Publication – Bulletin de la Commission royale d’Histoire, 181, 2015

Jean-Louis Kupper, La notice d’inféodation du comté de Hainaut à l’Église de Liège (1071) (p. 5-31)

L’inféodation du comté de Hainaut à l’église de Liège en 1071 nous est connue par divers documents et, notamment, par une notice dont l’intérêt et la richesse du contenu ne semblent pas avoir été appréciés à leur juste valeur. Le but de la présente étude est de réhabiliter cette notice et d’en proposer une nouvelle édition critique.

Jean-Louis Kupper – Membre correspondant de l’Institut de France. Membre de l’Académie royale de Belgique. Professeur émérite de l’Université de Liège. Secrétaire-trésorier-adjoint de la Commission royale d’Histoire.

Annelies Somers, De statuten van het Gentse Sint-Veerlekapittel (1225-1788) (p. 33-148)

Cette contribution comporte une édition des statuts du chapitre de Sainte Pharaïlde à Gand, du Moyen Âge à la fin de l’Ancien Régime. Le dossier se compose de cinq versions des statuts, datant de 1225 à 1788. Vu l’importance limitée de Sainte Pharaïlde parmi les autres chapitres flamands, il est remarquable qu’un dossier tellement intéressant ait survécu. L’ensemble des rédactions esquisse une image des évolutions subies et des adaptations réalisées au cours des siècles, pour se plier aux circonstances et surmonter les crises. D’autre part, les statuts sont profondément ancrés dans l’Institutio canonicorum, la Règle d’Aix-la-Chapelle datant du IXe siècle, qui déterminait l’essence de la vie canoniale. Les statuts du chapitre de Sainte Pharaïlde témoignent donc du souci de préserver la tradition et l’image de l’institution, et illustrent les mesures prises souvent sous la pression des événements afin de répondre à cette attente.

Annelies Somers (Bruges, 1984) obtenait une licence en histoire à l’Université de Gand en 2006. En 2008, elle terminait un Master complémentaire en Archivistique à la Vrije Universiteit Brussel. Financée par la Politique scientifique fédérale, en collaboration avec l’Université de Gand et les Archives de l’État à Gand, elle a achevé une thèse de doctorat concernant le clergé séculier. En particulier, sa recherche concernait l’église de Saint-Nicolas et le chapitre de Sainte-Pharaïlde à Gand (1384-1614).

CRH

Antoine Bonnivert, L’attitude ambivalente des évêques de Liège à l’égard des prêteurs lombards aux XIIIe et XIVe siècles : autour d’un acte notarié de 1303 (p. 149-208)

Depuis une trentaine d’années, la problématique de l’installation et du commerce des prêteurs lombards au nord des Alpes fait l’objet d’un intérêt notoire auprès des historiens. Néanmoins, à ce jour, les liens entre ces prêteurs et l’évêché de Liège n’ont jamais été étudiés de manière approfondie. Dans cet évêché extrêmement prestigieux et opulent, les princes-évêques n’ont pourtant eu de cesse d’entretenir des relations particulièrement intenses, qu’elles soient profitables ou infructueuses, avec ces professionnels du monde de l’argent. Dans ce cadre, nous nous attacherons à étudier les attitudes adoptées par les évêques successifs vis-à-vis de la pratique usuraire. Une attention toute particulière sera accordée à Adolphe de Waldeck, auteur d’une spectaculaire expulsion à leur encontre en 1302, et aux raisons qui ont motivé ce geste fort. Le point de départ de cet article consacré à la position des prêteurs lombards officiant à Liège est un acte notarié daté du 7 novembre 1303. Deux frères de la famille astésane Abellonei installés à Liège y donnent procuration à leurs frères demeurés en Italie, afin de mener à bien toute une série d’opérations financières. L’étude de cet acte nous permettra d’aborder plus généralement la position des prêteurs lombards à Liège, à la fin du XIIIe et au début du XIVe siècle.

Antoine Bonnivert est Aspirant FRS-FNRS à l’Université libre de Bruxelles. En 2014, il a entamé, sous la direction du professeur Alexis Wilkin, une thèse de doctorat en histoire médiévale intitulée “La crosse, le glaive et le pain : évêques et accès à la nourriture dans l’espace rhéno-mosan (XIIIe-XVe siècle)”. Ce travail a pour but d’étudier les mesures prises par les évêques successifs de Liège, Utrecht et Cologne afin d’encadrer et de réguler l’accès de la population de leurs évêchés respectifs à la nourriture.

Valerie Vrancken, Opstand en dialoog in laatmiddeleeuws Brabant. Vier documenten uit de Brusselse opstand tegen Maximiliaan van Oostenrijk (1488-1489) (p. 209-266)

Cette contribution tente, à l’aide de quatre documents, d’apporter un éclairage nouveau sur la révolte Brabançonne de 1488-1489 contre Maximilien d’Autriche, régent des Pays-Bas bourguignons. Alors que la violence armée et le déroulement militaire du conflit ont occupé une place prépondérante dans des études antérieures, cet article se consacre au dialogue qui s’amorce entre les parties dans cette période de troubles. Les textes édités montrent comment Maximilien, son entourage, les députés des États Généraux et les insurgés appliquaient, influençaient et, parfois, réprimaient les délibérations pour augmenter leur impact sur le cours du conflit. Sur base d’une analyse approfondie des documents, cet article propose des explications à l’échec des négociations de paix avec les insurgés et permet d’examiner le rôle de médiateur des députés des États Généraux. En outre, cette recherche discute les arguments qui étaient utilisés pour influencer les actions des autres parties, et démontre qu’aussi bien l’entourage de Maximilien que les insurgés évitaient et restreignaient parfois le dialogue dans une tentative de protéger leur politique.

Valerie Vrancken est doctorante à l’université de Louvain (KU Leuven). Dans le cadre du PAI “City and Society in the Low Countries” (P7/26), elle étudie la culture politique dans le duché de Brabant au bas Moyen Âge, et les chartes inaugurales des ducs de Brabant en particulier. Elle a terminé ses études d’histoire à la KU Leuven en 2012 avec un mémoire de master consacré à la révolte bruxelloise contre Maximilien d’Autriche (1488-1489).

Informations pratiques :
Bulletin de la Commission royale d’Histoire, 181, 2015. 327 p.

Source : Commission royale d’Histoire

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Réseau des médiévistes belges de langue française
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