Publication – Emmanuel Bodart, « Sociétés et espaces urbains au bas Moyen Âge et au début de l’epoque moderne. Morphologie et sociotopographie de Namur du XIIIe au XVIe siècle »

Cette étude sur l’histoire de la construction de la ville et de la société de Namur du XIIIe au XVIe siècle livre des résultats inédits sur cette période peu étudiée grâce à un important travail de recherche réalisé sur base de documents et témoignages historiques et archéologiques. Certaines caractéristiques apparues à cette période ont d’ailleurs traversé les siècles et sont encore observables aujourd’hui à Namur.

Namur devient une ville à part entière au XIIIe siècle, elle est à la fois le centre du marché régional et le lieu de développement d’activités artisanales. Sa taille modeste au bas Moyen Âge – 8300 habitants en 1429 – facilite une étude globale, celle-ci permet de dégager des mécanismes propres aux moyennes et petites villes durant cette période, moins prisées dans l’historiographie que les grands centres d’Europe occidentale.

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Des phénomènes apparus à cette période ont façonné la ville et la société namuroise au point d’avoir une influence ou même de perdurer sur le visage actuel de Namur. Le développement de la ville le long des axes de pénétration apparaît ainsi au bas Moyen Âge (XIVe et XVe siècle), le long des rues de Fer, Saint-Jacques, de Bruxelles et Saint-Nicolas actuelles, et prendra toute son ampleur entre le XVIIIe et le XXe siècle, dans leurs prolongements naturels que constituent les principales chaussées encore existantes aujourd’hui. Le nombre d’habitants actuels de la Corbeille est similaire à celui des XVe et XVIe siècles et le quartier autour de Saint-Aubain est toujours prisé par les élites administratives et religieuses depuis le bas Moyen Âge (XIVe et XVe siècle).

Cette étude, thèse du doctorat en histoire d’Emmanuel Bodart, archiviste de l’Etat, a notamment pour but de vérifier que l’organisation de la ville est fondée sur différents facteurs liés aux conditions du terrain, aux pôles institutionnels et économiques qui jalonnent le territoire ainsi qu’aux modèles culturels de référence de la société qui le produit. La deuxième partie de l’ouvrage examine la fonctionnalité attribuée aux différents éléments de la structure spatiale, les quartiers de la ville, et, au-delà, leur hiérarchie, c’est-à-dire la valeur sociale qui leur est attribuée par la population. Cette approche sociotopographique (la configuration des lieux abordée d’un point de vue social) est fondée d’une part sur l’analyse de la répartition des activités et d’autre part sur la distribution de la richesse, à la fois dans l’ensemble de la structure urbaine et à l’échelle de la rue. A titre d’exemple, il ressort de cette analyse que les rues privilégiées entre les XIIIe et XVIe siècles sont celles de l’axe marchand principal, rue du Pont, Saint-Rémy, les Marchés (rue de l’Ange actuelle) ainsi que celles du quartier entourant la collégiale Saint-Aubain. Toutefois, la mixité sociale y reste de mise alors que l’homogénéité sociale est essentiellement le fait des rues les plus dévalorisées.

Informations pratiques :

Emmanuel Bodart, Sociétés et espaces urbains au bas Moyen Âge et au début de l’époque moderne. Morphologie et sociotopographie de Namur du XIIIe au XVIe siècle, Namur, société archéologique de Namur, 2017 (Namur. Histoire et Patrimoine, 4). Tarif : 50 €

En vente:
– au TreM.a (Musée des Arts anciens du Namurois)
– sur commande à la Société archéologique de Namur (+ frais de port), rue de Fer 35 à 5000 Namur. Tél. : 081/84 02 00. info@lasan.be

Source : Société archéologique de Namur

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Réseau des médiévistes belges de langue française
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