Colloque – Liturgie et Architecture. Constructions, usages et aménagements des églises (13e-18e siècles)

La liturgie et l’architecture paraissent entretenir un lien évident, qui peut s’expliciter de la façon suivante : « Dans ce domaine, la principale interrogation demeure celle de la création des formes architecturales déterminées par les pratiques liturgiques ou bien, à l’inverse, celle de l’influence du cadre architectural sur le déroulement de la liturgie ». (Eric Palazzo, Liturgie et société au Moyen Âge, Paris, 2000). En termes plus récents, cette interrogation apparaît comme une variante du vaste débat entre « forme et fonction » qui irrigue encore de nos jours les milieux de l’architecture : à quelle donnée reviendrait la primauté ?

liturgie-et-architecture

Mais en l’occurrence, la question pourrait paraître se limiter au seul moment du chantier, de la construction à neuf. Or l’un des deux paramètres de la problématique a pu connaître des évolutions spécifiques ou des nouveautés indépendantes de l’influence de l’autre. Ainsi, au temps de la Renaissance, le vocabulaire et les références de l’architecture religieuse ont changé avant que ne soit entreprise la réforme liturgique du Concile de Trente. De même, l’application de cette dernière s’est souvent faite dans des églises construites au Moyen Âge, auxquelles il a bien fallu s’adapter et qu’aussi on a adaptées. On étudiera donc les différents aménagements et réaménagements intérieurs d’édifices religieux ou encore l’émergence des pratiques liturgiques (par exemple les processions) et leurs implications sur les bâtiments. En fait les interrogations, quand on les veut plus précises, sont multiples. Par exemple, comment s’est faite l’explosion du nombre des autels et des fondations à partir du XVe siècle ? Inversement comment en a-t-on réduit le nombre au XVIIIe siècle ? Autre exemple, comment les fidèles ont-ils été cantonnés dans leurs bancs à partir du milieu du XVIIe siècle ? Et du coup, quelle position et quelle attitude adoptaient-ils dans les églises antérieurement ? Sans oublier l’analyse de l’évolution du mobilier liturgique ou sacramentel (confessionnaux, chaires à prêcher…) dont on dit souvent qu’il se transforme et se généralise avec l’esprit tridentin. Surtout il serait vraiment souhaitable de dépasser les généralités déjà connues pour en voir et étudier des applications concrètes ou des exemples particuliers.

Chevauchant les grandes ères imposées par les découpages académiques, une notion parait avoir traversé les siècles : celle du « voir » et du « faire-voir » que Roland Recht a illustrée pour la seconde partie du Moyen Âge (Le croire et le voir. L’ art des cathédrales (XIIe-X Ve siècles), 1999) mais qui semble une constante encore valable pour les Temps modernes et la réforme tridentine. La problématique ne pourrait-elle pas alors se concentrer autour des enjeux du « voir » dans les églises, ses exigences, ses conditions et ses contraintes ?

Programme :

Jeudi 24 novembre 2016

14 h 00 : Accueil des participants
14 h 15 : Pierre Sesmat & Frédéric Tixier (Université de Lorraine) – Introduction

Liturgie et ornement

14 h 30 : Océane Boudeau (EPHE, Université de Lisbonne) – « La liturgie de la cathédrale de Metz au XIIIe siècle »
15 h 15 : Brigitte d’Hainaut-Zveny (Université libre de Bruxelles) – « La question des retables XIIIe-XVIIIe siècles »

Théorie

16 h 15 : Gilles Drouin (Institut Catholique de Paris) – « Les Dissertations de Jean-Baptiste Thiers (1688), un liturgiste aux prises avec les évolutions de l’espace cérémoniel dans la période post-tridentine »
17 h 00 : Hélène rousteau-CHamBon (Université de Nantes) – « Les usages avant tout : les propositions d’Antoine Desgodets pour les aménagements liturgiques »
Vendredi 25 novembre 2016

Architectures idéales ?

9 h 00 : Raphaël Tassin (EPHE, Paris) – « Forme idéale vs usage liturgique : Le plan centré et ses adaptations dans l’architecture sacrée (XVIIe – XVIIIe siècles) »
9 h 45 : Pierre Moracchini (Bibliothèque Franciscaine des Capucins, Paris) – « Architecture et réforme des ordres religieux. Le cas des églises franciscaines (XVIe-XVIIIe s.) »

Célébrer

10 h 45 : Philippe Martin (Université de Lyon 2) – « Célébrer Dedans dehors »
11 h 30 : Julie Piront (Université de Liège) – « Liturgie, cérémonial et architecture des églises des congrégations féminines implantées en ville sur la « dorsale catholique » (XVe- XVIIIe siècles) »

Autour de Lyon

13 h 45 : Pascal Collomb (EHESS, Lyon) – « Chanter les morts à Lyon à la n du XIVe siècle. Liturgie, lieux et mémoires »
14 h 30 : Nicolas Reveyron (Université de Lyon 2) – « Architecture, organisation de l’espace ecclésial et pratiques dévotionnelles. Evolution comparée de trois églises médiévales de Lyon entre le XIIIe et le XVIIIe (église Saint-Nizier, collégiale de Fourvière, église conventuelle Saint-Bonaventure) »

Dispositifs intérieurs

15 h 30 : Mathilde Durriez (Université de Lyon 2) – « Clôture monastique et organisation spatiale des monastères féminins cartusiens (XIIIe – XVIIIe siècle) Etude archéologique de plusieurs chartreuses féminines : Notre-Dame de Mélan (Haute- Savoie), Notre-Dame de Prémol (Isère) Mont-Sainte-Marie de Gosnay (Pas-de-Calais) »
16 h 15 : Bruno Varennes (Université Grenoble 2) – « Murus inter populares et corum. Les structures de séparations à l’intérieur des églises du sud du diocèse de Grenoble, XIVe- XVIe siècles »

17h 00: Conclusion

Informations pratiques :

24 novembre 2016
de 14 h à 17 h 30
&25 novembre 2016 de 9 h à 17 h 30
à Nancy
Campus Lettres & Sciences Humaines 23 Bd Albert 1er
salle A 104

Journées d’études organisées par l’ANR Lodocat, le CRULH et l’Université de Lorraine
Sous la direction de Pierre SESMAT et de Frédéric TIXIER

A propos RMBLF

Réseau des médiévistes belges de langue française
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