Appel à contribution – Les céramiques glaçurées de l’Antiquité aux Temps Modernes (Occident-Orient)

Après une courte utilisation sur la céramique d’époque romaine, la technique de la glaçure semble abandonnée durant plusieurs siècles. Sa réapparition en Orient dès la fin du VIIIe ou le début du IXe siècle dans les premiers siècles de l’Islam marque un changement radical dans le répertoire stylistique et les pratiques domestiques (la glaçure apporte en effet l’étanchéité). Assumant qu’elle vienne de l’Extrême-Orient, elle se diffuse rapidement via les réseaux commerciaux dynamiques dans tout le califat. En Occident, la glaçure semble réapparaître aux alentours du Xe siècle.

Elle s’applique d’abord sur des céramiques à pâtes claires parfois décorées de peinture avant de se développer sur un répertoire morphologique propre. Elle devient ensuite une technique largement répandue qui sera pratiquée au-delà du Moyen-Âge.

Qu’il s’agisse de vaisselle de table ou utilitaire, cette catégorie de matériel soulève une série de questions de recherche qui lui sont propres. Tout d’abord, des interrogations chronologiques relatives à l’apparition des glaçures polychromes en Orient et à celle de sa réapparition en Occident se posent. Ensuite, les découvertes archéologiques ont souvent suggéré une multiplicité d’ateliers non localisés et actifs durant une même période, soulevant des problématiques liées à des attributions géographiques. Ces dernières supposent aussi des centres urbains, économiques actifs, et l’émulation d’artisans, eux-mêmes responsables du transfert des techniques. Enfin, les types et styles liés aux influences entre l’Orient et l’Occident, les phénomènes d’imitations et les transferts techniques sont autant de points souvent débattus.

D’un point de vue technologique, les chaînes opératoires (modes de fabrication et étapes de cuisson) sont tout aussi multiples que la composition des glaçures (plombifères, stannifères et alcalines) ou que les fours utilisés. Au sein des ateliers, produit-on des objets avec et sans glaçure (poterie, carreaux, tuiles) ? Pourquoi ? Et quelles en sont les causes et les conséquences ?

Enfin, se pose la question de la diffusion. Certaines productions, en Orient comme en Occident, semblent réputées et largement diffusées. Quels phénomènes peuvent expliquer ce succès de certaines marchandises au détriment d’autres ? La céramique était-elle diffusée pour elle-même ou pour son contenu, au sein de quels réseaux, par quel biais et selon quels modes ?

Nous nous proposons d’aborder ces multiples questions et les moyens analytiques mis en œuvre pour y répondre lors de la sixième journée du Groupe de contact FNRS CeRA.

Merci d’envoyer vos proposition de communication (max. 3000 caractères) pour le 15 décembre 2025 via le formulaire : https://forms.office.com/pages/responsepage.aspx?id=hDvhYmAZYkWMf3JHKVHaj318aivqh7ZNnkH759SoLO5UN0NWQ0JEQzBVUU0zOVY2UUpFR0RHMDVaMy4u&origin=lprLink&route=shorturl

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Colloque – La transmission patrimoniale en France et en Italie à travers les testaments entre la fin du Moyen Âge et l’époque moderne

Le testament a connu un regain d’intérêt récent, qui s’explique en partie par l’émotion que suscite la lecture de cette source : on y découvre l’individu derrière l’expression de ses dernières volontés, qu’il s’agisse de puissants ou de ceux et celles qui, habituellement, ne prennent pas la parole et n’ont laissé d’autres traces que cet acte notarié. La pratique testamentaire, qui concerne l’ensemble de la société, réapparaît à partir du XIIe siècle, favorisée par l’Église, directe intéressée. Cette renaissance s’explique par la possibilité de prendre des dispositions concernant son âme et ses possessions. Le testament est indispensable afin d’utiliser ses biens terrestres pour s’assurer le salut éternel, mais également pour choisir légataires et héritiers indépendamment des lois sur la succession. Mourir intestat empêcherait d’exprimer des choix.

En Italie, l’abondance documentaire est telle que les chercheurs sont contraints de délimiter le sujet par le choix d’une catégorie professionnelle ou sociale, d’un genre ou d’une période précise, notamment la Grande Peste. En France, la rareté de la source la rend précieuse. Les choix sont alors conditionnés par des archives dont l’abondance varie nettement selon les aires géographiques : on oppose ainsi fréquemment le Midi, terre romanisée où la tradition de l’écrit est ancienne comme en Italie, et Paris, notamment, où les testaments sont plus rares en raison des contraintes que le droit coutumier fait peser sur la succession.

L’aspect spirituel et dévotionnel des testaments a été souvent traité, leur dimension économique et sociale faisant plus rarement l’objet de colloques spécifiques. Le testament sera ici appréhendé dans cette dernière perspective. Est-ce un document privilégié pour étudier la transmission du patrimoine ? Malgré sa richesse, il est lacunaire par définition : l’intégralité du patrimoine n’apparaît jamais. Le terme « patrimoine » est entendu ici dans le sens le plus large, biens immobiliers et mobiliers. Il renvoie étymologiquement à l’héritage du père, mais cette vision patriarcale est infléchie par les testaments féminins, abondants en Italie et plus rares en France. L’intérêt historiographique qu’ils suscitent s’explique certainement par le fait qu’ils permettent de saisir l’agentivité féminine.

Dans une démarche résolument ouverte et diversifiée, ces journées seront l’occasion de faire un double bilan historiographique comparatif : des pratiques testamentaires et du cadre juridique dans lequel elles s’insèrent, en France et en Italie, mais aussi des approches et des méthodes des historiens français et italiens qui se sont emparés de cette documentation.

Programme :

Lundi 24 novembre

14h00 – Ouverture

14h15 – Session 1 : Stratégies des élites économiques

  • Elisabetta Filippini, Università Cattolica di Milano : « Patrimoines en succession. Pratiques testamentaires comparées en Lombardie et à Crémone au Moyen Âge ».
  • Matteo Rossetti, Università Ca’ Foscari Venise/Padova : « From the Silence of the Will to the Voice of the Archive: Testamentary Execution in the Practice of the Procuratori di San Marco, 13th-14th century ».
  • Laure-Hélène Gouffran, CNRS Telemme/Université Aix-Marseille : « Et si forte… Adaptations et stratégies successorales chez les élites économiques marseillaises (fin XIVe-déb. XVe siècle) ».
  • Yannick Deloffre Daval, Université de Liège :  « Les testaments de Jacques II de Bourbon, comte de La Marche et de Castres († 1438) : régler les droits d’héritiers possibles dans un contexte de dissensions familiales ».

16h45 – Session 2 : Fortunes de notables ruraux

  • Laetizia Castellani, Université Pasquale Paoli de Corte : « Le testament en Corse : reflet de la structure socioéconomique et des stratégies familiales, l’exemple de la Balagne (XVIIe-XVIIIe siècle) ».
  • Bruno Evans, Université Toulouse-Jean Jaurès : « Testaments et transmission dans les campagnes du Sud-Ouest au XVIIIe siècle ».

Mardi 25 novembre

9h30 – Session 3 : Le patrimoine économique chez les ecclésiastiques et les gens de savoir

  • Estelle Martinazzo, Université de Lille : « La transmission patrimoniale dans les pratiques testamentaires de curés toulousains (XVIe-XVIIIe siècle) ».
  • Stéphane Blond, Université Évry Paris-Saclay : « Le legs de Pierre-Charles Lesage : un inspecteur au service de l’École des Ponts et Chaussées ».

11h00 – Session 4 : Des pratiques testamentaires au féminin ?

  • Denise Bezzina, Università di Genova : « Testamenti femminili a Genova (secoli XIII-XIV) ».
  • Giovanni Adriano Avalle Tortolone, Université Lumière Lyon 2/ Università degli Studi di Torino :« Transmission des biens dans des testaments de femmes à Lyon au XIVe siècle. Premières recherches ».

12h15 : Déjeuner

14h00 – Session 4 (suite)

  • Isabelle Chabot, Università di Padova : « Ce que le testament ne dit pas (Florence, XIIIe-XIVe siècle) ».
  • Anna Bellavitis, Université de Rouen-Normandie : « Le testament, source privilégiée pour l’histoire des femmes ».
  • Laurence Croq, Université Paris-Nanterre : « Les legs aux nourrices et aux gouvernantes d’enfants dans les testaments parisiens au XVIIIe siècle ».

16h00 – Mot de conclusion

Informations pratiques :

L’Emulateur – 31 Cours Blaise Pascal
Évry, France (91)

  • 24/11 : 14h00–18h00, L’Émulateur, 31 Cours Blaise Pascal, Évry-Courcouronnes
  • 25/11 : 9 h30–16h30, L’Émulateur, 31 Cours Blaise Pascal, Évry-Courcouronnes

Ces journées d’étude se dérouleront en format hybride. Pour obtenir le lien Zoom, contactez les organisatrices, Federica Masè (MCF Histoire médiévale, Université d’Évry Paris-Saclay/IDHE.S) et Solène Baron (ATER, Université d’Évry Paris-Saclay/IDHE.S).

Source : Calenda

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Offre d’emploi – Postdoctoral Research Fellow in History

Swansea University is a research-led university that has been making a difference since 1920. The University community thrives on exploration and discovery and offers the right balance of excellent teaching and research, matched by an enviable quality of life.

Our stunning waterfront campuses and multicultural community make us a desirable workplace for colleagues from around the world. Our reward and benefits, and ways of working enable those who join us to have enriching careers, matched by an excellent work-life balance.

About The Role

The department is seeking to make an appointment to a two-year postdoctoral research fellowship as part of a joint project between Swansea University and Jersey Heritage, funded through the generosity of private donors and directed by the Principal Investigator, Professor Daniel Power. The holder of the post will research the history of the fiefs of Jersey and the island’s seigneurial institutions and culture, from the Norman ducal period to the English Civil War. The postholder will research and write a monograph concerning the history of fiefs in Jersey, and other research publications where appropriate. The postholder will consult published and unpublished records, including, where relevant, in public and private archives in Jersey as well as the UK national collections and other archives, and will have access to a travel budget. The postholder will also take the lead in organising a conference concerning the history of Jersey, to be held in Jersey during the project (most probably September 2027), in consultation with Jersey Heritage and the PI, and may also be involved in other public-facing events.

The Department of History, Heritage, and Classics is located within the School of Culture and Communication, in the Faculty of Humanities and Social Sciences of Swansea University. It employs more than 30 permanent staff teaching and researching in Ancient History, Classics, Egyptology, Heritage Studies, and History, and is home to undergraduate and MA programmes covering these disciplines, American Studies, and War and Society. In the 2021 REF, the department achieved a GPA of 3.09 overall, with 76% of its outputs, impact, and environment judged world-leading or internationally excellent.

Equality, Diversity & Inclusion

The University is committed to supporting and promoting equality and diversity in all its practices and activities. We aim to establish an inclusive environment and welcome diverse applications from the following protected characteristics: age, disability, gender reassignment, marriage and civil partnership, pregnancy and maternity, race (including colour, nationality, ethnic and national origin), religion or belief, sex, sexual orientation.

As an inclusive and welcoming workplace, we value people for their skills regardless of their background. Applications are welcome in Welsh and will not be treated less favourably than those submitted in English.

Welsh Language Skills

The Welsh language level required for this role is Level 1 – A little. The role holder will be able to pronounce Welsh words, answer the phone in Welsh (good morning/afternoon) and use very basic everyday words and phrases (thank you, please etc.). Level 1 can be reached by completing a 1 hour course.

The University is a proud bilingual institution, our Welsh Language Strategy outlines our aspiration to promote the language and enable our staff to engage with the language as an additional workplace skill and as a gateway to new cultural and social opportunities. Applications are welcome in Welsh and will not be treated less favourably than those submitted in English. Welsh speakers have the right to an interview in Welsh. Applicants for a role where Welsh skills are essential are expected to present their application in Welsh and will be interviewed in Welsh, if shortlisted.

Additional Information

Applications for this role will take the format of a CV submission and cover letter.

Source : Swansea University

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Offre d’emploi – Assistant Professor (Medieval Chinese History)

The Chinese University of Hong Kong – Department of History
Closes : 15th December 2025

Applications are invited for:- 

Department of History

Assistant Professor (Medieval Chinese History)

(Ref. 250001V8) (Closing date: December 15, 2025) 

The Department of History at The Chinese University of Hong Kong invites applications for a full-time, substantiation-track post at the rank of assistant professor in the field Medieval Chinese history (focus on Silk Road and Sui-Tang period), beginning August 1, 2026. We welcome candidates with specialisations in cultural, socio-political, and intellectual histories of the period from the sixth to the tenth centuries. Experience of teaching is desirable but not necessary. 

The successful candidate will have a strong commitment to both research and teaching. In addition to teaching survey courses on Medieval Chinese history, such as the History of Tang China, applicants should be capable to teach advanced courses in line with the candidate’s interests and the Department’s needs. The normal teaching load is two courses per term, reduced to one course in the first term of employment. 

Applicants should (i) have obtained a doctoral degree by August 1, 2026; (ii) have an active research agenda and clear plans for future publications; (iii) be committed to teaching at both undergraduate and postgraduate levels; and (iv) be ready to supervise postgraduate students. 

Salary and fringe benefits for the post will be highly competitive. Appointment will normally be made on contract basis for up to three years initially, which, subject to funding, performance and mutual agreement, may lead to longer-term appointment or substantiation (equivalent to U.S. tenure), either when the aggregate service period reaches six years, or sooner upon completing one year’s service, subject to special application and recommendation as appropriate. 

Application Procedure 

Applicants should complete the online application form with a letter of introduction, a CV, and one writing sample uploaded. Review of applications will begin on December 15, 2025 and continue until the position is filled. Shortlisted candidates will be asked for further materials, including letters of recommendation (to be addressed to the Department Secretary directly by the referees) and evidence of experience as both researchers and teachers. 

The University only accepts and considers applications submitted online for the post above via the CUHK career site. For more information and to apply online, please click the ‘Apply’ button

Source : Jobs.ac.uk

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Appel à contribution – Mettre en scène(s) l’Apocalypse : bilans et nouvelles perspectives de recherche sur les tapisseries médiévales à partir du cas de la tenture d’Angers (v. 1380)

Org. Gaelle Bosseman (Université Rennes 2, Tempora)
Isabelle Mathieu (Université d’Angers, Temos)

La tapisserie conservée au Château d’Angers est la plus ancienne et la plus grande tapisserie historiée conservée au monde. Cette œuvre monumentale illustre le dernier livre de la Bible, l’Apocalypse, un livre dont les lectures et les usages ont été pluriels au Moyen Âge. De fait, loin des grands mouvements de peurs populaires auxquels elle a pu être associée dans l’historiographie, l’Apocalypse nourrit, au Moyen Âge, des productions écrites et iconographiques érudites, émanant de milieux savants.

Achevée vers 1380/82, en pleine guerre de Cent Ans, la tapisserie affirme sans nul doute les prétentions politiques et idéologiques de son commanditaire, Louis Ier d’Anjou (1339-1384) : deuxième fils du roi de France Jean II le Bon, frère du roi Charles V (1338-1380), Louis Ier obtient le titre de régent du royaume en 1380 et devient roi Naples, Sicile et Jérusalem en 1382. En choisissant de faire représenter l’Apocalypse sur une œuvre monumentale à plus d’un titre, Louis d’Anjou mêle étroitement démonstration de piété et vision du pouvoir : depuis l’Antiquité tardive, le livre est un support pour faire réfléchir les souverains sur leur responsabilité dans l’accession au salut du peuple dont ils ont la charge.

Probablement destinée à être exposée lors de cérémonies publiques, bien que les circonstances exactes de cette exposition restent incertaines (cathédrale ? autres lieux ?), la tapisserie pourrait avoir constitué un « un véritable théâtre médiéval » (L. Hablot, EPHE) : disposées en plein air, ses pièces pourraient avoir été présentées sur des estrades éphémères, et animées par un lecteur qui en déclamait le texte faisant ainsi vivre les scènes de l’Apocalypse. En utilisant les différentes pièces comme des cloisons mobiles, accompagnées de musiciens (A-Z. Rillon-Marne et N. Le Luel, Univ. Catholique de l’Ouest), la tapisserie pourrait encore avoir servi de support à une déambulation propice à la méditation. D’autres tapisseries comme celles de la Chaise-Dieu pourraient avoir été exposées d’une manière comparable.

En réunissant des spécialistes de différents champs de la recherche, ce colloque transdisciplinaire a pour objectif de mieux comprendre la manière dont les tapisseries médiévales ont été perçues et utilisées au Moyen Âge afin de faire résonner le message dont elles sont les supports. À cet égard, toutes les propositions de comparaisons sont bienvenues.

Nous proposons à cet effet quelques pistes d’interrogation, sans exhaustivité :

  • Une approche politique, institutionnelle et dynastique de la commande : à l’image de son père Jean le Bon et de ses frères, Louis Ier d’Anjou a utilisé la création artistique et le mécénat comme des outils de pouvoir : le château de Saumur, la tapisserie de l’Apocalypse ou quelques pièces de son imposante collection d’orfèvrerie donnent la mesure du cadre dans lequel évoluait ce prince. Dans les années 1360, Louis Ier d’Anjou possédait déjà plus de 70 tapisseries, collection qu’il a très certainement continué à enrichir jusqu’à envisager dans les années 1380 ce projet fou d’un « beau tapis » de 850 m2 qui viendrait mettre en images le livre de l’Apocalypse alors que jusque-là les thèmes retenus étaient éclectiques et pas systématiquement religieux (histoire, mythologie, fabliaux, romans héroïques…). À sa suite, ses frères Philippe de Bourgogne et Jean de Berry en auraient également commandé une, de taille plus modeste. Concurrence, jalousie, simple émulation ? La démesure de telles pièces ne doit rien au hasard. Pour ces grands seigneurs, comment l’art au sens très large du terme s’articule-t-il, nourrit-il, soutient-il les ambitions/projets/desseins politiques ? Comment opèrent-ils leurs choix en la matière ? Comparativement à ses frères, Louis Ier d’Anjou n’a pas fait l’objet de travaux de synthèse et encore moins d’une biographie ; cette remise en perspective globale pourrait contribuer à combler des pans de ce vide historiographique.
  • Une approche artistique : certaines des sources probables d’inspiration de l’artiste, Jean de Bruges, un peintre flamand, ont été identifiées ; parmi elles figurerait le manuscrit Paris, BnF français 403, une des Apocalypses anglo-normandes, œuvre commandée vers 1250 par Charles V, le frère de Louis d’Anjou, ou encore le Cambrai (BM, 0422 (0397 bis)). Pour autant la question du ou des « modèle(s) » de la tapisserie reste une question débattue. Les comparaisons avec d’autres types d’œuvres en amont ou en aval – théâtre liturgique, les compositions architecturales, les pièces musicales – auront pour but de décentrer le regard des Apocalypses enluminées pour mieux réfléchir sur la place de la tapisserie dans la création artistique de la fin du Moyen Âge. Il sera notamment envisagé si le choix du support de la tapisserie entre en rupture ou marque au contraire une forme de continuité avec les précédentes productions iconographiques consacrées à l’Apocalypse.
  • Une approche littéraire, liturgique et exégétique de l’œuvre : quelle est la part de la tradition exégétique dans la tapisserie ? Les Apocalypses enluminées et les commentaires enluminés médiévaux montrent que l’intégration du discours exégétique dans les images par les artistes était courante. Qu’en est-il pour la tapisserie ? D’autres sources textuelles ont-elles inspiré Jean de Bruges ? L’Apocalypse était lue au Moyen Âge comme une révélation sur l’histoire de l’Église au double sens d’institution ecclésiale et de communauté des fidèles et comme une invitation à faire pénitence sans attendre. Ces différentes dimensions apparaissent-elles dans la tapisserie ? Quels liens établir entre la tapisserie et les célébrations liturgiques mobilisant le livre de l’Apocalypse à la fin du Moyen Âge ?
  • Une approche matérielle : si différentes hypothèses ont pu être proposées concernant les lieux d’exposition de la tapisserie et la manière dont elle a pu être exposée, les études des techniques, méthodes de tissage et matériaux de la tapisserie réalisées à l’occasion de son classement récent à l’UNESCO et de la redécouverte de fragments en 2020 lors des confinements permettent d’examiner à nouveaux frais la question de ses utilisations et de son déploiement. En confrontant ces éléments aux sources littéraires et documentaires décrivant l’exposition des tapisseries ou aux représentations architecturées de la fin du Moyen Âge, nous souhaiterions ouvrir une discussion collective sur les différents contextes d’utilisation possibles de la tapisserie et donc sur la plasticité de ses lectures et usages.

Les propositions (titre, résumé de 10/15 lignes) devront être adressées à Gaelle Bosseman

(gaelle.bosseman@univ-rennes2.fr) et/ou à Isabelle Mathieu (isabelle.mathieu@univ-angers.fr) avant le 15 avril 2026.

Les communications de 20 minutes pourront être présentées en français ou en anglais avec une possibilité de participer en hybride.

Nous vous remercions de nous indiquer, le cas échéant, si vous pouvez bénéficier d’une aide de votre laboratoire pour participer à cette journée.

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Colloque – Sanguis Christi. Culture visuelle/culture visionnaire (XIIIe-XVIIIe siècles)

10.30 – 10.45 Mots d’ouverture par les organisatrices

10.45 – 11.30 Conférence inaugurale François Wallerich (UCLouvain), Voir l’hostie saigner. Une expérience visionnaire devenue fait de société au Moyen Âge central

Session 1 Voir le Sang, mais jusqu’où ? Mises en visibilité / mises en invisibilité
Modérateur : Nicolas Sarzeaud

11.30 – 11.55 Renzo Chiovelli (Sapienza Università), Giulia Maria Palma (Università della Tuscia) et Rocchi Vania (C.I.S.Sa.S) – The Worship of Christ’s Blood in the Saint Sepulcher of Acquapendente before and after the Eucharistic miracle of Bolsena

11.55 – 12.20 Pierre Fournier (ENS de Lyon) –Croire, voir. La problématique visuelle dans les polémiques de sanguine Christi

12.20 – 13.00 Discussion

13.00 – 14.00 Lunch

Session 2 Écrire, imaginer, mettre en scène le Précieux Sang
Modérateur : Stéphane Cabrol

14.00 – 14.25 Camille Salatko (Université Rennes 2) – Jouer avec le sang du miracle des Billettes (Paris/1290)

14.25 – 14.50 Hadrien Amiel (Sorbonne Université/Université de Montréal) – L’image et l’effroi. La présence du Précieux Sang dans les romans du Graal (xiie-xiiie siècles)
14.50 – 15.15 Anne-Gaelle Cuif (Université de Strasbourg) Sanguissuavis. La douceur et la suavité du sang christique dans la poésie religieuse italienne du Duecento. De la symbolique à la mystique

15.15 – 15.45 Discussion

Session 3 Phénomènes polymatériels et reconfigurations du visible : du sang dans les marges ou le Précieux Sang

Modérateur : François Wallerich

15.45 – 16.10 Mitchell Merback (Johns Hopkins University) – Streaming, Staining, Stilled. Polarities of Attention and Desire in Late Medieval Devotion to the Holy Blood

16.10 – 16.35 Nicolas Sarzeaud (UCLouvain) – Un tournant maculiste ? Remarques sur la preuve par la tache dans la dévotion chrétienne médiévale

16.35 – 17.00 Julie Glodt (UCLouvain) – Cruauté eucharistique. Modes de présence et visibilité du sang du Christ à l’autel autour de 1500

17.00 – 17.15 Pause

17.15 – 18.30 Table ronde animée par Paul Bertrand (UCLouvain)

Jeudi 4 décembre : Les mimesis du Sang dans les arts visuels

Session 1 Du manuscrit vivant au livre de chair : corps et supports de la dévotion
Modérateur : Janig Bégoc

09.30 – 09.55 Marlene Hennessy (Hunter College) – Sanguis Christi as Ink and Other Bibliophilic Metaphors in the Late Middle Age

09.55 – 10.20 Juliette Bourdier (University of Charleston) – De la chair du parchemin au Sang du Christ, théâtralisation d’une émotion et psyché du désir

10.20 – 10.45 Discussion

10.45 – 11.00 Pause

Session 2 Performer la matérialité dans le visuel
Modérateur : Ingrid Falque (UCLouvain)

11.00 – 11.25 Elliott Wise (Brigham Young University) – Albrecht Bouts’s Diptychs: Beholding the Man and Painting in Blood

11.25 – 11.50 Arianna Favaretto Cortese (Università degli studi di Verona) – Materialising Devotion. Techniques for Emphasizing Christ’s Blood in Venetian Woodcarving (15th–16th Centuries)

11.50 – 12.15 Janig Bégoc (Université de Strasbourg) – La fente saignante du Psautier de Bonne de Luxembourg (1348) : entre agentivité de l’image du Christ aux plaies et homoérotisme féminin

12.15 – 12.40 Discussion

12.40 – 14.20 Pause

Session 3 Perception synesthésique et transports sensoriels
Modérateur : Julie Glodt

14.20 – 14.45 Karol Skrzypczak (Université d’Orléans) – Voir les plaies, entendre le sang. Précieux Sang, martyre et cruentation sous Charles V et Charles VI

14.45 – 15.10 Pieter Mannaerts (Alamire Foundation) – Civic, canonic, ecclesiastic. The role of music in the Holy Blood Procession of Bruges

15.10 – 16.35 Leylim Erenel (Courtauld Institute of Art) Visualising Civic Identity and Materialising Sacred Presence. The Processional Candleholder of Bruges’ Confraternity of the Holy Blood

16.35 – 16.50 Discussion

16.50 – 17.05 Pause

Session 4 Figures de l’imitation : représenter le sang / représenter les martyrs
Modérateur : Matthieu Somon (UCLouvain)

17.05 – 17.30 Mathilde Marès (UCLouvain) – Du sans lieu au sang lieu. Anatomie des martyrs dans l’œuvre de Vittore Carpaccio

17.30 – 17.55 Ralph Dekoninck (UCLouvain) – Le sang semence des martyrs. Ou les défis de la visualisation d’une métaphore absolue

17.55 – 18.20 Pierre-Antoine Fabre (EHESS) – Saint Sang et sang des saints. L’effusion des martyrs (xvie-xviie siècles)

18.20 Discussion

Vendredi 5 décembre : Précieux Sang et mise à l’épreuve de l’image/du visuel à l’heure des querelles religieuses

Session 1 Présences post-tridentines et querelles de l’image : en voir trop, ou pas assez
Modérateur : Alysée Le Druillenec

9.30 – 9.55 Justyna Łukaszewska-Haberkowa (Princes Czartoryski Library) – The Jesuits and the Eucharist. Transubstantiation, Devotion, and the Holy Blood in 16th-Century Poland

9.55 – 10.20 Agathe Bonnin (Cergy Paris Université/ Universidad Autónoma de Madrid) – Le Rouge et le Blanc. Pureté et sensualité du sang du Christ en peinture (Espagne, xviie s.)

10.20 – 10.45 Pause

Modérateur : Mathilde Marès

10.45 – 11.10 Alysée Le Druillenec (UCLouvain/Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne) – Voir sans toucher. Claude Mellan, la Résurrection sans plaie et la revanche de l’image sur la preuve

11.10 – 11.35 Stéphane Cabrol (Montpellier III) – Les ambivalences du signe. La visibilité du sang du Christ dans la spiritualité de Pierre de Bérulle

11.35 – 12.00 Rosanna Gangemi (ULB et Université Sorbonne Nouvelle) – Boire et se laver avec le Sang de la Croix. Étude iconographique d’une transcendance immanente

12.00 – 13.30 Lunch

13.30 – 15.00 Table ronde animée par Pierre-Antoine Fabre

Session 2 Mises à l’épreuve de l’image et phénomènes sanglants : les analogies de l’Histoire
Modérateur : Marta Battisti (UCLouvain)

15.00 – 15.25 Manon Chaidron (UCLouvain) – Les hosties poignardées de Bruxelles (1370). Image blessée et présence révélée

15.25 – 15.50 Sunmin Cha (Columbia University) – Beyond the Blood. Eucharistic Symbolism and Artistic Identity in Hendrick Goltzius’s Man of Sorrows with a Chalice

15.50 – 16.15 Elise Poot (UCLouvain) – Entre oppression et émancipation. Les représentations du Pressoir mystique dans la peinture de la Nouvelle-Espagne (xviie et xviiie siècles)

16.15 – 16.40 Discussion

16.40 Conclusion

UCLouvain

Place de l’Université, 1 Halles universitaires
salle Oleffe. 1348 Louvain-la-Neuve Belgique

contact : manon.chaidron@uclouvain.be et mathilde.mares@uclouvain.be

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Conférence – Les cycles ReMED. La matière médiévale

Lieu : CESCM (salle René Crozet)

Date : 18 novembre, 18h-20h

Revoir, Retrouver, Réactualiser, Rencontrer… le Moyen Âge, tel est l’objectif des cycles de conférences ReMED, organisés par les doctorant·es du Centre d’Études Supérieures de Civilisation Médiévale.

Il s’agit de rassembler chaque année des médiévistes issus de différentes disciplines et professions autour d’une thématique commune. Le cycle débute en novembre avec une conférence inaugurale et se poursuit jusqu’en avril 2026 dans les locaux du CESCM. Il s’adresse à toutes et tous, scientifiques et amateurs, afin de partager et diffuser les connaissances autour de la période médiévale.

Pour cette deuxième édition des cycles ReMED, le thème retenu est “La matière médiévale” afin d’explorer la matérialité des œuvres, des différents matériaux employés au Moyen Âge, mais aussi la matière littéraire et/ou historique.

La conférence inaugurale est consacrée aux questions de conservation et de restauration. Nous aurons le plaisir d’écouter Sylvie Labroche (Conservateur-Restaurateur d’objets Archéologiques, spécialisée en objets composites / Laboratoire Arc’Antique) et Charlène Pelé-Meziani (Ingénieure d’études, Recherche et Analyses / Laboratoire Arc’Antique).

Dans une communication à deux voix, elles présenteront leur métier, la complémentarité des missions entre conservation-restauration et analyse aux travers d’exemples concrets.

Depuis plus de 30 ans, Arc’Antique œuvre à la préservation du patrimoine archéologique à travers la conservation et la restauration d’objets issus des fouilles. Intégré depuis 2015 à Grand Patrimoine de Loire-Atlantique, le laboratoire joue un rôle transversal dans les projets liés aussi aux collections du musée Dobrée.

Pour répondre à la diversité des enjeux en conservation-restauration, Arc’Antique s’appuie sur deux services supports : le pôle Analyses & Recherche et le service Imagerie. Ces unités apportent un appui scientifique et technique essentiel aux conservateurs-restaurateurs, les guidant dans leurs choix méthodologiques et dans le développement de protocoles adaptés.

Cette conférence propose une immersion dans des cas concrets, illustrant les démarches collaboratives et interdisciplinaires qui permettent de mener à bien des projets de restauration patrimoniale. 

Source : CESCM

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Journée d’étude – Marc Bloch, l’historien dans la cité

Deuxième journée d’étude du cycle de conférences et tables-rondes “Actualité de Marc Bloch”

Le 14 novembre 2025, Salle Dussane, École normale supérieure, 45 rue d’Ulm, 75005 Paris

Cette journée, comme les autres de ce cycle, donne lieu à une captation vidéo et sont ouvertes à toutes et à tous sur inscription.

9h00 : Mots d’accueil


Ce que la cité fait à l’historien

9h30 : Être un normalien, fils de normalien, Valérie Theis

10h00 : L’expérience de la Grande guerre, Nicolas Offenstadt

10h30 : Être confronté à l’antisémitisme, Tal Bruttmann

11h-11h30 : Questions

11h30-11h45 : Pause

Les formes de l’engagement/1

11h45 : S’engager dans et par l’enseignement, Vincent Duclert

12h15 : S’engager pour les sciences sociales, Florence Hulak

12h45-13h : Questions

13h-14h30 : Pause déjeuner


Les formes de l’engagement/2

14h30 : L’historien dans l’espace public, Olivier Dumoulin

15h00 : Pseudo : Fougères. Marc Bloch clandestin aux Annales, Anne Simonin

15h30 : Penser/agir : l’engagement de Marc Bloch (alias Narbonne) dans la Résistance, Cécile Vast

16h-16h30 : Questions

16h30-16h45 : Pause

Ce que l’historien fait à la cité

16h45 : L’étrange défaite : un livre et sa postérité, Jean-Marc Largeaud

17h15 : Une présence à éclipse dans la mémoire historienne, Yann Potin

17h45 : Appeler « Marc Bloch » l’Université de Strasbourg, Catherine Maurer

18h15-18h45 : Questions

Organisation : ENS-PSL/IHMC dans le cadre d’un cycle de journées d’études coorganisées avec l’Université Paris 1 Panthéon Sorbonne et l’EHESS.

Lien d’inscription à venir.

Source : LAMOP – Hypothèses

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Conférence – Christina Lutter, « Monogamie sérielle et familles recomposées au Moyen Âge dans la ville de Vienne et dans la région du Danube »

Dans sa célèbre description de la ville de Vienne datant des années 1450, Enea Silvio Piccolomini, éminent ecclésiastique, secrétaire et conseiller du roi (puis empereur) Frédéric III, et futur pape Pie II, s’intéresse également à la vie sociale des habitantes et habitants de la ville. Il y décrit, avec un regard ecclésiastique très critique, les pratiques viennoises en matière de mariage et d’héritage, que nous qualifierions aujourd’hui de monogamie sérielle, produisant des familles recomposées. Christina Lutter met ces observations en relation avec les résultats de la recherche sur l’écriture pragmatique : quelles informations de vastes ensembles de données peuvent-ils fournir sur les comportements matrimoniaux et les relations de parenté ? Quelle importance avaient-ils pour la structure sociale de la ville ? Dans cette conférence, Christina Lutter présentera son projet « Stadt und Gemeinschaft. Soziale Gruppen im mittelalterlichen Wien ».

Christina Lutter est professeure d’histoire autrichienne et doyenne de la Faculté des études historiques et culturelles de l’université de Vienne.

Institut historique allemand (Paris)
13 novembre 2025, 18h00-20h00

Conférence dans le cadre du cycle « Les jeudis de l’Institut historique allemand »

Commentaire : Elisabeth Crouzet-Pavan (Sorbonne Université)

Source : Institut historique allemand

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Appel à contribution – Journée d’étude sur la céramique peinte médiévale

5 Juin 2026
à Namur

La céramique peinte médiévale de la partie septentrionale de l’Europe se distingue par des récipients de teinte claire, allant du blanc au rosé voire à l’orange en passant par le gris clair ou le brun. Leurs surfaces sont rehaussées d’un décor de barbotine ferrugineuse appliquée au pinceau ou au doigt, prenant le plus souvent l’apparence de virgules, de traits croisés ou parallèles, verticaux ou sinueux, dans les tons orange, rouges et bruns. L’ensemble confère à ces productions une identité visuelle très caractéristique, associant la sobriété des formes à une ornementation parfois vive et toujours contrastée.

Une première synthèse consacrée à cette catégorie de céramique a été publiée à la fin des années 60, par J. Hurst, pour tenter une réflexion globale à l’échelle européenne sur la chronologie différentielle de ces productions par pays, sur les origines possibles, sur la question de résurgence puisque cette technique décorative est connue à l’époque gallo-romaine et sur les influences interrégionales. Les conclusions et réflexions qui en découlèrent se heurtèrent à certains problèmes de datations et à un manque de données créant un déséquilibre dans la compréhension globale. Ces différentes problématiques ont été réactivées dans les années 2010 par Ph. Husi, à partir d’une recherche importante sur le bassin de la Loire. Il démontre qu’à travers une analyse fine et systématique, il est possible au travers d’un dépouillement exhaustif de sites de consommation, de préciser la chronologie et d’établir une typologie des formes et des décors. À une échelle plus large, il définit ainsi cinq régions de production : la vallée moyenne et inférieure du Rhin (avec les ateliers du Vorgebirge), la vallée supérieure du Rhin (l’Alsace), le nord de la France et la Belgique (vallées de la Meuse et de l’Escaut), la vallée de la Seine (Île-de-France et Haute Normandie) et enfin le centre-ouest de la France, avec la vallée moyenne de la Loire et ses principaux affluents.

Une attention particulière, durant cette journée, sera apportée à l’analyse des contextes de découverte puisque l’accumulation des données et la confrontation des datations absolues ont permis un affinement considérable de la chronologie. Ainsi par exemple, la céramique peinte dans les ateliers du Vorgebirge (Badorf comme Pingsdorf) n’est pas antérieure au dernier quart du IXe siècle pour une disparition au tout début du XIIIe siècle au profit de la production de grès. Dans le Beauvaisis, les premières céramiques peintes apparaissent entre le VIIIᵉ et le IXᵉ siècle et leur production se poursuit jusqu’au tout début du XVᵉ siècle, tout comme dans la vallée de l’Ysieux. Il serait ainsi intéressant d’approfondir ces premières données et surtout de les confronter aux autres centres de production.

Le développement de l’archéologie préventive et des différents programmes de recherches, ces trente dernières années, permettent un renouvellement considérable des données sur le sujet. En effet, le PCR TeR A POTS (2024-2026), à l’initiative de cette journée d’étude et qui a pour objectif un inventaire exhaustif des ateliers de potier dans les Hauts-de-France et en Belgique, recense plusieurs centres de production de céramique peinte. Il importe donc d’interroger ces productions sous différents aspects : les spécificités propres à chaque atelier, la nature des argiles employées, les formes réalisées et les particularités des décors. Ces questions concernent toutes les zones géographiques susmentionnées et amèneront à une réflexion sur les dynamiques différenciées d’appropriation, de circulation et d’abandon des traditions ainsi que sur les liens entre uniformisation apparente et particularismes régionaux dans le Nord de l’Europe médiévale.

Cette journée d’étude se veut également ouverte sur les sites de consommation. Ils offrent non seulement un complément substantiel d’informations mais ils permettent aussi d’aborder les questionnements sur les aires de diffusion et d’influence. Cela permettra sans doute de mieux percevoir les différents réseaux économiques et d’échanges culturels.

Il est demandé aux personnes souhaitant participer de se manifester auprès des organisatrices avant le 19 décembre 2025 (courriels ci-dessous). Les propositions de communications devront comporter le nom, prénom, organisme de rattachement, spécialité, titre de la communication et un petit résumé (max. 500 mots). Les participants sélectionnés recevront une confirmation d’ici la fin janvier 2026. Les communications, en français ou en anglais, devront durer 20 minutes. Les textes issus des interventions seront recueillis en octobre 2026, et leur publication en ligne est envisagée pour le milieu de l’année 2027.       

Nous restons à votre disposition pour plus d’informations.

Au plaisir de vous rencontrer,

Comité d’organisation :

– Sylvie de Longueville, Agence wallonne du Patrimoine, sylvie.delongueville@awap.be

– Sandrine Mouny, Université de Picardie, sandrine.mouny@u-picardie.fr

– Vaiana Vincent, Inrap, vaiana.vincent@inrap.fr

Crédits photographiques (de gauche à droite) : UASD, C. Vrilet-Delhaye, INRAP, L. Venries, SMB, L. Miellé, MUDO, INRAP, L. Petit.

Medieval painted pottery conference

5th June 2026 – Namur (Belgium)

Medieval painted ceramics from Northern Europe are characterised by light-coloured vessels, ranging from white to pink or even orange, with shades of light grey and brown. Their surfaces are adorned with iron-rich slip decoration applied with a brush or finger, most often taking the form of commas, crossed or parallel lines that are vertical or sinuous, in shades of orange, red and brown. Together, these features give these pieces a very distinctive visual identity, combining simple vessels with a contrasting, and sometimes vivid, ornamentation.

A first synthesis devoted to the painted wares was published in the late 1960s by J. Hurst. It was an initial step to provide a comprehensive overview, at the European level, of the differential chronology of these productions by country, their possible origins, the question of its resurgence (since this decorative technique was known in Gallo-Roman times), and interregional influences. The conclusions and reflections that emerged from this research encountered some dating issues and a lack of data, leading to disparities in the overall understanding of the subject. These various issues were re-examined in the 2010s by Ph. Husi, with extensive research on the Loire basin. He demonstrated that, through detailed and systematic analysis and exhaustive review of consumption sites, it is possible to refine the chronology and establish a typology of forms and decorations. On a larger scale, he identified five production regions: the middle and lower Rhine valley (with the Vorgebirge workshops), the upper Rhine valley (Alsace), northern France and Belgium (Meuse and Scheldt valleys), the Seine valley (Île-de-France and Upper Normandy) and finally central-western France, with the middle Loire valley and its main tributaries.

During the conference, particular attention will be given to the analysis of discovery contexts, as the accumulation of data and comparison with absolute dating methods have significantly refined the chronological framework. For example, the painted pottery produced in the Vorgebirge workshops (Badorf and Pingsdorf) appears no earlier than the last quarter of the 9th century and disappears in the early 13th century, replaced by stoneware production. The first painted ceramics from the Beauvaisis region date from between the 8th and 9th centuries, with production continuing until the early 15th century, as in the Ysieux valley. It would therefore be valuable to explore these initial data in greater depth and, above all, compare them with other production centres.

The development of preventive archaeology and various research programmes over the last thirty years has led to a significant renewal of data concerning medieval painted pottery. In this context, the research programme “TeR A POTS” (2024-2026), which is organising this conference, aims to compile an exhaustive inventory of pottery workshops in the Hauts-de-France region and Belgium, and has identified several centres of painted ceramic production. It is therefore worth considering these productions from various angles: the characteristics of each workshop, the properties of the exploited clays, the types of vessels produced, and the specific features of the decorations. These questions concern the geographical areas mentioned above and will invite reflection on the different dynamics of appropriation, circulation and abandonment of traditions, as well as the interplay between apparent standardisation and regional particularities in medieval Northern Europe.

This conference day is also welcomes presentations on consumption sites. Not only do they provide substantial complementary data, but they also allow us to address questions relating to areas of distribution and influence. This will undoubtedly provide a better understanding of the economic and cultural exchange networks.

If you’re interested in contributing to this conference, you are invited to submit an abstract before the 19th December 2025 (see e-mail addresses below). The abstract should include the first and last name of the participant, their institution, field of expertise/specialisation, the title of the presentation and an abstract of max. 500 words. Selected participants will receive confirmation by the end of January 2026. Presentations, in either French or English, should last 20 minutes. The written versions of the presentations will be collected in October 2026, and their online publication is planned for mid-2027.

Please do not hesitate to contact us for further information.

We look forward to meeting you.

Organising Committee:

– Sylvie de Longueville, Agence wallonne du Patrimoine, sylvie.delongueville@awap.be

– Sandrine Mouny, Université de Picardie, sandrine.mouny@u-picardie.fr

– Vaiana Vincent, Inrap, vaiana.vincent@inrap.fr

Photo credits (left to right) : UASD, C. Vrilet-Delhaye, INRAP, L. Venries, SMB, L. Miellé, MUDO, INRAP, L. Petit.

Translation :  Marisa Pirson, AWAP

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