Universidade de São Paulo, Brasil)

Colour, both in its material and light dimensions, played a leading role in Medieval and Renaissance visual culture. Taking part in altarpieces, sculptures, architecture, tapestries, wall paintings and illuminated manuscripts, colour embraced multiple variants. Likewise, the translucent, ethereal but also brilliant and changing tones of enameled pieces and goldsmiths, gems, mosaics and stained glasses acquired an equally vital importance. Far from the imaginaries built during the nineteenth century about a Middle Ages plunged into dark and monochromatic grey buildings, the language of colour and light was a constant factor in the visual cultures of this period.

Since the last decades of the past twentieth century, the investigations of Michel Pastoureau reconsidered colour as an object of historical study plausible itself to be approached as a visual code from its multiple symbolic, social, cultural and religious dimensions. Moreover, Herbert L. Kessler stressed the dynamic and material performance of colours and Jean- Claude Bonne emphasized their diverse roles within ornamentation. In addition, specific investigations began to be carried out on typologies, modes of application and commercial routes of pigments used for the production of illuminated manuscripts, as well as collective studies on the diversity of techniques and the relationships between makers and patrons.

This dossier aims to open a new field of debate on the ways in which colour appears and acts on pictorial surfaces of different images, objects, devices and spaces produced between the eleventh and fifteenth centuries. Within this broad temporal spectrum, it is not intended to focus only on the Medieval and Renaissance West, but also on chromatic objectualities from the East and from groups considered the « otherness » from Western Christianity perspective, in order to rethink the diversity of processes, exchanges, assimilations and overlaps. How did colours circulate in their different versions? ; how were material and symbolic exchange networks woven?; what were the roles of the itinerant and permanent painters, circles and workshops of artisans?; how did the technical and material knowledge of colour spread among them?; how did patrons and receivers interact?; what iconographic and ornamental relationships can engage colours with images?

We invite to submit papers related at least to one of the following topics:

  1. Qualities of pictorial matter: diversity of supports, pigments, materials and techniques. Plurality of materials as interaction devices with the pictorial surface: pastiglia reliefs, use of gold leaf, etc.
  2. Painting and praxis: recipe books, treatises and model compilation notebooks.
  3. Medieval theories on colour, light, materiality and their symbolic dimensions.
  4. The roles of artisans and patrons: miniaturists, painters and enamellers’ ways of making. From monastic environments to secular workshops. Regulations, the action of guilds, contracts.
  5. Reception and agency of the pictorial matter: changes, interventions, damages, outrages.
  6. Iconographic, constructive, syntactic, symbolic, aesthetic and rhythmic roles of ornamentation.
  7. The pictorial materiality in objects and Islamic environments: their interactions with the Christian sphere.
  8. Details and features in Medieval and Renaissance pictorial works (paintings, illuminated manuscripts) belonging to the Latin American artistic heritage. Collecting, museographical links and historiographical perspectives.

REFERENCES:
Bonne, J. C.
(1983). Rituel de la couleur: fonctionnement et usage des images dans le Sacramentaire de Saint-Etienne de Limoges. In: Ponnau, D. (Ed.). Image et signification. Paris: La Documentation française, p. 129-139.
Bonne, J. C. (2002). Penser en couleurs: à propos d’une image apocalyptique du Xe siècle. In: Schmitt, J. C; Hülsen-Esch, A. (Eds.). Die Methodik der Bildinterpretation. Göttingen: Wallstein, v. 2, p. 355-379.
Castelnuovo, E. & Sergi, G. (Eds.) (2013). Arte e Historia en la Edad Media. Volumen II. Del construir: técnicas, artistas, artesanos, comitentes. Madrid: Akal.
Kessler, H. (2011). Seeing Medieval Art. Toronto: University of Toronto Press.
Miranda, M.A. & Miguélez Cavero, A. (Eds.) (2014). Portuguese studies on medieval illuminated manuscripts. Barcelona-Madrid: Fédération Internationale des Instituts d’Études Médiévales.
Pastoureau, M. (2006). Una historia simbólica de la Edad Media Occidental. Buenos Aires: Katz.
Pastoureau, M. (2008). Black. The History of a Color. Princeton and Oxford: Princeton University Press.

Pastoureau, M. (2010). Azul. Historia de un color. Madrid: Paidós. Pastoureau, M. (2016). Rouge. Histoire d’une couleur. Paris: Éditions du Seuil. Pastoureau, M. (2017). Vert. Histoire d’une couleur. Paris: Éditions du Seuil.

ABOUT THE SUBMISSIONS

Articles must be original and not be simultaneously evaluated by other publications. To be submitted to peer review modality, the articles must be sent to the email: revistacaiana@gmail.com, indicating in the subject: “LAST NAME_Dossier caiana #23”

Deadline for papers submission: May 29, 2023.

Issue publication date: November – December, 2023.

CAIANA is indexed in the catalog of the Latindex information system, the European Reference Index for Humanities (ERIH PLUS) and DOAJ (Directory of Open Access Journal).

Papers must comply with the publishing standards of the journal:

Normas para la publicación – Caiana

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Journée d’étude – Rotulus. Écrire sur rouleau au Moyen Âge

Les Archives nationales proposent un cycle de conférences intitulé Retour aux sources où des chercheurs présentent au public leurs travaux inédits.

La séance du 13 mars 2023 s’inscrit dans le prolon- gement de l’exposition Rotulus, un patrimoine médiéval à dérouler, présentée dans le hall du CARAN, du 18 janvier au 14 mars, qui donne à voir les différents usages des rouleaux à la période médiévale, leurs modes de réalisation et leur extension géographique.

Un cartulaire permettait, au Moyen Âge, à une institution ou un individu, de copier ses titres de propriétés dans un codex et parfois dans un rouleau. Cette forme singulière du rouleau a-t-elle constitué une exception ? Correspondait-elle à des besoins spécifiques du monde monastique ? Ces questionne- ments furent au centre des travaux de l’équipe de recherche du projet ROTULUS qui, de 2019 à 2022, a repéré, identifié, décrit et cartographié les rouleaux-cartulaires conservés en France.

Ce Retour aux sources, intitulé Rotulus. Écrire sur rouleau au Moyen Âge, débutera par une visite commentée de l’expo- sition qui présente les résultats de l’équipe de recherche. La première intervention, par Laurent Morelle et Jean-Baptiste Renault, dressera un panorama général du cartulaire sous forme de rouleau à l’époque médiévale. Les interventions suivantes porteront sur des exemples précis, le cartulaire-rouleau de l’abbaye de Notre-Dame de la Charité d’Angers par Chantal Senséby, l’usage du rouleau à l’abbaye de Savigny (Manche) et en Normandie au XIIe siècle par Thomas Roche, le char- trier des comtes de Toulouse relatif à la seigneurie de Gémil (Haute-Garonne) par Jean-François Moufflet. Cette dernière intervention sera également l’occasion d’exposer en séance l’original du rouleau-cartulaire issu du chartrier des comtes de Toulouse réuni au Trésor des chartes des rois de France.

Cette séance se veut, donc, une nouvelle incitation à mieux découvrir ou redécouvrir toute la richesse des sources médiévales conservées en France et plus particulièrement aux Archives nationales.

Table des matières :

13 h

Accueil

13 h 15 – 13 h 45

Visite de l’exposition Rotulus – Hall du CARAN
par Jean-Baptiste Renault, ingénieur d’études à l’Université

de Lorraine

14 h – 14 h 15

Introduction

par Amable Sablon du Corail, responsable du département du Moyen Âge et de l’Ancien Régime (DMAAR)

14 h 15 – 15 h

Le cartulaire-rouleau dans la France médiévale (XIe – XVe siècle)

par Laurent Morelle, directeur d’études à l’École pratique des hautes études (EPHE-PSL)
et Jean-Baptiste Renault, ingénieur d’études à l’Université de Lorraine

15 h – 16 h

Le cartulaire-rouleau de l’abbaye Notre-Dame de la Charité d’Angers

par Chantal Senséby, maître de conférences HDR à l’Université d’Orléans

16 h – 16 h 15

Pause

16 h 15 – 17 h

L’usage du rouleau à l’abbaye de Savigny et en Normandie, au XIIe siècle

par Thomas Roche, directeur des Archives départementales de l’Eure

Le chartrier des comtes de Toulouse relatif à la

seigneurie de Gémil : présentation d’un cartulaire-

rouleau du Trésor des chartes

par Jean-François Moufflet, conservateur en chef du patrimoine au département du Moyen Âge et de l’Ancien Régime

17 h – 17 h 30

Conclusions Les Rotuli aux Archives nationales
par Ghislain Brunel,
directeur des publics aux Archives nationales

Informations pratiques :

Lundi 13 mars 2023, 13h00-17h30
Archives Nationales

Retrouvez les enregistrements de Retour aux sources

Les vidéos des séances de 2016 à 2018 sont disponibles sur Dailymotion et sur la page web de Retour aux sources : http://www.archives-nationales.culture.gouv.fr/fr/ web/guest/retour-aux-sources

Organisation et contact

Retour aux sources est organisé par Christèle Tabusse, responsable du département de l’accueil des publics de Paris.

Entrée libre et gratuite

Réservation possible par message électronique : christele.tabusse@culture.gouv.fr

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Appel à contribution – Émotions, masculinités et violence du Moyen Âge à nos jours

En 2018, Damien Boquet et Dider Lett lançaient un appel aux historien-nexs pour confronter les émotions « à l’épreuve du genre » (Boquet, Lett: 2018). Lieu d’exacerbation affective, empreint d’un imaginaire particulièrement genré, l’événement violent offre une voie d’accès privilégiée pour répondre à cette invitation.

La violence est un fait social qui varie en formes et en intensité selon la période et le contexte. Notion aux contours poreux, elle peut aussi bien s’insérer dans les relations interpersonnelles que des dynamiques politiques ou sociales. L’historiographie de la violence, souvent appréhendée au travers du prisme de l’appareil judiciaire, s’est d’abord concentrée sur sa criminalisation (Castan: 1980, Nassiet: 2011, Porret: 1995, Spierenburg: 2013). Les recherches consacrées au contexte européen parviennent à un constat univoque : les résultats des analyses quantitatives menées sur la question de la violence saisie à travers les archives judiciaires sont largement dominés par un dimorphisme sexué et marqués par une nette surreprésentation masculine.

Étudier ce fait social invite donc à intégrer une perspective de genre, dont l’impact se mesure aussi bien dans les constructions normatives que dans les perceptions et les positionnements individuels (van der Heijden: 2016, Walker: 2003). Sous l’impulsion de l’histoire des femmes, puis du genre, l’historiographie s’est emparée de cette catégorie d’analyse, que ce soit pour interroger la violence sexuelle, conjugale, ou encore celle émanant des femmes. Le genre impacte non seulement la manière dont les actes brutaux sont normalisés, pratiqués et régulés, mais ses effets s’observent également dans la définition même du geste violent.

La surreprésentation masculine invite à porter le regard plus spécifiquement sur les liens entre masculinités et violence. Dans cette perspective, il ne suffit pas seulement de penser aux normes de la virilité et au code d’honneur masculin. En effet, l’historiographie a démontré la richesse d’une approche intersectionnelle qui prend en considération l’ensemble des hiérarchies sociales. Penser les normes, les expériences et les représentations de manière dynamique et plurielle, au sein même de la catégorie du masculin, permettrait d’apporter un éclairage approfondi sur les liens entre violence et genre.

Intimement liée à l’expérience sensible, l’histoire de la violence bénéficierait grandement de l’apport de l’histoire des émotions, qui s’est imposée depuis une vingtaine d’années comme un champ de recherche dynamique et en constant renouvellement. Les émotions, renvoyées à de simples mécanismes corporels, ont longtemps été considérées comme anhistoriques. Ce désintérêt découle des paradigmes dichotomiques qui structurent la pensée occidentale, tels que nature-culture, conscient-inconscient, langage-expérience, qui opposent raison et émotions pour rejeter les affects dans la sphère physiologique. Depuis quelques décennies, de nombreux travaux, émanant notamment des médiévistes, se sont emparés de l’univers affectif et ont démontré que les émotions évoluent également en fonction du contexte historique (Boquet, Lett: 2018; Nagy: 2018, 2020, 2021; Rosenwein: 2006, 2015, 2017). Alors que les premières synthèses sur ce champ historiographique commencent à être formulées, les liens entre violences, masculinités et émotions demeurent encore peu explorés (Corbin, Courtine, Vigarello: 2016 ; Broomhall: 2015).

Ce colloque propose d’interroger l’évolution de la violence sur la longue durée. L’articulation entre masculinités, violence et émotions adopte des formes et des enjeux différents selon le contexte historique dans lequel elle s’inscrit. La violence étant pensée et définie de manière variable d’une époque à une autre, ou d’un discours à un autre, la thématique interrogée est aussi révélatrice des enjeux culturels et de l’imaginaire propre à un moment historique.

L’objectif de cet événement consiste donc à s’interroger sur cet impensé historique en traitant premièrement de la question des sources, qui varie selon les époques et impacte la représentation du rapport entre violence, genre et émotions. Comment appréhender les émotions masculines dans les archives, avec quels documents et quelle méthodologie ? Quelles sont les particularités et difficultés posées par cette approche ? En parallèle, quelle est l’expérience émotionnelle des historien-nexs face aux sources de la violence ?

Il s’agira également de questionner le rôle des émotions dans le discours produit autour de la violence. Les expériences émotionnelles sont-elles mobilisées dans les récits, par exemple pour justifier de la violence des hommes ? Dans quelle mesure font-elles écho à des structures narratives préétablies ? Que disent-elles des identités de genre et des stratégies individuelles ? Font-elles également objet de réappropriations, y compris de la part des femmes ? Existe-t-il des différences de genre dans les témoignages et les descriptions ?

Ce colloque propose troisièmement de s’intéresser au rôle des émotions comme moteur d’engagement masculin dans l’action violente, qu’elle soit d’ordre politique ou interpersonnelle. Dans cette perspective, des événements de grande ampleur (moments révolutionnaires, troubles collectifs…) pourraient être étudiés spécifiquement. Les périodes de bouleversements sont également propices à des transgressions affectives qui amènent à une fluidité nouvelle dans les délimitations sociales et culturelles des frontières de genre.

Modalités de contribution

Pour toute proposition de participation, merci de renvoyer à l’adresse ci-dessous un titre, un résumé de 500 mots maximum, ainsi qu’une brève bio-bibliographie, en français ou en anglais

avant le 15 mars 2023. 

Adresses de contact : clarissa.yang@unige.ch; eleonore.beck@unige.ch.

Informations pratiques

Le colloque se tiendra les 19 et 20 octobre 2023 à Genève.

Le comité d’organisation dispose d’un petit budget pour financer la venue des internant-exs qui n’ont pas d’autres possibilités de financement. Veuillez nous indiquer si vous souhaitez en bénéficier.

Comité d’organisation scientifique 

  • Francesca Arena
  • Camille Bajeux
  • Eléonore Beck
  • Loraine Chappuis
  • Anne-Lydie Dubois
  • Taline Garibian
  • Clarissa Yang

Source : Calenda

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Publication – « Graeco-Arabic Astronomy for Twelfth-Century Latin Readers. Ptolomeus et multi sapientum (Abraham Ibn Ezra Latinus) — Robert of Chester, Liber canonum, pt. II », éd. C. Philipp E. Nothaft

This volume makes available two little-known twelfth-century Latin sources on mathematical astronomy: the anonymous Ptolomeus et multi sapientum… (c.1145), which is attributable to the famous Jewish astrologer Abraham Ibn Ezra, and the surviving second part of Robert of Chester’s Liber canonum, which accompanied the Tables of London (c.1150). Both texts are introductory-level works originally written to educate a Latin Christian audience in the concepts and techniques involved in computing with astronomical tables. They are here presented in critical editions with facing English translations. The accompanying introductions and in-depth commentaries elucidate their significance in the context of twelfth-century Latin astronomy.

C. Philipp E. Nothaft, Ph.D. (2012), University of Munich, is a research fellow at Trinity College Dublin. He has published widely on the history of chronology, calendars, and astronomy in medieval Europe, including Medieval Latin Christian Texts on the Jewish Calendar (Brill, 2014).

Table des matières : ici

Informations pratiques :

Graeco-Arabic Astronomy for Twelfth-Century Latin Readers. Ptolomeus et multi sapientum (Abraham Ibn Ezra Latinus) — Robert of Chester, Liber canonum, pt. II, éd. C. Philipp E. Nothaft, Leyde–Boston, 2022 ; 1 vol., XII–357 p. (Time, Astronomy, and Calendars, 12). ISBN : 978-90-04-52691-4. Prix : € 164,00.

Source : Brill

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Appel à contribution – Texte parodique au Moyen Âge et concept de « parodie » dans les études médiévales

Colloque international organisé dans le cadre des colloques franco-russes qui se sont déroulés de 2004 à 2021 à Moscou.

Texte parodique au Moyen Âge et concept de « parodie » dans les études médiévales

27 au 30 août 2024, MSH de Clermont-Ferrand



Les dernières décennies ont été marquées par l’intérêt qu’a porté la critique à la parodie, y compris la parodie médiévale à laquelle des articles, des ouvrages critiques et des colloques, dont les actes sont publiés, ont été consacrés[1]. On y rappelle, conformément à la conception moderne de la notion, que la parodie est, étymologiquement, « un palimpseste dans lequel jamais l’hypotexte ne se laisse oublier sous la récriture dont le paradoxe est de le présenter sans cesse tout en le pervertissant, tout en remplaçant la convenance par la disconvenance »[2], mais il ressort aussi de différentes études que le concept de « parodie » prend une signification spécifique dans la production littéraire médiévale. Ainsi, selon Madeleine Jeay, la définition de parodie comme imitation d’un texte précis dans le but de le ridiculiser, telle qu’elle est donnée à l’époque moderne, n’est pas applicable à la littérature médiévale. À l’appui d’un article de Sanda Galopensia-Erutescu, M. Jeay considère que la parodie médiévale, à la différence des parodies plus tardives, a un caractère archaïque et syncrétique ; il est important de souligner pourtant que S. Galopensia-Erutescu, quant à elle, ne mentionne que brièvement la parodie de l’Antiquité, en se fondant principalement sur les travaux de M. Bakhtine, sans prêter une attention à la parodie médiévale. Tout en insistant sur la spécificité de la parodie du Moyen Âge, Madeline Jeay ne juge pas cependant inapproprié d’employer le terme en question pour les études médiévales. Elle constate, en fin de compte, qu’à l’époque médiévale la parodie est polyfonctionnelle et qu’il est difficile de la distinguer du jeu littéraire, de l’ironie et de la satire, avant d’être amenée à reconnaître que la réception du texte comme texte parodique est hautement subjective, et que l’effet parodique est créé non seulement par l’écriture mais aussi par la lecture[3]. 

De son côté, Jean-Claude Mühlethaler relève dans « À la recherche de la parodie médiévale »  que le désir de voir de la parodie dans chaque texte comique vide le terme de son sens, et il prévient contre un usage trop large de l’emploi de celui-ci[4]. Dans un autre article il propose une définition de la parodie médiévale, proche de celle qui est utilisée pour l’analyse de la littérature de l’époque moderne : selon lui, la parodie reproduit dans un registre ludique certains éléments de son modèle, les plaçant « sous un éclairage inattendu, de manière à interpeller le lecteur qui, prenant un recul nécessaire, est amené à s’intéresser — ne serait-ce qu’un instant — au procédés de l’écriture plutôt qu’à l’histoire »[5]. D’autre part, J.-C. Mühlethaler associe le concept de « parodie » au repérage des liens intertextuels entre l’œuvre analysée et d’autres textes : étudiant les Cent nouvelles nouvelles, il montre l’existence des liens de ce type entre les nouvelles et plusieurs œuvres de la littérature médiévale, parfois chronologiquement éloignées (liens qui ne nous apparaissent pas toujours avec évidence), signalant alors qu’un texte « renverse » l’autre et qualifiant le premier de « parodique »[6]. Le critique souligne que la possibilité de repérer ces liens dépend de l’horizon intellectuel du lecteur, en reconnaissant, comme M. Jeay, que la réception du texte comme parodique est dans une large mesure subjective. 

Estelle Doudet propose de distinguer la parodie, le pastiche et la satire : la proximité de ces trois formes de comiques est grande, car ils exigent de la part de l’auteur un « travail sur la fonction poétique du langage », si ce n’est que, d’une part, à la différence de la satire, parodie et pastiche n’ont pas de référent, et que, d’autre part, la parodie se caractérise par une « intention de travestissement comique ou ironique du texte-source ». Reste qu’en analysant les farces de Pierre de Lesnaudrie, E. Doudet associe étroitement parodie, pastiche, satire, ironie et tous les jeux intertextuels[7]. 

Étudiant la complainte du Roman de Fauvel remanié de Chaillou de Pestain (BnF, fr. 146), Thibaut Radomme met lui aussi en perspective satire et parodie pour montrer que celle-ci est au service de celle-là, et il relève des critères internes et externes permettant d’identifier le discours parodique[8]. L’écriture de la complainte du Roman de Fauvel l’amène à formuler une définition de la parodie très proche de celle qui est couramment retenue : elle consiste « en l’imitation et le détournement d’un modèle (texte ou discours) relevant d’une norme esthétique (langagière, stylistique, générique, etc.) propre à un domaine d’autorité́ particulier (littéraire, religieux, juridique, médical, etc.). La complainte produit par « le mécanisme du dévoiement esthétique, un contre‐texte (ou contre‐discours), voire un anti‐texte (ou anti‐discours). » 

Pour sa part, Élisabeth Gaucher prend, semble-t-il, des distances avec l’emploi trop large du terme « parodie ». Soulignant le fait, à la suite d’autres chercheurs, que le mot est absent des traités médiévaux, elle préfère évoquer non pas la parodie en tant que telle, mais « un esprit parodique » : les textes qui en portent la marque usent de clichés littéraires et contribuent non pas à la critique, mais au renouvellement de la littérature. Elle rapproche, apparemment, la parodie médiévale du procédé que les formalistes russes nommaient une « estrangisation » ou « défamiliarisation »[9]. Ce sont eux, ainsi que Mikhaïl Bakhtine qui ont donné au concept de parodie son sens le plus large, comme c’est le cas pour Victor Shklovsky, Iouri Tynianov, Boris Tomachevsky qui ont accordé une attention particulière à l’écriture parodique. Pour Shklovsky qui est à l’origine du concept de l’« estrangisation » du procédé artistique, le roman parodique est un phénomène typique de la littérature mondiale ; Tomachevski, lui, définit la parodie comme « estrangisation » du procédé qui, faisant partie du sujet de l’œuvre, a pour but de ridiculiser et de démasquer l’école littéraire de l’adversaire (Théorie de la littérature. Poétique, 1925)[10] ; Tynianov, pour sa part, insiste sur l’« augmentation des sens » que la parodie permet.

S’appuyant sur les travaux d’Olga Freydenberg, Mikhaïl Bakhtine, à la fois principal opposant des formalistes et leur interlocuteur privilégié, pensait qu’une des fonctions importantes de la parodie de l’Antiquité et du Moyen Âge consistait à ressusciter les genres et les formes littéraires. Selon lui, presque tous les genres de discours, ainsi que les genres littéraires ont leurs analogues parodiques (cf. la remarque de Freydenberg: « au début tout ce qui était le plus sacré fut parodié »). D’après lui aussi, les genres parodiques ne reproduisent pas la forme de l’objet de parodie ; d’autre part, l’un des facteurs permettant de créer de la parodie réside dans la présence d’une distance entre l’auteur et l’objet qu’il représente dans son œuvre[11].

Nous proposons de revenir sur les problèmes que pose la parodie afin de comprendre si sa convocation est efficace pour analyser les littératures médiévales, et afin de voir si l’emploi de ce terme est pertinent. Suivant cette perspective, il convient de déterminer la possibilité de distinguer la parodie médiévale des autres formes de ridiculisation et de critique d’un texte ou d’un groupe de textes. D’autre part, il convient aussi de voir si les littératures médiévales permettent de retrouver les différentes formes de la parodie — notamment celles qui correspondent à la notion de parodie au sens étroit du terme (c’est-à-dire la parodie d’un texte précis), et celles qui ressortissent à une notion de parodie au sens large.

Dans ce but, une attention particulière peut être portée aux questions suivantes.

(a) La critique et le concept de parodie :
Comment s’explique l’intérêt pour la parodie dans l’histoire de la critique littéraire et, en particulier, pour la parodie médiévale ? Quelles en sont les causes au XXe-XXIe siècle et dans quel contexte intellectuel, littéraire, philosophique s’inscrivent-elles ? Par ailleurs, est-il possible de penser que la recherche des liens intertextuels, qui sont l’une des directions majeures de la critique contemporaine, entraîne la qualification des textes comme « parodiques » ? Et, si c’est bien le cas, le critique, n’attribue-t-il pas des traits parodiques à un texte qui, dans le contexte médiéval, ne les avait pas ?

(b) L’œuvre « parodique » et sa réception par le lecteur médiéval : 
Le lecteur médiéval, est-il capable d’apprécier les aspects parodiques du texte qui semble les avoir, aux yeux du critique de notre époque ? Si oui, quelles données faut-il convoquer pour en témoigner ? Suivant cette perspective se pose aussi la question de savoir comment repérer le comique dans des textes médiévaux. 

(c) Parodie et contexte :
La parodie est-elle un instrument universel ou, au contraire, chronologiquement limité ? Existe-t-il des conditions — sociales, littéraires — justifiant l’apparition et le développement d’une écriture parodique ou, au contraire, son retrait et sa disparition ? Jelle Koopmans, notamment, a montré, à partir des œuvres de Pierre de Lesnauderie, l’importance du contexte politique pour saisir la dimension parodique des textes dramatiques : c’est dans le cadre de l’“inversion festive”, cadre des débats et des enjeux, qu’elle donne sa pleine mesure[12]. 

(d) Parodie et rhétorique :
Comme les chercheurs l’ont relevé à plusieurs reprises, la parodie n’est pas mentionnée dans les arts poétiques médiévaux[13]. On l’a rapprochée de la satire, de l’ironie, de l’antithèse, parfois de la plaisanterie, du bon mot (avec un renvoi à Quintilien, VI, 3, 96-98), et, si on utilise la terminologie contemporaine, du « renversement », de l’« inversement », du « déplacement » et du « pastiche »[14]. Y-a-t-il d’autres termes auxquels la parodie médiévale peut être associée ? Est-il possible de trouver des dénominations génériques et des titres donnés par les auteurs à leurs œuvres susceptibles de mettre au jour leur caractère parodique ?[15]

(e) Parodie et genre
Certaines études associent la question de la parodie avec celle des genres littéraires médiévaux[16]. Toutefois, comment concilier l’usage de la notion de « genre », généralement contestée par la critique, notamment par Paul Zumthor, en raison de l’instabilité des formes narratives médiévales, avec la notion de parodie ? Peut-on envisager que tous les genres littéraires puissent faire l’objet d’une parodie ? Ou cette possibilité est-elle limitée à certains types de textes ?

(f) Parodie et écriture :
Un rapprochement entre la parodie médiévale, d’une part, la satire et l’ironie, d’autre part, permet-il de conclure à l’indépendance de la première ? Quels sont les rapports entre la parodie et des expressions comme « poésie ludique » ou « dimension ludique » ? L’ironie, on le sait, irrigue les chansons des troubadours et des trouvères, des épisodes comiques ne sont pas absents des chansons de geste et le rabaissement ironique est perceptible dans les romans de Chrétien de Troyes, etc., pourtant peut-on, en l’occurrence, parler pour autant de parodie ? Enfin, ne faut-il pas supposer que le contre-texte, pour devenir parodique et se distinguer de l’ironie et des autres espèces de critique, doive en présenter certaines caractéristiques formelles ?

(g) Parodie et discours religieux :
Comment se définit le concept de parodie sacrée, quelles en sont les formes littéraires et quel en est le statut au Moyen Âge ? Entre plaisir festif et interdiction, quelle relation ce type de parodie entretient-il avec la société et la culture médiévales[17] ? 

Comité organisateur du colloque :

Ludmilla Evdokimova (Institut de Littérature mondiale Moscou / Université Saint-Tikhon Moscou) ;
Natalya Dolgoroukova (École des Hautes Études en Sciences Économiques Moscou)
Françoise Laurent (Université Clermont Auvergne Clermont-Ferrand)

Modalités de participation :

Les propositions de communication accompagnées d’un argumentaire d’une dizaine de lignes et d’un bref curriculum vitae sont à envoyer avant le 30 juin 2023 à :
ludmila.evdokimova@gmail.com
Natalia.dolgoroukova@gmail.com
francoise.laurent@uca.fr

Après évaluation du comité organisateur, les résultats de la sélection des contributions seront diffusés le 3 septembre 2023.

Langues de travail : français, anglais.

Les Actes du colloque seront publiés comme ceux de tous les colloques franco-russes qui ont précédé. 

 
[1] Cf. en particulier les actes des colloques : Burlesque et formes parodiques dans la littérature et les arts : actes du colloque de l’Université du Maine (Le Mans, du 4 au 7 décembre 1986), Isabelle Landy-Houillon, Maurice Ménard dir., Seattle, Tübingen, W. Leiner, 1987 ; Formes de la critique : Parodie et satire dans la France et l’Italie médiévales, Jean-Claude Mühlethaler avec la collaboration d’Alain Corbellari et de Barbara Wahlen dir., Paris, Champion, 2003 ; Formes et fonctions de la parodie dans les littératures médiévales : actes du colloque international, Zurich, 9-10 décembre 2010, Johannes Bartuschat, Carmen Cardelle De Hartmann éds., Firenze, Edizioni del Galluzzo, 2013 ; Parodies courtoises, parodies de la courtoisie, Margarida Madureira, Carlos Clamote Carreto et Ana Paiva Morais dir., Paris, Classiques Garnier, 2016. — N’ayant pas la possibilité d’énumérer de nombreux travaux consacrés à la parodie, mentionnons toutefois le numéro spécial de la revue Cahiers de recherches médiévales et humanistes, v. 15, 2008 (Tentation du parodique dans la littérature médiévale). 
[2] Eglal Doss- Quinby, Marie-Geneviève Grossel et Samuel N. Rosenberg, « Sottes chansons contre Amours », Parodie et burlesque au Moyen Âge, Paris, Champion, 2010, p. 25.
[3] Madelaine Jeay, « Polyphonies textuelles. Écriture de la parodie », Parodies courtoises, parodies de la courtoisie, op. cit., p. 360-361 (avec renvoi à Sanda Galopensia-Erutescu, « Parodie, pastiche et textualité », Le singe à la porte. Vers une théorie de la parodie, textes rassemblés et édités par Groupar, New York, Peter Lang, 1984, p. 117-133, notamment p. 122), p. 384-385.
[4] Jean-Claude Mühlethaler, « Préface. À la recherche de la parodie médiévale », Formes de la critique : parodie et satire dans la France et l’Italie médiévales, op. cit., p. 7-14, ici p. 11-12, citation p. 8.
[5] J.-C. Mühlethaler, « Renversement, déplacement et irradiation parodiques. Réflexions autour du Conte du papegau », Poétique, t. 157, 2009, p. 3-17.
[6] J.-C. Mühlethaler, « Irradiation parodique et logique de recueil : l’exemple des Cent nouvelles nouvelles », Formes et fonctions de la parodie dans les littératures médiévales, op. cit., p. 193-212. Ainsi, en analysant la nouvelle n°46 où les amants se donnent aux plaisirs d’amour sous le poirier, J.-C. Mühlethaler inclut dans son analyse le contexte biblique avec l’arbre du Paradis, puisque le poirier lui ressemble, Le Roman de la poire, les Confessions de saint Augustin puisqu’il avoue d’avoir volé les poires ou encore du Cligès de Chrétien de Troyes, car la chute de la poire a réveillé Fénice. En analysant la nouvelle n°45 où le nom du héros est « donne Marguerite », il suppose que ce nom renvoie à sainte Marguerite de la Légende dorée de Jacques de Voragine et conclut que la nouvelle est une vie de sainte parodique (p. 202-203 ; 206-207). — Pour la parodie et l’intertextualité voir également M. Jeay, « Polyphonies textuelles. Écriture de la parodie », Parodies courtoises, parodies de la courtoisie, op. cit., p. 360.
[7] E. Doudet, « Parodies en scène. Textes et contextes dans le théâtre de Pierre de Lesnauderie (Caen, 1493-1496) », Cahiers de recherches médiévales et humanistes, t. 15 (Tentation du parodique dans la littérature médiévale), op. cit., p. 31-43, citation : p. 32; cf. également p. 36, 40, 42, 43.
[8] Cf. Thibaut Radomme, « Satire et parodie dans la ‘Complainte’ du Roman de Fauvel remanié de Chaillou de Pestain (Paris, BnF, fr. 146) : pourquoi et comment rit-on des puissants au XIVe siècle », dans Le rire : formes et fonctions du comique. Actes du colloque de Lausanne (9-10 juin 2016), Marta Caraion, Laurence Danguy, dir., 2017 ; consultable en ligne sur HAL.
[9] É. Gaucher, « Avant-propos », Cahiers de recherches médiévales et humanistes, t. 15 (Tentation du parodique dans la littérature médiévale), op. cit., p. 1-2, ici p. 1. 
[10] Pour la traduction française de ces ouvrages, cf. Théorie de la littérature. Textes des formalistes russes, réunis, présentés et traduits par Tzvetan Todorov, préface de Roman Jacobson, Paris, Seuil, 1966, p. 263-307.
[11] Cf. son ouvrage « Эпос и роман » (« Épopée et roman »).
[12] Jelle Koopmans, « La parodie en situation. Approches du texte festif de la fin du Moyen Âge », CRMH, 15, 2008. 
[13] É. Gaucher, « Avant-propos», Cahiers de recherches médiévales et humanistes, t. 15 (Tentation du parodique dans la littérature médiévale), op. cit., p. 1-2, ici p. 1. 
[14] J.-C. Mühlethaler, « Récriture et parodie : l’idéal chevaleresque et l’idéal politique à l’épreuve du Livre du Cuer d’amours espris de René d’Anjou », Formes de la critique : Parodie et satire dans la France et l’Italie médiévales, op. cit., p. 235-259, en particulier p. 247 ; J.-C. Mühlethaler, « Irradiation parodique et logique de recueil : l’exemple des Cent nouvelles nouvelles», Formes et fonctions de la parodie dans les littératures médiévales, op. cit., p. 193-212, ici p. 194, 199, 201, 205, 207. De plus: E. Doudet, « Parodies en scène. Textes et contextes dans le théâtre de Pierre de Lesnauderie (Caen, 1493-1496) », op. cit.
[15] Cf. en particulier Jelle Koopmans, « La parodie en situation. Approches du texte festif de la fin du Moyen Âge », op. cit., p. 89, qui cite certaines de ces nominations pour la littérature de la fin du Moyen Âge (adj. « joyeux »).
[16] Cf. en particulier : Isabelle Arseneau, Parodie et merveilleux dans le roman dit réaliste au XIIIe siècle, Paris, Classiques Garnier, 2013. – É. Gaucher, « Avant-propos », Cahiers de recherches médiévales et humanistes, t. 15 (Tentation du parodique dans la littérature médiévale), op. cit., p. 2; en outre : Elizabeth Dearnley, « Parody, Transexualyty and the Breton Lay », Parodies courtoises, parodies de la courtoisie, op. cit., p. 235-248; Chiara Concina, « Quelques notes sur les jeux-partis parodiques », ibid., p. 403-415; Marie-Geneviève Grossel, « Intertexe et contre-texte, l’exemple de la sotte chanson », ibid., p. 279-291. 
[17] Voir Jelle Koopmans et Paul Verhuyck, Sermon joyeux et truanderie, Amsterdam, Éditions Rodopi, 1987 ; Jelle Koopmans, Recueil de Sermons joyeux, Genève, Droz, 1988. 

Source : Fabula

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Exposition – Bruegel and his Time

Exhibition: 15 February – 24 May 2023

Albertina
Albertinaplatz 1
1010 Vienna (Wien)
Austria

Sensitive chiaroscuro drawings, critical morality pieces, portraits, or expansive landscapes: virtually no other period of European history witnessed such an astounding variety in the art of drawing as sixteenth century Netherlands. With sublime technical virtuosity and extraordinary inventiveness, artists created images of their radically changing world, in which the Reformation, expanding colonial trade and increasing urbanization led to a profound renegotiation of societal norms. Whether in cartoons for the windows of imposing cathedrals and private residences or in sketches for precious luxury objects, paintings, and prints, drawing found a wide range of applications. At the same time, works on paper also came to be regarded as a means of autonomous artistic expression, receiving new-found attention among the wealthy elites as valuable collectors’ items.

The exhibition at the ALBERTINA Museum presents a selection of some 90 works from the museum’s own holdings that exemplify this incomparable flourishing of drawing practices. Alongside famed masterpieces by Pieter Bruegel the Elder and outstanding drawings by artists such as Jan de Beer, Maarten van Heemskerck or Hendrick Goltzius, several newly restored works will be presented to a broader public.

Source : Codart

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Appel à contribution – La Ville : représentation, matérialité, spatialité

Jeudi 6 et vendredi 7 avril 2023

Ces journées d’études sont organisées par JANUA, l’association des étudiants de master et doctorants de l’Université de Poitiers qui regroupe les laboratoires HeRMA (Hellénisation et Romanisation dans le Monde Antique), CESCM (Centre d’Études Supérieures de Civilisation Médiévale) et CRIHAM (Centre de Recherches Interdisciplinaires en Histoire, Histoire de l’Art et Musicologie). L’objectif de ces deux journées d’études est de présenter les travaux de jeunes chercheurs sur le thème « La Ville : représentation, matérialité, spatialité », dans une perspective pluridisciplinaire et méthodologique. Ce thème, large et foisonnant, est un objet d’études pour de nombreuses disciplines et intéresse toutes les périodes historiques.

L’étude de l’espace urbain est très ancienne ; elle connaît cependant un essor aux XVIe et XVIIe siècles. Les érudits Humanistes, mais aussi les congrégations religieuses s’emparent de ce sujet. L’accent est alors mis sur la ville comme lieu de pouvoir, sur les symboles de puissance qui la parsème ou encore sur les grands hommes qui sont à son origine. Au XIXe siècle, les études urbaines se démultiplient dans un contexte de mutations profondes des structures urbaines, en lien avec l’industrialisation. Les villes croissent et les populations augmentent de manière exponentielle. C’est dans cette même optique que sont réalisées les études de la ville dans la première moitié du XXe siècle : la population urbaine explose et passe de 55% au milieu du siècle à 85% à son terme. Dans la seconde moitié du XXe siècle, la ville est un objet de recherche particulièrement l’école des Annales, qui consacre notamment, en 1970, un numéro spécial des Annales d’histoire économique et sociale sur l’ « Histoire et urbanisation ». La ville a longtemps été étudiée donc au niveau social culturel et politique. Les études archéologiques ne sont pas en reste, en raison notamment des destructions occasionnées par les bombardements de la Seconde Guerre mondiale. Ces dernières se sont multipliées depuis, bien que les synthèses globales soient difficiles, la définition de la ville sur une période aussi large étant difficile.

Les formes ainsi que l’organisation des ensembles urbains changent en fonction de l’ère chronologique et géographique. La définition de la ville change selon le contexte spatio-temporel. Ces mutations urbaines s’appuient à la fois sur une continuation, une réappropriation des structures précédentes ainsi que sur des transformations plus profondes. Les villes sont des structures essentielles des régions dans lesquelles elles se situent, rassemblant des fonctions de pouvoir, administratives et religieuses ; trois domaines liés jusqu’à la fin de la période médiévale au moins. La ville est structurante démographiquement, réorganisant les dynamiques entre les différentes catégories sociales, mais également économiquement. La ville entretient des centres d’échanges aux longues ramifications, bien plus que ceux de la campagne. Par son activité artisanale, puis industrielle, la ville demeure un centre de production. Précédées par le système aristotélicien du Lycée antique, les universités fleurissent à partir du XIIe siècle, renforçant la ville comme un centre intellectuel et culturel.

Dans cette optique, les présentations pourront être organisées selon trois axes différents :

  • Le premier axe s’articulera autour des représentations de la ville : comment la ville et ses habitants sont pensés, représentés dans les arts visuels et littéraires ? Le paysage urbain est une “image fragmentaire de la ville”, mais il manque ici un élément : la ville se caractérise surtout par une multiplicité ? “surtout la multiplicité d’images”, comme le dit Maria Luiza Carrozza1. L’espace urbain est le théâtre de textes littéraires, tout comme l’objet de récits qui mettent en scène la ville en mutation, la ville industrielle ou détruite, la « ville-marché », la ville, lieu de Centre de diffusion, il est une source d’inspiration pour les artistes. Avec ses préoccupations, ses populations, et ses représentations, la ville constitue un cadre singulier : elle se différencie ainsi des milieux extra-urbains. Sa matérialité est façonnée par les innovations techniques et technologiques.
  • Le second axe abordera la ville dans son aspect matériel. La ville est conditionnée par une culture matérielle propre et singulière. Centre commercial, artisanal et industriel, la ville est un foyer de production et un carrefour dans la circulation des Elle est donc un pôle de commerce, local mais également régional voire international, et ce, toutes périodes confondues. En raison des fonctions spécifiques à l’espace urbain, l’architecture, les objets et les méthodes archéologiques doivent être pensées de façon connexe. Par ailleurs, la matérialité se traduit par les productions textuelles issues des institutions inhérentes au bon fonctionnement de la ville. Outre la représentation textuelle des institutions, la concrétisation matérielle du pouvoir passe par le paraître architectural, à l’image de Versailles comme reflet de l’absolutisme royal.
  • Le dernier axe s’intéressera à la spatialité de la ville par l’observation de ses structures matérielles et l’analyse de l’occupation de cet espace – documents planimétriques, des outils de cartographie, documentation textuelle et artistique. Parmi les divers outils d’analyse spatiale, le système d’information géographique (SIG) s’impose depuis ces dernières décennies comme majeur dans les approches historiques et archéologiques en permettant une gestion et une analyse des données issues de la densité matérielle et de la pluralité fonctionnelle des espaces spatio-temporels. Le SIG a notamment été le centre du projet ALPAGE (AnaLyse diachronique de l’espace urbain PArisien : approche Geomatique) de 2006 dirigé par Hélène Noizet . La topographie, la répartition des données spatiales, mais aussi la manière dont l’espace urbain est l’objet d’enjeux de pouvoir, d’appropriations et de représentations, sont à considérer. Les méthodes de l’analyse spatiale constituent une approche supplémentaire pour appréhender et exploiter des sources de nature différente qui relèvent de champs disciplinaires variés. À l’image du programme SICAVOR (Système d’Information Contextuel sur les Caves et Cavités d’Orléans) dirigé par Clément Alix, l’analyse spatiale permet une approche sociologique de l’espace, menant à définir une socio- topographie urbaine complexe à partir des données issues des différentes sources rencontrées, et émanant aussi bien de la suprastructure que de l’infrastructure, le tout mis en perspective dans un SIG .

Les propositions de communication (environ 500 mots) doivent être envoyées, accompagnées d’un CV, à l’adresse suivante : association.janua@gmail.com avant le 6 mars 2023.

Les communications retenues ont impérativement vocation à être publiées l’année suivante dans les Annales de Janua http://annalesdejanua.edel.univ–poitiers.fr


Une réponse sera communiquée aux intervenants sélectionnés au début du mois de mars.
L’événement se déroulera sur deux journées. L’hébergement des communicants pour deux soirs consécutifs est pris en charge par l’association, ainsi que les deux repas du midi et une partie des
frais de transport à hauteur de 50€ par intervenant. La possibilité d’effectuer des conférences en distanciel peut être envisagée.

Source : CESCM

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Appel à contribution – Innovationes Lovanienses: Crossroads of Knowledge Transfer between Antiquity, Middle Ages, and Renaissance

KU Leuven, 6-8 December 2023*

The XIIth Annual Conference of LECTIO in 2023 will examine the foundation and first centuries of the University of Leuven as a unique crossroads of the transfer of knowledge between Antiquity, Middle Ages and Renaissance. It serves as a stepping stone for the celebrations of 600 years KU Leuven in 2025.
Check our hashtag #Leuven1425.

Between 1425 and 1432, Louvain was founded as a rather prototypical medieval studium generale, modeled after similar institutions for higher education in Paris and Cologne, and vested with charters copied from contemporary foundations such as Rostock and Genève. At this crossroads of Europe, the University of Leuven would soon function as a distinctive nucleus for receiving and transferring ancient and modern ideas and teachings. Until the abolition of the university in 1797, scholars and students in Louvain innovated and refashioned the results of antique scholarship and schooling, both in teaching and writing, while also engaging in the renewal of the Catholic faith and discipline as a reaction to the Protestant Reformation. The

Louvain legacy of ideas, texts, and teaching practices will be situated in the European and worldwide ‘web of knowledge’ by offering transregional as well as global perspectives. The conference will examine the legacy of Louvain scholars and students and their intellectual and geographical itineraries in Europe and the broader Habsburg World.

The LECTIO conference is collaborating with Museum M on the occasion of their exhibition on Dieric Bouts, and the ‘City Festival’ in Leuven on ‘Bouts, New Perspectives’. Therefore, the conference also welcomes contributions to the visual culture at the time of Dieric Bouts in Leuven, and the new and changing perspectives he brought about. Special attention can be paid to: the impact of Modern Devotion on the iconography and functions of the devotional object (empathy & Andachtsbild, the animated devotional object, mutual gazing between Christ and the spectator), the role of new optics and scholarship (perspective, organizations of space in painting, metaphors of theater and staging, techniques to involving the spectator in space, etc.), the use of details in a non-symbolic manner (the idea of the Barthesian ‘reality effect’, the use of banality in painting), the development of the landscape in painting (the need to show real or fantasy landscapes in a changing society, the landscape as a virtual, symbolic or social space of meaning).

Confirmed keynote speakers

Susanna Berger (University of Southern California) Monica Brinzei (IRHT-CNRS)
Lidia Lanza (Lisbon)
Valentina Lepri (Warsaw)

Jacob Schmutz (UCLouvain)

Abstracts

Please send your proposal to marleen.reynders@kuleuven.be and violet.soen@kuleuven.be before 15 March 2023. Proposals should consist of a (provisional) title, an abstract of 250-300 words, and information concerning your name, current position, academic affiliation and contact details You will receive notification of acceptance no later than 15 May 2023. The conference volume will appear within the LECTIO series at Brepols Publishers in February 2025 to mark the sixth centenary of the first university foundation. Therefore, we will work with pre-circulated papers before 25 October 2023 and final submission on 1 March 2024.

Organizing committee:

Barbara Baert (KU Leuven), Wim Decock (UCLouvain), Wouter Druwé (KU Leuven), Ralph Dekoninck (UCLouvain), Wim François (KU Leuven), Violet Soen (KU Leuven), Gerd Van Riel (KU Leuven), with the assistance of LECTIO’s Managing Director Marleen Reynders

Check these online datasets about Leuven’s ‘Old University’

  • Magister Dixit (digitized college notes by Louvain students)
  • Lovaniensia & its Scholars page (printed books by Louvain scholars)
  • Manuale Lovaniense (textbooks printed for the Louvain academic market)
  • Impressae (Women printers in Louvain and Douai)
  • Dalet.be (database of the Leuven Trilingue)
  • Leonardi.DB (The Leuven Ontology for Aristotelian Diagrams Database)
  • Aristoteles Latinus Environment (DALE)
  • Impressa Catholica Cameracensia (Books printed in the francophone sister university of Habsburg Douai)
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