Bourse – Bourses de l’École française de Rome – sélection pour le premier semestre 2026

Date limite de candidature : 30 septembre 2025 à 12 h (heure de Rome)

Bourses de l’École française de Rome en histoire, archéologie et sciences sociales

L’École française de Rome propose chaque année année un dispositif de bourses mensuelles destiné à assurer l’accueil temporaire de jeunes chercheurs dont les travaux nécessitent un séjour en Italie.


Ces bourses ont pour mission principale d’accompagner les jeunes chercheurs afin de leur permettre de mener à bien leurs travaux dans de bonnes conditions et de compléter leur formation à la recherche.

Deux dispositifs sont proposés :

  • Des bourses sont ouvertes à des doctorantes et des doctorants : elles sont destinées à soutenir leurs recherches, en priorité au cours des premières années de thèse ;
  • Des bourses dites « sénior » s’adressent aux titulaires d’un doctorat des pays du Maghreb et des pays du Sud-Est européen proches de la mer Adriatique.

Les domaines concernés par cet appel à candidature sont les suivants : l’histoire, l’archéologie, la géographie, l’urbanisme, la sociologie, l’anthropologie, le droit, l’histoire de l’art, les lettres, la philosophie et plus généralement les sciences humaines et sociales.

Pour un séjour de bourse au premier semestre 2026, la réception des dossiers de candidature est ouverte. Les dossiers seront à envoyer via la plateforme en ligne jusqu’au 30 septembre 2025 à 12 h (heure de Rome).

Source : École française de Rome

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Bourse – Résidence scientifique pour jeunes chercheurs (École française de Rome)

Périodes Préhistoire, Antiquité, Moyen Âge, Époque moderne, Époque contemporaine

Date limite d’envoi des dossiers 30-09-25

Date de prise de fonction 01-11-25

L’Unione internazionale degli Istituti di Archeologia Storia e Storia dell’Arte in Roma propose un programme de résidence coordonné par l’EFR pour de jeunes chercheurs ou des maîtres de conférences des université françaises.


L’Unione internazionale degli istituti di archeologia, storia e storia dell’arte in Roma réunit 38 instituts (10 italiens et 28 non italiens dont 2 internationaux). Créés par les pays qu’ils représentent à Rome, les instituts non italiens promeuvent les relations culturelles et scientifiques que leurs pays entretiennent avec l’Italie. Ils ont aussi une mission commune : l’étude de l’histoire et de l’expression de la culture européenne dans la ville qui, plus que toute autre, a joué un rôle fondamental dans sa formation et sa diffusion.

À cette fin, chaque institution étrangère dispose d’équipements scientifiques et documentaires mis en place par son pays sur le territoire romain. En partenariat avec les universités, les musées et d’autres structures scientifiques et culturelles locales, chaque institution propose à la communauté internationale à Rome un riche programme d’activités scientifiques. Ces instituts contribuent aussi à la formation des jeunes générations en leur ouvrant les portes des archives, bibliothèques et musées de Rome et de l’Italie, et en les immergeant dans un environnement scientifique et culturel international unique en Europe.
Les pays représentés dans l’Unione internazionale sont les suivants : Allemagne, Autriche, Belgique, Cité du Vatican, Danemark, Espagne, États-Unis, Finlande, France, Hongrie, Italie, Norvège, Pays-Bas, Pologne, Roumanie, Royaume-Uni, Slovaquie, Suède, Suisse, Tchéquie.

Sous la conduite de l’École française de Rome, l’Unione internazionale degli istituti di archeologia, storia e storia dell’arte in Roma lance un appel à candidatures pour une résidence scientifique de 12 mois, 9 mois ou 6 mois à Rome. Cette résidence se fera auprès de l’EFR et d’au moins deux des autres instituts membres de l’Unione, afin de développer les collaborations scientifiques entre ces instituts.

Ce programme vise à favoriser le développement de projets de recherche à dimension européenne, portés par des chercheurs en début de carrière, et susceptibles de déboucher sur des candidatures à des financements européens (MSCA, ERC Starting Grant, etc.). Il s’inscrit dans une dynamique de coopération renforcée entre les instituts membres de l’Unione internazionale, dans une perspective résolument internationale.


À qui s’adresse cet appel à candidature ?


1. Jeunes chercheurs, titulaires d’un doctorat d’un établissement français, dont la soutenance s’est tenue entre le 1er janvier 2019 et le 31 août 2025. 
La résidence de 9 mois est assurée par un contrat à durée déterminée de droit privé italien.
1er novembre 2025-31 juillet 2026.
Rémunération : 2 500 € bruts mensuels.
Employeur : École française de Rome, Rome (Italie)
Non cumulable avec un autre emploi.


2. Maître de conférences des universités françaises, nommé à partir du 1er septembre 2020.
Résidence de 6 à 12 mois, à effectuer entre le 1er novembre 2025 et le 31 décembre 2026.
Modalités : prise en charge du logement, soit par l’attribution d’un hébergement au sein d’une des résidences des instituts de l’Unione internazionale, soit par le versement d’indemnités de nuitées correspondant environ à 2 000 € pour un mois ; prise en charge d’un voyage aller/retour du lieu du domicile à Rome. Le cas échéant, en accord avec l’université de rattachement, il sera envisageable de mettre en place une délégation (un semestre ou une année) de l’enseignant-chercheur concerné.

→  Date limite de candidature : 30 septembre 2025, à 12 heures (heure de Rome)

  • Pour télécharger l’appel à candidature, cliquer ici
  • Pour télécharger le formulaire de dépôt de candidature, cliquer ici.

Source : École française de Rome

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Base de données – Datenbank der Mitarbeiter und Mitarbeiterinnen der MGH seit ihrer Gründung 1819

Accès : ici

Dem Bayerischen Archivgesetz entsprechend, sind persönliche Daten ausschließlich von Mitarbeiterinnen und Mitarbeitern aufgenommen, deren Todesjahr mehr als 10 Jahre zurückliegt (BayArchivG Art. 10 Abs. 3). Mitarbeitende, für die das nicht zutrifft, werden mit ihren MGH-Veröffentlichungen aufgeführt.

Die in dieser Datenbank veröffentlichten Daten von freien – im 19. und 20. Jahrhundert war das der überwiegende Teil – sowie fest angestellten Mitarbeiterinnen und Mitarbeitern der MGH wurden nach bestem Wissen auf der Grundlage von MGH-Jahresberichten und Archivalien, Nachrufen, Publikationen, Professorenkatalogen, NDB, ADB, ÖBL u. ä. recherchiert. Der Fokus der Datenbank liegt auf der Dokumentation der wissenschaftlichen Mitarbeit für die MGH, insbesondere der Beteiligung an den Editionen der MGH. Die biografischen Daten erheben keinerlei Anspruch auf Vollständigkeit, sondern sollen einen groben Überblick bieten. Korrekturen und Ergänzungen sind willkommen (per Mail an annette.marquard-mois@mgh.de).

Zur weiteren Nutzung finden Sie hier die zu den Datensätzen gehörende GND-Beacon-Datei.

Source : Monumenta Germaniae Historica

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Publication – Arnaud Fossier, « Les cathares, ennemis de l’intérieur »

Des hérétiques les plus célèbres du Moyen Âge, il ne reste rien, sauf les châteaux qu’on leur attribue à tort. Nous ne les connaissons qu’au travers de ce qu’en ont dit leurs détracteurs et leurs persécuteurs. Si ces écrits ne nous donnent aucun accès direct à la parole des cathares, ils révèlent en revanche une construction savante de l’ennemi, mise au service de la propagande pontificale et d’une croisade intérieure perpétuellement renouvelée. Car les cathares ont bel et bien été combattus avec âpreté par l’Église, parfois en collaboration avec les appareils d’État monarchiques, qui en firent un banc d’essai de leur souveraineté.

Huit siècles aujourd’hui nous séparent de ces dissidents à qui l’on a longtemps prêté une religion ancienne venue d’Orient, mais qui, en réalité, supportaient de plus en plus mal le joug d’une Église toute-puissante et corrompue. Huit siècles de mythes, de falsifications, de récupérations que ce livre déjoue pour mieux rendre justice à ces milliers d’hommes et de femmes qui, du côté de Milan, Lyon, Toulouse ou Cologne, se trouvèrent pris dans les mailles du filet de l’Église et de l’État.

Arnaud Fossier est historien médiéviste, il enseigne à l’université de Bourgogne. Ses recherches portent sur l’Église et la religion au Moyen Âge.

Arnaud Fossier, Les cathares, ennemis de l’intérieur, Paris, La Fabrique Éditions, 2025 ; 1 vol., 230 p. ISBN : 978-2-35872-304-6. Prix : € 15,00.

Source : La Fabrique Éditions

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Offre d’emploi – John W. Baldwin Post-Doctoral Fellowship

Application Deadline: November 3, 2025

The UCLA CMRS Center for Early Global Studies is pleased to announce a John W. Baldwin Post-Doctoral Fellowship for a recent Ph.D. whose work focuses on European medieval studies within the global comparative context. The position is for a maximum of 2 years, beginning July 1, 2026. To be eligible for consideration, applicants must have received their Ph.D. between September 1, 2019, and June 30, 2025.

The Post-Doctoral Fellow will be a scholar whose research aligns with the goals of the study of “Europe in the world” and who has demonstrated evidence of innovative methodologies. A successful applicant may be working in a discipline or between disciplines in the European Middle Ages but should engage Europe in the world at micro and macro levels. We understand the European Middle Ages to include the period from the 3rd to the start of the 17th century, and where the 16th century is studied in continuity with the late medieval period. Mirroring the work of John W. Baldwin, for whom the postdoctoral fellowship is named, a successful applicant will conceive of Europe within a broader global context and be conversant across disciplines.

The Fellow will join the vibrant research and academic communities within the CMRS Center for Early Global Studies, with scholars working on all facets of early Global studies. He/she/they will have the following responsibilities and opportunities: develop their research agenda while participating regularly in CMRS-CEGS academic events; work collaboratively with a diverse group of scholars, graduate students, and other postdoctoral fellows; help to conceive the Center’s programming (including public-facing programming). He/she/they will have the opportunity to prepare one scholarly event (workshop or small symposium) hosted by CMRS-CEGS in the second year.

Named to honor the legacy of the esteemed historian JOHN W. BALDWIN, this postdoctoral fellowship is made possible by a gift from Arcadia, a charitable fund that works to protect nature, preserve cultural heritage, and promote open access to knowledge.

We are seeking to interview candidates with a demonstrable commitment to underrepresented and underserved populations and epistemologies, and with an enthusiasm for building ties across fields within the university. The appointment (which includes benefits) will be for 24 months. Salary will follow university standards for post-doctoral scholars and will reflect the applicant’s experience. Fellows are expected to be in residence for the duration of the fellowship period and to maintain active research and publication programs.

Apply now: https://recruit.apo.ucla.edu/JPF10513

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Appel à contribution – In & Out of Time. Mystics and Holy Persons Engaging with Time

Organised by the Mysticism & Lived Experience Network

The M&LEN is seeking papers for a series of sessions that will explore the complex and layered engagement of medieval mystics and holy persons with time. Far from adhering to a single temporal framework, these figures moved fluidly between past, present, and future; between cyclical liturgical
rhythms and the linearity of sacred history; between the clock-bound hours of the Church and the timelessness of union with the divine. Mystical experience frequently defied or suspended ordinary time perception, enabling saints to inhabit what Richard Kieckhefer has called transtemporality—a state in which historical and eternal time intersected.

In mystical encounters, Christ may appear in a specific moment of the mystic’s present while bearing the marks of the Passion or Nativity, thus
merging divine timelessness with human history.

We invite papers that examine how medieval holy persons—whether visionaries, anchorites, prophets—understood, narrated, negotiated between, or embodied diverse modes of time. We are especially interested in how mystical or hagiographical texts reflect simultaneous and often contending temporalities: visionary retrojection to the time of Christ’s life; prophetic anticipation of the Last Judgment; ecstatic union with an atemporal God, or the multitemporal experience of the anchorhold.

We welcome papers on subjects including, but not limited to:

  • The transhistorical nature of mysticism
  • Transtemporality and mystical union
  • The use of linear and cyclical time in mystical writing
  • Anchoritism and enclosure as a mode of temporal dislocation
  • The temporality of relics and their power to transcend time
  • Mysticism and queer or non-normative temporalities
  • Liturgical time as a spiritual framework for mystical experience
  • Tensions between earthly time and divine timelessness
  • Memory, commemoration, and the making of sacred history
  • (Dis)Engagement with current social, historical, and political conditions and crisis
  • Childhood, maturity, and old age in mystical and hagiographical texts

We seek proposals for 15-20-minute papers, exploring these subjects from any discipline, region and medieval period. Please submit abstracts of up to 300 words along with a short bio to Einat Klafter and Philip Liston-Kraft at lifeandmystics@gmail.com by Monday, 22 September 2025.

Source : Mystical Theology Network

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Appel à contribution – Poesis et ars historica au Moyen Âge et à la Renaissance, en France et en Italie

Colloque CESR – Tours – 4-5 juin 2026

Nous nous proposons de mettre en regard la manière dont la poésie et l’histoire affirment leur autonomie respective au Moyen-Âge et à la Renaissance (jusqu’au XVIe siècle inclus), notamment quand elles dialoguent ou s’opposent. Les deux aires concernées sont la France et l’Italie. Après un premier colloque en France, à Tours, les 4 et 5 juin 2026, nous comptons organiser un deuxième colloque à Modène en 2027.

Les propositions de communication entreront pleinement dans le sujet lorsqu’elles se pencheront sur le domaine italien et le domaine français à la fois, ou quand elles articuleront la théorie de la poésie et la théorie de l’histoire. Mais elles peuvent aussi ne porter que sur une seule aire (France ou Italie), et ne concerner que la littérature, ou que l’histoire. Dans ce dernier cas, cependant, il importe que l’aspect théorique soit central : l’étude d’un corpus littéraire doit s’accompagner d’une réflexion sur l’ars poetica (en s’appuyant si possible sur les déclarations explicites des auteurs), tout comme l’analyse d’un corpus historiographique devra s’accompagner d’une réflexion sur l’ars historica.

Les textes en latin ou en grec pourront être étudiés aussi bien que ceux en langue vernaculaire, mais les citations en latin ou en grec devront être traduites. Les communications se feront en français, à l’exception de quelques-unes, qui pourraient se faire en italien. En effet, les communications en italien pourront être réservées au colloque de 2027.

Propositions (modalités)

Les propositions de communications (400 mots maximum), accompagnées d’une brève présentation de l’auteur (300 mots maximum) et d’une liste de publications et de communications (20 références maximum), doivent être envoyées au plus tard le samedi 11 octobre 2025.

Elles seront adressées à :

-Etienne Boillet, université de Poitiers, FoReLLIS (en délégation au CESR) – etienne.boillet@univ-poitiers.fr
-Soizic Escurignan, université de Poitiers, CESCM – soizic.escurignan@univ-poitiers.fr
-Sabrina Ferrara, université de Tours, CESR – sabrina.ferrara@univ-tours.fr
-Elisabetta Menetti, université de Modène – elisabetta.menetti@unimore.it 

On indiquera :

Langue(s) possible(s) :
Langue de préférence : 

Comité scientifique

  • Etienne Boillet, université de Poitiers
    – Soizic Escurignan, université de Poitiers
    – Luca Gatti, université de Pavie
    – Sabrina Ferrara, université de Tours
    – Francis Gingras, université de Montréal
    – Elisabetta Menetti, université de Modène
    – Matteo Residori, université de Paris Sorbonne-Nouvelle.

Pistes de réflexion

Au Bas Moyen-Âge, la poésie doit faire face aux accusations de mensonge que lui ont adressées les Pères de l’Eglise, puis qu’ont relayées les poètes chrétiens de la fin de l’Antiquité ou du Haut Moyen-Âge (Deproost, 1998), et dont témoigne encore l’illustration emblématique du Jardin des Délices d’Herrade de Landsberg (Stella, 2011). Cependant, dans le même temps, les grands poètes classiques – Homère, Virgile, Ovide… – n’ont pas cessé d’être admirés et leur étude, par le biais de la grammaire et de la rhétorique, est restée au cœur de la culture des lettrés (Curtius [1948] ; Deproost, 1998). Se rattachant à cette tradition valorisant la poésie, Dante, Pétrarque et Boccace exaltent les grands écrivains de l’Antiquité tout en incarnant une gloire qui n’est plus réservée aux seuls auteurs antiques, tandis qu’apparaissent des éloges de la poésie (chez Dante, Pétrarque, Albertino da Mussato ou Boccace) reposant, d’une part, sur l’idée de figuration allégorique, et, d’autre part, sur l’image du poète saisi d’une inspiration divine – ainsi, au XVe siècle, le furor est-il exalté dans le néoplatonisme ficiniste (Garin, 1970 ; Mariani Zini, 2014). Mais ne constate-t-on pas un décalage entre cette poétique et le réalisme (ce qu’Auerbach subsume sous le nom de mimesis) d’œuvres comme les nouvelles de Boccace ou comme les fabliaux (Gingras, 2018) ? En outre, est-ce seulement la littérature (la « poésie »), ou bien aussi, plus spécifiquement, la fiction, qui se voit définie (Menetti, 2010) ?

En parallèle de cette légitimation d’une littérature en langue vernaculaire conquérant son autonomie à partir du XIVe siècle surtout, le champ de l’historiographie se définit aussi au contact des autres disciplines, comme le montre Bernard Guenée (1970), en nous invitant à rejeter la vision d’un Moyen-Âge dépourvu de « culture historique ». Sans constituer l’un des arts libéraux, l’histoire, comme la poésie, se fait une place à l’université par le biais de la transmission des auteurs antiques dans les cours de grammaire et de rhétorique. S’adaptant aux exigences morales du christianisme, auquel elle offre un répertoire d’exemples de vertus et de vices, la discipline historique dialogue avec la théologie dès les premiers siècles du Haut Moyen-Âge, par exemple chez Cassiodore au VIe siècle, sous la forme d’une histoire universelle trouvant ses origines dans la Bible et son prolongement dans la prophétie. Evoluant ainsi au contact de la théologie, du droit, de la science politique, l’histoire poursuit son chemin vers l’autonomie. Dans le sillage de Pétrarque, il s’affirme une historiographie humaniste qui entend aussi s’appuyer sur l’exemple antique pour mettre à l’honneur les contemporains : aux XIVe et XVe siècles, le récit de l’histoire récente est porté par la conscience de vivre un nouvel âge digne d’être célébré (Gilli, 2016).

Mais cette nouveauté consacre bien un modèle hérité des Anciens : l’historiographie humaniste, loin d’opérer une révolution épistémologique, est une histoire rhétorique qui se distingue des Annales et qui suit les préceptes de Quintilien et surtout de Cicéron (ou de la Rhétorique à Herennius ; Regoliosi, 1991). Outre sa fonction laudative répondant aux attentes des commanditaires, sa raison d’être est son utilité morale fondée sur les exemples des actions et des discours mémorables, en accord avec les valeurs chrétiennes. Ces éléments nouveaux (la conscience historique humaniste) et traditionnels (le modèle rhétorique d’une histoire opus oratorium et magistra vitae) sont déjà présents dans les écrits historiques de Pétrarque, notamment le De viris illustribus. Comme le remarque Patrick Gilli, dans le discours de son couronnement au Capitole, l’auteur se définit d’ailleurs comme historicus et poeta, ce qui illustre le rapprochement de deux disciplines partageant un rapport semblable à la rhétorique.

Jusqu’à quel point ce rapprochement entre histoire et poésie permet-il une véritable distinction ? Certes, Cicéron, comme plus tard Lucien de Samosate, fait de la vérité le critère distinctif de l’histoire. A l’orée de son dialogue De legibus, on lit ainsi que l’histoire et la poésie n’obéissent pas aux mêmes règles (Manzoni s’en souvient, citant ces mots en exergue de son essai sur le roman historique). Mais dans ce bref échange où l’histoire se définit par sa véridicité, en opposition à la poésie, il est également dit qu’Hérodote et Thucydide ont dit bien des faussetés… On se rappelle aussi qu’à l’inverse, bien des siècles auparavant, au début de la Théogonie, les Muses d’Hésiode disent qu’elles savent non seulement bien mentir mais aussi, parfois, dire la vérité.

Au Bas Moyen Âge, dans la période précédant l’humanisme, cette double appartenance de certains textes au registre poétique et historique est un phénomène que l’on observe dans divers romans versifiés, et notamment dans le groupe composé par le Roman de Thèbes, le Roman de Troie, le Roman d’Énéas et le Roman de Brut, écrits entre 1150 et 1170, dans un milieu lié à la cour d’Henri II Plantagenêt et d’Aliénor d’Aquitaine. Fondés sur des sources antiques considérées comme historiques, ces récits reconstruisent une généalogie mythique de l’Europe remontant à Œdipe ou aux héros de Troie, notamment à Brutus le Troyen, présenté comme ancêtre des rois d’Angleterre. Combinant tradition et invention, ils anticipent les futures épopées italiennes et françaises du XVIe s. (telle que l’inachevée Franciade de Ronsard), participant d’une forme de roman historique avant la lettre, où fiction, mémoire politique et légitimation dynastique s’entrelacent.

Dans la période où s’affirme l’humanisme, les lettrés héritent de l’idée antique que l’histoire ne dit pas simplement que le vrai, et la poésie que le faux, tandis que perdure cette incertitude sur le statut de certains récits. Par ailleurs, l’étude de l’ars historica humaniste se heurte à une limite : aucun des principaux modèles antiques n’est constitué par un traité organique, et les humanistes non plus n’en ont pas écrit (Regoliosi, 1991), aux XIVe et XVe siècles. On trouve cependant divers textes sur le sujet, tels que la lettre de Guarino de Vérone à son élève Tobia Del Borgo, où Mariangela Regoliosi voit l’influence du De historia conscribenda, traduction latine de l’essai Comment écrire l’histoire du Grec Lucien de Samosate, le seul livre antique entièrement consacré à la méthode de l’historien. La réception de ce texte constitue encore une piste d’étude à explorer. Plus tard, l’Actius de Giovanni Pontano (paru en 1507, quatre ans après la mort de l’auteur) contient des éléments de réflexion sur l’écriture de l’histoire, ou plutôt une véritable poétique du récit historiographique : s’appuyant sur Quintilien (« [Historia e]st enim proxima poetis, et quodam modo carmen solutum »), Pontano compare l’histoire à de la poésie en prose (Monti Saba, 1995 ; Deramaix, 2016). Ceux, parmi les lettrés du Quattrocento, qui tiennent le plus l’histoire en haute estime, soutiennent ainsi sa valeur littéraire, mais aussi sa supériorité gnoséologique, comme le fait Lorenzo Valla (Garin, 1970 ; Gilli, 2016).

Enfin, le XVIe est un siècle de rupture pour le sujet qui nous occupe. Du côté de l’histoire, dans le sillage des écrits historiques de Machiavel et de Guichardin (Fournel et Zancarini, 2012 ; Fournel, 2020), et peu après le Dialogo della historia (1542) de Sperone Speroni, le traité de Francesco Robortello (par ailleurs traducteur de la Poétique), De historica facultate (1548), inaugure une vogue des traités modernes en langue vernaculaire sur l’histoire, en Italie comme en France, aux XVIe et XVIIe siècles (Claire, 2015). Comment se reconfigure alors la place du traité de Lucien par rapport à Cicéron et aux autres sources du discours métahistorique ? Comment la réflexion sur l’historiographie se nourrit des récentes pratiques humanistes de l’histoire ? Et quel dialogue se noue avec les œuvres fictionnelles ?

Mais c’est en matière de poétique que se met en place un véritable changement de paradigme. On sait l’influence majeure qu’a exercée la Poétique d’Aristote sur la manière dont on pense que la fiction, a priori dépréciée par la condamnation platonicienne de la mimesis, est capable d’exprimer une certaine vérité (Schaeffer, 1999 ; Guastini, 2003). Le célèbre incipit du chapitre IX dispose même les éléments permettant de soutenir que la poésie expose une forme supérieure de vérité par rapport à l’histoire. Cependant, cette influence ne s’exerce vraiment qu’après la nouvelle traduction latine de Giorgio Valla 1498, et surtout après les nombreuses traductions et les commentaires qui, se succédant dans l’Italie du XVIe siècle (Duprat, 2007 ; Zanin, 2012), formeront le terreau propice aux réflexions de Torquato Tasso dans ses Discours (Graziani, 1997 ; Girardi, 2023). Comment s’articule la théorie aristotélicienne du poème épique comme représentation vraisemblable avec les éloges précédents de la poésie ? Jusqu’à quel point la supériorité de la vérité poétique, par rapport à la vérité de l’historien, est-elle revendiquée ? Et comment évolue le dialogue entre la théorie de l’histoire et cette nouvelle théorie de la fiction ?

Source : Fabula

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Offre d’emploi – Postdoctoral Research Associate (13th-14th century focus): Inclusive Histories

Location : Egham
Salary : £40,839 to £48,003 per annum – including London Allowance. Fixed Term
Post Type : Full Time
Hours per Week : 35
Weeks per Year : 52
Closing Date : 23.59 hours BST on Monday 01 September 2025
Reference : 0725-158

Right to work: Applications from job seekers who require sponsorship to work in the UK are welcome and will be considered alongside all other applications. For further information visit the UK Visas and Immigration website

Full-time, Fixed Term (12 months)

Applications are invited for the post of Postdoctoral Research Associate in the School of Humanities.

Inclusive Histories is a collaborative research and schools engagement project aiming to support the more inclusive teaching of British political history as set out in the AQA Thematic GCSE specification, Britain: Power and the People: c1170 to the present day. As Research Associate you will play a key role in researching stories in the struggle for rights and representation that foreground the voice, experience and agency of traditionally marginalised groups. This includes, but is not limited to, stories relating to members of the global majority, LGBTQIA+ people, working class people, women and disabled people, as well as those with intersecting identities. Your focus will be the following Power and the People topics: King John and Magna Carta, Simon de Montfort and the origins of Parliament, and the Peasants’ Revolt. This research will be undertaken at The London Archives and at other major archives in London where you will be based for up to four days per week. This role includes a travel costs allowance of up to £1,000. 

You will have an interest in Equality, Diversity, and Inclusion in research and teaching settings, including participatory research; excellent organisational skills; experience or a demonstrable aptitude for writing for non-academic audiences; and the ability to work on your own initiative and to act pro-actively. You will also be confident in the use of Microsoft Word and Teams, meeting targets, and with hybrid working. Experience of having conducted archival research with 13th and 14th century collections is essential. This experience need not have been gained in a university role. Comparable experience gained in the heritage, secondary education or other settings is also welcome. 

In return we offer a highly competitive rewards and benefits package including:

  • Generous annual leave entitlement 
  • Training and Development opportunities 
  • Pension Scheme with generous employer contribution 
  • Various schemes including Cycle to Work, Season Ticket Loans and help with the cost of Eyesight testing. 
  • Free parking at our Egham campus

The post is based in Egham, Surrey where the University is situated in a beautiful, leafy campus near to Windsor Great Park and within commuting distance from London.

Candidates are welcome to submit a standard or narrative CV (see this guide from the Royal Society) and shortlisted candidates will receive the interview questions in advance.

For an informal discussion about the post, please contact Claire Kennan at claire.kennan@rhul.ac.uk

For queries on the application process the Human Resources Department can be contacted by email at: recruitment@rhul.ac.uk 

Please quote the reference: 0725-158

Closing Date:   23:59, 1 September 2025 

Interview Date: 6 and 7 October 2025

Source : Royal Holloway – University of London

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Colloque – Burg und Konflikt in Mittelalter und Neuzeit

Burgen stehen wie kaum ein anderer Bautypus für Macht – und für Konflikt. Die Tagung in Tübingenwidmet sich ihrer Rolle in kriegerischen Auseinandersetzungen vom Mittelalter bis in die Gegenwart: als militärische Stützpunkte, Symbole von Herrschaft oder Ziel intentioneller Zerstörung. Im Fokus stehen bekannte Konflikte – etwa die Belagerung der Burg Hohentübingen (1078), der Städtekrieg (1377) oder der Bauernkrieg von 1525, dessen 500. Jahrestag einen zentralen Schwerpunkt bildet. Dabei wird auch der Blick auf frühere und internationale bäuerliche Erhebungen wie die Bundschuhbewegung oder den Aufstand in Tirol (1526) gerichtet. Neben historischen Perspektiven stehen auch aktuelle Fragen im Mittelpunkt: Wer trägt Verantwortung für Erhalt, Sanierung und Vermittlung? Welche Interessen und Konflikte treffen beim Umgang mit Burgen heute aufeinander – zwischen Denkmalschutz, öffentlicher Nutzung und touristischem Anspruch? Die Tagung bringt Fachleute aus Geschichte, Archäologie und Bauforschung und zusammen – und bietet Raum für neue Perspektiven auf Burgen als Orte der Auseinandersetzung, damals wie heute.

Donnerstag, 30. Oktober 2025

12:30 – 13:00 Uhr
Ankunft & Anmeldung

13:00 – 13:30 Uhr
Begrüßung und Einführung
Die Veranstalter

13:30 – 14:15 Uhr
Burgen als Spiegel von Konflikten – Dargestellt am Beispiel der Warthauser Burgen
Stefan Uhl

14:15 – 15:00 Uhr
Burg und Konflikt aus archäologisch-historischer Perspektive. Aktuelle Tübinger Forschungen
Michael Kienzle

15:00 – 15:45 Uhr
Belagerungen und verhinderter Burgenbau zwischen Oberrhein, Hochrhein und Baar
Heiko Wagner

Kaffeepause

16:00 – 16:45 Uhr
Burgbrechungen im Spätmittelalter am Oberen Neckar
Timm Radt

16:45 – 17:30 Uhr
Der Burgstall Hohengenkingen, Sonnenbühl (Landkreis Reutlingen). Heruntergekommener Adelssitz mit Konflikterfahrung sucht mediale Begleitung
Sören Frommer

Pause

18:00 – 19:00 Uhr
Eröffnung des Burgenforschungszentrums an der Universität Tübingen mit anschließendem Empfang
im Rittersaal auf Schloss Hohentübingen

Freitag, 31. Oktober 2025

9:00 – 9:45 Uhr
Die Reichsburg Cham – verloren, vergessen, neu im Fokus
Natascha Mehler, Adrian Brombach, Gabriele Raßhofer

9:45 – 10:30 Uhr
Wetzlar und Kalsmunt: neue archäologische Erkenntnisse zur Interaktion zwischen Reichsstadt und Reichsburg
Felix Teichner

Kaffeepause

10:45 – 11:30 Uhr
Hauenstein, eine Burg wird ans Licht gebracht
Harald Rosmanitz

11:30 – 12:15 Uhr
Ein königlicher Zug gegen „Raubburgen“ – Höhepunkt eines Konfliktes zwischen dem Mainzer Erzbischof Johann II. und König Ruprecht im Jahr 1405
Lina Schröder

12:15 – 13:00 Uhr
«Rietpurg verbrent und gewüst» – Archäologische Nachweise für die Belagerung und Zerstörung der Riedburg bei Köniz (Kanton Bern)
Elias Flatscher, Tim Biber

Mittagspause

14:00 – 14:45 Uhr
Führung Schloss Hohentübingen
Christian Ottersbach

15:00 – 15:45 Uhr
1000 Jahre Cucagna. Konflikte um eine friulanische Burg und deren Zukunft
Holger Grönwald, Katharina von Stietencron, Roberto Raccanello

15:45 – 16:30 Uhr
Häuptlingskämpfe an der Nordseeküste. Interfamiliäre Konflikte und Befestigungsbau in agrarisch geprägten Landschaften der Frieslande während des Spätmittelalters
Thorsten Becker, Stefan Krabath, Sonja König

16:30 – 17:15 Uhr
Wiederentdeckt im Acker – die Niederungsburg von Sottrum, Landkreis Hildesheim
Sebastian Messal

Kaffeepause

17:30 – 18:15 Uhr
Burgen in der Hildesheimer Stiftsfehde (1519–1523): Wellenbrecher der Konfliktdynamik
Christian Karl Frey

18:15 – 19:00 Uhr
Sporen am Bundschuh. Niederadel, Burgen und der Bauernkrieg in Württemberg 1524/25
Jonas Froehlich

Samstag, 01. November 2025

9:00 – 9:45 Uhr
Belagert, beschossen, zur Festung ausgebaut – die Burgen des Erzbistums Salzburg zur Zeit des Salzburger Bauerkrieges von 1525/26
Tanja Kilzer

9:45 – 10:30 Uhr
Auseinandersetzungen um Burgen in Thüringen während des Bauernkriegs 1525 – eine Bestandsaufnahme
Thomas Bienert

Kaffeepause

10:45 – 11:30 Uhr
Die Wachtenburg an der Weinstraße und das Bauernlager 1525
Holger Grönwald

11:30 – 12:15 Uhr
Im Spannungsfeld zwischen herrschaftlichem Zugriff und bäuerlicher Selbstbestimmung?
Spätmittelalterliche Burgen in Nordfriesland und Dithmarschen
Jens Boye Volquartz

12:15 – 13:00 Uhr
Der Zeller Berg unter Beschuss.
Konfliktgeschichten an einer abgegangenen Burg- und Festungsanlage bei Kufstein (Tirol)
Florian Messner

Mittagspause

14:00 – 14:45 Uhr
Burgen als Asylorte in der ersten Hälfte des 16. Jahrhunderts
Ulrich Klein

14:45 – 15:30 Uhr
Symbole oder Stützpunkte der Macht? Die Burgen im Hegau im Dreißigjährigen Krieg
Roland Kessinger

15:30 – 16:15 Uhr
Projekt 3NGELSTEIN
Roland Filzwieser, Immo Trinks, Franz David Eschner

Kaffeepause

16:30 – 17:15 Uhr
Ein Konflikt mit dem preußischen König höchstselbst: Die Nutzungsmöglichkeiten der Burg Altena im frühen 19. Jh.
Lars Laurenz

17:15 – 18:00 Uhr
Burgen unterm Hakenkreuz – „… alles andere als echte wissenschaftliche Forschung“!
Jens Friedhoff

Sonntag, 02. November 2025

Optionale Tagesexkursion

09:00 Uhr
Abfahrt in Tübingen

09:30 – 10:15 Uhr
Schloss Gomaringen
Stefan Uhl

10:45 – 11:30 Uhr
Ruine Hohengenkingen (inkl. aktueller Grabung)
Sören Frommer

Mittagspause Festung Hohenneuffen

13:45 – 14:45 Uhr
Festung Hohenneuffen
Stefan Uhl, Christian Ottersbach, Roland Kessinger

Ca. 16 Uhr
Ankunft in Tübingen

Informations pratiques :

30. Oktober – 2. November 2025

Schloss Hohentübingen, Hörsaal Klassische Archäologie, Burgsteige 11, 72070 Tübingen

Anmeldung bis 10. Oktober 2025 über das folgende Anmeldeformular (docx)  und senden Sie es per E-Mail an sekretariat.ifgl@ifgl.uni-tuebingen.de oder per Post an die im Formular genannte Adresse.

Teilnahmegebühr (Tagungsgebühr):

Tagungsgebühr 50 €

Mitglieder der Universität Tübingen, MAB und DBV: 30 €.

Für Studierende ist der Besuch der Tagung kostenlos.

Der Unkostenbeitrag bei Teilnahme an der Tagesexkursion am 02.11.2025 beträgt 10 Euro.

Source : H-Soz-Kult

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Publication – Saint Bonaventure, « Commentaire sur l’Ecclésiaste », trad. Anne-Clotilde Meaudre-Bossenec

De saint Bonaventure, on connaît surtout les écrits théologiques ou les opuscules spirituels. Ses commentaires bibliques sont moins connus et n’ont jamais été traduits en français. Ils constituent pourtant une part importante de l’oeuvre du Docteur Séraphique, rédigée pendant la période de son enseignement à Paris, au Studium des Franciscains, de 1254 à 1257. Parmi eux, le Commentaire sur l’Ecclésiaste a fait l’admiration de nombre de ses contemporains.

En pleine crise universitaire des années 1250, les techniques scolastiques très pointues mises en oeuvre y sont un modèle pour les étudiants, les thèses développées une réponse aux attaques des maîtres séculiers de l’université parisienne, l’interprétation littérale et spirituelle de l’enseignement de Salomon une méditation pour qui recherche la Sagesse. La Parole divine y convoque la raison humaine, et philosophie – néoplatonicienne et aristotélicienne – et théologie – augustinienne et dionysienne – explorent l’Écriture sainte et le monde, à la suite de Hugues de Saint-Victor, pour y découvrir, au sein même de la vanité de toute créature, le don d’amour de Dieu à l’homme, et y construire la réponse de l’homme à Dieu.

Si son commentaire sur les livres des Sentences a préparé l’oeuvre exégétique de saint Bonaventure, bien des thèmes du Commentaire sur l’Ecclésiaste entrent en résonance avec l’Itinéraire de l’âme jusqu’en Dieu, la Triple Voie ou encore les Conférences sur l’Hexaëmeron. Ainsi ce commentaire, magistral dans les deux sens du terme, constitue-t-il une pièce maîtresse dans la compréhension de l’ensemble de l’oeuvre du saint Docteur, tout en pouvant également stimuler la réflexion actuelle.

Anne-Clotilde Meaudre-Bossennec est agrégée de Grammaire et docteur en Philosophie. Elle enseigne le grec, le latin et la philosophie au Studium de Versailles, et le latin des Pères de l’Église à la Faculté de Théologie d’Angers.

Introduction générale
L’exégèse du livre de l’Ecclésiaste au XIIIe siècle
1. Avant le commentaire de saint Bonaventure
2. Après le commentaire de saint Bonaventure
Le Commentaire sur l’Ecclésiaste de saint Bonaventure
1. Lectio : La structure du commentaire .
1.1. Le Prologue (Prooemium)
1.2. Un commentaire continu sous forme de lectio
1.3. Les microstructures
1.3.1. L’utilisation de la Glossa
1.3.2. La nota
1.3.3. La distinctio
2. Les sources explicites de saint Bonaventure
2.1. Les sources théologiques
2.1.1. Les Pères de l’Église
2.1.2. Les auteurs du Moyen-Âge
2.2. Les sources philosophiques
2.2.1. Les auteurs profanes
2.2.2. Boèce
2.2.3. Avicenne
3. Littera : Les techniques d’analyse textuelle
3.1. Aliae translationes
3.2. Grammaire et linguistique
3.3. Vocabulaire
3.4. Rhétorique .
4. Sensus : La divisio textus
4.1. Une division très subtile
4.2. Dans un schéma concentrique
4.3. L’équilibre des trois parties du tractatus
5. Sententia : Quaestiones et schémas argumentatifs
5.1. La forme de la quaestio
5.2. Les schémas récurrents
5.2.1. Premier schéma dialectique
5.2.2. Second schéma dialectique
5.2.3. Le syllogisme
6. Spiritualiter : Les procédures de l’exégèse spirituelle
6.1. L’interpretatio nominum
6.2. L’exégèse des res
6.3. La concordance de versets
7. La « croix intelligible », forme de l’Écriture et de l’exégèse
7.1. La Largeur de la sainte Écriture
7.2. La Longueur de la sainte Écriture
7.3. La Hauteur de la sainte Écriture
7.4. La Profondeur de la sainte Écriture
7.5. Les deux corps des bons et des méchants
Conclusion : la philosophie comme gage d’intelligibilité
Note sur le texte latin
Texte et traduction

Annexe 1. Table des 89 questions
Annexe 2. Principaux commentaires sur le Livre de l’Ecclésiaste du IVe au XIVe siècle
Bibliographie
Index Librorum Biblicorum
Index Auctorum
Index Nominum et Rerum

Saint Bonaventure, Commentaire sur l’Ecclésiaste, trad. Anne-Clotilde Meaudre-Bossenec, Paris, Les Belles Lettres, 2025 ; 1 vol., 832 p. (Bibliothèque scolastique, 21). ISBN : 978-2-25145-717-8. Prix : € 89,00.

Source : Les Belles Lettres

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