The burgeoning field of Mediterranean Studies, which favors intersectionality over compartmentalisation, has resulted in fresh ways of understanding pre-modern interreligious relationships. This volume will introduce advanced students and non-specialists to various historical interactions between Christians, Jews, and Muslims within the frame of the “sea at the centre”. Its chronological range is the long central Middle Ages (1000 to 1600 CE), and includes most Mediterranean regions: Iberia, North Africa, the Levant, Asia Minor, the Balkans, Italy, Provence, and the sea itself.
Jessalyn L. Bird, D.Phil. (Oxford), is associate professor of Humanistic Studies at Saint Mary’s College, Notre Dame, IN. She has published widely on the crusades, Paris masters, social and legal reforms, and heresy. Her latest book is a co-edited volume, Crusades and Nature: Natural and Supernatural Environments in the Middle Ages (Palgrave Macmillan, 2024).
Rita George-Tvrtković, PhD (Notre Dame), is professor of theology at the University of St. Mary of the Lake in Illinois, where she studies medieval Christian-Muslim relations and modern interreligious dialogue. She is author of A Christian Pilgrim in Medieval Iraq: Riccoldo da Montecroce’s Encounter with Islam (Brepols, 2013).
Christians, Jews, and Muslims in the Medieval Mediterranean, éd. Jessalyn L. Bird, Rita George-Tvrtković, Boston–Leyde, Brill, 2025 ; 1 vol., XVI–467 p. (Brill’s Companions to the Christian Tradition, 110). ISBN : 978-90-04-31051-3. Prix : € 180,00.
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Colloque Graphè « Moïse » organisé par Jean-Marc Vercruysse Textes et Cultures en partenanrait avec l’IEFR Jeudi 19 et vendredi 20 mars 2026 Université d’Artois, Amphi Sys Bâtiment K Arras
Programme :
Jeudi 19 mars 2026
matin
présidence de séance : J.-Marc Vercruysse
9h : Accueil des participants
9h 30 : Introduction par Jean-Marc VERCRUYSSE, revue Graphè
10h : Jacob ROGOZINSKI (Université de Strasbourg) – « Moïse » ou l’homme sans nom. Genèse et signification d’un contre-récit
11h : pause
11h 15 : Simon BUTTICAZ (Université de Lausanne) – De l’Égypte de Pharaon à la montagne de la transfiguration : itinéraires mosaïques dans le Nouveau Testament
après-midi
présidence de séance : Laurence Olivier-Messonnier
14h : Philippe MOLAC (Institut Protestant de Théologie) – Métamorphose ou anamorphose dans la relecture du récit du buisson ardent dans la Vie de Moïse de Grégoire de Nysse
14h 45 : Marie-Anne VANNIER (Université de Lorraine, I.U.F.) – Lecture augustinienne de la figure de Moïse
15h 30 : pause
15h 45 : Mireille DEMAULES (Université d’Artois) – Le prophète et les idéologues : la figure de Moïse dans deux songes politiques du Moyen Âge flamboyant
16h 30 :Thierry AMALOU (Université d’Artois) – Législateur ou prophète ? La figure de Moïse dans l’imaginaire catholique des guerres de religion
Vendredi 20 mars 2026
matin
présidence de séance : Daniel Warzecha
9h : Brigitte BUFFARD-MORET (Université d’Artois) – Moïse au prisme des poètes romantiques
9h 45 :Pierre-Emmanuel MOOG (Bibliothèque Nationale de France) – De la difficulté de représenter Moïse : le choix de Gustave Doré
10h 30 : pause
10h 45 : Emma LUP (CRLC, Sorbonne Université) – La vraie mère de Moïse était-elle l’Égyptienne ? Étude comparée des rapports entre Moïse et la fille de Pharaon chez Edmond Fleg et Thomas Mann
11h 30 : Laurence OLIVIER-MESSONNIER (Université Lyon I) – Le mythe de Moïse, forge multi-identitaire de destins enfantins : l’exemple tricontinental d’Étoile errante de Le Clézio et de Petit Piment de Mabanckou
après-midi
présidence de séance : J.-Marc Vercruysse
14h : Piotr SADKOWSKI (Université de Toruń) – L’Exode de romanciers du XXIe siècle : étude comparée de Moïse fiction de Gilles Rozier et du Roman de Moïse de Jean-Luc Allouche
14h 45 :Antoine PARIS (Université catholique de Louvain) – Moïse au Capitole et à l’ONU
15h 30 : pause
15h 45 : Cong Minh VU (Université catholique de Lille) – Moïse, le patriarche ou l’homme de foi : au sujet de deux adaptations hollywoodiennes
Longtemps reléguées dans l’ombre de l’histoire, les femmes du monde viking refont aujourd’hui surface. La découverte d’une sépulture féminine au fond d’un fjord islandais ouvre une enquête fascinante à travers sept pays, portée par les plus grands spécialistes.
Marchandes, tisserandes, prophétesses, reines, guerrières ou simples fermières, qu’elles soient parties s’établir par-delà les mers ou qu’elles soient restées sur leur terre natale, elles ont contribué à écrire l’histoire des mondes du Nord. Grâce aux découvertes archéologiques et historiques les plus récentes, ce livre redonne à ces héroïnes oubliées leur véritable place. En bousculant certaines idées reçues et en mettant en lumière le rôle des femmes des terres gelées, les auteurs redessinent une histoire plus complexe… et infiniment plus humaine.
« Il est important de raconter l’histoire de ces femmes, car leurs rôles et leurs expériences ont trop souvent été éclipsés par les récits des guerriers, des rois et des explorateurs masculins. » Kristina Ekero Eriksson
Informations pratiques :
Thomas Cirotteau, Lucie Malbos, Éric Pincas, Vikings. Enquête sur les femmes des terres gelées, Paris, Tallandier, 2026 ; 1 vol., 240 p. ISBN : 979-1-02106-616-8. Prix : € 20,90.
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This volume seeks—through the work of a number of experts in various fields—to explore monastic life as embodied by Carthusian monks and nuns. Medieval and Early Modern Carthusians are omnipresent in a number of topics in medieval studies—literature, history, art, religious life, and the development of intellectual and theological thought. Moreover, these religious men and women were significant contributors to Medieval and Early Modern culture, society, and spirituality. Despite Carthusians’ influence and popularity during this time, they have often escaped scholarly attention. As a multi-pronged and interdisciplinary study, this volume offers a comprehensive, yet nuanced re-examination of the Carthusian way of life: one that often challenges long-standing assumptions about the Carthusians and their place within Western Christianity and civilization. The breadth and depth of this volume will appeal not only to the seasoned scholar and graduate students, but also to newcomers to the field.
Stephen J. Molvarec, SJ, Boston College’s Clough School of Theology and Ministry, Boston, MA, and Demetrio S. Yocum, University of Notre Dame, Notre Dame, IN, USA.
Carthusian Monasticism. History, Life, World, Texts, éd. Stephen J. Molvarec, S. J., Demetrio S. Yocum, Berlin–Boston, De Gruyter, 2026 ; 1 vol., XIII–471 p. (Monastic Life and Venerated Spaces). ISBN : 9781501517846. Prix : € 107,95.
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Dans le cadre du cycle de conférences « Un livre, une histoire », Adrien Mathy (ULiège Library) donnera une conférence intitulée « De la Terre du Milieu à la Cité ardente : Le Hobbit à l’Université de Liège »
L’Université de Liège conserve l’un des très rares exemplaires de l’édition originale de 1937, offert et dédicacé par J. R. R. Tolkien à la philologue belge Simonne d’Ardenne, son ancienne étudiante à Oxford et amie proche de la famille. Cette signature raconte en réalité une histoire bien plus vaste : celle d’une relation intellectuelle et humaine qui relie la Terre du Milieu aux rives de la Meuse.
À partir de ce Hobbit, la conférence retrace l’aventure du livre, de Tolkien et de son œuvre, et montre comment cet exemplaire singulier est arrivé jusqu’à Liège. Cette histoire mène naturellement à la rencontre entre Tolkien et la philologue liégeoise Simonne d’Ardenne, à leurs travaux autour du moyen-anglais et au rôle décisif qu’elle joua, en 1954, dans l’attribution au professeur du doctorat honoris causa de l’Université de Liège.
Le cycle de conférences « Un livre, une histoire », organisé conjointement par ULiège Library et l’Institut de la décision publique, vise à faire découvrir annuellement le patrimoine écrit de l’Université de Liège. Quatre œuvres sont présentées durant l’année académique 2025-2026 à travers une ou plusieurs de leurs facettes (contenu, forme, reliure, histoire de l’auteur, synthèse du propos, entre autres).
Les conférences se tiendront dans l’espace des Presses Universitaires de Liège, au rez-de-chaussée de la galerie Opéra.
Quel public ?
Le cycle de conférences « Un livre, une histoire » est ouvert à toute la communauté universitaire (professeur.e.s, chercheur.e.s, étudiant.e.s, staff, etc.) ainsi qu’à un public désireux de comprendre comment notre passé peut expliquer notre présent. Cette manifestation vous permettra, au passage, d’en apprendre plus sur la richesse des collections patrimoniales de l’ULiège Library.
À travers cette journée de visite organisée à Namur, le RMBLF souhaite renforcer les liens qui l’unissent à son homologue flamand, le Vlaamse Werkgroep Mediëvistiek.
Trop souvent, les médiévistes francophones connaissent mal les travaux menés de l’autre côté de la frontière linguistique, alors que les recherches conduites en France, par exemple, n’ont plus aucun secret pour eux. L’inverse est tout aussi vrai, avec une relative méconnaissance de la recherche francophone par les collègues flamands. Avec la disparition de certains programmes de recherche fédéraux, comme les PAI qui faisaient collaborer les universités francophones et flamandes, le fossé entre les deux traditions historiographiques s’est encore quelque peu accentué ces dernières années.
Le 13 mars, il s’agira d’apprendre à mieux nous connaître, à l’occasion d’une journée de rencontre organisée à Namur.
Programme :
9h30 (L22) — Accueil
10h00 (L22) — Keynote : Lisa Demets (Universiteit Antwerpen) – Responses to rape. Seksueel geweld en morele verwonding in de laatmiddeleeuwse Nederlanden
11h00 — Visite du TreM.a – Musée des Arts anciens du Namurois ou des Archives de l’État à Namur
13h00 (L34) — Repas
14h30 (L31 et L32) — Actualités de la recherche en Flandre (poster session)
16h00 — Verre de l’amitié
Présentation de posters :
Les présentations de posters seront réalisées par :
Sara Huts (KULeuven)
Noah Gaens (KULeuven)
Lisa Fenucci (KULeuven)
Vincent Vanhamme (KULeuven)
Robin Waeytens (UGent)
Febe Thonissen (UAntwerpen)
William Torbeyns (VUB-KULeuven)
Rhea Mertes (VUB-UGent)
Informations pratiques :
Vendredi 13 mars 2026
Accueil : Université de Namur, Local L22 61, rue de Bruxelles 5000 Namur
Les Quatre sens des noces est le dernier traité écrit par le théologien romain Lothaire de Segni avant son élection pontificale sous le nom d’Innocent III en 1198. Dans ce texte original, le cardinal compare les cérémonies du mariage entre l’homme et la femme à trois autres unions symboliques : celles entre Dieu et l’âme ; entre le Christ et l’Église ; et, enfin, entre le Fils de Dieu et sa nature humaine. Il envisage le mariage sous un jour positif ainsi que la sexualité, contrairement aux œuvres monastiques souvent sévères sur ce thème. Toutefois, ce n’est pas tant l’image du couple humain qui intéresse le théologien qu’une définition de l’Église et une méditation sur l’Incarnation. Lothaire commente en outre le Psaume 44, offrant un exemple abouti d’exégèse biblique selon les méthodes du XIIe siècle.
Le volume présente et traduit six autres sources sur le même sujet : – Les lectures de la Vierge inspirées du traité sur le mariage. – Un extrait sur la vie maritale tiré de son son premier livre, Misère de la condition humaine. – La figure du baiser à la messe. – Une lettre d’Innocent III sur le mariage des infidèles. – Un sermon d’Innocent III sur les quatres noces. – Une satire contre le mariage écrite dans l’entourage du pape.
Olivier Hanne est professeur des facultés catholiques (ICES) et membre associé du Centre d’études supérieures de civilisation médiévale (Poitiers). Spécialiste d’Innocent III, il en a édité et traduit de nombreuses sources, dont Les Mystères des messes (Presses universitaires Rhin & Danube) et Misère de la condition humaine (Les Belles Lettres).
Informations pratiques :
Lothaire de Segni, Les Quatre sens des noces et autres textes sur le mariage, éd. Olivier Hanne, Huningue, Presses universitaires du Rhin et du Danube, 2025 ; 1 vol., 284 p. (Sources historiques, 2). ISBN : 978-2-488305-14-3. Prix : € 26,00.
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Colloque conclusif du programme. Rome, 27-29 octobre 2026
Ce colloque doit conclure le programme Pax normanna[1] (resp. Pierre Bauduin, Université de Caen-Normandie/CRAHAM, et Annick Peters-Custot, Université de Nantes/CRHIA) inscrit parmi les programmes de recherche structurants 2022-2026 de l’École française de Rome. Il fait donc suite aux précédentes rencontres scientifiques du programme : le colloque de Cerisy (octobre 2022) sur « la Pacification », les journées d’études consacrées aux « premières générations de la conquête » tenues à Oxford (octobre 2023) sur « Partir » et à Ariano Irpino (octobre 2024) sur « S’établir », enfin les journées d’études de Cosenza-San Marco Argentino (octobre 2025) sur « Gouverner la pluralité ».
Après avoir considéré les modalités et raisons multiples et croisées des mouvements de départ et des conditions d’implantation des conquérants au sein des « Mondes normands médiévaux », ainsi que les modes de gouvernement de la « pluralité augmentée » créée par ces installations sur la longue durée, les journées d’études accueillies à l’École française de Rome veulent considérer ce qui est une réalité variable, mais constante des mouvements de conquête et de construction politique dans les mondes normands médiévaux : l’innovation dans tous les champs de l’activité sociale, politique, économique, religieuse, culturelle, linguistique, en contexte de conquête et de post-conquête.
La créativité n’est pas un monopole des situations de conquête, ni même de déplacement ou de migration. Les phénomènes migratoires en eux-mêmes ne conditionnent pas forcément l’émergence d’un terreau fertile pour le développement d’idées ou de comportements novateurs, même s’ils créent des conditions favorables par la mise en contact de sociétés diverses : la rencontre, la confrontation d’expériences et de sociétés diverses n’impliquent pas la circulation de connaissances, laquelle dépend largement d’une capacité à recevoir la nouveauté, en particulier dans des sociétés médiévales où le progrès et l’innovation ne sont pas considérés comme des valeurs positives ni comme des stimulations intellectuelles ou socio-politiques. En revanche, les dynamiques impliquant une mobilité collective, une conquête, une implantation à long terme et une construction politique (ou une tentative de construction politique) mettent en œuvre, à des degrés divers mais de manière récurrente, des logiques d’adaptation. Ces dynamiques procèdent d’une confrontation entre ce que les conquérants connaissent et ce qu’ils découvrent, en termes d’ordonnancement socio-politique, d’organisation économique, de vie religieuse, d’usages, de coutumes, de normes, etc. En particulier, les contributions qui ont été présentées lors des précédentes journées d’études, sur le gouvernement de la pluralité (2025), ont montré la capacité des populations locales comme des nouveaux gouvernants à créer des modalités nouvelles de gouvernement qui devaient affronter la multiplicité des traditions, des usages et des défis dans des contextes guerriers ou fragiles.
Ainsi, les conquêtes qui engendrent des constructions politiques sont des situations qui non seulement stimulent l’innovation, mais la rendent pratiquement nécessaire. Les situations nées de processus de conquêtes, même lents, sont instables ; les « conquérants » sont en situation minoritaire et souvent se déchirent entre eux en même temps qu’ils avancent dans la dynamique guerrière et d’insertion ; les révoltes et contestations ne sont pas rares, et il y a souvent urgence à identifier les moyens de créer le consensus a minima auprès des élites autochtones ; enfin le gouvernement implique de fonder rapidement les modalités de mobilisation des ressources et des individus susceptibles de concourir à la stabilisation et à la pérennisation de la (ou des) nouvelle(s) construction(s) politique(s) émergente(s).
Les déploiements historiographiques ont perçu ces réalités selon deux lectures : l’une envisageait l’innovation comme une expression d’un «mythe normand, et l’autre, plus récente et encore en cours, sous l’angle d’une combinaison d’héritages La première approche relève d’une historiographie traditionnelle qui a longtemps associé les conquêtes normandes aux innovations politiques, administratives, sociales et culturelles connues par les pays concernés. Ces changements, subis ou acceptés, ont alimenté un « mythe normand » connoté de plusieurs manières – positives ou négatives (« Norman Yoke ») – et ont durablement influencé les analyses historiques dans chacun des espaces concernés depuis le XVIIe siècle. Dans le cas des Normands de Sicile, la lecture oscille entre celle de l’Italie risorgimentale, qui a creusé le mythe de « l’échec », inéluctable et écrit d’avance, des Hauteville, et une vision résolument moderne de l’Etat sicilien.
D’un autre côté, dans l’historiographie même la plus récente, l’émergence de modes de gouvernement et d’insertion des conquérants dans le paysage socio-politique, économique, religieux et culturel qu’ils investissaient a été le plus souvent considérée sous l’angle de l’adaptation et surtout de la combinaison des héritages : héritages franc et scandinave dans le cas de la Normandie à compter de la fin du IXe siècle ; héritages anglo-saxon et normand dans le cas de l’Angleterre et du duché de Normandie après 1066 ; héritages byzantin, islamique et lombard dans le cas du royaume Hauteville de Sicile (et ses antécédents) à partir des années 1040 ; héritages « francs » et orientaux dans le cas de la principauté d’Antioche. S’il est admis que les « hommes du nord » ont manifesté, au cours de leurs mobilités du haut Moyen Âge, une particulière propension et une facilité visiblement peu ordinaire à s’intégrer dans les différents substrats locaux où ils s’inséraient, l’analyse de leurs réussites en ce domaine (mais aussi de leurs échecs) ne peut être conduite uniquement en termes d’héritages à mobiliser. Cette vision a plusieurs inconvénients :
Elle essentialise les éléments constitutifs et l’identité des terrains d’insertion (Sicile « islamique », Calabre « byzantine », Angleterre « saxonne…) ;
Elle oriente le regard et les enquêtes vers des appartenances figées ou vers l’identification rigide de la nature des constructions politiques issues d’une conquête (le royaume de Sicile, un royaume « féodal », « byzantin », « oriental » ?) ;
Elle ne comprend la construction politique issue d’une combinaison entre conquérants et « soumis » que dans des termes de domination (qu’il conviendrait d’interroger) des premiers sur les seconds ; et de captation d’archétypes politiques (la monarchie anglo-saxonne, l’empire islamique, le modèle byzantin, la monarchie féodale, etc.) ;
Elle sur-politise l’ensemble des enjeux relatifs à l’insertion des nouveaux arrivés dans le terrain de leur installation ; enfin, elle délégitimise l’idée que les sociétés issues de la combinaison entre les « conquérants » (toujours minoritaires et dont on sait que, pour cette raison, ils devaient très rapidement ne plus être identifiés à des « conquérants ») et les populations autochtones aient pu ensemble (et avec d’autres, en particulier des protagonistes extérieurs) créer du nouveau en fonction du contexte événementiel, du cadre géopolitique et des conditions régionales.
C’est donc en gardant à l’esprit ces pesanteurs historiographiques, les questionnements qu’elles posent et les acquis des recherches récentes permettant de s’en dégager qu’il convient aujourd’hui de revisiter cette inventivité – le terme prête lui-même à discussion – issue d’une situation de conquête.
Le programme Pax Normanna ne pouvait s’achever sans envisager l’innovation et la créativité comme des éléments clefs d’analyse et de compréhension des logiques de conquête et de construction politique afférentes. Ces notions, aujourd’hui connotées positivement et ici employées dans un contexte médiéval, devront elle-même être discutées : elles seront comprises non comme porteuses d’un jugement de valeur mais comme la capacité des nouveaux venus à élaborer une véritable ingénierie de gouvernement combinant, dans des proportions variables, des traditions anciennes et des pratiques nouvelles ; la limite entre ces deux éléments étant parfois difficile à établir. Le colloque conclusif du programme demandera donc aux contributeurs et contributrices d’étudier les logiques d’insertion individuelle mais surtout collective issues d’une dynamique de mobilité et de conquête, sous l’angle de l’expérimentation (infructueuse ou réussie), c’est-à-dire du choix, parmi de multiples possibilités, de solutions qui ne dépendent pas de la pure réplication d’« héritages ». Cela revient à considérer l’aptitude à combiner avec pragmatisme les traditions et à associer de matière novatrice des idées ou des pratiques anciennement éprouvées à des créations permises par la situation de conquête.
Cette enquête dans les mondes normands médiévaux à l’aune de leur créativité – celle de tous les protagonistes et non seulement celle des conquérants eux-mêmes – portera sur l’ensemble des champs de l’activité. Elle interrogera donc, forcément :
Les innovations normatives, juridiques et coutumières ;
La créativité gouvernementale, qu’elle soit de l’ordre des institutions, des organisations administratives, fiscales, de la collecte des informations, mais aussi des modes de représentation, des rituels et cérémonies, des attributs des souverains ;
Les innovations militaires, qu’il s’agisse du recrutement des hommes (on pense aux mercenaires) ; à la définition de leur service ; aux besoins logistiques ; aux fortifications ; à la poliorcétique ;
Les nouveautés dans l’organisation socio-politique, la délégation de l’autorité publique, l’organisation des élites, les relations avec les médiations politiques (monastères, clergés, églises) ;
Les innovations dans l’ordre de la parole socio-politique : usages de l’écrit, des formes diplomatiques des documents, des langues, des alphabets éventuellement ;
Les innovations économiques, dans l’ordre des infrastructures (ports, monnaies, fiscalité, foires et marchés), dans la faveur à tel ou tel groupe de commerçants (les Amalfitains dans le royaume de Sicile par exemple), dans l’implication de l’autorité publique en général…
Ce bref inventaire n’épuise ni les champs d’enquête ni les enjeux du thème structurant ce dernier colloque Pax Normanna.
Les interventions (d’une durée de 30 mn maximum) seront présentées en français, italien ou anglais. Les propositions, accompagnées d’un argumentaire, seront transmises au plus tard le 30 avril 2026 à l’un des organisateurs :
Publié dansAppel à contributions|Commentaires fermés sur Appel à contribution – Conquête et créativité : les dynamiques de l’innovation en contexte de conquête dans les mondes normands médiévaux (Xe-XIIIe s.)
L’association Martin Aurell a été créée pour honorer la mémoire du Pr Martin Aurell subitement disparu le 08/02/2025, et pour promouvoir la recherche en civilisation médiévale. Elle délivrera un prix de thèse annuel et/ou une bourse de thèse.
Pour nous suivre: asso-martin-aurell.fr
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Open until February 14 2026 arditcongress2026@gmail.com
At the end of the 11th century, Guilhem de Peitieu inaugurated troubadour lyric poetry with a verse of dreit nein, that is, a composition about absolutely nothing, pushing the boundaries of language under the sign of paradox, enigma, and emptiness. In this way, the first troubadour echoed a problem that obsessed medieval theology: the creatio ex nihilo described in the first verse of Genesis. Surely, the most famous example of this controversy is the treatise De substantia nihili et tenebrarum, in which the Carolingian cleric Fredegisus of Tours (9th century) defended the existence of Nothingness as an ontological entity from which God had created the world. In illuminated bibles, this primordial emptiness could be represented, as in the Kaisheim Bible (c. 1275), as an unpainted, empty, and perfect medallion that stands out amidst the folio’s decorative profusion and inevitably draws the reader’s attention. This absence, paradoxically, is full of meaning, for it exists between silence and word, between emptiness and substance, between aniconism and figuration.
Absence, therefore, is not a fatality. Today, historians, philologists, and archaeologists have found in absence a valuable element for studying and understanding the Middle Ages. Far from being an obstacle or impediment to research, absence has boosted our knowledge of the material culture, visual and textual discourses, mentalities, social organization, and documentary production of this period. Besides, absence is not a neutral concept, since it can be the result of chance or deliberate intent. Thus, gaps intentionally left in manuscripts and works of art reveal the artistic sensibility of their creators, while the destruction of documents in medieval archives betrays a subtle construction of a particular narrative.
On the other hand, the groups that are absent, rendered invisible, or marginalized in official sources allow us to delve into the deep inequalities of medieval society, its prejudices, and its identities. Likewise, the omission of certain genres, themes, or languages in the great songbooks and literary manuscripts offers a new perspective on the textual transmission of medieval literature, which is never a neutral process nor detached from hegemonic ideologies. In this sense, the presence of « vestiges » or traccie in known texts has led some scholars to reconstruct lost or poorly preserved literary traditions, a process not without risks and controversies. Finally, absence is a problem that also affects the contemporary world, since medieval heritage is continually threatened by processes of destruction and manipulation driven by political, economic, or identity-related motives. Ultimately, absence serves to create new meanings, new clues, and new ways of understanding the past and the present.
The organizers of the VII ARDIT International Congress welcome submissions of papers related to the uses, effects, and meanings of absence in the Middle Ages. Participants are encouraged to submit proposals on Medieval History, Art History, Archaeology, Philology, and Philosophy. Proposals may relate to the following thematic areas: see File
Proposals must be submitted by February 14, 2026, in Word format, to the following address: arditcongress2026@gmail.com. All proposals will be reviewed by the scientific committee, and presenters will be notified by the end of February 2026 whether their proposal has been accepted.
Structure of the proposals
Name and surname Academic affiliation Contact information (email, phone) Brief presentation of the researcher (50-75 words) Title of the communication Abstract of the proposal (150-200 words) *This abstract should include a specific description of the topic to be addressed and should clearly explain how it relates to the theme of the conference. Keywords (maximum 5) Mode
All presentations will be held in person at the University of Barcelona. They will last 20 minutes. Online presentations will not be accepted.
Languages English, Catalan, Spanish, French, Italian.
Publié dansAppel à contributions|Commentaires fermés sur Appel à contribution – Into the Void. Reconstructing the Medieval Past through Absence
Avec le soutien du FNRS, du CRHiDI (UCLouvain – Saint-Louis, Bruxelles), d'INCAL (UCLouvain), de PraME (UNamur), de sociAMM (ULB) et de Transitions (ULiège)
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