Appel à contribution – Être capitaine de navire en Europe occidentale, de la fin du Moyen Âge à 1914

Le titre de cette journée d’étude reprend le verbe-introducteur, utilisé par Gilbert Buti et Alain Cabantous, dans une stimulante synthèse, publiée récemment aux Presses universitaires de Rennes, à propos des marins d’une manière plus globale. La rencontre proposée sera centrée sur les capitaines de navires, « seuls maîtres à bord après Dieu », selon la formule consacrée. En cela, les organisateurs se situent dans le sillage de la journée d’études, tenue à Aix-en-Provence, en novembre 2013, à l’initiative de Gilbert Buti, Christopher Denis-Delacour et Olivier Raveux sur les « Identités, savoirs et fonctions des capitaines dans les économies et sociétés méditerranéennes », dont les actes seront prochainement publiés.

Entre savoirs acquis et empirisme, les capitaines accumulent en effet de nombreuses connaissances au cours de leurs carrières, et cette journée d’études souhaiterait revenir sur leurs modalités d’acquisition en allant au-delà de l’inventaire et de la description pour tenter de restituer les dynamiques d’apprentissage. Comment les différentes formations au métier de capitaine se sont-elles adaptées à l’évolution socioculturelle de ces hommes, aux différentes conditions de navigation ou aux changements de contexte technologique sur le temps long ? Des communications concernant les programmes d’enseignement et leur adaptation à ces différentes mutations sont les bienvenues. En outre, dans la mesure des possibilités offertes par la documentation, il s’agit également d’appréhender les différentes phases de transmission des savoirs au sein du navire proprement dit en veillant à avoir une lecture horizontale et verticale du phénomène, car si le cellule de commandement apparaît comme un espace privilégié d’échanges, il reste que les capitaines ont appris de leurs équipages, a fortiori quand ceux-ci étaient transnationaux et multiculturels. L’accumulation de ces connaissances et/ou la manifestation d’une dextérité exceptionnelle permettent à certains capitaines de devenir des experts. Ce statut doit être interrogé lorsque ces hommes accèdent à des postes de formation, conseillent des entreprises (négoce, construction navale, etc.), deviennent des médiateurs dans le cadre de missions scientifiques et d’espionnage ou quand une partie d’entre eux formalisent leurs savoirs en écrivant des ouvrages et en s’insérant dans les réseaux savants de leur temps.

Ces derniers éléments invitent à envisager le statut social des capitaines au cours de leur carrière et après. Un premier axe de réflexion pourra porter sur le positionnement socio-économique de ces hommes dans les sociétés portuaires en privilégiant l’abord de cohortes représentatives à l’échelle d’un ou de plusieurs ports. Il s’agit alors de mesurer leur poids économique au cours et à l’issue de cette première partie de vie active, mais également d’historiciser le processus de reconversion professionnelle. La multiplication des études de cas ne donne aujourd’hui qu’une image impressionniste du statut social des capitaines, qu’il soit réel ou perçu. L’objectif réside donc à la fois dans une évaluation des fortunes acquises, dans une restitution des différents réseaux d’inscription (familiaux, professionnels, sociabilité, etc.) et dans l’abord des représentations culturelles qui entourent les capitaines. Ces éléments constituent l’une des clés pour aborder la question de la poursuite des carrières des capitaines. Si, intuitivement, les métiers marchands (négoce, armement, etc.) apparaissent comme la voie naturelle pour la poursuite d’une carrière, n’existe-t-il pas d’autres secteurs qui puissent valoriser l’expérience et les compétences de ces hommes ? En prolongement, cette journée d’études souhaite faire un focus sur les capitaines qui s’investissent dans les institutions économique et politique de leur pays.

Ces quelques pistes ne sont pas limitatives et les organisateurs de la journée veilleront à prendre en compte toutes les propositions. Celles-ci pourront s’inscrire sur une période allant de la fin du Moyen Âge à 1914 et, si l’Europe est privilégiée, des communications pourront porter sur d’autres aires géographiques et culturelles. Enfin, les études de cas sont acceptées dès lors que l’auteur proposera une montée en généralité en conceptualisant ou en offrant des comparaisons à différentes échelles. Les communications pourront être prononcées en français ou en anglais et feront l’objet d’une publication dans un numéro spécial des Annales de Bretagne et des Pays de l’Ouest sous réserve de l’évaluation des articles.

Modalités de soumission

Les propositions de communication, composées d’un titre, d’un résumé d’une page maximum et d’un court CV (en indiquant le rattachement administratif), sont à envoyer
avant le 15 février 2017.

Calendrier

Clôture de l’appel à communication : 15 février 2017
Annonce des communications retenues : 1er mars 2017
Date de la journée : 12 octobre 2017 à Nantes
Remise des textes : 15 décembre 2017

Les propositions de communication sont à envoyer aux organisateurs de la journée d’études aux adresses suivantes : bernard.michon@univ-nantes.fr et david.plouviez@univ-nantes.fr

Comité organisateur

(Égalemnt en charge de la sélection des propositions)

David Plouviez, MCF en histoire moderne au CRHIA (Université de Nantes),
Bernard Michon, MCF en histoire moderne au CRHIA (Université de Nantes)

Date et lieu

5 octobre 2017 à Nantes.

Source : Calenda

A propos RMBLF

Réseau des médiévistes belges de langue française
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