Journée d’étude – Des sciences (humaines) sans conscience ? Journée de débat et de réflexion organisée par le RMBLF

Archives générales du Royaume
4 décembre 2015

Les sciences humaines et sociales vont-elles mal ? Nos disciplines sont-elles en crise ? Ces questions, nous sommes nombreux à nous les poser, que ce soit dans l’intimité d’un cénacle de collègues ou publiquement, dans des tribunes publiées ici et là. Le constat est clair : les sources de financement se tarissent, les places se font rares. Désormais, la carrière des scientifiques et le financement de leurs centres de recherche découlent de plus en plus de leur capacité à démontrer leur « excellence ». Or, celle-ci repose essentiellement sur l’évaluation quantitative des publications et des facteurs bibliométriques. Dès lors, pour exister, et avoir l’espoir de perdurer, publier vite et beaucoup devient un impératif. Le temps consacré à la réflexion, et donc à l’innovation, en pâtit gravement. Il ne s’agit pas du seul effet pervers induit par le Publish or Perish. La réalisation de travaux fondamentaux à la gestation longue – l’édition de sources ou la recherche interdisciplinaire, par exemple – s’accommode mal de ces nouveaux impératifs. L’accentuation de la pression à la publication s’accompagne, en outre, d’une course aux revues classées, qui, si elle n’est évidemment pas néfaste en soi, contribue à la marginalisation des ouvrages collectifs et des revues publiées par les sociétés savantes. Pour minimiser leurs coûts de production sur des ouvrages de plus en plus spécialisés, des éditeurs privés font régulièrement supporter aux auteurs le travail de « pré-publication » qui devrait leur incomber, tout en appliquant, pour certains d’entre eux, des tarifs prohibitifs. Or, la publication de ces ouvrages et revues, dont le contenu est quasi exclusivement financé par des fonds publics, ne devrait-elle pas revenir à des organismes sans but lucratif contrôlés par les scientifiques eux-mêmes ? La question de l’open access mérite d’être placée au cœur de ce débat.

Les dérives managériales, pour ne pas dire néolibérales, que connaissent aujourd’hui les institutions scientifiques nous affectent tous. En tant que rouages essentiels de la vie universitaire, devons-nous accepter sans sourciller l’instauration de ce nouveau régime de savoir ? Nous ne le pensons pas. C’est pourquoi, le RMBLF a souhaité organiser une journée de débat et de réflexion à laquelle participeront notamment des responsables politiques, des scientifiques et des représentants de maisons d’édition. Deux tables rondes seront organisées. L’une nous conduira à nous interroger sur les implications de la définition de « stratégies de publication » dans nos disciplines (place de l’édition électronique, place des langues nationales par rapport à l’anglais, etc.). L’autre sera dévolue à la question de plus en plus délicate du financement de la recherche.

Cet événement a été organisé en concertation étroite avec l’ED 4 HISTAR, qui tiendra elle-même une journée d’étude sur des thèmes similaires le 5 décembre à l’Académie royale de Belgique.

Le RMBLF a le plaisir de vous inviter à ces journées de réflexion et de débat. La parole sera très largement laissée à l’assistance. Venez partager vos expériences, vos sentiments et vos réflexions afin que nous puissions travailler, ensemble, à l’avenir de nos disciplines.

Des sciences humaines sans conscience

Programme :

10h-12h30
Publish or perish? Édition scientifique, open access et pression à la publication

Interventions liminaires :
Chris VandenBorre (Brepols)
Paul Bertrand (UCL)

Débat avec la participation de :
Isabelle Draelants (IRHT)
Julien Maquet (IPW)
Philippe Mignot (SPW)
Marc Minon (Cairn)

Modération :
Nicolas Ruffini-Ronzani (UNamur)
Marie Van Eeckenrode (UCL)

14h30-17h
Financement et évaluation de la recherche. Vers quelles solutions?

Interventions liminaires :
Olivier Gosselain (ULB)
Jean-Paul van Bendegem (VUB)

Débat avec la participation de :
Grégory Cormann (ULg)
Chloé Deligne (ULB)
Agnès Guiderdoni (UCL)
Xavier Hermand (UNamur)
Pierre-Yves Kairis (IRPA)
Nicolas Simon (USLB)
Sabine Van Sprang (MRBAB)

Modération :
Ingrid Flaque (UNamur)
Nicolas Schroeder (ULB)

Informations pratiques :

4 décembre 2015

Bruxelles
Archives générales du Royaume
2-6, Rue de Ruysbroeck

Inscriptions (souhaitées) à l’adresse suivante : info.rmblf@gmail.com

Rencontre conçue en concertation avec l’ED4 HISTAR qui organisera le 5 décembre à l’Acdémie royale de Belgique une journée d’étude intitulée « Quantité et/ou qualité. La course à la publication dans les sciences historiques ». Programme disponible ici

Affiche de l’évènement au format PDF : ici
Version plus complète de l’argumentaire : ici

A propos RMBLF

Réseau des médiévistes belges de langue française
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