Publication – Michel Pastoureau, « L’âne. une histoire culturelle »

Domestiqué vers le 4e millénaire avant notre ère, l’âne joue un rôle considérable dans la culture matérielle et la vie quotidienne des peuples de l’Antiquité méditerranéenne. Les documents nous montrent surtout un animal qui travaille : il porte, il tire, il pousse, il foule. Par là même, son image symbolique est le plus souvent positive, même si la mythologie en dresse un portrait plus nuancé, et si les fables et les proverbes mettent en valeur son obstination et son manque de lucidité. Au Moyen Âge, l’image de l’âne se dégrade fortement : il devient symbole de paresse, de luxure, de bêtise, de folie même. Ses oreilles prennent désormais place sur la tête des sots, des bouffons et des fous. Le cheval lui fait une forte concurrence et le confine aux tâches subalternes. L’âne devient un animal au service des plus pauvres et s’en trouve plus ou moins méprisé. Seule l’histoire sainte le valorise : il a eu l’honneur d’assister à la Nativité puis de porter le Christ lors de son entrée à Jérusalem. À l’époque moderne, la symbolique de l’âne s’inverse progressivement : le sot devient sage et l’animal obtus, clairvoyant. La zoologie fait de réels progrès. Buffon en fait une espèce autonome et vante ses qualités. La sensibilité romantique prend le relais et commence au XIXe siècle à s’apitoyer sur le sort de cet animal par trop humilié et brutalisé. Poètes, conteurs, artistes en proposent un portrait renouvelé, aimable, bienveillant qui se prolonge jusqu’à nos jours dans le livre pour enfants, le monde des jouets, le cinéma, les jeux vidéo, les emblèmes et les symboles. Aujourd’hui, peu d’animaux disposent d’un capital de sympathie qui lui soit supérieur.

Michel Pastoureau, L’âne. une histoire culturelle, Paris, Seuil, 2025 ; 1 vol., 160 p. ISBN : 978-2-02158-669-5. Prix : € 22,90.

Source : Seuil

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Appel à contribution – Épigraphie et latinité au Moyen Âge / Epigraphy and Latinity in the Middle Ages

Appel à poster pour le colloque international : Épigraphie et latinité au Moyen Âge (Poitiers, 18-22 mai 2026)

Call for Posters – International Conference Epigraphy and Latinity in the Middle Ages (Poitiers, May 18–22, 2026).

Version française 

Le colloque international « Épigraphie et latinité au Moyen Âge », qui aura lieu au CESCM de Poitiers du 18 au 22 mai 2026 offre l’opportunité aux doctorantes/doctorants ou postdoctorantes/post-doctorants de présenter leur recherche en relation avec les problématiques de la manifestation.
Les posters seront affichés durant tout le colloque et constitueront un moyen interactif d’exposer les points forts de leurs travaux en cours, puisqu’ils seront aussi présentés à l’oral en cinq minutes. Les posters pourront être rédigés et présentés en français ou en anglais. Pour soumettre votre poster, merci d’envoyer un titre et un résumé (400 mots) ainsi que votre CV à maison.epigraphie@univ-poitiers.fr d’ici le 15 décembre 2025. 

Les propositions seront examinées par le conseil scientifique du colloque et les réponses
données début 2026. Les candidates et candidats sélectionnés devront fournir la version numérique en format pdf de leur poster au plus tard le 15 avril 2026. Les posters seront imprimés par les soins des organisateurs et organisatrices du colloque. Les frais de transport et d’hébergement seront également pris en charge par le colloque.

Pour plus d’informations sur le colloque : https://epimed.hypotheses.org/4909 

DCS

English version 

The international conference “Epigraphy and Latinity in the Middle Ages,” which will take place at CESCM in Poitiers from May 18 to 22, 2026, offers an opportunity for PhD students or postdoctoral researchers to present their research related to the themes of the event. Posters will be displayed throughout the conference and will also be presented orally in five-minute sessions. Thus, they will constitute an interactive means of presenting the key aspect of ongoing research. The posters can be written and presented in either French or English. To submit your poster, please send a title and an abstract (400 words), and your CV to the following email address: maison.epigraphie@univ-poitiers.fr by December 15, 2025. Proposals will be reviewed by the scientific committee, and responses will be given in early 2026. Selected candidates will be required to submit the digital PDF version of their poster by April 15, 2026, at the latest. The posters will be printed by the organizers of the conference, and travel and accommodation expenses will also be covered by the conference.

For more informations about the conference : https://grapheast.hypotheses.org/4420

Source : Fabula

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Conférence (hybride) – Fernand Peloux, « Eulalie, Juste et Rufine. Écriture, réécriture et transmission des Passions de saintes de l’Hispanie antique »

Fernand Peloux, « Eulalie, Juste et Rufine. Écriture, réécriture et transmission des Passions de saintes de l’Hispanie antique »

17 décembre 2025

Université de Namur
Centre PraME – Institut PaTHs

De 16h15 à 18h15 – Local L34 (Séminaire d’Histoire), 3e étage
Faculté de Philosophie et Lettres
61, rue de Bruxelles
B – 5000 Namur
Entrée libre

Séance accessible en ligne, sur demande à nicolas.ruffini@unamur.be

Source : Centre Pratiques médiévales de l’écrit – UNamur

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Publication – « Sexuality in the Medieval West », éd. Michelle M. Sauer, Jenny C. Bledsoe

This invaluable reference work addresses sex, gender, and sexuality in medieval Europe and North Africa, providing an important update previous handbooks from the 1990s. With lucid definitions, theoretical engagement, and wide geographic coverage, it is the new indispensable guide to the subject. The editors and authors establish institutional foundations and explore expressions of sex and sexuality across medieval cultures, analyzing examples from legal, religious, artistic, literary, medical, and other sources. This handbook begins with a section devoted to definitions and vocabulary before progressing to cultural topics and concluding with geographically-specific traditions and practices related to sexuality. Essays authored by specialists in relevant fields include both primary and secondary sources, contain examinations of the three major religions, and address broader cultural and historical ramifications of these topics.

Michelle M. Sauer is Chester Fritz Distinguished Professor of English and Gender Studies at the University of North Dakota. A specialist in medieval religion and gender, she also authored Gender in Medieval Culture.

Jenny C. Bledsoe is an Associate Professor of English and Director of the Center for Women’s Studies at Northeastern State University in Oklahoma. Her research focuses on medieval and early modern literature, religion, manuscripts, and gender.

List of Illustrations

Abbreviations

Acknowledgements

« Preface » by Diane Watt

« An Introduction to Sexuality Studies in Medieval Europe and North Africa » by Michelle M. Sauer and Jenny C. Bledsoe

Part One. Concepts

Chapter 1. « Defining Medieval Heterosexuality: Institutional, Literary, and Artistic Sources » by Jenny C. Bledsoe

Chapter 2. « The Multiple Medieval Discourses of Female Homosexuality » by Lisa M. C. Weston

Chapter 3. « Lesbian Visibility in the European Middle Ages » by Michelle M. Sauer

Chapter 4. « (Re)Visioning Male Homosexuality in the Middle Ages » by Mark L. Patterson and Robert L. A. Clark

Chapter 5. « Medieval Male Homosexuality: Restrictions and Prohibitions » by Will Rogers

Chapter 6. « Negotiating the Medieval World as Women » by Heather Blatt

Chapter 7. « Femininity as Revealed through Verbal Strategies in Medieval Texts by Women » by Fumiko Yoshikawa

Chapter 8. « Three Masculinities of Medieval Western Europe » by Paul Gaffney

Chapter 9. « The Genesis of Masculinity » by Ellen R. Ketels

Chapter 10. « Female Virginal Bodies: Medieval Religious and Secular Approaches » by Sarah Noonan

Chapter 11. « Male Virginity in the Middle Ages » by Katherine Harvey with Robin Gilbank

Chapter 12. « Trans Sexualities in the Middle Ages » by M. W. Bychowski

Chapter 13. « Medieval Intersex: Discourses and Discontents » by Micah Goodrich

Chapter 14. « Medieval Eunuchs: The Third Gender » by Rhonda L. McDaniel

Chapter 15. « The Medieval Western Culture of Castration » by Larissa Tracy

Chapter 16. « Incest and Religion in the Creation of Medieval Kinship » by Erin I. Mann

Part Two. Social-Cultural Intersections

Chapter 17. « Medieval Jewish Sexuality: Texts and Contexts » by Marla Segol

Chapter 18. « Institutional Foundations for the Study of Sex in Medieval Western Christianity » by Jenny C. Bledsoe and Michelle M. Sauer

Chapter 19. « Medieval Islam: Sexuality in and Beyond the Sacred Sources » by Michael Muhammad Knight

Chapter 20. « Race, Intersectionality, and Sexuality in the Medieval ‘West' » by Michelle M. Sauer and Dorothy Kim

Chapter 21. « Sexuality and Socioeconomic Status in the Middle Ages » by Lynn Arner

Chapter 22. « Age and Sexuality in Medieval Western Europe » by Jennifer N. Brown

Chapter 23. « Sex and Disability in the Middle Ages » by Natalie Grinnell

Chapter 24. « Sexuality and Disease in the Middle Ages » by Heide Estes

Chapter 25. « Sex Work in the Western Middle Ages » by Brian Gastle

Chapter 26. « Music and Sexuality in Medieval Western Europe » by Rachel May Golden

Chapter 27. « An Art History of Sexualities in Medieval Europe and North Africa » by Bryan C. Keene

Part Three. Geographical Intersections

Chapter 28. « Sex and Sexuality in Medieval England » by Carla María Thomas

Chapter 29. « Sex and Sexuality in Medieval Scandinavia » by Larry Swain

Chapter 30. « Sex and Sexuality in the Insular Celtic World » by Gregory R. Darwin

Chapter 31. « Sex and Sexuality in France and the Low Countries » by Leona Archer

Chapter 32. « Sex and Sexuality in Medieval Germany » by Joshua S. Easterling

Chapter 33. « Sexual Practices in Medieval Iberia » by Martha M. Daas

Chapter 34. « Sex and Sexuality in Al-Andalus and North Africa » by Adriano Duque

Chapter 35. « Sexualities in Medieval Italy » by Nicole Lopez-Jantzen and Janine Larmon Peterson

Chapter 36. « Sexualities in Medieval Eastern Europe and the Holy Roman Empire » by Anna Kłosowska and Michelle M. Sauer

Index

Informations pratiques :

Sexuality in the Medieval West, éd. Michelle M. Sauer, Jenny C. Bledsoe, Leeds, ARC HUmanities Press, 2025 ; 1 vol., 704 p. (Arc Companions). ISBN : 978-1-64189-224-7. Prix : GBP 199,00.

Source : ARC Humanities Press

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Conférence – Lane Baker, « The Lords of Little Egypt: Romani Immigrants in the Holy Roman Empire, 1417-1498 »

In the early fifteenth century, writers throughout western Europe took notice of unfamiliar newcomers in their midst. These people–described in sources as “baptized heathens,” Egyptians, Bohemians, and more––are now recognized as some of western Europe’s earliest Romani communities. The Roma were initially welcomed as traveling lords, pious Christian penitents, and renowned diviners. Less than a century after their arrival, however, the Empire banished and outlawed all so-called “Gypsies” from the realm. This talk will present insights from my recently completed dissertation, which seeks to explain what changed in the Holy Roman Empire between the decades between first encounter and first expulsion. I will argue that the Roma, hardly a “pariah people” doomed for marginalization, were actually remarkably successful at adapting to early fifteenth-century norms. Their subsequent marginalization points us toward larger transformations in urban charity, hospitality, and attitudes toward strangers at the end of the Middle Ages.

Lane B. Baker is a historian of medieval western Europe with a particularly interest in margins and and minority communities. He has researched and published on medieval maps, popular religious movements, and noise regulations in medieval Europe. At both Stanford and Heidelberg University, he wrote his dissertation on one of the last great migrations of the Middle Ages: the arrival, adaptation, and later marginalization of Romani communities in fifteenth-century German-speaking cities. At the moment, he is broadening this investigation to the cities of the Low Countries and beginning a new project on medieval suburbia.

When 12-12-2025 from 12:30 to 13:30

Where Ghent University, Blandijn Building, ‘Camelot’ Meeting Room (Room 3.30, 3rd floor)

Language English

Organizer Stefan Meysman Contact Stefan.Meysman@UGent.be

Source : UGent

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Cycle de conférences – Les arts et leurs mécènes. Cycle de conférences 2025/2026 du Nouveau Collège de Cluny

Le Nouveau collège de Cluny organise chaque année un cycle de conférences portant sur la culture et les arts du Moyen Âge. Né du partenariat entre Paris 1 Panthéon-Sorbonne et le Musée de Cluny, ce projet s’attache à promouvoir et diffuser la recherche sur les civilisations du Moyen Âge menée au sein des laboratoires de notre université auprès d’un large public (le Lamop https://lamop.pantheonsorbonne.fr/ et l’HiCSA https://hicsa.pantheonsorbonne.fr/).

Les conférences ont lieu au Musée de Cluny, quatre jeudis par an, à 18h30.

Elles sont accessibles gratuitement aux étudiants de Paris 1, sur inscription.

Comité scientifique : François Chausson (professeur d’histoire romaine), Olivier Matteoni (professeur d’histoire médiévale), Philippe Plagnieux (professeur d’histoire de l’art médiéval), Anne-Orange Poilpré (professeure d’histoire de l’art médiéval).

20 novembre 2025
Anne-Orange Poilpré, Professeure, Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne
Les Carolingiens et les arts : un mécénat politique

La cour des souverains carolingiens a brillé par son amour des arts et de l’Antiquité gréco-romaine. Inspirée par Rome et Byzance, cette esthétique se veut l’étendard d’un âge nouveau. Cette mémoire du passé est mise au service d’un projet politique façonné conjointement par le pouvoir temporel et l’autorité ecclésiale. Si l’Antiquité n’a jamais disparu de la culture médiévale, elle se fait ici l’instrument d’un discours et d’un mécénat artistique cherchant à promouvoir une conception impériale et chrétienne du monde. Les commanditaires eux-mêmes, en soutenant et en orientant la création artistique, expriment leur adhésion à cette vision.

15 janvier 2026
Emmanuelle Vagnon, chargée de recherche au CNRS/LaMOP
Pietro Vesconte de Gênes : mappemondes et cartes marines au début du xive siècle

Pietro Vesconte est le premier cartographe du Moyen Âge à signer de son nom ses œuvres. Il est l’auteur de plusieurs recueils de cartes de navigation parvenus jusqu’à nous, réalisés dans la première moitié du xive siècle. Ces « atlas » avant l’heure représentent les côtes de la mer Méditerranée et de la mer Noire, souvent décorés de fines enluminures. Il est également célèbre pour la mappemonde et les cartes réalisées à la demande de Marino Sanudo et de Paulin de Venise en 1321, dans le cadre d’un projet de croisade pour la reconquête de Jérusalem et de la Terre sainte. Cette représentation du monde fait la synthèse des savoirs géographiques de son temps, utilisant des connaissances issues de l’Antiquité, du monde arabe et des récits des voyageurs en Orient.

19 février 2026
Jean-Baptiste Vincent, maître de conférences, Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne
Aux origines de l’abbaye de Bonport : commanditaires et expression architecturale cistercienne en vallée de Seine (xiiie siècle).

Bien que fondée en 1189-1190 par Richard Cœur de Lion dans la partie normande de la vallée de la Seine, l’abbaye cistercienne de Bonport est construite au xiiie siècle sous autorité capétienne. Elle incarne une fondation royale stratégique, dont l’architecture articule vie monastique, rayonnement des commanditaires et enjeux fluviaux. Les recherches récentes, mêlant archéologie du bâti et nouvelles méthodes, renouvellent l’étude de son architecture, de son implantation et de son rôle territorial.

2 avril 2026
Maréva U, maîtresse de conférence, Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne
Aux seuils des églises byzantines : commanditaires et mémoire incarnée

Dans les églises byzantines, les portraits des commanditaires et les inscriptions dédicatoires sont souvent placés aux seuils, à l’articulation de deux espaces distincts. Le choix de cet emplacement relève d’une stratégie de visibilité, mais aussi d’un usage mémoriel de l’espace architectural. Cette conférence s’intéressera à la manière dont ces représentations contribuent à la construction d’une mémoire incarnée, située et activée par l’expérience du franchissement du seuil. À partir d’exemples choisis de l’époque byzantine moyenne et tardive, elle proposera une lecture croisée des images, des dynamiques spatiales et des parcours rituels, pour réfléchir au rôle des seuils comme lieux actifs de mémoire.

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Publication – Mark Bailey, « Serfdom in medieval England. Theory and practice 1200 to 1500 »

Serfdom was a coercive relationship between a landowner and peasant, which was widespread across medieval and early modern Europe. It features prominently in major historical debates, such as the origins of capitalism and the divergent pathways of western and eastern Europe to modernity. Scholars have paid particular attention to English serfdom, which is usually portrayed as highly oppressive and a major cause of the Peasants’ Revolt in 1381.

This comprehensive survey draws on a vast scholarship and new research to show how, in reality, English serfdom was weak, casting new light on the nature of its society and economy when the Black Death struck in 1348-9. The pandemic now assumes a central role in the rapid decline of serfdom, as illustrated in a case study of the estate of one of England’s harshest landowners, St Albans abbey.

Mark Bailey is Professor of Later Medieval History at the University of East Anglia.

Table des matières :

Introduction

Part I: Serfdom in theory and practice
1 Serfdom in legal theory
2 Serfdom in practice: freedom and unfreedom
3 Serfdom in practice: certainty and uncertainty
4 Serfdom in practice: access to the law

Part II: Serfdom in England: causes and consequences
5 Causes: explaining the weakness of serfdom
6 Consequences: serfdom and the crisis of the early fourteenth century

Part III: Serfdom in England: the impact of the Black Death through three case studies
7 The Black Death and serfdom
8 The manor of Codicote
9 The manor of Winslow
10 The manor of Norton
11 Serfdom, the Black Death and three manors of St Albans abbey


Conclusion

Bibliography

Index

Informations pratiques :

Mark Bailey, Serfdom in medieval England. Theory and practice 1200 to 1500, Manchester, Manchester University Press, 2025 ; 1 vol., 456 p. (Manchester Medieval Studies). ISBN : 978-1-52617-297-6. Prix : GBP 90,00.

Source : Manchester University Press

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Publication – « Hagiographica Wisigothica », éd. José Carlos Martín-Iglesias, Salvador Iranzo Abellán

L’Espagne wisigothique n’a pas beaucoup cultivé le genre hagiographique. Le Corpus Christianorum a déjà publié quelques œuvres hagiographiques de cette époque, comme les Vitas ss. patrum Emeretensium (BHL 2530), les notices consacrées à plusieurs célèbres évêques du VIIe siècle, comme Isidore de Séville (BHL 4482-4483), Ildefonse de Tolède (BHL 3917) et Julien de Tolède (BHL 4554), ou les passions hispaniques incluses dans le soi-disant Passionarium Hispanicum. Ce volume comprend les autres œuvres hagiographiques composées sans aucun doute dans l’Espagne wisigothique, à l’exception des écrits de Valère du Bierzo, qui mériteront un volume monographique : une composition de la première moitié du VIe siècle, le Sermo de s. Vincentio (CPL 1092) de Juste de Urgell ; et quatre autres datées entre le premier quart et le dernier tiers du VIIe siècle, la Vita uel passio s. Desiderii ep. Viennensis (CPL 1298) du roi Sisebut, la Vita s. Aemiliani (CPL 1231) et l’Hymnus de s. Aemiliano (CPL 1232) de Braulion de Saragosse – qui complètent ainsi l’édition des œuvres de cet auteur dans le Corpus Christianorum – et l’anonyme Vita s. Fructuosi (CPL 1293).

José Carlos Martín-Iglesias (Université de Salamanque) est l’auteur de nombreuses études, éditions et traductions d’œuvres latines de l’Espagne tardo-antique et médiévale,  en particulier dans les domaines hagiographique et historique.

Salvador Iranzo Abellán (Université de Barcelona) est spécialiste de la poésie et de l’épistolographie de l’Espagne du haut Moyen Âge, et collabore à un important projet de lexicographie latine médiévale en Catalogne.

Les deux chercheurs ont déjà co-signé plusieurs publications consacrées à la littérature wisigothique.

Introducciones

I. El Sermo de s. Vincentio (CPL 1092) atribuido a Justo de Urgel (J. C. Martín-Iglesias, S. Iranzo Abellán)
1. El Sermo de s. Vincentio (CPL 1092) y su autor
2. La producción literaria de Justo de Urgel
3. La tradición manuscrita
4. Las ediciones precedentes
5. Criterios de esta edición

II. La Vita uel passio s. Desiderii ep. Viennensis (CPL 1298, BHL 2148) de Sisebuto de Toledo (J. C. Martín-Iglesias, S. Iranzo Abellán)
1. El santo: Desiderio de Vienne
2. Sisebuto de Toledo (612-621)
3. La Vita uel passio s. Desiderii (BHL 2148)
4. La Vita uel passio s. Desiderii ep. Viennensis (BHL 2148) y los restantes escritos de Sisebuto
5. Las fuentes literarias de la Vita uel passio s. Desiderii (BHL 2148)
6. El expediente hagiográfico de san Desiderio de Vienne
7. La tradición manuscrita de la Vita uel passio s. Desiderii (BHL 2148)
8. Las ediciones precedentes de la Vita uel passio s. Desiderii (BHL 2148)
9. Criterios de esta edición

III. Braulio de Zaragoza, Vita s. Aemiliani (CPL 1231, BHL 100) e Hymnus de s. Aemiliano (CPL 1232) (J. C. Martín-Iglesias)
1. La obra literaria de Braulio de Zaragoza
2. La Vita s. Aemiliani (CPL 1231): estudio literario
3. El Hymnus de s. Aemiliano (CPL 1232): estudio literario
4. Datación de la Vita s. Aemiliani y del Hymnus de s. Aemiliano
5. Las fuentes de Braulio de Zaragoza
6. La tradición manuscrita de la Vita s. Aemiliani
7. Las ediciones precedentes de la Vita s. Aemiliani
8. La tradición manuscrita del Hymnus de s. Aemiliano
9. Las ediciones precedentes del Hymnus de s. Aemiliano
10. Criterios de estas ediciones ediciones

IV. Vitae s. Fructuosi ep. Bracarensis: Vita s. Fructuosi prima seu breuior (BHL 3194a) y Vita s. Fructuosi altera seu longior (CPL 1293, BHL 3194) (J. C. Martín-Iglesias)
1. El problema de las dos Vitae s. Fructuosi
2. Fructuoso de Braga: entre la historia y la hagiografía
3. Autoría, datación y finalidad de la VSF II
4. La tradición manuscrita de las Vitae s. Fructuosi I-II
5. Estudio de la transmisión manuscrita de las Vitae s. Fructuosi I-II
6. Las ediciones precedentes de las Vitae s. Fructuosi I-II
7. Criterios de la presente edición

Bibliografía

Ediciones críticas

Iusti Vrgellensis episcopi Sermo de sancto Vincentio (CPL 1092) (J. C. Martín-Iglesias, S. Iranzo Abellán)

Sisebuti regis Visigothorum Vita uel passio sancti Desiderii episcopi Viennensis (CPL 1298) (J. C. Martín-Iglesias, S. Iranzo Abellán)

Braulionis Caesaraugustani episcopi Vita sancti Aemiliani (CPL 1231) (J. C. Martín-Iglesias)

Braulionis Caesaraugustani episcopi Hymnus in diem sancti Aemiliani (CPL 1232) (J. C. Martín-Iglesias)

Vita sancti Fructuosi episcopi Bracarensis prima seu breuior (BHL 3194a) (J. C. Martín-Iglesias)

Vita sancti Fructuosi episcopi Bracarensis altera seu longior (CPL 1293, BHL 3194) (J. C. Martín-Iglesias)

Additamenta III codicis O ad Vitam sancti Fructuosi episcopi Bracarensis alteram seu longiorem (J. C. Martín-Iglesias)

Indices
Index locorum Sacrae Scripturae
Index fontium
Index codicum manuscriptorum

Hagiographica Wisigothica. Iusti ep. Vrgellensis Sermo de sancto Vincentio, Sisebuti regis Toletani Vita uel passio sancti Desiderii ep. Viennensis, Braulionis ep. Caesaraugustani Vita sancti Aemiliani et Hymnus de sancto Aemiliano, Vitae II sancti Fructuosi, éd. José Carlos Martín-Iglesias, Salvador Iranzo Abellán, Turnhout, Brepols, 2025 ; 1 vol., CCCXCVIII–210 p. (Corpus Christianorum Series Latina, 172). ISBN : 978-2-503-61265-2. Prix : € 420,00.

Source : Brepols

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Appel à contribution – 1027 – 2027 : Le monde où naît Guillaume

Colloque international de Cerisy-la-Salle et Caen (9-13 juin 2027)

Organisation : Pierre Bauduin, Alban Gautier, Marie-Agnès Lucas-Avenel
(Université de Caen Normandie, Centre Michel de Boüard – CRAHAM)

La date de naissance de Guillaume le Conquérant ne nous est pas connue avec précision. Selon toute vraisemblance, le futur duc des Normands et roi des Anglais naquit entre la mi-1027 et le milieu de l’année 1028 : le nom de sa mère, Arlette ou Herlève, n’est attesté que par des textes beaucoup plus tardifs ; quant à son père Robert, dit le Magnifique, il avait succédé, dans des circonstances troubles, à son frère le duc Richard III, mort le 6 août 1027.

Cette année 1027 avait été fertile en événements. Le jour de la Pentecôte (14 mai) avait eu lieu à Reims le sacre du jeune roi Henri, le futur Henri Ier, du vivant de son père Robert II le Pieux. Quarante ans après l’avènement d’Hugues Capet, la jeune royauté capétienne était désormais solidement établie et sa légitimité n’était plus contestée. Plusieurs des princes du royaume, dont Richard III, avaient assisté à la cérémonie. Peu auparavant, à Pâques (26 mars), s’était déroulé le couronnement impérial de Conrad II à Rome. Conrad était issu d’une nouvelle dynastie, les Saliens, et il avait succédé à Henri II, le dernier souverain ottonien mort sans héritiers en 1024. La succession avait été contestée, notamment en Italie, mais Conrad était enfin parvenu à ses fins et à ceindre la couronne impériale. Parmi les princes qui assistaient au couronnement figurait Cnut le Grand, roi des Danois et des Anglais. Dans une lettre qu’il adresse à ses sujets insulaires à l’occasion de ce voyage en Italie, Cnut dit sa fierté de participer à l’événement, d’avoir été accueilli par des grands venus de toute l’Europe et rappelle que cette cérémonie lui donnait l’occasion de se rendre en pèlerinage à Rome, un projet qu’il caressait depuis longtemps. Cette visite était un point d’orgue du règne du roi danois devenu l’un des princes les plus puissants d’Europe. Son pouvoir n’était plus guère contesté en Angleterre, où il avait eu l’habileté de se concilier une partie des élites du pays – l’earl Godwine, un des principaux soutiens de Cnut, a épousé une des parentes du roi et leur second fils, le futur roi Harold, est né quelques années auparavant. Cnut a aussi épousé la veuve de son prédécesseur anglo-saxon Æthelred II, Emma de Normandie, dont il avait eu un fils, Harthacnut. Emma était la sœur de Richard II de Normandie, et par conséquent la grand-tante de Guillaume le Bâtard. Les enfants issus de son premier mariage, dont le futur Édouard le Confesseur, avaient trouvé refuge à la cour normande, et ont sans doute fréquenté le jeune Guillaume dans ses années d’enfance. Pour l’heure, ils n’inquiètent guère Cnut, qui se consacre à d’autres projets, et en premier lieu à asseoir son pouvoir en Norvège, ce qu’il parvient à faire l’année suivante (1028), soutenu par une partie des Norvégiens révoltés contre leur roi, Olaf Haraldsson chassé du trône après avoir été vaincu à la bataille de Stiklestad. Olaf, qui avait été baptisé à Rouen selon Guillaume de Jumièges, trouva la mort deux ans plus tard et devint rapidement le saint national de la Norvège. Si nous poussons un peu plus ce jeu de concordances chronologiques, l’année 1027 voit aussi la mort de Gaimar III de Salerne, l’un des premiers princes du sud de la péninsule italienne à faire appel à des Normands, et de Romuald de Ravenne (le 19 juin) – saint Romuald, fondateur de l’ordre des Camaldules – l’un des réformateurs du monachisme occidental qui influença probablement la spiritualité de Jean de Ravenne, successeur de Guillaume de Volpiano à Fécamp en 1028.

Un élargissement des perspectives sur la quinzaine d’années qui entourent 1027/1028 amène à évoquer tant la mort de l’empereur Basile II (l’un des principaux souverains de l’Empire byzantin) en décembre 1025 que la désintégration du califat de Cordoue en 1031 ; tant le grand pèlerinage de Richard de Saint-Vanne en Terre sainte (1026 ; 700 personnes dont des Normands) que celui du roi de Dublin Sigtrygg Barbe-de-soie à Rome (1028 : après son retour via Cologne et Cantorbéry, il fonde l’évêché de Dublin) ; tant la mort de Wulfstan II, archevêque d’York (28 mai 1023), que celles de Fulbert de Chartres (10 avril 1028) et d’Adalbéron de Laon (27 janvier 1030), trois des grandes figures intellectuelles du temps ; tant les débuts de la reconstruction de l’abbatiale de Fleury (Saint-Benoît-sur-Loire) après l’incendie de juillet 1026 que la construction, entamée vers 1030, de la cathédrale de Spire, l’un des plus importants monuments romans de l’Europe – sans oublier la construction de l’abbatiale du Mont-Saint-Michel (1023), dont il a été question dans un récent colloque de Cerisy.

Ces quelques événements ramassés autour du moment de la naissance de Guillaume suffisent à montrer que le monde où naît le futur duc-roi est traversé par des relations et des dynamiques qui interagissent entre elles. Nul contemporain ne peut évidemment prévoir que se noue là le fil d’événements ou de mouvements qui vont traverser le siècle, ni anticiper les liens que rétrospectivement l’historien établit entre eux.

Le projet de colloque aura à cœur de s’inspirer des méthodes ou des approches de l’« histoire connectée » définie ici simplement comme une démarche visant à relier entre elles différentes histoires nationales ou régionales longtemps restées cloisonnées, en évitant d’adopter une perspective qui serait centrée exclusivement sur la Normandie ou la France. Elle met l’accent sur les mobilités et leurs conséquences, les connexions et les transferts entre différentes communautés humaines. Dans une approche globalisante, elle n’exclut aucun domaine de la connaissance et des méthodologies (histoire, histoire de l’art, archéologie, philologie…) pour explorer ce monde où naît Guillaume. C’est aussi dans cette perspective qu’il conviendra de réunir des spécialistes venant d’horizons divers, tant sur le plan géographique que disciplinaire, autour des thématiques suivantes.

1/ Connaître le monde

Les connaissances géographiques ne sont pas, en ce début de XIe siècle, aussi réduites qu’on a pu le dire. Du monde islamique à l’Occident latin en passant par Byzance, des représentations de la terre, qu’elles soient cartographiques ou discursives, sont attestées. Ainsi la « Carte cottonienne », conservée à la British Library et réalisée entre 1025 et 1050, est à peu près contemporaine de la « Mappemonde de Saint-Sever » qui illustre un manuscrit du Commentaire sur l’Apocalypse de Beatus de Liébana conservé à la Bibliothèque nationale de France. Plus largement, en ce siècle qui s’achèvera avec le déclenchement de la première croisade, les connaissances sur le monde informent des représentations de l’Autre qui – que celui-ci soit chrétien oriental, musulman, juif ou païen – sont en pleine transformation. Nous tâcherons notamment de comprendre comment les Normands et les populations avec lesquelles ils étaient en contact se percevaient les uns les autres. Ainsi, le portrait que divers auteurs issus d’autres régions européennes font des Normands et de leurs ducs est alors en pleine évolution : alors qu’à la fin du Xe siècle les princes de la lignée de Rollon étaient encore assez souvent perçus et stigmatisés comme les descendants des pirates païens du Nord, ils apparaissent de plus en plus comme des chrétiens latins comme les autres, voire comme des modèles de comportement chrétien.

Thèmes traités :

  • Connaissance du monde.
  • Cartographie.
  • Connaissance et représentations de l’Autre.

2/ Parcourir le monde

Depuis la Normandie, bien des routes permettent de rejoindre d’autres régions du monde, et les Normands ne manquent pas de les emprunter. Ces routes peuvent être maritimes, vers les îles Britanniques ou la Scandinavie, mais aussi vers l’Aquitaine, la péninsule Ibérique et, au-delà, la Méditerranée, en particulier l’Italie du Sud, Byzance et la Terre sainte. Elles sont aussi fluviales et terrestres, et bien souvent les voyages combinent plusieurs modes de transport. On pourra donc suivre les circulations et retracer les itinéraires qu’empruntent les individus, les marchandises et les idées. On s’attachera plus particulièrement à identifier les lieux où se nouent les connexions et les personnes qui les rendent possibles, notamment quand elles impliquent des Normands. Un code de lois anglais témoigne ainsi de la présence de marchands normands à Londres dès la première décennie du XIe siècle, tandis que le poème Moriuht de Garnier de Rouen, atteste que Rouen reste à cette époque un port où se pratique la traite des esclaves. Parmi les routes qu’on mettra en lumière figurent aussi celles des pèlerinages : vers Rome bien sûr, mais aussi vers les Pouilles et le Mont-Gargan où le culte de saint Michel fait écho à celui qui se développe alors en Normandie, vers Saint-Jacques de Compostelle dont le premier essor date précisément du XIe siècle, vers Constantinople dont les reliques attirent des pèlerins de plus en plus nombreux, ou encore vers Jérusalem – et l’on n’oubliera pas que c’est en revenant de Terre sainte que Robert le Magnifique est mort en 1035.

Thèmes traités :

  • Itinéraires, routes terrestres et maritimes.
  • Circulations, connexions, réseaux.
  • Échanges commerciaux.
  • Pèlerinages.

3/ Lieux, genre et manière de vivre ou de mourir

Les terribles pages où Raoul Glaber rapporte la famine des années 1031-1033 rappellent la précarité de la vie de l’immense majorité de la population. Les équilibres économiques et démographiques et la croissance que connaît l’Occident dans les siècles centraux du Moyen Âge ont été aussi revus au travers de nouvelles grilles de lecture articulées autour des notions de besoin, de ressources, des rapports de l’homme à l’environnement. La part de la contrainte seigneuriale, celles du travail et de l’initiative des paysans, de l’innovation technique, de la circulation monétaire sont également des facteurs – parmi d’autres – qu’il conviendra d’interroger. Les regards croisés portés sur la « culture matérielle » ont conduit à des questionnements qui ouvrent plus globalement sur la relation homme-objet. La découverte et la publication de sites archéologiques contribuent à y répondre tout en apportant des indications neuves sur les cadres de vie et les manières d’habiter qu’illustrent par exemple l’habitat fortifié de Colletière à Charavines (Isère), occupé entre 1006 et 1040, le castrum d’Andone (Charente) déserté dans les années 1020 ou la résidence fossoyée de Pineuilh (Gironde)… En ville comme à la campagne, l’église et son cimetière polarisent toujours plus la communauté. Les échanges et liens entre les morts et les vivants restent une préoccupation essentielle des communautés familiales et ecclésiastiques. Des milliers de chartes rapportent les dons faits aux religieux pour le salut de l’âme (pro anima) ou pour la mémoire des fondateurs, des donateurs et de leurs familles. Le rôle des femmes dans cette memoria est bien connu et le colloque donnera ici l’occasion d’interroger plus largement leur place dans les évolutions des sociétés du temps. Si l’année de naissance de Guillaume n’est pas ici une date significative, les perspectives évoquées ci-dessus offrent matière à développer une réflexion comparative et diachronique qui permettra de situer la Normandie dans ces évolutions.

Thèmes traités :

  • Rapport à l’environnement.
  • Culture matérielle.
  • Modes de vie, habitats.
  • Rapport à la mort et à l’au-delà, mémoire des défunts.

4/ Croire, penser, créer

Tandis que le duché de Normandie ne semble pas avoir conservé de trace des croyances et rites païens importés par les Scandinaves au siècle précédent, il n’est sans doute pas totalement imperméable au « grand réveil de l’hérésie » (Dominique Barthélemy) qui affecte tout le royaume franc au début du XIe siècle et aboutit en 1022, par exemple, à la dénonciation des Orléanais, dont témoignent Raoul Glaber ou Adémar de Chabannes. La réforme des abbayes bénédictines guidée par l’esprit de Cluny, bien visible en Normandie par l’entremise de Guillaume de Volpiano puis de ses successeurs, est aussi à l’œuvre au même moment dans l’Est et le Nord-Est du royaume sous l’impulsion de Richard de Saint-Vanne de Verdun, puis de l’abbé Poppon de Stavelot. Une nouvelle élite religieuse contribue à la consolidation du pouvoir laïc et tisse des réseaux de confraternité qui favorisent l’échange des pratiques liturgiques et des idées, mais aussi l’essor des sciences et des arts. En témoignent le développement des écoles épiscopales, l’intensification de la copie et de la décoration des manuscrits religieux et profanes, la composition d’œuvres théologiques, historiographiques ou poétiques par Fulbert de Chartres ou Adalbéron de Laon, auquel Dudon de Saint-Quentin a dédié son histoire prosimétrique et panégyrique des premiers ducs de Normandie. En témoigne aussi l’expérimentation de techniques architecturales nouvelles, comme dans le chantier de l’église abbatiale du Mont Saint-Michel engagé en 1023 ou celui de la restauration de la cathédrale de Chartres en 1024. Le colloque sera l’occasion d’interroger ou de réinterroger les croyances et les catégories de pensée, les débats spirituels et intellectuels, les traditions et innovations littéraires et artistiques, perceptibles en ce début du XIe siècle.

Thèmes traités :

  • Pratiques et croyances religieuses, chrétiennes et païennes.
  • Réseaux religieux et culturels.
  • Production et circulation des manuscrits.
  • Circulation des idées et des savoirs, des procédés et techniques artistiques.

5/ Les Normands et les Normandes des années 20 (… du XIe siècle)

Les Normands et les Normandes des années 1020 nous apparaissent à partir d’une documentation plus diversifiée qui permet d’avoir une idée plus précise sur les différents aspects de la société contemporaine. Plus d’un siècle après la fondation du duché, ils ont adopté le genre de vie, la langue et les croyances des Francs, tandis que les traces du passé scandinave de la province s’estompent. Le colloque sera l’occasion de saisir l’état de ces transformations et leurs effets sur les habitants du pays. Qui sont les Normands et les Normandes des années 1020 ? Partagent-ils une identité commune, des affiliations ou des valeurs culturelles, et selon quels modes d’expression ? Un élément de cohésion du duché et de ses habitants est indiscutablement la famille et le pouvoir des ducs. Comment se manifeste l’autorité princière et encadre-t-elle la société et ses différentes composantes laïques et ecclésiastiques ? Dans quelle mesure perçoit-on l’action de liens sociaux fondés sur la parenté, l’amitié, l’alliance, les relations de fidélité sous leur différentes formes (y compris féodo-vassaliques) ? Quelle place y occupent alors les femmes ? Quelles aspirations ou contestations émergent de cette société ou s’y diffusent ? Le colloque amènera ainsi à interroger l’image d’une principauté dynamique, où l’ordre public résiste mieux qu’ailleurs et où la paysannerie jouit d’un statut ou d’une condition plus favorables que dans d’autres régions.

Thèmes traités :

  • Identité normande.
  • Rôle des ducs de Normandie et de leur parenté.
  • Fabrique sociale et politique du duché de Normandie.
  • Hommes et femmes dans le duché de Normandie.

6/ Les Normands et les Normandes dans le royaume de France et dans l’espace européen

Comme on l’a dit plus haut, les Normands parcourent le royaume et le monde. Si certains reviennent, d’autres s’exilent pour une longue période avant de revenir en Normandie, voire s’établissent définitivement en dehors du duché. Ainsi, Roger de Tosny s’en va combattre les Sarrasins dans le comté de Barcelone où il épouse vers 1020 la fille d’Ermessende, comtesse de Barcelone ; puis il revient auprès du duc Richard II. En 1022, l’empereur Henri II prête 24 Normands au service des neveux de Mélès qui, dans le but de combattre le pouvoir byzantin, sont investis du comté de Comino dans la province de Chieti. On connaît le nom de certains d’entre eux, comme Torstin Scitel ou Hugues Falloc, futur compagnon de Guiscard. D’autres s’établissent auprès du prince Gaimar, tandis que le duc de Naples offre à Rainolf la main de sa sœur et fortifie pour lui le comté d’Aversa en 1030. De l’autre côté de la Manche, c’est une Normande, Emma, fille de Richard Ier, qui règne à deux reprises en Angleterre après avoir épousé Æthelred II, puis Cnut : ainsi, une princesse normande recevait la couronne anglaise bien avant 1066. Ainsi, bien des chevaliers normands gagnaient alors fortune par le métier des armes et s’infiltraient par le mariage auprès des plus grandes familles dans le nord comme dans le sud de l’Europe.

Thèmes traités :

  • Les Normands dans les principautés voisines de la Normandie.
  • Les Normands en Italie du Sud et en Méditerranée.
  • Les Normands en Angleterre et dans le monde insulaire.

De manière générale, notre colloque valorisera les propositions qui croiseront ces diverses approches de manière à présenter une vision dynamique du monde où est né Guillaume et de comprendre dans quelle mesure le futur conquérant de l’Angleterre l’a fait évoluer.

Les contributions au colloque pourront prendre deux formes distinctes : d’une part, des communications de 30 minutes suivies d’une discussion ; d’autre part des posters qui porteront sur des études de cas spécifiques et qui seront présentés par leurs auteurs à l’occasion d’une séance dédiée. Nous accueillerons volontiers les propositions de jeunes chercheurs : le Centre culturel de Cerisy offre des conditions qui favorisent les discussions et qui leur permettront de bénéficier des conseils de membres du comité scientifique et d’autres spécialistes présents à l’occasion du colloque.

Les propositions de communications ou de posters devront être envoyées avant le 1er juin 2026 aux organisateurs, à savoir Pierre Bauduin (pierre.bauduin@unicaen.fr), Alban Gautier (alban.gautier@unicaen.fr) et Marie-Agnès Lucas-Avenel (marie-agnes.avenel@unicaen.fr). Merci de fournir deux fichiers distincts : un résumé précisant clairement comment la contribution pourra s’insérer dans un ou plusieurs des thèmes du colloque (environ 1 page), et un CV synthétique (1 page maximum).

1027 – 2027 : The World in which William was Born

International Conference in Cerisy-la-Salle and Caen (9-13 June 2027)

Organisation : Pierre Bauduin, Alban Gautier, Marie-Agnès Lucas-Avenel
(Université de Caen Normandie, Centre Michel de Boüard – CRAHAM)

We do not know exactly the date of William the Conqueror’s birth. It seems that the future Duke of the Normans and King was born between mid-1027 and mid-1028. His mother’s name – Arletta or Herleva – is mentioned only in much later sources; as for his father, Duke Robert ‘the Magnificent’, he had but recently succeeded his brother Richard III, who had died on 6 August 1027 in circumstances that remain uncertain.

The year 1027 was rich in political events. On Whitsun Day (14 May), the young Henry – that is, the future Henry I, King of France – was anointed in Rheims, his father King Robert II being still alive. Forty years after Hugh Capet’s accession, the new Capetian monarchy was now firmly established and its legitimacy was no longer disputed. Several princes of the realm, including Richard III, attended the ceremony. Not long before, on Easter Day (26 March), Emperor Conrad II had been crowned in Rome. This new emperor inaugurated a new dynasty, that of the Salians, having succeeded Henry II, last of the Ottonians, who had died without an heir in 1024. This succession had been disputed, particularly in Italy, but Conrad had been able to curb opposition and receive the imperial crown. Among the princes who attend the event was Cnut the Great, King of the Danes and of the English. In a letter addressed to his Insular subjects during his stay in Italy, Cnut told of his pride for participating in the event and being received by grandees from all Europe, and he also mentions the fact that it was for him an occasion to visit Rome as a pilgrim, something he had wanted to do for a long time. This visit may be seen as a climax in the reign of the Danish king, who had become one of Europe’s most powerful rulers. His power was by then undisputed in England, where he had been able to coopt some of the country’s elites: Earl Godwine, one of his most prominent supporters, had married one of the king’s kinswomen and their second son, the future King Harold II, had been born a few years earlier. Cnut had himself married Emma of Normandy, the widow of his Anglo-Saxon predecessor Æthelred II and the sister of Richard II of Normandy (which made her young William’s great-aunt), and their son Harthacnut was then still a young boy. Emma’s children from her earlier marriage, including the future Edward the Confessor, were then refugees at the Norman court, where they probably had many occasions to meet William in the years of his childhood. But at that time, they were no major threat to Cnut, who focussed on other plans: the main one was to establish control over Norway. It was done the year after (1028), when some of the Norwegians rebelled against their king Olaf Haraldsson, who was defeated in the battle of Stiklestad and forced to flee. If we are to believe William of Jumièges, Olaf had actually been baptised in Rouen in the mid-1010s; after his death in 1030, he was considered a martyr and rapidly became Norway’s national saint. If we take this game of chronological concordances a little further, the year 1027 was also that of the deaths of Gaimar III of Salerno, one of the first Southern Italian princes who called upon Normans, and of Romuald of Ravenna (on 19 June), that is St Romuald, founder of the order of the Camaldolese hermits, a reformer of Western monasticism who probably influenced the spirituality of John of Ravenna… who himself succeeded William of Volpiano at the Norman abbey of Fécamp in 1028.

A broader perspective over the fifteen of so years that surround the year 1027/8 allows us to mention the following events: the death of Emperor Basil II, one of the most important Byzantine rulers, in December 1025; the disintegration of the Umayyad Caliphate of Cordoba in 1031; Richard of Verdun’s great pilgrimage, which brought 700 pilgrims (including Normans) to the Holy Land in 1026; King Sigtrygg Silkenbeard of Dublin’s own pilgrimage to Rome in 1028, in the wake of which, having returned via Cologne and Canterbury, he founded the bishopric of Dublin; the deaths of Wulfstan II, archbishop of York (28 May 1023), of Fulbert of Chartres (10 April 1028) and of Adalbero of Laon (27 January 1030), three of the most important ecclesiastical and intellectual figures of the time. Several major construction works in Western Europe were also started in the same period, including the abbey church in Fleury (Saint-Benoît-sur-Loire) after the fire of July 1026, the cathedral of Speyer (one of the grandest Romanesque buildings) around 1030, and the abbey church of Mont-Saint-Michel in 1023 (which was the subject of a recent conference in Cerisy).

These few events, all taking place around the time of William’s birth, are enough to show that the world in which the future duke and king was born was characterised by interacting relationships and dynamics. Of course, nobody at that time could have guessed that here and then were woven the threads of events and motions that would span the next century, nor would they have anticipated the connexions which today’s historians see between them.

Our conference will draw inspiration from the methods of so-called ‘connected history’, here simply defined as an approach that aims to establish links between different national or regional historical traditions which have long remained isolated and tries to avoid a perspective that would focus exclusively on Normandy or France. We want to stress mobilities and their consequences, connexions and transfers between diverse human communities. Because of this global perspective, we do not wish to exclude any discipline or methodology (history, art history, archaeology, philology…) that helps exploring this world in which William was born. This is also why we wish to gather scholars from many horizons, countries and disciplines, in order to discuss the following topics.

1/ Knowing about the world

Geographical knowledge was not, in the early eleventh century, as reduced as it has been said to be. In the Islamic world, in the Latin West or in Byzantium, representations of the earth are known both in maps and texts. The British Library’s ‘Cottonian World Map’ was made around 1025/1050; it is roughly contemporary with the Bibliothèque nationale de France’s ‘Saint-Sever mappa mundi’, illustrating a manuscript of Beatus de Liebana’s Commentary on the Apocalypse. More broadly, in the century that ended with the First Crusade, knowledge of the world informed Western representations of the Other – Eastern Christian, Muslim, Jewish or pagan – that were undergoing radical transformation. We particularly aim to understand how the Normans and the populations with whom they came into contact perceived each other. By the late the tenth century, members of Rollo’s dynasty were still regularly perceived and stigmatised as descendants of pagan pirates of the North, but they increasingly appeared as Latin Christians like any others, even as models of Christian behaviour.

Proposed themes:

  • Knowledge of the world.
  • Cartography.
  • Knowledge and representations of Others.

2/ Moving through the world

Many roads allowed travellers from Normandy to reach other regions, and the Normans were keen to use them. There were maritime roads towards Britain, Ireland or Scandinavia, but towards Aquitaine, Iberia and, beyond that, the Mediterranean – especially Southern Italy, Byzantium and the Holy Land. There were also roads over land and up and down rivers, and travel often combined several means of transport. We will follow attested circulations and retrace the itineraries followed by people, commodities and ideas. We also wish to focus on the places where connexions were made and on the people who enabled them, especially in the case of Normans: in an English lawcode that mentions Norman merchants in London in the first decade of the eleventh century, or in Warner of Rouen’s poem Moriuht, in which Rouen is shown to be a port where slave trade was still in operation. Pilgrimage routes are also among those we want to highlight: to Rome of course, but also to Puglia and Monte Gargano (where the cult of St Michael echoes contemporary developments in Normandy), to Compostela (where pilgrimage to St James’s relics precisely took off in the eleventh century), to Constantinople (where a wealth of relics attracted people in ever greater numbers) and to Jerusalem (and here we should not forget that Duke Robert the Magnificent died in 1035 while he was travelling back from the Holy Land).

Proposed themes:

  • Itineraries, routes over sea and land.
  • Circulations, connexions, networks.
  • Trade.
  • Pilgrimages.

3/ Places, gender, life and death

Rodulfus Glaber’s terrifying pages on the famine of the years 1031 to 1033 remind us of how precarious life was then for most of the population. The economic and demographic balances of the time, and the growth that characterised the West in the Central Middle Ages have all been reconsidered through new approaches based on notions of need, resources and the relationship between humans and their environment. The role played by lordship and coercion, work and the peasantry’s initiative, technology and innovation, money and its circulation are also among the factors that should be interrogated. Varied approaches of ‘material culture’ have revealed new issues, which open more generally to questions about the relationship between humans and objects. Archaeological sites, newly excavated and published, help us answer them and bring new informations on conditions of life and residence: among them, the fortified settlement of Colletière in Charavines (Isère), occupied between 1006 and 1040, the castrum of Andone (Charente), abandoned in the 1020s, or the moated residence of Pineuilh (Gironde)… Both in urban and rural settings, churches and their cemeteries were increaslingly polarising the lives of communities. Exchanges and connexions between the living and the dead remained a crucial preoccupation of kin- or church-based groups. Thousands of charters record gifts made to ecclesiastics ‘for the sake of souls’ (pro anima) or in memory of founders, donors and their families. It is well-known that women played an important role in such memorial practices, and the conference will allow participants to explore more broadly their agency in the social changes of the time. Here, William’s birth may not be such a significant date, but the perspectives explained above are an occasion to develop comparative studies which will place Normandy in broader contexts.

Proposed themes:

  • Connexions with the environment.
  • Material culture.
  • Ways of life, settlements.
  • Connexions with the dead and the other world; memory of the deceased.

4/ Believing, thinking, creating

Even if the pagan beliefs and rituals imported by Scandinavians in the tenth century do not seem to have survived in Normandy, the duchy probably was not immune from what Dominique Barthélemy has called ‘the great awakening of heresy’: indeed, the whole kingdom was concerned in the early eleventh century, for instance when the ‘Orléans heretics’ were denounced in 1022, as told by Rodulfus Glaber or Ademar of Chabannes. There was also a movement towards reform of Benedictine monasteries in the spirit of Cluny: in Normandy with William of Volpiano and his successors, but also beyond the eastern and north-eastern borders of the kingdom with Richard of Saint-Vanne in Verdun and Abbo Poppo in Stavelot. A new ecclesiastical elite worked towards the consolidation of lay power, weaving networks of confraternity and fostering exchanges in the fields of liturgy, ideas, sciences and arts. This was also a time of development for episcopal schools, for copying and illuminating religious and non-religious manuscripts, and for creating new works in the fields of theology, historiography and poetry: we may mention here again Fulbert of Chartres and Adalbero of Laon, to whom Dudo of St Quentin dedicated his prosimetrical and panegyrical history of the earliest Norman dukes. New architectural technologies were also experimented at that time, for example in the abbey church of Mont-Saint-Michel (the construction of which began in 1023) or in the cathedral of Chartres (the restoration of which started in 1024). The conference will allow participants to question or revisit beliefs and categories of thought, spiritual and intellectual debates, traditions and innovations in literature and the arts, all visible in the early eleventh century.

Proposed themes:

  • Religious practices and beliefs, Christian and pagan.
  • Religious and cultural networks.
  • Production and circulation of manuscripts.
  • Circulation of ideas and knowledge, and of artistic processes and techniques.

5/ Norman men and women of the 1020s

The Normans of the 1020s may be approaches through varied sources that allow us to better understand aspects of the society of that time. More than a year after the duchy had been founded, they shared the ways of life, the language and the beliefs of the Franks; all traces of the Scandinavian past of the province were rapidly fading. The conference will revisit these transformations and how they affected the inhabitants of the duchy. Who were Norman men and women in the 1020s? Did they share common identities, affiliations, cultural values, and how did they express them? A crucial factor of cohesion in the duchy and between its inhabitants was the power wielded by the ducal dynasty. How was the dukes’ authority manifested and how did it frame society and its diverse components, both lay and ecclesiastical? To which extend can we perceive the action of social networks based of kinship, friendship, alliances or loyalty in their different forms (including feudal-vassalic)? What agency did women have in these networks? Which aspirations, which contestations can we see emerging or circulating in this society? The conference will allow us to revisit the current image of a dynamic principality, where public order resisted better than elsewhere and where peasant communities benefited for more a favourable status or condition.

Proposed themes:

  • Norman identity.
  • The role played by the Norman dukes and their kin.
  • The social and political fabric of the duchy of Normandy.
  • Men and women in the duchy of Normandy.

6/ Norman men and women in the kingdom of France and in Europe

As mentioned above, Normans are well-attesed both in the kingdom and in the wider world. Some of them returned quickly, others remained in exile for long periods before coming back, others settled permanently abroad. Take Roger de Tosny, who went to fight Saracens in the county of Barcelona, where he married around 1020 the daughter of Countess Ermesenda, but finally came back to Duke Richard II. In 1022, Emperor Henry II drafted 24 Normans to serve the nephews of Meles and fight the Byzantines, investing them with the county of Comino in Chieti province: we do know some of their names, such as Torstin Scitel or Hugh Falloc (this one later a companion of Robert Guiscard). Others settled with Prince Gaimar, while the Duke of Naples gave Rainulf his sister’s hand, fortifying for him the county of Aversa in 1030. On the other side of the Channel, a Norman queen, Emma, the daughter of Richard I, reigned twice, first as Æthelred II’s consort and then as Cnut’s: long before 1066, a Norman princess wore the English crown. Many Norman knights were also looking for military employment or marrying into the greatest families, both in Northern and Southern Europe.

Proposed themes:

  • The Normans in neighbouring principalities.
  • The Normans in Southern Italy and in the Mediterranean.
  • The Normans in England and in the Insular world.

Our conference will give priority to proposals that combine several of the approaches outlined above and help presenting a dynamic vision of the world in which William was born and understanding how the future ‘Conqueror’ made it change.

The conference will host two kinds of contributions: 30-minute presentations followed by discussions; and posters on specific case studies, which will be presented by their authors in a special session. We welcome proposals by early career scholars: the ‘Centre culturel international de Cerisy’ is an ideal venue, fostering discussion and allowing them to receive advice from members of the scientific board or from other scholars attending the conference.

Proposals for papers or posters must be sent before 1 June 2026 to all organisers: Pierre Bauduin (pierre.bauduin@unicaen.fr), Alban Gautier (alban.gautier@unicaen.fr) and Marie-Agnès Lucas-Avenel (marie-agnes.avenel@unicaen.fr). Applicants should submit two separate files: a 1-page abstract, clearly stating how the proposed contribution may fit within one or several topics outilned in the call for papers; and a 1-page CV.

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Appel à contribution – Des sociétés en transition : maillage territorial, funéraire et religieux au cours du premier Moyen Âge

46e Journées internationales de l’Association française d’archéologie mérovingienne, Bordeaux 14-16 octobre 2026

Des sociétés en transition : maillage territorial, funéraire et religieux au cours du premier Moyen Âge

Échéance : 1er février 2026

L’Antiquité tardive et le haut Moyen Âge sont des temps de transformation et de transition entre deux formes de sociétés. Ces changements sont à la fois politiques, sociaux, religieux et ont incontestablement un impact sur les territoires perçus par l’archéologie. Ces transformations s’effectuent à différents niveaux. Certains se perçoivent sur le temps court (accidents, aléas, ruptures), d’autres sur le temps long du premier Moyen Âge (recomposition des repères spatiaux, des limites de territoires, des formes de regroupements humains). Les 46e journées de l’AFAM, qui se tiendront à Bordeaux du 14 au 17 octobre 2026, proposent donc de discuter les trajectoires et les rythmes des territoires à de multiples échelles : celle du site, d’une micro-région, voire plus largement.

La compréhension de ces changements préoccupe les chercheurs depuis longtemps. Localement, l’université bordelaise a promu, dès l’après-guerre, une école de géographie historique intéressée par l’occupation du sol sur le temps long à l’initiative de Charles Higounet et développé à sa suite par Jean-Bernard Marquette. Le territoire – paroissial notamment – était au centre de la démarche d’enquête avec cependant des outils insuffisants pour comprendre l’évolution de l’espace (présence antique, schéma de démembrement des finages, chronologie des vocables paroissiaux, méthode régressive à partir de la cartographie moderne…). La lecture des terroirs et de la formation du tissu urbain ancien au travers de la morphologie parcellaire a prolongé cette approche dans les années 1990 et 2000, inspirée de celle de Gérard Chouquer, avec les travaux entre autres de Cédric Lavigne et d’Ezechiel Jean-Couret ; la dynamique fut également relancée par une nouvelle forme éditoriale des Atlas historiques des villes de France (éd. Ausonius).  À partir des années 2000, plusieurs facteurs renouvellent sensiblement les approches spatiales (essor des opérations d’archéologie préventive sur de grandes surfaces, des outils numériques, des données paléoenvironnementales, de l’interdisciplinarité). Ces réflexions sur la représentation de l’espace, couplées aux premières utilisations des SIG, vont susciter de nouveaux travaux féconds, menés par exemple par les chercheurs de l’université de Tours. Ces explorations ont abouti à des réalisations pionnières, notamment dans les régions méridionales, à une échelle micro-régionale, et ont permis de saisir l’évolution sur la longue durée des dynamiques de peuplement (C. Raynaud, L. Schneider). Actuellement, les travaux des géographes et des sociologues proposent de nouvelles avancées en explorant les notions de paysage, d’espaces vécus, de voisinage et prennent en compte la sensorialité.

Pour ces 46e journées, la chronologie envisagée s’étend du IVe au XIe siècle. Elle correspond, selon les régions, à une, voire plusieurs phases de transitions entre deux modèles marquants de sociétés, celle de l’Antiquité finissante fortement marquée par la villa, à laquelle s’attache toujours au cours de la période alto-médiévale la question d’héritage foncier et de patrimoine, et celle du Moyen Âge, restructurée notamment par de nouveaux repères monumentaux que sont l’église et le château. Ces territoires sont donc mouvants, parfois multifonctionnels, et connaissent des changements importants. Il s’agit alors de caractériser leur structuration, aussi bien en campagne qu’en ville, et les changements qui y ont lieu, peut-être en lien avec leur nature et leur fonction. Ces analyses permettront d’aborder les notions de dynamiques et de transitions : l’identification des rythmes de changement au cours de cette période (ruptures ou, à l’inverse, transformations lentes) est l’objectif principal de ces journées. Le territoire pourra ainsi être discuté à partir de la construction des paysages, de la transformation des réseaux, de l’arrivée du christianisme et de son impact, notamment sur la gestion des morts, de la mise en place d’un maillage d’églises en lien avec la restructuration du territoire, de l’émergence de localités intermédiaires (mobilité, spécialisation de l’espace), ou encore plus largement à travers la plasticité de l’espace et de la transformation des limites territoriales. Ces différentes thématiques pourront être abordées à diverses échelles, mais les interventions devront s’organiser autour de la perception et de l’étude de ces transitions socio-spatiales pouvant mettre en évidence la place du haut Moyen Âge dans l’évolution des territoires sur le temps long.

Aussi, comme il est d’usage, une session sera consacrée à l’actualité de la recherche en Nouvelle-Aquitaine. Les découvertes récentes, qu’elles soient issues de l’archéologie préventive ou programmée, ainsi que les travaux universitaires et autres projets de recherches (PCR, PAS,…) pourront être proposés ici.

Les propositions de communications (orale ou affichée) devront être adressées au comité d’organisation avant le 1er février 2026, par courrier électronique à l’adresse suivante : afam.bordeaux.2026@gmail.com. Elles devront être accompagnées d’un résumé d’une longueur maximale de 300 mots.

Le comité scientifique chargé d’évaluer les propositions se réunira en février 2026 pour sélectionner les contributions et établir le programme.

Retrouvez les informations complètes ainsi qu’une orientation bibliographique.

Source : Association française d’archéologie mérovingienne

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